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Avant que tout ne s'effrite (Aldaron)

le Mar 24 Juil - 6:57
Comment pouvait-il se permettre? Elle savait très bien qui il était, il pouvait bien être Triade, roi ou juste un enfant du peuple, son respect pour lui ne venait pas de là. Comment pouvait-il se permettre? Se répétait la veuve en pestant. Il avait été difficile de cacher sa colère dans le bateau, elle lui en voulait de la provoquer ainsi. Que pouvait-elle bien lui répondre? Il n’y avait rien à répondre, rien sur le coup. Au risque d’exploser et de parler sans réfléchir. Elle ne voulait pas faire ça, pas à Aldaron. Et cela l’énervait, elle qui était habituée de ne jamais avoir à faire attention à son entourage. Les gens qu’elle aimait lui pardonnaient tout. Depuis le début, Matis ne lui en avait jamais voulu, même lorsqu’elle avait été déraisonnable. Saemon ne lui avait jamais rien reproché, alors qu’elle l’avait utilisé comme un véritable défouloir.

Et la flamme de son caractère explosif, que Saemon glorifiait, que Matis lui avait pardonné jour après jour, que les autres n’avaient pas vu : on l’avait rassuré de sa nécessité, de sa beauté, de sa force. Maintenant, on lui en voulait et sa propre critique était la plus sévère. La critique n’avait pas d’importance lorsqu’elle venait des barbares d’Almaréens qui empestaient Gloria, ou des nobles qu’elle avait haï à la même époque, les mêmes pour lesquels elle avait travaillé.

Mais elle respectait Aldaron. Et il était son ami. L’avait-elle déçu? Cela l’enrageait, de vouloir être en désaccord avec lui et de détester l’être à la fois. C’était son droit, de lui prononcer son désaccord, n’était-elle pas sa conseillère?

Peu importe le temps qu’elle passait à penser à ce qu’il lui avait dit, Autone ne trouvait aucune réponse adéquate. Serait-elle en colère?
« Je ne sais pas… »

Elle savait sa propre imprévisibilité. Elle ne savait pas, c’était impossible à prévoir. Entre la colère et l’acceptation il n’y avait qu’un fil.    

***

Elle avait installé une tente avant de commencer à venir en aide aux blessés. Et elle avait commencé le soir même. Inutile d’éviter Aldaron puisque le Bourgmestre semblait débordé. Qui plus est, il avait une garde très serrée. Autone mit de côté, dans un coin de sa tête, les pensées qui l’avaient tracassées le long du voyage. Elle n’y pensait plus, quand au lendemain Aldaron l’avait fait appeler. Autone avait aussi appris qu’il y eût un incident avec Ivanyr, concernant un baptistrel, mais elle n’avait pas plus de nouvelles. Elle ne l’avait pas revu depuis non plus et le manque de clarifications l’inquiétait. Avoir de ses nouvelles était une motivation suffisante pour affronter la conversation qu’elle devait avoir avec Aldaron. Beaucoup trop de choses lui faisaient peur, en cet instant.

Elle se rendit jusqu’à la tente du Triade. Pour la première fois depuis des mois, il lui semblait étrange d’être escorté. Lorsqu’elle baissa les yeux, elle comprit la source de son malaise. Ses vêtements étaient les mêmes que ceux qu’elle avait porté, dans son voyage vers les galeries, avant l’ascension du tyran. Dans le désert, aussi. Suffisait-il d’une robe pour se sentir différente? Autone tenta de retrouver son expression neutre, presque hautaine. Elle leva la tête.

C’était étrange, pour la première fois.

Elle entra silencieusement et croisa son regard. La veuve était calme, à présent. Elle entre ouvra les lèvres et eût peur, un moment, avant d’oser parler.

« Marchons. C’est étouffant de rester à l’intérieur des tentes. »
La petite veuve se retourna, passant le pas de son escorte qui était restée à l’extérieur et s’était attendue à rester postée plus longtemps.

« Qu’est-il arrivé à Ivanyr? J’ai entendu qu’il y avait eu un incident. » Elle fronça les sourcils d’inquiétude.  « Comment va-t-il? »  

Elle baissa la tête, ne lui laissant pas vraiment le temps de répondre. La nervosité la fit enchainer aussitôt. Mais sa voix était calme, elle avait eu le temps de voir la poussière retomber. Elle enfilait rapidement, mais doucement, ses phrases. «J’ai pensé à ta question.»  


« Je serai en colère si tu n’essayais rien avant d’en arriver là. Tu m’as demandé conseil et tu as eu ma réponse et mes attentes. Si tu es décu…
Pense à un peuple qui ne serait jamais en colère. »


Elle soupira en balançant la tête vers l’arrière, jetant son regard sur le ciel clair. « C’est un devoir de s’insurger. De s’opposer. C'est pour ça que tu t'es retrouvé là. Mais tu es le réceptacle de toute cette haine et ça peut faire mal. »  

Elle s’entendait être enfantine et s’embarrassait elle-même.  « Crois-tu que je suis ‘’Moi’’ dans ce rôle? Quand je lève la tête, quand je ravale mes réactions? On ne peut pas se permettre d’être …soi… Parce qu’un rôle aussi public implique une image qui sert de bouclier. Je ne t’apprends rien. Je te demande d’être conciliant. Mon attente n’est pas que tu réussisses cette intervention diplomatique mais que tu essaie. »  

Puis le silence lui retomba dessus, lourd et nerveux. Elle avait peur de perdre d’avantage. Elle avait peur de perdre l’amitié d’Eleonnora et d’Aldaron à des différents politiques. Elle avait peur de revoir ses alliés devenir ses ennemis. De revoir la douleur sur les visages et de perdre son espoir. Qu’en était-il de la sagesse? N’étais-ce pas un commandement d’origine?

Le monde avait perdu tant de sens et il n’en restait presque plus. Elle aurait voulu qu’on lui laisse ces miettes de foi, qui s’effritaient dans l’air. Elle avait peur de ne pas avoir le temps d’attraper quelque chose avant qu’il ne reste plus rien. [/color]



J'ai fais un rêve.
Tu étais là.
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Re: Avant que tout ne s'effrite (Aldaron)

le Ven 3 Aoû - 1:24
    10 novembre 1762

    L'eau avait lavé sa longue chevelure blanche que sa femme de chambre – ou de tente, en ces circonstances – était en train de tresser soigneusement. Il devrait arrêter de sauter dans le vide avec Ivanyr, l'eau de la mer n'aidait pas à garder l'immaculée indemne. Il s'en moquait bien, au fond, c'était si peu de choses. Si c'était à refaire, il recommencerait. Il avait encore la sensation de froid sur ses lèvres et son regard était vague, lointain. Il avait l'air absent, alors qu'on lui plaçait son armure en mithril convenablement sur ses épaules, par dessus le tabard que son fils adoptif avait fait pour lui. Il enfila ses gants de cuir alors qu'on ajoutait sur ses épaules, comme les mille et un poids invisibles des responsabilités, celui d'une cape d'un bleu irisé. L'arrivée de la veuve le tira de ses pensées alors qu'il se remémorait l'avoir conviée à le rejoindre ce matin. Il y avait, dans les émeraudes tranchantes, cette habituelle froideur régalienne, comme un animal dompté mais encore sauvage et dominateur sous ses traits bien lissés. Il y avait cependant quelque chose de singulier dans les yeux d'Aldaron. Quelque chose qu'Autone n'avait plus vu dans ses iris depuis Morneflamme, quelque chose d'inédit et plein d'espoir : la vie. Il y avait cet éclat inattendu, enseveli sous la douleur et les inquiétudes, mais infiniment présent. Si c'était discret pour les lambdas mortels, Autone avait, avec lui, cette proximité certaine qui lui conférait la capacité de remarquer ce genre de détail plein de sens.

    Sortir. Soit, il la suivait. Il était loin de faire le difficile et s'il valait mieux que leur discussion connaisse l'intimité relative d'une tente, leur moral ne s'en porterait que mieux en dehors. Sur le campement, tout semblait assez calme excepté la tension ambiante. Tout un chacun veillait à ne pas avoir un acte déplacé ou un bruit trop soudain, craignant que l'autre camp prenne cela pour une attaque. Sa garde le suivait, inévitablement, alors qu'il marchait entre les allées aux côtés de sa Conseillère. Il entrouvrit les lèvres pour répondre au sujet d'Ivanyr mais il n'eut guère le temps de s'exprimer. Il fut la patience incarnée, comme bien souvent, acceptant de l'écouter jusqu'au bout de ses explications. « Si tu n'arrives pas à être toi, dans ce rôle, c'est peut-être parce que tu n'es pas encore arrivée à asseoir ta place. » C'était un long combat que d'être soi. Mais c'était plus facile pour lui : toute sa vie était mensonges et vérités. Être soi-même, c'était jouer cette ambiguïté de lui-même et s'affirmer en tant qu'homme chaotique et en tant qu'homme bon.

    « Je n'ai pas d'image, Autone. Les images, c'est bon pour ceux qui n'ont pas confiance en ce qu'ils sont. Des personnes qui se cherchent et tâtonnent dans un environnement qui leur fait peur, qui leur est hostile ou qui n'est pas en adéquation avec eux. Nolan est de ces hommes. Toi, peut-être également. Mais... Tu n'as rien à prouver dans ton rôle. Rien à me prouver, je sais que tu es faite pour incarner le Conseil dont j'ai besoin. C'est pour cela que je t'ai appelée à mes côtés, en avril. Tu devrais te faire d'avantage confiance. Même lorsque je me montre rude. Surtout lorsque je me montre rude. » Son regard quitta l'horizon de sa progression pour se poser sur elle, un instant, avant de revenir devant lui. « Je vais négocier, je te le promets. Beaucoup aspirent à avoir toujours raison. Pour ma part, je rêve d'avoir tord, au sujet de Nolan, au sujet de cette guerre interminable. Il me semble qu'elle ne pourra jamais s'achever tant que les Kohans seront sur le trône. Chaque épreuve nous ramène à ce point, à cette protestation, à cette contestation de sa légitimité. Je crois qu'il est vain d'embrasser le rêve d'Armistice et c'est pourtant le mien, de rêve. »

    Un soupir souleva son torse, mais son pas restait lent et régulier. « Je n'ai pas d'image. En m’écoutant, j'enverrai paître l'empire mais... Cela ne veut pas dire qu'en tentant ces négociations, je m’inhibe au profit d'une image de sagesse. Je ne suis pas la sagesse. Mais je suis un homme qui tient à ses amis et tu es de ceux-là. Lorsque je me présenterai devant Nolan pour négocier, je serai moi. Lorsque je gouverne Caladon, je suis moi. Je n'effacerai jamais plus ce que je suis au profit d'un autre être. Je ne retournerai jamais plus à Morneflamme. » La prison avait déformé sa personnalité. Il refusait qu'on vienne à nouveau la modeler pour la bonne joie des habitants de Caladon. Il était lui. C'était ainsi qu'il était devenu bourgmestre. Il ne changerait pas pour plaire. Il agirait en son âme et conscience. Dusse-t-il être défait de ses fonctions : il n'agissait pas pour son image. « Quant à Ivanyr... Il me cherchait sans me trouver et... Une baptistrelle a voulu le calmer en le plongeant dans un rêve. Ça a mal tourné. Il a... Revécu une partie houleuse de l'histoire d'Achroma. Sa mort. » S'il lui avait parlé de qui était Ivanyr ? Pas encore et ce serait probablement la raison. « Donc il a... Explosé magiquement, fort heureusement en direction de la falaise, sans quoi, il n'y aurait plus de campement. Il a été mené dans ma tente et Purnendu s'est occupé de lui. Je crois... Qu'il ne va pas trop mal. Du moins, j'ai l'impression qu'il est rassuré. Je le sens, je le suis. Et je veillerai à ce que cela ne se reproduise pas. Je tiens à lui. Énormément. »


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Re: Avant que tout ne s'effrite (Aldaron)

le Mar 14 Aoû - 3:17
Son sourire pâle s’étira, tremblant et sans joie, cet air cinglant dans les yeux. Sa façade, c’était ici qu’elle devait la mettre, devant le peuple et entourée de gardes. Asseoir sa place, qu’est-ce que ça voulait dire, exactement? Être immuable, elle, conseillère de Caladon et cœur de pierre. Pourquoi? Ce qu’elle montrait, elle ne voulait pas le devenir. Ce qu’elle montrait, c’était pour protéger les siens et ses idéaux. Un environnement qui lui était hostile, c’est là que Aldaron avait raison. Elle était certaine que ce monde était hostile et qu’il le serait à jamais, peu importe où elle irait. Comme elle lui avait dit, elle ne pouvait plus se permettre d’être elle.

Elle ne savait pas quoi dire, son regard se couvrait d’inquiétudes. Un sourire plus sincère, mais si petit, fut la réaction de ses derniers mots. Cette tendresse discrète, elle leur souhaitait. Elle n’avait pas connu Achroma, elle ne savait pas la relations qu’ils avaient eues tous les deux. Mais c’était bien facile à deviner.

« Je suis contente qu’il se porte bien. J’aimerais le visiter, si cela ne l’importune pas. J’attendrai, s’il le faut. »  
Elle se souvenait, du souci qu’elle s’était faite alors que le Bourgmestre était tombé dans les pommes. Alors qu’elle avait attendu à l’extérieur de sa chambre pendant que son guérisseur s’occupait de lui. Les yeux marrons se posèrent dans le vide, Ivanyr disait que sa malédiction était de ne pas se souvenir. Alors qu’elle, était maudite de se souvenir. Maintenant il dire quelle malédiction il préférait.

« Nous nous sommes connus déjà dévorés par morneflamme. Tu n’as jamais vu l’enfant que j’étais avant. Je n’ai jamais vu l’elfe libre dont j’ai entendu parler. Il serait déplacé de dire que tu n’es pas toi-même alors que tu m’affirmes le contraire. Mais…Je ne sais pas comment …
Tu es loin. Même lorsque tu embrasses ta propre fille, tu es terriblement loin de toi-même. »
En cela ils étaient différents, elle ne savait comment vraiment l’expliquer autrement. « Et je suis très proche de ce que je ressens. Alors je dois me protéger, nous le faisons de deux manières différentes. J’ai senti, quand je t’ai revu, qu’une partie de toi s’est effritée ou peut-être a changé. Et tu as grandi. »  

Elle passait par quatre chemins, c’était certain. « Te souviens tu de qui j’étais? Peut-être est-ce la mort qui nous a fait grandir. Malgré ce que ce volcan nous a fait, je ne t’ai jamais vu plus vivant, plus présent qu’à Caladon, la première, comme je n’ai jamais osé être plus confiante que dans ce désert. Tu étais prêt à te battre et fier, pour protéger ce en quoi tu croyais, pour protéger tes rêves et ceux que tu aimes. Aldaron, je ne sais pas si cette partie de toi s’est effritée, mais si elle est là, dans ta personnalité distante, c’est celle que je veux voir, suivre et supporter, devant les Kohan ou ailleurs. Parce qu’elle est inspirante. »  

Elle s’arrêta, les gardes derrière elle l’imitant. Autone offrit un sourire maternel à l’elfe. Elle supporta son regard. « Et Nolan le verra. Tu me dis de me faire confiance. Fais confiance en tes objectifs et en ton pouvoir. Et pas seulement celui que ton titre te procure. » Il aurait pu lever des armées avec la confiance qu’il lui avait montré, ce jour là. Son sourire s’affaissa, elle sembla plus sérieuse, ne quittant pas son regard du sien. « Je ne peux pas être la seule à croire en l’armistice. » trembla-t-elle entre ses lèvres.



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Re: Avant que tout ne s'effrite (Aldaron)

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