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Deux monstres, un seul est le prédateur. [PV : Teotl Tearrii]

le Dim 16 Sep - 18:50
-> 25 Décembre de l'an 1762

Le vampire avait longuement hésité à mettre les pieds à Athgalan au lieu de rester dans la tranquillité du domaine jusqu'à repartir pour Aerthia. Après tout, au départ, la perfide n'avait rien à lui rapporter, même pire, ce lieu plein de danger avait pour capitaine l'une de ses rivales, Irina Faust, ce lieu était donc le point culminant du réseau d'information de cette dernière et sûrement d'ailleurs, que la princesse vampire saurait très rapidement qu'il avait été ici. Cependant, l'androgyne n'avait guère le loisir d'être lâche, des actions téméraires devaient être entrepris s'il voulait mener à bien ses projets. Ce désir pour le pouvoir, pour le trône et tout ce qu'il y allait de pair avec, cela le dévorait de l'intérieur, il ne pensait qu'à ça... Bien entendu derrière cela, il y avait également une conscience que sa survie en dépendait, il ne voyait dans les projets d'Irina qu'un danger pour le royaume vampirique et par corrélation, pour lui, cette paix fragile et sans intérêt pour Aerthia qu'elle avait imposé, son interdiction de l'esclavage de ces bêtes de Graarh qui mettait en péril l'économie vampire... Sans oublier que la dite princesse était avant tout une des capitaines de la perfide, il ne pouvait pas lui faire confiance et tôt ou tard, elle tenterait de se débarrasser du conseil pour écarter toute menace potentielle.

Par conséquent, Toryné était sortis de son confort habituel, lui qui avait décidé de déposer les armes pour jouir d'une vie de privilège armé seulement de ses mots et de sa beauté, il avait repris la pratique de l'épée, cherchant à réveiller le guerrier qu'il avait été. Étonnamment, le vampire qui pourtant avait montré un intérêt certain pour la magie semblait l'avoir comme délaissé, voir même l'oublié. Personne ne pouvait lui faire remarquer cela, car il n'avait parlé à personne de ses projets, seul Kalza, la capitaine des esclaves avec qui le monstre affamé faisait alliance, pouvaient en avoir l'idée, mais sans en connaître les détails. Autre détail troublant chez le vampire, dont cette fois-ci ce dernier avait pleinement conscience, cette douleur de plus en plus vive qui survenait par moment dans son dos. Cela avait commencé il y a quelques mois, au départ, il n'était question que de simple démangeaison, dont Toryné avait ignoré, refusant de gratter sa peau, de peur d'abîmer sa peau voir même ses ongles, mais aujourd'hui, il se montrait bien plus inquiet.

Il n'avait guère besoin de cela en plus, il allait bientôt mettre sa vie en jeu, ce n'était pas le moment d'avoir une telle gêne. Peut-être devrait-il aller voir un guérisseur ou un apothicaire, mais il se méfiait trop de cette ville pour laisser une personne suffisamment proche de son dos pour qu'elle puisse y planter un surin. Cependant, la perspective d'une dague dans le dos lui semblait presque moins douloureuse que son dos, heureusement que la douleur n'était pas constante, mais d'un autre côté le manque de prévisibilité de cette douleur ne l'arrangeait pas non plus. Porté son vieil uniforme vampirique semblait même être pire, le métal si proche de son corps lui faisait même ressentir une sensation étrange, c'était comme si son dos... poussait l'armure ? C'était impossible, il fallait vraiment qu'il trouve quelqu'un pour l'aider, le risque méritait d'être pris...

Toryné s'adossa contre un mur, comme pour caller son dos et l'empêcher de "pousser", mais cela lui fit surtout grimacer de douleur sur le coup. Le vampire fit de grand effort pour ne pas laisser transparaître davantage la douleur, il avait beau être armé d'une épée et de son armure, un moindre signe de faiblesse pourrait lui être fatal ici. Malgré son attirail militaire, le visage de l'androgyne était parfaitement visible et comme à son habitude maquillée avec élégance, ses lèvres rouges, certes plus sombres qu'à l'habituelle par un certain souci de discrétion, ses paupières assombris pour donner plus de profondeur à son regard, cils longs et d'un noir quelque peu brillant, le tout couronné de sa chevelure parfaitement blanche dont la simple vue montrait la noblesse avec laquelle elle était entretenue, tout comme sa peau, d'une pâleur que certain, dont lui-même, qualifiait de pure. En clair, son visage trahissait sa richesse où du moins une appartenance à un milieu aisé, il remarquait les regards en sa direction, lui qui ne savait aucunement se fondre dans la marée des êtres communs.

Il restait donc le plus digne possible, toujours adossé contre le même mur, attendant désespérément que la douleur ne cesse pour reprendre sa marche, mais restant tout de même sur ses gardes, prêt à dégainer si jamais un passant venait à s'approcher bien trop près de lui. Ce n'était pas la perfide qui aurait raison de lui.
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Re: Deux monstres, un seul est le prédateur. [PV : Teotl Tearrii]

le Mer 26 Sep - 0:26
Perché sur une caisse de bois à demi vermoulue, en équilibre précaire mais non moins gracieux, le pirate se questionnait sur le choix des divinités à l'égard de ses rencontres impromptues. Quelques temps plus tôt c'était Valmys qu'il retrouvait au beau milieu de Caladon, et à présent, voilà que son oiseau blanc réapparaissait inopinément, presque entre ses griffes, alors qu'il ne le cherchait même pas. Non, il ne le cherchait pas. S'il était là, c'était avant tout pour attraper une petite souris qui avait fourré son nez dans des affaires qui n'étaient pas les siennes, et qui risquait de provoquer une série d’événements forts déplaisants pour lui qui n'avait vraiment pas le temps de s'occuper de tout cela pour le moment. Son père lui donnait bien assez à faire, avec ses ambitions et ses rêves de grandeur. Non qu'il le blâma de viser haut, mais cela tendait à demander une certaine détermination et un zèle prompte, autant de qualités particulièrement chronophages pour tout un chacun. Venir se tapir en embuscade ce jour-là lui coûtait déjà beaucoup de liberté, mais il s'y pliait de bonne grâce, tâchant de le voir comme un investissement : moins ses soucis personnelles venaient le déranger, plus efficace il serait pour les usages auxquels on le destinait. Néanmoins, cette rencontre dans une rue sordide, d'une ville sordide, à une heure sordide, avait quelque chose de terriblement attrayant qui ternissait sans mal l'éclat d'une parfaite contenance, d'un esprit purement pragmatique. S'il avait écouté les besoins de l'heure, il l'aurait ignoré, mais quelle bassesse ce serait, que de mépriser ainsi une dame. Ses lippes se pincèrent sur un sourire roué, et en prenant appui sur une main gantée, il se laissa descendre souplement jusqu'au dessus de la tête neigeuse qui se reposait contre un mur suintant d'humidité et de crasse.

Il aurait pu rester là encore un long moment, à l'observer. Il aurait aussi pu l'attraper fermement comme un chaton, l'ayant à sa portée. A la place, sa profonde voix de ténor rythmée vint troubler le silence relatif de l'allée d'une note exotique, emprunte d'une forme d'amusement retenu, une allégresse badine qui tentait de s'assagir, de se discipliner sans tout à fait y parvenir.

«  Quelle délicieuse surprise que celle-ci. Précédemment tu succombais à mon air faussement innocent, aujourd'hui tu foule ma tanière pour y trouver du repos »

La pointe de son dard frôla la peau délicate du cou, menaçant de l'entailler sans le faire, dans un mouvement aussi mortel que vif, joueur et contrôlé.

«  En bon hôte, je me dois de t'obliger, sais-tu… »

Et pourtant, cette chère âme n'avait guère appréciée son hospitalité la dernière fois qu'ils s'étaient croisés tous les deux sur l'ancien continent. Le rappel même lui faisait l'humeur chagrine. Et quand il était d'humeur chagrine, il était également d'humeur meurtrière et malicieuse. Nul doute qu'il en ferait les frais s'il ne s'enfuyait pas dans la seconde, et pourtant, qui disait qu'il le laisserait partir ? Puisqu'il avait le bon goût de lui tomber si proverbialement dans les bras, il serait bien discourtois de dédaigner l'immolé. Sur sa propre trille mentale, il se redressa, sa haute silhouette sombre embrassant les drapés nocturnes de l'allée, s'y fondant aisément, presque indiscernable. Un instant plus tard, le tintement de son dard sur l'acier de l'épée retentissait comme la note d'un clairon fougueux. Sa voix provint de sa droite cette fois, les pieds fermement ancrés das la fange de la Perfide.

«  Que fait une adorable créature telle que toi dans un tel endroit ? Toute plaisanterie mise à part, je doute que ton caractère te pousse à offrir ton essence à mon dessein alors… aurais-tu finalement réussi à trouver la proie que tu m'avais promise ? Non... »

Cette fois, il la sentait sur lui et son pas le rapprocha de l'oiselle, dansant, gracieux, mesuré et félin, lui tournant autours, corps nerveux frémissant, prêt à l'action, tête légèrement penchée, bandeau face à lui. Il huma, une fois, deux fois. Douleur, perturbation. Il le savourait sur sa langue. Quelle surprise cachait donc le plumage blanc de la précieuse volaille ? Sa curiosité enivrée le poussait à en chercher des signes, sur lui, même infimes, quoi que ce fut qui puisse avouer la vérité. De nouveau, sa voix résonna, son vibrato parfait, comme une hypnose lente mais assurée.

«  Dis-moi tout, blanc plumage… tu ne saurais me mentir n'est-ce pas ? Quelle vilaine parure ce serait pour toi et je détesterais devoir racler tes plumes pour te la retirer... »


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Re: Deux monstres, un seul est le prédateur. [PV : Teotl Tearrii]

le Mer 10 Oct - 15:18
Le vampire vivait décidément les plus éprouvants mois de sa vie et son corps et son esprit semblaient peiner à supporter tout cela. Était-ce l’accumulation de tous ses efforts qui se matérialisaient par cette douleur, comme si symboliquement, il portait un fardeau trop lourd sur ses épaules ? Ou plutôt son dos. Ou alors était-ce un empoisonnement, un maléfice envoyer par ses ennemis ? Irina ? Il était certes sur son territoire, mais quand et surtout comment ? L'androgyne pensa immédiatement à ce verre de sang que lui avait offert la capitaine des esclaves. L’avait-elle dupé ? Non, cela n’avait aucun sens, avec lui, elle pouvait obtenir gros, de plus si la Graarh l’aurait voulu, elle aurait pu se débarrasser de lui bien plus rapidement, à moins qu’elle n'envisageait jouer avec lui d'abord…

Cependant, les inquiétudes du vampire allaient devoir attendre, car comme on pouvait s’y attendre à Athglan, d’autres ennuis vinrent à lui. Un bel être, dont les griffes avaient déjà manqué par le passé de le prendre à tout jamais, aveugle créature gracile qui avait su s’approcher de lui sans que Toryné ne puisse le remarquer. Si le cœur du mort avait pu battre, toute la Perfide aurait pu l’entendre tellement, le vampire était apeuré. Il n’avait pas oublié Caladon, alors que Toryné écoulait une vie paisible profitait de la richesse qu’il avait accumulé, flânant et courtisans bourgeois et bourgeoise de la Cité. Toryné avait toujours vu la séduction comme une chasse dont il régnait tel un maître suprême, il dupait de par son apparence, créait la surprise, mais finissait toujours par obtenir ce qu’il désirait, mais un jour, il croisa la route de ce monstre… Le prédateur se retrouva dans le rôle de la proie, l'excitation se transforma en peur et la satisfaction en frustration.

-Cela fait longtemps, en effet… Toryné fit tous les efforts du monde pour garder sa voix naturel et non-fébrile, cependant la peur se laissa tout de même ressentir, sa main sur le pommeau de son épée, son regard évitant… Si dans sa vie le conseiller avait toujours su contrôler son visage et sa méta communication, la situation lui faisait perdre ses moyens. Quelle belle coïncidence n’est-ce pas ? De Caladon à Athgalan… que deviens-tu cher ami ?

Que pouvait-il faire d’autre qu’entamer la conversation comme si de rien n’était ? Il ne pouvait envisager de se battre dans ses conditions, certes la douleur disparaissaient graduellement, mais elle était toujours bien présente dans son dos et cela l’accablaient bien trop pour espérer avoir la moindre chance. De plus, comme l’avait dit son prédateur, il était dans sa “tanière”, alors que lui était seul dans cette ville… “Une proie ?”, effectivement, il avait dû faire cette promesse pour sauver sa vie, s’il avait à l’époque véritablement envisagé de donner ce qu’on lui exigeait, la jalousie de sa fille pour tout être que l’androgyne mordait avait disons… compromis ses plans.

-Avec le temps, les proies se conservent mal disons… et je ne doute pas qu’un être aussi capable que toi ai pu aisément trouver son bonheur sans mon aide, n’est-ce pas ?


Une voix tendre et douce, trahissant une certaine soumission, mais il n’avait guère le choix pour le moment. Celui qu’il pensait encore être un elfe se montrait intrusif, envahissant et menaçant et il ne pouvait rien y faire. “Quant à ma présence ici… on m’a dit qu’Athgalan était un bon endroit pour faire des affaires, pour le moment, je ne suis pas trop déçu”. Il doutait qu’une réponse aussi vague puisse satisfaire son interlocuteur, mais son alliance avec Kalza devait rester le plus secret possible s’il voulait voir ses plans couronnés de succès.

-Et toi, dis moi, que fais tu donc ici ? Pourquoi avoir élu domicile dans un tel endroit ? Il avait de maigre chance pour que cela passe, mais la conversation semblait actuellement sa seule échappatoire.
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Re: Deux monstres, un seul est le prédateur. [PV : Teotl Tearrii]

le Ven 12 Oct - 13:37
L'idée même avec du mérite, lui imposant une certaine fascination alors que sa mire psychique imaginait déjà ce que donnerait le résultat, la sensation sous ses griffes, la chair délicate rompant face à la pression ajustée, la vision du drapé soyeux révélant la chair perlée, carmine en dessous mais surtout l'expression de l'oiseau lorsqu'il la mettrait à nu, la lueur dans ses beaux yeux quand il lui ferait un voile de son derme préservé… Une ébauche de croc vint gratter l'intérieur de sa joue, tandis qu'il jugulait l'inspiration que l'autre susurrait, voulant encore la laisser mûrir peu plutôt que de céder à son impulsion. Une plus ample préparation serait nécessaire pour ne pas insulter la qualité de la chair qu'on lui offrait et gâcher un matériel de premier choix. Il se devait d'être un orfèvre, non un ouvrier de basse extraction. Et pourtant, que les Déesses le garde, c'était si dur que de résister. Quel traitement devrait-il utiliser, pour conserver la douceur et la souplesse de sa peau ? Quel outil choisir pour la coudre ou l'orner de dentelle ? Devrait-il lui appliquer un léger lustre ? Le rouge la complimenterait-il suffisamment ? Sinon, un traitement à l'iode sur la chair dénudée serait nécessaire pour l'assombrir sensiblement. Faudrait-il le mettre en exergue d'autres spécimens pour le rendre véritablement à sa singularité u suffirait-il de l'orner correctement ? Trouver d'autres spécimens de qualité similaire allait s'avérer compliqué, surtout au sein de la Perfide. Il ne devait pas dépasser un certain stade de peur, chez sa proie, autrement la peau risquait de ne pas conserver sa qualité, elle serait probablement trop sèche et ne formerait pas les voiles qu'il espérait obtenir.

Qu'oubliait-il déjà ? Une affaire d'une certaine importance, maintenant, il en était certain, mais qu'était-ce donc ? Le son de cette voix à la soyeuse douceur lui plaisait, elle coulait sur lui comme le fin voile d'un ruisseau pur d'une haute montagne, céleste soulagement lavant ses sens aiguisés et délicats de la crasse de leur entourage. Réceptacle ouvert et malheureux de la discordance extérieure, de la bassesse des instincts d'une ville tournée vers des vices sans ambition et sans imagination, il savourait la qualité de sa voix presque autant que celle de sa chair de lait. Ne serait-il donc pas merveilleux de faire de lui un instrument de musique ? Il serait alors une œuvre sur tous les plans, visuelle comme auditive, un plaisir sensoriel travaillé, véritable œuvre d'art dont il pourrait se rengorger. Le traitement des cordes serait certainement plus délicat que celui de la peau, sauf s'il parvenait à obtenir sa totale collaboration à ce délicieux projet, quant au parfum, il serait le moins compliqué de tous à obtenir, sans aucune fausse modestie, puisqu'il en avait la preuve juste devant lui. Se fendant d'une radieuse expression un bref et éphémère instant, ses griffes bondirent une première fois, vives comme un serpent, inattendues, et pourtant, leur tranchant délicieusement retenu, caressant à peine la soie d'une joue pâle, le pouvoir léchant sans jamais frapper, tant que le fil terrible n'entamait pas ce doux vélin. Il jouait, conscient de son expertise, scellé dans sa volonté taquine de lui faire miroiter ce sort sans jamais le lui infliger. Le défigurer ainsi n'aurait ni sens ni plaisir et il en était pétrit d'envie.

« Je suis ici pour affaire ma chère, tout comme toi »

Le ton était léger, badin, bien qu'il résonna de sa puissante vibration, transformant l'innocence du propos en engouement malicieux. Toryné n'avait pas à savoir les raisons qui le poussait à se percher dans une allée crasseuse et puante de cette ville de misère et de décadence. Non seulement cela ne l'intéresserait sans doute pas, mais en plus cela risquait de nuire à sa qualité.

« Je suis profondément ravi de savoir que tu t'épanouis mais il est bien regrettable que tu le fasses en de tel lieu, ô mon doux lys. Aucune âme charitable n'a donc porté à ton attention que ces ténébreuses ruelles servent au sacrifice de ceux qui s'y perdent ? »

Leurs deux corps se frôlaient par instants, tandis qu'il l'encerclait, caressant sa chevelure soyeuse, suivant le tracé d'une armure qui ne lui seyait pas du tout. Avec tout le respect qu'il avait pour ses succulents appâts, le voir porter une telle cotte était une divine plaisanterie, une occurrence aussi grossière que grotesque. Mieux valait encore qu'elle fut nue plutôt qu'ainsi attifée.

« Vois-tu, la perfide broie les âmes et les essences. Mais elle est également le terreau d'une obscure végétation se repaissant de l'empire de chair et de larmes sous lequel elle croit. Certains ne supportant plus leurs conditions se rendent en de tels lieux, s'offrant à l'appétit de ces phalènes occultées dans l'ombre. Or je ne souffrirais pas qu'une telle splendeur m'échappe ! Ne t'avais-je pas déjà dis être un homme jaloux, mon oiselle ? Pourquoi voudrais-tu donc aiguiser cette jalousie ? »

Il le gratifia d'un sourire affable, sa voix n'ayant pas un instant perdu le ton de la conversation malgré la teneur de ses propos. Sa main se posa fermement sur l'épaule de sa proie délicate, se faisant sentir sans pour autant se faire menaçant. Et pourtant, le tremblement nerveux qui la parcourait avouait sa capacité à se refermer sur lui comme une serre s'il ne faisait pas les bons choix. Non, il ne lui échapperait pas aussi aisément.

« Viens, ne restons donc pas ici… tu n'y trouveras rien de bon et si je dois te dévorer, je préfères le faire dans des draps propres plutôt que dans la fange de cet endroit. Il n'est pas de ton rang ne trouves-tu pas ? Tu préfèreras certainement un peu plus de confort et je suis d'une humeur aussi généreuse que poétique »

Pieu mensonge mais il n'avait pas à le savoir. Pas pour le moment en tout cas. Fermement, mais sans violence, il le fit quitter l'allée, le dirigeant sans grand mal. Tout son être était tendu vers le sien, sa queue de scorpion oscillant derrière eux, venant parfois racler contre le métal de son accoutrement ou accrochant dans les boucles de retenues par simple jeu, et pour tester le poids de tout cela.

« Nous devrions parler de promesses, toi et moi.La tienne n'est pas tenue et je n'aime pas que l'on ne tienne pas ses promesses. Elles n'ont plus aucune substance, par la suite. Plus aucune valeur ! Et quel terrible mal ce serait… Comment pourrais-je affirmer avec sincérité vouloir faire honneur à ta splendeur par la suite ? Cela me forcerait d'autant plus à devoir agir ! Oui certes, il ne resterait alors que les agissements pour prouver ma bonne foi… ou la tienne »

Son sourire sensuel avait un petit quelque chose de tranchant lorsqu'il le lui dédia.

« Laisse moi donc entendre ton agréable trille là-dessus »


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Re: Deux monstres, un seul est le prédateur. [PV : Teotl Tearrii]

le Mer 31 Oct - 3:33
Il se faisait envahir par cette abomination elfique et s’il n’avait su se maîtriser, le vampire aurait hurler dans un mélange de terreur et de dégoût. Teolt était une créature bien singulière, s’il procurait chez le sublime androgyne une peur tenace, cette dernière elle aussi était bien singulière. Elle n’était pas comparable à ce qu’il avait ressenti face au courroux de Keetech, ou même à celle de voir un carreau d’arbalète se planter à quelques centimètres de son visage… Non, cette peur était mêlée à un sentiment dont il n’avait pas l’habitude, quelque chose dont habituellement, il était le maître artisan, le malaise, ce sentiment inconfortable, fils d’ambiguïté. Toryné s’amusait souvent en jouant de cela, de part son apparence androgyne ses interlocuteurs ne savaient pas sur quels pieds dansés… Pour Teolt, c’était cette dualité, entre sa beauté si exotique et la dégénérescence de son esprit, un ignoble piège dont se défaire était compliqué.

À Caladon, le vampire n’avait eu d’autre choix que de se soumettre et de plaidoyer pour sa survie, le hasard des choses avaient voulus qu’il ne puisse remplir sa part du marché en échange de sa survie. Cependant, il n’était plus ce naïf bourgeois Caladonien, prit dans son propre au jeu, il avait survécu à la justice d’un dragon et avait réussi à conclure un accord avec l’une des capitaines de la perfide. Tous ses efforts, pour conquérir le pouvoir n’allait pas s’arrêter pour satisfaire la folie de ce monstre.

-Ta jalousie me prouve la pureté de l’envie qui te consume pour mon être, une créature de mon rang mérite ce qu’il y a de mieux, ne penses-tu pas ?

Une voix d’une douceur affectée avec des pointes de grave, cette soumission n’était que de surface, car son esprit s’afférait déjà à mettre en œuvre un plan d’action pour se débarrasser de l’ignoble envahisseur.

-Une amie à moi aime comparer ce lieu à une rose qui s’élève d’une masse de purin, je pardonne à cette cité d’être encore aussi peu esthétique, elle est jeune et bien sauvageonne encore… en revanche, c’est davantage d’intimité que je voudrais…

Comme à son habitude, ses lèvres et son esprit se dissociaient tout en œuvrant l’un pour l’autre, le trompeur et l’intriguant dans leur danse éternelle auraient aujourd’hui un nouveau compagnon. Face à la dragonne de Quartz, Toryné n’avait aucune arme pour lutter autre que sa perfidie, mais aujourd’hui, ses outils étaient plus nombreux. Certes, il n’avait pas encore recouvré toutes ses capacités militaires d’antan, mais avec associer à celle qu’il avait à acquérir en magie entre temps, il avait les moyens de se défendre.

Un plan venait déjà dans son esprit, rien de véritablement élaboré, mais il n’avait pas le temps de penser à mieux, désormais, il devait attendre le moment opportun. Ironiquement, son attention, intégralement portée sur le monstre, lui faisait presque oublier la douleur qui perforait son dos. Cependant, elle était toujours présente et il ne l’oubliait pas, cette dernière semblait en revanche s’être quelque peu stabilisé et n’avait plus qu’à espérer que cela reste ainsi pour ne pas jouer en sa défaveur.

-Mon trille ? Bien entendu… Aucun autre son ne sortit de sa bouche, ses mains formant un tube, le vampire d’un geste brusque et rapide lança la forme imaginaire en arrière, visant Teolt de la malédiction des chaînes qu’il visualisait dans son esprit. L’androgyne n’espérait qu’une seule chose, que les chaînes retiennent suffisamment longtemps sa cible pour lui laisser le temps de le semer au sein de la Perfide. Il ne tenterait pas de tuer Teolt, le risque était bien trop grand, il ne savait pas si son sort serait suffisamment efficace pour entraver tout les mouvements de l’elfe, une réplique était possible et il ne s’y risquerait pas.

Maintenant, il fallait courir, se rapprocher du territoire de Kalza au maximum, là au moins pourrait-il trouver un semblant d’allier et de protection.
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Re: Deux monstres, un seul est le prédateur. [PV : Teotl Tearrii]

le Dim 4 Nov - 15:06
A l'instant où les chaînes venaient mordre sur le cuir de son armure, la pointe de sa queue venimeuse s'enfonçait dans la chair du vampire, rapide et précise, si vive que la douleur se sentait à peine, et pourtant , dans le système de la blanche colombe la substance paralysant circulait déjà. Avec un sourire en coin, il le regarda courir, sachant que cela ne ferait que faciliter les choses par la suite, sa soudaine fièvre accélérant la course du venin dans le corps froid. Un bas gloussement lui secoua les épaules et il commença à avancer, marchant lentement, sans cesser de combattre les chaînes qui tombèrent finalement quand la forme du vampire s'immobilisa également, tombant au sol sans plus pouvoir bouger, les muscles figés. Avec un soupire nonchalant, il se débarrassa enfin du poids du métal sur ses bras et son torse, s'époussetant avant de rejoindre sans se hâter le lieu où avait chu son oiselle, le pas léger et enjoué, un sourire carnassier venant danser sur ses lippes grises aux sons qui lui parvenait. Ah, les chants dépravés de la Perfide. La vision qui l'attendait ne le surprenait absolument pas, alors qu'au détour d'une rue boueuse, la forme pâle entrait de nouveau dans son champ de vision, souillée de la crasse et de la fange couvrant le sol, entourée de formes tantôt faméliques, tantôt bouffies, débordantes de méchanceté et de lubricité pour cette délicate créature soudainement sans défense entre leurs griffes. L'immaculé s'arrêta à quelques pas du groupe ainsi formé, pile dans le champ de vision du vampire incapable du moindre geste, et croisa les bras, épaule contre une poutre branlante, sans quitter son sourire sauvage et moqueur, narquois. Il ne fallait pas longtemps pour que les doigts noirs de saletés défassent les couches protégeant le corps délicat, que les ongles plein de boue, de peau et d'excréments raclent contre la peau sans défaut. L'incarnation des bas fonds de la ville, de sa pauvreté et de ses vices s'assemblant près d'une proie facile, qui ne pouvait rien faire pour lui échapper. Et lui ? Il attendait. Sa colombe avait besoin d'une petite leçon.

Les minutes s'écoulaient, la paralysie durait… Il avait offert une dose importante au corps de sa douce muse, elle ne pourrait bouger avant un moment. Les raclures se battaient pour la première bouchée de chair fraîche, mais la mêlée de bêtes pourries et parasitées laissa fatalement son lot de rats sur le côté, des rats qui s'adjugèrent un avant-goût pendant que le reste de la fange vomie par la sinistre ville continuait de s'écharper, rendue folle par la perspective de cette revanche sur la vie, la satisfaction d'appétits primaires de leurs esprits primaires. Il laissa faire, souriant plaisamment à sa victime le temps que la masse de chair puante trouve une place confortable entre les cuisses rigides et vienne quémander sa récompense à avoir su se préserver. Le chancre n'alla cependant pas plus loin, s'arquant sur un hoquet et un gargouillis, prit de spasmes tandis qu'une griffe de métal sombre s'abattait sur son épaule et le tirait en arrière, le dard du scorpion sifflant dans l'air, menace à quiconque voudrait s'approcher. Malheureusement, il n'allait pas pouvoir s'en sortir sans en tuer un ou deux de plus, simplement pour prouver que ses menaces étaient belles et bien réelles et qu'il n'hésiterait pas. Contre une victime incapable de se défendre, ils avaient leur chance, contre un tueur, ils n'étaient rien et il devait leur rappeler pourquoi ils en étaient arrivés à vivre comme des rats, en grappillant les miettes laissés par les forts. Contournant la forme salie et étalée sur le sol de son pas dansant, le pirate ne fut que sifflements et sons sourds pendant quelques instants, son silence ponctué par les hurlements de ceux qu'il déchirait de ses griffes. La nuée révoltante s'égaillait rapidement, jamais mue par autre chose que l'instinct de préservation personnel. Aucune forme d'esprit de groupe ou de cohérence. Rien que les esprits de bêtes réduites. Il fut bien vite seul avec sa prise, soupirant doucement dans l'air lourd et fétide du marais.

« Bien… J'ose croire que tu as compris à présent, ma sucrerie »

S'abaissa à croupetons, souplement, il lui caressa les cheveux de ses griffes couvertes de morceaux de chair et encore humide de sang, laissant les macabres décorations se perdre dans les mèches lunaires.

« Fort heureusement, je suis là pour toi, ma colombe, encore magnanime et présent après ta déplorable traîtrise. Ne suis-je pas bon envers toi ? N'es-tu pas reconnaissant ? »

Se redressant, il ramassa les effets de sa petite oiselle, les fourrant dans son sac de cuir, avant de le prendre lui-même dans ses bras et de l'emporter au travers des ruelles. Là, dans son antre, il s'occupa de laver le corps blanc de la souillure qu'il avait subit, les gestes doux et prévenant, s'attachant à rendre sa gloire à sa chevelure, la baignant et la peignant avant de la lui tresser. Il lui avait oint le corps d'une huile, pour empêcher les parasites présents dans la boue et la fange de la Perfide de venir gâter son être. Et tout du long ? Il parlait, d'une voix profonde, vibrante et chantante, empreinte de son accent Lyssien, lui expliquant comment il comptait procéder pour lui confectionner la plus belle robe qui soit. Il faudrait certainement que sa colombe se montre patiente, car il ne la dépècerait que morceau par morceau afin de laisser à son organisme vampirique le temps de se régénérer sans lésions durables. Il savait déjà comment il voulait procéder, les huiles avec lesquelles il allait traiter les pans, les fils de soie qu'il utiliserait pour nouer, les outils pour effectuer la dentelle… Il comptait effectuer un tannage minéral, pour garder toute la souplesse de la peau, puis il la poudrerait et la parfumerait pour qu'elle soit le plus agréable possible. Avec un tel soin, elle serait belle et parfaitement adaptée à la douce créature qu'elle devait orner. Son perfectionnisme ne souffrirait pas de faire moins.

« Après tout... » fit-il en lui caressant une joue, une pointe indéfinissable dans la voix, à la fois affection, cruauté et amusement « Un être de ton rang mérite ce qu'il y a de mieux, et qu'y-a-t-il de mieux que toi ? »

Il eut une inspiration vive et sèche à l'idée et jugula une pulsion qui parcourut tout son corps avec violence, faisant trembler les griffes à quelques centimètres de la peau douce et froide. Cambré, il retint son souffle quelques instants, vibrant de violence, avant de se calmer, et de venir lui caresser le visage pensivement. Se penchant pour pouvoir l'observer, il eut à son égard un sourire permissif, et chassa une mèche venue onduler sur son front.

« Je pourrais aussi faire des fils de tes cheveux, mais j'aurais trop peur qu'ils ne repoussent pas ensuite »

De nouveau, il inspira avec violence, et cette fois, il y avait des crocs de bête dans son sourire, son regard invisible pesant sur lui de haut en bas, sa main meurtrière et son dard caressant la chevelure qui lui plaisait tant. Se détournant, corps crispé, muscles bandés, il alla chercher de quoi l'habiller et revint, l'ornant comme il l'aurait fait d'une poupée, chantonnant un petit air innocent et guilleret qui le suivait depuis son enfance à Lyssa. Lorsqu'il eut achevé son œuvre, il l'observa de nouveau.

« La paralysie ne devrait plus tarder à s'effacer… La dernière dose que je t'ai donné était plus légère. Peut-être que quand tu pourras de nouveau parler du acceptera de me donner une de tes jolies tresses pour t'avoir sauvé la vie, hm ? Ne t'agite pas mon oiselle, tu te ferais du mal, laisse la liberté te revenir paisiblement. Ne me force pas à t'attacher, je n'aimerais pas risquer gâter ta peau maintenant... »


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Re: Deux monstres, un seul est le prédateur. [PV : Teotl Tearrii]

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