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On dit toujours que la vie est injuste, mais la mort l'est encore davantage. - Erdrak/Keetech.

le Mer 6 Juin - 18:47
12 Novembre.

La vampire arrêtait sa monture en sentant une odeur qu’elle ne connaissait que trop bien, un cadavre frais, la jument ronflait devant cet arrêt brusque au cours de sa balade, tournant sa tête dans la direction où regardait sa cavalière. Elle descendait de cheval suivit par un autre cavalier qui l’accompagnait, pliant les genoux pour se mettre à hauteur, retirant son heaume. Observant avec attention la scène, l’odeur du corps était fraîche, ça ne remontait qu’à un jour tout au plus, elle aurait presque pu sentir encore un peu de chaleur dans le corps de la défunte, elle reposait là telle une rose, dans le sommeil du brave, presque en paix. Néanmoins, pour un œil aiguisé, ce n’était pas joli à voir, la malheureuse avait été pratiquement vidée de son sang, frappé, et le reste elle ne voulait même pas y penser, la nudité du corps suffisait à elle-même. Elle reconnaissait sans mal l’odeur de cendre des prêtres de la rose ardente. Un battement de paupière de plus et son compagnon couvrait le corps de la malheureuse.

L’homme chargeait le cadavre sur sa monture, un docile entier noir qui se contentait de ronfler à cette odeur désagréable. Ils trouvèrent un coin en haut d’une colline pour lui offrir une sépulture décente au pied d’un arbre.

Elle pestait en creusant, la tâche n’était pas facile, le sol n’était pourtant pas vraiment sec ou dur, non-juste que la tâche la rendait malade, elle grondait en enfonçant sa pelle dans le sol, aidée par un de ses hommes qui n’avait pas eu le temps de s’en plaindre.

- Mon cul que c’est la paix. Y a toujours autant d’assassins qui courent les rues. Quel imbécile stupide irait s’en prendre à une prêtresse. C’est ce que j’ai toujours dit, les bonnes gens partent vite, tout le monde les aime bien, la mort aussi.

La commandante jetait un oeil vers le cadavre, le corps était recouvert mais elle n’arrivait pas à oublier ce qu’elle avait vu, ça n’avait pas été un très joli spectacle, et elle avait appris à reconnaître les oeuvres des vampires et par-dessus tout l’odeur sur le cadavre ne lui était pas inconnue, qu’est-ce qu’il foutait au juste ?

Un jour de moins et elle aurait pu empêcher cette mort, et depuis la mort de Caleb elle se rendait compte que l’on pouvait vivre dans les regrets comme dans un pays. Avec des si, elle aurait pu changer la face du monde. Un bruit de pas et une odeur d’humain venait la sortir désagréablement de ses pensées.

- Humble voyageur, peut-être, pourriez-vous nous aider dans notre tâche ?

Un peu de compagnie rendrait la tâche moins désagréable, même si la proposition était étrange, une invitation à honorer une dernier fois un défunt, il n'y avait finalement pas grand chose d'étrange là-dedans.


Dernière édition par Aphaïa Makhaïra le Jeu 7 Juin - 21:00, édité 1 fois




Le meilleur moyen de se sentir vivant: errer dans les bois, un soir de nuit noire.
Si vous sentez que vous suivez un animal, ne le combattez pas.
Si vous sentez qu'une bête vous suit, surtout, ne la combattez pas, ne vous arrêtez pas, ne vous retournez pas.
Retenez bien cela. L'aube verra naître en vous un homme nouveau.
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Re: On dit toujours que la vie est injuste, mais la mort l'est encore davantage. - Erdrak/Keetech.

le Jeu 7 Juin - 20:48
Qui aurait pu y croire ? Probablement pas Erdrak et certainement pas Asmo. Tous deux étaient surprise par leurs découvertes, mais aucun des deux n’avaient découvert la même chose. Difficile de se dire qu’il y a encore deux semaines, Erdrak n’était plus qu’une loque humaine. Il avait perdu toute envie de vivre, toute conviction, tout sentiment. Il ne lui restait plus que son esprit froid, calculateur, un esprit de commandant, mais à quoi lui servait un tel esprit, s’il n’avait plus l’ambition de commander. Asmo avait cessé de hanter son esprit et au lieu d’y trouver la paix, il n’y avait trouvé qu’une fin pire que la mort. Il avait saisi toute l’ampleur et la place qu’avait pris Asmo avec le temps. Erdrak était la partie raisonnable de l’esprit, celle attachée aux valeurs morales, à un sens du devoir et à l’ordre du monde. Asmo s’était révélé détenir, bien plus que la Colère et la haine du Loup Solitaire, mais bien tout ce qui faisait de lui un humain.

Asmo pour sa part avait découvert ce que cela faisait de mourir. Lui qui se croyait invincible et immortel avait découvert une amère leçon, dont les souvenirs peinaient à faire surface à cause de son long sommeil. S’il avait pu le ressentir lui-même plutôt que de le faire ressentir à Erdrak, il aurait appris ce qu’était le remord, mais la Colère ne s’encombrait pas de pareils sentiments, préférant les confier aux perceptions de sa conscience première. Comment avait-il trouvé la mort, si loin du corps du Loup Solitaire, impossible de s’en souvenir, mais il avait une idée et savait que cela lui reviendrait. Tout lui revenait toujours de droit. C’était ainsi que l’univers fonctionnait. Tout ce qu’il avait retenu dans la leçon était sa mortalité et surtout qu’il faudra qu’il se méfie de celui qui l’avait tué. Mais rien de bien gênant pour une entité sans corps physique.

Les retrouvailles des deux personnalités ont été pour le moins brutales et violentes. Asmo tire son existence de la colère d’Erdrak, de sa haine et de sa soif de sang jusqu’à lui faire prendre corps. Et le stimulus à l’origine de la renaissance d’Asmo ne pouvait être plus fort. Quoi de mieux que d’apprendre que son second, son meilleur ami, la personne en qui on comptait le plus, s’avère être aussi la personne qu’on déteste le plus au monde pour se mettre en colère et faire revivre l’incarnation de la Colère. Au bord du gouffre moral, apprendre que Vétéran était en réalité Alauwyr Iskuvar avait rallumé le brasier dans le cœur d’Erdrak et Asmo avait pu s’engouffrer de nouveau dans le corps du Loup Solitaire, le rendant de nouveau complet.

La réaction du Loup Solitaire fut d’abord violente mais Erdrak se ressaisit. Il n’y avait plus rien à venger. Sa fille l’avait repoussé et son amour était mort depuis si longtemps que tuer son assassin n’apporterait rien à son cœur, bien au contraire. Erdrak avait choisi de garder un ami plutôt que de se débarrasser d’un ennemi. Mais il allait lui falloir du temps pour accepter ce fait. En preuve de confiance, il avait confié à Alauwyr le commandement de la Meute pour un temps. Le temps pour lui de se comprendre et de se redécouvrir.

Il avait donc quitté le Domaine Baptistrel, bien décidé à retourner au Quartier Général de la guilde d’exploration dont il était le commandant. Et pour cela, le voyage ne sera pas trop long. Il avait atteint le continent, les marins heureux de le voir partir, non à cause de lui, mais bien à cause du loup de métal géant qui marchait à ses côtés. Le Loup Solitaire, qui n’était plus vraiment solitaire, avait trouvé un compagnon à l’échelle de la légende qu’Asmo voulait forger pour son nouveau nom. Il ignorait le nom de la créature qu’il avait réveillé mais avait pris des notes et comptait bien retourner étudier les ruines où il l’avait trouvé.

Pour l’heure, il chevauchait Akeela, son destrier, et la bête d’acier se déplaçait sans bruit entre les arbres. Une discrétion surprenante pour une créature de ce gabarit et de métal. La magie sans aucun doute. Sur le bord de la route, il vit deux étranges personnages, en train de creuser un trou. Un corps était posé sur le côté recouvert d’une cape, mais on pouvait deviner la nudité sous le vêtement. Quoi que cette femme ait subi avant de mourir, au moins ses souffrances étaient terminées ici. Sa fin avait dû être terrible, mais y en a-t-il seulement une fin qui ne soit pas terrifiante. Seules les croyances permettaient d’accueillir le trépas avec sérénité. Mais ces dernières années avaient été assez éprouvantes pour douter qu’il existe quelque chose pour veiller sur nous.

Une des personnes l’interpela. Le Loup Solitaire la regarda avec ce regard si vide d’expression qui le caractérisait tant. Bonjour, mais je vais vous proposer autre chose. Le mieux serait de brûler son corps plutôt que de l’enterrer. En plus de limiter nos efforts, je pense que cela ne ferait que lui rendre un dernier hommage telle qu’elle le voudrait. Beaucoup sur l’ancien continent préférait le bûcher à la tombe. Dit Erdrak une fois descendu de cheval. Il se doutait que la guerrière qui se tenait face à lui n’était pas à l’origine de sa mort, et quant bien même il s’en moquait. Il n’était pas venu rendre justice.

Il s’approcha du corps. Savez-vous ce qui lui est… Sa phrase resta en suspens. Le visage de la défunte lui venait d’être dévoilé et son cœur se brisa. Il tomba à genou, comme il était tombé au côté du corps sans vie de son amour. Ce souvenir, Asmo l’avait conservé pendant longtemps, mais n’avait pu le cacher éternellement. La forêt laissa place à un jardin, le chant des oiseaux au bruit de la guerre et le bruissement du vent dans les branches au craquement des flammes qui ravageaient la ville. Il prit délicatement le corps frêle de sa fille dans ses bras d’acier et le serra contre lui comme il aurait tant voulu pouvoir serrer son enfant. Dans ses yeux qui ne laissaient pourtant jamais rien échapper, passa un nuage de tristesse et de chagrin.
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Re: On dit toujours que la vie est injuste, mais la mort l'est encore davantage. - Erdrak/Keetech.

le Sam 9 Juin - 23:56
Un appel à l’aide résonna longuement dans l’esprit de la dragonne de Quartz, mêlant suppliques et sanglots désespérés suivis du râle de l’agonie. Keetech reconnut sans peine la voix de Sinestra Azzura, la jeune prêtresse de la rose ardente, victime de sa malédiction et sur qui elle veillait depuis lors. Que se passait-il pour que la jeune fille invoque la reine des nuées à l’aide d’un de ses cristaux enchanté ? Depuis leur séparation, l’écailleuse avait laissé la religieuse, désormais frappée de cécité, libre de déplacements et cette dernière voyageait sur l’ile de Calastin au gré de ses pérégrinations.

En raison de la malédiction qu’elle avait lancé inconsciemment, Quartzécaille se sentait responsable de la jeune fille et désirait veiller sur sa sécurité jusqu’au moment où le sort serait défait. Hélas, il semblait que ses conseils avisés n’aient guère porté leurs fruits et que sa protégée se trouvait à présent dans une situation plus que critique. En dépit de la distance, la dragonne de l’orage pouvait percevoir l'angoisse et la faiblesse dans la voix éteinte de la jeune humaine et elle sentit la colère l’envahir. Ainsi quelqu’un se permettait de s’en prendre à Sinestra, profitant de son infirmité et l’agresseur devrait répondre de ses actes devant la fille des tempêtes. Mais pour l’heure, celle-ci allait s’empresser de se rendre sur les lieux du drame car le cristal de quartz qu’elle avait remis à sa protégée, outre de permettre à cette dernière de l’appeler à son secours, lui indiquait également sa localisation.

Keetech prit son envol, fendant les cieux à toute vitesse et en quelques heures elle parvint à proximité de l’endroit où gisait le corps inanimé de la malheureuse prêtresse. L’écailleuse posa sa masse immense sur le sol et s’avança lentement dans cette direction ; c’est alors qu’elle aperçut la silhouettes de deux bipèdes. Deux soldats et leurs montures, qui étaient-ils et surtout que voulaient-ils ? S’il s’avérait que leur but était de profaner ce qui désormais tenait lieu de tombeau à Sinestra ou de piller son cadavre alors ils subiraient les foudres de la dragonne. Cependant, celle-ci ne désirait pas présumer de leurs intentions sans connaitre la raison de leur présence près du corps de la jeune femme, aussi s’adressa-t-elle à eux au moyen de sa voix télépathique :

- Salutations bipèdes. Mon nom est Keetech la dragonne de Quartz et je suis venue jusqu’ici car j’ai entendu l’appel à l’aide de ma protégée, la prêtresse de la rose ardente nommée Sinestra Azzura. Dès que j’ai reçu son message j’ai déployé mes ailes et pris mon envol, espérant pouvoir la secourir mais hélas je constate que je suis arrivée trop tard…

La voix de la saurienne était empreinte de gravité et les immenses orbes céladons de ses yeux fixèrent le petit corps meurtri et souillé avec un mélange de tristesse et d’amertume. Puis, la créature mythique se tourna à nouveau vers ses interlocuteurs et leur demanda :

- Puis-je savoir qui vous êtes et la raison de votre présence sur le lieu du crime ? Avant sa mort Sinestra m’a appelé à l’aide car quelqu’un lui faisait du mal et en tant que sa protectrice je me dois de retrouver cet individu…

Une odeur de mort et de sang flottait autour d’eux et l’écailleuse huma l’air, tout en inspectant du regard les environs à la recherche d’indices permettant de le retrouver; c’est alors qu’elle prit conscience que le cristal avait disparu, du moins elle ne sentait pas sa présence à cet endroit...Toutefois s’il se trouvait en possession de l’assassin alors ce dernier venait de commettre une grossière erreur car Quartzécaille était prête à aller jusqu'au bout du monde pour le retrouver.


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Re: On dit toujours que la vie est injuste, mais la mort l'est encore davantage. - Erdrak/Keetech.

le Dim 10 Juin - 17:52
Elle observait avec une attention toute particulière l’homme qui s’approchait, finissant par dire tout en continuant de creuser :

- Les croyants de la rose ardente ne brûlent pas leurs corps, le bois coûte trop cher et ils n’ont généralement pas le temps de construire des bûchers funéraires. Et je trouve qu’il est mieux de laisser un endroit où se recueillir, pour ne pas qu’une vie aussi misérable soit-elle ne tombe dans l’oubli.

Ce n’était là bien entendu que le simple avis d’une personne qui avait perdu un être cher, elle construirait certainement une stèle pour son compagnon, même si elle n’avait aucun corps à enterrer.

- ça fait pitié. Fit-elle à l’égard du vampire qui l’accompagnait, en jetant un regard dans la direction de l’homme qui semblait être détruit.

La détresse de l’homme la rendait malade, non pas qu’il hurlait, mais tout son corps respirait la détresse et un vampire savait le remarquer, elle regardait ailleurs, et nul ne pouvait voir l’émotion qu’elle portait puisqu’elle avait son casque. Elle s’approchait donc de la dragonne, délaissant sa pelle un instant.

Elle s’inclinait poliment dans son armure de fer noir garnie de rouge écarlate, elle respectait les dragons, mais n’allait pas faire plus de cérémonie.

- Nous ne faisions que passer, et je ne pouvais me résoudre à laisser un corps pourrir au bord de la route. Je connais l’odeur que porte le cadavre, il s’agit d’un vampire, un conseiller cher au royaume, un certain Toryné Dalis. Un homme de peu de scrupule, le voir disparaître sera un soulagement pour le monde lui-même.

Elle n’aurait aucune souffrance à voir cet homme disparaître, au contraire ça en serait même un immense plaisir, alors si elle pouvait aider de sa minuscule taille. La dragonne n’avait pas d’autres choix que de faire confiance aux mots de la petite bipède qu’elle était, il n’y avait nulle trace de mensonge dans sa voix.

La commandante jetait un regard au corps de la malheureuse, elle ressemblait à une princesse endormie, la mort n’avait rien enlever de sa beauté, sans doute la mort l’avait-elle emportée à l’aube, le corps n’était pas encore raide.

- Quant à ce que cette malheureuse a subit, je préférais éviter de le mentionner, le corps parle de lui-même, mais le froid à dû l’emporter, une mort douce, elle a été mordue son agonie aurait pu durer des jours, c’est un chemin très peu fréquenté, sans doute personne n’aurait pu lui venir en aide. Laissons l’horreur de côté pour laisser à l’homme le temps de faire son deuil. Ça ne lui rendra pas la vie.

Et surtout elle ne voulait pas se rappeler ce sentiment d’horreur qui l’avait prise en voyant cela, c’était un mal terrible qui avait été commis, une abomination qu’elle ne pouvait tolérer, encore moins de la part d’un de ses anciens soldats. Mais elle dévoilait une information capitale : l’adolescente aurait pu survivre si elle avait été aider.

- Tout ce qui avait un peu de valeur à été pris, et même ses vêtements, je me demande ce que cette enflure trame. Disait-elle pour elle-même, puis l’idée lui venait. Prenez garde à ne pas croiser de fantôme dans les prochaines semaines. Il se passe des choses bien étranges sur cette île.

Si l’homme avait pris pratiquement toutes les affaires de la malheureuse ça serait certainement dans le but de l’usurper, sinon il ne se serait pas donné toute cette peine, d’autant plus que connaissant les goûts vestimentaires du vampire, il n’aurait jamais toléré de porter ce genre de tenue très peu agréable.




Le meilleur moyen de se sentir vivant: errer dans les bois, un soir de nuit noire.
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Re: On dit toujours que la vie est injuste, mais la mort l'est encore davantage. - Erdrak/Keetech.

le Lun 11 Juin - 22:58
L’ombre qui passa au-dessus du guerrier ne le détourna pas la vision du corps de sa fille. Le monde ne se résumait qu’à deux choses, le corps de Sinestra devant lui et le vide qui s’était un peu plus creusait en Erdrak. Un vide qui se remplissait de colère et de haine, mais aussi d’un nouveau sentiment. Une sensation qu’il ne connaissait, qui venait ni de lui, ni d’Asmo.

Il resta prostré, ne réagissant pas au monde qui l’entourait. La dragonne qui venait de se poser à leur côté était pourtant imposante, mais Erdrak était bien trop loin dans son passé. Il se revoyait jeune, stupide, dans les rues de Gloria. Il revoyait cette soirée à laquelle il avait dû accompagner son père adoptif. Il revoyait la plus belle femme sur qui ses yeux avaient pu se poser. Il repassait ses nuits qu’ils avaient passé ensemble, et les journées aussi. Il se revoyait quitter Gloria en lançant son amour et sa fille, bien qu’il ignorât l’existence de cette dernière. Combien de fois était-il revenu à Gloria ? Combien de fois l’avait-il quitté un peu plus triste, convaincu que l’amour qu’il avait ressenti n’était pas réciproque ? Puis un jour, il l’avait retrouvée. Ce souvenir a longtemps été enfoui dans son esprit par Asmo, mais aujourd’hui, il refaisait surface. La ville était en flamme et il s’était battu rue après rue, groupe de résistance, après groupe de résistance, barricade après barricade. Il avait défendu un quartier en particulier. Une personne en particulier et il avait échoué. Il avait eu beau serré le corps chéri contre lui, rien n’aurait pu le ramener à la vie. Puis un jour, il avait retrouvé cet amour. Sinestra, au détour d’une taverne lui avait ramené l’odeur et l’image de Lorelei. Mais cette enfant l’avait repoussé, un peu plus à chaque rencontre.

Maintenant, tout reposait ici. Sinestra était sa fille sans vraiment l’être. Certains considèrent l’enfant des autres comme le leur, Erdrak ne considérait pas sa fille comme la sienne. Alors pourquoi était-il si dévasté par sa mort ? Parce qu’il n’avait pu venger celle de sa femme, et au contraire, avait pardonné à l’assassin ? Parce qu’il n’avait pas su être présent, que Sinestra avait du vivre seule, sans parent pour l’aimer ? Tant de questions, de doutes. Si seulement Asmo voulait bien sortir de sa torpeur, lui crachait son venin à la figure, ses moqueries acerbes. Mais tout ce qu’il faisait, c’était accroitre la colère d’Erdrak, contre lui-même et surtout contre le monde.

C’est ma fille. L’affirmation tombait comme une sentence. Ou du moins ça aurait du l’être. Un peu lourd se faisait entendre alors que Vijay sortait des buissons. Le Loup à Bascule vint se placer au côté du Loup Solitaire alors que celui-ci se levait. Cela ne la ramènera pas à la vie, mais je ne laisserai pas sa mort impunie. Ne t’inquiète pas pour mon deuil, qui que tu sois, il est fait depuis longtemps déjà. Dis-moi plutôt ce que tu sais. Et s’il se passe quelque chose d’étrange sur cette île, je le saurai bien assez tôt.

La voix du Loup Solitaire était froide, sans émotion. Mais pour la première fois depuis qu’Erdrak était Erdrak, ses yeux brillaient. Leur neutralité émotionnelle avait disparu, non pas au profit de la colère folle d’Asmo, mais de la détermination et la froideur du stratège qui dormait en lui depuis bien trop longtemps. Ce monde venait de faire son dernier blasphème envers le Loup Solitaire.


Erdrak (0066FF) et Asmo (FF0000) parle en gras et pense en italique
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Re: On dit toujours que la vie est injuste, mais la mort l'est encore davantage. - Erdrak/Keetech.

le Jeu 14 Juin - 18:40
Keetech observait les deux bipèdes qui se tenaient près du cadavre de la jeune Sinestra, attendant leur réponse à sa question. Ses mires myosotis se posèrent ensuite sur la dépouille de sa protégée, dont la chair exsangue avait revêtu une couleur crayeuse et le joli minois arborait le masque cireux de la mort. A cette vue, elle sentit la tristesse l’envahir et sa colère ainsi que sa culpabilité ne firent que croître en songeant aux sévices que l’adolescente avait enduré, et dont le corps outragé témoignait, avant de succomber à son agresseur. S’adressant en pensée à la prêtresse décédée, en dépit du fait qu’elle savait que celle-ci ne pourrait plus l’entendre et afin d'évacuer son sentiment de peine et de culpabilité, la fille des tempêtes la sermonna :

« Petite fille stupide ! Pourquoi t’es-tu montrée si écervelée une fois de plus ? Je t’avais donné des conseils judicieux et j’ai tenté de te guider vers la voie de la sagesse afin de te rendre plus forte et indépendante. Pourquoi ne m’as-tu pas écoutée ? Tu n’en as fais qu’à ta tête et regarde à présent où tu en es ».

Sinestra avait certainement commis une tragique erreur en croisant la route de son meurtrier, mais cette fillette innocente pouvait-elle seulement imaginer que des êtres si malintentionnés existaient ? Celle-ci possédait une telle fragilité, une telle candeur et c’était certainement cette pureté qui l’avait perdu en la faisant tomber entre les griffes d’un cruel prédateur. ; Hélas cette fois-ci, elle ne s’en était pas tirée avec une malédiction mais sa jeune vie qui avait été arrachée, semblables aux  pétales d’une rose.

Elle ressemblait à une fleur en bouton qui ne jamais s’épanouirai en ouvrant sa corolle et dont la carcasse flétrirait avant de retourner à la terre. Déjà une odeur cadavérique s’élevait dans l’air et l’un des bipèdes, celui qui possédait la plus taille d’un enfant commençait à creuser la tombe qui bientôt serait la dernière demeure de l’adoratrice de la rose ardente.

Le bipède de petite taille s’inclina poliment devant la Saurienne, faisant preuve du respect élémentaire dû à ces magnifiques Sauriens, sans pour autant se montrer obséquieux; tandis que son congénère, un pauvre hère, le regard hagard, était accablé de douleur à un point tel qu’il ne semblait pas remarquer la présence de Quartzécaille, malgré sa stature titanesque.

Peut-être était-il devenu dément ou désorienté par la découverte de cette mort ? En temps normal, l’écailleuse se serait formalisée d’une telle marque d’irrespect, mais cette fois-ci elle elle faisait preuve d'empathie car la souffrance émanant de cet homme était palpable. C’est alors que la bipède en armure couleur de nuit et de sang lui révéla le nom du suspect, un certain Toryné Dalis et cette information intéressa vivement Keetech :

- Quel est ton nom jeune bipède ? demanda-elle à son interlocutrice. Puisque tu sembles connaitre ce fameux conseiller, pourrais-tu l’imaginer dans ta tête afin que je puisse récolter cette information par télépathie ? Dans tous les cas, le cristal de Quartz que j’avais remis à Sinestra ne se trouve plus ici car je sentirais sa présence si tel était le cas et j’ai dans l’idée que celui qui l’a dérobé n’est autre que son meurtrier.

Aux paroles suivantes de la petite bipède évoquant la mort rapide de la prêtresse et la longue agonie que celle-ci lui avait évité ; Keetech secoua négativement la tête :

- Si elle avait survécu quelques heures de plus, peut-être y aurait-il eu un espoir de la sauver. Hélas, aucun d’entre nous n’est arrivé à temps pour la secourir…Et à présent, la seule chose que nous puissions espérer est que son âme trouve enfin la paix avant de rejoindre le cycle des réincarnations et de renaître sous une forme nouvelle. Mais je ne permettrais pas qu’elle soit morte en vain et que ce crime demeure impuni. Je vais retrouver ce Toryné Dalis et il devra me rendre des comptes pour la mort de cette jeune fille qui était sous ma protection.

C’est alors qu’elle entendit l’homme tétanisé par le chagrin prononcé ces mots « c’est ma fille » d’une voix éteinte tandis que ses traits affichaient une expression de profonde douleur morale. La reine des Nuées reporta son attention sur le Loup et lui demanda d’un ton intrigué :

- Votre fille ? Je croyais que Sinestra n’avait plus de famille et que celle-ci avait entièrement péri dans les flammes. Elle n’avait pour seule attache que l’Ordre de la Rose ardente et voyageait seule la plupart du temps pour prêcher la bonne parole. J’ignore ce que se passe sur cette île mais en tant que dragonne je suis  particulièrement sensible à la magie et je serais attentive à la moindre chose inhabituelle.

Puis d’un geste de la patte, utilisant l’une de ses énormes griffes, Keetech creusa un large sillon dans le sol :

- Je pourrais facilement brûler son cadavre à l’aide de mon souffle de feu et vous conserveriez ses cendres si vous le désirez, mais si vous tenez à l'enterrer j’ai creusé un trou qui pourrait lui servir de dernière demeure. Je suis une dragonne et j’ignore les rituels funéraires des bipèdes et ce que Sinestra aurait désiré. Pour ma part, elle continuera à vivre à l’intérieur de ma mémoire dragonique même si son corps bientôt n’existera plus et sera réduit en cendres ou retournera à la terre.

Après cela, la dragonne de l’orage utilisa son pouvoir télépathique pour faire naitre à l’intérieur de l’esprit de ses interlocuteurs certaines des images de Sinestra qu’elle gardait dans ses souvenirs.


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Re: On dit toujours que la vie est injuste, mais la mort l'est encore davantage. - Erdrak/Keetech.

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