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Re: Il suffit de respirer pour que le temps passe. - Aldaron.

le Mar 23 Oct - 19:12
    Les mains gantées de l'elfe fermaient un sac dans lequel avait été placé délicatement un cœur de golem. La tension était largement descendue à Cordont, avec le retrait des troupes Séléniennes. Les deux fronts de Calastin ne se regardaient plus en chiens de faïence. Par image de solidité, mensonge politique, il aurait pu avouer avoir trouver cela facile, que Nolan n'était qu'un gamin dont il n'avait fait qu'une bouchée et probablement que sa fermeté charismatique auraient eu raison des dubitatifs. Mais en son for intérieur et par sincérité, il ne pourrait pas manquer d'admettre avoir eu peur que tout dérape ici. Depuis l'instant où il avait annoncé l'annexion de la cité neutre, jusqu'à la ratification de l'accord, il avait craint non seulement pour les siens, mais surtout pour l’entièreté du peuple humain qui s'était retrouvé à deux doigts de sortir à nouveau les armes. La guerre civile était encore trop fraîche, mais Aldaron priait sincèrement qu'elle ne reviendrait plus.

    Même s'il n'était plus lié au Royaume, le peuple des hommes, quelque soit son appartenance, était son peuple, sa famille. Il aurait pleuré autant le sang des seléniens que des alliés. Ici, à Cordont, il portait son deuil pour le peuple des hommes. Les prunelles d'émeraude se redressaient sur le pan de tente qui s'ouvrait pour laisser entrer une immaculée ravissante, un visage familier, tant en surface qu'en profondeur. Il connaissait cet air de fragilité sous le masque lisse de la beauté éclatante. Il avait bien fait de la convoquer, ils avaient beaucoup à parler et surtout... Il ne voulait pas la perdre. Cueillir une fleur sans lui donner d'eau, c'était construire le Marché Noir sans s'y investir : ça n'avait aucun sens. « Bonsoir, Sintharia. » L'elfe aux longs cheveux de lait laissait la nouvelle arrivante approcher jusqu'à s'arrêter et ouvrir un dialogue auquel il ne donna pas immédiatement suite. Les lèvres de cendres étaient mises sous scellées, réservant son jugement à plus tard, le temps d'investiguer plus concrètement.

    A son tour, il avançait vers elle, le visage lisse d'expression si ce n'était un fond d'inquiétude qui se lisait dans l'éclat tranchant de ses mires. Sa démarche était régalienne et assurée, comme s'il n'avait jamais connu l'hésitation de toute sa vie... Et pourtant ? Il doutait à tout les instants. Une main gantée sortait de la cape d'un bleu irisé comme le reflet de la neige, doublée d'une fine fourrure claire au niveau des épaules pour assurer une température convenable à son porteur. L'index et le majeur effleuraient à peine la peau délicate sous le menton de la jeune femme pour orienter son regard droit dans le sien. Il se passa quelques secondes pendant lesquelles il la transperçait et donnait l'impression de lire en elle comme dans un livre ouvert. Le paraître avait toujours eu son importance, parfois, il suffisait juste de cela, de cette aura pour obtenir ce qu'on voulait.

    Sa main retomba pour se poser sur l'épaule de la jeune femme, délicat geste de soutien à ce qu'il saisissait sous ce beau maquillage. « T'asseoir. » répondit-il enfin, alors que sa seconde main désignait un siège où se placer. La réplique pouvait avoir l'air étrange mais il revêtait deux fonctions : la prévenance et la domination. Dans l'état où elle était, il préférait la savoir en position reposante, mais l'invitation n'était pas enjolivée de belles formules. Il ne restait que l'ordre et il attendit de la voir s'installer pour poursuivre. « Me parler de toi... » La demande était bien vaste, alors qu'il passait dans son dos et la relâchait. Derrière elle, sur le meuble, il servait deux verres d'un alcool raffiné : « Et de Bohémond de Batisdonne. » Le ton calme et mesuré contrastait avec le tranchant de ce qu'il énonçait. Il recoupait tout ce qu'elle pouvait bien lui dire à son sujet, la restreignant à sa relation avec le noble sélénien. Car c'était là ce qui l’intéressait.

    Ses prunelles d'émeraude se portaient sur la jeune femme, sur sa nuque, cherchant à discerner la crispation de ses muscles, si elle venait à se manifester. Il lui laissa quelques longues secondes de silence, pour qu'elle se recompose puis revint à nouveau face à elle, lui tendant le verre empli d'une liqueur ambrée. Si elle arrivait à lever les yeux jusqu'au sien et lui faire face, elle n'aurait que ce visage à l'expression et à l'autorité régalienne... Autant que protectrice.




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Re: Il suffit de respirer pour que le temps passe. - Aldaron.

le Ven 9 Nov - 20:40
    La liqueur ambrée passait doucement le pas de ses lèvres. Une gorgée, une seule, pour brûler sa gorge. Cela faisait longtemps qu'il n'avait plus mal. Le feu avait eu sa peau jusqu'à l'os et l'alcool avait adouci ses nuits obscures où le volcan surgissait du passé pour le faire hurler. Il n'avait plus mal, cela ne faisait que l'apaiser et l'endormir, mettre en sommeil la bête effrayée, le monstre que Morneflamme avait forgé, celui qui craignait qu'on le poignarde dans le dos. Toujours, il se raisonnait et la trahison le mettait en horreur, tout comme il avait eu la certitude de pouvoir pardonner. Alors l'elfe endormait la bête, comme il le faisait soudent, car la bête n'était pas lucide, elle était faite d'instincts... Et il n'était plus à Morneflamme. Alors pourquoi est-ce qu'elle blêmissait ? Avait-elle peur de lui ? Il avait vu les hommes l'admirer et le haïr, mais depuis qu'il dirigeait le Marché Noir, il avait aussi vu des gens le craindre comme on craint la majorité des hommes de pouvoir, quand on ne sait pas jusqu'où ils sont capables d'aller avec de pareils moyens. Lui-même se posait parfois la question. Devenait-il le tyran qu'il croyait combattre ?

    Les prunelles d'Aldaron la miraient longuement, sans qu'il ne vienne prononcer un mot pour briser le silence. Il ne faisait que noter la crispation de ses muscles, les tremblements infimes de sa chair, son cœur qui se perdait et les lueurs qui caressaient ses iris d'argent et qui révélaient toujours plus que ce qu'on voudrait cacher. Lors qu’enfin qu'elle entama une réponse, il acquiesça d'un signe de tête. Il s'agissait bien du noble sélénien, il n'y avait pas de doute à cela. Avait-elle espéré le contraire ? Qu'il soit question de quelqu'un d'autre ? Le mouvement net de sa tête avait balayé cette issue de secours en une fraction de seconde. Alors qu'il la dardait de ses mires, il reprenait une gorgée d'alcool. Il laissa son verre sur la surface plane de bois, derrière lui, sur le bureau, l'abandonnant un instant ainsi par égard pour l'état dans lequel elle se trouvait. Il n'éprouvait guère l'envie de la voir faire un malaise, la réaction était plus vive qu'il ne l'avait escompté. Il se satisfaisait de la voir prendre le verre.

    « Oublier ? » Sa voix grave était enfin venue combler le profond silence. Il aurait pu le faire durer, jusqu'à ce qu'elle finisse par avoir envie de le rassasier d'elle même et de parler. Il faisait cela très bien d'ordinaire et la pire des tortures était le vide des mots que les malhabiles tentaient vainement de satisfaire en se dévoilant plus que de mesure. « Je n'ai jamais oublié Morneflamme, comme beaucoup l'ont fait. Ils ont nié, pour se protéger de la douleur. Je les comprends mais... Ce n'est pas ma façon de fonctionner. » Ni hier, ni aujourd'hui. Mais loin de vouloir lui fermer la porte, il voulait plutôt qu'elle comprenne la décision qu'il prenait, car c'était là le cœur même de ses fonctions dirigeantes : affirmer et fédérer. Donner des ordres, c'était bon pour les rois. Lui, il voulait qu'elle adhère. « Il n'y a rien de pire que le silence et le vide, Sintharia. C'est là que naissent les doutes qui détruiront le lien qui nous unit, toi et moi. » Un lien plein de curiosité, d'attentes et surtout de bienveillance. Il prit la seconde chaise et la plaça d'un geste précis, net et doux devant elle avant de venir s'y asseoir.

    Ici, il avait les yeux plus à la hauteur de ceux de la jeune femme. Cela lui convenait, comme rapport d'égalité. Il n'oubliait pas sa place de Triade et celle de soldat de plomb qu'elle occupait mais... il gardait aussi en mémoire qu'ils étaient des hommes et des femmes, et à cet effet tous deux imparfaits. « Je n'oublierai pas. Mais je peux accepter. » Penchant le buste légèrement en avant pour appuyer ses coudes près de ses genoux, ses yeux verdoyants arrivaient cette fois pleinement à hauteur des perles grises de sa protégée. « Il se dit que vous échangez des correspondances. Je n'ai pas été plus loin. Le reste n'est que les spéculations de ceux qui n'ont pas mis le nez dans vos parchemins. Et s'ils en ont, j'en ai aussi humainement. Comprends que je ne peux pas sacrifier sur l'autel d'erreurs enfantines les milliers de vie que j'ai entre les mains à chacun de mes choix, surtout lorsque je te laisse veiller sur moi jusque pendant mes ébats. » Il lui avait offert sa vie privée sans la restreindre si elle ne le faisait d'elle-même. Il ne l'avait pas obligée à être là, dans ces moments intimes, mais il ne l'avait pas non plus repoussée.

    « Tu m'as demandé mon amitié et je te l'ai donnée. Tu m'as demandé protection et je t'ai couverte. Tu m'as demandé de ne pas... Simplement détruire Toryné, eu égard de ce que tu ressens pour lui, et je t'en ai promis mes efforts. Je veux que tu sois heureuse et que tu retrouves un souffle de vie qui te manquait. Quand je te vois aujourd'hui, je suis... Horriblement inquiet par ton état et je ne veux pas prendre une décision qui viendrait le compromettre plus encore. » Ses prunelles vertes restèrent un instant sur elle avant d'achever : « Mais si tu me laisses avancer dans l'obscurité, c'est ce qui peut se passer. » La menace était sourde et pourtant sincère. Il sentait comme elle pouvait être impliquée sans parvenir à toucher du doigt de quoi il s'agissait. A avancer à l'aveugle, il finirait par marcher sur la queue du chat sans l'avoir voulu... Et il préférait sincèrement qu'elle lui évite cela plutôt qu'il ne le découvre autrement.




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Re: Il suffit de respirer pour que le temps passe. - Aldaron.

le Sam 17 Nov - 19:25
    Les mires d’émeraudes du Bourgmestre s'accrochaient aux perles grises et tourmentées, comme un orage d'été. L'écoute se lisait jusque dans son regard attentif, défait de jugement, si ce n'était la tendresse protectrice qu'il vouait à cette femme. Il exsudait d'elle une impression étrange, une émotion sincère et une détresse à laquelle il tendait une main. Il refusait qu'elle s'enfonce dans les méandres du désespoir : il n'avait pas lieu d'être c'était tout autre chose qu'il avait souhaité lui offrir. Ni une cage, ni un gouffre. Mais cela, elle le savait, à s'en pas douter, par les mots qu'elle employait et qui sonnaient vrais. Elle était reconnaissante, c'était ainsi que fonctionnait le Marché Noir. « Peut-être que pour d'autres tu ferais un piètre garde du corps. » répondit-il à sa dernière question : « Mais pas pour moi. » L'affirmation était nette et le tranchant de ses prunelles ne laissait entrevoir aucune autre interprétation.

    L'elfe se leva et marcha jusqu'à l'entrée de la tente pour en ouvrir un pan. Il murmura quelques mots à l'un de ses gardiens, réclamant l'aide bienveillante du guérisseur graärh qui répondait au nom de Purnendu Chikitsak. Il reprit place face à elle, captant un mouchoir de tissu en chemin qu'il lui tendait pour qu'elle sèche ces larmes. « Beaucoup cherchent, courent après la perfection. C'est vrai qu'elle est attirante, qu'elle rayonne de milles feux dans chacun de nos rêves. Mais là est bien tout son problème : elle n'existe pas. On ne devrait pas être brimé de ne pas avoir su l'atteindre mais au contraire loué d'être humain. D'avoir cette part d'erreur ou d'échec. Je ne recherche pas la perfection, Sintharia. Je cherche la justesse. » Délicatement, il prit l'une des mains de l'immaculée et referma sur ses doigts frêles une emprise tendre.

    « Si le Comte de Batisdonne t'offre du bonheur... » Ses pensées fuyaient vers Ivanyr alors qu'il baissait les yeux un instant. Il acquiesçait de la tête : « Continue de lui écrire. Et... J'ai fait venir un guérisseur pour vérifier ton état. Ta santé m’inquiète, j'aimerais te voir retrouver des forces. » Il resta avec elle, jusqu'à l'arrivée du soigneur, à lui parler et tâcher de la faire sourire. Il savait si bien faire le clown, détourner l'attention et surtout... La réconforter.




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Re: Il suffit de respirer pour que le temps passe. - Aldaron.

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