De nombreux prédéfinis vous attendent ICI. Si vous voulez tenter l'aventure Elysion il peut s'agir d'une excellente façon de commencer !

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L'éclair est plus rapide que le tonnerre - Sintharia

le Lun 11 Juin - 18:09
Le mois d'août se faisait chaud et ensoleillé. Et si l'on pouvait croire que l'air frai de la côte aiderait les Caladonniens à respirer, le nouveau continent ne semblait pas y agréer. L'humidité y était étouffante. Même avec l'eau jusqu'à la ceinture, les marins transpiraient par dessus leurs peau brûlées. Ils répétaient leurs gestes aisés malgré la fatigue de leurs échines courbées et brisées par le travail dans un enchaînement inlassable. En effet, l'effervescence du port n'avait pas changé; Ce qui lui donnait plus que jamais cette insoutenable impression de crasse purulente. Un véritable enfer diraient certain. Pas étonnant qu'aujourd'hui la noblesse ai déserté les divertissements marins pour se rafraîchir à l'ombre des chaines et des peupliers. A leur façon, les jardins de la mairie grouillaient tout autant que les embarcadères. Dans une dance raffinée de flanelle, rubans et volants, les rires cristallins s'élevaient avec légèreté. Habillées de couleurs pâles, les dames avaient sorti les éventails et les ombrelles, ne laissant aucune chance aux rayons perfides du soleil de gangrener leur teint délicat. Sous le voile de son ombrelle, la jeune Ostiz admirait ce magnifique spectacle de productivité. A Caladon, chaque petite chose était à sa place.

Caladon, ville de liberté. Certes, on avait prit un plaisir sans limite à cracher sur l'aristocratie de l'ancien monde, remettant en cause les normes sociale, la légitimité de la royauté et tout ces vieux principes qui ne subsistaient plus qu'à Sélénia. Et pourtant, quels réels changements s'étaient opérés? Puisque leur haine des nobles venait uniquement de leur besoin enragé d’être des noble à leur place. Ainsi une nouvelle aristocratie s'était élevée, dans la cité où l'argent rendait roi. Eleonnora les méprisait autant qu'elle les comprenait. Leur vil opportunisme était semblable au sien et ne elle pouvait les blâmer pour ça sous peine d'être injuste. Au côtés de l'initiatrice de cette petite sauterie, la jeune femme surplombait ce petit monde depuis l'estrade, leur offrant à toutes et à tous un sourire aussi éclatant que l'astre solaire, qui peu à peu se faisait recouvrir par les nuages. C'était une vieille femme à l'air guindé qui lui avait demandé de préparer cette garden party comme on savait si bien le faire  à la cours lors des temps anciens; Les épouses se rencontraient, loin des préoccupations de leurs hommes, s'amusant au croquet, aux dés et s'enfilant de nombreuses confiseries luxueuses. Lorsqu'Eleonnora avait soutenu ce projet, l'administration n'y avait pas vu d'inconvénient tant que ce n'était pas à la cité de payer les frais de ces dépenses mondaines. Et puis mettre à l'aise les plus riches des citoyens était un bonus. Caladon savait se rendre attractive. Au dessus du brouhaha la demoiselle éleva sa voix comme elle savait si bien le faire.

« J'espère que Sélénia aussi est accablée par cette chaleur étouffante...le monde serait bien injuste sinon... » Quelques rires dans l’assistance. Les demoiselles se penchaient les unes vers les autres pour échanger des confidences, gloussant derrière leurs mains gantées. La conseillère ne pouvait savoir si elles faisaient parti de ceux qui l'admiraient ou de ceux l'enviaient. Bien que l'un soit positif et l'autre négatif, les deux étaient flatteurs. Elle était néanmoins consciente que tout ces regards n'attendaient qu'un faux mouvement de sa part pour alimenter leurs conversations. Si elle comprenaient leur opportunistes de maris, ces dames et demoiselles, elle les méprisait. Des âmes sans valeur dont le seul mérite était d'avoir suivit leurs hommes jusqu'à bon port. « ...Mais, mesdames, il y a un an il nous aurait été impossible d'être réunies ainsi. Alors c'est avec joie que Dame Agnès, ici présente, et la cité de Caladon représentée par ma personne vous invite dans la douceu-  »

BLAM


Un éclat de lumière pourfendit le ciel, arrachant à l'assemblée un cri strident. Ce fut dans un festival de dentelles effrayées qu'un véritable chaos s’installa. La jeune conseillère avait beau se démener, impossible de rétablir le calme. La vielle dame, cramponnée à ses lunettes ne l'aidait pas. Sur le vacarme vint se plaquer le martèlement de l'eau. Des trombes d'eau. Ce qui fera le bonheur des petites gens fera le malheur des plus grands. Elle essuya un juron, et se précipita vers la salle de bal grand ouverte où la garde prenait déjà soin de rentrer ces dames. « Mesdames, je vous assure que vous ne courrez aucun danger! Voyez regagner la grand salle dans le calme je vous prie! Nous allons installer la collation à l’intérieur, ce n'est qu'une question de temps! » Ils avaient l'air bien malins face à ces hystériques qui se cramponnaient à eux comme à des bouées de sauvetage. Elle étaient plus effrayantes que jamais avec leur maquillage à moitié effacé et coulant le long de leurs joues.
Il n'y avait rien à y faire alors le temps que ces niaises se calment, Eleonnora referma son ombrelle trempée et se détacha de la foule pour aller souffler dans un coin. En epongeant sa longue robe immaculée aux innombrables volants, elle se disait qu'au moins cet orage l'avait dispensé de ce discours ennuyant et de ces conversations idiotes.


Dernière édition par Eleonnora Ostiz le Mar 12 Juin - 2:56, édité 1 fois

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Re: L'éclair est plus rapide que le tonnerre - Sintharia

le Sam 16 Juin - 19:36
Eleonnora Ostiz était une mondaine que le monde occupait, caressait, enivrait parfois, mais dont il était loin de remplir le cœur et de satisfaire l'activité. Paradoxalement aux apparences, il n'y avait pas un grain d'or à tout ce qu'on disait dans ce genre de réception: la raison, la conversation, la suite étaient entièrement bannies du tourbillon où elle pouvait être. Ces sois disant beaux esprits lui inspiraient de la pitié; Si vous saviez combien ils sont petits de près et combien ils sont quelquefois empêchés de leur personne! Lorsque l'orgueil se mêlait aux bonnes convenances, il n'y avait pas grand chose à en tirer. Cependant elle était la première à savoir que ces occasions étaient le théâtre des rencontres où se jouaient les influences. La diplomatie se faisait dans les salons privés, dans le luxe. Et sans une épouse bien née, la vie mondaine était impossible. Alors il fallait les cajoler, les enivrer, leur offrir de quoi se distraire et oublier leur vie dont l'aisance était l'écho de l'ennui. Ces femmes, éternelles enfants qui avaient pleinement conscience de cette cage dorée dans laquelle elle se complaisaient. Néanmoins, au milieux des jérémiades et des voix aussi exaspérées qu’exaspérantes, la jeunesse de la silhouette qui l'avait approchée ne lui inspirait en rien celle d'une enfant.

Elle avait beau certainement faire partie des plus jeunes de cette assemblée, la jeune fille ne semblait pas suivre la même esquisse que ces dames. Elle avait refréné l'élan de politesse hypocrite dont certaines s’apprêtaient à faire preuve. La conseillère arqua un sourcil en la voyant ainsi s'avancer vers elle, sans crainte ni reproche. Elle ne venait assurément pas du coin. Ou bien était-elle plus intelligente que ces bécasses qui se contentaient de la contourner de peur d'attirer les mauvais regards des autres dames?  Mais après tout elle n'était pas intouchable. Elle apprécia ce cran. Relevant le menton pour abandonner ses jupons trempés, elle accueillit ses paroles avec son usuel air de fierté. Elle ne put cependant réprimer un frisson lorsque son regard croisa le sien. Et cela n'avait rien à voir avec l'eau qui perlait le long de ses mèches brunes jusqu'au creux de ses omoplates. L'éclair fendit le ciel illumina la peau diaphane de la jeune inconnue la dotant d'un air surnaturel.

« Vous êtes trop aimable...il semble que je ne soit pas la seule à qui l'orage prête de belles opportunités, n'est ce pas? » S'était elle avancée car elle avait décelée dans son aînée le gros poisson? Dans ses yeux dansait la lueur d'une curiosité certaine. Cette garden party qui était il y a quelques minutes vide de sens, prenait désormais un tournant plus intéressant. Mais peut-être se fourvoyait-elle et que cette inconnue ne l'avait approchée que par candeur et inconscience. Autant était-il qu'elle prenait toute occasion de se distraire tout en remplissant son devoir. « A qui ai-je l'honneur? » Alors que le grondement, désormais lointain du tonnerre résonnait, la jeune femme s'appuya délicatement au bras qu'on lui tendait.
« L'ignorance vaux peut-être mieux que l'erreur dame de Batisdonne; Vous apprendrez...mais sachez qu'on nous rabâche à longueur de temps que le maître mot ici est 'liberté'. Alors pour peu que nous ne soyons pas tous nobles, la cours n'est surement pas aussi stricte que celles...d'avant. » Elle souffla ces derniers mots avec nostalgie. Enfin, si cette jeune fille en savait quelque chose. Peu étaient introduite à la cours aussi jeunes...mais elle n'aura pas été la première à être mariée pour de l'or ou de la réputation. Ainsi, ce n'était pas la première fois que ce nom lui remontait aux oreilles mais impossible de se souvenir en quoi ni comment. Elle blâma son manque d'attention au monde mondain ces derniers mois où elle s'était consacrée d'avantage à la politique. Elle avait ses priorités.

« Vous savez surement qui je suis mais dans le doute, je vais faire de même. Eleonnora Ostiz, conseillère au siège de Caladon la revenante et votre hôte en ce jour de pluie. » Elle eu un petit sourire pour la demoiselle qui, malgré ses erreurs, ne semblait pas plus déroutée le moins du monde. Elle l'invita à avancer, attrapant au passage deux coupes de champagne sur les tables que l'on avait péniblement acheminé pour rendre la salle plus accueillante. Elle en tendit une à sa compagne de fortune et sirota la sienne du bout des lèvres. S'approchant de la grande porte qui ouvrait sur le corridor menant au fin fond du palais, la jeune femme fit signe à l'intendante qui semblait débordée.

« Je vais m'absenter quelques temps. Veillez à ce que ces dames ne manquent de rien...apportez donc les tables de jeux je vous prie et...faites moi parvenir quelqu'un qui puisse apporter une tenue descente à mon bureau. » D'un hochement autoritaire, elle regarda l'employée s'en aller au pas de course donnant de nouveaux ordres à ses domestiques. Eleonnora se tourna vers son invité d'honneur avec un petit sourire. « Quelle meilleure façon d'en apprendre plus sur Caladon que d'en visiter les coulisses? » Sur ce, elle l’entraîna le long des couloirs où le bruit étouffé de l’effervescence de la sale de bal s'étouffait peu à peu. Bientôt elle n'entendirent plus que le clapotis de l'eau contre les carreaux. Le changement d'ambiance donnait aux longs et imposants espaces un air sinistre. Néanmoins cela ne dérangeait pas la jeune Ostiz qui se sentait plus sereine à errer dans cet environnement familier. Elles arrivèrent vite à son bureau dont elle poussa la porte après un regard pour garde qui contemplait le ciel d'un air absent. Il n'était pas aussi grand que celui du Bourgmestre, évidemment. Toutefois, la pièce était assez spacieuse pour y contenir la pile de documents qui s’étalait sur le secrétaire  de bois lustré. Elle déposa dans un tintement sa coupe de champagne qu'elle avait déjà vidé à moitié sur le bord de ce dernier. Tout en invitant la jeune fille au cheveux d'argent à s’asseoir dans un des fauteuils qui se trouvaient derrière le bureau, elle alluma d'un geste la lampe à huile qui se trouvait sur son bureau. Et sous la lueur tamisée de la flamme, Eleonnora s'assit face à à elle, essayant d'ignorer les frissons qui parcouraient son corps désormais du à la fraîcheur de ses vêtements trempés.

« Les jours ensoleillés saillent davantage aux belles pierre de notre mairie...mais vous la voyez sous un jour bien particulier. Vous devriez vous estimer heureuse d'être privilégiée de cette vue sinistre. » Un rire cristallin s'éleva alors. Ce trajet à travers la mairie lui paraissait maintenant tout à fait ordinaire, mais elle aimit redécouvrir son quotidien au travers du regards des non initiés. Aussi pour voir cette lueur impressionnée au fond de leur yeux. Même si on ne pouvait comparer cette architecture aux palais grandioses de l'ancien temps. « Mais dites moi, qu'est ce qui vous mène dans notre belle citée? Si ce n'est pas trop indiscret...» La conseillère avait beau ressentir cette maturité, la demoiselle ne restait pas moins une enfant à ces yeux. Elle était donc bien aisée à lui adresser la parole si elle se sentait supérieure ne serait-ce qu'en age.[/color][/font]

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Re: L'éclair est plus rapide que le tonnerre - Sintharia

le Mar 24 Juil - 6:24
Il faisait tellement sombre qu'on aurait pu se croire en pleine nuit. Néanmoins cette mystérieuse invitée ne semblait pas incommodée par l’atmosphère. Au contraire, elle semblait se fondre dans ce décor à la perfection, comme si le tableau était fait pour sa personne. La pensée qu'elle fut aussi obscure que la pièce traversa même l'esprit de la conseillère. Ces paroles n'en était pas moins énigmatiques. Alors son hôte se demanda si cette aisance ne cachait pas quelque chose. Que venait-elle faire ici? Pourquoi l'avait-elle approchée, elle? Il n'y avait aucun doute, cette jeune fille avait du flair. Ou cette dernière avait un but bien plus précis. Eleonnora était bien trop confiante pour se penser en danger dans son propre bureau mais elle n'en était pas moins une pièce stratégique dissimulant de nombreux dossiers aussi importants les uns que les autres. L'échine de la jeune Ostiz ne manqua pas d'être parcourue d'un frisson à cette idée. Le risque que cette visiteuse représentait avait le don de l'exalter. Le frisson de l'inconnu, la sensation du mystère...Qu'est ce qu'elle aimait ça. Elle se prit alors au jeu, lui demandent la raison de sa venue au sein de sa belle citée. Aussi, derrière le ton léger était caché cette suspicion qui ne l'avait pas lâchée depuis que la svelte silhouette avait fendu la foule dans sa direction.

Elle réagit à peine à l'énonciation de l'adversaire des citées libres. Enfin, adversaire, auxiliaire avec qui les tensions ne manquaient pas. Après tout si c'était pour la dénigrer, cela ne pouvait que lui faire plaisir. Par ailleurs, elle savait que les nobles étaient indécis dans ces périodes troubles. Ils étaient partagés entre l'avidité du pouvoir, de l'argent qu'ils ne trouveraient plus autant à Sélénia qu'à Caladon. Mais si cela signifiait qu'ils devaient renoncer à leur titre en s'abaissant au même rang que ces bourgeois, il y avait des questions à se poser. Certains se pensaient d'ailleurs trop fidèle à leur patrie pour quitter Sélénia, pourtant en ce sens Eleonnora se délectait de la rage de l'aristocratie déchue de sa regrettée Gloria. Ceux là ne voulait qu'une chose, c'était de les voir ramper à leurs pied. Elle en faisait d'ailleurs parti. Si elle n'était pas le leader de cette pensée. Les voir venir à Caladon n'était qu'une source de jouissance pour elle, voyant l'empire se vider de sa richesse et son aristocratie. On ne faisait pas les affaire à Sélénia, on les faisait à Caladon. Néanmoins il lui fallait être prudente avec cette jeune fille. Qui savait ce qu'une Sélénienne était capable de faire à une conseillère Glorienne? Elle la toisa avec la méfiance qui lui restait.

«Je suis flattée de l’intérêt que vous me portez...mais êtes vous bien consciente que les Séléniens sont mal regardés ici bas? Je vous préviens juste pour vous éviter les désagrément des racoleries qui sont de mœurs dans toutes les cours sans exception...Mais je vous sens bien au dessus de ces ridicules différents politiques que ces dames de salons déforment de par leurs capacités limitées. Pourtant, c'est bien une preuve tangible que tout, absolument tout, est politique ma chère.» La demoiselle eu un faible sourire. Une lueur passionnée brillait dans son regard. Ceux qui avaient le pouvoir pouvaient en témoigner, la politique n'était qu'une suite de fourberie, de manigance, un jeu complexe et sans limite. Alors, elle comprenait que cela puisse en dépasser certains. Il ne faudrait pas effrayer son invitée. Néanmoins si il y avait bien un jeu auquel elle s'amuserait aujourd'hui c'est de savoir que cette jeune femme manigançait.
«Oh mais ne me prenez pas au mot...Nous avons surement mieux à faire que tourner en rond autour des conflits de notre propre race. »

Un tambourinement interrompit son discours. Sans bouger, elle pria la servante d'entrer. La domestique était loin d'être jeune et son visage sérieux s'accordait parfaitement à son uniforme sobrement voir strictement boutonné de haut en bas, ne laissant qu’apercevoir ses chevilles et ses poignets. D'un air guindé, elle se plia pour saluer ses dames du monde et tendit le package qu'elle avait pour mission d'apporter. Eleonnora daigna se lever et passer derrière le bureau pour déplier le tissu qu'elle avait fait parvenir. Elle ne prêta pas plus d'attention à la domestique qui s'en alla aussi silencieuse qu'elle était arrivée. C'était une robe de chambre, bien que légère, assez longue pour la couvrir entièrement. La jeune aristocrate ne se voyait pas se changer face à un auditoire inconnu. Aussi elle se contenta de passer les longues manches cernées de motifs floraux dans les quels dansaient des oiseaux au plumage irréel. Elle ne s'était jamais imaginée se montrer dans une telle tenue devant une inconnue...Elle ne la sentait d'ailleurs pas étrangère à l'art de la distinction et de l'apparence. Pourtant cela l'amusait grandement. «Qu'en pensez vous? Je ne pense pas avoir grand chose à envier de ces dames! » Après un tour complet sur elle même la demoiselle gloussa en direction de son amie de fortune. Elle noua la ceinture d'un nœud lâche autour de sa taille fine et revint à sa place avec une expression satisfaite. Au moins cela la préviendra de grelotter ou même pire, prendre un rhume, le temps que ces jupons ne sèchent.

Eleonnora sirota à nouveau son champagne dont il ne resterait bientôt que quelques gouttes. Le tout n'était pas de s'enivrer, évidemment, mais son esprit, lourd de toutes ses suppositions qui le traversait, nécessitait un peu plus de légerté. Elle s'avachit dans son large fauteuil et laissa reposer son port sur la paume de sa main, les yeux rivés sur cette douce enfant. Elle se laissait aller dans deux situations; Lorsqu'elle était en compagnie de femme de confiance et lorsqu'elle se sentait en position de supériorité. A vrai dire, elle ne saurait lequel choisir pour cette occasion.
« Alors, dites moi donc, comment se porte la cours de Sélénia? » Elle n'avait rien d’hostile à ceux qui lui apporterais quelques informations. Car ce que cette mystérieuse jeune femme ne savait pas, c'est qu'elle s'était jetée dans la gueule du lion en lui dévoilant ne serait ce que son identité.

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Re: L'éclair est plus rapide que le tonnerre - Sintharia

le Lun 15 Oct - 16:16
Eleonnora ne fut pas surprise par les aspirations presque pieuse de cette mystérieuse jeune fille. Après tout elle avait décelé chez elle un désintérêt et même un mépris des mœurs futiles de femmes de la cours ou ces bourgeois tout aussi intriguants. Ce n'était son désappointement qui avait arc bouté son sourcil. Bien sur elle se désespérait de voir une jeunesse aussi peu ambitieuse mais elle se disait que cela lui faisait de la concurrence en moins. Non, c'était bien ce regard lancinant et félin que son interlocutrice faisait couler sur elle. Cela l'interpella. Elle alla jusqu'à ce demander si les 'plaisirs' évoqués n'étaient pas plus évocateurs ainsi que par les mots qu'elle avait employé. Ainsi elle n'aurait plus grand chose de pieux à offrir à son hôte. Elle ne voulait cependant pas faire de conclusion hâtives. La caresse de ses pupilles sur sa silhouette n'étaient peut-être que la simple ivresse de l'aventure que lui évoquait cet endroit inattendu et cette prestigieuse compagnie. N'avait-elle pas dit à l'instant que son sang n'était pas noble? Peut-être était-elle toujours émerveillée par ce monde qui n'était pas censé lui appartenir. C'est d'ailleurs ce qui remit en doute le manque d'ambition qu'elle disait avoir. « Allons, allons, vous ne pouvez me dire que vous n'avez jamais eu d'ambition enfin! Vous vous êtes élevée pour pouvoir acquérir ce style de vie que tous désirent. Je ne peux que vous en féliciter pour ça...peu de personnes de basse condition y parviennent. »
Tandis qu'elle se changeait, elle réfléchissait ainsi à cette manière bien particulière de faire planer le mystère; C'était certain, elle avait des choses qu'elle préférait dissimuler...Car ce que la conseillère avait omis de préciser, c'est que le topaze de son précieux pendentif, souvenir de feu son père, brillait d'une lueur qu'elle pourrait reconnaître parmi mille. Celle qui annonçait le mensonge. Elle ne pouvait cependant affirmer que son interlocutrice lui ait menti depuis le début...cela pouvait être un anodin mensonge où bien une plus vaste tromperie. Il en fallait plus pour affoler la jeune femme mais quelque part son attention, volatile auparavant, se raffermit sur les gestes de la femme qui se trouvait enfermée dans la même pièce qu'elle.

Ces soupesons se raffermirent en ce qui concernait les jeux de cette inconnue. Il était clair que cette dernière avait du étaler de nombreuses cartes pour monter de femme du peuple à ce qu'elle était désormais. Pas d'ambition, hein? Allait-elle essayer lui faire croire qu'elle avait épousé un noble par amour? Elle rigola. « Seules les femmes de moindre vertu et d'aussi petite fierté se plient aux vils désirs des hommes pour obtenir d'eux ce qu'elles souhaitent. Je ne fais pas partie de ces femmes car je joue à égalité avec les hommes; Et c'est ainsi que je leur devient supérieure: En jouant à leur propre jeu. » Elle ne vivais pas derrière ce jeu permanent de séduction. Elle cherchait juste la crainte et le respect dans le regard de ces monsieurs. Bien évidemment que l'apparence avait à voir dans ce charisme qui l'entourait, mais n'avait pas la grâce du cygne, juste le parfum de l'or, ce qui la rendait tout aussi attirante. Puis elle ne parlait pas des libertins, en quête de plaisir charnel et de stratégies raffinées, sont morts sous le couperet de la guillotine et ceux qui leur ont succédé sont des ambitieux sans scrupules qui ne recherchent le commerce des femmes que pour s’en faire des marchepieds dans leur désir d’ascension sociale. Pourtant les femmes, lorsqu’elles manquent d’ambition et/ou se laissent écraser, sont autant blâmables que les hommes, lorsqu’ils sont manipulateurs et arrogants. Au final personne ne sortait indemne de ces jeux interdits alors, de toute prudence, elle préférait laisser cela à la plèbe. Ils pourraient encore rêver de plaisirs éphémères pendant qu'elle raflerait la postérité.

Ce qui n'était plus le cas de Sélénia, dont même la charmante population venait s'amuser chez ces voisins. Eleonnora fut d'ailleurs bien heureuse de voir à quel point l’évocation de la cours semblait ennuyer une de ses membres. Elle s'en frotterait les mains et fit aussi bien attention à ne pas laisser paraître son sourire satisfait devant l'air las de son invitée. «Je ne pourrais donner un avis objectif sur nos chers voisins, je m'en tiendrais à vos mots. Mais puisque nous sommes parties sur ce sujet, que dit-on de Caladon là bas? Au delà de l'animosité que nous nous portons...Puisque vous disiez être une habituée des alcôves. » Cela avait évidemment attiré l'attention de la conseillère qui avait alors planté son regard d'acier dans le mordoré de la femme qui lui faisait face.

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Re: L'éclair est plus rapide que le tonnerre - Sintharia

le Ven 9 Nov - 16:53


Eleonnora soupira. Cette jeune femme était décidément bien mystérieuse...pourtant si elle souhaitait effrayer son interlocutrice, elle était loin du compte. Aussi, la conseillère la voyant comme bien trop inoffensive, il n'y eu pas de raison de relever la menace. Et c'est vous dire ce que d'habitude elle détestait les menaces. « Mon intention n'était pas de vous offenser. Je ne faisait qu'exprimer mon avis sur la question. Et je pense que nous méritons plus que d'être catégorisées comme celles qui ne peuvent s'élever que leurs relations aux hommes. Du moins, ce n'est pas ce que je souhaite, voyez vous. » Elle ne savait évidemment pas ce qu'il en était du petit peuple et respectait celles qui étaient prête à tout pour faire valoir leurs ambitions auprès des plus puissants alors qu'elle n'étaient qu'esclaves de leur situation. Puis elle n'était pas non plus blanche comme neige. Son titre, son éducation , ses biens, elle les avaient obtenu de son père; Ce n'est pas pour autant qu'elle s'en culpabilisait. Chacun faisait avec ce que la vie lui avait donné. Mais si elle pouvait éviter d'y laisser sa fierté, elle en serait fort aise. « Puis, je vais peut-être vous paraître cruelle dans mes paroles mais cet amour, si beau qu'il puisse paraître, n'avez vous pas peur qu'il se flétrisse et qu'un jour sans qu'il ne vous le dise pourquoi vous chasse de sa demeure? Il est bien simple de se marier à une femme qui peut disparaître comme elle est apparue...Croyez moi, je connais le cour des gens de ce milieux. » Ils n'étaient bien différent d'elle par ailleurs. « Mais je ne connais pas votre mari, juste, en tant que femme, je me devais de vous alerter sur le sujet. »Elle ne faisait que l'avertir, pleine de bons sentiments. Surement marquait-elle aussi l'écart qui existait entre elles. Etait-ce une représailles à la menace qui avait pu être proférée? C'était alors bien gentil venu d'un caractère si facilement inflammable. Ce n'était qu'un simple conseil, lui rappelant qu'elle devait faire attention à ce que la place qui lui était due pourrait lui jouer de tours.

Toutefois il y avait bien une chose que la demoiselle aimait entendre de n'importe quelle bouche étaient les éloges. Un éclatant sourire avait fendu ses traits à la remarque de jeune fille qui la toisait avec insistance. « Oh vous nous n'avons pas cette prétention....Vous n'avez eu là qu'un moindre échantillon peu représentatif de notre population... » Elle tentait de rester modeste mais son torse bombé en disait long sur sa fierté. « Non, je pense que le secret est que toutes les gloriennes sont de superbes créatures, n'ai je pas raison? » Elle lui fit un clin d’œil complice. Après tout rendre la pareille semblait évident vu leur passé commun...enfin en ce qui concernait leur ville de naissance bien entendu.Aucun des enfants Ostiz n'avaient vécu ces moment violents que pouvaient évoquer la mystérieuse jeune femme qui se trouvait dans le bureau de la conseillère. Comme à son habitude, Eleonnora avait vu les événements se dérouler du haut de sa tour d'ivoire; Regardant avec un mélange de fascination et d'horreur ces soldats de plombs se battre et mourir dans des luttes sanglantes contre les monstres aux dents pointues. Et elle savait que, là bas, au royaume, son père gagnait plus de bataille qu'elle ne pourrait l'imaginer. Elle s'était endormie chaque soirs en fermant les yeux sur les histoires héroïques que son cerveaux d'enfant confectionnait. Bien évidemment la réalité était toujours plus rude que ce que sa nourrice lui racontait. Pas de héro, que des monstres. Mais quel adulte serait prêt à compter de telles histoires et briser l'étincelle d'émerveillement qui brillait dans les yeux de ces bambins? Ceux qui n'avaient pas eu cette chance, qu'étaient-ils devenu? Cette réflexion interpella la demoiselle. Pas qu'elle ressentait le moindre apitoiement sur le sort de ces pauvres gens; Elle avait apprit à relativiser la douleur du peuple. On ne pouvait pas sauver tout le monde. Ce qui l'embêtait était d'une bien autre nature. Elle ne pu s'empêcher de défigurer un bref instant son invitée. Quel age avait-elle? Elle qui la prenait pour une jeunette, peu importe ce qu'elle ait vécu, elle n'avait pas l'air d'avoir plus de dix sept ans...« On vous l'a surement déjà fait remarquer mais vous ne faites pas du tout votre âge. »[/font][/color] Elle s'amusa de son erreur idiote, ne s'alarmant pas plus de la situation. Après tout cela soulevait l'hypothèse, s'il on suivait son anecdote, qu'elle puisse s'être fait morde. Néanmoins cela paraissait tellement absurde à la dame qu'elle y avait à peine pensé.
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Re: L'éclair est plus rapide que le tonnerre - Sintharia

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