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Venez danser la graärh-andole [PV Luna]

le Ven 3 Aoû - 14:44
15 Novembre 1762

Une étrange routine commençait à prendre forme. Chaque matin, il s'en allait récolter des plantes médicinales fraîches à quelques foulées du camps, connaissant assez la flore pour ne pas gaspiller les précieuses heures à sa disposition en recherches futiles. Lorsqu'il revenait, il usait de son savoir de guérisseur ainsi que son esprit-lié du raton-laveur pour concocter de puissants remèdes et cataplasmes qu'il confiait ensuite aux baptistrels, médecins et mages médicaux qui œuvraient dans la tente. Aux heures les plus chaudes, il battait en retraite dans la tente qui lui était allouée afin de se reposer, manger et méditer. Il ne rechignait pas à recevoir des visites pendant ces périodes, mais elles devaient avoir une raison précise autre que le badinage. Bien sûr, ni Aldaron, ni Ivanyr étaient soumis à cette règle tacite car le graärh se plaisait toujours en leur présence et ce, malgré les incidents survenus quelques jours plus tôt. Lorsque la température baissait, Purnendu s'en allait prendre un bain et brossait sa fourrure avant d'enfiler une tenue légère malgré la saison. Son épais poil ne souffrait pas du froid, du moins pas celui auquel il se confronterait sur cette île. La chaleur, la sueur et les parasites lui étaient bien plus nocifs et il n'était pas rare de voir le fauve cendré venir tresser des feuilles de citronnelles dans sa crinière.

En fin d'après midi, il effectuait généralement une seconde sortie dans les bois épais pour aller chercher quelques fruits tardifs, noix fraîches et racines juteuses. Il préparait ensuite un gruaux au lait de brebis, puis agrémenté de miel et des ingrédients de sa récolte du jour avant de s'en aller vers l'immense tente de l'hospice. C'était là que les infirmières étendaient les linges bouillis et stérilisés, là que les plantes médicinales étaient séchées et surtout là que les orphelins passaient le plus clair de leur temps. Ils souffraient pour beaucoup de fractures, d'amputations et d'autres blessures aussi impressionnantes que saisissantes pour des corps aussi petits et fragiles. C'était justement cette fragilité qui avait joué contre eux dans cet incident, mais le traumatisme le plus lourd était la perte de leurs parents, la destruction de leur maison et l'oublie progressif du goût de leur vie d'antan ; simple et insouciante. Alors Purnendu les avait pris sous son aile et passait plusieurs heures à leurs côtés. Il leur donnait le gruaux en collation sucrée, puis s'asseyait avec eux pour jouer les grosses peluches. Avec sa fourrure propre et bien brossée, il ravissait les enfants qui se blottissaient contre lui et jouaient avec sa longue queue pour y accrocher rubans et grelots avec quelques rires encore timides.

Il leur racontait principalement des histoires, des légendes ou simplement décrivait les grandes étendues d'ailleurs. Par tous les moyens, il tentait de les distraire de leur misère et offrait finalement une ronronthérapie groupée, accueillant les petits dans ses pattes pour un grand câlin. Il les berçait et faisait leur toilette à grands coups de langue. Pour certains, il changeait leur bandages, aidait à ressouder des os ou à calmer des souffrances physiques. Son sort unique accélérait quant à lui la régénération des corps fatigués, mais aussi le repos des jeunes esprits. Lorsqu'ils s'endormaient, il les veillait alors tendrement et révisait pour sa part les connaissances obtenues grâce aux autres médecins stationnés à Cordont. Enfin, quand le soleil déclinait, il commençait à rapporter les enfants dans leur tente et les bordait avant de retourner vaquer à ses propres affaires. Il y avait toujours Ivanyr à surveiller et le Bourgmestre à épauler psychologiquement. Il le sentait à bout de nerfs, usé par une vie qui ne lui avait probablement jamais convenue et qui, aujourd'hui plus que jamais, lui pesait énormément. Alors il l'écoutait, prenait le rôle de confident et orientait ses doutes et ses hésitations vers d'autres voies, d'autres choix. Il ne savait pas si cela ferait la différence au final, mais prêter une ou deux paires d'oreilles ne faisait jamais de tort.

En ce matin brumeux, la routine avait été la même. Le gruaux fumait encore dans le plat qu'il transportait depuis sa tente jusqu'à l'arrière de l'hospice. Sa haute silhouette ne passait pas inaperçue, que cela soit à cause de sa fourrure de cendre ou sa taille et carrure impressionnantes. Surveillant ses pas, il mit quelques secondes à réaliser qu'une paire d'yeux le fixait avec insistance et finit par relever la truffe en direction d'une fine et délicate silhouette. Il dressa les oreilles puis esquissa l'ombre d'un sourire qui se voulait engageant, veillant à ne pas montrer ses crocs dans le retroussement de ses babines. Il s'agissait d'une femelle assez jeune, à peine formée à l'âge adulte si il se référait à ses lectures sur l'anatomie humaine. Car c'était bien ce qu'elle était : une humaine. Des cheveux blond, une peau de pêche et des yeux bleus. Le vent ne soufflait pas en sa faveur, il ne pouvait donc pas capter son parfum unique, véritable empreinte olfactive pour ceux de sa race. Alors Purnendu se contenta de pencher la tête de côté, la détailla avec grande attention avant de fixer un moment la tente d'Hospice, puis de revenir à elle. De sa voix profonde et ronronnante, il l'interpella :

« - Tu as faim ? Alors viens, il y en aura assez pour tout le monde. »

Ses habits semblaient d'excellente facture et il ne voyait aucune blessure physique sur son être. Cependant, l'on ne pouvait pas leurrer le graärh qui voyait dans les yeux doux de la petite humaine un trouble profond et beaucoup de tristesse. Avait-elle perdue des proches ? C'était très probable vu les circonstances sinistres de Cordont. Et quand bien même elle n'était pas orpheline ou en deuil ! Si un cœur soupirait, il ne pouvait pas feindre l'ignorance. Avec ce sourire indéfinissable aux lèvres, il l'invita encore à l'approcher, puis à l'accompagner vers l'arrière de l'immense tente.

« - Aujourd'hui, j'ai trouvé des noisettes et des mûres. Elles sont tardives et un peu acide, mais avec du miel, je suis sûr qu'elles seront appréciées par les enfants. »

Très content de sa trouvaille, sa longue queue angora ondoyait dans son dos à la façon d'un point d'interrogation indolent.

« - Les feuilles sont déjà en train de sécher, je pourrais m'en servir pour faire de puissantes infusions contre les maux de gorges ou les débuts de diarrhées. Avec le froid, vous autres humains avez tendances à développer ce genre de syndromes... quelle idée de ne pas avoir fais pousser plus de fourrure sur vous. »

Taquin, il lui fit un clin d’œil avant de se courber pour passer sous les grands cordages qui servaient à étendre le linge. Aujourd'hui, ils étaient pratiquement vides et le fauve songea à les transformer en aire de jeu lorsqu'ils auront terminé leur repas.

« - Oh d'ailleurs, je m'appelle Purnendu. Je suis un guérisseur. Enchanté de faire ta connaissance, sona batan (1). »

* * * * *
(1) Sona batan : Bouton d'or.


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Re: Venez danser la graärh-andole [PV Luna]

le Mar 14 Aoû - 21:10
Luna avait quitté de bonnes heures sa tente, car des rêves agités avaient su la tirer de son sommeil. Même si ce n’était qu’un songe, le cauchemar n’était pas si irréel que cela. Il suffisait de sortir de sa tente pour découvrir un paysage dévasté. Il n’y avait plus les corps qui jonchaient un peu partout, mais le souvenir était là. Les recherches n’étaient pas terminées et sous les débris, on espérait encore trouver des gens vivants… ou même défunts pour leur offrir de nobles funérailles. Un peu plus tard, la dragonnière irait aider à balayer les débris. Mais pour l’instant, elle voulait qu’Alkhytis se repose. Il le méritait.

La jeune femme déambula dans ce qu’il restait de Cordont. Ses azurs accrochèrent les tentes qui servaient d’hospice. L’endroit était tranquille. Avaient-ils besoin d’aide? Elle n’était pas une guérisseuse et elle n’avait pas les talents des Baptistrels, mais elle avait quelques habiletés pour fermer les plaies. Elle apprenait rapidement sinon. Elle ne savait pas trop, mais elle s’avança tout de même. Peut-être pourrait-elle prendre des nouvelles des rescapés?

Elle s’arrêta brusquement et se mit à fixer intensément le Graärh sans se rendre compte de son impolitesse. C’est qu’il était grand! Il ne l’intimidait pas. Ce n’est pas de la crainte qu’elle ressentait à son égard, mais plutôt de la curiosité. Concrètement, elle n’avait jamais cotoyé les premiers habitants de Tiamaranta. Elle détourna le regard, gênée, lorsqu’il la couvrit de ses émeraudes. Mais qu’est-ce qu’il faisait? Il lui souriait! Luna lui répondit par un grand sourire.

- Ah. Euh… Balbutia-t-elle comme réponse.

La faim n’avait su la tirailler durant les derniers jours. Mais oui, elle avait faim quand elle y pensait. Elle ne sut dire non à son offre et se vit le suivre. Elle acquiesça d’un signe de tête quant au miel pour les mûres et les noisettes. Croyait-il qu’elle était une enfant? Elle laissa passer la question en silence.

- J’ai pourtant essayé. Dit-elle.

La princesse des lumières lâcha un petit éclat de rire. Le guérisseur avait su la mettre à son aise par son langage corporel.

- C’est un plaisir de faire votre connaissance, Purnendu. Je m’appelle Luna. Se présenta-t-elle, en ne manquant pas de sourire.

Il parlait particulièrement bien, c’était étonnant. Parlaient-ils tous aussi bien? Il s’était présenté comme guérisseur et cela avait suscité plusieurs questions en elle qu’elle fit taire par politesse. Elle n’avait pas envie de le bombarder de questions. Elle ne s’avança pas non plus sur son propre rôle. Savait-il qu’elle était une princesse sélénienne? Cela avait-il une importance pour lui? Elle ne voulait pas prendre cette chance, surtout qu’elle n’y accordait pas une grande importance elle-même.

L’humaine n’eut pas besoin de se pencher pour passer les cordages. Elle entra dans la tente et découvrit un endroit peuplé de vie : de nombreux enfants, entre cinq et quinze ans selon son premier regard, interagissent entre eux. On lui tendit un bol qu’elle accepta volontiers.

- Merci. Dit-elle doucement.

Il contenait la même chose que celui des enfants, c’est-à-dire du gruau, des fruits et des noix, avec une touche sucrée. Du miel, probablement. Son estomac se mit à danser joyeusement au rythme des cuillère qu’elle prenait. Jamais elle ne prit la peine de se demander si c'était empoisonné.

- C’est succulent. C’est vous qui faites ça? Demanda-t-elle. Je peux vous aider avec quelque chose? S’enquit-elle.


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Re: Venez danser la graärh-andole [PV Luna]

le Sam 18 Aoû - 8:34
Il ne pu s'empêcher de la couver du regard, car elle était adorable à ne pas savoir comment s'exprimer voire se comporter en sa présence. Était-il possible qu'il soit le premier graärh qu'elle rencontre ou bien lui paraissait-il intimidant ? Peut-être était-elle tout simplement timide ? Le fauve cendré espérait de tout coeur qu'il s'agisse de la seconde hypothèse, sans quoi une révision de sa méthode d'approche avec les jeunes bipèdes allait être de mise. Heureusement, l'éclat de rire accompagné d'une réplique pleine d'humour surent apaiser ses craintes et il laissa à son tour filer un roucoulement léger. Si elle gardait un esprit aussi vif, alors ils avaient toutes les chances de très bien s'entendre. S'arrêtant à l'entrée de la tente de toile blanche, il baissa ses yeux d'absinthe sur elle et pencha légèrement la tête de côté en une posture songeuse et intéressée. Devait-il al complimenter pour la mettre à l'aise ? Il ne savait pas si l'approche fonctionnerait, mais cela ne coûtait rien d'essayer.

« - Si tu avais une fourrure de la même couleur que tes cheveux, je suis sûr que beaucoup de mâle se disputeraient tes faveurs. Tu ressembles aux fleurs qui poussent au printemps, sur les champs de cette île. Cette couleur est inhabituelle chez nous. L'on dirait même un petit éclat de soleil tombé du ciel. »

Le ton était léger, voire légèrement amusé alors qu'il tenait le lourd récipient d'un bras afin de tendre l'autre pour soulever l'épaisse toile cirée afin que sa jeune accompagnatrice puisse entrer la première. Il était sincère quant à ses paroles, éprouvant une fascination grandissante pour les cheveux des nouvelles races. Tant de nuances, de textures et de parfums ! Des boucles soyeuses aux longueurs lisses quasiment liquides sous les coussinets... il adorait ça. Avec un soupir, il entra à son tour et contempla l'agitation qui s'offrait immédiatement à eux. L'intérieur de la tente n'était pas bien vaste puisqu'il s'agissait d'une annexe à l'Hospice. Il y avait une quinzaine de lits poussés contre les parois de la tente, oreillers empilés n'importe comment et draps froissés, voire souillés par les plus jeunes qui avaient encore des soucis à passer les nuits sans accidents. Les enfants quant à eux portaient tous le même pyjama en toile simple, parfois trop grands, mais qui avaient le mérite de tenir chaud en cette période transitoire avec l'hiver se renforçant.

Purnendu signala sa présence d'un miaulement enjoué et aussitôt tous les enfants interrompirent leur activité pour se précipiter autour de lui avec des cris et des piaillements excités. Deux petites filles s'accrochèrent à sa longue queue angora afin d'y enfouir leur frimousse avec des gazouillis d'extase alors qu'un garçon prenait de l'élan pour lui sauter sur le dos et s'accrocher à une paire de cornes. Le poids plume de la marmaille ne fit pas broncher l'immense fauve qui se contenta de ronronner distraitement alors qu'il déposait le plat de gruaux sur une table au centre de la petite pièce. Dans un baquet humide du précédent lavage, il y avait une pile de bols et de cuillères en bois que le graärh attrapa au fur et à mesure qu'il effectuait le service. Chaque enfant avait droit à une portion proportionnelle à son âge et donc, par conséquent, à ses besoins nutritifs.

Luna eut droit au même traitement et quand il ne resta plus une goutte de lait dans le plat, Purnendu s'estima satisfait et vint s'asseoir en tailleur à même le sol. Quelques enfants vinrent se percher sur ses cuisses pour s'adosser à son poitrail puissant donc l'épaisse fourrure offrait le meilleur des coussins. Attendrit, il surveillait la petite troupe d'un regard tendre, mais redressa les oreilles quand il entendit la voix douce de l'humaine s'adresser à lui. Un instant surpris par le compliment, il se fendit de ce sourire singulier et pourtant expressif qu'était le retroussement de ses babines.

« - Oui, c'est bien moi qui ait préparé ce repas. Je suis d'ailleurs bien content qu'il te plaise. »

Il avait appris sans mal que la majorité des bipèdes ayant de belles tenues tendaient à favoriser des mets plus délicats et coûteux. Entendre un tel compliment d'une petite femelle aussi propre sur elle revêtait d'autant plus de valeur. Appuyé sur ses deux mains, buste légèrement penché en arrière, le graärh continua de l'observer longuement alors qu'il réfléchissait à sa proposition. Ne la connaissant pas, il ne pouvait pas lui donner n'importe quelle tâche. D'un autre côté, il serait bien injuste de refuser son aide sur ce simple constat. Il lui fallait donc trouver un entre-deux et, irrémédiablement, ses yeux glissèrent sur l'épaisse crinière blonde de Luna avant qu'il ne tourne son regard sur les cheveux emmêlés et sales des petits orphelins. Une idée fit aussitôt jour dans son esprit et il poussa un vague roucoulement satisfait.

« - J'ai bien une tâche à te confier ! »

Il attendit cependant que les enfants finissent leur repas et se leva ensuite pour remettre un peu d'ordre dans les lits. Purnendu veilla à retirer les draps ou les paillasses tâchées et s'assura que tous les enfants se couchent pour faire une sieste réparatrice maintenant qu'ils avaient le ventre bien réchauffés et remplis par le gruaux. Faisant signe à Luna de le suivre à l'extérieur, il tendit les oreilles vers la tente pour s'assurer de n'entendre que des souffles profonds et réguliers, puis s'adressa de nouveau à elle :

« - J'aimerai que tu m'aides à les laver. »

L'air grave, il déposa le linge sale dans un grand baquet de bois ferré, rendu soigneusement imperméable pour servir autant de bain aux enfants que de récipient pour y laver, justement, les tissus.

« - Je ne peux pas m'en charger à cause de mes griffes... et je crois savoir qu'il est mal vu dans vos mœurs que je m'en charge à coups de langue, comme j'aurais instinctivement tendance à le faire. »

Une notion qui lui paraissait totalement absurde puisque le râpeux de sa langue avait autant le mérite de déloger toute saleté et parasites, mais aussi de revigorer le système sanguin et donc la santé du petit ainsi toiletté ! M'enfin, c'était là les coutumes des bipèdes et il n'allait pas les discuter quand bien même ça le chiffonnait en l'état. Avec un soupir, il poursuivit :

« - J'ai aussi entendu des petites sangloter au réveil parce qu'elles n'avaient plus les tresses que leur mère avait l'habitude de leur faire... une chose que je n'ose pas engager, car encore une fois, à je ne voudrais pas les écorcher par inadvertance. Crois-tu pouvoir t'en charger ? J'ai récolté ici et là des bandes de tissus pour décorer leurs cheveux ou les leur attacher... je sais que nos femelles aiment bien s'orner la fourrure de la sorte et j'ai vu des femmes à Caladon qui faisaient pareil. »

Tout en discutant, il avait fais quelques aller et retour au puits communautaire le plus proche afin de remplir une paire de seaux et ainsi mouiller le linge. Accroupit devant le grand baquet, il attrapa une pierre de savon et commença à frotter énergétiquement les zones souillées. Il resta un moment silencieux, songeur avant qu'il ne souffle avec tristesse :

« - Un corps sain aide à restructurer un esprit et seuls les Esprits-Liés savent combien ces pauvres petits en ont besoin ! Se sentir propre et jolie aidera chacune des fillettes qui le désirera. Quant autres petites, je leur apprends à se battre avec les garçons afin de leur rendre un sentiment de contrôle sur leur vie et l'assurance que la prochaine fois, ils ne seront pas de simples victimes passives. »

Il releva le museau vers elle et lui offrit un sourire.

« - Penses-tu pouvoir m'aider avec ça ? »


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Re: Venez danser la graärh-andole [PV Luna]

le Ven 7 Sep - 3:50
- Merci. Répondit Luna.

L’océan se jeta à ses pieds puisque gênée par les compliments du Graärh. Il était définitivement gentil et elle l’appréciait. Elle releva cependant la tête, une lueur maligne glissée dans son regard.

- En fait, j’espère qu’il n’y aura pas de mâles qui voudront se disputer pour moi, sinon ma fleur flamboyante leur donnera un bon coup de pied. Crois-moi quand je te dis qu’il ne faut pas la mettre en colère. Répondit-elle en souriant.

Bien sûr, la métaphore voulait que la fleur flamboyante soit Orfraie, sa fiancée. Luna n’avait aucune idée de la façon que les Graärh acceptaient les relations de même sexe et avait préféré rester vague. S’il advenait qu’elle devienne bonne amie du guérisseur, alors cela deviendrait une autre histoire et cela lui ferait plus que plaisir de le présenter à Orfraie.

Le bourdonnement dans la tente faisait plaisir. Les enfants s’amusaient, ça il n’y avait aucun doute. S’ils pouvaient un peu oublier leurs soucis et les troubles régnant dans le trou qu’était Cordont, alors c’était pour le mieux. La jeune femme eut droit à un bol tout comme chaque enfant. Elle le mangea doucement, essayant de deviner d’où provenaient toutes les saveurs qu’elle goûtait. En tout cas, c’était délicieux et elle ne manqua de le mentionner au chef cuisinier.

Quelle tâche voulait-il lui accorder? Sa curiosité fut bien piqué et Luna le suivit à l’extérieur. Laver les enfants? Pourquoi pas! Elle serait à la hauteur de la tâche. Elle lâcha un petit ricanement lorsqu’elle eut l’image de Purnendu donnant des coups de langue pour laver les enfants. Elle plaqua rapidement ses mains sur sa bouche par peur de faire trop de bruit et de réveiller les petits. Cependant, par la suite, son coeur rata un bond. Le Graärh remarqua-t-il l’inquiétude se glisser dans ses prunelles? Son inconfort apporté par le mot Caladon ne dura qu’une fraction de seconde puisqu’elle préféra penser qu’il n’y avait là aucune machination. Mais était-ce réellement le cas? Loin l’envie de sombrer dans la paranoïa. Elle répondit à son sourire par un grand sourire. Non, Purnendu ne semblait rien avoir de méchant.

- Compte sur moi! S’exclama-t-elle.

Ils avaient installé une bassine à l’extérieur que Luna avait remplie et réchauffée grâce à la magie. L’intimité avait été assurée en accrochant stratégiquement des draps. La princesse des lumières s’empara d’une barre de savon parfumée qu’elle avait dans son sac et chaque enfant eut droit à son tour. Ils eurent tous droits à un bain personnalisé, mêlé de chansons, de petites histoires, de joutes dans les bulles, d’effets lumineux grâce à son sort unique ou de papotages. L’idée était que le moment soit le plus agréable possible et qu’elle fasse mieux connaissance avec les gamins.

S’occuper d’orphelins… Elle en était certainement capable. Cela lui rappelait un peu le temps où elle avait dû s’occuper des orphelins de la bataille de l’Aube Rouge. C’était il y a longtemps, mais elle se rappelait encore clairement les détails. Elle retrouvera ce vieux sentiment de culpabilité d’autrefois. Après tout, c’était en grande partie par sa faute que les ennemis avaient pris l’avantage dans les souterrains. Elle chassa ses vieux souvenirs d’un sourire.

Lorsqu’un enfant ressortait, elle le recouvrait d’une serviette chaude qu’elle avait réchauffée avec sa magie. Elle ne voulait surtout pas qu’ils aient froid. Puis il allait rejoindre Purnendu et un autre ressortait à son tour. Lorsque le tout fut enfin terminé, elle rentra à l’intérieur. Elle se sentait fatiguée, mais cela en valait la peine à voir la tête des enfants qui s’amusaient avec le Graärh. Elle vint s’asseoir à ses côtés.

- J’espère avoir été à la hauteur de tes attentes. Lui murmura-t-elle. Ne t’inquiète pas, ils s’en sortiront très bien. Je crois en eux et ils sont bien entourés.

Les gens pensaient parfois qu’un enfant sans parents n’arriverait à rien de bon, mais ils avaient torts. L’important c’était de bien être entouré et de ce qu’elle voyait, Purnendu faisait bien cela. En matière d’orphelins, Luna connaissait bien le sujet puisqu’elle en était une elle-même.

- Venez que je vous brosse les cheveux! S’exclama-t-elle.

Elle avait pris sa propre brosse dans son sac. Quelques enfants, surtout des filles, venaient à elle pour qu’elle s’occupe de leur chevelure.

- Tu veux bien m’apporter tes bandes de tissus, Purnendu? Demanda-t-elle gentiment.


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Re: Venez danser la graärh-andole [PV Luna]

le Mer 26 Sep - 16:49
L'entendre lui donner son accord soulagea le graärh bien au delà des mots et un soupir échappa à ses babines alors qu'une tension quittait soudainement ses larges épaules. En guise de remerciement, il se contenta de hocher sobrement du chef et se concentra ensuite sur sa tâche. Ne désirant pas délayer une minute de plus la toilette des enfants, il se dépêcha de finir la lessive et utilisa ces mêmes draps afin de créer une zone intime pour le bain des enfants. Bien vite, le linge battait doucement sous la brise, diffusant dans l'air son odeur de savon légèrement aromatisé d'huiles essentielles. Le bac de bois fut vidé, rincé et ré-utilisé pour servir de baignoire improvisée à la petite tribu piaillante et gazouillante d'enfants excités par l'activité qui leur fut proposée à la fin de leur sieste. Purnendu observait l'eau mousseuse et fumante que la jeune humaine avait chauffé à l'aide de sa magie et ne pu s'empêcher d'être légèrement envieux. Une telle capacité serait d'une aide précieuse à Nyn-Tiamat ou même à Néthéril et ce, autant pour stériliser l'eau que pour servir dans la vie de tous les jours... pourrait-il lui demander un enseignement des bases ? Non, ce serait sûrement une gêne pour elle que de devoir s'occuper d'une tâche aussi ingrate. De plus, ils ne se connaissaient pas encore suffisamment pour qu'une telle faveur lui soit accordée et de son côté, qu'aurait-il à lui offrir ? Pas grand chose.

Décidant de mettre de côté ce projet farfelu, Purnendu alla chercher plusieurs serviettes ainsi que toute une pile de vêtements propres pour que les enfants puissent se rhabiller dès leur sortie du bain de sorte à ce qu'ils n'attrapent pas froid. Ces petites créatures étaient dépourvus de la moindre protection ! Quelle idée de venir au monde aussi nu. Le grand fauve s'installa sur un banc de pierre et attendit que les orphelins sortent un à un de la salle d'eau improvisée pour les réceptionner et les enrouler étroitement dans la serviette chaude que Luna leur servait dès qu'ils étaient aussi propre qu'un sou neuf. Il s'occupait alors de les frictionner, puis de sécher leur tignasse et de la leur brosser avant de les aider à s'habiller chaudement. N'ayant que des linges pour le séparer de la jeune femelle et du bac d'eau, il entendait ses chants, ses histoires et entrevoyait les lumières de ses sortilèges. Les enfants quant à eux s'écriaient de joie, riaient et s'extasiaient avant de rechigner à quitter la jolie princesse. Certains firent des caprices, mais il suffisait à Purnendu d'émettre un léger feulement réprobateur pour qu'ils décampent de la salle de bain pour se ruer entre ses pattes et s'excuser pour ne pas être punis. Oh la punition n'était pas bien terrible : tout coupable finissait dans la tente et était privé de jeux ou de câlins pendant une durée déterminée selon la gravité de leur bêtise.

Heureusement, la présence de Luna aida à ne pas créer de conflits pour aujourd'hui et lorsque tous les orphelins furent préparés, Purnendu alla vider l'eau savonneuse du bac et l'étendit à l'envers afin qu'il sèche et qu'aucune colonie de champignon ne s'installe à son tour entre les planches de bois humides. Mains sur les hanches, il observa les enfants qui jouaient à l'intérieur de la tente, cette dernière agréablement chauffée par un brasero apporté entre temps. Ils n'avaient pas grand chose pour se distraire, aussi le graärh veillait-il à occuper leur esprit avec les entraînements en plus de forger leur corps en croissance à une vie plus saine. Lorsque Luna fut à ses côtés, il lui offrit un sourire et posa une large main sur ses cheveux filés d'or pour les lui caresser avec affection.

« - Merci beaucoup. Tu nous as offert bien plus que je ne l'avais demandé. »

Les mots furent lacés d'un ronronnement léger avant qu'il ne se redresse et ne saisisse une sacoche glyphée pour être sans fond. Plongeant la paluche à l'intérieur, il fouilla quelques instants jusqu'à trouver la poignée de rubans dont il avait fais mention un peu plus tôt. Il s'agissait de bandes de tissus un peu froissées aux couleurs variées. Il y avait principalement de la laine et du chanvre, mais aussi un peu de dentelles et même quelques tissus plus précieux. Les petites filles s'extasièrent sur la trouvaille et commencèrent à piocher dedans, puis à se tourner vers la princesse pour réclamer telle ou telle coiffure. Il y avait principalement des demandes de tresses ou de couettes, parfois une simple queue de cheval ou des mèches torsadées sur les tempes pour empêcher la chevelure de gêner leur vision. Un silence paisible tomba sur la tente alors que certains enfants retournaient dormir et que d'autres s'occupaient simplement avec des jouets recyclés et usés. Ceux qui ne pouvaient pas tenir en place étaient en train de courir dehors, criant et riant alors qu'ils étaient plongés dans leur univers d'imagination fertile. Sans hâte, Purnendu observait les petites filles se faire coiffer, captivé par le jeu des mains délicates qui couraient dans les mèches encore humides. La variété de couleurs chez les bipèdes le fascinait toujours autant et ses pupilles se dilataient pour n'être que d'immenses cercles noirs qui ne laissèrent qu'un fin cerceau d'absinthe à leur périphérie.

Un petit tiraillement dans sa fourrure lui fit à peine cille une oreille et il fallu que l'inconfort se reproduise pour qu'il daigne détourner son attention pour se focaliser sur la cause... et ne découvre deux petites femelles qui étaient en train de tresser l'angora de sa queue. Un moment interloqué, il ouvrit la gueule pour leur demander d'arrêter, mais à les voir aussi enthousiastes et émerveillées, il n'osa pas leur enlever ce plaisir innocent. Un soupir échappa à sa truffe alors qu'il ourlait ses babines en un sourire blasé et ne détourne la tête pour faire mine de n'avoir rien vu. Il les entendit glousser et poursuivre leur farce, transformant son appendice en une rangée de petites tresses et torsades. Une autre fillette trouva l'idée géniale et se faufila dans son dos pour attaquer sa crinière dorsale, gazouillant pendant son exercice. Purnendu roula des yeux, mais cette fois encore se contenta de subir en silence l'outrage alors qu'il échangeait un regard résigné avec la jeune princesse. Un moment plus tard, il prenait la parole avec douceur afin de ne pas réveiller les petits qui somnolaient sur leur couchette.

« - Tu nous as beaucoup aidé aujourd'hui. Si tu le souhaites et surtout si tu en as l'occasion : n'hésites pas à revenir. Je ne serais pas toujours là, mais je suis sûr que les enfants adoreront de te revoir. »

Il hésita, puis ajouta :

« - Je ne sais pas ce qu'il faut pour les aider davantage. Mon peuple n'éduque pas les petits comme vous le faites. Cette notion de famille, ce lien viscérale qui cause tant de peine lorsqu'il est rompu ; nous ne le connaissons pas. »

Il tendit une main pour caresser les cheveux d'une enfant qui leva la tête et attrapa de ses petits doigts les griffes mortelles du graärh et sans la moindre crainte, elle se contenta de les enrouler avec un ruban de tissus, comme une protection. Songeur, Purnendu lui abandonna sa main comme il avait abandonné sa fourrure à présent hirsute de tresses maladroites et tordues. Sa voix profonde aux roulements caressants et chauds, n'avait aucune trace d'amertume ou de reproche.

« - Nos femelles choisissent leurs mâles selon des critères bien précis, basés sur leur caste et les besoins de la tribu ainsi que leurs propres goûts. Elles s'occupent des petits jusqu'à leur sevrage, puis c'est au tour du mâle de les récupérer et de les former à leur prochaine vie. Pour information, je n'ai presque aucun souvenir qui me permettrait d'appeler « maman » celle qui m'a engendré et lorsque je l'ai revue des années plus tard, elle ne m'a pas identifié comme étant son « fils », mais comme un membre de la tribu, au même titre que les autres. Quant à mon géniteur, qui m'a élevé pendant presque six ans, est davantage un ami et un mentor qu'autre chose.
Sommes nous réellement des animaux, comme la majorité de votre peuple le pense ? Est-ce que notre manque d'attachement filiale nous desservira sur le long terme ?
 »

Les enfants finirent par s'éparpiller et Purnendu contempla le massacre ingénu dans sa fourrure. Avec un lourd soupir, il fouilla dans sa sacoche afin d'en tirer un peigne en écailles de tortues qu'il commença à passer sur les zones sinistrées pour s'éviter de finir aussi frisé qu'un graärh lié à l'esprit du Mouton. Un vague sourire cynique étira ses babines alors que son regard d'absinthe se lustrait de mélancolie.

« - Lorsque j'ai perdu ma tribu face aux raides vampiriques, j'ai éprouvé de la peine bien sûr, mais surtout énormément de colère et d'indignation... voire un profond sentiment d'impuissance. Malgré l'ampleur du drame, je n'ai jamais ressenti quelque chose d'aussi fort que ces enfants ou que tous les bipèdes qui ont vécu cette catastrophe, ici à Cordont. Lorsque je vois les yeux hagards de certains, rougis de larmes et hantés par le chagrin et les cauchemars, je me demande si la façon dont nous sommes éduqués est un atout ou un inconvénient...
La force que vous tirez de vos valeurs familiales m'ont parfois fais envie, surtout lorsque je vois combien cela vous apporte de la force et alimente vos convictions, mais à côté de cela il y a ce déchirement à la perte d'un être aussi précieux, sans oublier cet l'orgueil des héritiers d'une dynastie qui obtiennent tout le labeur de leurs parents simplement parce qu'ils partagent le même sang et ce, sans jamais avoir fais leurs propres preuves...
 »

Il tressaillit et releva vivement la truffe en direction de la jeune fille, réalisant tout juste qu'il était encore en train de philosopher et probablement de la noyer sous des considérations au mieux ennuyantes et au pire totalement déplacées. Une grimace penaude courba ses babines, laissant voir une seconde paire de canines courbées derrière les premières.

« - Je m'excuse, l'on m'a déjà fais remarqué que j'avais tendance à … philosopher. On peut parler d'autre chose si ça te gêne. Mh... Une idée ? »


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Re: Venez danser la graärh-andole [PV Luna]

le Mer 17 Oct - 1:56
La tâche était loin d’être terminée. Le sourire aux lèvres, Luna regardait les jeunes enfants désormais tout propres s’installer devant elle pour qu’elle crée des chefs d’œuvre dans leur tignasse. C’était majoritairement des fillettes, mais il y avait quelques garçons également. Ceux qui n’étaient pas intéressés s’amusaient à autre chose ou somnolait. Ils avaient choisi leurs rubans avec soin. Cependant, ils se tiraillèrent à savoir qui serait le premier sous les doigts de la princesse.

- Suffit! Si vous continuez comme ça, je ne pourrai faire de tresses à personne. Les menaça-t-elle. Vous aurez tous droit à votre tour, je vous le promets. Finit-elle sur une touche plus douce.

Ils avaient vraiment envie que Luna les coiffe, car ils se calmèrent en quelques secondes. Elle débuta par la dernière enfant qui était passée dans la baignoire. Elle avait de longs cheveux roux qu’elle brossa avec délicatesse pour ne pas les lui tirer. Sa demande spéciale : quelque chose de joli. Elle sourit à la demande qui lui donnait carte blanche. La princesse des lumières n’était pas la coiffeuse la plus douée et n’était pas capable de faire des coiffures extravagantes, mais elle savait se débrouiller. Elle lui fit une couronne en tresses et joignit ses rubans blancs. La gamine parut satisfaite du résultat et la remercia d’une étreinte.

Luna gloussa en même temps que les enfants lorsqu’elle les vit s’attaquer à la fourrure du Graärh. Il fallait bien qu’ils s’occupent en attendant leur tour! Et impossible de leur en vouloir en voyant des étoiles briller dans leurs yeux. Ces enfants étaient définitivement mignons. Comme elle l’avait promis, chaque enfant eut droit à son tour. Larges tresses, petites tresses, chignons, couettes, queues-de-cheval ou simples brossages, elle acquiesça à toutes les demandes.

- Je reviendrai. J’ai eu beaucoup de plaisir. Murmura-t-elle. Luna s’était déjà attachée à toutes ces frimousses. Les enfants seraient-ils heureux de la revoir à quelques reprises? La prochaine fois, je viendrai peut-être avec Alkhytis. Je suis certaine qu’il aimerait ça venir ici. Les gamins seraient sûrement impressionnés de voir un dragon et elle savait déjà que ce dernier prendrait un plaisir fou à s’amuser avec eux. Personne ne semblait d’ailleurs avoir remarqué qu’elle était la princesse sélénienne et dragonnière de cuivre. Ce n’était pas dans ses intentions de le cacher, mais pas plus de le crier sous tous les toits non plus.

Les enfants s’étaient éloignés. La blonde ne put empêcher son sourire moqueur d’apparaître sur ses lèvres.

- Je peux? S’enquit-elle.

Ses doigts délicats se donnèrent comme mission de libérer Purnendu de tous les rubans et ils débutèrent leur travail par ses griffes. Pendant qu’elle s’affairait à retirer les créations des enfants, elle l’écoutait attentivement.

- Je suis désolée… Prononça-t-elle doucement. Ses mots ne ramèneraient pas les morts cependant. Elle n’était pas directement liée aux raides vampiriques, mais si les gens de l’ancien continent n’étaient pas venus à Tiamaranta, rien de tout cela ne se serait produit. Je pense que c’est l’inconnu qui effraie les gens. De base, je dirais que la majorité des gens sont fermés d’esprit. On avait déjà du mal à s’entendre entre humains, elfes et vampires. Ajouter les Graärh, c’est sûr que ça n’aide pas. Je ne vais pas parler pour les autres, mais je pense pas que vous êtes des animaux. Ce n’est pas comme ça que je vous considère en tout cas. Tu philosophes même plus que moi! Dit-elle en ricanant légèrement. Ça ne me gêne pas vraiment. On peut parler pour parler… Je sais pas trop pour le sujet. C'est sûr que j'aimerais mieux te connaître. J'avoue que tu es le premier Graärh à qui je parle réellement.

Luna n’était pas du genre très philosophe. Elle venait d’enlever le dernier ruban sur son dos et lui passait désormais la brosse pour défaire les nœuds qui s’étaient formés. En espérant que ça ne le dérangeait pas et qu’elle ne tirerait pas trop fort sur un nœud récalcitrant.

En tout cas, c’est vrai que la famille est importante pour la plupart d’entre nous. On a besoin de ce sentiment d’appartenance. Mais en réalité, ça n’a pas besoin d’être un lien de sang. Prononça-t-elle. Elle s’assura de baisser le ton pour qu’aucun enfant ne l’entende. Je suis moi-même orpheline. J’ai été dévastée par la mort de mes parents. Mais j’ai eu la chance d’avoir de bonnes personnes pour m’aider. J'ai réussi à passer au travers et j’ai eu quelque sorte une nouvelle famille. D’ailleurs, ces enfants…? Ils vont leur arriver quoi? Qui les prendra en charge, est-ce déjà décidé? Demanda-t-elle.


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