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Teotl Tearrii
Pirate

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le Dim 2 Sep - 20:50

Teotl Tearrii



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Race : Sainnûr
Nom : Tearrii
Prénom : Teotl
Surnom : Hevelorn (verre noir)
Date de naissance : 1462 du 3eme âge – début de l’été
Age réel : 300 ans
Age en apparence : La vingtaine
Lieu de naissance : Royaume elfique
Lieu de vie : Athgalan
Rang social: Noble par adoption
Poste/emploi : Maître d’équipage sur le Maelström (Pirate)

Caractéristiques (Cliquez ici pour les compétences)



Force physique : Moyen
Agilité : Maître
Furtivité : Bon
Réflexes : Très bon
Endurance : Moyen
Résistance : Moyen

Force mentale : Bon
Perception : Très bon
Intelligence : Moyen
Beauté/charisme : Bon
Navigation : Bon
Magie : Médiocre

Epée : Médiocre
Dague et poignards : Moyen
Armes d'hast : Médiocre
Armes contondantes : Médiocre
Hache : Médiocre
Fouet : Très bon
Art du lancer : Médiocre
Bouclier  : Médiocre
Armes de trait : Médiocre
Mains nues/pugilat : Très bon
Equitation : Faible
Dressage : Moyen


Equipement



Bandeau oculaire : Ouvrage étrangement luxueux, en fibres elfiques à la qualité incontestable et d'une bande de cuir retenue par des fermoirs d'iridium. L'ensemble a été teinté par des artisans Althaïen dans une couleur sombre, bordé d'un liseré argenté tranchant dans toute cette noirceur. Un enchantement a été placé sur sa ciselure et habilement intégré dans chaque fibre afin de lui offrir une efficacité maximum.
Glyphe 1 : Sens aguerri – Réparation de la vue

O’ro & Ta’ne (Pestegriffes) : Armes de pugilat, il s'agit d'une paire de griffes d'un noir terni, aux articulations scrupuleusement entretenues mais aux surfaces portant plusieurs éraflures, preuves de l'usage que l'on en a fait. Les griffes viennent courber au-dessous des doigts avec un arc dur et cruel, idéal pour plonger dans la chair et s'y planter profondément, pour infliger de douloureuses blessures difficiles à refermer. Sur chaque phalange des deux gantelets sont gravés les symboles des déesses. Savamment articulées, elles ne gênent pas du tout la capacité de mouvement des mains.
Glyphe 1 : Blessures infectées

Armure d’espion : Armure de cuir ajustée, sombre et intégrale, elle permet de couvrir complètement le corps de la meilleure manière, et ce sans gêner les mouvements. Elle semble avoir été, de base, d'une teinte entre le bleu et le noir, brossée. Le cuir a, depuis, travaillé, portant des rides scrupuleusement nourries, et des éraflures aux poignets et aux jambes. L'enchantement a été placé sur le revers d'une couture intérieure, inatteignable à moins de retirer l'armure. Un vieux sceau à moitié effacé peut encore être deviné sur les épaulières et le torse.
Glyphe 1 : Couleur changeante

Acatl (Fouet) : Long fouet de cuir sombre, au manche fait d'un os poli et gravé avec une dérangeante précision, et orné d'un anneau de vieil argent. Il dispose de trois lanières distinctes chacune pourvue d'une lame à l'extrémité, faites-en mithril. Sur chaque lame est gravée les sceaux de Vie et Mort utilisés dans les anciens rituels classiques.
Glyphe 1 : Attaque élémentaire foudre




Description physique




Sa silhouette souple se découpe avec justesse, toute en muscles nerveux et secs, les épaules puissantes et fières, la taille fine, les jambes fuselées, les poignets mobiles. Il est un athlète, un homme faisant de son corps sa première arme depuis ses plus tendres années. Sa santé physique ne fait aucun doute, et elle lui importe beaucoup. Elle le sert. Ses habits sont des protections pour préserver son outil, des armures, oh légères, pour ne pas le ralentir ou le rendre impotent, il n'a pas besoin de mailles ou de plaque, juste de cuir et de tissu ; de quoi l'aider, le vêtir… Il ne se met pas en valeur par les ornements mais par sa propre force, ses propres efforts, et rien d'autres. Les ornements sont là pour servir un but plus utilitaire mais non moins important : le tenir en vie lorsque son esprit et ses capacités ne le peuvent plus. Sa marche est rapide, vive et alerte, le pas rythmé et cadencé se calquant souvent sur ses pensées, néanmoins suffisamment crispé pour changer d'un moment à l'autre en cas d'agression. Ses gestes sont dénués de douceur, durs et utilitaires mais néanmoins dépourvus d'agressivité, ne dénotant que rarement son état émotionnel mais pouvant le servir en un instant.

De peau sombre, d'un gris clair aux nuances subtiles, un peu plus poudré sur les courbes de son visage racé, un peu plus sombre sur le dessin de sa gorge et sur le torse, Teotl possède cependant une chevelure blanche tout aussi délicatement nuancée. Sous les rayons du soleil, elle semble d'une immaculée d'ossement, ou d'écume, semblable en ceci à celle de son père. Sous les rayons de la lune, elle semble se parer de nuances argentées, ardoises, ou perlées. Il la conserve courte, afin qu'elle ne gêne pas ses combats, mais l'entretient pourtant au mieux lorsqu'il le peut, s'y forçant même à bord malgré le sel et l'eau. De même, il prend soin autant que possible du reste de sa personne malgré les difficultés que la vie maritime imposait. Il présente pourtant de nombreuses cicatrices, beaucoup ornant son corps, bras, jambes, torse, d'autres éraflant la perfection de ses traits. Les plus impressionnantes étaient néanmoins installées autour de sa gorge, de larges marques ayant blanchies la peau sombre, comme deux mains larges entourant le cou pour l'écraser, laissant cette sinistre impression de survivance.

Il est jeune, fort, et de par sa nature elfique, naturellement beau. Les traits ciselés, nobles quoi qu'un peu effilés, sauvages quoi qu'encore quelque peu juvéniles. Son expressivité est en partie impactée par la présence presque constante d'un bandeau de cuir couvrant ses yeux et une partie de son front, elle n'est néanmoins pas inexistante pour autant, plus subtile que ses gestes, parfois invisible sans un bon œil. S'il n'était pas aveugle, Teotl aurait certainement eut les yeux noirs de son père, ou ceux verts de sa mère, mais par un malencontreux accident naturel, le jeune elfe est aveugle, prunelles laiteuses de son incapacité. Privé de la vue par Vie, l'art des glyphes lui a rendu cette capacité plus tardivement. En une ironie certaine, ce glyphe colore ses mires, et pourtant il est condamné à ce que nul ne voit cela, puisqu'à tout jamais, la teinte tant désirée reste dissimulée, son oubli le prix de la vue pour lui. Noir ou Vert ? Nul ne pourrait l'affirmer. Tant qu'il peut tuer, il accepte de porter cette contradiction éhontée.

Corps porteur d'histoire, preuve vivante de ce qu'il a vécu par choix ou par force. Le plus troublant, lorsque l'on ignore les marques ornant son cou, restent l'absence manifeste de pointes à ses oreilles malgré son apparente nature elfique. En effet, le pirate les a coupés au cours de sa jeunesse dans un accès de colère profonde et ravageuse. Le guérisseur s'étant occupé de lui a réussi à rendre à sa peau une apparence normale, et à effacer une grande partie des marques, mais ne put lui faire repousser les pointes, ce qu'il n'aurait de toute façon pas voulu. Pour autant, cela n'enlève rien à un charme bien réel et qui résiste encore à la dure vie à bord d'un navire pirate.

Particularité : les veinules cuivrées apparues suite à l’immaculation suivent d’anciens tatouages présent sur le torse, les bras, le dos et les cuisses, remplaçant l’encre.


Description mentale




Autoritaire : Son éveil à la conscience s'est effectué au sein d'une communauté humaine dont il était partie intégrante et étranger tout à la fois. Son exotisme inhérent et son statut de créature précieuse lui ont donné très jeune un ascendant sur son entourage, auquel il s'est fatalement habitué. Confronté ensuite à un environnement moins innocent et sincère, il a progressivement appris à développer ses propres armes pour conserver un ascendant sur les autres, ayant peu à peu découvert qu'il appréciait l'autorité qu'il pouvait exercer sur autrui. De simple égide charmeuse, Teotl a, avec l'expérience, pu constater nombre d'autres façons d'asseoir son autorité, toutes ou presque ayant trouvé grâce à ses yeux. Sur le Maelström, il est à présent en position de force et se doit justement de faire respecter les ordres du capitaine, devant pour cela se montrer particulièrement autoritaire. L'obligation ne rend la chose que plus agréable. Sentir les autres ployer, par peur, par désir, par intérêt, qu'importe tant que le geste est là, tant que l'esprit se soumet.

Persuasif / Manipulateur : Quiconque veut survivre en ce monde se doit d'être persuasif, mais le goût de la réussite est un encouragement supplémentaire à développer ses compétences en la matière. Le jeune pirate a très tôt été obligé de se montrer capable de… persuader… les autres, d'une façon ou d'une autre. A bord du navire de son père, il se doit de faire obéir l'équipage et de le garder cohérent et capable, si ce n'est efficace. Il est la passerelle entre le maître du navire et les hommes à son service, doit être obéit et respecté par ce ramassis hétéroclite. La persuasion prend souvent l'aspect d'une contrainte physique, ou de l'intimidation mais il n'est pas pour autant incapable d'arriver à ses fins par les mots, la qualité de son entourage présent ne s'y prête pas, tout simplement. Il a déjà eu à faire usage de son esprit finement, par le passé, à plus d’une reprise. Peu importe le moyen, il est prêt à l’utiliser pour s’en sortir et obtenir ce qu’il désir.

Capable / Minutieux / Organisé / Polyvalent : Tant d’adjectif, pour une seule chose, la tenue de son poste. Teotl a, certes, quelque peu poussé les choses pour y accéder, mais il ne le mérite pas moins pour ses compétences et son zèle. Il sait ce qu’il fait et comment il le fait, et ne se laisse jamais faire par les plaintes ou les critiques de l’équipage. Pour autant, il n’est pas non plus sourd à ce qu’il peut entendre et sait accepter les idées nouvelles… quand elles sont intéressantes ! Cela n’est cependant pas récent. Il a acquis cette façon d’être d’abord auprès de sa famille adoptive, puis de ses pairs assassins, dans deux univers miniatures où l’excellence est synonyme de survie. Et il a pour le moment tout intérêt à ce que le Maelstrom ne connaisse pas d’ennuis, surtout pas à cause d’un marin. Bien qu’étant pirate, le jeune elfe aime l’ordre, et exècre la médiocrité, deux traits de caractère qui le pousse à vérifier chaque petite tâche lui étant échu même quand elles sont déléguées, tout en jonglant avec les autres. Il aime être occupé, et sait comment s’arranger au mieux sur un navire.

Courageux / Résolu / Confiant : La peur l’a déjà habité, plus d’une fois, mais il a appris à la maîtriser, à la transformer en une méfiance utile et productive, une motivation supplémentaire plutôt que de se laisser ronger. Ayant forcé sa sensibilité très tôt, il lui arrive néanmoins de se montrer un peu trop péremptoire lorsqu’il a fixé son esprit sur un chemin à suivre. Même la conscience de ce travers ne l’empêche pas d’y tomber parfois. Avoir mené une vie dangereuse pendant plus de deux cents ans lui ont donné confiance en lui, parfois à juste titre et parfois non. S’il ne se jauge pas trop mal au quotidien, il lui arrive comme tout le monde de se tromper. Il pense néanmoins que s’il a survécu jusque-là, ce n’est certainement pas pour rien et il a bien l’intention de continuer, en particulier grâce à ses capacités.

Maître de soi : Teotl a horreur qu’on sache ce qu’il peut penser au fond de lui, ou ce qu’il peut ressentir. Pour lui, c’est toucher à l’âme, une forme d’intimité plus viscérale encore que le sexe, et il ne veut la partager avec personne ou peu s’en faut. Depuis très jeune, il ressentait une gêne profonde à se montrer ouvertement, accentuée par l’incompréhension des autres, les rejets et sa propre incapacité à illustrer clairement et justement ce qui l’habite. Pour ne plus vivre cette souffrance, il a progressivement appris à se contrôler, à ne plus rien laisser paraître, à emmagasiner, à prendre en lui, comme une coquille, et à ne jamais relâcher. Avec qui de toute façon ? Il n’a personne après de qui trouver ce qu’il recherche, et la seule fois où il l’a fait, ce fut une cruelle désillusion. Progressivement, une partie de ce qu’il enfermait a pourrit à l’intérieur, et la conscience aiguë de cette pourriture l’encourage encore davantage à ne pas se montrer. Il veut conserver son masque, la peur de l’inconnue, ou même les réactions naïves des autres lui plaise. Outre tout cela, cependant, il y a également l’objective conscience de savoir que l’émotivité, là où il se trouve, pourrait lui coûter la vie.

Arbitraire : S’il maintient un ordre strict en tant que maître d’équipage, intérieurement il n’en est rien, et cela se ressent. L’équité, c’est bon pour les utopistes. Dès sa prise de poste, il s’est assuré de faire en sorte qu’il n’y en ait pas, de sorte que tous les membres d’équipage doivent se décarcasser pour espérer grapiller quoi que ce soit, lui donnant un levier supplémentaire sur lequel les travailler. Il sait qu’il doit manier cela avec parcimonie mais n’y résiste pas, lorsqu’il sait que cela peut rapporter. En outre, il ne s’agit pas seulement de l’équipage, l’elfe n’ayant jamais eu une énorme objectivité lorsqu’il en vient à sa vie personnelle, et ses affects, même si dissimulés, peuvent flageller certains sans qu’ils ne soient véritablement coupables. Dans cette intimité qu’il maintient, il n’a de comptes à rendre à personne sur la façon dont il voit les autres et peut s’en donner à cœur joie.

Malhonnête / Irrespectueux : Loin d’être du genre à trouver satisfaction dans la pureté morale, et bien davantage dans l’accomplissement de ses désirs, l’elfe ne voit pas pourquoi il devrait s’appliquer à suivre le moindre principe d’honnêteté, en particulier quand il voit combien ceux qui s’y tiennent peuvent être malheureux. Le contraire n’est pas toujours vrai bien sûr, mais au moins ne s’enchaîne -t-il pas loin de toute capacité à changer les choses. Ne s’arrêtant à rien pour permettre son propre confort, y compris en supprimant celui des autres, il n’est pas le moins du monde respectueux de certaines ‘vérités’ incontournables et à ses yeux fortement discutables. La douleur des autres ne l’atteint que de très loin, et une fois sur deux uniquement pour l’intérêt que cela peut produire. Cela ne signifie pas qu’il mentira à tout va, simplement qu’il ne respectera aucune loin ni d’ailleurs aucune forme proche ou lointaine de logique dans ses choix stratégiques.

Rancunier / Violent : Il conserve ses torts, il les rumine, et trouvera le meilleur et le plus jouissif des moyens de se venger, quitte à dépasser tous les cadres moraux pour ça. La morale n’est qu’une chose de plus à violer, et si cela sert le sentiment d’accomplissement qui vient avec le talion, c’est parfait. Chaque fois, c’est un intense sentiment de bien-être, presque euphorique, qui l’envahit, chaud et doux. Œil pour œil et dent pour dent, et il n’a même pas besoin de battre ses adversaires à la loyale, les battre suffit amplement. La violence est un outil, tout comme la duplicité et tout cela reste si contenu, si jugulé lorsqu’il apparaît comme un être normal, régulé, qu’il ne prend que plus de plaisir à tout laisser aller, lorsqu’il porte le coup décisif à sa proie. Celle-ci ne pourra de toute façon rien révéler. Ceux qu’il traque deviennent des réceptacles de ses sentiments étouffés, des autels à la pourriture intérieure qu’il ne peut montrer…

Religieux : Elles ne sont pas mortes, pas vraiment, pense-t-il. Elles sont encore là, dans leurs cycles, leurs empires. Le feu brûle, l’air souffle, la vie se perpétue… Chaque être vivant, chaque occurrence du monde porte une part des déesses, et continuent de perpétuer leur existence, même si elles n’ont plus de consciences individuelles. Tant que le monde sera le monde, elles existeront, avec leurs bons et leurs mauvais aspects. C’est le devoir des créations ici-bas que de l’entretenir. De l’entretenir sous toutes leurs formes, aussi bien bénéfique que maléfique. Peut-être même qu’à terme, cela permettra de leur rendre leur conscience ?

Alignement :Teotl est un être profondément indépendant, répondant avant tout à l’impulsion de ses travers et de ses névroses, de ce que son cerveau, avec ses traumatismes, a construit en une forme de logique et de rationalité qui lui est propre. Il tue, il chasse, il charme et il cherche, tout cela pour aller de l’avant sur sa route tracée par son esprit. Pour autant, il ne se considère pas comme un être maléfique, comme il ne se considère pas comme étant partie d’une nation. La loyauté est une notion très approximative, utilitaire, ou l’est-elle vraiment ? Elle a ussi est guidée par sa propre logique particulière. Ses actions, parfois incohérentes d’un œil extérieur, ont leur réelle explication par sa vision des choses.

Spoiler:

Proposition d'esprits-lié :

Vautour : De base, je comptais de toute façon faire du personnage un anthropophage, même si je ne savais pas à quel degré. Du coup en regardant les esprits-liés pouvant convenir, je me suis dit que dans le pire des cas, cela pouvait venir de son esprit, ou que cela l’ait rapproché de cet esprit en particulier. Cela aurait permis de lier les deux choses ensembles. Pour le côté opportuniste, il l’a été tout au long de sa vie et son statut actuel de pirate l’y encourage encore davantage. Je sais que l’esprit est un peu dur, en particulier au niveau trois, mais c’est justement le challenge que je trouve intéressant et qui lui donne un côté unique. Ça me permet aussi de faire un pendant plus sale encore au côté lisse et propre qu’il essaye de montrer de prime abord, et cela aiderait aussi à instaurer la discipline à bord du navire (si l’équipage a peur de se faire manger, il ne fera pas de bêtises).

Scorpion : Malgré un calme de surface, le personnage n’hésite jamais à se battre et y prend même énormément plaisir. Il n’aura tendance à reculer que si cela ne lui rapporte vraiment rien, pas même du plaisir. De plus, l’esprit illustre bien la symbolique du personnage qui dissimule sa dangerosité (on ne voit pas forcément le dard quand on est face à face) mais qui reste un prédateur prêt à faire du mal, autant pour se défendre que pour attaquer, et qui en plus a tendance à imposer son autorité sur le long terme (métaphore du poison dans les veines qui se propage jusqu’à vaincre le système de la cible). Outre cela, c’est un esprit qui correspondrait assez bien à sa façon de se battre, au corps à corps, le dard étant une arme supplémentaire dont il peut se servir. Enfin, le contrôle du sable serait également un bon atout, allant avec sa touche de subtilité personnelle, et qui pourrait se coupler avec le pouvoir de l’eau de son capitaine.  

Pieuvre : Sa façon de se comporter, de dissimuler ses sentiments réels, voire d’en montrer de faux, peut passer pour une forme de timidité et de pudeur, dans l’idée où il n’aime pas s’exposer, surtout psychologiquement, le voyant comme une forme de faiblesse. Il aime, de plus, se faire oublier dans un coin, et méjuger, y trouvant un avantage que ce soit pour obtenir ce qu’il veut ou pour combattre, et a longtemps eut besoin de furtivité pour se sortir de situations délicates. L’esprit-lié de la pieuvre pourrait donc se retrouver dans ces deux aspects de sa personne, qui lui restent même aujourd’hui. C’est aussi un esprit marin, qui correspondrait bien avec son lien avec l’océan puisqu’il est pirate/marin et qu’il a vécu près de l’eau depuis qu’il est enfant. Enfin… ben poulpe.

Sauterelle : Esprit lié au temps et au déplacement, il pourrait être un bon compagnon pour le personnage. D’un point de vue psychologique, il correspondrait à l’appétence pour les voyages, mais aussi au goût pour la liberté, en particulier physique, que possède l’elfe. De plus, en temps qu’aveugle, au départ, la maîtrise de son environnement est encore plus importante, puisqu’il était privé d’un sens, et même s’il possède un glyphe pour y pallier, cela lui ait resté, or justement, la sauterelle permet de se déplacer dans l’espace autours de soi, le contrôlant donc davantage. Techniquement parlant, ce serait un ajout intéressant pour sa façon de combattre, augmentant encore sa mobilité et sa capacité à circonvenir son adversaire. Cela peut également être très utile lors des abordages.

Antilope : Même s’il mène une vie de forban, il n’en reste pas moins très adepte d’une certaine forme d’hygiène, et a pris grand soin de sa personne, tout au long de sa vie, même dans les pires moments. Depuis qu’il est enfant, sa beauté lui a toujours servit pour se faire accepter et servir, surtout par les humains, et il en est venue à la considérer comme une arme au même titre que ses poings ou son fouet. Plus jeune, il réussissait à entrer dans certains lieux, ou obtenir certaines choses, par son charme, mais au contraire de son père, qui est un exemple de charisme, dans son cas, il s’agit de quelque chose de matériel avant tout, le charisme n’étant pas inné. Son côté opportuniste le poussant à ne pas cracher sur les moyens, quels qu’ils soient, pour avoir ce qu’il veut, il a même déjà servi comme pot de fleur et garçon de compagnie juste pour entrer quelque part. Enfin, cela aiderait le côté bien propre de prime abord qu’il veut donner, son masque de mouton pour dissimuler ce qui est laid en dessous.





Histoire




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Liens




Ethuen Amloth [Fille]
Son premier enfant, qu’il a élevé et avec lequel il entretenait une relation destructrice et dominatrice jusqu’à ce qu’elle lui échappe, récupérée par un maître Baptistrel. Aujourd’hui, ils ont renoué, bien que tous deux aient encore du mal à se placer l’un par rapport à l’autre. Elle connait ses crimes et ses travers et pourtant voudrait le faire changer, lui accorder sa chance. Lui a des idées moins aimables à son égard. Il veut d’abord la reprendre totalement dans ses filets, même si cela doit prendre du temps et des efforts pour l’éloigner de ses maîtres… elle est à lui après tout, elle EST lui après tout…

Merwyn Amloth [Gendre]
Un marin océanide. Il l’a rencontré une fois au sein du Domaine et ne sait pas encore s’il doit rire ou s’irriter de lui, surtout maintenant qu’il s’est fait pirate. Probablement devra-t-il mourir puisqu’il retient sa fille.

Calion Amloth [Petit-fils]
Son petit-fils, utilisé par Ethuen comme argument pour essayer d’adoucir un père amer et prédateur. Teotl attend de savoir s’il présente des signes probants d’humanité avant de se décider sur son sort. Il pourrait être un outil pour convaincre sa fille de revenir à lui, et un nouveau sujet d’expérience. Ou bien il pourrait commencer à l’apprécier. C’est en le voyant pour la première fois que l’aveugle s’est rendu compte que l’absence de son propre père lui pesait encore cruellement. La révélation l’a frappé de plein fouet aussi conserve-t-il également un souvenir vivace de cette petite chose.

Nathaniel Eärendil [Père]
Son père. Il l’a enfin retrouvé, et s’est engagé à bord de son bâtiment. Pour autant, Teotl ne lui a encore rien révélé, alors même que pendant des années, l’ombre de cet elfe lui a pesé et à été à l’origine de bon nombre de ses souffrances et de ses actions. C’est en partie la peur qui le retient, mais surtout l’esprit de calcule. Il veut faire de cette révélation une chose importante, et pas simplement une information lancée à la cantonade. Il attend donc le bon moment et espère pour leur bien à tous deux qu’il ne le rejettera pas comme sa mère l’a fait.  

Valmys Neolenn [Proie]
Il avait commencé à s’attacher le petit Enwr quand celui-ci était prisonnier sur le Maelstrom et n’a pas eut le temps de terminer. L’autre s’est échappé, le frustrant affreusement. S’il remet la main dessus, il ne le laissera pas s’en tirer sans lui donner ce qu’il mérite !



Derrière l'écran



Petite présentation : Poulpe-Powa

Particularités rp ? : Toujours les mêmes

Rythme RP ? (Une réponse RP dans les 7 jours est attendue) : Je vais pas redire que je prendrais peu de rps, personne va me croire là XD

Comment avez-vous découvert le forum ? : Alda-ronron

Avez vous signé le règlement ? : Oui M’dame !





Dernière édition par Teotl Tearrii le Mar 11 Sep - 9:56, édité 1 fois
Teotl Tearrii
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le Dim 2 Sep - 20:52

Histoire



1 – Don d’Océan

Il n’était nullement désiré, enfant issu du viol de la plus profonde intimité, père gredin vite envolé, jamais attrapé pour ses méfaits, mère profondément choquée chez qui le désir maternel n’était pas destiné à s’éveiller. La seule vue du nourrisson l’emplissait d’effroi, un second viol après le premier, porter de force la descendance d’une vicieuse engeance qui n’aurait jamais dû pouvoir perdurer. Forcer la douce âme à élever une chose dans laquelle se tapissait sans doute la même corruption que celle qui avait germée chez cette chose perdue, aux étendues abandonnées. Devoir craindre chaque jour durant la ressemblance, physique comme mentale, entre l’être en croissance et ce dégénéré. Le royaume en deuil pour cette enfant trop vite grandie, souillée par un monde méprisé, acceptant l’impensable, l’abandon de cette petite étincelle de vie qui jamais n’aurait dû être créée. Seule courtoisie, glacée, de la part de cette famille outragée, aucun nom, pas même insultant, pour condamner le rejeton qu’ils exilaient loin du royaume, l’offrant à la vie dont son géniteur était venu, cet extérieur insupportable de barbarie et de violence innée. L’enfant fut confié à une famille Lyssienne, amie du royaume elfique, suffisamment riche pour convenir aux exigences de ces êtres sylvains, et suffisamment contrôlable pour s’assurer que l’enfant n’approche jamais de ceux dont on souhaitait l’éloigner. Une famille noble, comprenant parfaitement les enjeux et l’attente à l’adoption d’un nouveau-né elfique et douée d’une compréhension et d’une finesse certaines pour le circonvenir le moment venu.

Les Tearrii se portèrent volontaires, seigneurs de la Vagabonde, dirigeant un quartier flottant complet, à quelques distances de la côte du vieux continent dont on distinguait la silhouette du bout des navires et des gréements effilés. Vieille lignée reconnue par le royaume elfique, navigateurs sur les mers du destin, ces eaux mystérieuses dont on rêvait les horizons lointains. Ils ne voyaient pourtant pas en lui ce que cette mère éplorée avait distingué, considérant le précieux poupon pour ce qu’il était, un enfant, délicat et magique, précieux et singulier, un de ces rares enfants elfiques, et portant, avec le respect, l’incompréhension d’un geste dicté par une douleur profonde mais non partagée. Ils le baptisèrent selon les croyances de leur ville bien aimée, le plongeant dans l’eau salée, le laissant être bercé par les vagues et la chanson de l’océan immense, le baignant d’une mémoire ancestrale, celle de l’eau qui capturait les contes aux quatre coins du monde pour les charrier dans les courants, les chuchotant à ceux qui désiraient les entendre de tous leur cœur. Ainsi grandit Teotl, nommé par sa mère adoptive, selon le vernaculaire local, un nom choisit avec attention, et qui, pendant des années, résonna d’une affection sincère et sacrée. Le jeune elfe grandit comme un humain, instruit et éduqué par sa famille, d’abord dans les arts de la mer, navigation et natation, si bien qu’il passa le plus clair de ses premières années dans l’eau, et sur les planches des navires familiaux, apprenant à connaître cet élément qu’il ne pouvait voir, mais qu’il ressentait. Son handicap fut remarqué très tôt mais jamais décrié, on s’en accommodait et Teotl apprit à se passer de ce sens trompeur pour ne garder que les plus fidèles ressentis.

Pour lui l’océan n’avait aucune limite, présent en toute chose, depuis les leçons reçus au vent iodé jusqu’à la vivifiante sensation des courants sur sa peau lorsqu’il s’immergeait. Il vivait avec le son des vagues, apprenait à marcher avec le roulis, reconnaissant le cri des oiseaux marins, et savait d’où le vent venait. Créature délicieuse bien malgré lui, son entourage vivait captivé par sa présence, cette beauté éthérée que l’humanité rêvait, cette grâce par eux inimitable même lorsqu’il peinait, s’attachant et tombant sous sa coupe de la plus innocente des manières : ils s’attachaient. Et par cette affection sincère, tendait à tout lui offrir, considérant que les rigueurs de la vie Lyssienne étaient suffisantes pour enseigner efficacement la discipline souhaitée. Au sein de ce microcosme, Teotl apprit à parler, puis à se battre malgré son handicap, soutenant un tutorat privé afin de ne pas être un poids pour les siens. Il apprit à se contrôler et à survivre dans un milieu dangereux rythmé par les monstrueuses orages, les vents violents et les pièges des courants sous les coques puissantes de leurs montures de bois laqué. La première fois qu’il mit pieds à terre, l’absence de roulis le perturba tellement qu’il ne put marcher sans aide, contraint de réapprendre des gestes simples afin de les ré adapter à cet autre milieu, plus effrayant s’il n’était plus dangereux. Ses sens délicats étaient agressés par les nouveautés, les découvertes, mais il s’entêta, jusqu’à parvenir à se mouvoir dans cet univers de terre stable aussi bien que sur le pont d’un navire. Sa formation se poursuivit avec d’autres tuteurs, à terre, loin du quartier sur lequel sa famille se reposait, et ce jusqu’à une trentaine d’années.

Homme fait selon les critères humains, Teotl se vit remettre une petite portion du quartier flottant sur lequel il devait veiller avec l'aide d'un tuteur particulier, ainsi qu’un présent de la part de ses parents, un bandeau et un glyphe afin de réparer sa vision détraquée. Il avait fallu du temps, en ces années de disette magique, pour trouver un artisan capable d’effectuer pareil ouvrage, mais ils avaient réussi et la reconnaissance du jeune elfe ne fit que croître, sa volonté d’être digne d’eux enflammée par cette gentillesse supplémentaire à laquelle il n’avait pas même rêvé. En cette époque bénie, il n’aspirait alors qu’à vivre aux côtés de ceux qu’il considérait comme sien, sa famille, bien qu’aucun lien de sang ne les liât les uns aux autres. Ceux-ci, ignorant des façons elfiques comme de leur façon d'évoluer le traitait comme un homme humain, bien qu'ils furent conscient de ses traits toujours lisses, de sa jeunesse apparente, éclairée. Il continua de perfectionner ses acquis, y ajoutant, ce semblant de vue regagné, de nouveaux domaines à ses connaissances, abordant lecture et écriture et la navigation par les étoiles… Son corps se renforçait, chaque jour un peu plus, bien qu’il restât incapable de monter sur le dos d’un cheval. Si monture il prenait, c’était un cheval de bois aux crins de tissus immaculés. La mer restait cette compagne privilégiée de ce que les humains ne pouvaient offrir, par leur étroitesse de vie et d’esprit, à son être singulier, perdu entre deux mondes, un esquif ondoyant sur l’océan immense, en se demandant ce qu’il pouvait bien y avoir au large, ailleurs, à un monde de là peut-être, dissimulés derrière les embruns blancs….

2 – Souffle de Feu

Quelle folie. Quelle stupidité. Chaque fois que son esprit regardait en arrière, sur la désolation de son passage, il ne pouvait qu’émettre cette amère pensée, maudissant l’instant où il s’était entiché d’une idée aussi grossière et inepte. Le simple rappel le faisait frémir de rage, et d’indignation blessée, recroquevillé dans un recoin silencieux et vide de la grande forêt elfique, au-delà des barrières protectrices de son peuple de naissance. Seul de légers frissons, émotifs, et son souffle saccadé animaient la forme prostrée sous le poids de l’injustice et du choc émotionnel qu’il vivait. Il avait quitté Lyssa à la mort de ses parents adoptifs, non pour rejeter ces racines maritimes mais pour essayer de renouer également avec celles terrestres. Devenu plus mûre et ayant appris la douleur de sa mère, il avait désiré la rencontrer, ne serait-ce que pour lui montrer qu’il n’avait rien de la corruption de son père, et qu’il espérait qu’à force d’efforts, d’abnégation, il pourrait gagner son estime si ce n’était pas son amour.  Il s’était présenté avec cette requête auprès des gardiens de la grande barrière elfique et ceux-ci avaient accepté qu’il passe et visite, pour la première fois, le royaume qui aurait dû être le sien et ce malgré les souhaits formulés à sa naissance. Voilà qui lui avait donné de l’espoir, l’impression d’être reconnu comme une créature à part entière, et non pas un simple dépositaire de la malfaisance paternelle.

Mais ses espoirs avaient été sommairement exécutés quand il avait enfin fait face à celle qui lui avait donné la vie, et le simple souvenir de l’humiliation qu’il avait reçu, de la haine dans son regard, étaient suffisants pour emplir sa bouche d’un goût de bile et de cendre, pour tordre ses tripes. Il n’était pas seulement déçu, il était six pieds sous terre. Un pan entier de son être venait de s’écrouler, en même temps qu’une part importante de son estime de soi. Il s’était vu touché en plein cœur, son intimité mise à nue devant une femme sans pitié et sans douceur, sans aucune place en elle-même pour un peu de mansuétude, ou même un peu de mesure. Il avait été dépouillé de tout artifice, et de toute forme de protection, de toute forme de paraître pour se conserver. Les mots étaient durs, cruels et vindicatifs, empreints de l’opportunisme de pouvoir cracher sa haine et sa détresse devant un ersatz du bourreau qui avait ruiné sa vie… voilà tout ce qu’il avait eu l’impression d’être, pour elle, un moyen de se défaire d’une part de son fardeau, une chance de porter les coups plutôt que de les recevoir. Son dégoût, son mépris, son ire et son inimité, il avait reçu tout cela en pleine face, mais il avait espéré pouvoir le porter dignement à défaut de voir son rêve se réaliser. Elle ne lui avait même pas laissé cela. Elle ne lui avait rien laissé de ce qu’il croyait posséder d’intégrité et d’acceptation personnelle.

Marqué au fer chauffé à blanc, frappé d’ostracisme sous le venimeux couvert de ne simplement pas approcher de sa génitrice, on ne lui faisait même pas la grâce d’un franc exile, préférant le condamner à de petits coups, accentuant les fêlures de son être jusqu’à ce qu’il craque. Mais il n’avait pas eu la force de s’y confronter, il était parti. Il avait fui, loin de ce traquenard, sans un regard en arrière, s’offrant au silence, la forêt pour seule témoin de sa peine et de sa rage. Mais cela ne lui suffisait pas, cela ne lui permettait pas d’exorciser loin de lui le typhon d’émotions et de souffrance qu’il contenait à grand peine, et qui pulsait de l’intérieur de son cœur et de son âme. Les mots résonnaient encore à ses oreilles, les images défilaient encore devant son regard aveugle, défait du bandeau lui permettant la vue. Les pleurs restaient étranglés dans sa gorge, l’étouffant lentement, l’empoisonnant jusqu’au vertige et à l’irraison. Aucune pensée cohérente ne l’habitait réellement lorsqu’il se redressa lentement, gauchement, comme dans un rêve, la peau engourdie et intolérable tout à la fois. Aucune pensée ne fit jour, tandis qu’il prenait un petit couteau utilitaire dans la besace qu’il avait emporté, et qu’il le portait à la pointe de ses oreilles elfiques. Le contact froid le fit à peine réagir, et un instant plus tard, l’acier mordait la chair tendre et délicate.

Le geste avait été net et définitif, la pointe tomba sans guère de résistance et la douleur mit quelques secondes à planter ses griffes dans son esprit traumatisé et éloigné de la réalité. Quand elle perça, il se plia sur lui-même avec un cri, la respiration emballée, rauque, serrant les dents sur des gémissements de souffrance. Celle-ci ne fit pourtant qu’alimenter sa détermination, sa colère à lui, et il porta la lame à son oreille encore intacte pour lui faire subir le même sort. La mutilation fut ponctuée d’un nouveau cri, plus viscéral encore, un cri à la fois de douleur et de défi. La lame lui échappa, son corps prit de spasmes tressautait tandis qu’il hoquetait et râlait, des sons animaux s’échappant de sa gorge mise au supplice. Une vague de nausée puissante monta, qu’il retint de justesse alors que l’impulsion destructrice de son cerveau reprenait le dessus sur les réactions naturelles de son corps, et il tâtonnât jusqu’à retrouver la lame, s’entaillant la paume dessus sans le vouloir. De nouveau, il porta la lame près de son visage, frôlant les contours des plaies pour essayer d’en déterminer la forme, puis plongeant avec des grondements de bête fauve l’acier dans la chair, taillant lentement dedans pour donner de la rondeur à ses oreilles. Chaque lambeau de viande arrachée à son corps lui tirait des hurlements, le faisant se tordre et se contorsionner, mains couvertes de sang glissant parfois et venant peindre ses dextres, ses bras et ses épaules d’estafilades carmines tandis qu’il taillait avec fièvre. La nausée finit par avoir raison de lui, et il fut contraint de s’arrêter pour vomir, les vertiges bien trop impérieux pour qu’il les combatte encore, même avec toute sa rage.

Il tomba inconscient, le corps encore agité de spasmes grotesques, mais l’âme soudainement plus légère.

3 – Dans les bras de Végétal

Lorsqu’il s’éveilla d’un long coma, Teotl se trouvait dans un lit simple, aux draps d’un blanc cassé, dans une petite pièce humble et bien éclairée, tiède, tandis que, de l’extérieur, lui parvenait les trilles des oiseaux et le bruissement du vent dans les ramures d’arbres hauts. Le jeune elfe mit un temps infini à reprendre réellement conscience, et se laissa reposer là pendant des heures, le spectre de la douleur encore présent, rôdant à la limite de son esprit, avant de l’envahir, se pavanant en territoire conquis. Se tournant sur le flanc, l’aveugle se recroquevilla sur lui-même, corps semblable à l’âme en cet instant, laissant enfin échapper les larmes qui, jusqu’alors, n’avaient pas réussi à se libérer. Il pleura jusqu’à se sentir vide, creux et seulement alors l’idée lui vint de chercher à savoir où il se trouvait et ce qui était advenu depuis le dernier brin de mémoire auquel il se raccrochait. La faiblesse de son corps, néanmoins, l’empêcha de se lever sur le moment, le condamnant à attendre… jusqu’à ce que le maître des lieux se présente devant lui. Ainsi apprit-il que l’hospitalité à laquelle il avait droit était celle des Baptistrels, et que l’être qui l’avait ramené depuis le cœur des bois jusqu’à ce sanctuaire de lumière était un maître chanteterre dont le lien puissant avec la mère universelle lui avait fait ressentir la détresse et la souffrance de cette chandelle de vie perdue en son sein. La forêt toute entière avait été bouleversée par l’horreur que l’aveugle avait perpétré et avait longtemps pleuré, avant qu’il ne commence à l’apaiser par des chants et par des rituels. C’était par la magie de ce maître guérisseur que les terribles dommages avaient pu être pansés, les plaies refermées, le sang restauré, lui évitant ainsi des souffrances inutiles, si ce n’était pire. Pour autant, le chanteterre n’avait pas redonné à ses oreilles leur forme première, jugeant qu’une telle décision devait revenir à l’auteur de ces mutilations. Teotl refusa.

Il avait agi porté par une impulsion qu’il ne savait pas expliquer, et il refusa de même. Savoir qu’il avait réussi ce qu’il désirait accomplir l’emplissait d’un étrange sentiment. Par cet acte, il se détachait de ceux qui l’avait blessé et rejeté, se rapprochant au contraire de ceux dont l’affection l’avait baigné. Être elfe ne signifiait rien pour lui, il ne s’agissait pas de la façon dont il se percevait et se décrivait, tout juste d’un outil dont il pouvait user pour obtenir ce qu’il voulait, à Lyssa. Il refusa également l’aide psychologique que son guérisseur lui proposait, se sentant gêné par la façon dont il désirait l’appréhender. Le souvenir de l’humiliation reçue au sein du royaume elfique par sa mère était encore trop frais et les pouvoirs du maître l’effrayait quelque peu. Pourtant, il ne passa pas moins de cinq ans au sein du domaine, profitant de ce lieu à nul autre pareil, pour se remettre, mais aussi réfléchir et apprendre. N’était-ce pas le centre de la sagesse du continent ? Il aurait été idiot de ne pas en apprendre davantage. En ces lieux, il lu beaucoup, s’appropriant davantage cette capacité qu’il n’avait guère pu travailler les cinquante premières années de sa vie, et il assista à plusieurs tutorats offerts par les maîtres du savoir. Vers la fin de son séjour, il trouva même la force de discuter avec le guérisseur s’étant occupé de l’accouchement de sa mère et de lui, apprit la totalité de l’histoire, avec les détails qu’il avait ignoré jusque-là. Loin d’en vouloir pleinement à son père, bien que le goût de la revanche fût bien présent, il émit le souhait de le rencontrer, avec, informulé, l’envie de voir les choses se passer un peu mieux qu’avec sa mère. De façon générale, il se tenait éloigné des elfes, lorsqu’ils n’étaient pas du Domaine même, ne voyant en ces visiteurs que des importuns et de potentiels ennemis. Il y avait de toute façon bien assez à faire en ces lieux pour qu’il ne ressente pas réellement le besoin d’avoir de la compagnie.

Les souvenirs qu’il conservait encore de la Rhapsodie, des années après, étaient ceux-là. Des souvenirs d’une vie calme, paisible, dénuée d’adversité et de jugement. Quand il refusait quelque chose et que cela ne venait pas contrevenir aux règles, on le laissait faire. Quand il demandait quelque chose, posait une question, il obtenait en général la réponse. C’était un Havre de Lumière, enlacé par Végétal, mais surtout béni par tous les esprits. Il appréciât cet épisode de sa vie pour ce qu’il était, mais savait qu’il n’aurait pas pu durer. Aux prémices de l’automne, cinq ans après son arrivée, il quittât la maison des invités du sanctuaire de l’eau, le sac remplit de vivres et remerciât les maîtres pour leur prévenance à son égard avant de prendre le chemin menant à l’extérieur de la forêt. Il ne revint jamais au Domaine, du moins pas celui-là, mais un autre, à un monde de là.

4 – Porté par Vent

Lyssa lui avait manqué, aussi prit-il la direction de la Vagabonde, pour retrouver sa famille humaine, et pour profiter de cet environnement à nul autre pareil. Bien qu’officiellement membre de la noblesse de cette ville, Teotl gagna sa subsistance par lui-même et se trouvât une place à bord d’un ensemble de navires, travaillant à bord pour le compte d’une famille alliée. La sensation de se trouver en un lieu allié, qu’il contrôlait par la connaissance qu’il en avait, lui permit de retrouver une certaine sérénité. Pendant une vingtaine d’année, Teotl se contenta du plaisir simple de la mer omniprésente et de l’activité innocente de la ville portuaire, seul lien du continent avec l’océan immense. Mais son premier voyage, bien qu’ayant eut une terrible et désastreuse conclusion, avait ouvert un nouvel horizon à ses idées, et il décida finalement de voir à quoi pouvaient ressembler les autres villes. Ayant lu à leur sujet dans les bibliothèques Baptistrales, il décida immédiatement d’écarter Althaïa de ses considérations, puisqu’il s’agissait d’une ville très influencée par les elfes. En revanche Gloria et Elena ainsi qu’Aldaria, l’intéressait énormément. Il commença son périple par cette dernière, s’engageant simplement comme garde d’un convoi marchand afin de rendre la traversée moins périlleuse et plus fructueuse. Arrivé à destination, il ne renouvelât pas son accord et resta sur place pour découvrir la ville. La déception fut bien présente, car malgré une population humaine, on sentait les influences magiques et tout ce qui s’y rapportait. Or, Teotl n’était pas là pour voir des lambeaux ou des imitations de la culture elfique.

Son séjour s’acheva un mois et demi plus tard et il s’engagea de nouveau dans un convoi, cette fois à destination de Gloria. Ce fut là qu’il entra en contact avec un autre monde, qu’il n’avait pas imaginé jusque-là, un monde sous les murailles rutilantes et les pavés bien agencés. Un monde de ruelles sombres, de souterrains et de dangers. Le crime, à Gloria, était florissant, tique grasse et gonflée sur le dos de la bête impériale. Et il était fascinant et révulsant tout à la fois. L’elfe en appris les dangers comme les opportunités, simplement par ce qu’il avait voulu y plonger, non par réel besoin… Les premières années étaient aisées, jamais ennuyantes, à jouer les gardes, ou les accompagnateurs, pourtant ce monde secret lui semblait infiniment plus intéressant, et souvent moins hypocrite. Quelque part, son jugement était peut-être simplement brouillé, orienté, dans les creux secrets et inavouables, par ce qu’il avait pu vivre et entendre. Son père n’était-il pas un bandit ? Faire partie de ce monde-là l’aiderait à le retrouver, sans compter qu’une part involontaire de lui agissait par dépit et conditionnement, car puisqu’être un être digne et correct n’avait pas fonctionné, pourquoi ne pas faire l’inverse, être l’inverse ? Ses errances durèrent plusieurs années, voire dizaines d’années et il approchait des cent ans lorsqu’il obtint un premier coup d’éclat à force de duperies, de force et d’intelligence. Il avait été choisi par le Souffle. Cette guilde criminelle n’était pas simplement imposante et bien connectée, elle était également puissante et pleine de ressources dont il pouvait à présent bénéficier, étant apprenti en son sein.

Tuer ne le dérangeait plus. La première fois avait été difficile, certes, et il avait eut la nausée pendant des jours, mais depuis ? C’était devenu un acte comme un autre. La mort faisait partie du cycle, une des grandes déesses, et elle avait de nombreux aspects. Tuer des humains était facile. Et pourquoi devrait-il avoir des scrupules ? Ils étaient nombreux et se reproduisaient comme des lapins. Non, il n’était pas un humain, mais il n’était pas un elfe non plus. Il était coincé au milieu, en souffrait sans le voir ou l’appréhender réellement. Combien de fois avait-il essayé de trouver une place bien à lui ? Il essayait encore, à vrai dire. Le goût du sang sur sa langue restait, l’impression de la chair molle, cuite, l’odeur de viande grillée… L’idée avait germée aisément. S’il était un entre deux, et s’il ne pouvait et ne voulait pas être un elfe, alors il devait être un humain. L’idée était venue toute seule. Peut-être pouvait-il forcer son humanité ? En s’imprégnant d’eux, jusque dans son essence, peut-être y parviendrait-il ? La viande lui avait fait mal, les premières fois, mais le goût n’avait pas éveillé la révulsion auquel il s’était attendu, tout au plus de la perplexité. Il restait, étrillant cet espoir étrange. Ses instructeurs au sein du Souffle ne le découragèrent pas, aussi s’échina-t-il, alimentant ses théories en un cercle sans fin. Les membres de la guilde n’étaient pas des cœurs tendres, et ils connaissaient les facettes les plus sombres des trois peuples. Là, Teotl rencontra des vampires pour la première fois, créatures dont les idées et l’alimentation ne vinrent qu’étayer ses idées personnelles. Certains l’acceptèrent même aisément.

Dans cet univers désaxé des valeurs communes, il trouva également sa première compagne. Une elfe également en apprentissage avec lequel il s’adjugea le plaisir de la chair. Une elfe qui, après quelques années, s’avéra porter sa descendance. L’apprendre ne lui fit rien, de prime abord, puis, l’idée faisant son chemin, une puissante fascination commença à s’installer : puisque cette nouvelle vie serait de lui, était-il possible qu’elle bénéficie de ses efforts pour devenir un être humain ? Il se montra prévenant, envers la mère, serviable et avenant, dissimulant sa curiosité et son impatience à voir l’enfant naître. Il ne se rendit pas compte à quel point il s’accrochait à l’idée, et tomba de très haut lorsqu’il vit sa fille. Elle était une elfe, une petite chose elfique, pas une humaine, même pas un prototype avancé… Impavide, il resta auprès de cette famille de bric et de broc, ayant bercé sa fille jusqu’à ce qu’elle s’endorme, et ayant abreuvé la mère de même. Seul éveillé dans la pièce, il l’observa un très long moment avant de prendre une décision. Au sein de leur guilde, la disparition d’une apprentie ne prouvait que sa faiblesse, sa non appartenance à leur ordre. Il n’était de toute façon pas même conscient que cela aurait pu être interprété autrement que comme un effort supplémentaire vers son but. Il avait ingéré beaucoup d’essence humaine, mais peut-être manquait-il une étincelle de Vie ? Et il avait entre les mains un réceptacle de Vie encore gorgé de celle-ci, tout juste sacralisé du statut maternel. Il n’aurait pas de meilleure chance…  Tout comme il n’avait eu qu’une chance avec sa mère.

5 – Au cœur de Terre

Elle avait grandi comme lui avait grandi, auprès de l’Océan, à Lyssa la Vagabonde. Sa fille, qu’il ne partageait pas, sur laquelle il veillait étroitement tout en accomplissant ses devoirs au sein du Souffle. Son entourage était particulièrement bien choisi et il ne souffrait absolument aucune déloyauté, dirigeant son minuscule royaume d’une main de fer dans un gant de velours. Le royaume humain était vaste, et désormais, les yeux ouverts, il savait que la pourriture trouvait niche partout, y compris ici, en cette cité qu’il avait vu plus jeune comme un Havre. Mais les activités du Souffle ne se limitaient pas réellement au meurtre, il y avait beaucoup à faire pour maintenir leur toile de l’ombre, leur secte de Mort. Sous couvert de travailler pour une entreprise de négoce, il prenait part à cette gestion au sein de la cellule Lyssienne, qui lui permettait de jouir de la ville presque en paix, et de pratiquer une chasse éparse mais choisie pour ses tentatives. Au fil des années, il s’attarda sous cette bannière jusqu’à s’en lasser. Sa fille, forte d’une quarantaine d’années, commençait à tester les limites de la longe qu’il lui offrait, aussi décida-t-il qu’il était temps d’aller plus loin dans son éducation, et de changer de nid. Il revint à Gloria, avec la bénédiction de ses maîtres, pour y exercer un rôle auprès des cercles plus élitistes de la société humaine. Usant de son charme naturel, il escortait certaines dames de bonne naissance, obtenant un pied à terre dans ce monde-là, même s’il n’avait qu’un rôle d’objet décoratif. L’intérêt était ailleurs.

Sa fille fut prise en charge par le Souffle, modelée sur mesure pour faire partie des porteurs de Mort. Lui-même se chargea de la guider, la gardant sous sa coupe. Elle était redevenue intéressante dès l’instant où il avait supputé que les effets du changement d’essence étaient latents et nécessitaient plus de travail. Pourtant elle n’était pas encore productive, et il s’impatientait. Se contenir devenait plus difficile d’année en année, et ses attentes étrillaient leur relation déjà étrange. Lorsqu’elle atteignit une centaine d’années, il la fit participer dans une nouvelle tentative de création, bien décidé à savoir si toutes ses entreprises avaient enfin porté des fruits. La déception fut cette fois plus grande encore, et seule sa discipline de fer l’empêcha de montrer combien il était en colère en constatant que le nourrisson n’était toujours qu’un elfe. Il ne pouvait pas se permettre de conserver ou de montrer cet échec, par fierté, mais également par un étrange sentiment d’obligation. Pour la première fois depuis longtemps, il n’avait pas une réponse toute faite à sa situation et se retrouva défait de la constatation. Que devait-il faire de cette chose ? Il ne voulait pas la garder, sa fille lui prenait déjà beaucoup trop de son temps, et il ne pouvait clairement pas s’embarrasser d’un nourrisson raté. Il en fit don aux siens, tout simplement et laissa son sort entre les mains de ceux capables de profiter de l’opportunité. Secoué par cet échec, Teotl tenta de se remettre en question, de comprendre ce qui lui manquait.

Pendant des années, il chercha cet oubli, cette erreur qu’il n’avait pas vue et qui gâchait tous ses efforts. Il perdit même sa fille, lorsqu’il lui demanda de se rendre au Domaine Baptistral pour compulser certains ouvrages à sa place. Elle ne revint jamais. Le temps s’étiola, le monde changea. Un beau jour vint une rumeur, de nouveaux dragonniers étaient apparus. Une importante figure humaine vint demander contrat auprès des marchands de Mort, pour éliminer ces figures du passé tout juste revenues parmi les vivants. Une traque lancée, et il participa à la mise à mort de l’humain avec sa bête cuivrée. Pas de première main, et pourtant il en fut témoin. Quelque chose d’étrange se brisa en lui, à cet instant, et il décida de quitter la guilde, bien que cela impliquât de nombreux dangers. Décidé à ne pas faire trop de vagues, il quitta Gloria et retourna à Lyssa une fois de plus, se faisant embaucher auprès d’une paire exilée, dans ses affaires maritimes. Là, il vécut de loin la réapparition des vampires et les sombres années jusqu’à la rébellion de Korentin Kohan. Lyssa s’engageait à son côté, et lui quitta le négoce pour redevenir soldat. Il n’avait plus de temps à consacrer à ses questions d’existence, fut contraint de retrouver un régime qui n’éveillât pas de soupçons. Les grottes dans lesquelles les rebelles se dissimulaient ressemblaient au giron de terre, profondes, secrètes… Le monde était devenu fou. Les repères, les limites n’existaient plus, balayées. Néant, le Voyageur, les Almaréens… La magie ? La magie qui devenait folle, la raison se propageant comme un acide amer. Il avait eut peur, puis il s'était sentit frustré et prit au piège de son propre corps alors que son esprit-lié lui dictait sa conduite sans qu'il le veuille. Pendant un moment, il s'était isolé, espérant parvenir à contrôler le problème, mais sans grands résultats. Alors il avait simplement enduré.

Leur horizon étriqué avait explosé.

6 – Lame de Néant

Les elfes rejoignaient la rébellion, que c’était poétique. La raison sous-jacente le faisait rire, après coup, mais sur l’instant il avait plutôt grincé des dents. La colère n’avait été qu’un feu de paille, pourtant, et désormais il avait une vision très claire de ce qu’il désirait faire. Perdu en mission, après une escarmouche contre les envahisseurs, il savait que la traîne des réfugiés elfiques s'étendait et la rejoignit, de là, il demanda le dernier lieu où sa mère avait été aperçue, et, finalement, après quelques ratés, suivit un groupe d'inquisiteurs almaréens en chasse. Il avait réussi à rejoindre une partie isolée du convoi elfique qui l’intéressait plus que les autres. Il n’avait pas été rejeté ouvertement après tout, il se souvenait encore de la cruelle manière dont on lui avait présenté les choses à l’époque, presque deux cents ans plus tôt… Il était désormais assez fort pour y faire face, pensait-il, si cela lui donnait en fin de compte ce qu’il désirait…. Et il réussit. Paisible, il affronta les flammes, dissimulé, sans se défaire de son calme, se laissant hypnotiser, bercer, par la danse et par la chaleur. Au fond de lui, quelque chose s’apaisa infiniment sans qu’il puisse expliquer de quoi il s’agissait. Silencieux, il tint la conversation à sa mère, pendant tout le temps que dura le bûcher, jusqu’à qu’il ne reste plus que des cendres au vent. Avec elles, il laissa ses anciennes douleurs disparaître, goûtant un étrange état, à demi physique et à demi mental, où son être ne le faisait soudain plus souffrir, où ses pensées n’étaient plus distordues et percluses d’angoisses latentes, des plus ineptes, comme celle de l’ordre, aux plus viscérales, comme ses faiblesses émotives. Ses yeux s’étaient imprimés du spectacle des armures de verre noir se découpant sur fond igné, et le crépitement et le craquement du bois de combustion chantaient toujours à ses oreilles. Groggy, le jeune elfe se releva finalement, et à pieds, rejoignit la côte, laissant le vent marin achever de le porter.

Après coup il revivait son cheminement, pas à pas, depuis la rencontre avec le groupe perdu jusqu’au bucher, s’interrogeant à demi sur ce qu’il avait fait de bien, ce qu’il aurait pu améliorer. Et puis, finalement, toute haine maternelle abandonnée, il laissa le vent charrier le discours mortuaire qu’il lui dédiait. De loin, il pouvait voir la brume de Néant qui dévorait la forêt elfique, d’un côté, de l’autre, la côte menait à Lyssa. Ses pas semblaient, comme son cœur, revenir immanquablement vers cette ville tant aimée, aussi ne résista-t-il pas à l’appel… Aux yeux du monde, il était mort, son existence n’appartenait plus qu’à lui. Il était une bulle d’écume dans une vague, échoué sur la plage. Ce à quoi il ne s’attendait pas, en revanche, c’était à trouver sa seconde fille sur son chemin. Elle était là, grande, farouche, le regard défiant. Depuis combien de temps ne s’étaient-ils pas vus tous les deux ? Elle n’était qu’un nourrisson, à l’époque. Ils combattirent. Le Souffle avait dû l’envoyer à ses trousses, il ne voyait que cela, puisqu’il avait déserté leurs rangs. Il n’obtint pas de confirmation, juste son besoin de revanche et de liberté d’un spectre, comme lui avait pu y aspirer, craché au visage, mais la passion seule ne suffisait simplement pas. La corolle carmine souillait désagréablement le sable pâle. Il la contempla, gisant à terre, sa chevelure sombre étalée autour d’elle comme un suaire. Il se baissa, à genoux près d’elle, ne sachant pas très bien ce qu’il faisait, pourquoi il le faisait, mais le faisant simplement. Il la berça dans ses bras, s’excusant de l’avoir abandonné, lui expliquant ce qu’elle était, pourquoi elle était, et pourquoi il n’avait pas été présent pour elle tout en décidant de son existence.

Il avait été toute sa vie, l’impulsion de son être, aussi bien volontairement, par sa création, qu’involontairement, par le but qu’on lui avait donné et les chaînes qu’on lui avait imposées. Elle rejoignit Mort entre ses bras, et il resta longtemps à la contempler, indécis. La dernière fois qu’il l’avait eu sous les yeux, il n’avait pas su quoi faire d’elle… aujourd’hui il savait exactement, au contraire, comme deux extrêmes inversés, à l’aube et au crépuscule de sa vie. Là où elle avait vécu abandonnée par lui, elle mourrait en étant un avec lui. Son essence retournerait à lui, et il la porterait pour le restant de ses jours. Une part d’elle perdurerait avec lui, pour continuer à exister encore un peu en ce monde. Lorsqu’il eut achevé de l’honorer, il lava le sable sur lequel elle avait reposé, murmurant des prières à Vent, pour emporter son âme, à Océan qui recevait son fluide vital, à Mort pour s’occuper avec tendresse de son être immortel et à Vie de lui promettre une meilleure réincarnation. Il termina par Terre, s’excusant de l’abreuver ainsi en un lieu qui devrait rester pur, et le remercia de lui avoir donné un lieu de départ aussi agréable. Puis, une fois cela fait, il quitta la plage pour reprendre sa route vers Lyssa, bien décidé à y passer au moins quelques jours, si ce n’était pas davantage. Les dernières semaines avaient comporté tant de choses, d’évènements, que vider son esprit de tout pour se laisser bercer par l’eau serait un bienfait incommensurable. Là, il apprit également quelques nouvelles plus problématiques que reposantes. Le Souffle avait été démantelé des mois plus tôt. Quant aux rebelles, une importante armée marchait sur eux, bien décidée à en finir avec cette nuisance au regard de Fabius Kohan et du Prêcheur.  

Il ne se déplaçât pas. Jamais il n’y serait à temps, et de toute façon ? Ce n’était plus sa guerre à lui.

7 – Leg de Mort

C’était ce qu’il s’était dit, que ce n’était pas sa guerre. Et au tout début de la théocratie, il essayait encore de se le dire, vivant entre deux chaises, pour s’assurer un minimum de confort tout en jouant très gros. Il se protégeait avant toute chose, mais en vérité, cela ne pouvait pas durer. Installé à Caladon, Teotl se trouva subitement intégré au protectorat de façon pour le moins stupide. Il espérait trouver son père. On lui avait dit qu’il travaillait pour le marché noir. Alors forcément, il était allé interroger un membre de la Triade ! Ce jour-là, il se sentait si proche de son but qu’il avait quelque peu perdu patience et sens de l’approche. Il y avait néanmoins bien plus gros poisson que lui, dans le panier de la ville marchande, et avant qu’il ne puisse obtenir l’information souhaitée, il fut contraint de fuir en même temps que le lié du saumon. Vu en sa compagnie, les autorités théocratiques le casèrent donc immédiatement chez les infidèles et le Protectorat lui ouvrit les bras pour son salut. Il n’y trouva cependant que la survie, et rien d’autre, se trouvant extrêmement mal à l’aise en ce lieu malgré la présence des Déesses incarnées. La fascination qu’elles exerçaient sur lui était presque aussi grande que celle qu’il avait pour l’essence humaine. Il voulait les voir, baigner dans leur présence et les vénérer comme elles le méritaient… mais l’heure n’était pas aux démonstrations de foi, elle était à une guerre totale et inévitable.

Il combattit avec les autres, saigna avec les autres, mais il le fit sans passion à leur égard, uniquement pour la survie de la liberté et des déesses, et la sienne bien entendu. Lorsque le Tyran tomba, il retourna à Caladon, pour s’y installer, et devint batelier, faisant la navette entre la ville marchande et les petites bourgades Lyssiennes qui se rebâtissaient. De nouveau, il connut la paix, et trouva une latitude renouvelée pour sa recherche d’essence, oubliant pour un temps l’idée de retrouver son père, qu’il avait pourtant cherché durant les heures sombres de la Théocratie, s’attendant d’abord à le voir prospérer sous Vraorg, puis se persuadant de le trouver derrière la barrière puisqu’après tout, le dernier bastion des Déesses n’était pas immense. Il n’avait rien trouvé pourtant, et avec les changements consécutifs à la paix, son attention s’était détournée. Les elfes étaient retranchés dans les montagnes, très loin au Nord, l’Empire humain était définitivement scindé, les vampires… Il pouvait de nouveau se concentrer sur ses propres affaires, sans craindre la survie de ce monde et la destruction de leurs sociétés. N’étant nullement nihiliste, bien que vénérant Néant comme les autres Déesses, Teotl trouvait son compte à voir l’humanité prospérer. C’était un vivier d’opportunités qui lui tendait les bras, et sans la menace du Souffle dans son dos, il pouvait se permettre une certaine tranquillité d’esprit. Pour autant, le monde n’était plus comme avant, les stigmates étaient visibles à l’œil nu, physiques comme psychologiques. Rien ne redeviendrait comme avant, en bien et en mal.

Tous ces évènements terribles, cosmiques, avaient néanmoins soulevés de nombreuses questions, pour tout le monde, chacun à son niveau, et il n’échappait pas à la règle. Teotl s’interrogeait sur les bienfaits que Mort avait porté, et la propre application de cet empire à ses tentatives. Jusque-là, il avait pensé qu’il lui manquait de la Vie, mais peut-être le problème était-il ailleurs ? Peut-être n’était-ce pas différents types de Vie dont il avait besoin, peut-être était-ce au contraire de la Mort dont il requérait le pouvoir. Pourtant, il avait tué, cela n’avait rien changé, et il ne percevait pas d’autres types de Mort que le grand corbeau. Devait-il considérer des nuances, plutôt que des types ? Devait-il épargner une mort violente à ceux destinés à la collecte d’essence ? Les mettre en confiance, les calmer, les amadouer… il savait s’y prendre, il ne restait qu’à essayer. Puis il pourrait user de folie, de plaisir, et d’ignorance, pour peindre une palette complète. L’état de décomposition influençait-il également la chose ? Qu’à cela ne tienne, il fallait essayer. Caladon et ses alentours regorgeait de vie, il n’y avait qu’à se servir en faisant attention. Avec une part de ses réserves, il s’installa un pied à terre dans une crique en bord de mer, pour entretenir son élevage sans perturber l’ordre général. Acquérir un nouvel élément était devenu plus difficile, un défi, les gens avaient pour beaucoup apprit à se battre. Souvent son charme faisant autant sinon plus d’effet que ses poings. Il ne touchait pas aux Lyssiens, appréciant leur compagnie et effectuant parfois des voyages avec eux le long des côtes.

Quand les chimères arrivèrent, Teotl commençait tout juste à réfléchir à prendre une aide pour l’élevage. Il commençait à avoir du mal à jongler entre toutes ses obligations, et ne voulait pas le négliger. Tout cela, néanmoins, passa une fois de plus au second plan, devant la menace terrible venue ravager leurs terres. Lorsqu’il embarqua sur les immenses navires, il ressentait avant tout de la frustration et un intense sentiment d’être prit au piège. Oh il ne négligeait pas la force inextinguible qui voulait leur perte à tous mais… il espérait, sans doute stupidement, qu’elle ne les poursuivrait pas.

8 – Liens de Vie

Trouver sa place dans le nouveau monde s’avérait plus simple et plus compliqué tout à la fois. C’était pour cela qu’il avait tout d’abord décidé de voyager entre les différentes îles, pour les voir, les visiter. Il voulait tout voir de ce nouveau monde qui, peut-être, apporterait de nouvelles expériences et possibilités dans la quête qu’il poursuivait. Approcher les Graarh n’était pas simple et de toute façon il n’appréciait pas trop ces êtres sauvages et animaux. Il ne pensait pas qu’ils pourraient l’aider, puisqu’ils ne pouvaient déjà pas s’aider eux-mêmes contre les vampires ou les humains. Non, en revanche la magie de l’archipel, elle, pourrait peut-être lui servir… Se servant de Caladon comme base d’opérations une fois de plus, il travailla comme batelier une fois encore, ou comme marin, afin de se faciliter les traversées. Or au cours d’un de ses voyages, vers Netheril, il fit une rencontre à laquelle il ne s’attendait pas le moins du monde. Sa première fille, celle qu’il avait élevé comme une tueuse, qu’il avait dompté et contrôlé puis qui lui avait échappé pour disparaître il ne savait où. Il l’avait longtemps cru morte, car après tout de très nombreuses âmes et essences avaient été perdues dans les guerres et catastrophes de l’ancien continent. Mais non, elle avait survécu. La rencontre fut étrange, gênante pour les deux partis. Ils ne savaient guère se parler, et s’adressaient l’un à l’autre comme des étrangers. Elle avait beaucoup changé Ethuen, mais après un jour ou deux, il conçu l’idée de la charmer de nouveau, qu’elle soit sienne de nouveau. Ses efforts portèrent en partie leurs fruits, elle s’ouvrit certes à lui, mais resta adamantine quant à se lier de nouveau à sa personne.

Oui, elle avait bien changé. Lorsqu’il l’avait envoyé au Domaine, dans la forêt elfique, elle avait été captivée par celui-ci et avait trouvé là la place que son cœur désirait. Un désir qui dépassait toutes les entraves et les leçons inculquées jusqu’alors. Elle était devenue apprentie, tout en sachant qu’elle ne serait jamais maître mais la finalité n’était pas là. Guérisseuse, artiste, elle rachetait les morts et les souffrances provoquées, disait-elle avec dans la voix une grande sincérité, une innocence qui ne venait pas de lui. Enwr, elle était, étonnamment, attachée au même maître qui l’avait soigné lui, bien longtemps auparavant, et elle avait apprit son passé, celui qu’il ne lui avait jamais révélé. Cette petite pousse, à la fois sa déception et sa fierté, essayait de le convaincre de voir son existence autrement, voulant lui insuffler ce qui était ses croyances à elle, aux mains salvatrices, allant même jusqu’à risquer lui présenter son propre enfant, son fils à elle, un poupon de quelques mois à peine. Elle était unie à un océanide du royaume elfique. Contrairement à ses souhaits, une idée commença à faire jour dans son esprit, sans qu’il n’en dise rien. Affable d’apparence, il lui proposa de la visiter au Domaine, puisqu’il comptait de toute façon passer du temps à Néthéril afin de découvrir l’île davantage. Elle le connaissait, la méfiance dans son regard était réelle, mais les enseignements des Cawr avaient une plus forte emprise sur eux, et tout le monde pouvait changer, non ? Tout le monde avait droit à une seconde chance. Elle l’introduisit sur les terres de la Rhapsodie, et il ne lui donna aucune raison de se méfier de nouveau. Le but était ailleurs. Et puis, c’était sa fille, son essence partagée. Son autre lui. Elle était Vie là où il était Mort.

De son temps au sein du Domaine, il ne laissa rien filtrer, et les résidents permanents ne divulguaient pas aisément les secrets d’autrui. Lorsqu’il en repartit, c’était avec la promesse de revenir auprès d’Ethuen, mais sans lui dire le fond de ses pensées. Reprenant la mer, il retourna sur Calastin, où le destin avait apparemment décidé de lui faire rencontrer une autre vieille connaissance, bien que plus éloignée de lui que sa fille ne l’était malgré tout ce qui avait pu se passer.  Son ancienne employeuse Lyssienne, pour le compte de laquelle il avait longtemps travaillé. Néanmoins, ce qu’elle apporta à sa connaissance n’avait rien à voir avec ses attentes. La surprise fut aussi réelle que l’impulsion toquée d’y répondre immédiatement. Soudainement, Calastin n’était plus aussi attractive, et il cherchait à tout prix un moyen de s’embarquer pour Athgalan… où il retrouverait enfin son père. Avec les informations tombées entre ses mains, il ne pourrait pas manquer de réussir cette fois-ci. Au cours de sa vie, il avait abandonné plusieurs fois l’idée de le voir face à face, et pourtant chaque fois il y revenait, immanquablement. C’était une porte laissée ouverte dans son passé et il allait enfin pouvoir l’emprunter. L’idée même allégeait quelque chose en lui, comme lorsqu’il avait pu dire adieu à sa mère. Il parvint à la Perfide, et il parvint sur le Maelstrom… il ne lui avait toujours pas dit, qui il était, il attendait son heure, le moment où cela semblerait le mieux, le plus productif. Il voulait être reconnu, mais une part de lui voulait aussi le faire souffrir. Une part de lui voulait s’attacher à lui, une autre voulait le lacérer. Il était son créateur, et son bourreau, mais aussi un espoir de guérir de certaines blessures, un espoir de changement.

9 – A l’Origine

La douleur était réelle. Elle l’avait parcouru comme une marée impossible à stopper. Puis était venue la fièvre, l’impression de brûler de l’intérieur. Était-ce donc là une punition de Feu ? Impossible, pourquoi, et pourquoi maintenant ? Pendant deux heures entières, qui lui parurent une vie complète, il souffrit, son monde transformé en astre igné, toute logique et réflexion perdues. Il ne restait que les sensations terribles qui crispaient son être. Ses lèvres étaient ravagées tant il avait mordu pour ne pas crier, mais chaque parcelle de son être hurlait tout de même, à l’agonie. Il avait fini par perdre connaissance, la tension, la chaleur, la pulsation bien trop absolues pour sa résistance. Lorsqu’il revint à lui, le spectre de la douleur était encore bien présent, une pulsation désagréable dans les muscles alors qu’il tentait de reprendre possession de son entourage. Il n’avait pas compris ce qu’il s’était passé, il n’avait pas non plus compris pourquoi son corps portait à présent des stigmates cuivrés… Il ne comprenait pas, il n’y avait aucune logique à cela et il craignait ce que ça pouvait bien signifier pour lui. Impossible pourtant de changer ses habitudes et hors de question de quitter le navire. Les questions se bousculaient dans sa tête sans aucune réponse, et Teotl maintenait sa façade, se refusant à montrer qu’il s’inquiétait de ce qui avait pu lui arriver. Mais il s’inquiétait. Lui qui avait voulu changer, son souhait n’avait-il pas été exaucé d’une bien étrange manière ? Ou bien était-ce autre chose ?



Dernière édition par Teotl Tearrii le Mar 11 Sep - 10:05, édité 2 fois
Irina Faust
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Teotl Tearrii [TERMINE] Empty Re: Teotl Tearrii [TERMINE]

le Mer 5 Sep - 15:10
Ce sera moi qui vais m'occuper de ta fiche. Je reviens ce soir pour te donner les remarques et autres. Wink


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Teotl Tearrii [TERMINE] Empty Re: Teotl Tearrii [TERMINE]

le Mar 11 Sep - 0:45
Bien. Désolé pour l'attente, mais comme c'est ma première validation de fiche, je voulais faire les choses correctement.
Donc, pour cette validation.:

Caractéristiques:
Il faudrait retirer un rang de Maître dans le lot.
De plus, un Très bon diminué à Bon serait pas mal, mais ce n'est pas obligatoire. A toi de voir pour celui là.

Histoire:
Comment ton personnage retrouve-t-il sa mère pendant sa fuite de la Théocratie? Parce que tu passes d'une fuite à sa mise au bucher. Ce n'est pas clair. Si tu pouvais corriger cela.
Pour le reste, l'histoire est tordue, mais à l'image du personnage, donc rien à redire là dessus. Ou presque. Comment le personnage vit-il la perturbation des Esprits-Liés?


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Firindal
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Teotl Tearrii [TERMINE] Empty Re: Teotl Tearrii [TERMINE]

le Mar 11 Sep - 15:50

Bienvenue sur tes nouvelles terres Invité

Tu as été choisi(e) par l'esprit-lié du scorpion dont tu as  atteint le niveau 3 . Tes compétences ont été validées, tu pourras les faire évoluer tout au long de ton aventure.

Tu peux aussi adresser tes questions ici

Bonne chance pour cette nouvelle aventure qui s'offre à toi !

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