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De deux amants, l'un est esclave et l'autre est maître. - Kalza'ah.

le Ven 8 Juin - 5:25
25 Octobre.

La demeure noble avait l'avantage d'être à l'écart de tout, il était donc facile d'y organiser banquets, bals et mascarades mais par-dessus tout cela, complots et trafics en tout genre et les pirates étaient tout à fait les bienvenus durant ce genre d'événements. Elle soupirait aux côtés du maître espion de Sélénia, ennuyée, elle ne pu deviner l'expression qui se cachait derrière le masque de l'intriguant.

Était-ce la curiosité qui l'avait conduite ici ? Était-ce le souvenir d'un amant au sourire mielleux ? Il s'agissait surtout de l'ennui, son amant ne parvenait à la tirer en cette soirée de ses pensées sombres et l'immaculée sombrait presque dans une de ses mélancolies dont elle avait le secret. Les événements mondains d'ordinaire captivaient sans mal son attention, mais les badinages ne l'intéressaient pas. Il lui avait pourtant promis un grand moment, et surtout quelque chose qu'elle n'avait jamais vu, elle en était pour l'heure déçue, jusqu'à ce qu'elle entendit des échos parler d'esclaves.

Elle-même n'avait jamais vraiment souffert, elle ne se souvenait pas d'une douleur cuisante au point d'en hurler, d'être humiliée et traînée plus bas que terre, à peine son ego avait-il été atteint par quelques mots. Elle était une profane, profane de la torture, de l'esclavage. La souffrance était une chose qui lui paraissait intouchable, elle aimait l'infliger mais ne l'avait pas réellement subit, elle observait d'un œil curieux, par-dessus son éventail dont le dos était recouvert de plumes noires ce qu'il en était et étrangement sa sympathie n'allait pas à ces derniers mais bien à celui qui maniait le fouet.

Le cygne noir en elle ébouriffait ses plumes tout en lâchant un feulement de surprise en voyant une créature curieuse entrer dans la pièce - aucune manifestation n'était présente à l'extérieur de son esprit -, ce n'était pas vraiment un animal, pas un homme non plus, une pelisse noire recouvrait la chose et attisait encore plus sa curiosité. Elle avait bien entendu parlé de ce peuple sauvage, tant hais par son géniteur, une haine qu'elle ne partageait pas forcément. L'hédoniste se levait de la couchette sur laquelle elle était installée depuis le début des festivités.

Ce même sentiment la poussait à s'éloigner de son amant, installé dans un fauteuil à côté d'elle, s'excusant platement d'être une si mauvaise compagnie. Plus captivée par la présence de ce qui lui semblait être une panthère bipède qu'un être Humain. Elle portait une robe de satin noire aux reflets bruns très peu prononcés, brodée d'or, très corsetée en haut et ample en bas. Ses lèvres étaient maquillées du même brun que sa robe et ses yeux de noirs soulignant d'avantage les yeux argentés de l'immaculée. Ses cheveux blancs eux étaient laissés libres, le tout surmonté d'une parure d'argent. Et finalement, toute cette tenue ne faisait que sublimer son apparence de cygne, la canalisant à son apogée. Bien entendu elle surpassait toutes les autres femmes par sa beauté, les éclipsant sans aucun mal. Le cygne n'avait aucun mal à trôner parmi les poules.

Ainsi, elle s'approchait de la chose qui appelait ses sentiments et ses sensations, arrondissant les angles de la banalité de la conversation que ses lèvres laissaient s'enfuir, teintée de son accent doux et sucré. Indéniablement elle savait manier les mots.

- Je ne vous avais jamais vu ici.. Madame ?.. Ni même un de vos semblables, une agréable surprise, vous illuminez cette ennuyeuse réunion de nobles par votre exotisme. Une affligeante banalité que quelques mots sauraient satisfaire, ses lèvres subtilement dissimulées derrière les plumes noires dans une invitation muette à la suivre loin des festivités.

Sintharia préférait parler à la femme dans un endroit plus tranquille, sa suivante avait compris cela et ne l'avait pas suivit. Ainsi, les deux lunes qui lui servaient d'yeux pouvaient détailler à leur guise la féline, néanmoins avec une certaine discrétion de mise.
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Capitaine des esclaves

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Re: De deux amants, l'un est esclave et l'autre est maître. - Kalza'ah.

le Mar 12 Juin - 14:09
On l'avait invité.
Ça c'était une première. Enfin, elle faisait des avancées dans la société des peaux nues en dehors de son trou à rats. L'habitation ne ressemblait à rien de ce qu'elle avait pu apercevoir jusqu'à maintenant à Athgalan mais elle avait vu des illustrations de chateaux et de palais similaires dans ses lectures. Elle esquissa un mouvement de lèvres satisfait en repensant aux images et aux texte encrés sur le papier qui lui esquintaient les yeux jusque tard dans la nuit. Elle avait du mal à y prendre du plaisir mais c'était précisément pour ce genre de situation que cela servait. Ses jeunes préceptrices ne juraient que par les livres et le savoir qu'ils renfermaient.

Dans le monde des peaux-nues il y avait une différence énorme entre les Aaleeshaan et les autres, entre les dominants et les dominés. Et cette puissance, qui se comptait en possessions et argent, ne nécessitait pas forcément un acte de bravoure reconnu mais simplement d'être né dans la bonne paillasse ou d'être assez rusé pour compenser. C'était un concept qui, bien que totalement divergeant de son éducation, résonnait très fort avec son expérience personnelle. Elle était d'accord avec les lois de ce monde là et sentait qu'elle pourrait s'y faire une place à juste titre. Après tout, elle savait lire le peaux-nues, elle avait la ruse, elle avait la force, elle avait l'argent des esclaves et elle pouvait même - pourquoi pas - être considérée comme noble vu qu'elle était Aaleeshaan et fille d'Aaleeshaan.
Seulement, si à Athgalan elle arpentait les rues comme un smilodon parmi les stymphales, - ou comme un loup dans une bergerie comme on disait ici - elle aurait du mal à se pavaner tout à son aise parmi cette cour là. Ses jeunes protégées lui avaient bien fait promettre de se conduire selon "l'étiquette" avec les puissances peaux-nues. Apparemment, les liens commerciaux et politiques se faisaient ici, en mangeant et en buvant, de manière légère et subtile.

Bien sûr elle s'était habillée pour l'occasion, ça c'était un plaisir qu'elle ne se refuserait pour rien au monde ! Elle avait mis ses boucles d'oreille d'argent, ses anneaux d'or, passé ses bracelet de nacre, revêtu une toge aérienne, blanche et transparente, attachée par des broches joalières et une petite ceinture en cuir tressé, et elle s'était chaussé de spartiates légères et fines. Enfin, sa marque de fabrique en quelque sorte, elle avait agrémenté sa tenue de plumes, attachées à des anneaux aux bracelet, aux oreilles et à la cheville, en épi ou en gerbe sur la tête ou au bout de la queue.

A son entrée dans la demeurre, des sourcils se levèrent et des regards dégoutés se fixèrent sur elle. Elle leur rendit une façade digne, assurée et prédatrice si intense qu'aucun d'eux ne se permit de faire le moindre commentaire à voix haute ou d'essayer de l'empêcher de gagner la salle de réception. Là aussi la plupart des regards étaient dégoutés ou sceptiques mais quelques uns étaient plus animés de curiosité qu'autre chose. Tous étaient assez bien vêtu et recouvert de maquillage ou de teintures qui modifiait leurs couleurs et même si son style était exotique dans un tel milieu, elle n'était certainement pas la plus pauvre ici.

Elle fut abordée par un groupe de nobles et bourgeois humains dont l'un était un client régulier qui batissait sur son terrain grâce à sa main d'oeuvre. Elle fit la conversation d'usage, usant de traits d'esprits et ronronnant de manière amusée face à ceux de ses interlocuteurs, tout en gardant un regard de marbre qui ne rencontrait guère ceux des autres. Son accent et son apparence fascinait ces idiots de mâle. Elle aurait du mal à supporter ces cochons gras et leur fatuité toute la soirée. Ils étaient un peu plus intelligents et raffiné que les mâles Graärh, mais ils étaient tout autant bouffis d'orgueil et ennuyeux.
Les esprits en soient loués, il semblerait qu'une femelle soit venu s'intéresser à elle.

Les femelles peaux nues étaient, en général, trop chétives et effacées par rapport à leurs mâles mais elles avaient du potentiel. Le traitement qu'on leur infligeait au quotidien alimentait secrètement leur hargne et il suffisait d'une petite séance de travail psychologique pour révéler la guerrière passionnée sous l'apparente féminité.
Alors le joli spécimen qui s'avançait dans le coin de son oeil, de quel bois était elle faite ?

Elle prit congé des bourgeois et attrapa un verre de vin sur le plateau d'un page qui essayait de l'éviter aussi poliment que possible et qui après détala à l'autre bout de la pièce avec une grimace. Elle attendit que la femelle daigne faire sa présentation et savoura le liquide de velours qui émerveillait ses papilles avec un ronronnement. Quel délice en comparaison des affreux picrates de la cité pirates !

La femelle était gracieuse, peut-être un poil trop sobrement vêtue à son goût mais pas dénuée d'intérêt. Elle semblait avoir envie d'en apprendre plus sur elle mais ne la reluquait pas avec l'insistance dégoutante des mâle. Elle semblait désirer discuter un peu plus loin de l'assemblée, ce que la capitaine des esclaves accueillit avec plaisir :
"Allons faire connaissance un peu plus au calme ma chère, l'odeur de ces mâles et leurs voix commencent déjà à m'irriter. Ma funeste réputation ne me précède pas encore assez je le regrette, je suis Kalza'ah Ashuddh, capitaine des esclaves, enchantée. C'est la première fois que les nobles m'invitent à une de vos petites sauteries, peut-être étaient ils trop réticents jusque là pour inviter une Graärh parmi la haute société. Ou peut-être que je n'avais pas fait assez pression sur le marché, qui sait ?
Quoiqu'il en soit, a qui ai-je l'honneur de me présenter ?"

Si le ton de sa voix était léger et s'accordait avec ses manières douces et souriantes, l’abrupte et le cynisme de ses propos se reflétait dans ses grands yeux bleus, froids, et calculateurs.
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Re: De deux amants, l'un est esclave et l'autre est maître. - Kalza'ah.

le Jeu 14 Juin - 7:28
- Ciaran, tâche de faire en sorte que notre hôte ne se sente pas trop esseulé en mon absence. Murmurait-elle à l'égard de sa suivante, une phrase que personne hormis la femme n'aurait pu entendre.

Et elle parlait, enfin la femme féline parlait, sa voix et son ton lui plaisait, elle la guidait bien loin à l'écart des badauds, dans le coin d'un couloir, et curieusement dans la pénombre les yeux de la bipède semblait briller d'avantage. Ainsi, elle pouvait observer plus tranquillement la capitaine des esclaves sans pour autant se montrer intrusive.

- Un plaisir de vous sauver de mes contemporains. Ici, peu de chose ont réellement une valeur, seuls les titres, l'or, le paraître comptent. Néanmoins récemment le comte à remarqué que grands nombres de nobles avaient des penchants que la chair seule ne peut contenter. Il se dit même que certains prennent du plaisir à chasser l'homme comme l'on court le cerf. Je pense qu'il est une bonne chose que les nobles s'intéressent à votre travail, vous n'imaginez pas le prix que certains sont prêts à payer pour une personne qui disparaîtra dans l'heure suivante. Lorsque votre influence grandira, ils vous mangeront dans la main, laissez leur croire à leur supériorité, une lionne n'a pas à se préoccuper de l'avis des coqs d'une basse-court, n'est-ce pas ? Allons à l'écart de la fête dans un lieu plus privé qu'en dites vous ? À partir de là, je serais votre hôte.

Et elle fit une révérence polie, mais non-exagérée, puis se présentait, son désir d'en savoir d'avantage avait l'habitude d'effacer les bonnes manières que son père tâchait de lui enseigner. Tout semblait si naturel pour elle : complimenter, se présenter, c'était son travail et elle avait une juste conscience de ce qu'elle était et où était sa place.

- Sintharia Dalis, favorite du comte de Batisdonne et courtisane. Mon rôle ici est de m'assurer que chacun trouve son plaisir et je vous sens peu épanouie, peut-être pourrais-je faire quelque chose pour effacer cet ennui ? Une délicate attention offerte à la féline.

Elle poussait une des lourdes portes en bois massif, les nobles auront bien vite fait d'oublier l'absence des deux femmes, tendis qu'elle pénétrait dans une pièce qui était en réalité un salon couplé d'une chambre, la sienne personnellement. Elle aimait y recevoir les personnes appréciant peu les mondanités. Elle s'étalait dans une banquette et invitait la femme-panthère à en faire de même.

Les nobles avaient le don de trouver de nouveaux noms aux choses qui sonnaient de manières indélicates à leurs oreilles, en d'autres termes elle n'était rien de plus qu'une prostituée pour qui avait les moyens de la posséder, autrement, elle se contentait d'être une femme galante et cultivée, de bonne compagnie. Et finalement elle n'accordait ses soupirs qu'à ceux qu'elle estimait digne, n'était-ce pas la meilleure des choses pour une femme ? Mais être esclave de ses sentiments avait un prix, un prix difficile à assumer. Les choses étaient plus claires sur sa tenue, elle avait besoin de praticité et pas d'une tenue où il fallait s'y mettre à cinq pour la faire et défaire.

- Peut-être désireriez-vous parler affaires avant autre chose ? Elle disait cela en s'éventant délicatement, bien qu'il ne faisait pas réellement chaud, elle avait gardé cette habitude. J'aurais besoin d'un approvisionnement régulier et discret pour un commanditaire qui n'a pu se rendre à cette soirée, de belles et jeunes femmes. Et je suis prête à payer trois fois le prix habituel pour le lui fournir pour cela et peut-être même plus si vous pouvez me fournir dans les jours qui viennent. C'est un marché qui vous semble honnête ?

La capitaine n'aurait pas besoin de plus d'information, cela était amplement suffisant.
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Re: De deux amants, l'un est esclave et l'autre est maître. - Kalza'ah.

le Sam 30 Juin - 18:36
Elle avait compris tout cela, l'or, les titres et les terres étaient tout ce qui comptaient et donnaient accès à des faveurs comme on n'arrêtait pas de lui faire pour obtenir des prix plus cléments sur sa marchandise. Elle avait l'or, elle avait le titre et le pouvoir et sa ville était son territoire. Elle pouvait d'ailleurs jouer avec les prix du marché des esclaves comme bon lui semblait, la mane était nécessaire et les clients assez riche et stupides pour tomber entre ses griffes. La courtisane avait raison, il ne restait plus qu'à faire en sorte que dans cette fosse au pouvoir, ils se rendent compte de son influence. Et, tapie dans l'ombre, aux aguets, elle était patiente.

"Merci, mon odorat s'habitue encore aux affaires des hommes. Si j'en avais réellement l'envie, je crois que j'apprendrais à tout mes esclaves à se laver correctement. Mais une partie du charme s'envolerait n'est-ce-pas ?
Ceux dont vous parlez, c'est une autre histoire. J'ai effectivement quelques commandes de produits spécifiques, en meilleur état physique et plus belliqueux que ce que l'on me demande pour la construction.
Quant à ma réputation je ne me fais pas de soucis et je laisse ces... hum "volatiles" de basse-cour admirer mes griffes tant qu'ils le souhaitent. Vous autres nobles êtes vraiment amusants avec vos images et vos "métaphores".


La capitaine ronronna et sourit, amusée. Elle se laisserait tenter par cette courtisane, c'était la première femelle sans-poils qu'elle croisait aujourd'hui et qui avait l'air d'avoir un peu d'intelligence et de vivacité. Celle-là ne se conduisait pas tout à fait comme les autres, elle avait toutes ces manières et gestes délicats mais satisfaire ou charmer un mâle n'occupait pas toutes ses pensées.
"Nous verrons bien si vous êtes à la hauteur pour combler mon ennui, nous verrons bien... Je vous suis dans un instant, ma chère."

Kalza'ah tira sa pipe de sa ceinture et se retourna pour aller attraper le bras d'un invité au hasard. Elle planta son regard intense et statique dans les yeux du mâle et lui demanda du feu en caressant son bras et le menant vers le fourneau de son instrument. L'homme se mit à trembler un peu sous le contact des mains soyeuses de Kalza'ah. Lentement, il plaça sa main et fit le signe-clé pour faire jaillir une petite flamme de son doigt. Le tabac s'embrasa et la Graärh aspira goulument. Elle souffla son nuage de fumée avec un soupir de plaisir et seulement alors, elle rompit le contact visuel. L'homme sursauta d'un coup et s'essuya le front de la sueur qu'il s'y était mis à perler. Sans dire merci, la capitaine se retourna et revins vers son hôte. L'homme eut tout le loisir de se faire rappeler à l'ordre par sa compagne et sermonné du regard pour avoir laissé son regard s'égarer un peu trop bas.

"Je préfère le tabac à la multitude indécente de vos parfums pour mes narines, j'espère que ça ne vous dérangera pas." Bien sûr tout cela était pour la forme, elle ne s'arrêterait jamais de fumer pour qui que ce soit.
Les deux femmes s'engagèrent dans le couloir sombre et pénétrèrent dans une nouvelle pièce plus petite et intime. Des sièges moelleux occupaient la pièce, fidèles à l'étrange coutume de construire des pièces entières de bâtiment rien que pour discuter. Elle choisi un divan pour s'installer dans une position semi-allongée assez suggestive, prenant encore plus d'aises que son hôte. Cette dernière révélait ainsi un peu plus de ses jolies formes féminines dans sa tenue simple. La simplicité vestimentaire était quelque chose qu'elle n'appréciait pas pour elle même, elle portait tout un tas de jolies babioles et de beaux tissus pour montrer qu'elle aussi jouait dans la même catégorie financière. Cependant chez les autres femmes elle préférait la sobriété, après tout, c'était ce qui était en-dessous qui comptait vraiment...

Malgré ses politesses et ses airs sages, Sintharia restait une habituée de la politique, cela se voyait. Kalza'ah nota bien que la discussion porterait sur les affaires avant "autre chose" et du faire un petit effort pour s'empêcher de ronronner et garder une attitude maitrisée et froide.

"Vous semblez confondre les capitaines de la confrérie, ma diable de consoeur saurait peut-être mieux vous fournir le genre de specimen que vous semblez rechercher. Pas que votre offre ne soit pas alléchante ou que je n'ai pas compris le caractère définitif de l'achat, mais voyez vous... Je dois penser à ma consommation personnelle et elle consiste justement en ce que vous me demandez. Je vois que les goûts de votre "commanditaire" concordent avec pas mal de demandes que je reçois chez moi. Sachez que je n'ai pas pour habitude de vendre les jeunes filles et quand je le fais, je veux qu'on y mette le prix et je m'assure un peu de savoir quel sort leur est reservé. Vous n'êtes pas la première à me demander de sacrifier une membre de mon harem et vous ne serez pas la dernière. Rejoindrez-vous la longue liste des mâles déçus ?"

Parler affaire avant de faire autre chose ? Mais ça faisait partie d'autre chose justement ! La soirée ne faisait que commencer.
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Courtisane assassin

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Re: De deux amants, l'un est esclave et l'autre est maître. - Kalza'ah.

le Jeu 9 Aoû - 16:51
Ce qu’elle s’apprêtait à dire aurait pu faire hurler l’amas de bien-pensants qui se reproduisaient dans les cités humaines et elfiques, mais pas ici, certainement pas sous son propre toit. Les invités étaient soigneusement sélectionnés pour concorder à cette manière de penser et si l’esclavage les gênait, que faisaient-ils à une mascarade organisée autour de ce fait ?

Il faut conserver au maximum l’image de l’esclave soucieux de son sort, la mine grave, nu et sale, conserver la violence et ses conditions de vie déplorables. Et faire disparaître la moindre lueur d’espoir. Elle disait cela avec un étonnant sang froid. Ce sont les acheteurs qui feront vivre le mythe de l’esclave heureux de son sort et de sa noblesse, dans quelques dizaines d’années, on verra fleurir les peintures et les statues glorifiant cette époque qui sera peut-être révolue, peut-être même des livres. Elle savait que les communs avaient tendance à idolâtrer les erreurs du passé. L’esclavage à une fragrance de romantisme, vous ne trouvez pas ?

Néanmoins, la détention d’êtres humains, ne semblait pas la troubler plus que ça, elle avait toute une armée dédiée uniquement à son bon plaisir, mais elle n’était pas stupide, ce qui était interdit suscitait la convoitise, et l’esclavage était loin d’être terminé, et il durait certainement un long moment avant de s’éteindre. Elle y voyait l’exaltation des sentiments, des sensations, et cette idée lui plaisait et flattait son ego. Qu’est-ce qui était plus agréable que d’avoir des gens uniquement dévoués à son service ? En échange elle leur conférait confort et sécurité, une chose rare par les temps qui courent.

Nous sommes tous l’esclave de quelque chose, certains s’accrochent à l’amour, d’autres aux déesses, ou alors à leur nation. Tout ceci est illusoire, seule la chaîne est réelle. L’important est de savoir quel maître, l’on sert. Et elle, de qui était-elle l'esclave ?

Dans un souffle presque lascif, elle tirait la dernière phrase de ses lèvres. Qui servait-elle ? Ses propres intérêts ? Ou un homme quelconque ? Ses propres valeurs ? Ses intérêts, elle en avait, mais elle avait aussi une foule d’hommes qui lui étaient dévoués et qui cherchaient désespérément à l’avoir. Quant à ses valeurs, elles étaient nombreuses et s’entassaient bien. Les silences et les souffles faisaient partis du jeu, le jeu de la séduction, qu’elle appréciait tout particulièrement. Et en quête d’exotisme, la graarh avait attiré tout son intérêt.

Je vous en prie, ma dame, c’est vous qui dirigez, vous êtes mon invitée. Une invitation au vice à peine dissimulée.

Elle s’inclinait poliment, et décidait de prendre de l’avance, le bruit de ses talons résonnant sur le sol de marbre sombre et sa robe en soie d’un brun presque noir suivait ses mouvements dans un bruit de tissu discret. Nullement troublée par le ronronnement de la panthère.

Une fois confortablement installées, les deux femmes eurent tout le loisir de s’observer et de se jauger, malgré son jeune âge l’immaculée ne se démontait pas et se carrait un peu plus dans son fauteuil, répondant sans ciller une vérité qui aurait pu en faire rougir plus d’uns.

Justement Irina.. Elle prenait une profonde inspiration. Je n’ai aucune envie de faire affaire une putain de cet acabit-là, je ne lui fais pas confiance. Et tous les discours mielleux du monde ne me feront pas changer d’avis. D’autant plus qu’elle a tendance à surprotéger tout ce qui touche à son petit commerce, tout en pratiquant des tarifs plus que discutable.

Un peu de petite conversation pour rendre le tout sincère et le tour était joué, néanmoins, il était aisé de deviner que les pensées de la demoiselle à ce sujet étaient bien plus vulgaires que ce qu’elle laissait croire.

Voyez-vous, je suis aussi une fille de nuit, nous avons les oreilles de partout, et une facilité à dévoiler ce que l’on sait. Voilà pourquoi je ne ferais jamais confiance à une catin, encore plus quand il s’agit d’un vampire tel qu'Irina.

Elle eut un sourire mutin à cette phrase, elle-même était en quelque sorte une catin, et ainsi pouvait-on réellement lui faire confiance ? Bonne question.

Je suis prête à revenir sur le caractère définitif de la chose, pour le même prix.

Sintharia était assez dure en affaire, elle n’était pas dupe, elle savait qu’un refus se suivait d’un accord, et pour le même prix, bien qu’il fût moindre par rapport à son budget. Elle levait les yeux de son invité quand une de ses suivantes entrait dans la pièce pour apporter quelques rafraîchissements et quelques mignardises. Elle attrapait une coupe de champagne et plongeait ses yeux d’argent dans les prunelles de la graarh.

Il est tout à fait appréciable de voir que les femmes reviennent au pouvoir.

Elle détournait petit à petit son attention de la femme chat, jouant avec sa propre frustration, néanmoins elle avait besoin de connaître d’avantage à qui elle avait affaire.
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Capitaine des esclaves

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Re: De deux amants, l'un est esclave et l'autre est maître. - Kalza'ah.

le Mer 15 Aoû - 5:55
"Vous parlez de la persécution des esclaves comme si c'était un phénomène calculé, une stratégie avec un but précis... Et vous avez en parfaitement raison."
Briser l'espoir, déchirer le voile d'humanité couvrant la bête, démonter un à un les rouages du système de valeurs et de principes pour ne laisser que la survie aveugle par le travail. Tout un tas de concepts et de pratiques mûrement expérimentées avec le temps, qu'elle avait intégré d'instinct, puis qu'elle avait mis en mots de peaux-nues pour les exprimer clairement et intelligemment. Mais même si tout ce qui touchait à la culture des envahisseurs la fascinait, la théorie et les concepts abstraits avaient le don de l'exaspérer trop rapidement. Si la courtisane énonçait l'évidence qu'elle connaissait déjà, la capitaine préférait la surprise.
"A vrai dire, je me fiche éperdument de l'image de ma marchandise auprès de mes clients, et je me fiche bien plus encore des babioles avec lesquelles ils iront encombrer leur demeures. Mon image oui, j'aime me parer de bijoux, de parures et de vêtements dont je suis fière et qui font se retourner les regards sur mon passage mais l'apparence des esclaves n'est pas un cadeau que je vous fais. C'est un cadeau que je me fais.
Je suis, à mon grand dam, une graärh et j’enchaîne des graärh. Je me suis rangé du côté de l'ennemi, je l'ai dompté, je me suis fondu dans sa masse, je l'ai retourné à mon avantage et je l'utilise pour causer la perte de mon propre peuple. Et j'adore ça.
Ce n'est pas du romantisme. L'odeur du fer qui rouille, du sang qui sèche et de la crasse qui s'entasse... c'est du surréalisme."

Hahaha, les petites scribes auraient été très fières de leur maîtresse ! Sa nouvelle culture et sa maîtrise de la langue se faisaient de plus en plus acérées, précises et nobles. Son avancée était d'autant plus jouissive qu'elle adorait déjà faire preuve de répartie avant, et que sa nouvelle langue fournissait tout un tas de mots et de subtilités de langages tout à fait distrayants à manier. Cela valait bien une petite bouffée d'orgueil et de tabac tout cela. Oh et puis... un peu plus que du tabac tiens, ce soir c'est fête.

Sintharia  enchaina ensuite sur une sorte de question existentielle sans le moindre intérêt sur laquelle Kalza'ah éluda avec un désintérêt non feint. Elle n'avait ni le temps ni l'envie de se prêter à un jeu de l'esprit idiot, qui consisterait à inverser les rôles. Aucun intérêt, elle était maître. Maître de tout. Les esclaves, c'étaient les autres.
Grand bien il lui en aurait pourtant fait, car la liste des choses dont elle dépendait et auxquels elle répondait était étoffée et rassemblaient une pléthore de points de pression qui pouvaient se retourner contre elle, pourvu que quelqu'un maîtrise autant qu'elle l'art de détruire l'esprit.
"Qu'elle s'amuse à ces petits jeux là avec ses chiens qu'elle pourrait faire rouler à ses pieds en faisant dépasser un bout de poitrine de sa robe brune." A cette pensée, son cerveau fit le travail de lui même, comme un automatisme, et il lui montra l'image du corps nu supposé de la courtisane. Il compléta les traits des formes de la silhouette féminine, fit foisonner les détails croustillants là où on ne voyait que le tissu. Elle se lécha les babines.
Oh elle allait diriger bien assez tôt. La discussion n'allait pas tarder à prendre un nouveau tournant. Ce n'était pas tellement qu'elle n'aimait pas discuter de tout et de rien, mais elle avait très vite envie de passer à autre chose.

Fait assez étonnant, malgré que son interlocutrice parla du sujet de la capitaine des catins, chose qui avait le don de la faire fulminer, elle n'écouta pourtant que d'une oreille distraite. L'herbe lui était monté à la tête mais surtout quelques autres envies intenses qui la détournait de son attention habituelle. Bien sûr en apparence, elle semblait toujours fixer intensément et prête à bondir à tout moment mais dans les faits, elle profitait surtout du divant moelleux et de la vue qui lui était offerte. Elle qui était pourtant parti pour négocier aprement et se laisser approcher petit à petit, elle se contenta d'acquiescer distraitement. Oui certes Irina était une putain de la pire des races et une idiote finie dont la réputation de maitre politicienne était largement surestimée, ce qui la fournissait assez amplement en ennemis dans l'archipel, mais cela aussi elle le savait et c'était une affaire qu'elle gérerait plus tard et qui ne devait pas gâcher ce qui allait suivre.

La panthère releva l'oreille quand l'immaculée revint sur son offre. Ah ! Intéressant finalement... Le moment était plutôt bon pour se lancer, après ce serait sans doute trop tard.
Elle se leva en même temps que la servante qui entrait dans la pièce avec la collation, causant un léger sursaut chez celle-ci. Elle prit la coupe de champagne qu'on lui offrait et goûta le breuvage. Elle fit passer la sensation avec une grimace et une autre bouffée d'herbe. L'alcool et les bulles n'étaient pas fait pour ses papilles, définitivement.
Elle posa sa coupe sur une table basse et marcha vers le fauteuil de la courtisane. En chemin elle defit, une, puis deux, puis trois broche et abandonna sa toge blanche aerienne sur le sol, se révélant dans sa noirceur naturelle, uniquement parée de ses bijoux.
"Vous appréciez mon travail à sa juste valeur esthétique, êtes favorable à sa prospérité dans le temps, vous êtes directe et franche en affaires et n'hesitez pas à être ferme ou à revenir sur votre offre et par-dessus le tout vous semblez détester Irina Faust autant que moi. Qu'ai-je donc fait pour mériter aussi plaisante compagnie ce soir ?" Elle s'approcha encore plus de Sintharia, se courbant en avant juste devant elle. Elle se pencha et plaça sa main gauche sur le dossier, faisant frôler son avant-bras à ses cheveux blancs. Les deux visages, si différents, se rapprochèrent assez pour sentir le souffle de l'une et l'autre. De l'index de sa main droite, couvert de velours et à l'ongle à peine sorti, elle vint caresser le cou pâle. De son touché à la fois doux et à la fois à la limite du coupant elle vint tracé un chemin de frissons de la base du cou, en passant par la carotide, puis la base de la mâchoire, puis jusqu'à la pointe du menton, qu'elle remonta d'un petit coup sec pour que leurs pupilles dilatées par la pénombre et l'ambiance se croisent parfaitement. La graärh émettait un ronronnement d'excitation et sa respiration s'était accélérée. Elle fixa intensément sa proie avant de pencher la tête et de demander d'un ton suave :
"Quel bonheur que nous nous entendions aussi bien n'est-ce-pas ? Et quelle chance pour moi que vous soyez prête à négocier sur un sujet qui me tient à cœur ! On pourrait presque croire que c'est le hasard qui nous a toutes les deux mises sur la route de l'autre, ici, dans cette chambre, seules, loin des autres nobles..."
Kalza'ah recommença à caresser le cou de la jolie courtisane à pleine main cette fois-ci, comme si elle voulait s'en emparer cette fois. De manière presque imperceptible, ses griffes sortirent plus que de raison et la sensation n'allait pas être aussi douce que lors de son premier passage. La sensualité était toujours là, peut-être même plus qu'avant, mais le soupçon de menace sourde d'égorgement éclair venait s'ajouter et alourdir l'ambiance.
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Re: De deux amants, l'un est esclave et l'autre est maître. - Kalza'ah.

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