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Capitaine des esclaves

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La Rose au milieu du Purin [Toryné Dalis]

le Ven 8 Juin - 4:09
La place des esclaves d'Athgalan, vaste terrain vague cerclé d'estrade à marchandise, située à l'écart des autres quartiers de la ville, était impressionnante. Pas parce qu'elle réunissait une bonne centaine de produits graärh et une poignée d'humains, elfes et vampires ici pour soit vendre, soit acheter, soit se faire vendre. Elle n'impressionnait pas par le bruit des discussions entre clients et vendeurs qui restaient à un niveau assez bas si on le comparait à un marché classique ; ni par le bruit des esclaves qui se taisaient, ni par le bruit des coups de fouets qui frappaient les rares esclaves qui ne se taisaient pas ; ni par le bruit des vagues qui s'écrasaient mollement sur la petite plage.
Elle n'impressionnait pas non plus pour sa vue car celle-ci était d'un côté bloquée par le monolithe central de la baie et de l'autre par la jungle. Les marchandises étaient placées sur des estrades boueuses et les clients marchaient sur des planches de bois rudimentaires qui n'épargnaient pas leur chausse de la glaise. Les plus fortunés préféraient d'ailleurs rester sur le sable, un peu à distance, en attendant que leurs hommes aient choisi pour eux.

Ce qui impressionnait vraiment avec cette place, qui frappait le néophyte de stupéfaction et faisait grincer des dents l'habitué en arrivant, c'était l'odeur. L'odeur des esclaves, maintenus dans une proximité malsaine et privés de l'hygiène la plus basique. La grande majorité des esclaves sortaient de cales de navires pirates où les excréments et la maladie s'étaient accrochés à leur peau et ne les quittaient pas. Les produits les plus dociles avaient le droit d'être nettoyés et présenté sur les estrades, uniquement enferrés, mais les plus sauvages moisissaient lentement dans des cages en grognant à cause de la faim, des coups de fouet infectés ou de leur courbatures. Les mouches et les moustiques profusionnaient frivolement dans ce fétide festin.

"Profitez ! Respirez bien profondément ! Imprégnez vous bien de cet endroit !" s'exclama une voix grave et suave avec un fort accent qui faisait chanter les voyelles et rouler les R.
"Cet endroit est la pourriture de l'archipel, le point névralgique de sa malfaisance. L'air vicié dans lequel nous baignons est unique au monde. Et il m'appartient !"
La maitresse des lieux marchait tranquillement sur la plage, accompagné d'un groupe de gardes du corps humains qui l'entouraient elle, et d'une délégation vampire qui les suivaient une dizaine de mètres plus loin. Les humains étaient tous de grandes armoires à glaces barraqués et couturés de cicatrices qui portaient des lances ou des cimeterres marins, leur origine pirate ne faisait aucun doute. Quant aux vampires, ils étaient manifestement des courtisans au vu de leurs vêtements et de leur démarche.
"Encore une fois pardon de vous faire marcher ainsi dans le sable et la boue, j'en suis navrée et je m'évertue chaque jour, en tant que capitaine, à essayer de rendre cette cité le moins insalubre possible pour les habitants et les visiteurs comme vous. Cette ville est un bouton de rose. C'est une image bien sûr mais j'adore les images que vous utilisez pour vous exprimer vous les peaux-nues, les autres félins ont trop tendance à les négliger dans leur phrasé quotidien, c'est ce qui rend leur vie si pathétique.
Bref, je disais : Cette ville est un bouton de rose. Elle est bientôt prête à éclore en une vraie beauté à admirer derrière les épines qu'elle a dressé pour se protéger et au dessus du purin d'où elle s'est extraite. Dans l'image, les épines correspondent à notre flotte de pirate et le purin et bien... vous l'avez sous votre nez !"

La capitaine des esclaves désigna dans un grand geste l'ensemble du marché aux esclaves, des estrades souillées qui craquaient sous le poids des corps enchainés, aux navires pirates ventrus capable de contenir une grande cargaison de marchandise.
Son kimono virevolta et les bijoux et breloques cliquetèrent avec le mouvement, révélant la finesse du fil et le chatoiement du métal.

"Voilà Maitresse Dalis, voilà ce que je voulais vous montrer. C'est une expérience que les visiteurs des autres villes regrettent d'avoir eu j'imagine mais je la pense nécessaire. Tout ici mérite d'être vu de tous car c'est la base sur laquelle les empires reposent. Mais j'imagine qu'un être aussi âgé que vous sait déjà tout cela n'est-ce-pas ?"
La panthère rejoignit son invité et planta ses yeux bleus intenses dans les siens.
"Je suis Kalza'ah Ashuddh, capitaine des esclaves. J'ai bâti cette cité et mes esclaves permettent à vos royaumes de se relever de leurs cendres plus rapidement qu'ils ne pouvaient l’espérer. J'espère que nous pourrons bien nous entendre."
Elle sorti sa pipe de sa ceinture la porta à sa bouche et laissa un de ses garde du corps humain venir la remplir et l'allumer à l'aide de sa magie. Elle tira une grande bouffée, et la laissa sortir de sa gueule dans un nuage englobant. Les volutes flottant autour de son visage et de son buste, rendant sa silhouette, déjà noire comme le charbon, encore plus hermétique. Seuls ses deux grands yeux bleu profond ressortaient de son visage flouté
"J'espère aussi pour vous que l'odeur de tabac ne vous gêne pas, ici c'est une coutume à laquelle il vaut mieux se plier, à part si vous désirez respirer le même air affreux que les animaux sur les estrades."


Dernière édition par Kalza'ah Ashuddh le Dim 17 Juin - 2:48, édité 1 fois
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Re: La Rose au milieu du Purin [Toryné Dalis]

le Mar 12 Juin - 9:03
Il s’agissait de la première visite de Toryné dans la perfide. Au cours de cette escale qu’il avait entreprise à Néthéril, la simple idée que de poser un pied à Athgalan n’était clairement pas une potion pour le vampire. Mais qu’est-ce qui avait pu faire changer d’avis au sublime androgyne ? La raison était simple, que son avenir connaisse une fin brutale ou non, autant agir comme s’il continuait à vivre et agir pour ses intérêts.

Par conséquent, avoir quelque connaissance à Athgalan pourrait s’avérer on ne peut plus intéressant pour le futur, surtout pour ses projets futurs. La ville possédait un système de gouvernement des plus atypique, si bien que le terme de gouvernement ne semblait pas vraiment approprié. Quoiqu’il en soit, c’était les capitaines qui faisaient la “loi” dans la Citée, au nombre de 6, chacun d’entre eux avait une fonction précise. Il savait d’or et déjà qu’Irina Faust était la capitaine des catins, cependant ce n’était pas elle qui l’intéressait aujourd’hui, c’était une capitaine bien plus singulière qui intéressait le vampire.

C’est ainsi que le conseiller se retrouva dans le port de la ville, zone effervescente comme il avait pu s’y attendre. Il se fondit dans cette marée de criminelle en tout genre, essayant tant bien que mal que de ne pas attirer l’attention. Par chance, l’androgyne ne portait pas l’un de ses somptueuses robes comme à son habitude, il n’était pas stupide, s’il était venu ainsi dans la ville où la criminalité faisait loi, il aurait fini, violé, dépouillé et tué dans une ruelle quelconque et ce n’était pas la mort à laquelle il aspirait. Par conséquent s’était dans son armure vampirique que Toryné marchait, épée au fourreau, prêt à dégainer au moindre geste agressif à son encontre. Cette armure montrait également les changements qui s’opérait dans l’esprit du vampire, il devenait méfiant, du moins bien plus qu’il ne l’était déjà, auparavant. Disons qu’il y avait désormais plus une certaine paranoïa, là ou avant nous aurions pu parler de prudence… cette armure, Toryné n’était pas prêt de la quitter.

En revanche, si effectivement son armure vampirique d’acier lui permettait de davantage se fondre dans la masse grouillante, cela n’empêchait guère les regards de s’attarder sur son être. Était-ce sa prestance naturelle que même la sobriété militaire de son accoutrement ne pouvait effacer ? Ou bien étaient-ce ses courbes, dont l’armure, proche de son corps, ne saurait cacher, et même au contraire, mettre en valeur à sa manière ? Quoiqu’il en soit, passer inaperçu pour Toryné semblait être impossible en fin de compte, peut-être même avait-il l’air bien trop propre, voir pur, au milieu de cette fosse abjecte.

Et encore, abjecte pouvait même sembler faible comme mot, le port d’Athgalan grouillait de tout, de la vermine en tout genre, des esclaves dont les odeurs et les allures étaient des preuves suffisantes pour témoigner de leur condition de vie et si le vampire se moquait bien de cela, ses sens en souffraient, surtout son odorat. Son hôte s'en excusa par ailleurs, dans un grand monologue dans lequel la capitaine des esclaves Kalza-ah Ashuddh, fit une introduction très théâtrale de sa ville, sous bien des aspects. Le vampire s’était frayé un chemin jusqu’à la capitaine, une fois son nom décliné, il avait pu garder l’attention de cette dernière, quelque part, c’était agréable, ces derniers temps, son nom n’avait su qu’attirer danger et menace.

Cependant, il s’agissait d’une Graarh, Toryné en avait une sainte horreur et cette haine avait une bien absurde origine, le sublime androgyne était Zoophobe, soit il haïssait les bêtes qu’il trouvait sale, insipide et stupide, soit il fuyait leur présence par dégoût. Les Graarhs, pour lui, était bien trop semblable à des animaux bipèdes, des parodies de race intelligente ce qui l’écoeurait tout autant. Cependant, il devait bien admettre que les paroles de l’esclavagiste lui plaisait, sa manière de présenter Athgalan et son port avait son charme et un certain exotisme.

De plus, Toryné faisait face à un véritable paradoxe vivant, une Graarh qui dirigea le grand réseau d’esclavage de toute l’archipel, son peuple en étant la principale victime. Irrémédiablement, cela piqua la curiosité du vampire, alors pourquoi ne pas oublier ses principes, l’histoire d’un moment ? D’autant plus qu’il n’avait guère le luxe que de se refuser une bonne relation avec la capitaine des esclaves.

-J’espère également que notre relation sera sous les havres d’une belle entente, mais comment dois-je vous appeler, Capitaine, Dame ?

Ce commentaire, bien que, énoncé avec un ton sérieux, avait surtout pour but d’amuser son hôte, le conseiller se doutant bien que l'appellation Dame était sûrement quelque chose de véritablement peu commun à Athgalan.

-Mon odorat s’accommodera parfaitement à votre tabac n’ayez crainte à ce sujet. Comme l’avait dit la capitaine, cette odeur valait bien mieux que celle que respiraient les esclaves.

Le regard de Toryné se perdit dans la foule, contemplant marchant et esclave, un léger sourire sur les lèvres “Vous avez par ailleurs entièrement raison, c’est ici que repose le pilier des civilisations, Empires et Royaumes peuvent bien fermer les yeux ou même s’offusquer, la vérité ne saurait disparaître de par leur déni”. C’était après tout avec les esclaves que les vampires avaient pu fonder Aerthia dans des temps records, créant un bastion qui fera grincer des dents tout chef militaire voulant se risquer à envahir la Citée. L’esclavage était primordial, surtout pour les vampires dont la main d’œuvre n’était pas aussi abondante que dans les autres nations. Cependant, les choses étaient maintenant différentes, Irina avait aboli l’esclavage des Graarhs, une perte importante de main d’œuvre pour le royaume, quoiqu’on en dise.

-Je pense très sérieusement que tous dirigeants de ce monde devraient venir ici, bien qu'ils se targueraient d’un simulacre de répugnance devant tel spectacle.

Beaucoup reniaient l’esclavage désormais et en condamnaient la pratique, certes Toryné n’irait pas défendre le défendre sur la scène internationale avec véhémence, cependant, il n’irait pas non plus prôner son abolition totale, cela ne serait que pure folie.

-Il était temps que je vienne en personne, j’ai toujours été un client satisfait de vos produits, je dois bien l’admettre. Effectivement, le vampire avait eu de nombreux esclave Graarh, beaucoup était mort dans la réalisation de sa demeure ou par ses caprices, mais la qualité avait toujours été là, de plus ce contact avec les Graarhs lui avaient permis de comprendre en grand parti leur monde de communication. Cependant, ce commentaire, n’avait pas juste pour objectif que de complimenter la Capitaine, non, il s’agissait là d’une introduction à une question sous-jacente. “Bien que les changements de loi à Aerthia vont devoir m’obliger à revoir ma consommation”. Bref et rapide, Toryné abordait avec une fausse innocence le sujet, l’avènement au pouvoir d’Irina Faust chez les vampires et ses retombées.

Toryné ne savait pas si cela avait eu un impact important pour les affaires de la Graarh ou si cela en aurait dans un avenir proche, mais il comptait en avoir la réponse. La question méritait d’être posé et c’était bien un sujet sur lequel, un conseiller tel que lui, devait se pencher. Cependant, malgré le sérieux et la nécessité des actions qu’ils entreprenaient ici, sa curiosité maladive ne l’avait pas quitté et sûrement viendrait-il à aborder d’autre sujet disons moins primordiale.
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