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Lady Honor Harrington [Terminé]

le Lun 29 Oct - 20:15

Honor Harrington



Identité de votre personnage

Race : Humaine
Nom : Harrington
Prénom : Honor
Surnom : La Salamandre
Date de naissance : 29 janvier 1729
Age réel : 33 ans
Age en apparence : Difficile à dire. Ses cheveux blancs peuvent la faire paraitre plus vieille, de même que son assurance, cependant, son visage et sa carrure la font paraitre plus jeune.
Lieu de naissance : Gloria
Lieu de vie : A bord du VMA Intrépide
Rang social : Noble
Poste/emploi : Marchande et Capitaine de flottes marchandes

Caractéristiques (Cliquez ici pour les compétences)



Force physique : Moyen
Agilité : Bon
Furtivité : Faible
Réflexes : Bon
Endurance : Faible
Résistance : Faible

Force mentale : Très Bon
Perception : Moyen
Intelligence : Très bon
Beauté/charisme : Bon
Navigation : Maître
Magie : Médiocre

Epée : Très Bon
Dague et poignards : Bon
Armes d'hast : Médiocre
Armes contondantes : Médiocre
Hache : Médiocre
Fouet : Médiocre
Art du lancer : Médiocre
Bouclier  : Médiocre
Armes de trait : Médiocre
Mains nues/pugilat : Médiocre
Equitation : Bon
Dressage : Médiocre


Equipement


Arme principale : L’arme émet un sifflement cristallin lorsqu’Honor la sortit de son fourreau pour l’admirer la première fois. Elle était légère dans sa main, pas comme tous les vulgaires mais efficaces sabres d’abordage dont s’équipaient ses équipages. Non son arme à elle devait refléter, sans prétention, qui elle était. La lame fine et gris mais tranchante et résistante, lançait des reflets irisés bleutés sous la danse de la lumière. La garde était une coquille de fils d’acier tressés comme une liane protectrice, ou plutôt une ronce de fer. La garde était de bois tendre, se laissant bien prendre en main et le pommeau en forme de lys offrait un équilibre sublime à l’arme.

Honor fit jouer un peu sa rapière dans les airs, savourant le chant de la lame dans l’espace. Elle était parfaite, elle était comme elle. Légère, vive, tranchante. Mortelle. Il te faut un nom. Une bonne arme se doit d’avoir un nom tout comme un bâtiment. Belle et cruelle, tu chantes bien pour une rapière. Ritournelle. Voici comme je t’appellerai. Belle et cruelle, sombre Ritournelle.

Une fois satisfaite de sa nouvelle arme, elle la rangea dans son fourreau, noir, souple et simple et reposa le tout sur le râtelier.

Autres objets : Elle saisit alors le second fourreau, plus petit, mais tout aussi élégant. Elle tira sa Main-Gauche. Etrange comme nom, se fit-elle remarquer, étrange d’appeler une Main-Gauche ce dont je vais me servir de la main droite. Contrairement à Ritournelle, la dague était plus massive et plus lourde pour sa taille dans la main d’Honor, mais tout aussi élégante. Une élégance dans la force. La lame était plus large que celle de la rapière, faite pour encaisser des coups et les dévier plutôt que les porter. La garde était une coquille pleine, dont une partie descendait jusqu’au pommeau comme une langue argenté et lisse, protégeant les doigts qui tiendraient l’arme. La dague était tout en simplicité, en efficacité, là où Ritournelle était en élégance, elle était en force. Toi, tu n’as pas besoin de nom, mais je ne vais pas faire de jalouse. Tu seras Ostera, la protectrice. Satisfaite de ces noms, elle reposa sa Main-Gauche sur la table et se tourna vers le dernier objet de la table.

C’était une petite fantaisie de sa part, même pas un coup de cœur, mais plutôt un coup de folie. L’objet était petit, à peine plus grand que la main et avait quatre dents. La Fourchette de la Vérité, aux propriétés magiques si particulières. Finement travaillée, ouvragée et argentée, avec des fils d’argents, Honor avait lu sur les runes les mots Qui se régale, m’égale. . Des mots qui l’avait fait sourire mais maintenant qu’Honor avait acheté la fourchette, les mots avait changé pour devenir : qui me prend, s’épend. On lui avait expliquer les pouvoirs de cet objet et celui lui avait beaucoup plu.

Finalement, elle ceignit sa rapière et sa main gauche, la première à droite, la second à gauche, puis sortit de l’échoppe après avoir remercié l’artisan d’un grand sourire, de quelques compliments et d’une bourse pleine d’or. Un peu trop pleine. pensa Honor, mais la fantaisie réclamait parfois des sacrifices et celui de l’or n’en était qu’un petit.

Elle se dirigea alors vers son bâtiment, son lieu de vie, de travail et son gagne-pain. Une partie de l’équipage chargeait encore les marchandises à bord de l’Intrépide, énorme vaisseau ville flottante. Il pouvait paraitre absurde d’avoir pareil bateau, juste pour le commerce, mais ce n’était pas qu’un navire marchand. Sur ses flancs, rongeant l’espace de stockage, des trappes étaient dissimulées, invisible pour quiconque ne les cherchait pas et ne connaissait pas leur emplacement. L’Intrépide, en plus de faire commerce, servait aussi de navire d’escorte avec une puissance de feu aussi importante que sa taille lui conférait et un équipage d’abordage suffisant pour s’emparait de n’importe quel vaisseau assaillant. Dissimulé au sein d’un convoi, il était toujours une mauvaise surprise pour les pirates suffisamment idiots pour s’attaquer au commerce de la Hanse. Un sourire fier flottait sur les lèvres d’Honor en regardant son trois-mâts. En ce qui concerne sa construction et son armement, on s'était attaché principalement à lui donner une belle marche et des qualités nautiques, à ce qu'ils aient de fortes murailles, une batterie basse suffisamment élevée au-dessus de la surface de l'eau et une solidité assez grande pour résister au poids ainsi qu'au jeu de son armement. Il était ainsi une sorte de citadelle flottante susceptible de lutter avec avantage contre le mauvais temps, de se mesurer contre les vaisseaux ennemis ou contre des forts, de combattre en ligne de bataille, de tenir de longues croisières et de servir dans tous les cas d'attaque ou de défense que la guerre maritime peut présenter. Une citadelle flottante. Le sourire d’Honor ne pouvait s’effacer en pensant à son navire, et elle n’arrivait pas à contenir son agrandissement en pensant à tous ses frères et sœurs qui sillonnaient la mer comme lui, en tant que marchand ou simplement d’escorte. Ils n’étaient pas tous à elle, loin s’en fallait, mais ils étaient part entière de l’Alliance fragile pour le commerce. Fragile comme la hanse d’une tasse, robuste et nécessaire, mais pouvant casser au moindre choc. Cette partie de la tasse d’où l’Alliance tenait son nom : la Hanse.

Savourant la vue de son bâtiment, une ombre fonça sur elle, plongeant depuis le ciel. Honor la vit mais ne bougea par pour autant. L’ombre déploya ses ailes pour freiner son atterrissage et se posa délicatement sur l’épaule de sa maîtresse. La capitaine leva la main pour flatter le cou de son corbeau. Il était encore jeune et son plumage était encore bleuté. Le corbeau était l’emblème de sa famille depuis toujours et celui-ci avait adopté Honor récemment. Bien qu’Honor sache facilement trouver des noms originaux, l’animal n’hérita pour ton nom que celui de Qrow, et les rumeurs disaient qu’il portait malheur à tous ceux qui n’était pas la Salamandre. Cela ne déplaisait ni à l’oiseau ni à sa maîtresse.

résumé de l'équipement:


Ritournelle: Rapière finement travaillée, sifflant doucement dans l'air et lorsqu'on la tire.

Ostera : Main gauche simple en comparaison de Ritournelle

Le VMA Intrépide : Vaisseau de ligne bien plus gros que les navires de guerre courant. Il s'agit en réalité d'un ancien navire marchand, renforcé et armé, dont les ouvertures d'arme sont dissimulées par des plaques en bois facilement remplaçable, et donc invisibles de l'extérieurs.

]La Fourchette de la Vérité : (Provenance humaine) Argenterie de grande qualité, en dehors de son fin travail d’orfèvrerie, cette fourchette ne semble pas extraordinaire. Forgée en argent, le manche est ciselé selon un schéma runique, faisant apparaitre différents mots selon la personne qui le lit. Les longs fils dorés mêlés aux gravures semblaient danser lorsque la personne déguste un plat, le rendant bien meilleur que ce qu’il n’ait en réalité. Mais la véritable subtilité de cet objet de table est bien plus profond que le plaisir gustatif. Si un bon repas délit la langue, peut-être est-ce parce que cette fourchette provoque l’irrépréhensible envie à celui qui s’en sert de s’épancher sur sa vie et de répondre honnêtement à toute question qui lui est posée. Toutefois, pour lui poser une question, encore faut-il qu’elle se taise.
Glyphe : Parler la bouche pleine - Manger un aliment à l’aide de la fourchette de la Vérité vous oblige à parler et dire la vérité tant que la fourchette n’a pas été reposée. - Draconique

Qrow: jeune corbeau s'étant lié d'une amitié singulière avec la blanche commerçante.





Description physique




Faisant fi des dernières agitations d’avant départ, Honor s’avança pour embarquer sur son vaisseau. LE VMA Intrépide dominait les quais, comme Honor dominait ses semblables. Pas par sa taille car elle était plutôt de taille moyenne, entre celle des femmes et celle des hommes. Mais elle respirait une force calme, une assurance, une impression de savoir toujours où allait, d’être à sa place en toute circonstance.

Elle portait toujours une tenue impeccable, généralement un uniforme, blanc, aussi blanc que ses cheveux qu’elle coiffait en un chignon serré. Simple mais élégant, pratique. Un long manteau blanc aux ourlet légèrement bleuté, des cuissardes de cavalière. On pouvait entendre ses pas résonner sur le ponton à mesure qu’elle s’avançait vers le bateau.

Elle grimpa sur le pont et un homme, son second, l’accueillit avec un sourire. Permission de monter à bord. Persmission accordée. Bienvenue à bord commandant.

Ses yeux bleus très clairs se posèrent sur le pont impeccable et le va-et-vient chorégraphié des hommes d’équipage, occupés à charger la cargaison et les vivres. Un sourire se forma sur ses lèvres fines et elle inspira profondément de son petit nez en fermant les yeux. C’était tellement bien de revenir sur son navire après quatre mois à terre pour régler des affaires. Elle claqua de ses mains caleuses, dissimulées sous des gants en cuir blanchi avant de se diriger vers le gouvernail. Elle se tint droite, sévère et inquisitrice en regarda le balais incessant de ses marins.

D'en bas, elle était une silhouette blanche, fine et élancée, elle paraissait grande et pourtant, elle ne l'était pas tant que cela, juste qu'elle dégageait une impression de grandeur dans chacun de ses gestes. Ses longs cheveux blancs étaient retenus en un chignon aussi pratique que beau et simple. Ses yeux bleus clairs ne faisait mettre en avant la pâleur de sa peau, si sensible au soleil mais qui ne rougissait jamais grâce à une quantité de soin apportés afin de conserver un teint parfait. Une coquetterie nécessaire pour qui veut négocier avec aisance.


Description mentale




Le vent vient gonfler les voiles qui se déploient dans un bruissement. L’Intrépide commence à fendre les eaux et se dirigeaient vers les hautes eaux. Le convoi commence à se mettre en branle sur les quais et plus loin dans la baie.

Puissance, netteté, précision. Le pont impeccable de l'Intrépide était la scène d'un ballet parfait. Cette perfection était le symbole d'un entrainement et de la rigueur qu'Honor appliquait à chaque chose qu'elle touchait. Honor était un personne sérieuse et qui pouvait passer pour trop sérieuse, sans une once d'humour ou de compassion. Elle était mordante en affaire, intraitable, ne reculant que pour mieux piéger les autres. Elle faisait montre d'un sens pratique et d'une omniscience surprenante. Pour ce dernier point, elle trichait, bien sûr. Elle aimait deviner les consciences humaines, trouvait les failles et surtout, jouer des gens.

Personnage public, elle était intraitable. Capitaine de son navire, elle était inhumainement autoritaire. Pourtant, aucun de ses marins ne changerait de flotte pour quatre fois sa solde, même si cela ferait une quantité d'argent. Elle était glaciale, froide, calculatrice.

Toutefois, dans l'intimité, si exigeante et autoritaire qu'elle soit, elle n'en était pas moins douce et attentionnée, patiente et pédagogue. Mais pour cela, il faut réussir à faire partir de ses intimes. Ce qui n'est jamais gagné.

Au final, elle était un capitaine marchande par excellence. Intelligente, manipulatrice, rusée. Elle tenait pour acquis que tout ce qu'elle voulait devait lui revenir, et que la rigueur, l'ambition et la volonté étaient les moteurs du monde. Ne jamais faire confiance à ses sentiments, écouter avec méfiance ses premières impressions, sans pour autant les chasser. Ne laissait de côté aucune piste. Voilà ce qu'elle avait garder comme expérience.

Elle avait battit un empire commerciale, autant pour son propre bien que pour se protéger. Sa première expérience amoureuse avait été un tel désastre qu'elle s'était méfier de tout et tous, jusqu'à ce que James lui ouvre de nouveau les yeux. Cependant, sa disparition l'avait plongée de nouveau dans une méfiance permanente envers les étrangers. Une méfiance très bien dissimulait, mais qui existait tout de même.

Très clairvoyante, elle avait vu la nécessité de former une alliance marchande, mais la nécessité de survie s'était transformée en volonté de contrôle, et c'est pour cela que l' Hanse perdura et qu'elle se tint à sa tête, comme si cette place lui était dû. Cette même volonté de contrôle qui anime l'esprit d'Honor l'a poussé à armer des navires pour chasser les pirates et protéger les convois sans faire  appel à des mercenaires ou perdre de l'argent à spécialiser des vaisseaux juste pour ce travail.

Sans être pour l'esclavage, Honor a du mal à voir dans les Graarh autre chose que des bêtes intelligentes. Ils ont beau répéter que ce monde est le leur, ils allaient devoir vivre avec des occupants bien plus ambitieux qu'eux et leurs tribus nomades et éparpiller.

Alignement :  Honor est fidèle à sa famille, à la Hanse et au profit. Elle suivra les bénéfices tant que aucune vie humaine n'est en jeu.

Proposition d'esprits-lié :

  • Libellule : Honor a toujours été attiré par la navigation, et plus précisément par la navigation à voile. Elle est aussi fascinée par les moulins à vent et l'énergie que cet élément pour développer. La vie l'a poussée à prendre les commandes de voiliers et l'appel de la liberté a toujours été fort en elle.
  • Grenouille: voulant toujours tout contrôlé, il est naturel qu'Honor tende à dominer ce qui ne se domine pas.
  • Flamand Rose: éduquée à commercer, à marchander et à négocier, tout ceci ne peut être forcément issu que d'une éducation tant elle surpasse ses maîtres. Elle a aussi eu des dons pour détourner l'attention des choses importantes pour qu'on ne se fixe que sur elle.
  • Saumon: Négociante de talent, elle arrive à tirer le meilleur de chaque marché, enfin de s'assurer de la pérennité de ses affaires et la puissance de sa famille.
  • Geai Moqueur : à l'autre bout du monde, des marchands l'ont suivi, sur ses navires ses équipages ne jurent que par son jugement. Elle attire les gens.



   

Liens


   


  • Nicholas et Blanche Harrington (parents): Toujours vivant, ils habitent le quartier marchand de Sélénia où ils finissent doucement leur jour. C'est à dire en gérer le commerce local, les stocks et les transfère des marchandises Harrington.
  • Albia Harrington (petite soeur) : Albia sert de trésorière, ou plus exactement d'usurière. Lorsque la Hanse prète de l'argent, Albia se charge de le suivre et de surveiller de la solvabilité des clients.
  • James Geary Harrington (époux et disparu): Grand amour d'Honor, James est porté disparu en mer avec son navire, le Voyageurlors de l'Exode.
  • Paul, Nicholas, Weiss et Léopoldine (enfants) : Enfant du couple Honor et James. Nicholas, le benjamin, est disparut avec son père, Léopoldine vit sous avec ses grand parents et Weiss suit tour à tour sa mère ou sa tante dans leur voyage. Paul est capitaine de navire marchand.
  • Nathaniel Eärendil : L'elfe est celui qui a su trompé Honor pour la première fois et elle en a fait une affaire personnelle. L'existence des Vaisseaux de Marchand Armés vient en grande partie de la présence de l'elfe sur les mers.

   

   
   

Derrière l'écran


   

   Petite présentation : TC d'Erdrak et d'Aurore

   Particularités rp ? : Aucune

   Rythme RP ? (Une réponse RP dans les 7 jours est attendue) : Au moins une rep par semaine.

   Comment avez vous découvert le forum ? : TC d'Erdrak et d'Aurore


   Avez vous signé le règlement ? : Oui
   

   

   



Dernière édition par Honor Harrington le Lun 12 Nov - 21:34, édité 14 fois

Re: Lady Honor Harrington [Terminé]

le Lun 5 Nov - 22:53


Histoire




Un père sévère mais complice


Erevan, tu n’aurais pas vu Honor ? L’homme qui avait parlé était assez grand, mince et rasé de près à l’exception d’une moustache, épaisse mais entretenue. Tout comme ses cheveux, elle était blanche, immaculée. Ce n’était pas sa couleur naturelle, car pas amour, il les avait fait blanchir magiquement, pour que son épouse, dont la chevelure était naturellement blanche, ne déteigne plus seule dans les soirées.

Il avait parlé d’une voix autoritaire, forte, mais sans pour autant être paraitre tyrannique. C’était la voix d’un homme habitué à être obéi et respecté, avec raison. L’interpelé le regarda un instant, puis observa les alentours, puis haussa les épaules. Non monsieur, je ne l’ai pas vu.

L’homme aux cheveux blancs souffla violement, excédé. Sa fille avait encore pris la poudre d’escampette pour aller explorer les lieux, seule. Honor n’avait que neuf ans et était une petite fille à l’esprit aventurier, fougueux et d’une insolence certaine. Et puis son esprit… Tant qu’on ne lui interdisait pas fermement quelque chose, elle le fera. Et il ne servait à rien de lui déconseiller tel ou tel chose, car cela ne fera qu’attisait sa curiosité. Et même les interdit avait du mal à l’arrêter.

Honor justifiait sa curiosité avec une intelligence et insolence. Père, comment voulez-vous que je fasse ma part dans la prospérité de la famille, si je ne cherche des voies, hors des sentiers battus. Neuf ans et une langue bien pendue. Cela faisait pouffer sa mère ou l’outrageait selon l’humeur, et pour son père, c’était exaspérant. Il n’aimait pas qu’on retourne ses propres arguments contre lui. C’est lui qui passe son temps à dire qu’il fallait sortir des voies habituelles pour faire son trou.

Il refit une énième fois le tour de la caravane, puis finalement, des éclats de rire autour d’un feu et une petite voix attirèrent son attention.

Il y trouva Honor, ses cheveux blancs complètement décoiffés, sa tenue dans un état lamentable. Elle semblait tenir quelque chose entre ses mains. Quand le père approcha du feu, le silence se fit. Il avait le visage fermé et sévère d’un homme qui allait faire un reproche.

Sa fille se tourna vers lui, d’abord avec le sourire, mais il s’effaça rapidement en voyant l’expression de son paternelle. Honor, Isabelle, Clarence, Harrington. Est-ce ainsi qu’une fille de bonne famille doit se présenter ? Est-ce ainsi qu’une marchande doit être ? Regardez votre tenue. Mais père… Non. Ce n’est pas parce que l’on part à l’aventure qu’il fait négliger son apparence, au contraire. Pouvoir travailler en restant propre, voilà la panache de notre famille.

Il y eut un silence. Nicholas Harrington était le chef de la caravane exceptionnellement. Riche marchand, cela faisait longtemps qu’il ne prenait plus part aux convois mais se contenter de réguler le transit des marchandises depuis Gloria. Pourtant, lorsqu’un de ses employés était tombé malade au dernier moment, il n’a pas hésité à prendre sa place. Mieux encore, il avait pris son rôle au sérieux et mis la main à la patte, travaillant aussi dur qu’un simple employé. Et après cinq jours de voyage, sa longue cape, chemise, et ses pantalons était toujours aussi blancs, son apparence donnait l’impression qu’il se rendait à une négociation.

Honor baissa la tête honteuse. Je suis désolée père. J’espère bien. Et mainteant… Il s’agenouilla à hauteur de sa fille, et quitta son expression sévère. Un doux sourire naquit sur son visage alors que Nicholas posa sa main sur celle d’Honor. Maintenant qu’avons-nous là ?

Honor dévoila sa trouvaille timidement. C’était une petite grenouille, verte, qui regarda Nicholas, comme tétanisée. Vous pensez qu’elle plaira à mère ? Je ne pense pas que votre mère appréciera, ni votre sœur. Mais, on ne le saura que quand on leur montrera. Le père sourit à sa fille et celle-ci lui répondit de la même manière. Mais il y a un problème. Je ne vois qu’une grenouille. Votre mère ou votre sœur sera jalouse de ne pas avoir la sienne. Il nous reste un peu de temps avant que le repas soit prêt. Allons en trouver.

Honor sourit et amena son père à un petit étang et ils passèrent dix minutes à essayer d’attraper un batracien. Nicholas ramassa aussi quelques plantes, puis ils rentrèrent, tous deux encrassés de boue. Toutefois, sans être vu, ils arrivèrent à leur cabine et se changèrent. Leur tenue blanche sale fut remplacée par une tenue identique mais propre et ils se lavèrent rapidement. Quand ils ressortirent, il n’y avait aucune trace de leur expédition, si ce n’était les deux grenouilles dans un flacon.

Une mère tendre mais exigeante


Au trimestre précédent, les ventes dans le sud de la région ont fortement diminué à cause de l’arrivée d’un concurrent, dont les manufactures sont plus proches et dont la main d’œuvre est bien moins cher. De plus, sa route ne passe pas par la passe bleue, qui est l’endroit rêvé pour des attaques et nous force à payer des escortes, dépenses que l’on perçoit sur nos prix et qui échappent à nos concurrents. Honor ! Vous m’écoutez ?

Le cabinet de Blanche Harrington était une étuve. Le soleil estival frappait avec force à travers la grande fenêtre, en plein sur Honor et sur son bureau. La jeune femme aux cheveux blancs faisait d’immenses efforts poursuivre le discours de sa mère sans trop suer ni perdre son regard par la fenêtre et sur les champs.

Même quand la famille Harrington partait pour un séjour dans son manoir hors de la ville, elle n’échappait pas aux affaires courantes. C’était la raison de la présence de Blanche et Honor dans ce petit bureau par un si beau temps.

Honor pensa avec regret à sa petite sœur qui suivait des cours d’équitation pendant qu’elle devait s’épuiser sur des livres de comptabilité ou à trouver des solutions pour régler ce problème de concurrence.

Malgré ses efforts, Honor sursauta quand sa mère ramena son attention sur le commerce de tissu. Honor admirait sa mère. Elle était intelligente, autoritaire et d’une force mentale. Elle venait à peine d’accoucher du dernier enfant de la fratrie Harrington que déjà elle reprenait les affaires. C’était ainsi. Pas de repos s’il y avait de travail. Homme ou femme, tous pouvaient fournir le même effort.

Oui mère ? Je vous parle des problèmes dans le sud de la région, peut-être avez-vous une solution qui m’échappe et vous permet de ne pas m’écouter.

Honor avait eu de nombreux précepteurs, pour chevaucher, se battre à l’épée et pour la danse, mais la plupart des leçons qu’elle avait reçues venaient de sa mère ou de son père. Ils tenaient à transmettre leurs expériences et passer du temps avec leurs enfants. Des moments de sérieux mais aussi des moments de joies. Honor chérissait le jour où elle avait offert, il y a six ans de cela, les grenouilles à sa mère et sa sœur. Son père et elle s’étaient faits copieusement gronder par Blanche, mais leur fou rire était incontrôlable et la mère était partie comme une furie, ne réapparaissant d’un bref instant au dîner. Nicholas avait alors mis tous ses artifices pour avoir le pardon de son épouse.

Il y avait aussi cette fois, où Honor et sa mère avaient passé une nuit d’hiver, à dormir sur de grandes couvertures, en délaissant le confort des lits.

Mais aujourd’hui, à l’instant, le moment n’était pas à la tendresse, mais à l’exigence. Si Blanche posait la question, c’était qu’elle avait une solution, et qu’elle attendait de sa fille qu’elle en ait une aussi. Alors ? J’attends. Protester aurait été vain et demander merci aussi.

Honor réfléchit donc un bref instant, pensant qu’il serait bon de se baigner. De cette pensée vint son idée. L’eau ! L’eau ? Il va falloir développer un peu, car je ne pense pas que noyer nos concurrents soit une solution raisonnable Honor. Mère, je veux dire, qu’il nous suffit de ne plus passer par la terre. Nous pouvons utiliser les canaux et les fleuves. Certains cours d’eau sont bien assez larges pour faire passer de gros frets, puis il nous suffit de les déposer le long de la route, sur des comptoirs pour qu’il puisse ainsi rejoindre les villes les plus proches. Plutôt que de faire un gros convoi qui descendrait les villes les unes après les autres en effectuant des détours, nous descendrons les cours d’eau en déposant nos grosses cargaisons qui seraient alors reprises par de plus petite caravane. Les trajets terrestres seraient plus courts et les péniches pourraient reprendre des marchandises en grand nombre en cours de route. Les comptoirs pourraient servir de stockage et nous offririons une plus grande diversité de marchandises en amont comme en aval. Certaines cités seraient peut-être prêtes à agrandir leurs canaux et nous accueillir au sein même de leurs enceintes. Les bandits ne nous poseraient pas plus de problèmes qu’à nos concurrents et si nous agissons vite, nous pourrions nous-même payer les travaux d’aménagement et ainsi demander des droits de péages à certaines écluses. Notre solution sera plus rapide et d’autres en profiteront en nous payant pour ça.

Blanche regarda sa fille avec étonnement. Sa solution lui paraissait maintenant bien futile et limitée. Elle se porta devant sa fille avec un sourire tendre. Je n’aurai pas trouvé mieux. Quand votre père rentrera nous lui parlerons de votre idée. Le commerce par voie fluviale est plus efficace et le développer ne sera que plus rentable pour nous. Je suis fière de vous

La mère enlaça tendrement sa fille, avec une affection non feinte. Je pense que nous avons bien mérité du repos. Allons faire une promenade dans les bois pour voir comment votre sœur se débrouille à cheval.

Une grande sœur perfectionniste et patiente


Remets-toi en garde. Epée droite, avance ton pied, pas autant. Redresse ton dos. Bien. On reprend les mouvements. Un. Deux. Trois. Haut. Haut. Droite. Parade. Feinte. Encore. Un. Deux. Trois. Haut…

Honor et Albia Etait dans la cour de l’hôtel particulier Harrington, au centre du quartier marchand de Gloria. Les deux jeunes femmes se faisaient face, rapière à la main gauche. Leurs cheveux blancs coiffés en un chignon haut et serré, elles paraissaient être un reflet temporel l’une de l’autre. Leurs vêtements tout aussi immaculés, jusqu’à leurs gants, n’étaient pas froissés par leur entrainement. Pas encore car elles n’en étaient qu’à des mouvements de bases.

Leurs épées s’entrechoquaient au rythme des paroles de Honor et on lisait dans les yeux bleus clairs d’Albia une grande concentration. Resserre ta prise ! Cria brusquement Honor. Elle donna un sévère coup d’épée dans l’arme de sa sœur qui sursauta en faisant tomber son arme avec fracas.

Tu m’as fait peur Honor ! Répondit outrée, la plus jeune. Tu n’as qu’à mieux te tenir. Ce n’est pas parce que j’ai accepté de t’aider à l’escrime que tu peux te permettre t’être mollassonne. Reprends ton arme et remets toi en place. [/b]

Albia se remit en place et elles recommencèrent leurs mouvements. Puis elles échangèrent des passes d’armes. Honor se battait en corrigeant la position de sa sœur. Honor aimait passer du temps avec sa sœur car, maintenant qu’elle avait vingt ans, les affaires de la famille lui prenait de plus en plus de temps et elle voyageait de plus en plus. Elle ne voyait presque plus sa petite sœur, ni son petit frère. Alors, toutes les excuses étaient bonnes pour perdre une heure en leur compagnie, même si juste se balader en ville avec Albia aurait plus combler le vide qui se creusait entre elles qu’un entrainement à la rapière. Mais c’était hélas, dont ce qu’elles avaient.

Albia devra elle aussi bientôt participer à l’augmentation de l’influence de la famille, comme un jour Elias, le petit frère, le fera.

Sombre époque, sombre partenaire.


Un vent d’effroi et une certaine frénésie avaient pris le cœur de la famille Harrington. La guerre. Une chose terrible et à la fois excellente. Terrible parce que la mort n’était jamais bonne. Excellente parce qu’il fallait armer, nourrir, entretenir les armées et pour cela, on faisait appel aux marchands. La famille Harrington avait suffisamment étendu son commerce pour posséder quelques mines de fer, d’argent, des terres à différents endroits, mais surtout, de nombreux comptoirs, permettant des approvisionnements réguler presque partout. Une petite guerre ne pouvait que leur faire le plus grand bien.

Mais ils avaient vite déchanté. Une guerre longue finissait toujours par endetter les payeurs et finalement, les vendeurs. On avançait de l’argent et quand la victoire arrivait, on n’en récupérait qu’une partie à cause de l’inflation. Et quand on la perdait…

Cette guerre pourtant était bien pire. Rien ne semblait vouloir l’enrayer et quand la fin se profila enfin, ce ne fut que pour laisser place à une catastrophe plus grande.

Les dictatures ne sont jamais une bonne chose pour les marchands libres. Pour de nombreuses raisons et la plus évidente cette fois était la surveillance constante et cette satanée rébellion.

Nicholas pestait contre ces hommes et ces femmes qui, luttant pour une soi-disant liberté, menaçait l’équilibre précaire de l’économie renaissante et les pousser vers la catastrophe. C’était Blanche qui surveillait les comptes familiaux, mais au bout de quelques temps sous le joug du Tyran Blanc, même ne comprenait pas comme ils pouvaient survivre ni d’où venait ces ventes de tissus, verres et autres bricoles dans des régions qui jusqu’à présent ne présentait aucun intérêt pour ces marchandises.

Honor, elle, savait bien d’où venait ces ventes extraordinaires. Elle savait aussi, que ce n’était pas du tissu ou du verre qui était vendu à l’ouest, mais du fer et des armes, ainsi que du grain qui partaient directement à l’est, par des réseaux souterrains. Il ne lui avait pas fallu longtemps pour comprendre deux choses : combattre le Tyran Blanc était suicidaire et ne pas en profiter pour arroser les deux camps aurait été dommage. C’est ainsi qu’à la lumière du jour, sa famille survivait officiellement grâce aux commerces de matières premières et de quelques éléments de luxes. Mais la nuit, Honor travaillait dur pour assurer une entrée d’argent bien plus grande grâce à un marché noir et à un passeur en particulier qui, en plus d’être particulièrement galant homme, faisant montre d’un grand talent pour faire bouger les marchandises à bon prix.

La tête dissimulée sous un capuchon, Honor passait de rue en rue veillant à ne pas être vu, redoublant de prudence, évitant les patrouilles. Elle descendit dans la ville basse. Elle s’approcha de la porte d’un entrepôt. Un entrepôt parmi tant d’autre, abritait en réalité…

La porte s’ouvrit sur une vaste salle où des monceaux de caisses s’empilaient. Certaines contenaient des épées, des pointes de flèches, des cuirasses, du cuir, de l’acier, de la farine, de la viande sèche, des vêtements et même de la vaisselle. Mais ce n’était pas ce qui intéressait Honor car elle connaissait déjà le contenu des caisses, puisqu’il s’agissait de sa marchandise, celle qu’elle envoyait aux rebelles peu importait leur nom.

Ce qui l’intéressait et la vraie raison de sa présence était la table dressée au milieu de tout cela. Elle aurait aussi bien pu restait dans son lit et envoyer un homme sûr, ou même plusieurs surveillaient le transfert et récupérer l’argent. Mais elle aurait raté un moment d’une rare finesse avec une délicieuse compagnie. Se levant à son entrée, un elfe vint la saluer en lui frôlant la main d’un baise main léger. Sous son capuchon, Honor sourit.

Bien des hommes lui faisaient la cour. Après tout, elle était l’un des meilleurs partis qui soit : riche, influente, savante. Elle avait fait plus que sa part dans l’agrandissement de l’influence familiale. Mais aucun homme n’arrivait à la hauteur de cet elfe, en raffinement, politesse, galéjades, et courtoisie. Et puis, il était contrebandier, et sans être une rebelle, Honor aimait imaginé la tête de sa famille si elle apprenait qu’elle fréquentait pareil personnage.

Nathaniel était élégamment vêtu comme pour un bal. Dame Harrington, c’est toujours un plaisir de vous voir. Laissez-moi prendre votre cape. J’allais commencer à diner, vous joindriez-vous à moi ?

C’était la même scène, depuis trois mois, toutes les deux semaines. Il faisait mine de se mettre à table et elle faisait mine d’être surprise. Ainsi ils partageaient un diner aux chandelles en parlant affaires mais pas que cela. Puis Nathaniel remettait une bourse à Honor qui repartait en refusant poliment la proposition d’escorte. C’était bien trop dangereux qu’on les visse la nuit, dans les rues de Gloria ensemble.

L’elfe n’avait jamais été plus entreprenant que cela mais ce soir, Honor était bien décidé à changer cela. Retirant sa cape, elle dévoila une tenue sombre, d’un bleu nuit profond, qui mettait en avait son teint pâle et sa chevelure d’albâtre élégamment nattée. Son visage était maquillé légèrement et des boucles d’oreilles en pierres bleues pendaient à ses oreilles.

Nataniel souffla admiratif. Que me vaut tant de beauté ? Une femme doit savoir se faire belle, même pour aller voir le pire des voleurs. Voleurs, moi ? Dame, vous me blessez. lui répondit-il en lui tira la chaise pour qu’elle s’assoit.

Le repas se déroula comme d’habitude à la différence qu’Honor fixait plus intensément l’elfe. Puis quand il fut fini, vint le moment des adieux. Honor avait la tête qui lui tournait un peu. Peut-être avait-elle trop bu, mais elle en doutait. Cela ne changer pas son plan.

Au moment où Nathaniel sortit la bourse, Honor posa une main légère sur la sienne et lui sourit. Si elle avait eu plus d’expérience, elle ne serait pas tombée dans le piège. Si elle avait fait plus attention, elle n’aurait sûrement pas tant bu. Si elle n’avait pas été si jeune et si pressé de découvrir la vie, elle aurait vu dans le sourire de l’elfe, non de la surprise mais une victoire. Mais tout ce qu’elle vit, c’était un homme, beau et galant et qui l’avait séduite chaque soir un peu plus. Elle se donna à lui et vécut une nuit comme elle n’en vécut pas avant longtemps.

Le réveil cependant ne fut pas aussi agréable. Un rayon de soleil insistant vint lui chatouille le visage. Elle entrouvrit les yeux avec difficulté. Le sol était dur et elle était perdue. Elle ne savait pas où elle était, ni ce qu’elle faisait là. Puis tout lui revint. La soirée, Nathaniel, ses baisées.

Un regard alentour, elle reconnu le hangar, complètement vide. Sa robé était posée à côté d’elle, mais il n’y avait plus aucune trace de ses bijoux, ni de la bourse. Honor comprit qu’elle s’était fait avoir, qu’en une nuit, elle avait tout perdu, une cargaison, de l’or et sa dignité. Elle se mit à pleurer à chaude larme, honteuse de s’être fait avoir.

Puis son esprit se remit en marche. Par la fenêtre, elle pouvait voir que le soleil brillait fortement. Son cœur se serra. On allait découvrir qu’elle avait disparu. Elle se rhabilla aussi vite qu’elle le put et passa sa cape. Puis elle rentra chez elle, jura mais un peu tard que cet elfe lui payera cette traitrise.

La paix et l’amour


Après son expérience malheureuse, Honor prit beaucoup plus de précaution quand elle traita avec des contrebandiers, se méfiant de tout, encore plus qu’elle ne le faisait avant. Elle refusait toute nourriture, toute boisson, tout contact physique. Elle ne sortait plus sans ses armes. Si elle continua à vendre aux sombres marchands, très vite elle tenta d’utiliser uniquement la voie légale pour faire vivre sa famille.

Vers la fin de règne du Tyran, alors qu’elle passait encore une nuit blanche à lire des rapports d’exploration commerciale, de saisie de biens, de réquisition, à trouver la moindre faille dans laquelle s’engouffrer pour essayer de maintenir leur puissance à flot, une fenêtre se brisa au rez-de-chaussée. Elle se crispa un instant puis tandis l’oreille. Pas un bruit, personne ne sembla l’avoir entendu. Ou alors tout le monde faisait comme elle. Ou était-ce la fatigue qui lui jouer des tours ?

Dans le doute, elle se leva prit une bougie et une dague qui ne la quittait jamais, même chez elle. Elle sortit du couloir et commença à se diriger vers le bruit. En route, elle se rendit compte que le sol était froid et qu’elle était en tenue de nuit. Si elle devait affronter des voleurs, elle n’était pas à son avantage.

Brutalement, sortant d’un coin sombre, des mains la saisirent et la bâillonnèrent. Elle poussa un hurlement qui fut immédiatement étouffer. Chut. Je ne vous veux aucun mal. S’il vous plaît. Ils vont me prendre. Je n’ai rien fait. La voix était masculine et jeune. Les mains sentaient mauvais et tremblaient de peur. Tous transpiraient la peur dans l’agresseur. Pitié. Juste cinq minutes et je disparais. Il ne faut pas qu’ils me…

La fin de sa phrase s’étrangla dans sa gorge lorsqu’il sentit la pointe de la dague dans ses côtes. La pression se relâcha et Honor fut libérée. Elle se retourna en s’éloignant un peu, la dague pointée vers l’homme.

Il était en effet jeune, et sale, mais il était rasé, et ses cheveux courts n’étaient pas taillés à la va-vite. Au vu les traces de crasses, Honor comprit qu’il s’était enfui par les égouts avant d’en ressortir. Là où la jeune femme était blanche, l’homme était foncé. Une peau tannée par le soleil, des cheveux corbeaux, des yeux marrons.

Sa respiration était saccadée alors que la lame d’Honor était sur sa gorge. Elle n’avait jamais tué personne, pourtant sa main ne tremblait pas, pas plus que sa voix quand elle prit la parole.

Qui êtes-vous ? Et qu’est-ce que vous voulez ?

L’homme bafouila une réponse. Je m’appelle James, Geary. Et je cherche juste un endroit pour me cacher.

A peine avait-il fini de parler qu’on frappa à la porte. L’homme frissonna et prononça quelque chose qui se rapprochait de : ils viennent pour moi. Honor le regarda et ne se sentit pas de le livrer à qui que ce soit.

Je m’en occupe. Prenez la troisième porte à droite et plus un bruit.

Sans attendre de voir s’il obéissait, Honor se dirigea vers la porte. Le portier, un vieil homme qu’Honor avait toujours connu vieux, apparaissait seulement maintenant. J’ai entendu du bruit et maintenant des gens frappent à la porte. Laissez, je m’en occupe.

Quand elle ouvrit la porte, Honor avait prit l’expression d’une jeune femme terrifiée, surprise en plein milieu de la nuit. A peine la porte entrouverte, qu’elle se retrouva propulser au milieu de la cour.

Des hommes d’armes entrèrent en trombe. Vous abritez un fugitif. Simulant des larmes, Honor hocha négativement la tête. Un homme est entré par effraction chez vous. Elle acquiesça. Où est-il ?

Honor désigna les toits. Le grenier était aéré par des ouvertures tellement vieilles et abîmées qu’elles béaient grandement, pouvant laisser passer un homme. L’état laissait même penser que c’était ce qu’il s’était passé. Les faits, en réalité, était que les Harrington ne prenaient plus le temps de régler ce genre de problèmes depuis quelques temps, ayant placé leur priorité et leur argent ailleurs.

Le garde réfléchit un instant et fixa Honor. Puis il hocha la tête. Il est sur les toits. Rattrapez-le vite ! Ne le perdez pas de vue. Les soldats disparurent aussi vite qu’ils étaient apparus.

Honor se releva et frotta sa robe. Elle était lasse et fatiguée, mais au lieu de rejoindre sa chambre, elle se dirigea vers la pièce où attendait James. Une bougie à la main, elle ouvrit la main, pour voir le jeune homme brandir une serviette comme s’il s’agissait d’une arme.

Devant ce spectacle ridicule et malgré, ou peut-être grâce à la fatigue, Honor éclata de rire. L’autre sembla perplexe et vexé avant de se détendre ou plutôt de reprendre son souffle. Qui comptez-vous affronter avec ça ? Des mouches ?

James se rebrunit et fut définitivement vexé. Il ouvrit la bouche mais Honor l’interrompit d’une main impérieuse et d’un air sévère. Je ne veux rien entendre de vous pour le moment.

James referma la bouche, la rouvrit, la referma. Honor de son côté, reprit la parole, d’une voix autoritaire, les sourcils froncés et ponctua ses phrases d’un coup d’index puissant dans la poitrine du jeune homme en face d’elle. Sous les assauts, essayant de prononcer des mots de protestations, James reculait.

Sachant, monsieur, qu’on ne pénètre pas en ma demeure par effraction, sans y avoir été invité, en brisant une fenêtre, et surtout… surtout, en sentant aussi mauvais que vous sentez.

La fin de sa tirade fut marquée par une violente poussée que la jeune marchande provoqua chez le vagabond. Ce dernier dû faire un grand en arrière pour garder l’équilibre, hélas, il n’y avait plus de sol derrière lui et une grande éclaboussure et des gerbes d’eau l’accueillirent alors qu’il s’écrasa dans le grand bassin taillé dans la pierre. L’eau y était froide et le jeune homme failli se noyer avant de découvrir qu’il avait pied.

Le rire d’Honor résonna de nouveau dans l’écho de la salle d’eau. Voilà, lavez-vous et après seulement, nous discuterons de votre pénitence. Il y a du savon de l’autre côté, et un enchantement permettra de faire chauffer l’eau en quelques minutes. Je vais vous chercher une serviette et une tenue de rechange.

Quand l’homme fut propre et habillé de frais, il faisait toujours nuit, mais Honor l’invita dans le bureau de sa mère, le priant de ne pas faire de bruit. Dans une tenue de valet, James conservait tout de même une certaine classe, une prestance qui avait transpercé la crasse et surprit Honor. Ce n’était pas un voleur, pas un assassin.

La femme aux cheveux blancs, toujours en tenue de nuit, le fixa, assise derrière le bureau avant de lui montrer le siège. Bien, monsieur Geary. Que me vaut votre visite et celle de la garde en cette heure tardive de la nuit.

Le jeune homme se racla la gorge avant de parler. Et bien Dame Harrington, oui je sais où je suis, il se trouve que je participe, d’une certaine manière au commerce interne et externe de la ville. Et il se trouve. Et que cette nuit, je n’ai pas eu de chance. Ou plutôt j’ai un début de soirée malchanceux, et une fin de nuit plus heureuse. Ne vous réjouissez pas trop vite, contrebandier. Je ne vous ai pas encore dit ce que je comptais faire de vous.

Un long silence suivit, les deux se fixant, sans animosité, avec un sourire au coin des lèvres. Honor savait qu’il était contrebandier puisqu’il la connaissait elle et sa famille, et que la définition même de son métier sentait la contrebande. Elle savait aussi qu’il connaissait plus de choses sur elle qu’elle ne pouvait imaginer. De son côté, James savait qu’Honor avait pendant un temps vendu du matériel en contrebande avant un incident malheureux. Et tout deux savaient ce qu’il allait suivre.

Je ne vous fait pas confiance.Je ne vous demande pas de me faire confiance. James avait répondu du tac au tac. Je peux amener des marchandises où vous le Seulement aux opposants et aux rebelles Ce fut au tour d’Honor de montrer qu’elle aussi savait où menait la conversation.

La marchandise Des pioches, très lourdes, avec poignet de cuir. Pour la tête pour la refonte, le cuir pour les curasses d’écailles. Des boutons et du coton, pour les pointes de flèches, et pour des vêtements. Auriez-vous penser à tout ? Oui.Pas tout à fait. Ils auront besoin de vivre. Des convois, sans escorte, au départ de certains villages. Des dates seront transmises correspondant aux caravanes à attaquer. Certaines auront des fugitifs comme escorte, ils vous rejoindront.

James resta bouche bée. Honor devait avoir quelques années de moins que lui, mais son esprit avait déjà vu plus loin que tout ce que le contrebandier aurait pu imaginer. Il la dévisagea, à la lueur de la chandelle, ses longs cheveux blancs cascadant sur ses épaules. On aurait un esprit, un fantôme venu diriger les vivants.

Allons nous nous revoir ? Peut-être. Si vous restez propre. Lui répondit-elle avec un sourire. Sans qu’aucun autre mot ne fut échangé, James se leva et quitta la salle, après l’avoir remercié d’un signe de tête.

De la Victoire au Mariage.


Comme promis, Honor et James se revirent souvent, mais l’expérience de Nathaniel obligeait Honor à garder des distances méfiantes. Les stratagèmes de la dame appliqués par la ruse du contrebandier avaient permis à la famille Harrington de refaire fortune, doucement, mais sûrement et en toute discrétion, bien que les deux parents se demandaient pourquoi telle ou telle vente ramenait tant d’argent dans telle région en cette période. Honor se sentait un peu mal de falsifier ainsi des informations, à sa propre famille, mais c’était pour leur bien.

Puis un jour, le Tyran fut vaincu. Une situation qui paraissait interminable se termina et Honor en fut complètement abasourdi. Reprendre une vie commerciale normale lui parut incroyable et pire encore, ennuyeuse. Sa famille avait mieux survécu que d’autre sans mouillé officiellement dans un camp ou dans l’autre. Elle n’avait mouillé dans aucune magouille officiellement, n’avait pas abandonné sa fortune dans la cause des vainqueurs, ni défendu les vaincus. Autrement dit, pour la reconstruction, les Harrington possédaient les moyens de participer à grands frais, ce qu’ils firent.

Ils ne retrouvèrent pas leur fortune d’antan, car elle fut dépassée rapidement. Le réseau de comptoir, de canaux leur assuraient une présence sur tous les territoires, même dans la capitale elfique, une maison du commerce Harrington avait été construite. Mais quelque chose vint encore plus raffermir la force familiale.

Un jour de printemps, la famille prenait le thé. Le plus jeune des enfants jouait par terre, pendant que les deux parents et les deux sœurs savouraient une boisson chaude et quelques biscuits secs en discutant d’une invitation d’une autre famille à un bal, et s’il fallait que toute la famille soit présente ou non.

Leur discussion légère fut interrompue lorsqu’un serviteur entra pour annoncer qu’un jeune homme souhaitait parler à Monsieur Harrington. Le père était suffisamment de bonne humeur pour autoriser l’importun à se présenter. Quand il entra, le cœur d’Honor manqua un battement et elle manqua d’avaler de travers sa gorgé de thé.

James Geary se tenait devant les Harrington, droit, propre, l’air fier et surtout dans une tenue d’une grande élégance. Bonjour monsieur, veuillez m’excuser pour cette intrusion, mais j’aimerai parler affaire avec vous et hélas, mon temps dans cette ville est trop court pour que je puisse y mettre les formes. Je me nomme James Geary et je possède de nombreuses caravanes et escortes, mais hélas, pas suffisamment de marchandises à transporter. J’aimerai négocier avec vous le transport de vos marchandises et l’utilisation de vos comptoirs.

Honor savait d’où lui venait cette main d’œuvre, mais elle ne se doutait pas qu’il viendrait proposer ses services de transport. La discussion s’engagea, et toute la famille resta présente, sans que James ne s’en offusque. Un premier accord fut proposé à l’essai. Ce fut surtout l’occasion pour James de revenir.

L’association fut plus fructueuse que prévu. La profusion de marchandises que les Harrington pouvaient se procurer était largement suffisante pour occuper les caravanes de James et surtout, le réseau souterrain du convoyeur, leur offrait de nouveau client.

Régulièrement, James revenait au manoir, et y menait une cour raffinée et sincère à Honor. Les défenses de cette dernière cédèrent les unes après les autres et deux plus tard, la main de la jeune femme fut demandée et donnée à James Geary. Toutefois, Honor resta Harrington, à la demande expresse de son futur époux. Mon nom n’évoque rien, à personne. Je souhaite, en épousant votre fille, vous offrir tout ce que je possède, pour n’avoir plus qu’elle. S’ensuivit une série de déclaration d’amour qui faisait rougir Honor de mièvrerie.

Au printemps, sous un soleil doux et un ciel bleu, les deux âmes s’unirent pour leur plus grand bonheur. Car si l’union était politique et économique, elle ne déplaisait pas aux concernés. Si bien que l’union fut aussi vite consommée et porta rapidement ses fruits.

Un an plus tard, naquit le premier fils d’Honor et de James Harrington,

Chimères et Exode.


S’ils avaient pu prévoir que tout se passerait aussi mal. Une ombre maléfique avait plané sur le continent et même un dieu était sorti de son silence pour ordonner aux peuples humains, elfiques et vampiriques de prendre la fuite. Les combats avaient été sanglants et les défaites s’enchainaient. Honor était assez intelligente et fine stratège pour savoir que ce que les généraux appelaient victoire étaient au mieux un statu quo.

Honor et James avaient quitté Gloria depuis longtemps pour une ville côtière. Dans différents ports, ils avaient entrepris la construction de bateaux de commerce, bien que le transit intra continentale par les canaux soit bien plus intéressant. Ils souhaitaient mettre en place des routes supplémentaires, expérimenter la mer et essayer de construire des vaisseaux plus rapides, qui justifieraient de longer les côtes pour le transport de certaines marchandises. Cela n’avait mené à rien d’autre qu’à des échecs jusqu’à présent, mais le soir, dans leur lit conjugal, quand leurs enfants dormaient, les deux époux se prenaient à rêver ensemble de nouveaux territoire, d’exploration, des continents encore inconnus,, de ville au-delà des océans, où leurs immenses voiliers iront les cales pleines de marchandises, de mondes qui n'appartenaient qu'à eux. Ils voyaient les petits chantiers navals devenir immenses et partout, le nom Harrington flotterait, en hommage des précurseurs.

Jamais, ils ne crurent qu’on puisse avoir besoin aussi vite de chantiers navals, ni de leurs ingénieurs et de leurs ouvriers. Jamais ils n’auraient imaginé qu’ils allaient s’associer avec des dizaines d’autres marchands afin de récolter l’argent nécessaire à la construction non pas de quelques caravelles, mais d’une flotte, faîte d’immenses vaisseaux, villes flottantes. Il allait falloir former les matelots, les capitaines, trouver le matériel. Et rien de tout cela ne sera rentable. A moins que…

La catastrophe était évidente et s'ils se contentaient de réagir, ils disparaitraient. La famille Harrington au complet, et leurs alliés décidèrent que dans des périodes de troubles aussi importants, l’union fera la force. Séparément, chaque groupe de marchand aurait pu construire un ou deux vaisseaux, peut-être trois dans le temps imparti. Le transport de marchandises et le tri vers leur chantier respectif leur faisant perdre autant de temps que d’argent. Et puis, il fallait aussi les espaces dédiés, les structures et Si Harrington possédait deux chaniers navals permettant de construire de si grands navires, les autres llaient devoir adapter les leur à la demande. Il fallait allait plus vite.

Dans le comptoir Harrington, ce fut pas loin d'une vingtaine de marchands humains qui s'étaient réunis à l'invitation de la famille Harrington. En tête de table, se tenait Honor, son père et sa mère à sa droite, son mari et sa soeur à sa gauche, son ainé sur une chaise derrière elle. Elle se tenait droite, appuyer sur la table. Ses cheveux en un chignon serré, la mine sévère. Sa tenue blanche lui conférait la présence divine d'une apparition à la lumière fade des bougies. Tous les hommes et les femmes présents discutaient énergiquement mais tous se turent dès qu'Honor prit la parole. Je vous remercie d'être venus.

Elle dévisagea ensuite chacune des personnalités présentes. Ils étaient tous venus, ils avaient tous compris le danger et s'étaient tournés vers la seule personne qui les avait toujours doublés. Malgré son jeune âge, il n'y avait personne autour de la table, pas même son père ou sa mère, qui puisse rivaliser de flaire avec Honor, et elle le savait. Dire que l'heure est grave serait un euphémisme. Commença-t-elle d'une voix d'alto calme et ferme. Personne ne bougea dans l'assemblée. Tous attendaient son idée. Notre monde est condamné à disparaitre et si notre espèce va survivre quoi que nous fassions, notre mode de vie lui est voué à mourir. Nous tous, avons toujours réussi à tirer notre épingle du jeu indépendamment les uns des autres, parfois au détriment d'un concurrent mais jamais jusqu'à sa disparition complète. Elle laissa un nouveau silence pour sonder les regards perplexes des convives. Nous sommes tous assez forts pour porter la construction de nos propres vaisseaux d'exode et nos vies ne sont pas réellement en danger tant que les combats restent loin de nous où des personnes, comme mon frère, se battent et meurent pour nous faire gagner le temps dont nous manquons terriblement. Cependant, dans le nouveau monde qui nous attend, ce que nous sommes ici ne vaudra plus rien et tout ce qu'il nous restera sera ces bateaux. Plus de comptoirs, plus de manufactures, plus de richesse ou de biens à acheter. Plus de routes, plus de cartes, plus de marchés. Construisons nos bateaux et nous disparaitront.

Un homme se dressa et parla d'une voix forte et méprisante. Vous nous avez fait venir ici pour nous dire qu'il vaudrait mieux mourir ici? Je n'en vois pas bien l'utilité et... L'homme s'arrêta en voyant le regard acier d'Honor se posait sur lui. Son expression faciale n'avait pas changé, mais une lueur meurtrière s'était allumée dans ses yeux et l'homme se rassit en déglutissant avec la désagréable impression d'être une souris qu'un faucon toiserait avec gourmandise.

Honor reprit comme si l'interruption n'avait pas eu lieu. Il y a toutefois une solution à tout cela. La puissance d'une nation, tout comme sa durée dans le temps, tient de son union, de son unicité et de la capacité des différents partis à m'être leurs querelles et intérêts personnels de côté en temps de crise. Mesdames et messieurs, vous êtes tous d'une intelligence rare et la puissance de vos familles le démontre chaque jour, et je ne vous ferais pas l'affront de vous rappeler à quel point notre avenir est en danger. Mais j'ai peut-être la solution. Je vous propose de nous unir. D'abord pour construire les vaisseaux qu'il nous faudra en mutualisant nos moyens, mais plus encore. Je vous propose de créer une grande Alliance marchande, qui nous permettra de mettre en commun notre énergie constructive. Je vous propose que dans le nouveau monde, vous n'ayez pas à payer une quelconque taxe de stationnement à une autre famille, ou un accès à un comptoir. Je vous propose que tous ensemble, nous bâtissons des comptoirs, que les futurs canaux soient le fruit de nos contributions communes. Que les vaisseaux à construire soient à tous. Mais plus encore, je vous propose de peser autant qu'un état, autant qu'un empire. Individuellement, qui a réussi à obtenir de l'empereur une baisse de taxes ou un passe droit sans batailler ferme, user de pot de vin et autre voie souterraine. Individuellement, nous ne sommes qu'une voix parmi d'autres et ce que nous n'offrons pas, d'autres le feront. Par contre ensemble, nous aurions le poids nécessaire de faire plier les puissants, car nous serons leurs égos, et parfois même, leur supérieurs. Elle laissa planer ce mot un instant. Dans le regard des attablés, certains avaient été convaincus dès les premiers mots, prêt à tout pour leur survie. D'autres s'étaient laissés convaincre au fur et à mesure. Certains avaient encore de la méfiance dans le regard et allaient discuter ferme pour ne pas se faire embrouiller et les derniers allaient s'opposer dans un premier temps par principe. Le reste de la soirée se passa comme Honor l'avait prévu. Opposition, acceptation, rédaction des termes de l'Alliance.

Finalement, le traité fut rédigé et signé par chaque personne présente. Chaque famille acceptait de reverser l'intégralité de ses biens à l'Alliance, car elle ne pourrait de toute manière pas les conserver. Ainsi, son investissement lui donnait un certain poids décisionnel dans cette Alliance, rapport de la fortune apportée sur l'ensemble de la richesse du groupe. Il fut accepté que tout marchand humain pouvait signer dans les mêmes conditions et les sanctions furent définies en cas d'entorse aux différentes règles. Chacun était libre de prospecter de son côté pour s'enrichir dans le nouveau monde à condition de payer une part d'assurance à l'Alliance. Les biens de l'Alliance étaient loués à chaque membre à des prix coûtants. Des précisions seront apportés quand à l'usage des navires construits une fois dans le nouveau monde. Car il était surtout question dans ce premier traité de la construction de navires d'exodes. Il devait y avoir au moins un vaisseaux par famille et chaque famille pourra y nommer un Capitaine marchands qui viendra siéger dans le conseil lors des grandes décisions. Ils acceptaient aussi de les prêter gracieusement à tous les rescapés, sans distinction de race ou d’origine, jusqu’à la construction d’un premier port dans le nouveau monde.

Leur organisation était indivisible et toute action individuelle visant à la déstabiliser ou un détruire un de ses membres serait puni avec la sévérité que la richesse de leur groupe leur octroyer. Ainsi fut créer la Hanse marchande, Alliance commerciale pour le nouveau monde.

Dès le lendemain, la construction d'une cinquantaine de vaisseaux fut organisée avec une efficacité encore jamais atteinte. Ils allaient y arriver dans les temps.

La tempête

Le vent gonflait les voiles comme s'il rêvait de les voir s'envoler. Mais jamais ces drôles d'oiseaux ne navigueront dans les nuages. Les immenses vaisseaux étaient condamnés à fendre les flots tels d'immenses pioches. Oui, aucun vaisseau n'avait la finesse des navire qu'Honor et James avaient pris plaisir à dessiner et faire construire. Il ne restait d'ailleurs que les dessins pour se rappeler ces aigles des mers. James avait juré que le premier navire à sortir des futurs chantiers sera une caravelle, un trois mâts, fin et élancé, taillé pour la vitesse, et pas un autre de ces balourds flottants qui ne méritaient pas le nom de bateaux. Honor avait sourit à cette déclaration avant d'embrasser fougueusement son mari pour tourner court à ses explications navales. L'homme avait rendu son baiser avec un léger retard que la passion faisait oublier.

Sur le pont de son vaisseau, Honor rêver de se baiser et de la chaleur de l'homme qu'elle avait appris à aimer plus que la vie elle-même. Hélas, il y avait beaucoup de navires et trop peu de capitaine compétent. Honor se tenait sur le Parangon, mais James était sur le Voyageur, deux gros balourds. Ils naviguaient à proximité, mais c'était déjà trop loin. Et si les transfert étaient possibles, faire l'amour dans une cabine de bateau, même celle du capitaine, n'était pas aussi confortable que sur terre. Et puis, c'était plus rare, moins intime.

Honor, à l'avant de son vaisseau, respira profondément l'air frais de la mer. Devant, les nuages noirs s'amoncelaient dangereusement, terrible menace. Une tempête à n'en pas douter. Si elle ne leur tombait pas dessus dans une heure, ce sera la flotte qui la rattrapera dans deux. Un dur moment à passer, où il faudra éviter que les vaisseaux de la flotte ne se télescopent. Honor soupira et retourna sur le château arrière.

Timonier, demandez la dispersion de la Hanse. Une tempête nous arrive dessus. Tout de suite capitaine.

L'homme d'âge mûr se dirigea vers un coffre plus en arrière et sortit une série de drapeau, qu'il se mit à hisser. Les fanions se retrouvèrent rapidement en haut du mats. Le code couleur annonçait la tempête et demandait la dispersion des vaisseaux selon l'ordre établit avant le départ. Petit à petit, les autres vaisseaux hissaient des fanion semblables pour transmettre l'ordre et accuser réception. Honor hocha la tête avec approbation. Monsieur Soulot, à vous les ponts. Je serais dans ma cabine en cas de problème.

Le second sauvait que sa capitaine aimait deux choses: tout savoir sur son vaisseau et que son équipage règle lui-même les problèmes sans qu'elle ait besoin de tout gérer. Sa demande voulait juste dire qu'elle attendait à ce qu'on lui signale les problèmes et les solutions. Elle n'intervenait pas pour gérer les problèmes des différentes parties de l'équipage, ce qui ne voulait pas dire qu'elle ne s'occupait de rien.

Honor rejoint sa cabine où sa fille l'attendait, lisant un recueil de voyage sur le continent qu'ils venaient de quitter. C'était un livre intéressant, bien que sa mère doute qu'ils retournent jamais un jour sur un lieu décrit dans le livre. Mais il transmettait d'autres informations, comme certains détails pour préparer une exploration, cartographier, étudier les découvertes. Honor s'attabla à son bureau et regarda les cartes obsolètes de son ancien pays, les comptoirs, les canaux. Elle les regardait maintenant d'un oeil plus critique que jamais, les rallongeant pour passer par une zone plus simple à creuser, les raccourcissant pour passer pour que deux se rejoignent en un point plus stratégique. C'était de l'amélioration post mortem en quelque sorte. Mais Honor espérait en tirer une expérience pour le nouveau monde. Et puis, elle n'avait rien de mieux à faire, sinon rêver de son mari.

La tempête frappa avec la violence de l'océan. Honor ne resta pas longtemps hors de sa cabine. Elle n'était pas nécessaire à la manoeuvre et même attachée, elle aurait été une gêne pour ceux qui avait réellement leur place sur le pont. A travers les flots, on ne voyait que par intermittence et très brièvement un autre vaisseau de la Hanse, mais il était toujours impossible de déterminer duquel il s'agissait. La tempête passa, le Parangon monta et descendit les vagues, tangua dans toutes les direction, craqua, bondit. Mais jamais, ne céda et finalement, le calme revint.

Honor ressortit pour voir ses hommes et femmes, les félicitant, sourit à l'annonce de l'absence de dommage et demanda à ce qu'on monte le drapeau d'identification de l'Intrépide. En haut, la vigie scrutait l'horizon à la recherche des navires voisins, ce qui devait se mettre en position à leur côté. Paladin, en place! Faucon en place! Innocence retrouvée, en vue! La liste continua encore, annonçant trois autres navires et le coeur d'Honor se serra. Il en manquait un.

La capitaine se saisit d'un porte-voie. Vigie! Je n'ai pas entendu! Pouvez-vous répéter? Et l'homme dans son nid de pie recommença la liste. Il en manquait toujours un. Ce devait être une erreur, un oubli. Aucun signe du Voyageur? Réponse négative. Honor se força au calme. La tempête a pu l'éloigner et il lui fallait du temps pour se remettre en place. Elle se força au calme et attendit. Une heure passa. Sa fille la rejoignit et les deux femmes aux cheveux blancs fixèrent l'horizon, les mains dans le dos, dans une posture similaire.

Deux heures, puis trois, puis six. La nuit était tombée, et si on ne pouvait plus identifier les navires, on pouvait mieux les voir grâce à leur lanterne. On en vit donc d'autre, mais ils avaient la position des autres vaisseaux de la flotte. Puis le jour se leva. Pas de trace du Voyageur. Honor attendit, elle remplissait toujours ses devoirs, et entre temps, elle fixait l'horizon, cherchant le navire qui portait son homme et son benjamin. Elle attendait parfois seule, parfois avec sa fille.

Quand vint le continent, quand vint le nouveau monde, quand vint le temps de mettre en place le nouveau système, d'établir la Hanse, Honor dut acceptait la réalité. Froide et autoritaire, comme elle le fut toujours en période de crise, comme elle l'ai toujours quand il fait être sérieux.

Le nouveau Monde.

Terre en vue! Terre! La vigie hurlait à s'en détruire la gorge, les poumons, presque à tomber de son poste. Le même cri pouvait se faire entendre au loin, sur les autres navires. Les voyageurs, passagers comme marins surgissaient en immense foule pour observer l'avenir qui les attendait. La courbe de l'eau les empêchait encore d'apercevoir la terre promise et annoncée. La cloche de branle sonnait à tout rompre pour réveiller les dormeurs et ceux qui n'avaient pas entendu l'annonce.

L'ordre du navire, pourtant rester impeccable malgré la durée du voyage et l'oisiveté forcée, était momentanément brisé, et même l'arrivée d'Honor sur le pont ne ramener pas une once d'ordre. La jeune femme se tenait droite dans sa tenue uniforme, blanche et gantée, montant sur le chateau arrière, à côté de la barre, regardant l'horizon indéchiffrable, la mine sérieuse. Elle ne s'était pas encore remise de la disparition de son mari, et son coeur n'arrivait pas à se réjouir de la fin du voyage. Tout ce qu'elle voyait était des rêves qu'elle allait devoir affronter seule.

Mère! Mère! Léopoldine était en bas du château, sur le pont, un sourire à l'opposé de la mine de sa mère. Elle portait des vêtements similaires à sa mère et avait elle aussi un chignon serré qui retenait ses cheveux blancs. Nous y sommes arrivés. Nous avons réussi. Elle repartit se mêler à la foule pour essayer d'apercevoir la terre et savourer le bonheur partagé de tous. Honor sourit finalement en réponse à l'enthousiasme de sa fille.

Messieurs. Tonna sa voix. Il est temps de solliciter un peu ce gros balourd de navire. Hisser les bonettes, cette terre nous a attendus suffisamment longtemps.

Des mouvements se firent lorsque le bosco siffla pour rappeler à l'ordre les membres de quart. On escalada les mâts et de nouvelles voiles furent tendues. Le vaisseau sembla bondir dans l'eau dans le rugissement du bois brutalement solliciter. Léopoldine avait rejoint sa mère, dans une position similaire jusqu'à ce qu'un regard de sa mère la fasse encore plus sourire. Elle ferma les yeux et se concentra. Le vent se mit à forcir un peu. Pas beaucoup mais suffisamment pour encore le faire accélérer. Il était maintenant un oiseau, aux ailes parfaitement blanche et commença à prendre la tête du convoi, distançant pendant un temps le reste du groupe. Mais très vite ces derniers limitèrent et la flotte de la Hanse accéléra vers la mince ligne qui apparaissait à l'horizon. Allait plus vite, cela ne servirait à rien, si ce n'était que rendre le moral des survivants meilleurs à mesure que leur nouveau monde se rapprocher.

Une baie n'aurait pas suffit à installer la flotte. Pas même celle de la Hanse. Alors on jeta l'ancre et on entama le ballet des barges, transportant hommes, femmes, armes, matériels, tente. On commença rapidement à dresser des cartes des avoisinants, défricher. Devant une immense tente, se tenaient l'ensemble des membres de la Hanse. Pas juste les représentants, mais chaque membre des familles qui formaient cette alliance marchande. Tous regardaient, attendaient que parle celle qui les avait unis, qui leur avait permis de réussir et de survivre.

Cette terre est à présent nôtre. Ce monde est nôtre, bien qu'il ne le sache pas encore. Notre alliance a su prouver au monde notre capacité à nous adapter. Mais surtout, nous a montré notre force. Ensemble, nous sommes puissants, ensemble nous sommes invincibles. Profitons de cette force pour prendre ce qui nous est dû. Sans abandonner notre liberté et notre indépendance,  restons dans cette alliance qui nous assure une force que tous ne pourront que rêver. Je propose la création définitive de la Hanse, comme force politique, commerciale et militaire de ce nouveau monde. Qui est pour. Sa voix avait résonné calmement, tous l'avaient entendu car un silence s'était installé, et elle leva la main à son appel au vote. Il y eu quelques murmures à mesures que les mains se levèrent. D'abord, toute blanche, la famille Harrington suivait évidemment celle qui avait pris les rennes de la famille avec succès. Les plus proches partisans et amis des Harrington ne prirent pas plus de temps pour joindre leurs mains en l'air. Puis se fut des mains qui se dressèrent avec ferveur, parfois en groupe, parfois isolément dans une famille encore indécise qui suivait la décision du plus brave. Finalement, l'ensemble des bras se leva, personne ne doutait plus de la nécessité, ni de l'utilité d'une pareille alliance.

Honor sourit. Bien, il est maintenant temps d'aller voir l'empereur pour lui faire comprendre qu'il devra composer avec nous.

Une délégation fut formée et on demanda audience au jeune empereur. Il fut alors décidé que la Hanse participerait activement à la construction du premier port, de la futur Sélénia, et que la moitié de ce port lui reviendrait pour un usage libre et sans surveillance. Ce ne fut que la première demande des marchands. Libre circulation, possession gratuite des maisons de la Hanse dans chaque futur ville, concession sur les canaux. Ils demandèrent à établir leur main mise sur l'ensemble du futur commerce intérieur de ce qui devrait être un nouvel empire uni. Et ils l'obtinrent.

Lorsque les conflits internes à l'humanité explosèrent, la Hanse eut la bonne idée de ne pas s'associer à un camp ni à l'autre. Bien que leur plus grandes infrastructures se trouvaient à Sélénia, l'Alliance marchande ne fit aucun effort dans le sens de l'empire, ni n'aida plus l'alliance des cités libres. Mais cela ne voulait pas dire qu'elle ne profita pas pour vendre et transporter ressources et matériaux à qui voulait bien y mettre le prix. Ps d'armes, pas d'armées,. Fer, cuir, bois, céréales, viande, tout ce dont la population avait besoin. Rien pour faire la guerre. Le cynisme des marchands en quelques sortes.



Dernière édition par Honor Harrington le Lun 12 Nov - 21:29, édité 4 fois

Re: Lady Honor Harrington [Terminé]

le Mar 6 Nov - 16:47
Je pense que ma fiche est terminée.
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Re: Lady Honor Harrington [Terminé]

le Mer 7 Nov - 22:15
Je vais m'occuper de ta fiche ^-^


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Re: Lady Honor Harrington [Terminé]

le Ven 9 Nov - 21:59
C'est parti pour un premier passage!

Caractéristique : Furtivité médioce le passer à Faible minimum

Equipement : Pas de problème pour une description rp, mais tu dois faire apparaitre clairement au début de quoi il s'agit. Mets au début le nom de l'objet avec ce que c'est et ensuite la description rp.

Description physique : tu décris plus tes objets que ton personnage, c'est assez dommage,  étoffe un peu plus la description d'Honnor, seulement d'Honnor.

Description mentale : Idem que la description, physique, j'ai toutefois bien aimé le fait que tu te serves de ton navire pour comme reflet de la personnalité de ton personnage. Mais il y a matière a dire plus sur elle, son histoire est très belle et très riche tu pourrais faire le bilan de ce qu'elle a apporté et comment elle a rejailli sur Honor. Se faire tromper par Nathaniel, perdre son fils et son mari. Mais il serait également bien d'avoir ton ressentit sur les graärh et comme c'est une marchande, sur la piraterie. Tu dis dans tes liens que "l'existence des Vaisseaux de Marchand Armés vient en grande partie de la présence de l'elfe sur les mers" sans se focaliser uniquement sur le ressentiment qu'elle a envers Nathaniel, l'organisation des Vaisseaux de Marchand Armés est aussi là pour faire face à la piraterie, mais on n'a pas d'explication, va plus en profondeur.

Liens : Ok

Histoire :
Une très bonne histoire agréable à lire, un début assez doux avec l'introduction des membres de la famille qui ont tous eut une influence sur Honor, s'ensuit les évènements ayant seccoué l'ancien continent et tu nous offres là une autre vision de ces derniers et ce du début jusqu'au départ du continent.

Je n'ai qu'un regret, c'est de ne pas voir celle-ci ne pas se prolonger à l'arrivée en Tiamaranta quand les races commencent à s'établir. Ca aurait été très intéressant d'avoir le ressentit du personnage sur l'archipel mais aussi voir comment elle aurait continué à se construire là-bas et surtout à vivre la perte de son fils de son mari.

Ton histoire est déjà assez longue, mais il serait intéressant de voir un dernier chapitre traitant de cela et particulièrement de la position que va adopter ton personnage, en tant qu'humain, dans la crise qui va séparer les humains entre l'empire sélénien et l'alliance. A la limite, si tu ne le traite pas dans un nouveau chapitre d'histoire, au moins le traité dans ta description mentale car ca a forcément eu un impact sur ton personnage.

Hormis ce fait j'ai remarqué quelques fautes d'étourderies, une petite relecture ou un passage de correcteur pourrait te permettre de les éliminer.

Enfin deux choses qu'il faut que change :

"C’était Blanche qui surveillait les comptes familiaux, mais au bout de quelques temps sous le joug de Vraorg, même ne comprenait pas comme ils pouvaient survivre ni d’où venait ces ventes de tissus, verres et autres bricoles dans des régions qui jusqu’à présent ne présentait aucun intérêt pour ces marchandises. "

"Il ne lui avait pas fallu longtemps pour comprendre deux choses : combattre Vraorg était suicidaire et ne pas en profiter pour arroser les deux camps aurait été dommage."

Il faut remplacer Vraorg par le Tyran Blanc.


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Re: Lady Honor Harrington [Terminé]

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