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Re: « Nous sommes nos choix ivres d'inconscience. » - Tryghild.

le Jeu 2 Aoû - 0:05
Les hautes murailles de pierre s'élevaient déjà, hautes et fières, immaculées. Leurs hauts créneaux présentaient régulièrement les sombres formes de lourdes et puissantes balistes tournées vers le cœur de l'île, ainsi qu'une garde vigilante mais silencieuse. La lourde porte cyclopéenne était close, ne s'ouvrant que sur demande express des voyageurs ayant montré patte blanche. La peine de mouvoir ces lourds battants n'était rien comparé à la peine de devoir les voir ignorés. Les fanions ondoyaient au vent marin qui sifflait avec vigueur en cette journée, ornant tant les murs que la grande citadelle dans laquelle vivait la famille Svenn et où se déroulaient les séances plénières du conseil de la cité, tant le majeur que le mineur. La froideur coupante de Décembre n'avait nullement apaisé Délimar, bien au contraire, la ville retrouvait-là le baiser de son ancienne patrie, et portée par l'enthousiasme des fils du nord, la population redoublait d'ouvrages et de fougue à la tâche. C'était-là un temps idéal et il était hors de question de le gâcher à ne rien faire, rien ne pouvait être plus agréable que cette atmosphère clémente, vivifiante sous un ciel à l'azur pur et immaculé. Tryghild elle-même avait décidé de profiter de ce don des Déesses pour abandonner temporairement son mantelet d'intendante et descendre en ville afin de poursuivre l'apprentissage qu'elle effectuait auprès de l'un des artisans de la ville, qui avait accepté de la prendre sous son aile et lui permettre de réaliser l'un des rituels les plus importants du peuple de Glacern : la participation à la vie de la communauté au travers d'un second, voire d'un troisième métier après celui de soldat. Dans son cas, elle aidait un tanneur spécialisé dans la fabrication de bottes, et bataillait sur les coutures à effectuer dans les semelles. L'homme, d'âge avancé, avait l'extrême patience de lui expliquer plusieurs fois les choses et elle ne souhaitait nullement le décevoir.

Ce fut donc dans la tannerie que le messager vint la trouver pour lui apprendre quelle sinistre visiteuse se présentait crânement devant les hauts murs des Purs. Elle releva difficilement la tête de son ouvrage, et en entendant les nouvelles se fit grave et fermée. Elle reposa les pans de cuir, se leva et s'inclina profondément devant l'artisan en s'excusant de devoir l'abandonner d'aussi rude manière, promettant de faire amende honorable dès qu'il lui serait possible. Le messager avait déjà apporté sa monture et elle l'enfourcha sans un mot de plus pour se diriger immédiatement vers la porte centrale de la ville, où sa garde-loup attendait. Pendant quelques instants, elle conversa avec le maître de la porte, puis demanda à ce que celle-ci soit ouverte pour elle. Les lourds battants grondèrent et grincèrent en étant écartés lentement et pesamment de son chemin, sans qu'elle ne bouge. Puis lorsque ce fut fait, elle s'avança avec sa garde jusqu'à se trouver face à la monture de l'importune. Ses yeux pâles observèrent stoïquement la silhouette en armure, sans que ses lèvres ne bougent, et la mire durant plusieurs longues minutes avant qu'elle ne s'adresse enfin à son vis à vis avec un fort accent nordique qu'elle ne cherchait pas vraiment à contenir :

«  Que venez-vous faire ici ? »

Qu'elle soit nordique ne signifiait pas qu'elle fut idiote, contrairement à ce que les fats de Sélénia voulaient bien croire. Que le Fléaux rouge décide de venir se présenter aux portes de sa ville n'était pas anodin. Le commandant vampirique n'était pas un imbécile, il devait bien savoir que sans une excellente raison et une très bonne immunité, il finirait mort et sa tête sur un pal en haut des murs… donc s'il était là, c'était qu'il avait effectivement de bons arguments, ou qu'au moins il le pensait. Il n'y avait rien ici pour lui, à première vue, et elle ne pouvait imaginer qu'il en fut autrement. De toute façon elle n'avait pas envie de se perdre en conjectures face à un tel individu : sa simple présence était une insulte envers les loups nordiques. Pas de salutation, pas de ronds de jambes et pas de courtoisie outrancière. Bien que l'autre soit une abomination, il était aussi un soldat, et elle ne voyait pas pourquoi elle se donnerait la peine de lui parler autrement que comme un soldat. Elle-même n'appréciait pas de passer des heures pour enrober ce qui devait être dit. Hors plus vite les choses seraient dites, plus vite ils en auraient tous terminés.

«  Si vous avez une requête précise, on l'étudiera. Sinon, je vous conseil de passer votre chemin, ce sera certainement mieux pour nous comme pour les vampires »

Et elle devait se mordre la langue pour les appeler ainsi et pas de façon plus grossière.




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Re: « Nous sommes nos choix ivres d'inconscience. » - Tryghild.

le Mar 14 Aoû - 14:38
Les démonstrations de respect trop prononcées ne lui faisaient rien, au mieux, au pire, elles la gênaient. Pour autant, la nordique ne fit ni ne dit rien en la voyant s’incliner, restant pour sa part droite et digne sur l’immense monture dont elle ceignait les flancs. Elle ne voulait pas de démonstrations, pas de cette sorte en tout cas, en revanche elle voulait que sa présente interlocutrice aille droit au but, et qu’elles s’épargnent toutes deux des désagréments potentiels. Ce qu’elle sembla faire, dans un premier temps. L’objet de sa présence devant les murs de Délimar lui fit froncer les sourcils, et elle darda son regard pâle sur l’autre avec plus d’intensité encore, comme si cette simple mire pouvait percer la carapace de métal. Mais ce n’était pas le cas. La suite en revanche ne fut guère plaisante, à la hauteur de devoir avoir affaire à une telle créature, une immondice qui n’aurait pas dû avoir le droit de survivre encore aussi longtemps. Réprimant son dégoût, elle tâcha de garder une certaine forme de neutralité, au moins dans l’expression, afin de ne pas déshonorer son rôle d’intendante.

«  Il n’a jamais été question que vous rentriez. Les vampires sont nos ennemis, néanmoins je ne compte pas leur déclarer la guerre. Si vous entrez en ville, vous serez jugée pour vos crimes, et très certainement exécutée. Cela n’aide pas les positions diplomatiques, d’exécuter un commandant comme cela, et les vampires ne partagent pas nos notions de justesse »

Elle tira légèrement sur les rênes de sa monture pour la garder en place. Le destrier était rétif, non par peur du vampire, mais par fougue naturelle, allant de pair avec le caractère nordique. La bête sentait très certainement son état intérieur à l’heure actuelle. Et pourtant elle ne faisait qu’énoncer des faits logiques, avec une froideur pragmatique et militaire. Si elle exécutait ce chancre, les vampires, fourbes, traîtres et iniques créatures, en profiteraient certainement pour attaquer, or bien que rayer ces choses de la carte ne fut pas un dérangement pour elle, elle ne voulait pas conduire son peuple vers une guerre, pas pour le moment en tout cas. Surtout qu’une autre couvait déjà en Calastin, pas besoin de chercher les ennuis à Nyn-Tiamat pour l’instant. Quand la ville serait achevée, que la sécurité de leur propre île serait assurée… peut-être serait-il temps d’y repenser, si tous les vampires n’étaient pas déjà immaculés.

«  Quelles sont vos affaires avec ces personnes ? Que vous soyez ici au nom du royaume ou non, je n’ai pas l’intention de faire la moindre faveur, ni de donner le moindre avantage aux vampires. Je ne pourrais vous accorder votre requête que sur des explications concrètes»

Ce qui signifiait que sans l’information en question, elle pouvait immédiatement tourner les talons et s’en aller. Le vampire était commandant des armées du royaume sombre, presque n’importe quel bienfait lui étant accordé bénéficierait à ses supérieurs et au reste de la racaille… et pour autant trancher ne serait pas plus simple, car par souci d’équité, elle étudierait réellement et sincèrement la demande. Ainsi en allait son code de conduite.




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Re: « Nous sommes nos choix ivres d'inconscience. » - Tryghild.

le Mer 26 Sep - 18:07
Elle ne fit montre d’aucune émotion particulière, pour autant elle n’en pensait pas moins. Les vampires étaient des créatures foncièrement égoïste et centrées sur elles-mêmes, et ce n’était ni un avis raciste, ni quelque chose qu’elle appréciait, si quoi que ce soit pouvait effectivement être apprécié de la part de ces créatures abominables. Il suffisait de voir l’attitude que la créature face à elle prenait… On ne parlait pas ici de ses préférences personnelles, une punition n’était pas faite pour plaire à celui ou celle qui la subissait, elle était la conséquence de la décision d’un tribunal ou d’un seigneur, en bonne et dû forme, afin de convenir à un crime. Causer des souffrances, même à un vampire, ne vengerait pas ses victimes, ne ferait revenir personne. Cela n’achèterait rien, ce serait un vide et une perte de temps ainsi qu’un avilissement pour celui amené à appliquer une telle sentence. Et un tribunal n’était pas fait pour humilier ou répandre des informations nocives, mais bien pour jauger d’un crime, tout simplement et trouver une sentence appropriée pour améliorer la situation. Cela n’allait pas plus loin, et le voir autrement revenait simplement à se moquer de l’entité judiciaire et de ce qu’elle se devait de représenter.

« Je ne suppute pas les raisons potentielles de la chute du royaume vampirique. Ce sont des considérations oisives  »

Il tomberait, un jour, c’était tout, tout simplement. Et surtout, il y avait l’immaculation. Mais elle n’avait nullement l’intention d’en discuter et surtout pas avec son vis-à-vis… ou c’était bien ce qu’elle avait pensé. Néanmoins, la suite la poussa à revoir cette décision, presque malgré elle. Peut-être était-ce simplement qu’elle manquait de discipline, ou peut-être était-ce qu’elle n’aimait pas ce qui ressemblait à une insulte envers son grand-père et ses frères miraculés. Peut-être était-ce simplement qu’elle n’aimait pas devoir siéger devant sa propre ville pour une demande qui lui semblait absurde et complètement hors de propos. Sincèrement, un vampire, et pas n’importe lequel, le Fléau Rouge, qui venait lui dire vouloir s’assurer qu’eux traitaient bien leurs frères revenus à la vie ? Tentait-on de la prendre pour une idiote ou était-il… elle… réellement aussi obtuse que cela, presque pire qu’elle ? Oh elle savait être très bornée parfois et tentait de son mieux de se contrôler, mais là, elle était battue à plat de coutures. Franche, elle ne cacha en rien sa profonde perplexité à ce qu’on lui présentait là.

«  Vous me prenez pour une idiote ou êtes-vous sérieuse ?  »

Cela lui avait échappé sans qu’elle ne réussisse à se contenir et elle s’attira un regard surpris et alarmé de la part de certain de ses gardes. Ses yeux bleus venaient de descendre d’une teinte tant la colère grondait soudainement dans son corps.

«  Nous ne sommes pas des vampires, commandant  »

Le titre sonnait presque comme une insulte en l’instant, plus encore que le nom du peuple auquel l’autre appartenait.

«  Nous ne violentons ni ne persécutons personne tant que l’on sait respecter les règles propres à notre ville. Nous ne nous complaisons pas dans la domination des autres. Tout être désirant séjourner à Délimar est bien traité. Vous voulez vraiment m’affirmer que vous avez quitté votre poste, parcourut tout ce chemin, avec les dangers que cela représente, même pour un soldat de métier, pour venir vous planter devant les portes de ma patrie, pour seulement vous assurer que deux hommes n’étant plus sous votre commandement, n’étant même plus vampires, vont bien ?  »

Son cheval, sentant sa colère, réagit également, rétif et désireux de se battre autant qu’elle, mais Tryghild se contint, en le sentant réagir, comprenant qu’elle ne gagnerait rien du tout à s’énerver. Dans le pire des cas, son interlocuteur mourrait rapidement et voilà tout, elle ne devait pas se laisser atteindre par ce qu’un vampire pouvait bien dire. Inspirant profondément, elle se fit violence pour rester digne et droite et ne pas simplement planter l’autre là. Lorsque sa voix porta de nouveau, elle était rauque de son accent, mais relativement calme.

«  Je ne doute nullement que vous voyez le Don comme un mal. Ici, sachez qu’il s’agit d’un miracle. La renaissance de nos frères, leur purification, est saluée et célébrée. Nous ouvrons grand nos bras pour eux, ils sont un rêve impossible, celui de retrouver ceux que nous avions perdus. Contrairement aux autres étrangers, ils ont les mêmes opportunités qu’un citoyen, ou presque. Vous n’avez aucun souci à vous faire pour cela  »

Elle lui décocha un regard aigu, le visage grave et pensif.

«  Je ne pense pas que vous revoir soit une bonne idée. Vous êtes un vampire, une influence corruptrice. A moins que vous ne soyez également atteinte de ce ‘mal’ comme vous le dites… vous n’avez plus rien en commun avec eux  »




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Re: « Nous sommes nos choix ivres d'inconscience. » - Tryghild.

le Ven 28 Sep - 21:24
Elle était surprise de l’attitude de ce criminel de guerre, réellement. Pas seulement à cause de cette étiquette, mais tout simplement parce qu’il s’agissait d’un vampire. Mais peut-être n’était-ce pas tout à fait indéfendable ? Après tout, les vampires étaient tournés vers eux-mêmes et cela y revenait, qu’il ne fasse confiance qu’à son propre jugement et pas à celui des autres. Certes, cela dénotait d’une certaine sagesse, mais également d’un manque de confiance, sans aucun doute parce que ce peuple était pétri de fourberie et de mensonges et ne savait pas vivre autrement. Pour toute réponse, elle hocha la tête, acceptant son affirmation. La suite néanmoins la laissa impavide. Des liens se créaient avec la guerre, mais d’autres se défaisaient. Il suffisait de voir la situation politique de Calastin pour le comprendre. Encore une fois, l’un n’empêchait pas l’autre. Sans doute exagérait-il un peu pour paraître plus humain qu’un vampire pouvait l’être mais elle n’avait pas envie de jouer à deviner ce qui était un mensonge et ce qui n’en était pas un. Elle s’en tenait à ses propres actes et convictions, c’était déjà bien assez pour une seule personne. Ferme, et silencieuse, elle attendit de savoir où son interlocuteur voulait en venir sans faire mine de bouger.

Il s’avéra rapidement que son interlocuteur était en fait une interlocutrice et les traits de la nordique se firent plus durs, son regard plus tranchant. Elle avait quoi ? Douze ans ? Onze ? Dix ? Quelque chose comme ça. La vision la révulsa sincèrement. La colère se raviva en elle. En l’instant, si on lui avait donné le pouvoir d’abattre chaque vampire existant, elle l’aurait fait sans un regard en arrière, sans un seul scrupule. C’était un peuple corrompu et corrupteur qui n’aurait jamais dû exister. C’était absolument horrifiant de constater que leur vilénie pouvait aller jusqu’à empoisonner des jeunes gens à peine en âge de chasser… surtout qu’il s’agissait d’une sudiste, de par son apparence, donc une enfant pour eux. Serrant les dents, elle se fit violence pour ne pas abréger immédiatement ce simulacre de vie et rendre l’âme à la roue de la réincarnation en lui souhaitant une meilleure chance la prochaine fois. Mais elle ne le fit pas, parce que cela contrevenait à ses règles d’honneur. Tant que l’autre n’attaquait pas ou ne faisait pas expressément quelque chose pour lui en donner l’occasion, elle était bien forcée de se contenir.

« Certains changements ne peuvent être évités »

Elle faisait là référence à la fin des vampires. Ils ne savaient pas si cela arriverait mais si c’était le cas ? Ce serait très bien. Un poids serait retiré du monde et il n’y avait aucun mot pour décrire le soulagement qu’elle en ressentirait. Il y avait suffisamment de vilénie chez certains humains pour qu’on en rajoute avec ces choses.

« Délimar ouvre ses bras à tous ceux qui désirent y venir. Nous leur proposons toute notre aide pour qu’ils puissent retrouver des vies normales et entrer en contact avec de possibles membres survivants de leurs familles. Ce n’est pas si simple. Je ne sais pas quelle est la vision que vous en avez, mais souvent ce sont des villages entiers qui ont été mis à sac, les familles sont tuées ou transformées. Et quand les miraculés sont plus âgés, les possibles parents sont morts depuis longtemps. Mais nous les soutenons, et notre patrie est la leur s’ils le désirent… »

Elle s’interrompit sur un soupire, une migraine pointant le bout de son nez et pulsant dans ses tempes. C’était avec une conscience aigue que la fille du nord se rendait compte de la différence de chemin qu’elle prenait en comparaison des actes de son père. Havard aurait immédiatement tué cette abomination devant elle sans plus y penser, elle ? Elle la laissait vivre, avec les complications que cela pouvait engendrer. Pourquoi ? Peut-être pour voir si, effectivement, elle aurait droit au miracle ? Et alors que se passerait-il ? Elle ne pourrait pas l’accepter en raison de ses crimes, qui devaient être jugés et il y avait de fortes chances que la sentence soit la mort. Pourtant, cela semblait… et bien cela contrevenait avec sa politique concernant les immaculés et ce que cela représentait. Ils étaient une seconde chance, non ? Cela devait valoir pour tous. Mais les crimes du Fléaux Rouge étaient terribles. Non, décidément, ce ne serait certainement pas quelque chose de simple. Comprenant qu’elle devait être muette depuis longtemps, l’Intendante parla enfin :

« Vous ne serez pas inquiétée, en dehors de nos murailles, à moins que vous n’attaquiez nos citoyens ou nos visiteurs. Nos lois s’appliquent entre nos murs »

Quoi dire de plus ? Elles n’avaient pas grand-chose en commun et de toute façon pourquoi aurait-elle continué à lui parler ? Elle faisait son devoir mais c’était à peu près tout. Il n’y avait rien de personnel ici, ni intérêt ni affect aucun. Et pourtant, elle reprit, sans se défaire de son expression sévère.

« Savez-vous écrire ? Si c’est le cas, je peux vous faire apporter un nécessaire à la rédaction d’une lettre pour ces deux individus… »

Peut-être que la créature se jouait d’elle, néanmoins c’était la une question qu’elle se posait depuis le début. Il y avait un moment où l’on devait prendre des décisions, elle en prenait justement. Quel mal une lettre pouvait-elle faire ? Surtout quand elle pourrait la lire… C’était une forme de test, envers cette criminelle, et peut-être également envers elle-même ?

« Vous avez porté à ma connaissance une question difficile. J’ai choisi d’offrir un asile à tous les miraculés, mais si vous veniez à l’être, cela n’effacerait pas vos crimes. Ce serait pourtant gâcher la seconde chance que l’on vous offrirait… Qu’en feriez-vous, si elle vous était offerte ? »




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Re: « Nous sommes nos choix ivres d'inconscience. » - Tryghild.

le Dim 28 Oct - 13:15
On ne construisait rien sur des ruines, avait-elle envie de gronder, surtout pas sur les ruines fumantes laissées par l’armée vampirique et théocrate. Ce n’était pas seulement une moquerie de philosophie, c’était littéralement cracher sur tout ce que les victimes de ces abominations avaient pu ressentir. C’était bien trop simple de simplement lancer à la cantonade qu’il suffisait de se construire une famille. Mais sans doute n’imaginait-elle même pas ce que ce serait de se trouver dans une telle condition, revenir à la vie après des centaines d’années et savoir qu’il n’y avait plus rien de sa famille, le plus souvent, ou de se rendre compte qu’elle a été massacrée ou que le miraculé en est l’auteur justement. C’était bien trop simple d’estimer qu’il n’y avait qu’à avancer. Elle avait vu plusieurs de leurs nouveaux miraculés s’effondrer, des hommes qu’elle connaissait parfois, d’autres qu’elle comprenait simplement intuitivement, et qui se brisaient en prenant de plein fouet la compréhension de leur situation. Cependant, elle ne faisait pas face au même problème, tout simplement. C’était elle, l’Intendante, qui avait décidé de prendre le fardeau de la réintégration de ces hommes et de ces femmes et qui tentait de les aider. Cette vampiresse, elle, appartenait encore à un autre monde, sans doute pour toujours. Mais qui pouvait savoir ?

« Je suis d’accord, vous devriez partir rapidement. Mais ne le faites pas parce que l’on parle. Vous avez des raisons bien plus légitimes que cela, à commencer par notre inimité. Si les gens veulent parler, qu’ils fassent. Nous n’en avons rien à faire »

On parlait déjà bien assez sur Délimar, et ça ne les empêchait absolument pas de dormir le soir. D’une oreille, l’épée au coté, mais ils dormaient effectivement. La prudence était une seconde nature chez eux. Si elle avait réellement voulu éviter que les gens parlent, elle ne serait pas sortie lui donner audience et l’aurait probablement faite tuer. Ça aurait été plus efficace et plus prompte. Et puisqu’elle savait écrire, elle écrirait. Hochant la tête, elle fit un geste pour qu’un de ses cavaliers se d »tourne et ne regagne la ville avec la charge de rapporter un nécessaire à écriture. En attendant, elle avait encore à faire avec son interlocutrice.

« Oui, ce sera difficile pour vous, si cela arrive »

Elle se détendit légèrement. Leurs avis convergeaient au moins sur un point. La vie d’un soldat était une vie de conflits, souvent mal reconnue, ils étaient les premiers à subir quoi qu’il arrive. Lorsqu’on était élevé dans cet élément, l’oublier était presque impossible, s’en défaire improbable. On oubliait pas la guerre, jamais vraiment et il y aurait toujours besoin de soldats d’une façon ou d’une autre. Penser qu’ils parviendraient tous à s’entendre pour le restant de l’éternité était stupide et dangereux, elle ne céderait pas à cette facilité, même si on la taxait de bellicisme. La vérité était que l’Alliance était ravie de pouvoir se dissimuler derrière les troupes qu’elle entretenait, l’Alliance dormait sur ses deux oreilles parce qu’en cas de danger, elle pouvait appeler Délimar à l’aide comme les saloperies de Kohan l’avait toujours fait.

« Vous êtes un soldat, vous menez une vie de soldat. Et il y aura toujours des conflits »

C’était indubitable. A la mention des chimères, son visage se fit dur, ses yeux s’assombrirent.

« Oui... » grondat-elle

« Oui, j’ai fais partie des premières lignes lorsque nous avons été repoussés vers Fort-Espérance, j’ai tenu avec mes hommes les arrières gardes tandis que les navires quittaient les côtes… »

Elle n’avait pas oublié la cuisante brûlure du désert d’Esfelia tandis qu’ils tentaient de repousser ces horreurs surgies du néant. Personne, à Délimar, n’avait oublié ce qui s’était passé. Les Chimères étaient encore là-bas, sur leur ancien continent, et personne ne savait ce qu’elles faisaient. Parfois, elle songeait à envoyer un navire en vu des côtes malgré les dangers et le long trajet. Elle ne l’avait pas fait cependant bien qu’elle su avec certitude qu’elle ne manquerait pas de volontaires. Ils n’étaient pas prêts, pour l’heure, comme ils n’étaient pas encore prêt à une guerre avec Sélénia ou avec les vampires. Ils devaient se construire davantage. Mais le combat reviendrait, les chimères n’abandonneraient certainement pas. Le penser ne relevait même plus de l’espoir, c’était de la folie.

« Vous aussi, il me semble. Vous savez ce que ces créatures font. Elles vont revenir »

Mais peut-être que leurs miraculés seraient des aides supplémentaires. Après tout, s’ils étaient capables de transcender la mort, peut-être étaient-ils également un don face aux chimères ?

« Les vôtres ne sont pas prêts à leur faire face, si tant est qu’on puisse vraiment être prêt. j’ai beau ne pas aimer les étrangers, je prête l’oreille aux nouvelles, je sais que Aerthiä n’est pas stable. Et je sais aussi qui gère la majorité de vos dettes… »

Ses sourcils se froncèrent, accentuant ses traits de louve.

« Mais pourquoi m’en parler ? Le serment prêté face à cette menace tient toujours. Si les chimères viennent jusqu’à nous, nous mettrons de côté nos griefs pour faire front uni »




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Re: « Nous sommes nos choix ivres d'inconscience. » - Tryghild.

le Lun 12 Nov - 10:29
Une lueur surprise passa dans ses yeux mais elle ne fit aucun commentaire, haussant simplement des épaules. Vu comme ça… Le point était intéressant. Oui, ils avaient moins souffert de la possession, et pas du tout de la perte de magie infligée par les chimères. Tout comme ils avaient été le fer de lance contre les Almaréens lors de l'invasion de ce peuple. Néanmoins, elle n'était pas aussi confiante sur l'assurance qu'ils pouvaient gagner la guerre contre les chimères. Ils feraient tout pour cela, y comprit fermer les yeux sur les tensions entre peuples mais l'idée même de combattre ces choses… elle n'était simplement pas prête à prendre la victoire pour acquise. Néanmoins et tout comme la créature qui lui faisait face, elle combattrait, et les siens avec elle, jusqu'au bout. Il était hors de question de reculer. Une fois déjà ils avaient été forcés d'abandonner leurs terres, il était hors de question de recommencer. Il était hors de question de se laisser pourchasser comme des lièvres d'un bout à l'autre du monde connu et inconnu jusqu'à être piégé dans un recoin et être saigné à blanc. La simple idée d'en arriver là, réduit à l'état d'animaux aux abois, lui suffisait pour regarder la mort en face. Pensive, elle laissa la vampiresse écrire sans la déranger, et sans lui proposer d'aide. Malgré son dégoût des vampires, elle ne parvenait pas à l'accabler gratuitement ni à l'insulter. Or, lui proposer son aide aurait été une insulte non déguisée et plus que gratuite. Elle détourna finalement le regard après un moment, pour lui laisser une certaine intimité, et attendit qu'elle termina, la laissant remettre la lettre à l'homme qui avait transporté le matériel d'écriture.

«  Elle sera dûment transmise »

Il y eut un blanc. Qu'y avait-il de plus à dire ? Elle n'était pas une philosophe et encore moins avec une étrangère, et une vampire. Elle avait fait son office et désormais il n'y avait rien de plus pour cette créature ici. Rester aurait été peu sage. Tendant ses rennes dans son poing, l'Intendante assura de nouveau son assise et fit un geste pour ordonner à son escorte d'entamer le retour vers les murs de la ville. Avant de les suivre, néanmoins, elle observa de nouveau la vampiresse, semblant hésiter. Une minute passa, puis une autre. Se refermant sur elle même, la nordique brisa enfin le silence, une dernière fois.

«  Je vous attends sur le champ de bataille, Commandante. Et… je vous attendrais également si vous aussi obtenez votre miracle. Nous réfléchirons ensemble à quoi faire alors si vous le désirez »

Avec un signe de tête sec en guise de salut, elle se détourna complètement et lança sa monture à la suite de celles de ses compatriotes afin de les rattraper et de ne pas garder la grande porte ouverte plus qu'il n'était nécessaire de le faire. Aux regards curieux que lui lancèrent ses gardes, elle se contenta d'un autre haussement d'épaules et ordonna aux hommes de retourner à leurs autres devoirs. Elle avait encore de l'ouvrage à faire et à présent du temps à rattraper.
[HRP | Et voilà pour moi ! Merci pour le RP]




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Re: « Nous sommes nos choix ivres d'inconscience. » - Tryghild.

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