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La toile du rossignol (Ilhan)

le Jeu 3 Jan - 23:47
Mars 1763


Plus elle s’époumonait, plus elle se demandais si ces projets en valaient réellement la peine. Autant était-elle consciente que ses adversaires seraient trop satisfaits de la voir abandonner, Autone ne savait plus sur quelle corde tirer pour faire pression sur le conseil. Comment faire entendre raison quand la logique ne fonctionnait pas? Elle avait besoin d’aide, s’attaquer aux choses dont les politiciens se souciaient le plus : Leur image et l’or. Alors discrètement, elle devait montrer au conseil que Caladon allait porter le mauvais rôle si elle était la dernière à interdire l’esclavage. Et si les choses devenaient soudainement plus concrètes, à Délimar, peut-être aurait-elle un argument supplémentaire.

Avril rôdait dans l’esprit de la veuve et elle regardait les vielles robes colorées qu’elle n’osât plus porter depuis presque un an. Depuis Avril, elle n’avait porté que le noir et l’or. Peut-être était-il temps de mettre fin à ce deuil, mais cela lui semblait encore trop irréaliste d’aller de l’avant. Ce n’était pas quelque chose qui se décidait ou au moins, pas comme ça.

La petite dame posa une baie à sa fenêtre, le rossignol vint aussitôt, c’était l’heure où il venait la visiter. Elle caressa son aile de l’index alors qu’il mangeait. « Dis moi rossignol, à qui devrais-je écrire? » Elle sourit en pensant à ses contacts dans la ville, puis repassa en revue des anciens contacts, mais elle ne savait plus de quel côté prendre le problème. Elle se demanda comment Délimar s’occupait de cela. Autone avait entendu qu’il était bien plus mal vu de posséder un esclave dans la robuste. Elle se souvenait aussi d’un diplomate Délimarien qui fût présent à Cordont, mais qu’elle n’avait pas rencontré. Autone avait quelques fois entendu son nom. Ilhan Avente, peut-être accepterait-il de discuter avec elle?
Autone laissa une autre baie à l’oiseau et se dirigea vers son bureau. Elle sortit papier vierge et nettoya la plume sur laquelle l’encre de la veille avait séché avant de la tremper dans l’encrier ouvert.


Sir Ilhan Avente,

Je n’ai pu vous rencontrer lors de l’incident de Cordont mais peut-être vous souviendrez vous de ma présence.

Depuis le mois de janvier, je tente de faire entendre au conseil qu’interdire l’esclavage serait la meilleure chose à faire. Vous devinerez que tous ne sont pas d’accord avec moi et je suis à court de ressources. J’ai entendu parler que Délimar avait commencé à parler d’abolition, cela dit je ne connais pas votre position sur le sujet. Si cela vous convient, j’aimerais m’informer concernant la position de Délimar ainsi que plusieurs détails concernant l’exécution de la loi, car il ne suffit pas de l’interdire, cela ne ferait que déplacer le problème en marché noir. Peut-être pourrais-je trouver des ouvertures et des réponses aux nombreuses fermetures que je rencontre.

Je vous propose de me rencontrer au moulin des Lormiers, situé à mi-chemin entre Caladon et Délimar.
Cordialement,
Autone Falkire, conseillère de Caladon


Elle laissa la lettre sécher et hésita à quel sceau utiliser. Le rossignol, pour ses affaires personnelles, l’aigle des Falkire, pour ses affaires officielles. Elle fit fondre la cire bleu clair et prit le sceau de l’aigle après réflexion.

Lettre en main, le rossignol retourna à la fenêtre et remarqua un corbeau sur un arbre. Elle sourit et siffla pour attirer son attention. L’oiseau vint à la fenêtre et laissa la petite dame attacher le message à sa patte. Elle lui sourit en lui caressant l’aile. « Va porter ce message à Ilhan Avente, à Délimar. »   Il s’envola dans un croassement.

Quelques jours plus tard, elle reçut une réponse positive et fit ses bagages, promettant à ses belles sœurs qu’elle ferait vite et que cela ne s’étendrait pas aussi longtemps que lors de l’incident de Cordont.

Elle voyagea en carriole mais profita du voyage pour monter Itarille de temps en temps. Arrivée au moulin, elle portait sa robe dorée ainsi qu’une jupe longue, noire au-dessous qui servait principalement à cacher ses chevilles en restant bien agencé avec la robe. Puisque qu’elle arrivât avant le conseiller, elle attendit à l’extérieur et nourrit Itarille.





Nous nous sommes étendus
Dans la soie de nos regards

J’observe à présent le néant de l’irréalisme
Que tes yeux ont brûlés avec ton corps

Dis-moi, ai-je échappé mon cœur sur ce bucher?

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Re: La toile du rossignol (Ilhan)

le Jeu 10 Jan - 23:19
Bien Luther, merci pour ce compte-rendu, chuchota-t-il à travers l’anneau. Reste prudent.

Et sur ces mots, il coupa la communication avec son fou d’espion, l’un des plus fourbes et des plus audacieux que la Toile comptait. Luther tentait de s’infiltrer vers le port de Nevrast dans certaines communautés vampires. Les choses bougeaient là-bas, les vampires s’agitaient, divers groupes se formaient en leur sein et le Tisseur comptait bien observer attentivement cette évolution.

Pour tout dire, l’île entière semblait s’agiter. Les Graärhs aussi préparaient quelque chose, à coup sûr. Ilhan pestait de n’avoir qu’un seul espion sur l’île. L’homme était doué, certes, mais il ne pouvait tout surveiller. Le Tisseur n’osait toutefois envoyer d’autres membres sur cette île maudite, qui ressemblait en ces instants critiques à un volcan prêt à exploser. Luther s’était porté volontaire, mais c’était Luther… Il privilégiait toujours les missions désespérées ou suicidaires. Et il connaissait assez bien les vampires pour savoir comment passer, presque, inaperçu auprès d’eux. Avec quelques artefacts magiques bien choisis...

Ilhan s’empressa de noter dans l’un de ses carnets toutes les précieuses informations recueillies, dans son langage crypté personnel, puis scella le carnet d’un sort. Tant pis pour la taxe. Il n’avait pas le temps de sortir. Puis, posant plume et parchemins, il se permit un instant de pause et se frotta les yeux. Il fatiguait sérieusement. De plus en plus, il peinait à lire, parfois, et devait éloigner ses parchemins pour mieux les décrypter. Peut-être devrait-il songer à consulter un guérisseur. La vieillesse avait certains charmes, mais certainement pas ceux-là.

Soupirant, il s’apprêtait à replonger dans son travail, quand il aperçut soudain un corbeau voleter vers lui. L’oiseau se posa gracieusement sur son bureau sans l’ombre d’une hésitation tout en battant plusieurs fois de ses sombres ailes. En Althaïa, une vieille légende disait qu’à sombres oiseaux sombres présages… Ilhan chassa toutefois ses vieux souvenirs nostalgiques, et s’activa à dénouer le message qu’il voyait à sa patte. Aussitôt libéré, l’oiseau repartit. Ilhan ne le suivit pas longtemps des yeux et s’empressa de lire le message au sceau de l’aigle. Le sceau de l’une des conseillères de Caladon. Il pesta contre ses petites pattes de mouche, mais son humeur assombrie se réchauffa un peu à la lecture.

Bien… Bien, si Caladon voulait oeuvrer elle aussi pour l’abolition de l’esclavage. Délimar devra être la première, Ilhan y mettait un point d’honneur. Et tout était bien avancé pour que d’ici fin mars, voire avril si des événements majeurs les retardaient dans ce projet, l’abolition soit déclarée et officielle dans la noble cité. Mais si Caladon suivait peu après… Cela ferait taire les derniers récalcitrants et leur faciliterait la tâche.

Si Ilhan hésitait à sortir de la cité, surtout au vu des dangers qui rôdaient dehors, il ne se voyait pas refuser son aide pour un tel projet. Délimar avait tout à gagner, du moins beaucoup, dans cette rencontre. Mais cela voudrait dire des mesures drastiques de sécurité. Il ne répondit pas de suite, il avait besoin de l’aval de l’Intendante pour un tel risque. Il ne mit guère que quelques heures pour l’obtenir, même si, comme il s’y attendait, elle avait posé des conditions draconiennes. Mais il s’y plia sans protester, et n’avait lui-même envie de prendre aucun risque inutile dans cette entreprise de sortie.


Dame Falkire,

Je déplore effectivement de n’avoir pu vous rencontrer lors de mon passage à Cordont. Mais je me souviens parfaitement de vous, digne Conseillère de Caladon.

Je suis heureux de lire vos projets pour votre belle cité. Délimar nourrit les mêmes espoirs, en effet, et nous y travaillons ardemment. Il serait plus qu’intéressant que nous partagions nos avancées et puissions coordonner certaines de nos actions, autant que faire se pourra, sur cette question politique délicate.

Nous acceptons avec joie votre proposition et nous vous retrouverons au dixième jour de mars au moulin des Lormiers.


Avec nos plus sincères salutations
Ilhan Avente, Conseiller de Délimar



Le voyage se fit à cheval, lui rappelant douloureusement le fastidieux trajet jusqu’à Cordont. Cette fois il fut heureusement plus court. Moins ardu, le terrain étant plus plat, puisqu’ils avaient emprunté les voies par le Sud. Ilhan était sous bonne escorte de garde-loups, pas moins de dix fiers glacernois pure souche.

Ils arrivèrent, comme promis, au sixième jour de voyage, le dix mars dans la matinée. Le haut moulin se dessina devant eux et ses murs droits et fiers, sa grande roue puissante, se profilèrent bien vite sous le soleil de midi. Vêtu tout de noir, de son pourpoint bleu, et de son armure de cuir, Ilhan avait l’impression de cuire sur place et commençait sérieusement à ressentir, de nouveau, les douleurs féroces de tels voyages. Son dos le faisait souffrir et ses cuisses commençaient à le brûler.

Il se redressa toutefois et fit l’effort de prendre une posture plus digne quand il aperçut la conseillère de Caladon les attendant sur le seuil du moulin. Il la détailla rapidement du regard alors qu’ils approchaient. Robe magnifique, jupe longue, pouvant cacher toute arme au passage, la dame avait fait des efforts pour se rendre présentable, et surtout semblait avoir délaissé le noir pour quelques couleurs. Son deuil serait-il enfin fini ? Un fin sourire s’esquissa sur les lèvres d’Ilhan, en songeant à cette belle femme qui mériterait de trouver un homme digne qui pourrait l’aimer, la consoler. Il détacha toutefois son regard d’elle, et balaya rapidement les environs. Ses gardes, mercenaires de Caladon ?, les chevaux, la carriole… son regard sombre nota tout détail d’importance pouvant révéler une embuscade, un danger. Mais rien n’alerta ses sens, et même les garde-loups, dont trois avaient fait un rapide tour du campement avant de lui permettre de mettre pied à terre, semblaient confiants.

Alors, enfin, enfin !, il descendit de son cheval. Serrant les dents et se mordant la joue pour ne pas gémir de douleur. Il inspira un grand coup, avant de se retourner et d’avancer vers la conseillère, à pas lents, presque comptés. D’un geste un peu raide, il lui offrit une légère révérence, comme on le ferait à une belle dame, même s'il n'osa aller jusqu'à offrir un baise-main.

Dame Falkire, c’est un honneur de vous rencontrer enfin. J’espère que nous ne vous avons pas fait trop attendre. Et j’espère que vous pardonnerez ma mise peu présentable. La poussière de la route, voyez-vous, n’a pas voulu s’écarter à notre passage, fit-il en un fin sourire, tout en se redressant.





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