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S'improviser secouristes [PV Achroma, Autone & Aldaron]

le Mar 22 Mai - 15:52
Suite directe de : Collier brisé
et de : Donner sa langue au graärh


L'étroitesse de la pièce l'étouffait, ce plafond bas aux planches noircies par la suie des bougies l'angoissait d'une peur instinctive, presque viscérale alors que lui venait le sentiment d'être enfermé, privé de son droit le plus fondamental. Une sensation absurde, puisque le Bourgmestre avait sciemment évité les cellules ! Pourtant, avec les meubles pauvrement disposés qui rongeaient le peu d'espace au sol disponible, la porte close et les barreaux aux fenêtres, Purnendu éprouvait de plus en plus d'angoisse. Si ce n'était pour l'odeur épicée du bois frais qui constituait les murs ou la présence magnétique de l'elfe à la peau sombre ; l'immense graärh aurait depuis bien longtemps abandonné toute maîtrise et fuis loin, très très loin ! D'une gorge sèche, il tenta d'avaler sa salive et termina par tousser très légèrement, s'attirant un regard courroucé de la part de Boromir donc l'éclat avait interrompu la diatribe. Le fauve cendré haussa un peu des épaules comme seule excuse à son intervention involontaire et l'invita à poursuivre d'un geste tout aussi désinvolte de la main. Dès que l'autre cessa de s'occuper de lui et pour l'énième fois durant l'heure passée, il s'agita discrètement sur son siège avec un inconfort presque douloureux tant la chaise ne lui était clairement pas destinée. Trop petite, il avait eu le plus grand mal à glisser sa queue entre les barreaux du dossier et plus encore à y asseoir son postérieur. Avec ses grandes pattes arrières repliées comme une grenouille, ses genoux tapaient le bord de la table et le pauvre mâle ne savait pas quoi faire de ses mains. Le plus simple serait de croiser les bras, mais il ne souhaitait pas donner l'impression de se fermer au débat qui s'éternisait, alors il vint maladroitement les poser sur ses cuisses et prit un air dépité à fendre le cœur de n'importe qui. Les oreilles abaissées vers le bas, truffe humide penchée sur la table, mais les yeux relevés sur les personnes présentes à la façon d'un chat poté, sa grande carcasse se secoua d'un lourd soupir avant qu'il ne se concentre sur la conversation.

Le Bourgmestre et lui étaient arrivés deux heures plus tôt, remontant l'avenue principale depuis le Port jusqu'au cœur de la magnifique Caladon. Si les quartiers populaires étaient encore en construction, de même qu'une grande partie des échoppes et bâtisses bourgeoises, les quartiers intérieurs réservés à la noblesses étaient, sans surprise, tous terminés. Le Centre de Garde ne faisait pas exception même s'il était sur la liste d'attente pour de lourdes rénovations ; seules les cellules de dégrisement ou les geôles du sous-sol étaient murées de lourdes pierres, parfois même renforcées de glyphes afin de contenir les utilisateurs de magie ou des êtres aux forces physiques incroyables. Le reste de l'imposante bâtisse était de bois brute avec quelques renforcements de métal cloutés pour les portes extérieures ou de barreaux pour les fenêtres. L'ambiance à l'intérieur avait déstabilisé le graärh qui découvrit une effervescence étourdissante avec dans la grande pièce une zone de réception qui précédait plusieurs bureaux et bancs disposés en géométrie aussi stricte que le rangement de paperasse était chaotique. Des civiles attendaient pour des plaintes, des agents bureaucrates rédigeaient les rapports, les témoignages ou s'interpellaient d'un service à l'autre pour quelques informations manquantes. Des gardes prenaient leur pause en riant, détendus voire même négligeant, tandis que d'autres veillaient sur des suspects avec sévérité. De part et d'autre de cet immense hall, des escaliers donnaient sur un premier étage ouvert sur la salle où les bureaux et salles d’interrogatoire se voulaient un peu plus isolées, mais toujours aisément accessibles en cas d'urgence ou d'évacuation. Ce fut directement par là que se dirigèrent le Bourgmestre et sa petite escorte, les épaules de Purnendu brûlées sous le regard de dizaines d'yeux interloqués et vaguement inquiets. S'il n'était pas rare de voir Aldaron fourrer son nez par ici, il l'était bien plus quand l'elfe semblait mener lui-même l'affaire !

Mal à l'aise, le fauve dû se pencher pour passer le cadre de la porte et regarda la petite pièce aux vagues allures de salon : un table, trois chaises dont deux du même côté et une petite commode qui devait contenir le nécessaire pour la prise de note. Le temps de retirer sa cape et de se contorsionner pour réussir à s'asseoir, l'on avait déjà envoyé les deux gardes d'escorte chercher Boromir à l'infirmerie. Une poignée de minutes supplémentaire et le jeune vampire rappliquait, drapé dans une dignité tout juste défroissée. Ce fut avec réluctance qu'il s'installa au côté du fauve herboriste et les deux hommes s'échangèrent un regard tiède avant de tourner d'un seul ensemble l'attention sur le Bourgmestre, assis en face d'eux. Chacun son tour, ils furent invités à faire leur déposition et eurent l'interdiction formelle de couper l'autre, même si l'intervention semblait pertinente ou urgente. C'est ainsi que Purnendu laissa le vampire commencer, n'étant pas très motivé à recommencer son récit si vite après l'avoir déjà couché aux oreilles de l'elfe. Mais voilà, l'autre parlait et... parlait encore ! Un véritable moulin à eau qui ne faisait plus des huit pour arriver au point final, mais bien des seize et des trente-deux. Plusieurs fois Purnendu fut tenté de l'assommer sur un angle de la table, mais les regards équivoques d'Aldaron suffirent à lui calmer les humeurs et il se contentait alors de s'agiter sur sa petite chaise avec un désespoir muré dans le silence. Quand il fut son tour de parler et d'expliquer les raisons qui l'avaient poussé à malmener le damoiseau qui froufroutait à quelques centimètres de lui ; la porte de la salle d'interrogatoire s'ouvrit après que l'on eut pris la peine d'y toquer sèchement. Un humain passa la tête par l’entrebâillement, observa un instant les personnes présentes puis concentra son attention sur le Bourgmestre. Il arborait une expression de chouette avec les yeux ronds et l'air totalement déboussolé. Lorsqu'il ouvrit la première fois la bouche, ce fut pour seulement gargouiller un amas de mots incompréhensibles, vint à rougir furieusement de sa bévue, se racla la gorge avant de reprendre d'une voix bien plus affirmée :

- Monsieur... Dame Falkire est ici et vous mande expressément... Il s'agirait d'une histoire grave concernant un vampire étranger accusé de trouble à l'ordre public, agression d'agents de paix, tentative de kidnapping d'un membre du Conseil -en la personne de Dame Falkire-, saccage d'un commerce tiers en la libération de graärh sur les quais... et... et je crois bien que c'est tout.

Acheva-t-il après avoir compté le nombre de chefs d'accusations sur ses doigts. Au même instant, l'on entendit un « bonk » sourd quand Purnendu abattit son front directement sur le bord de la table, puisque la paume de sa main ne suffisait même pas à signifier combien il était dépité par ce qu'il venait d'entendre. Par tous les Esprits-Liés ! Il n'y avait que son intenable vampire amnésique pour cumuler autant de fautes en si peu de temps. Expirant un lourd soupir mêlé à un feulement rauque, il leva la truffe vers le garde interloqué et lui demanda la description physique du-dît coupable. Sait-on jamais... sur un malentendu ! Malheureusement, mais sans plus de surprise, on lui détailla un vampire de grande taille, ayant des cheveux platines et des yeux bleus céladon. Le graärh soupira encore et se releva péniblement pour attraper avec tant de force le frêle dossier de sa chaise, qu'ils purent tous entendre un craquement sinistre retentir sous la paluche griffue. Maronnant une vague excuse, l'herboriste reposa le mobilier malmené pour se diriger vers la porte qu'il ouvrit en grand dans une humeur visiblement fort mécontente. Bien sûr, il laissa Aldaron passer le premier, mais lui emboîta le pas malgré les piaillements outrés d'un Boromir qui se faisait proprement abandonné. Il n'y avait aucun doute pour lui quant à l'identité du coupable et il hésitait encore entre le serrer dans ses bras ou l'étrangler. Probablement les deux en même temps, histoire d'économiser du temps et de l'énergie.

Ce fut donc la mine sombre qu'il entra dans le couloir qui s'ouvrait en mezzanine sur le reste du vaste hall d'entré. Ses yeux d'absinthe percèrent immédiatement la foule et n'eurent aucun mal à trouver la haute silhouette de son ami, lourdement escorté et tenu à l'écart du reste de la population puisqu'il représentait un danger pour le public. Les oreilles du graärh se couchèrent et il plaqua une paume sur le devant de son museau, secouant le chef tandis qu'il s'engageait dans les escaliers et... manquait de trébucher sur le Bourgmestre figé comme une statue de marbre.
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Re: S'improviser secouristes [PV Achroma, Autone & Aldaron]

le Lun 28 Mai - 2:51
Elle avait suivi les gardes, ainsi que Ivanyr jusqu’au poste de garde central. On avait bien pris le temps de vérifier si elle avait besoin de soin et elle avait répondu que même si ça avait été le cas, elle aurait pu s’en charger seule. Et c’est là qu’avait commencé le conflit car monsieur le capitaine commençait à en avoir assez que la veuve veuille tout faire elle-même. Évidemment, elle ne se comportait pas comme une bourgeoise et une noble l’aurait fait. Elle était trop habituée à agir de manière indépendante et ne faisait pas preuve de suffisamment de prudence. Et comme de raison, elle n’aimait pas demander à un garde de faire rapport de la situation à Aldaron. Non, ce serait elle qui viendrait lui parler directement. Elle n’aimait pas que trop de personnes soient impliqués dans la transmission d’un message, ça pouvait déformer des mots et des situations.
Les bras croisés, un sourire calme aux lèvres, qui n’avait d’ailleurs rien du sourire d’une dame sereine et satisfaite, elle se disputait avec le capitaine qui était venu quémander son aide au départ. Son sourire n’avait rien de rassurant, à vrai dire.

« J’insiste sur le mot tentative. Je m’en suis sortie et sans votre aide alors il n’y a aucune raison de me couver. La raison pour laquelle je veux être présente est que j’anticipe la réaction du Bourgmestre. Je ne doute pas de vos capacités à livrer un rapport juste, cependant comment croyez-vous qu’il réagira lorsqu’on lui dira que l’une de ses conseillères a été victime d’une tentative de kidnapping?

Oui, mal. Et malheureusement, il n’y a que des hommes dans ce bureau. Et vous savez ce dont vous manquez? De délicatesse. »  


Elle n’était pas vraiment un contre-exemple, puisqu’elle laissait la colère lui monter à la tête. Mais elle ne faisait pas d’efforts pour chasser sa frustration. C’était plus crédible qu’elle soit en colère, en ce moment et elle ne devait pas se révéler.

« Et je tolère mal que vous me demandiez de me retirer de la situation. Vous avez fait appel à moi et je ne laisse pas mes responsabilités dans les mains des autres sans m’assurer de ce qui se passera ensuite. Qui plus est, l’incident me met en droit d’être présente. »

Elle s’interrompit lorsqu’elle entendit des pas dans les escaliers. Pendant qu’ils s’obstinaient, l’un des gardes était allé prévenir Aldaron. La veuve des rivières se retourna et croisa le regard d’Ivanyr dans son mouvement, elle détourna rapidement les yeux pour ne pas avoir l’air complice.

« Aldaron… »

Sa voix s’affaissa lorsqu’elle le vit figer nette. Puis ses yeux dérivèrent sur le Graärh qui lui était inconnu. Elle leva un sourcil interrogatif et pencha la tête sur le côté. Un Graärh? Qui était-il, que faisait-il en compagnie d’Aldaron? Son corps s’était relâché, elle n’avait plus ce sourire effrayant sur les lèvres et ses bras se décroisèrent naturellement.



J'ai fais un rêve.
Tu étais là.
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Re: S'improviser secouristes [PV Achroma, Autone & Aldaron]

le Lun 28 Mai - 13:54
    Long. C'était définitivement beaucoup trop long. A quel moment s'était-il muré dans un silence régalien pour laisser Boromir épancher sa soif de palabres interminables ? Ah oui, partir du moment où il avait défini, arbitrairement, en son for intérieur, que chaque minute qu'il passait ici, en sa présence, coûtait de l'argent à Caladon et que cette somme globale serait déduite, évidement, des indemnités que Boromir pourrait percevoir au terme de son argumentation. Oui, vraiment, à partir de ce moment, ce fut presque amusant de voir les aiguilles de l’horloge tourner. Il imaginait déjà la tête que l'autre tirerait, au final. Il ne pouvait s'empêcher de jeter quelques coups d’œil au Graärh. Une part de lui comprenait son inconfort, lui-même le ressentait de temps à autre. L'aventure et les paysages de plein air lui manquaient affreusement. C'était une vie qu'il avait mis sur le bûcher, ce jour où il avait brûlé la dépouille d'Achroma Seithvelj. Son regard, planté dans celui du vampire, devint plus ferme, plus tranchant. Une attitude, simple mais charismatique, et il obtenait le silence qui fut magistral dans sa pureté rarissime. L'elfe avait pris la parole, des mots choisis avec soin pour que son discours soit court mais percutant. Il jugeait, décidait, affirmait. Un rôle de leader qui lui allait comme un gant et pourtant, il n'aspirait pas à ce genre de grandeur. Tout était si fade. Tout était si superficiel.

    L'arrivée du garde et le nom d'Autone ravivèrent l'éclat dans ses prunelles, intenses comme une forêt verdoyante. Il serra les dents et se leva immédiatement. Son visage fermé avait du mal à masquer son inquiétude lorsqu'il invita, d'un signe de tête, le Graärh à le suivre... Graärh qui en avait, de toutes évidences, déjà décidé de même tout seul. Inspirant lentement, il tâcha de se résonner, de se dire que si Autone avait des séquelles gravissimes, il en aurait été déjà informé, et ceux avant qu'on lui donne la quantité incroyable de chefs d'accusation qui reposait sur ce fameux vampire. Décidément... Cette journée allait être laborieuse. Les regards se tournaient vers lui, dans le hall. Il n'y prêtait plus attention maintenant. Son visage était aussi connu que celui d'un roi, même si l'elfe n'avait pas l'égo mal placé à vouloir faire imprimer son portrait sur la monnaie de la Cité. La cape caladoniene enveloppait une carrure masculine qui avait été fanée par ce quelque chose d'horrible qu'on devinait à la vue de ses doigts émaciés, du creux parfois visible sur ses joues d'un rose cendré ou encore dans l'éclat lointain de sa psyché brisée, flamboyant, dans ses yeux émeraude, tel le volcan de Morneflamme. En dépit de cette horreur couvée, sa présence se marquait d'un sceau remarquable de solidité, celui de son esprit renforcé autour de la douleur, comme une cage indestructible et d'une dignité sans faille, pour garder en son sein, un monstre de souffrance. Par son aura, on devinait le poids insupportable des épreuves, des choix et des responsabilités et pourtant, son corps se dressait dans une prestance sublimée d'une force régalienne. Le paradoxe renforçait certainement cette apparente invincibilité. Mais il était humain. Et c'était en humain qu'il descendait cet escalier.

    Escalier où le temps sembla s'arrêter, comme si chaque pas qu'il faisait, chaque marche le faisait choir vers le bas, dans un gouffre immense. Que disait-on, autour de lui ? Bourdonnement. Écho. Pourtant, il y avait du monde dans ce hall. Ses lèvres fines et ternes s'ouvraient sur quelques millimètres pour laisser lentement l'air entrer dans ses poumons. Si son paternalisme avait été rassuré à la vue d'une Autone entière et debout, son attention s'était rapidement focalisée sur des prunelles d'un bleu céladon, mille fois rêvées, jamais oubliées. Son cœur manquait un battement. Un frémissement féroce parcourrait sa colonne vertébrale, dévoreur, qu'il refusait de laisser se raidir. De quoi aurait-il eu l'air, à rester là, pantois ? Telle une mécanique instinctive, ses pas se faisaient vers l'avant, fluides, réguliers mais lents. D'aucune précipitation, il ne venait se jeter à son cou pour l'étreindre ou bien le tuer, mais il avançait toujours, il s'avançait même de trop pour que la garde ne s’inquiète pas. Cet homme n'avait-il pas déjà malmené une Conseillère de sa ville ? Peut-être était-il inconscient de se laisser absorber. Mais rien ne pouvait le retenir, le préserver de son désir de proximité. Cet homme avait été un arc majeur de sa vie, une histoire aussi merveilleuse que tragique. Un fantôme. Déjà, il se trouva près de lui et figeait ses jambes lorsque sa main tendue put se refermer sur le bras du vampire, comme s'il avait cru à une hallucination, un spectre, un rêve éveillé. Il ne put cacher la surprise qui écarquilla un fragment de seconde ses yeux rivés dans les siens. Il était palpable, il était physique. Son cœur manqua un second battement.

    Sa main glissa le long de son bras jusqu'à effleurer ses doigts froids, s'introduisant au creux de sa paume. Les sensations lui revenaient, les souvenirs douloureux étaient déterrés comme autant de morbides cadavres dont les mains glacées venaient étrangler sa respiration. Le troisième battement de cœur manquait aussi à l'appel, comme une erreur qui tournait au drame. Derrière lui, une vampire de sa garde était à deux doigts d'alerter de la situation si le cœur ne se remettait pas en marche de lui-même. Elle appellerait un soigneur, ignorant sûrement que Purnendu serait le plus prompt à réagir. Les doigts de l'elfe aux cheveux blancs tremblaient faiblement à son contact frôlé, de toute ce qu'il contenait en lui et qui manquait d'exploser. Il refusait de les montrer et paradoxe, dans ses yeux, qui avouait la tourmente. Il le détestait, il aurait voulu le frapper de venir si tard et de l'ébranler jusque dans ses fondements fragiles, à peine reconstruits ces dernières années. Sa langue goûtait une bile amère, un venin qu'il aurait voulu lui cracher au visage. Il aurait voulu le lacérer, lui arracher la peau, le faire souffrir mais il ne bougeait pas. Il n'y arrivait pas. Car au milieu de la rancœur étouffante, il y avait autre chose de plus doux, de plus tendre, de plus faible. Il y avait ce lien sibyllin, si sacré. Cette affection sincère et pourtant morte-née. « Capitaine. » fit-il sans lâcher du regard le revenant.

    Un quatrième battement de cœur manquait. Il décrispait sa mâchoire. Il ne s'était pas rendu compte qu'elle s'était serrée avant qu'il n'ait besoin de parler. Sa voix était raide mais ferme : « Libérez cet homme, je me charge de sa caution. » Il n'entendit pas la réponse. Pas plus que la vampire qui donnait enfin l'alerte. Il n'entendait même pas sa propre voix, tout n'était qu'un bourdonnement de plus en plus envahissant. Sa main se crispait dans celle du vampire, cette fois, pleinement saisie, dans un instant de peur, comme si son corps comprenait ce qui lui arrivait et que son esprit n'avait pas encore percuté, trop obnubilé qu'il était. Sa respiration s'agitait, étouffée. Un cinquième battement de cœur manquait. Il sentait des mains, de grosses mains velues, qui l’attrapaient en arrière pour le tirer et le mettre au sol. Son corps se raidissait alors qu'il s'y opposait. Dans certains cauchemars, on le tirait ainsi pour l’éloigner d'Achroma. La panique le parcourrait alors, non pas pour son propre état, mais pour cet éloignement forcé. Son autre main vint agripper avec une force viscérale les vêtements d'Ivanyr : « Non, Achroma... »

    Les larmes gonflèrent la surface de ses prunelles émeraude, en un fragment de seconde, avant de couler le long de ses joues d'un chagrin immense qui l’effondrait d'un seul coup. « Reste... » supplia-t-il mais c'était lui qui partait. C'était lui qui mourrait d'être tant resté.

    Il y eut un cri de panique générale dans le hall lorsque le corps du bourgmestre s'effondra.


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Re: S'improviser secouristes [PV Achroma, Autone & Aldaron]

le Mar 5 Juin - 19:40
Il s’ennuyait déjà et ça ne faisait pas une heure qu’il avait ces fers aux poignets. Le moins que l’on puisse dire, c’était que ça s’annonçait mal pour la suite. La majorité du trajet jusqu’au poste de garde central avait été productivement passé par le vampire à essayer d’y voir un peu mieux et à ne plus risquer de se prendre les pieds dans tout ce qui traînait alentours. A présent que sa vision lui était majoritairement rendue, il testait sans en avoir l’air la solidité des fers anti-magie qu’on lui avait passé, découvrant avec une pointe d’ironie qu’ils n’étaient pas suffisants pour le contenir totalement. Bien… il avait donc encore la possibilité de s’échapper. Mais bien entendu, il était bien trop gentil pour ça, maintenant qu’il avait accepté de les accompagner pour la petite humaine. Comment ça on ne lui demandait pas son avis ? Mais bien sûr que si enfin ! Il avait toujours un avis à donner ! Et puis qu’est-ce que ces humains pouvaient parler et faire du bruit… la cacophonie emplissait désagréablement ses oreilles, tandis qu’il observait la foule d’un air maussade. Ça ne l’intéressait pas vraiment, il n’avait qu’une hâte : en avoir fini avec tout cela, et pouvoir ressortir à l’air libre. L’idée de se laisser enfermer dans une autre cellule lui donnait des sueurs froides, alors qu’ils avançaient de nouveau, tout en continuant de discuter et en le traînant derrière eux. Que cela se finisse vite…

Puis soudainement, il s’arrêta, apercevant tout d'abord la silhouette de son compagnon de route et ami, auquel il dédia un large sourire plein de crocs, sans rien montrer de repentant. C'était que le chaton lui avait manqué, mine de rien ! Et il avait manqué de sacrés événements, également. Un sourire qui flétris rapidement, lorsque ses prunelles se posèrent sur l'individu qui accompagnait Purnendu. Qu'est-ce qu'il avait cet elfe, à tirer une tête de six pieds de long ? Pourquoi est-ce qu'il l'observait ainsi ? L'autre approchait, venait vers eux, lui faisant froncer les sourcils alors qu'une poigne se refermait, violente, sur sa colonne vertébrale, le faisant frisonner. Qu'est-ce que c'était ? Pourquoi avait-il soudainement tant de mal à rester immobile, pourquoi son torse se comprimait-il d'un étaux désagréable ? L'autre arriva finalement à son niveau, et il ébaucha un geste pour reculer, se figeant à l'instant où le contact se fit. Un second battement rata dans le cœur de l'elfe, et cette fois, l'angoisse manqua étouffer Ivanyr. La question tournait en boucle en lui, de plus en plus violente, de plus en plus fiévreuse et angoissée, évoluant lentement, gagnant en force, pour se transformer. De simple curiosité, elle devenait invective lancée, crachée, hurlée. Pourquoi ?

Ses lèvres s'ouvrirent sur un semblant de souffle mais il était incapable de parler. Son regard s'écarquilla légèrement, et il manqua rétracter ses doigts lorsque l'autre les frôla, non de dégoût, mais pour s'empêcher de lui prendre la main. Pourquoi ? Son regard ne le lâchait pas, alors même que son esprit enregistrait le troisième battement de cœur manquant. Purnendu… il devait le prévenir, l'alerter. L'elfe aurait besoin de soin… Mais impossible de défaire son regard de lui, impossible de bouger, de réagir. Il restait là, suffoquant de peur à l'idée de voir périr l'être en face de lui, perdu dans ses propres réactions, les yeux écarquillés de surprise et d'incompréhension. Le son de sa voix le fit sursauter, comme s'il venait de recevoir une gifle. S'arrachant finalement un instant à sa contemplation, il chercha des yeux le Graarh sans parvenir à émettre le moindre son. Un instant plus tard, l'autre se crispait près de lui, tombait. Il l'attrapa de justesse avant qu'il ne tombe, et s'il restait muet, il débordait pourtant de reconnaissance envers Purnendu de réagir, le rejoindre immédiatement pour s'occuper de l'elfe. Alors qu'il allait reculer pour laisser la place au guérisseur, il se trouva attrapé et fut contraint et forcé de suivre alors que son esprit recevait de plein fouet ce qui venait de se passer.

Tout autours d'eux, l'agitation était total, alors qu'il restait là, à observer le félin agir, complètement démuni, vulnérable. Perdu, les paroles de l'elfe tournaient en boucle dans sa tête. Achroma ? Qui était Achroma ? Pourquoi le cœur de l'elfe s'était-il ainsi arrêté ? POURQUOI ? Qu'est-ce qui se passait? Et surtout… Pourquoi pleurait-il, lui? Ravalant un sanglot qui l'emplissait de détresse par sa simple existence incompréhensible, il recula de plusieurs pas, se tournant naturellement vers Autone puisque Purnendu était déjà occupé. Il lui décocha un regard plein d'une innocence éplorée, une question silencieuse hurlée par ses prunelles, voulant comprendre ce qui se passait…
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Re: S'improviser secouristes [PV Achroma, Autone & Aldaron]

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