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Intendante de Délimar

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Pureté [PV Verith]

le Sam 7 Juil - 22:55

22 Novembre 1762


Dès l'instant où on l'avait informé que le petit groupe avait demandé asile à Délimar, l'intendante avait prit sur elle de leur trouver un logis et de couvrir tous les besoins vitaux et immédiats qu'ils pouvaient avoir. Nourriture, vêtements, onguents et solutions pour les malades et les blessés… ces pauvres gens n'avaient pas été réellement violentés, c'était le voyage jusqu'à la ville océanique qui causait les plus grands maux, au moins physiques. Mais les maux physiques n'étaient pas les seuls existants. Lorsqu'ils furent reposés, Tryghild reçu le chef du village, qui lui apprit la raison de leur venue, la plongeant dans la plus profonde perplexité. Elle qui était déjà très occupée à la gestion de la crise de Cordont, elle ne s'était nullement attendue à recevoir une requête aussi délicate que celle présentée par cet homme. Son histoire était des plus étranges, sa volonté difficilement réalisable. Le dragon rouge, Verith de l'Ire, avait prit leur village, les chassant de leurs humbles terres du sud, et ils avaient décidé de venir jusqu'à Délimar pour y trouver un havre, une défense contre le monde cruel à l'extérieur mais également parce qu'ils connaissaient la puissance militaire de la grande citadelle. Ils voulaient que Délimar reprenne leur village des griffes du dragon. Elle ? Elle se demandait encore ce qu'un dragon pouvait bien vouloir d'un village aussi humble, et ce même plusieurs jours plus tard. Pourquoi avait-il prit leurs terres ? Il aurait pu tous les tuer s'il l'avait voulu, purifiant par le feu les terres de la présence humaine, il l'avait déjà fait après tout, sur le vieux continent et on rapportait que certains dragons s'adonnaient à ce 'sport' ici même, sur l'archipel. Mais ça ? Oui c'était très étrange. Elle aurait pu refuser, dans l'absolut, mais… mais cela n'était pas dans son code d'honneur. Elle avait juré de défendre les siens, et ils avaient besoin de son aide.

Elle se demandait toujours, cependant, même une fois en selle, comment par les déesses elle pourrait demander à Verith de rendre ce village. Il était strictement hors de question qu'elle s'attaque à lui, une erreur stratégique majeur, mais idéologique également. Il était l'enfant de l'orage, descendant de la dragonne Skade, qui avait retiré la magie des veines de sa famille. Une malédiction… et un don incomparable. Il était sacré, à ses jeunes yeux, un être intouchable, à moins bien entendu qu'il ne s'en prenne aux propres créations de sa mère : le peuple de Délimar. Elle était l'élue destinée à guider le peuple pur vers un futur solide, elle ne pouvait se permettre de laisser qui que ce soit compromettre cela mais s'il ne menaçait pas les siens, elle n'avait nulle raison de s'en prendre à lui. Elle tenterait très certainement de lui parler, ne pouvant guère trouver une alternative viable qui ne comporterait pas d'armes et d'engins de siège. Le comportement du dragon n'était réellement pas normal, elle voulait connaître la raison de cette expropriation, avant toute chose. Ensuite, elle lui demanderait certainement de rendre les lieux à ses habitants. Ce village était paisible et sans ambition, ils ne désiraient que vivre leur vie en paix avec un lopin de terre et quelques élevages, leurs seuls vices étaient ceux d'un peuple campagnard très lié à la terre et perclus de la magie inique de l'ancien continent. Il y avait bien des entités à qui chercher davantage de querelles que ces pauvres gens. C'était dans cette optique qu'elle avait organisée son départ de Délimar, uniquement accompagnée d'une garde réduite, des membres d'élite de la Garde Loup, tous des vétérans ayant suivi son père, loyaux jusqu'à la mort mais surtout dotés d'un sang-froid incomparable.

La route vers le sud était longue, elle partait pour des jours entiers, mais avait laissé la citadelle en ordre propre. Le patriarche des Sarawyn servait à sa place, l'armée était sur le pied de guerre, Ilhan veillait… et elle gardait un oiseau messager avec elle en cas de problèmes. L'intendante escomptait passer moins d'une journée sur place avec le Dragon, non parce qu'elle n'estimait pas sa présence, mais parce que, comme elle, il n'était certainement pas une créature de ronds de jambes et de flatteries de cour. Du moins était-ce qu'elle imaginait. Elle espérait ne pas se tromper. Elle espérait également réussir à dénouer tout ceci aisément. Le voyage se déroula dans un silence martial, uniquement coupé par des phrases courtes et utilitaires, avouant sans gêne le peu de goût de ces hommes pour les discussions légères et banales. De plus, ils restaient tous très attentifs, car les bandits n'avaient pas disparus avec leur arrivée en Tiamaranta. On ne pouvait jamais savoir, même s'ils ne doutaient pas de pouvoir se charger de n'importe quel brigand qui aurait la mauvaise idée de s'attaquer à des tueurs de vampires… La vermine de grands chemins n'était qu'un sujet de mépris profond pour les Délimariens. Mais cela faisait partie de la discipline de l'armée que de n'oublier aucune menace, fut-elle insignifiante. La perplexité l'habitait toujours quand l'immense silhouette incarnat se découpa sur le paysage verdoyant mais elle la jugula quelque peu, et poussa en avant sa monture jusqu'aux abords du village… qui tenait encore miraculeusement debout. Cela ne faisait que la perturber davantage mais la fille du nord avait déjà eut son compte de situations étranges au cours des dernières années.

Se voulant impavide, elle ne fit rien pour cacher la présence de son groupe, mais demanda à sa garde de rester en arrière. Elle-même descendit de sa monture quelque peu rétive face au dragon, et délaça les ceintures qui retenaient les fourreaux de ses armes, les plaçant sur sa selle malgré la tension supplémentaire que cela imposait à ses hommes. Une fois défaite de ses épées, de son bouclier et de son arc, ainsi que du carquois allant avec, l'intendante s'avança jusqu'à se trouver proche du museau de la majestueuse créature ailée. S'arrêtant à quelques mètres, elle inspira profondément, relevant le menton avec dignité, et ne sachant pas trop  comment saluer un dragon, effectua simplement le salut militaire de Délimar. C'était ce qu'elle avait de plus honorifique en réserve pour lui, il faudrait bien que cela fonctionne ! Poing sur le cœur, elle plongea son regard dans l'oeil immense du dragon rouge, paisiblement, et avec sincérité. Prenant la parole, elle se trouva un peu stupide, espérant qu'elle ne parle pas dans le vide. Non qu'elle pensa la créature ignorante, elle se demandait simplement s'ils entendaient comme les mortels, car elle n'avait jamais eut affaire à un dragon de sa vie.

« Salutation, Verith des terres sauvages, feu de l'ire et dragon libre. Je suis Tryghild Svenn, intendante de la ville de Délimar. Je souhaiterais avoir audience auprès de vous, avez-vous un peu de temps à m'accorder ? »

Elle aurait pu prendre de force cette audience mais d'une part elle allait avoir assez de mal à le convaincre de partir et d'une autre part, c'était venu tout seul. La fille du nord ne savait pas se montrer vulgaire, encore moins dans ces moments-là. Elle nourrissait une grande admiration, perclus d'une crainte respectueuse envers l'écailleux qui la dominait de son immense taille… Ne sachant une fois de plus pas quoi faire de son corps pendant que le dragon considérait la requête, elle adopta naturellement la posture de repos militaire que ses instructeurs glacernois lui avait enseigné. Elle était plus à l'aise ainsi, elle se sentait déjà un peu mieux. Gardant le silence, elle patienta de son mieux en essayant de ne pas bouger davantage malgré l'envie irrésistible qu'elle en avait. Elle avait l'espoir de ne pas attendre trop longtemps, fort heureusement.




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Re: Pureté [PV Verith]

le Ven 20 Juil - 11:23
¤ Lignées ennemies ¤


Il était prêt. Après de nombreux jours de labeur, de nombreuses heures à supporter l’horrible voix du forgeron devenu fou, et un échange de bon procédé avec un maitre glyphe, l’artefact était fini. Usant de son fil d’or pour le manipuler avec une infinie précaution. À l’objet en forme de soleil il manquait une langue de feu. Le colérique avait déjà remis un morceau de celui-ci à une personne et il était actuellement en train de régler le glyphe afin de prendre en compte le départ d’un premier piquet. Avec patience il réglait le glyphe, cherchant déjà de premières réactions. Le dragon avait un peu trop d’espoir, il n’aurait pas dès le début la localisation de ce qu’il cherchait, sans quoi il y serait parvenu sans cet objet. L’endroit était parasité par la magie, non seulement en raison de sa présence, de celle d’autres dragons, mais également des bipèdes et de leur utilisation de la magie. Malheureusement, ce n’est pas comme s’il pouvait demander à tout le monde de partir le temps qu’il mène sa petite enquête. Ou plutôt, il ne le devait pas. Il quadrillerait à zone et affinerait les réglages jusqu’à obtenir ce qu’il souhaitait, le tout dans la plus grande discrétion. Ce n’était qu’une question de temps.

Verith de l’ire était resté plusieurs jours à terre, sans changer d’endroit, depuis la création du détecteur. Il y avait beaucoup de travail à faire pour calibrer cet objet, d’autant plus qu’il n’en avait pas l’habitude. Le peu qu’il savait de cet objet, qu’il avait fait construire, provenait de très lointains souvenirs provenant d’une époque révolue. Aussi, il devait-il finir de découvrir le fonctionnement de celui-ci. Cela lui prit du temps, mais il finit par y arriver. Le premier piquet avait été synchronisé. Une fois que ce dernier, ou Verith, seraient sur une ile différente, l’artéfact capterait d’autres signes de magie. Néanmoins tant que tous les piquets ne seraient pas sur une île différente, le quadrillage ne sera pas parfait et le rouge ne sera pas en mesure d’écarter les sources de magie ne correspondant pas à ce qu’il cherche. Où devait-il placer les piquets ? Devait-il les confier à d’autres individus ? L’enfant de l’orage s’interrogeait.

L’heure du départ approchait. Le village où le rouge avait élu domicile ces derniers jours était encore debout, du moins en partie. La forge était complètement détruite, quelques chaumières trop fragiles s’étaient effondrées sous ses pas. La petite étable n’était plus ainsi que les animaux à l’intérieur. Il fallait qu’il mange.

Verith entrait dans la dernière étape de vérification de l’artéfact, prenant un peu d’avance en vue de la synchronisation du détachement d’un prochain piquet. Il n’avait pas envie de rester coincé des jours sur un même endroit à l’avenir. Tandis qu’il s’affairait à cette tâche, du bruit se fit entendre au loin. L’enfant de l’orage n’y prêta pas plus attention au départ, jusqu’à ce qu’il se rend compte que l’origine du bruit venait en direction du village. Les villageois venaient-ils voir s’ils pouvaient reprendre leur bien ? Possible, dans ce cas ils seraient déçus, car le dragon était encore sur place et ne partirait que lorsqu’il en aurait fini.

Cependant, à l’horizon ce ne sont pas des villageois qui firent leur apparition. Mais plutôt un petit groupe d’individus en armure. Quoi ? Était-ce des bandits venu piller le village ? Ils étaient bien mal tombés. Toutefois, le groupe d’inconnu ne fit pas demi-tour, continuant de venir en sa direction. Soit ils étaient bigleux et ne l’avaient pas vu, soit il s’agissait de bandits particulièrement courageux, soit il ne s’agissait pas de bandits. L’enfant de l’orage daigna lever un œil de l’artefact pour regarder en leur direction. Non, il ne s’agissait pas de bandit. Il en avait déjà mangé lorsqu’il était en Ambarhùna, ceux-là avaient des armures de trop bonnes facture pour appartenir à des bandits. Peut-être que les villageois étaient partis se plaindre à leur protecteur et ledit protecteur pris d’un excès de zèle s’était mis en tête de chasser le dragon. Pure folie que cela. Mais soit, il allait les laisser approcher. Ils auraient le mérite de lui servir de défouloir après plus de cinq jours sans quitter le village.

Usant de son fil d’or, le rouge fit voleter l’artefact jusqu’à son poitrail et l’enfonça dans son armure. Le carcan du Tyran blanc vint accueillir le nouvel élément, se refermant dessus. Cette ignominie avait au moins le mérite de lui permettre de transporter quelques objets sans trop s’encombrer.

Verith baissa la tête, pour regarder de plus prêts les humains qui à présent arrivaient aux abords du village. Ses immenses yeux dorés bouillonnants d’une colère naturelle les scrutant. Leurs montures piaffaient à la vue du dragon. Sans aucun doute, ces animaux étaient plus censés que les bipèdes qui les montaient. Le groupe d’indésirable finit par s’arrêter en lisière du village, l’immense tête du colosse de flamme leur barrant le passage. L’une d’entre eux, qui se trouvait en tête, sûrement leur chef, descendit de cheval. L’enfant de l’orage la détailla attentivement. Quelque chose émanait d’elle, quelque chose qu’il n’aimait pas. Le rouge, bien qu’il ne le montra pas le moins du monde, fut surpris quand l’inconnu se débarrassa de ses armes avant de s’approcher davantage. Une bipède douée de raison et du sens de la politesse envers un dragon, voilà une chose exceptionnellement rare. Verith ne laissa donc transparaitre aucun signe lui interdisant d’approcher davantage.

Avant de lui parler, l’inconnu de grande taille pour un bipède vint le saluer, d’une manière assez particulière. Bien que n’ayant que peu de contacts avec les deux pattes, il avait déjà vu ce genre de salut auparavant. Une sorte de révérence militaire. Tient donc, pourquoi était-il salué ainsi ? Car celle-ci le considérait comme un guerrier ? Ou parce qu’elle ne connaissait que ce type de salut. Malheureusement, l’intérêt du dragon libre disparut rapidement, un voile sombre couvrant ses prunelles à la simple évocation du nom de l’inconnu. L’enfant de l’orage se redressa un peu, soulevant sa tête du sol, l’observant depuis plus de hauteur avec un mépris non dissimulé.

« Svenn … »

Il put enfin mettre un doigt sur le mauvais ressenti qui s’échappait d’elle. Il ne s’agissait de nul autre qu’une représentante de cette lignée maudite.

« Tu as déposé tes armes devant moi. En considération de ce signe d’intelligence que peu de bipèdes possèdent, je ne vais pas te tuer tout de suite. Je vais te laisser parler. »

Les prunelles lourdes de ressentiments se posèrent sur l’humaine, comme s’il cherchait à l’écraser de son simple regard.

« Choisis judicieusement tes mots, rejeton d’une lignée maudite. »
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Re: Pureté [PV Verith]

le Ven 20 Juil - 14:57
Il était vraiment immense. Elle avait beau l’avoir entendu décrit et vu sa mère, Skade de l’Orage, plus grande encore, il n’en demeurait pas moins une impressionnante masse de muscles, d’écailles et de volonté, contre laquelle elle ne pouvait pas grand-chose toute seule. Du moins pas avec ses outils habituels. Aucune épée, aucune flèche ne viendrait mettre cette créature en difficulté…C’était terrifiant d’être face à face avec un être qui pouvait vous tuer sans y penser, qui ne vous craignait nullement, mais cela avait également une certaine forme d’exaltation. Une exaltation qui lui rappelait, en un sens, la vie montagnarde qui avait été la sienne, car les dents du dragon, si justement nommées après cette race ne pardonnaient pas davantage. Il était impensable de plier la montagne à sa volonté, rien ne venait la menacer, on ne pouvait que se plier à ses règles pour espérer survivre. Un pincement au cœur lui vint. Si, il y avait eu une personne pour faire ployer autant la montagne que Verith de l’Ire… Non pas une personne… un monstre, un monstre corrompu par la magie qu’il avait consumé. Plus un dragon, une chose terrible qui n’avait aucun respect pour quoi que ce soit. Il avait détruit Glacern, détruit les montagnes, tué presque tout ce qui restait de sa famille, et massacré tant d’âmes qu’il était impossible de toutes les compter. La cuisante douleur du regret pulsait encore en elle quand elle pensait à ce que l’humanité avait subi. Mais elle ne voyait pas cette monstruosité en Verith.

En le voyant se redresser, elle leva instinctivement la tête pour pouvoir plonger son regard pâle dans celui d’or volcanique et cilla sous le jeu de lumière qui parcourait les écailles carmines. Son peuple pouvait-il parvenir à créer une armure aussi belle, fluide et grandiose ? Sa voix vint chasser l’impression d’émerveillement et elle cilla de nouveau, fronçant les sourcils. Il n’allait pas la tuer tout de suite, est-ce que cela voulait dire qu’il la tuerait ensuite, ou était-ce simplement que, comme elle, il ne savait pas toujours comment manier les mots ? Un instant, la peur se cabra en elle, naturelle devant ce grand prédateur, mais elle était une compagne connue et jamais elle ne l’avait pétrifiée. Elle avait conscience qu’elle mourrait un jour, plus tôt que son espérance en raison de son statut de soldate, alors si elle devait mourir face à un adversaire de cette valeur, elle partirait d’autant plus la tête haute. Son fils serait élevé par sa famille et celle de feu son époux, et honorerait sa mémoire et ses actions, avec l’espoir de faire mieux encore. Elle mourrait en tentant d’aider les siens et se plierait au jugement de la réincarnation sans appréhensions, assurée d’avoir mené une vie honorable. Entre-ouvrant les lèvres, elle le remercia avec stoïcisme de bien vouloir l’entendre, mais la suite noya cette réponse toute faite dans l’étonnement et une forme d’indignation qui lui fit répondre vertement et sans réfléchir.

« Je ne suis pas maudite ! »

Sa voix rageuse claqua comme un défi ou un cri de guerre. Puis elle comprit qu’elle venait de l’admonester comme un vulgaire humain et se crispa, le regrettant. Ce n’était pas ainsi qu’elle aurait voulu ouvrir la discussion. Son propre père avait considéré son état comme une malédiction et cela l’avait rongé toute sa vie car il avait bien malgré lui adopté le point de vue méprisant des sudistes. Cela faisait partie de ce qui l’avait mené à la tombe, alors l’entendre de cette créature, qui pourtant était le fils de la dragonne leur ayant fait ce présent… Elle en était en colère, et cela broyait la peur et l’idée de mourir. Elle se dressa de toute sa haute stature, fière et vibrante, les yeux remplis de défi et de résolution. Elle avait toujours en tête la raison pour laquelle elle était venue ici, mais elle ne pouvait simplement pas laisser dire, elle en souffrait trop. C’était une insulte et cela lui rappelait cruellement la perte de son père.

« Les gens du sud nous appellent maudits parce qu’ils sont dépendants de la magie ! Ils n’imagineraient jamais un monde où elle ne serait pas leur. Mais les gens du sud sont faibles, oisifs et corrompus. Ils se sont laissé attendrir par cette énergie qui ronge leur caractère, année après années, génération après génération, aidée par des terres douces et fertiles. Nous ne sommes pas maudits, je ne suis pas maudite… je suis bénie ! »

Elle avait vécu presque toute sa vie dans les montagnes, ne les quittant que pour chasser les vampires, de répugnantes créatures. Eux étaient une malédiction, une épreuve pour forger une meilleure humanité dans l’épreuve. Dans son esprit de pure Glacernoise, les habitants de Gloria, Aldaria et les terres environnantes étaient des gens du sud, même si désormais les positions étaient inversées. Dans sa colère oublieuse, elle avait simplement usé d’une expression gravée en elle depuis sa naissance. Ils étaient le sud, chaud, douillet, confortable, oublieux des dangers et dépourvu de caractère, de fer et d’acier dans l’esprit et le cœur. Des proies bêlantes pour les vampires, qu’eux, les gardiens, devaient protéger sans rien attendre en retour, oubliés de tous, ou quand ils ne l’étaient pas, méprisés, prit pour des simples d’esprits barbares… Il n’y avait rien eut de juste là-dedans ! Et pourtant ils avaient joui d’autres bienfaits, et la pureté de leurs âmes en était.

« Lorsque je me bats je porte un métal forgé de la meilleure façon par des forgerons améliorant l’œuvre de leurs mains depuis des millénaires. Lorsque je suis blessée je me soigne avec des plantes que des herboristes savent utiliser, dont ils ont appris lentement les propriétés, et je porte la douleur et l’encombrement jusqu’à ce qu’il soit passé. Quand j’affronte un ennemi, je sais que mes camarades sont là pour m’aider, nous avons apprit à nous battre ensembles, je connais chacun d’eux et leurs forces et limites… je… »

Sa tête bourdonnait, et elle perdait le fil. La fille du nord parlait sous le coup de l’émotion, prise par l’injustice et l’incompréhension. Il y avait trop d’exemples, trop de faits, rationnels, avérés, prouvant tout le bien que cette coupure à la magie avait fait à son peuple. Elle essayait de s’expliquer mais n’avait pas l’impression d’y parvenir. Elle se sentait impuissante à exprimer ce qu’elle vivait et ressentait et sotte de vouloir le faire comprendre au dragon. Il allait la prendre pour une idiote… c’était déjà un miracle qu’elle ne soit pas croquée d’ores et déjà. Elle n’était pas douée pour convaincre et pour manipuler, et d’ailleurs elle ne voulait pas cela, elle clamait juste haut et fort ses sentiments, sa fierté et son ire. Elle, elle voyait simplement pourquoi ils n’étaient pas maudits, et elle détestait le regard de ceux qui pensaient l’inverse.

« Je… Tout ça, j’ai pu en bénéficier parce que je n’ai jamais pu m’en remettre à la magie pour faire le travail à ma place. Parce qu’on m’a épargné son attrait corrupteur. Pourquoi est-ce que je devrais accepter de me dire maudite ? Nous avons dormi paisiblement pendant près de trois mille ans parce qu’un être supérieur nous avait permit de ne plus jamais avoir à penser à de telles tentations… nous le devons à Skade, c’était son don, à votre mère Verith ! Pourquoi dites-vous que je suis maudite ? Pourquoi… pourquoi vous les soutenez ? »

Si même lui, pourtant symbole sacré, soutenait les sudistes, elle ne savait plus à quel esprit se vouer. Elle se sentait d’autant plus impuissante qu’elle contemplait soudainement une possibilité bien plus effrayante que l’hypothèse de sa mort prochaine. Inspirant profondément, elle releva une nouvelle fois le menton.

« Dites-le-moi… avant de me tuer… »

Parce qu’après ça il allait forcément la tuer non ? Il y pensait déjà avant, et elle venait de lui crier dessus et de le contredire en prime. Mais au moins elle ne renierait pas ses convictions. Il était juste dommage qu’elle n’ait même pas plus plaider pour les villageois. Qu’elle était sotte à se mettre ainsi en colère ! Elle allait manquer à sa parole à cause de tout cela. Cette perspective aussi était terrifiante.




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Re: Pureté [PV Verith]

le Dim 12 Aoû - 12:16
¤ Point de vue  ¤



« Je ne suis pas maudite ! »

La réponse de la nordienne ne se fit pas attendre. Elle claqua et raisonna avec autant de force qu’un blizzard des crocs du dragon, emplie de fouge, de rage et de détermination. Verith fronça les sourcils, à la fois surpris et contrarié. Il lui avait dit de bien choisir ses mots et cette dernière la défiait. Voilà comment elle le remerciait après lui avoir permis de parler alors qu’il aurait dû la tuer sur-le-champ dès le nom de cette famille prononcé. L’ingratitude propre aux bipèdes. L’enfant de l’orage soupira intérieurement, il n’allait pas perdre de temps avec les descendants de celui qui avait handicapé sa mère. Le rouge se prépara à la balayer d’un coup de queue. Il allait broyer ce corps de cette ingrate. Cependant il n’en fit rien. L’appendice du colérique ne se dressa pas pour la briser d’un coup de fouet. Car à nouveau la Svenn s’adressa à lui avec détermination.

« Les gens du sud nous appellent maudits parce qu’ils sont dépendants de la magie ! Ils n’imagineraient jamais un monde où elle ne serait pas leur. Mais les gens du sud sont faibles, oisifs et corrompus. Ils se sont laissé attendrir par cette énergie qui ronge leur caractère, année après année, génération après génération, aidée par des terres douces et fertiles. Nous ne sommes pas maudits, je ne suis pas maudite… je suis bénie ! »

Le rouge fronça un peu plus les sourcils. Était-elle sérieuse quand elle disait cela ? Qu’est-ce qui clochait avec cette bipède ? Était-il tombé sur une simplette ? Peut-être était-ce la peur d’une mort imminente qui la faisait complètement dérailler. La malédiction de sa mère, une bénédiction ? Et puis quoi encore ? C’était une punition, une punition pour cette lignée qui c’était retournée contre la magie. Cette magie sans laquelle rien n’existerait en ce monde. Sans laquelle la vie n’existerait pas. Sans laquelle ils ne pourraient se nourrir. À moins que …

Le dragon garda le silence, laissant la nordique poursuivre, écoutant les prochaines paroles de cette dernière avec attention.

«  Près de trois mille ans … c’est donc le temps qu’il vous faut, à vous bipèdes, pour commencer à vous remettre en question. »

L’esprit de Verith s’agitait. Il ne savait pas s’il devait pleurer, rire ou s’énerver. Quelques flammèches s’échappèrent de ses naseaux avant de regarder le ciel.

« Vous avez été maudit. C’est un fait indéniable. Vous qui utilisiez la magie, vous l’avez trahi en blessant l’un de ces représentants. C’est une punition appropriée. On dirait qu’elle a pu être bénéfique à au moins l’une de ses pitoyables créatures, mère. »

Le regard d’or du rouge baissa progressivement pour venir se reposer sur la spirite du loup.

« Tu es maudite, c’est un fait. Une punition éternelle afin que jamais le crime commis ne soit oublié. Aussi tu t’égares. C’est l’apprentissage qui en est tiré qui est une bénédiction. Mais, libre à toi d’y croire et de l’englober. Oui en un sens cette malédiction peut être vue comme une bénédiction. »

L’enfant de l’orage leva une patte et pointa une griffe en direction en de Tryghild, comme s’il allait l’embrocher, s’arrêtant à quelques centimètres d’elle.

« Cependant tu es encore bien trop arrogante ! La magie est un don. Un don dont vous avez été jugé indigne et qui vous a été retiré. Pourtant, aujourd’hui tu en es peut-être un peu moins indigne que tous les bipèdes vivants. »

Le regard du dragon était dur, déterminé. Il allait sermonner la bipède.

« Tu rejettes encore la faute sur la magie, mais ce n’est pas elle la cause de la corruption. C’est l’esprit des bipèdes. Vous n’êtes pas assez mûr pour la manier, vous ne le serez jamais. Vous prenez tout pour acquis, vous êtes arrogant, oisif et stupide. Les bipèdes manient cette énergie sans la connaitre ou pire en pensant la connaitre ! Vous vous complaisez dans votre suffisance. L’utilisation que les bipèdes en font ne faits que renforcer l’état lamentable dans lequel tu décris être ceux du sud. »

Verith retira sa patte pour la poser au sol, délicatement.

« Ma mère en a privé ta lignée, cette punition t’a permis d’ouvrir les yeux. Cependant, en dépit de cette magnanimité de sa part, de trois mille ans de réflexion, ces yeux qui sont grands ouverts ne regardent pas dans la bonne direction. »

L’enfant de l’orage marqua une pause et reprit.

« Je ne soutiens point les bipèdes que tu décris comme étant du sud. La malédiction d’un dragon libre n’est jamais mauvaise où le fruit d’une vengeance. Elle a toujours une portée instructrice. Et tant que la leçon n’a pas été pleinement tirée. Alors ceux qui la subissent seront toujours considérer par moi comme des maudits. »

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Re: Pureté [PV Verith]

le Mar 14 Aoû - 12:56
De tout ce qu’aurait pu dire ou faire le dragon, ce n’était certainement pas à cela que la nordique s’était attendue. Surprise, elle cligna des yeux et fit un pas en arrière, plus effrayée de cette étrange tournure des choses que de sa mort possible quelques poignées de secondes auparavant. Prise de court, elle observa l’immense créature rubis sans rien cacher de son incrédulité ou de sa présente incompréhension. Oui, elle avait effectivement dit trois mille ans… cela pouvait-il avoir une signification particulière pour l’enfant de l’orage ? Après tout, il était bien plus vieux qu’elle ne le serait jamais, ça ne l’aurait pas étonné outre mesure que cette symbolique lui parle davantage. Elle, elle n’avait que l’histoire de son peuple à laquelle se référer, et rien d’autres. Puis, elle comprit, au son de sa voix puissante et se détendit de nouveau, n’essayant pas de l’interrompre tant il avait l’air plongé dans ses pensées. Une espèce de soulagement idiot la frappa en se rendant compte qu’elle avait encore mal parlé, et qu’elle serait très certainement obligée de rectifier ça par la suite. Cela pouvait sembler étrange de se sentir soulagé pour cela, mais c’était simplement parce que, malgré l’identité de son interlocuteur, la conversation semblait être égale à celle qu’elle pouvait avoir avec un humain, comme Ilhan par exemple. Quelqu’un de plus sage, mais de non moins accessible, et qui ne la forçait pas à devoir être quelqu’un d’autre qu’elle-même. Car elle ne s’était pas sentit dans un danger tel qu’elle ne se prenne pas dans ses travers.

Lorsque le regard d’or se reposa sur elle, elle le rencontra avec plus de calme et encaissa ses paroles sans rien dire, sans bouger, même lorsque l’énorme griffe s’approcha d’elle. Elle aurait pu mourir empaler sur l’ivoire, s’il l’avait voulu… et pourtant il lui parlait. Imaginait-il seulement ce que cela représentait à ses yeux à elle, de petite mortelle ? Sans doute pas. Peut-être était-ce mieux ainsi. Il y avait cependant beaucoup de choses qui l’intriguait, dans les réponses qu’apportait le grand dragon… et beaucoup de choses qui lui rendaient un peu de sérénité, à commencer par savoir qu’il n’était effectivement pas un soutient de l’empire Sélénien. A cette pensée, elle laissa échapper un long soupire qui affaissa légèrement ses épaules robustes. Avant que le sujet ne soit abordé, elle ne s’était même pas rendu compte d’à quel point cela pouvait l’affecter. Était-ce vraiment contre lui qu’elle avait hurlée, ou contre eux tous, les sudistes, les elfes… même son propre père avait considéré leur état comme une chose négative. Mais tous, tous sans exception, avaient été corrompus d’une façon ou d’une autre. Bien qu’elle aimât son père, elle devait bien regarder la vérité en face. Sa collusion avec les Kohans, les sévices des vampires, tout cela avait laissé une marque sur lui, dans son âme. Et cela avait engendré sa faiblesse finale. Elle ne le blâmait pas pour autant, il n’en était pas moins un héros… mais peut-être était-il temps pour plus d’objectivité.

« Pensez-vous vraiment que nous avons été pensés pour la magie ? »

Sa voix claire était porteuse de toute l’indécision, et l’intérêt qu’elle entretenait pour la question. C’était bien ce qu’il sous-entendait, en affirmant qu’ils n’étaient pas mûrs pour son usage. Il pensait que les bipèdes avaient été, comme les dragons ou les dieux, construits pour pouvoir disposer de ces fabuleux pouvoirs ? Elle avait beaucoup de mal à adhérer à une telle vision des choses, non par souffrance personnelle, mais bien parce qu’elle était très convaincue de ses propres idées. Ce n’était pourtant pas parce qu’elle y croyait qu’elle refusait d’entendre ce qu’on lui exprimait.

« Vous pensez… que nous ne sommes juste pas prêts pour son utilisation, c’est cela ? Pourquoi nous voyez-vous ainsi ? Je veux dire… Je n’ai pas de magie, mais je n’en ressens pas le manque, comme un elfe pourrait en souffrir. Et la magie est le souffle de la vie et de la nature, non ? J’ai vu, dans le sud, ce que faisait la magie des humains ou des vampires par exemple, elle n’avait rien à voir avec la nature, même quand elle en utilisait les forces. Je n’ai aucune connaissance réelle, juste ce que j’en vois et en déduis. Même la magie elfique m’a semblé étrange. Ils font pousser des plantes pour un usage immédiat, là où nous connaissons le cycle de pousse et nous le laissons se produire pour en récolter les fruits… »

Oui, définitivement, cela lui semblait très étrange. Mais elle avait encore l’impression de se perdre dans ses propres explications. Que c’était frustrant !

« Ma question… je vous présente mes excuses si j’ai l’air brouillonne… ma question est : est-ce que vous affirmez cela en ayant vu certaines choses ? avez-vous certaines connaissances qui permettent de l’affirmer ? Vous avez vu bien plus de choses que moi, même si vous aviez rejoins le continent depuis seulement quelques années. Je n’ai pas d’ailes pour me déplacer »

Elle eut un léger sourire à cette pensée. Non, elle n’avait pas d’ailes pour aller plus vite d’un bout à l’autre du continent, et ne pouvait pas être partout. Elle n’était pas un nexus de magie détenteur d’un héritage ancestral comme lui. Elle était juste humaine qui essayait de bien faire pour les siens. Cependant, cela donnait un étayage à ses propres, et elle s’empressa de le lui communiquer. Après tout, ce n’était pas si bête n’est-ce pas ?

« Est-ce que cela ne pourrait être parce que vous êtes vous-même un être de Magie que vous nous voyez comme cela ? »

Elle marqua une pause, tentant de faire sens de tout ce qui se disait. Bien qu’elle ne se sentît pas mal à l’aise face au dragon, elle n’avait jamais discuté aussi sérieusement d’un tel sujet, car tous, à Délimar, étaient plus ou moins déjà des convaincus. En revanche, ce serait peut-être justement une bonne idée qu’il puisse juger de lui-même de ce que la ville faisait, au moins pour lui montrer qu’elle n’était pas la seule à penser ainsi, pas la seule qui soit pure, et qui n’ait pas besoin de la magie comme d’une béquille. Délimar était resplendissante, et ce sans intervention d’aucune arcane surhumaine, seulement grâce à leurs architectes, leurs ingénieurs et constructeurs. Oui ça c’était une bonne idée ! Mais comment l’introduire sans être encore brutale ? Est-ce que cela importait même à l’être face à elle ?

« Vous savez… mon ancêtre… il a laissé des écrits pour les générations futures, pour conter tout ce qu’il s’est passé voilà longtemps. Dans ses écrits, il dit qu’il regrettait énormément l’affrontement à Gloria. Non en raison de la perte de sa magie, mais bien pour votre mère. Il disait que ce qui s’était passé lui avait ouvert les yeux. Hélas, une partie de son enseignement s’est perdu avec les générations… Vous voyez, il disait qu’il avait affronté Skade car elle menaçait de raser Gloria, et qu’il ne voulait pas voir autant de civils perdre la vie. C’était l’unique raison. C’était des commerçants, des artisans, des paysans… des gens qui n’auraient jamais pu provoquer la colère d’un dragon par eux-mêmes, ils n’en avaient ni les moyens, ni l’ambition, juste celle de nourrir leurs familles »

La jeune femme, consciente de beaucoup parler et de n’avoir aucune idée de là où cette créature légendaire la menait, décida de s’asseoir, simplement, par terre, jambes croisées. Sans fioritures, cape froissée derrière elle. Elle repoussa une mèche de cheveux d’une main et poursuivit.

« L’empereur Kohan l’avait fait appeler pour défendre la ville, prétendant ne pas savoir pourquoi Skade attaquait. Et lui, mon ancêtre, il l’a cru. C’était l’empereur, lui juste un fidèle serviteur à la loyauté sans failles… qu’aurait-il pu dire ou faire ? En quoi pouvait-il être une menace pour lui de quelque façon que ce soit ? Ce n’est qu’après cela, après l’affrontement, quand votre mère est partie, qu’il a apprit la vérité, de la bouche d’un baptistrel. Un dragonnier elfique avait volé un œuf à votre mère, et avec la complicité de l’empereur humain, l’avait dissimulé dans Gloria, pensant que jamais votre mère, si sage, n’attaquerait une ville humaine ainsi… Si mon ancêtre avait su, écrivait-il, il aurait certainement refusé de combattre et aurait tout fait pour rendre l’œuf. Je suis mauvaise, avec des mots, mais lui… il décrivait l’horreur qu’il avait ressentit en apprenant cela, l’indignation devant cet acte odieux, la peine qu’il avait ressentit et la honte à avoir été utilisé comme un vulgaire outil pour une entreprise maléfique. Lui qui avait toujours fidèlement servit, il aurait été prêt à braver un ordre de son souverain, préférant l’honneur à la loyauté, un honneur dont la duplicité l’avait privé, et pour un terrible objectif… »

Un nouveau silence. Elle se souvenait de cette lecture, des larmes qui étaient montées à ses yeux à ces mots venus du fond des âges, et toute l’émotion qu’ils portaient. L’émotion lui serra un instant la gorge et elle fronça les sourcils, déglutissant difficilement, ravalant son émoi pour pouvoir continuer à parler. Gauchement, elle se mit à jouer avec un bout de sa cape, pour s’occuper les mains.

« Il a cherché à retrouver Skade. Pour lui dire la vérité, pour payer la dette qu’il avait envers elle, il aurait pu la payer de sa vie qu’il l’aurait fait si elle l’avait décidé ainsi. Mais il ne l’a jamais retrouvé. Privé de sa magie et de son esprit-lié, il était la risée de la noblesse du sud, et même l’empereur lui a ordonné de retourner dans les montagnes. A leurs yeux, il ne valait plus rien, un outil brisé. Mais… il y avait d’autres yeux qui n’étaient pas aussi injustes. L’esprit du loup l’a approché, et l’a pris comme protégé, ainsi que toute sa lignée aussi longtemps que ses valeurs ne se perdraient pas. Elles ne se sont jamais perdues. Jamais nous n’avons eut de dragonnier dans nos rangs, jamais nous n’avons combattu avec eux, ni tué un dragon après cela dans les guerres de la honte, pas en tant que soldats humains en tout cas. Nous traquions les vampires qui menaçaient la population, uniquement cela. Nous n’avons pas participé de l’étiolement de la magie sur notre continent. Nous n’en avions plus et nous n’aurions jamais osé. En vérité, les effets de ce que Skade a fait se sentent depuis bien des années, peut-être même plus d’un millénaire… »

La chaleur gagnait sa voix, avec la puissance de la conviction, l’exaltation d’une croyance et d’une sincérité absolue. Son cœur battait pour ces croyances, pour ces convictions profondes qui avaient forgés tout un peuple. Des milliers et des milliers de personnes, pas juste une seule. Ses yeux brillaient de cette lumière interne qui l’avait toujours portée. Elle s’autorisa même à sourire un bref instant avant de redevenir sérieuse.

« C’est la première leçon que l’on apprenait, à Glacern. La première histoire d’antan qu’on contait aux enfants, pour qu’ils gardent toujours avec eux l’héritage de notre passé. Quand j’ai eu cinq ans, mon père m’a amené dans le hall des souvenirs et a mit entre mes mains l’épée de mon ancêtre, afin que je ressente le poids des souvenirs dont elle était porteuse… j’ai toujours gardé cela avec moi et… une fois, j’ai vu votre mère… je n’ai jamais pu lui parler. J’aurais aimé la remercier, mais je suppose que même si j’avais pu, ça n’aurait pas été… je ne sais pas »

Elle se tut, n’ayant pas l’habitude de parler autant ne sachant d’ailleurs comment aller plus loin dans sa réflexion. Son regard se releva pour observer le grand œil doré.




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Re: Pureté [PV Verith]

le Mar 9 Oct - 16:09
¤ Point de vue  II ¤

Le rouge avait donné son avis sur la malédiction que sa mère avait jetée à cette lignée. Pour lui, une malédiction était là pour punir, mais pas seulement. Punir pour le plaisir de simplement punir s’avère quelque chose de vide de sens. Il y a plus loin derrière, quelque chose de plus réfléchi. À quoi sert une punition si ce n’est pour amener à changer dans un sens, à réfléchir sur la faute à l’origine de cette malédiction, pour ne jamais la refaire, pour apprendre d’elle, pour corriger l’avenir. C’est à cela que devait servir une malédiction. Une malédiction était une punition non seulement pour celui ou ceux qui avait fauté, mais aussi un exemple pour les autres. Si Verith avait maudit une pirate, transformant lentement sa langue et sa gorge en pierre au rythme des saisons, c’était pour punir son comportement, l’amener à comprendre qu’on ne parle pas à un dragon comme on parlerait à un simple bipède et surtout qu’on ne le menace pas quand sa simple présence est un bienfait pour cette personne, mais aussi les autres. À donner une leçon non seulement à cette personne, mais aussi aux autres. Un respect et un comportement devant être adoptés suivant les différentes formes de vie dépendamment de leur impact sur ce monde. Ainsi une malédiction, tout du moins celle des dragons, n’est jamais injuste. C’est ce qu’expliquait le colérique à cette petite bipède à qui il avait décidé de donner sa chance au lieu de la tuer.

En guise de réponses, cette dernière se mit à lui parler, beaucoup … beaucoup trop. Peut-être aurait-il mieux fait de la tuer au lieu de se faire assommer par autant de paroles.

« Est-ce qu’un dragon a été pensé pour voler ? Il a des ailes, alors oui. Dans le cas contraire, ils n’en auraient pas. Pourtant, ils ont aussi été faits avec des pattes, alors ils ont aussi été pensés pour fouler le sol de leurs pas. Nous ne volons pas plus que nécessaire, nous ne marchons pas plus que nécessaire. »

La réponse du rouge était bête, mais elle était, pour lui, à la hauteur de la question, c’est-à-dire tout aussi bête. Si les bipèdes avaient la possibilité de faire appel à la magie, alors c’est qu’ils avaient été pensés pour la magie. Pour autant, ce n’est pas ce que le colérique remettait en cause, il remettait en cause leur utilisation de la magie, pas le fait qu’ils puissent l’utiliser. Le raisonnement est assez simpliste, mais y avait-il besoin de le pousser aussi loin ? Si on t’a conféré la possibilité de le faire, alors c’est que tu as pensé pour le faire.

« À l’image de mes ailes ou de mes pattes, la magie s’utilise si cela est nécessaire. Or, si tu n’en ressens pas le manque, alors c’est que tu ne ressens pas la nécessité de l’utiliser. C’est aussi simple que cela. Si, comme tu le dis, les tiens n’utilisent pas la magie là où ceux que tu nommes du sud l’utilisent, cela veut dire que la magie n’est pas nécessaire à ses tâches et donc leur utilisation est abusive. Il y a certaines choses que seule la magie peut faire, pour le reste son utilisation n’est donc là que dans une optique de facilitation et est donc mauvaise. »

Toutefois, un dragon usait bien de la magie pour cracher du feu et pouvait donc cuire le fruit de sa chasse ainsi, mais un dragon ne pouvait faire du feu manuellement comme un bipède le ferait pour cuire le fruit de sa chasse. En conséquence la nécessité de l’utilisation de la magie devait être amenée au niveau de chaque race. Car la nécessité n’était pas une valeur fixe, mais variable suivant chaque race. Les bipèdes avaient la possibilité de faire autrement. Verith pourrait créer une arme bipède, mais il ne pourrait le faire sans l’aide de la magie, car il n’avait pas été fait pour cela. C’est un exemple de ce que seule la magie peut faire vis-à-vis de sa race. De là il est possible d’en conclure que la magie est ici pour accomplir ce qu’une race ne peut accomplir par d’autres moyens, en conséquence une utilisation faite avec sagesse de la magie serait de l’utiliser de cette façon ainsi décrite.

 « Vous n’êtes donc pas prêt pour son utilisation, car non seulement vous ne l’utilisez pas avec sagesse, mais en plus vous ne la respectez pas à sa juste valeur. »

Verith fronça légèrement les sourcils en se remémorant les souvenirs d’Ambarhùna.

« J’affirme cela en raison de ce qui s’est passé sur Ambarhùna. Le départ des dragons était une punition à l’ensemble de vos comportements barbares. Y compris l’utilisation de la magie qui n’était au final qu’un outil de plus pour faire la guerre. Et même nous, dragons sources de magie. Vous n’avez aucun respect pour ce qui compose ce monde, vous les preniez pour acquit. Notre départ avait pour objectif de vous retirer tout cela. Car sans magie, nulle vie, aussi bien pour ceux qui y sont liés directement, tels les elfes et les vampires, mais aussi pour ceux qui y sont liés indirectement, vous les humains. Car de tous vous auriez connu le sort le moins semblable, derniers survivants sur une terre agonisante, témoins des ravages de votre folie. Peut-être alors auriez-vous pris conscience de vos actes insensés. Peut-être alors auriez-vous gagné en sagesse. Peut-être auriez-vous appris de cette malédiction d’une existence dénuée de toute magie. »

Le rouge balaya l’air de sa queue.

« Être un être de magie ne confère pas cette vision, sans quoi elfe et vampire l’auraient eux aussi perçu depuis longtemps et jamais ce qui s’est passé ne se serait produit. Les dragons sont simplement doués d’une chose dont vous êtes visiblement dépourvue … un minimum de réflexion. »

L’enfant de l’orage avait été particulièrement attentif au propos de la nordienne concernant les événements en interne qui entourait cette nuit tragique où sa mère avait été sérieusement blessée par le tir de l’ancêtre de la bipède se tenant devant lui. Elle ne lui mentait pas, elle lui disait la vérité. Cela ne fit qu’accentuer la colère du colosse de flamme à l’encontre de la lignée des Kohan, mais aussi son sentiment que les bipèdes étaient indécrottables.

« Et alors ? Cela change-t-il quoi que ce soit ? L’affront commis par ton ancêtre envers la magie en est-il moins grave ? La blessure de ma mère est-elle moins grave ? La malédiction lancée est-elle injustifiée ? Non, absolument rien ne change, car il n’en demeure pas moins que ton ancêtre a fauté à l’encontre des représentants de la magie et donc de la magie elle-même. Car même l’ignorance, l’aveuglement du devoir et la duplicité du mensonge ne justifient pas l’atteinte portée à un dragon. Ce n’est pas ainsi que le pardon pourrait être obtenu. Cependant, j’entends ce que tu dis et reconnais que les choses auraient pu être différentes si ton ancêtre n’avait pas été trompé. Il n’en reste pas moins que ce qui a été fait, a été fait. Le passé ne peut être réécrit, il ne peut être qu’assumé. »

Verith allait assurément paraitre dur avec de tels propos. En faisant preuve de réflexion, l’ancêtre de la jeune svenn aurait pris conscience avant de tirer que ce qu’il s’apprêtait à faire n’était pas bon. On ne blesse pas un dragon, peu importe les circonstances. Hormis si celui-ci est le Tyran Blanc, mais ça c’est une exception à la règle. Il n’est pas moins indéniable qu’avec ces éléments la responsabilité des svenn est amoindrie, mais il n’en reste pas moins que dans cette affaire un svenn a blessé sa mère, aussi la faute méritait punition.

À l’époque, peut-être qu’un pardon partiel aurait pu être obtenu si sa mère avait appris la vérité. Pour autant, cela aurait-il suffi d’apprendre la vérité ? Il ne savait pour sa mère, mais pour lui ça ne l’était pas. Apprendre la vérité n’est pas suffisant en soi. Car de la même manière qu’il avait prévenu Althaia de la façon de se racheter pour les vampires en lui apportant la tête de l’assassin de son frère, prouvant alors le rejet de la race à l’encontre de ce crime, si le svenn était venu lui apporter la tête du coupable, il aurait prouvé son rejet à l’encontre de ce crime. Le sang devant être puni par le sang. De la même manière, c’est un dragon qui aurait dû rapporter la tête du Tyran Blanc à Néant … si cela avait pu être possible.

« Je ne te tuerais pas aujourd’hui. Cela serait gaspillé le temps que j’ai perdu à te parler. Si tu veux que ta lignée obtienne le pardon pour sa faute, tires les leçons de ta malédiction et rétablit la justice. Les svenn portent bien la punition de la faute de ton ancêtre. Alors dans le sang des Kohan coule encore l’impunité de la faute du leur. »
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Re: Pureté [PV Verith]

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