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« Nous sommes nos choix ivres d'inconscience. » - Tryghild.

le Dim 29 Juil - 23:46
Début décembre.

Provocation. Voilà le premier terme qui aurait pu venir à celui qui savait ce qu'elle était et il n'y avait aucune difficulté à le deviner, elle était un vampire et ne s'en cachait pas le moins du monde, il suffisait de jeter un coup d'œil à sa tenue. L'ancien uniforme des vampires, les plaques d'acier noir surligné de rouge, sa cape écarlate reposait sur la croupe de sa monture, le destrier était dans le même accoutrement que son cavalier. À une époque avoir la mort rouge devant les portes de sa cité, n'était pas une bonne chose, ça aurait été une déclaration de guerre, mais le Fléau rouge seul ? Il n'avait aucune chance et ne constituait pas une menace à lui seul. Mais elle était encore bien loin de la ville, et méditait sur la tenue à porter, il était évidant qu'on ne la laisserait jamais rentrer dans cette tenue, pire, on pourrait presque la tirer à vue.

Néanmoins, était-ce juste et poli de mentir ? Elle connaissait la fierté de ceux qui vivaient derrière les lourds murs, et elle avait admiré par le passé leurs capacités martiales et acceptait de s'incliner devant un adversaire honorable. Néanmoins, elle devait avouer qu'elle n'avait aucune envie d'être ici, elle avait besoin d'un but, et il se cachait derrière les épaisses murailles. Mentir sur qui elle était lui paraissait être la pire chose à faire, ils savaient reconnaître un vampire quand ils le voyaient. Et elle était Aphaïa Makhaïra, le Fléau Rouge, commandante des armées vampiriques. Et elle n'aurait pas peur.

Monstre. Elle ne saurait pas nier l'amère vérité, et c'était exactement ce qu'elle et son peuple était, des monstres, des parasites tout au plus, traîtres et parjures. Et ça ne changera jamais. Et paradoxalement, ce n'était pas un des siens qui avait détruit son bras droit, mais un almaréen, et curieusement, il lui paraissait encore plus faible qu'à l'ordinaire, peinant presque à garder les deux paires de rênes de sa monture dans la main, le mécanisme qui lui permettait de faire fonctionner l'assemblage grinçait, il n'avait pas été revu depuis des lustres. Il était pour ainsi dire impossible de trouver un forgeron digne de ce nom.

Le destrier piaffait d'impatience, renâclant de ne pouvoir avancer à sa guise, la bête était immense et peut-être même menaçante dans son armure de plaques. Oui, nous y allons, Louve. Tu n'as jamais eu peur de rien toi, tu n'es qu'un cheval. Un appel de langue et la jument se mettaient au petit trot non sans ruer, oreille plaquée en arrière et hennissement agacé appuyant son geste. J'aurais pu me déguiser et prendre Helios, il a un meilleur caractère. L'étalon palomino était bien plus passe-partout que le destrier vampirique, elle devait bien l'avouer. Mais il était trop tard pour aller chercher une nouvelle monture au camp et finalement la vieille carne l'aiderait à supporter cette épreuve. Mais son cœur se serrait à cette pensée, et à son pauvre Caleb, il aurait su apprécier mieux cette ville qu'elle. Elle eut envie de retirer son heaume pour profiter d'avantage de la vue, mais elle n'était pas assez à l'aise pour ça.

Néanmoins elle devait se lancer, sinon elle n'oserait jamais le faire, elle n'avait pas fait toute cette route pour faire demi-tour, alors elle avançait sa monture, elle savait qu'il n'y avait aucune chance qu'elle rentre dans cet accoutrement, elle s'y était préparer mais peut-être que le courage saurait toucher juste.




Le meilleur moyen de se sentir vivant: errer dans les bois, un soir de nuit noire.
Si vous sentez que vous suivez un animal, ne le combattez pas.
Si vous sentez qu'une bête vous suit, surtout, ne la combattez pas, ne vous arrêtez pas, ne vous retournez pas.
Retenez bien cela. L'aube verra naître en vous un homme nouveau.
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Re: « Nous sommes nos choix ivres d'inconscience. » - Tryghild.

le Jeu 2 Aoû - 0:05
Les hautes murailles de pierre s'élevaient déjà, hautes et fières, immaculées. Leurs hauts créneaux présentaient régulièrement les sombres formes de lourdes et puissantes balistes tournées vers le cœur de l'île, ainsi qu'une garde vigilante mais silencieuse. La lourde porte cyclopéenne était close, ne s'ouvrant que sur demande express des voyageurs ayant montré patte blanche. La peine de mouvoir ces lourds battants n'était rien comparé à la peine de devoir les voir ignorés. Les fanions ondoyaient au vent marin qui sifflait avec vigueur en cette journée, ornant tant les murs que la grande citadelle dans laquelle vivait la famille Svenn et où se déroulaient les séances plénières du conseil de la cité, tant le majeur que le mineur. La froideur coupante de Décembre n'avait nullement apaisé Délimar, bien au contraire, la ville retrouvait-là le baiser de son ancienne patrie, et portée par l'enthousiasme des fils du nord, la population redoublait d'ouvrages et de fougue à la tâche. C'était-là un temps idéal et il était hors de question de le gâcher à ne rien faire, rien ne pouvait être plus agréable que cette atmosphère clémente, vivifiante sous un ciel à l'azur pur et immaculé. Tryghild elle-même avait décidé de profiter de ce don des Déesses pour abandonner temporairement son mantelet d'intendante et descendre en ville afin de poursuivre l'apprentissage qu'elle effectuait auprès de l'un des artisans de la ville, qui avait accepté de la prendre sous son aile et lui permettre de réaliser l'un des rituels les plus importants du peuple de Glacern : la participation à la vie de la communauté au travers d'un second, voire d'un troisième métier après celui de soldat. Dans son cas, elle aidait un tanneur spécialisé dans la fabrication de bottes, et bataillait sur les coutures à effectuer dans les semelles. L'homme, d'âge avancé, avait l'extrême patience de lui expliquer plusieurs fois les choses et elle ne souhaitait nullement le décevoir.

Ce fut donc dans la tannerie que le messager vint la trouver pour lui apprendre quelle sinistre visiteuse se présentait crânement devant les hauts murs des Purs. Elle releva difficilement la tête de son ouvrage, et en entendant les nouvelles se fit grave et fermée. Elle reposa les pans de cuir, se leva et s'inclina profondément devant l'artisan en s'excusant de devoir l'abandonner d'aussi rude manière, promettant de faire amende honorable dès qu'il lui serait possible. Le messager avait déjà apporté sa monture et elle l'enfourcha sans un mot de plus pour se diriger immédiatement vers la porte centrale de la ville, où sa garde-loup attendait. Pendant quelques instants, elle conversa avec le maître de la porte, puis demanda à ce que celle-ci soit ouverte pour elle. Les lourds battants grondèrent et grincèrent en étant écartés lentement et pesamment de son chemin, sans qu'elle ne bouge. Puis lorsque ce fut fait, elle s'avança avec sa garde jusqu'à se trouver face à la monture de l'importune. Ses yeux pâles observèrent stoïquement la silhouette en armure, sans que ses lèvres ne bougent, et la mire durant plusieurs longues minutes avant qu'elle ne s'adresse enfin à son vis à vis avec un fort accent nordique qu'elle ne cherchait pas vraiment à contenir :

«  Que venez-vous faire ici ? »

Qu'elle soit nordique ne signifiait pas qu'elle fut idiote, contrairement à ce que les fats de Sélénia voulaient bien croire. Que le Fléaux rouge décide de venir se présenter aux portes de sa ville n'était pas anodin. Le commandant vampirique n'était pas un imbécile, il devait bien savoir que sans une excellente raison et une très bonne immunité, il finirait mort et sa tête sur un pal en haut des murs… donc s'il était là, c'était qu'il avait effectivement de bons arguments, ou qu'au moins il le pensait. Il n'y avait rien ici pour lui, à première vue, et elle ne pouvait imaginer qu'il en fut autrement. De toute façon elle n'avait pas envie de se perdre en conjectures face à un tel individu : sa simple présence était une insulte envers les loups nordiques. Pas de salutation, pas de ronds de jambes et pas de courtoisie outrancière. Bien que l'autre soit une abomination, il était aussi un soldat, et elle ne voyait pas pourquoi elle se donnerait la peine de lui parler autrement que comme un soldat. Elle-même n'appréciait pas de passer des heures pour enrober ce qui devait être dit. Hors plus vite les choses seraient dites, plus vite ils en auraient tous terminés.

«  Si vous avez une requête précise, on l'étudiera. Sinon, je vous conseil de passer votre chemin, ce sera certainement mieux pour nous comme pour les vampires »

Et elle devait se mordre la langue pour les appeler ainsi et pas de façon plus grossière.




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Re: « Nous sommes nos choix ivres d'inconscience. » - Tryghild.

le Dim 12 Aoû - 12:52
Les Svenn étaient des êtres aisés à reconnaître, ils avaient quelque chose en plus qu'elle ne parvenait à expliquer, une aura d'adversité qu'elle respectait, immédiatement, elle faisait faire face à sa monture qui pivotait sur ses postérieurs avec une souplesse propre au destrier, une politesse, elle n'allait pas continuer à admirer le paysage alors que l'intendante elle-même avait fait le déplacement, mais peut-être se trompait-elle ? Le ton fut donné, inamical au possible, à peine tolérant, et encore, ce n'était que pour donner une certaine image.

La jument plaquait ses oreilles en arrière, mâchonnant les mors de sa bride, agacée de trouver un bipède presque aussi grand qu'elle, qui faisait déjà près de deux mètres au garrot, elle relevait la tête, non sans garder le chanfrein à la verticale, comme si elle tentait de conserver d'avantage de centimètres au dessus de la femme, fixant cette dernière de ses yeux bruns. La cavalière, elle, attendait que l'immense femme finisse de parler - par politesse - avant de prendre la parole après s'être inclinée.

Je ne suis ici que pour rencontrer deux personnes. Aucune trace de malice dans le ton de la voix de la créature de la nuit, elle n'était pas une menteuse et elle semblait tout à fait disposée à donner des informations complémentaires. Gytheäl Lorvarkir et Helga Muiris. Aucune trace d'animosité dans la voix de la vampire à l'air juvénile. Un forgeron et une chirurgienne de bataille. Quelques détails qui avaient leur importance, et qu'elle livrait avec une facilité déconcertante, l'absence de mensonge assurerait une conversation plus tranquille.

Je ne suis pas ici au nom du royaume. Mais personnellement. Elle savait que sa tenue pouvait porter à confusion, néanmoins, nulle doute que la délimarienne n'était pas stupide au point de penser qu'elle viendrait ici officiellement sans un minimum d'homme, ç'aurait été du pur suicide. La conclusion était assez facile à tirer, on ne se présentait pas aux portes d'un ennemi ancestral sans avoir une bonne raison.

J'attendrais dehors. Il n'y avait aucune animosité dans le ton de sa voix, il y avait même un certain respect, de soldat à soldat même si elle ne faisait preuve que d'une simple vérité, aucune des deux n'avait envie que le Fléau Rouge entre dans la ville fortifiée. Il aurait été une grande preuve d'irrespect. Et elle n'était pas assez naïve pour y croire, peut-être qu'on la laisserait entrer, mais sortir serait un peu plus délicat.

Elle dépliait une lettre, en lisant rapidement son contenu avant d'ajouter : Je pense qu'il est inutile de s'étendre dans cette mésentente cordiale, dame loup. Elle-même n'était pas dupe, toutes deux en dépit de leurs airs relativement sereins étaient prêts à la méfiance la plus extrême, elle n'hésiterait pas à utiliser la violence si c'était justifier. Néanmoins, elle savait que ce n'était clairement pas l'idée du siècle. Je n'ai pas prévu de rester dans la région plus que de mesure. Voilà qui devrait rassurer tout le monde, elle la première. Et honnêtement après ce qu'elle avait vu à Sélénia, elle aurait tout intérêt à rentrer rapidement au sein du bastion vampirique.




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Re: « Nous sommes nos choix ivres d'inconscience. » - Tryghild.

le Mar 14 Aoû - 14:38
Les démonstrations de respect trop prononcées ne lui faisaient rien, au mieux, au pire, elles la gênaient. Pour autant, la nordique ne fit ni ne dit rien en la voyant s’incliner, restant pour sa part droite et digne sur l’immense monture dont elle ceignait les flancs. Elle ne voulait pas de démonstrations, pas de cette sorte en tout cas, en revanche elle voulait que sa présente interlocutrice aille droit au but, et qu’elles s’épargnent toutes deux des désagréments potentiels. Ce qu’elle sembla faire, dans un premier temps. L’objet de sa présence devant les murs de Délimar lui fit froncer les sourcils, et elle darda son regard pâle sur l’autre avec plus d’intensité encore, comme si cette simple mire pouvait percer la carapace de métal. Mais ce n’était pas le cas. La suite en revanche ne fut guère plaisante, à la hauteur de devoir avoir affaire à une telle créature, une immondice qui n’aurait pas dû avoir le droit de survivre encore aussi longtemps. Réprimant son dégoût, elle tâcha de garder une certaine forme de neutralité, au moins dans l’expression, afin de ne pas déshonorer son rôle d’intendante.

«  Il n’a jamais été question que vous rentriez. Les vampires sont nos ennemis, néanmoins je ne compte pas leur déclarer la guerre. Si vous entrez en ville, vous serez jugée pour vos crimes, et très certainement exécutée. Cela n’aide pas les positions diplomatiques, d’exécuter un commandant comme cela, et les vampires ne partagent pas nos notions de justesse »

Elle tira légèrement sur les rênes de sa monture pour la garder en place. Le destrier était rétif, non par peur du vampire, mais par fougue naturelle, allant de pair avec le caractère nordique. La bête sentait très certainement son état intérieur à l’heure actuelle. Et pourtant elle ne faisait qu’énoncer des faits logiques, avec une froideur pragmatique et militaire. Si elle exécutait ce chancre, les vampires, fourbes, traîtres et iniques créatures, en profiteraient certainement pour attaquer, or bien que rayer ces choses de la carte ne fut pas un dérangement pour elle, elle ne voulait pas conduire son peuple vers une guerre, pas pour le moment en tout cas. Surtout qu’une autre couvait déjà en Calastin, pas besoin de chercher les ennuis à Nyn-Tiamat pour l’instant. Quand la ville serait achevée, que la sécurité de leur propre île serait assurée… peut-être serait-il temps d’y repenser, si tous les vampires n’étaient pas déjà immaculés.

«  Quelles sont vos affaires avec ces personnes ? Que vous soyez ici au nom du royaume ou non, je n’ai pas l’intention de faire la moindre faveur, ni de donner le moindre avantage aux vampires. Je ne pourrais vous accorder votre requête que sur des explications concrètes»

Ce qui signifiait que sans l’information en question, elle pouvait immédiatement tourner les talons et s’en aller. Le vampire était commandant des armées du royaume sombre, presque n’importe quel bienfait lui étant accordé bénéficierait à ses supérieurs et au reste de la racaille… et pour autant trancher ne serait pas plus simple, car par souci d’équité, elle étudierait réellement et sincèrement la demande. Ainsi en allait son code de conduite.




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Re: « Nous sommes nos choix ivres d'inconscience. » - Tryghild.

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