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Aeglos Evanealle [En cours] Empty Aeglos Evanealle [En cours]

le Dim 1 Oct - 14:33


Prénom et nom



Identité de votre personnage

Race : Elfe
Nom : Evanealle
Prénom : Aeglos
Surnom : Le banni
Date de naissance : 23 juin 1424
Age réel : 338 ans
Age en apparence : 29 ans
Lieu de naissance : Ancien Royaume Elfique
Lieu de vie : Nomade
Rang social : Noble
Poste/emploi : Vagabond

Caractéristiques (Cliquez ici pour les compétences)



Force physique : Faible
Agilité : Maître
Furtivité : Bon
Réflexes : Très bon
Endurance : Faible
Résistance : Très faible

Force mentale : Bon
Perception : Très bon
Intelligence : Bon
Beauté/charisme : Bon
Navigation : Faible
Magie : Moyen

Epée : Bon
Dague et poignards : Médiocre
Armes d'hast : Très bon
Armes contondantes : Médiocre
Hache : Médiocre
Fouet : Médiocre
Art du lancer : Médiocre
Bouclier  : Bon
Armes de trait : Médiocre
Mains nues/pugilat : Faible
Equitation : Moyen
Dressage : Moyen


Equipement




  • Arme principale :  


- Gwearen  ou « la lame du vent »

Une lance unique, offert par Aramis Thrëde durant sa jeunesse, alors qu’il vivait parmis les siens. Cette redoutable arme de longue portée est l’un de ses biens les plus précieux, il la possède depuis plus de 300 ans. La lame du vent est donc composée de trois parties qui, le tout assemblées, font un peu plus de deux mètres. La lame, courbe et gracieuse, est à tranchant unique et s'achève en un léger arc de cercle ; il y est gravées de nombreuses spirales représentant le vent.
Glyphe unique :  Lorsque le porteur concentre de son énergie magique dans l'arme, celle-ci réagit et chaque coups de la lame sont prolongés par une lame de vent invisible. Ainsi l'on peut également se servir de Gwearen comme d'une arme de moyenne distance. La prolongation crée est tout aussi tranchante que la lame originale. Plus le porteur met d'énergie dans l'arme, plus Gwearen aura une longue portée, jusqu'à environ 5 mètres.


  • Autres objets :

-masque du bannit :

Un étrange masque nacré prenant la forme d’un demi-disque cachant la partie supérieure du visage, de la pointe du nez jusqu’au front, deux trous au niveau des yeux , dont les contours sont marqués par une couche d’or les entourant, deux longues extensions partant du dessous des yeux pour revenir décorer les joues blanches, les surplombants en un parfait arc de cercle, donnant l’impression de larmes longeant le visage du bannit et s’en détachant grâce à la vitesse du vent, leur pointes de métal laissant également pensées à des lames. Sont dessinés harmonieusement sur toutes la surface du masque des lignes noires, courbes, se renfermant parfois en spirales, elles sont censées représenter ce vent. Aeglos porte souvent ce masque pour cacher son visage de ceux qui seraient capable de le reconnaître.

-Flûte de Paix :

Petite flûte traversière, à mi chemin entre la flûte traversière pure et le fifre, fabriqué en bois de buis ou d'arbre fruitier, et de tonalité plutôt aiguë. Un instrumentiste expérimenté pourra en jouer toutes les variations, mais même un apprenti parviendra à tirer quelque son de cette flûte et surtout à en utiliser quand même l'usage principal : en effet cette flûte a la propriété que sa musique apaise les esprits, même les plus coléreux ou les plus désespérés. La douce mélodie de cette flûte permet d'apaiser les sentiments les plus néfastes et les plus exacerbés, apportant paix et réconfort quelque soit votre race, quelque soit votre alignement. Il n'est pas dit toutefois qu'une fois la musique éteinte ces sentiments ne flambent pas de nouveau...
Effets : apaiser les esprits, apaiser la colère, le désespoir, et tout sentiment pas trop fort et négatif. Apporter la paix et la sérénité autour d'elle... le temps de sa musique. Peut être contrée au prix d'un minimum de concentration.
Glyphe : Apaisement – Asbeth

-Flûte du vagabond :

Son deuxième instrument, bien que les notes soient beaucoup moins douces que celles de la flûte de la paix et bien moins apaisante, Aeglos la garde précieusement car il l'a fabriquée lui même lorsqu'il n'était déjà qu'un petit enfant, une flûte à bec classique en bois de bambou sombre. Il en joue très peu de par ses défauts de fabrication mais c'est uniquement avec cette flûte qu'il invoque la puissance du vent des montagnes.

-collier d'Orfraie :

De petites perles reliées entre elles par quelques solides fils. Aeglos s'en est servit pour subsister à ses besoins lors de son premier exil, il n'en reste plus que trois. Il ne vendra pas ces dernières, elles ont une trop profonde valeur sentimentale.

-Robe de danse :

De longs vêtements fins en soie nordique, cousus pour lui lors de son long séjour auprès des hommes de la vallée du croc du dragon. Description plus détaillée dans la description physique.

-Épée elfique :

La lame semble chanter une litanie fort mal appréciée des vampires au gré du vent qui siffle à chaque mouvement de sa lame. Ne répond qu'à son possesseur.
glyphe 1 : fidélité - Asbeth
glyphe 2 : lame siffleuse - élementaire






Description physique




Il n'est pas tant dur de le rencontrer, parmi les arbres et les montagnes, abandonnez simplement les plaines pour un endroit ou ne cesse de souffler le vent, sans violence, rien qu'une douce brise, apaisante et sereine, mais éternelle. De même que la mélodie qui y règne, vous n'avez qu'à vous laissez porter par sa musique, la laisser se fondre en vous et apaiser votre esprit, vous plonger dans une harmonie de sensations qui guidera votre cœur jusqu'à lui. Et alors, en haut de l'un des grands chênes de la forêt, assis sur une branche au milieu des feuilles mortes, vous serez à même de le voir.

Vous vous perdrez dans la neige sous une nuit étoilée, à la surface calme d'une mer infinie lorsque vous frôlerez du regard ses yeux froid, ses yeux dont vous pourriez admirer les iris des heures durant. Immédiatement, vous stopperez tout mouvements, le temps n'aura plus aucune emprise, et les feuilles s'écouleront doucement selon leur fils. Un petit sourire au coin des lèvres, cependant trop appliquées sur la flûte pour vous faire part de sa voix douce, calme mais grave... mystérieuse, n’espérez pas savoir trop vite qui il est. Espérez vous seulement quelque chose ? Êtes vous là pour lui ? Ou le vent vous a-t-il simplement amené ici ?

Si vous arrivez à détacher votre regard de ses yeux, alors vous pourrez admirer sa peau pâle et fragile, recouvrant, vous pouvez le deviner, une musculature ferme acquise par des années d’entraînement. Son visage, s'il n'est pas camouflé par son masque, vous semble comme familier, mais s'il est agréable au regard,il est également décoré de deux cicatrices, l'une barrant la base de son nez horizontalement et l'autre son œil gauche verticalement, fins traits discrets, elles ne gâchent en rien la beauté de l'elfe. Peut-être que vous êtes venu pour vous laisser bercer par sa flûte, mais peut-être que vous êtes aussi venus pour le spectacle que peut offrir le musicien à l'oeuvre. Votre regard passe de sa peau pâle à ses cheveux qui vont avec le vent,  noir jaïs, aussi sombres que longs, il ne vous est pas dur d'imaginer qu'ils puissent retomber jusqu'à sa taille s'il était debout. Ils semblent coiffés en une longue queue de cheval, modeste et simple, faite avec d'une légère ficelle et qui les laisse déliés et libres. Enfin, en plissant un peu les yeux, vous distinguez de petites tresses décorées de perles sculptées en bois à leurs extrémités, devant et derrière ses oreilles pointues si caractéristiques des elfes.

Le spectacle, est de le voir là, perché à sa branche, ses longs doigts fins virevoltant sur son instrument de musique, ils semblent vifs, et malgré une apparence fragile, vous les devinez d'une poigne de fer. Lui semble un peu plus grand que la moyenne, peut-être à une dizaine de centimètres en dessous des deux mètres de hauteur, vous ne pouvez pas réellement le dire tant qu'il est allongé hors de portée, mais vous pouvez remarquer ses habits étrange. Il semble se couvrir de tissus, de longs vêtements similaires à une robe, lui permettant probablement des mouvements souples en ne laissant qu'un léger bruit de frottement trahir ses gestes brusques mais discrets. Il possède deux couches de ces vêtements, l'une est très superficielles, elle ne couvre que le haut de son corps en un long et ample foulard, enroulé tout autour de sa poitrine jusqu'à lui faire de vraies manches courtes autour des bras, et un épais col cachant, lorsqu'il ne joue pas de la flûte, la partie inférieure de son visage. Les extrémités de ce tissus qui ne sont pas enroulées autour de lui semblent flotter dans son dos, se mêlant à ses longs cheveux dans le vent. Sous ce tissus gris se distingue une épaulette droite particulièrement aiguisée, faite de différentes plaques de métal s'emboîtant les unes dans les autres, formant une grande pointe dépassant des différentes couches de tissus. L'archétype de cette armure légère se prolonge sur son avant bras, lui offrant une légère protection permettant de parer les coups. Ses autres vêtements se composent d'une robe légère recouvrant la partie supérieure de son corps, et ses avants bras, le tissus semble être extrêmement léger et ses manches longues et amples. Son bas semble également très long et tout aussi ample, il ne touche même pas la peau de ses jambes, un peu plus longues que la moyenne, permettant sans doutes de puissant sauts. Vous descendez un peu votre regard sur l'une de ses jambes qui pend dans le vide… Peut-être aime-t-il le contact avec la roche ou l'écorce car il est pieds nus.

La musique s'arrête, vous remontez les yeux vers son visage, ses lèvres sont nues et vous sourissent de façon bienveillante, derrière un masque de marbre, vous distinguez une regard mélancolique.

Vous sentez le vent se lever, il est fort, vous protégez votre visage avec vos avants-bras et, lorsque vous les baissez, il a disparu.


Description mentale




Mais qui est-il vraiment ? Une question à laquelle il est bien dur de répondre tant il se fait discret et solitaire, un guerrier solitaire, un artiste perdu dans le méandre de ses pensées, un homme masqué cachant à son entourage, mais surtout à lui même, le secret de la terrible vérité. Un sans noms. Quelque part, il suffit de se mettre à sa place pour le comprendre.

Depuis sa toute jeunesse, Aeglos a toujours été d'abord et avant tout téméraire et solitaire, quelqu'un au mental solide, mais continuellement mis à l'épreuve. Il n'en montre jamais l'évidence mais un grand flux d'énergie s'écoule en lui, le poussant vers l'action et la découverte, un rien semblait le motiver et l'émerveiller, petit déjà, il aimait apprendre et grandir, le sentiment de devenir quelqu'un, de créer quelque chose. Pourtant, toute sa vie, il n'a été que l'ombre des autres.

Car que ce soit aujourd'hui, hier ou demain, l'elfe est continuellement soumit à un désir intense de création, mais cela ne reflète en réalité que de la formidable quantité d'énergie qui sommeille en lui. C'est en effet, de cette façon qu'il a trouvé comment contenir cette force...
Car il le vit bien de lui-même : vivre pleinement cette force de caractère, s'enfoncer dans ses sentiments, rien n'est plus dévastateur. Aussi de petit être intrépide au guerrier qu'il est aujourd'hui, il a toujours cherché, trouvé et usé de différents moyens pour évacuer ses émotions. Dès ses premières années il avait la manie de grimper dans les arbres, de courir, sauter le long des branches de la forêt elfique, et a cet âge déjà il s'était révélé particulièrement doué, brûlant toute cette force en dépliant brusquement le genoux, pour se propulser dans les airs à grandes hauteurs, contempler le sol et sentir l'adrénaline déferler dans son corps, mais la peur ne le paralyse pas, et enfant comme maintenant, il retombe toujours sur ses pieds, sur de l'herbe ou de l'écorce. Le grand vide ne l'effraie pas, il l'attire. Qu'y a-t-il de plus poétique que de contempler sa destinée au travers des yeux de la montagne, devant l'immensité du monde qui s'étend face à nous, on se sent si petit et perdu. Contempler ce paysage  depuis les sommets du monde ne lui a jamais donné un quelconque sentiment de domination, ni même de liberté. Au contraire, il lui rappelle à quel point il est un être brisé.

Désespoir, jalousie, haine et honte. Émotions bien quotidienne à son esprit le marquèrent sa vie durant. Des sentiments qui détruisirent tout ce que la liberté pouvait offrir, tout ce que la vie pouvait offrir. Téméraire oui, et rancunier, jaloux. Il aura pu sentir en lui la flamme consumer l'air, l'élan que lui offrait le souffle du vent, et l'amener à commettre d'atroces actes en son honneur, la vengeance, une cause tout aussi noire, et pourtant si légitime, prouvant bien que le monde n'est pas un paradis mais un enfer.
L'elfe a honte de lui et de tout ce qu'il a pu faire, bannit à juste titre, il s'autorise à peine de contempler son propre reflet, et se sert d'un masque blanc pour se voiler le visage... Mais pas la face : Il est loin de fuir ses responsabilités et les conséquences de ses actes,  il demeure un elfe fidèle et honnête, il les affronte quotidiennement, et se bat tout les jours contre ses sentiments susceptibles de lui faire commettre d'autres crimes. Il développe continuellement le moyen d'étouffer les flammes qui le brûlent pour finalement faire de lui même non plus un personnage dévoré par la haine comme il l'a été ni une personne douce et aimante, pleine de joie de vivre comme il aurait pu l'être, mais quelqu'un de froid et silencieux, au triste sourire, mais quelqu'un de juste.

Aeglos est un personnage brisé, et il s'est petit à petit créé une barrière émotionnelle afin d'y survivre, protégeant ses démons de ce qui pourrait les éveiller, s'il sait maintenant comment les dompter, les conséquences de les avoir laissés semer le chaos le détruisent au point ou il n'est plus réellement capable d'entretenir une quelconque relation. Car l'amour ou l'amitié récompensent du bonheur mais peuvent punir de la douleur.
Cette douleur, à l'instar de la force qui l'habite, il la ressentira toujours, mais tôt dans sa vie d'adulte, il perçu comment l'évacuer : L'art, la création et le moyen d'y ajouter sa marque, son propre désespoir. Cette douleur est l'origine de ce besoin de créer, le chant de la flûte, la grâce de sa danse, Aeglos y voit là un moyen de vivre comme il souhaite, d'avancer, d'enfin trouver.. la paix.

Maintenant, c'est un homme reposé. Sa paix ; il est déterminé à la partager avec qui en aura besoin. Sa force, à en user pour la cause qu'il croit juste, celle d'un monde juste, il n'y aurait certes jamais sa place, mais s'il pouvait contribuer à son avènement alors il usera de son talent au combat, de sa dextérité, de son talent pour la précision et surtout, s'assurera que son art ne mourra pas avec lui. Il ne marquera pas le monde de son nom, ni de ses actes, ni de ses crimes, mais d'une plume anonyme qui écrira l'avenir et dont on ne connaîtra jamais l'origine. Car l'auteur n'aura jamais signé son œuvre, il ne veut pas salir une chose aussi belle qu'un royaume unit de son nom. De ce fait,  Aeglos est mort, son âme s'est envolée mais son corps vit toujours, habité par ce désir de création et de paix. L'elfe n'a plus de nom. Le masque blanc est son seul visage, le pinceau armé qui guidera les siens vers la paix.

Alignement : Juste, humble et dévoué à sa cause, il a décidé de vouer son existence à la sculpture d'un monde de paix.



Histoire




I.La caresse de la brise faisant voler leurs cheveux.


« C’est mon fils. »

Les mots s’échappèrent de sa bouche sèchement, avec difficultés, des mots emprunts de dégoût, des mots douloureux. Pourtant Ils ne furent  qu'un murmure…

« Tu en es sûre ? Que c’est mon fils ? »

Ils se firent cette fois plus prononcés, les consonnes étaient plus marquées et l’elfe osait regarder son amante dans les yeux, des yeux humides, d’un bleu océan si profond, que l’on aurait pu y plonger pour ne plus jamais remonter, c’est d’ailleurs ce qu’il avait fait, auparavant, mais le niveau de l'eau avait finit par baisser, et il fut forcé d'en retourner à la surface…avec un enfant dans les bras.

« Oui.»

Lui souffla-t-elle, dans un chuchotement.  Dès que la réponse naquit de ses lèvres, le vent sembla se lever et parcourir chacune des feuilles restantes de l’immense chêne sous lequel ils se tenaient, provoquant une symphonie naturelle, une seule note, jouée de manière différente par chaque feuilles, la musique reposante couvrant le son que fit l’une des larmes de l’elfette qui glissa de sa joue pâle vers celle des feuilles mortes.

C’était une nuit d’automne, les feuilles du chêne jaunissaient, puis chutaient, et c’était sous une pluie de semences de l'hiver que les deux anciens amants se contemplaient. Ils étaient deux elfes, au milieu de la nuit, éclairés par de faibles lucioles. Parmi la verdure, à leurs pieds, un berceau, qu’elle avait posé avec soin, et lui, la fixait, sans faire attention au petit cocon de soie. Ils ne dirent plus mot, pendant plusieurs minutes. La caresse de la brise faisant voler leurs cheveux.

« Il doit mourir. »

Les pupilles de la femme s’agrandirent légèrement à ces paroles froides et décousues, ce ton si glacial, mais elle le connaissait, elle s’était attendue à cela, au refus total, à l’irresponsabilité de cet homme qui pouvait aller jusqu'à la entrainer la mort d’un innocent à peine né. Malgré cela, elle n’avait pas pu se préparer à y répondre et à refouler ses larmes, mais elle avait un argument qu’il ne pouvait pas réfuter.

« On ne peut pas le tuer, c’est notre fils, c’est un elfe. Nos enfants sont rares, nous devons les protéger Naraën. »

Il ne répondit pas, il ferma les mains, resserra douloureusement ses poings, mais il ne pouvait laisser éclater sa colère, c’était indigne d’un elfe, c’était indigne de celui qui dirigeait le conseil.

« Je ne l’élèverai pas comme mon fils. »

« Ce n’est pas ce que je te demande. »

...

« Tu ne l’élèveras pas comme ton fils. »

Elle étouffa un sanglot. Quelques lucioles s’éteignirent, le vent se fit plus fort, quelques branches craquèrent.

« Je t’en prie… »

Naraën s’approcha d’elle, passa une main dans ses cheveux noirs, caressa sa joue humide… Tellement de honte émanait de cette femme, elle était si faible, il la dominait si facilement, comment avait-elle bien pu faire pour le séduire ? Il s’était convaincus que tout était toujours venus d’elle, qu’il n’avait fauté que par sa faute, à elle, et à elle seule. Et cette faute… l’enfant en était le symbole.
Il devrait l’étouffer, il devrait l’éliminer, mais elle avait raison sur un point, c’était une chose impossible, car il aurait payé très cher la mort d’un de leurs enfants, du sien qui plus est, un infanticide elfique. Il ramassa le berceau, le tenant loin de sa poitrine, face à lui, comme s’il ne tenait qu’une pile de paperasse détestable, et fit volte face. S’éloignant du tronc de l’arbre millénaire pour s’enfuir dans l’obscurité. Il ne lui dit même pas au revoir, elle savait ce qu’elle avait à faire… Et pourtant elle le suppliait encore, de sa petite voix fluette, mais qu’attendait-elle ? Il s’arrêta sans pour autant se retourner.

« Tu sais ce que tu as à faire, fais tes valises et part dès l’aube, si demain l’on te retrouve parmis nous, le conseil te bannira. Je t’avais prévenue que je n’avais pas le choix si ce jour arrivait… Demain à l’aube, tu ne feras plus partie du royaume. »

Sans lui laisser la possibilité de répondre, chose qu’elle n’aurait pas fait, le conseiller elfe s’enfonça alors avec son fils dans la nuit noire, dans les murmures incessants de la brise qui se soulevait, étouffant les pleurs d’une elfe à genoux sous le chêne.

Le lendemain, à l’aube, l’enfant fut confié aux Ataliels.

Le lendemain, à l’aube, l’on annonça le suicide de Gweria Thredë, mère ainsi insoupçonnée du dénommé Aeglos Evanealle.

II.Aeglos Ataliel.

Durant sapetite enfance, l’enfant reçut les soins d'Orfraie Ataliel, sœur de Ëariel Ataliel, mariée à Naraën Evanealle. Il n’avait pas été dur pour elle de deviner que cet enfant était celui de Gweria et lui, tant il avait été silencieux lorsqu’elle lui posa la question le soir ou il était venus la trouver. Cela avait fortement détérioré sa relation avec le conseiller elfique, mais elle n’en fit jamais part à sa sœur, sans doute pour lui éviter la honte. Néanmoins, Aramis Thrëde fut désignée par la princesse comme entraîneuse au combat. Aeglos apprit alors à manier une lance elfique à tranchant unique forgée spécialement pour lui, nommée Gwearen, éternel cadeau d'Aramis.

Il grandit donc sous le nom d’Aeglos Ataliel. Fils adoptif d’Orfraie Ataliel.

Elle fut toujours bonne avec lui, une mère aimante et douce, il ne garda que de bons souvenirs de cette époque là, de ses premières années. Mais à cet enfant insouciant et terriblement fragile manquait un père, et même si Orfraie lui cachait la vérité par pur devoir protecteur, il était continuellement à la recherche de son géniteur, et il lui arrivait de croiser les yeux de nombreux elfes en se demandant s’il ne pouvaient pas être son père… y comprit Naraën.

Étant jeune donc privilégié, et membre incontesté de la famille royale malgré les difficultés qu’Ofraie avait à le faire valoir, Aeglos vivait comme tel et dans le luxe que l’on réservait aux nobles elfiques.
Durant ses premières années il se montra être un enfant très sage, refoulant sans cesse son caractère téméraire pour plaire à sa mère adoptive, mais ne tenant pas en place, il s’échappait souvent de nuit comme de jour pour courir dehors sans réelle direction ni but, grimpant en haut des arbres, les plus grands de la forêt. Aeglos aimait sentir l’air siffler autour de lui, il aimait la hauteur, il avait la sensation que le vent lui murmurait des secrets…

… Des secrets se transformant en intuitions, des intuitions dangereuses, qui l’amenait peut-être à répondre à la question suivante : « Si Orfraie n’est pas ma mère, qui sont mes parents ? »

--------------

« Monsieur ? »

Il se rendait au conseil, escorté de deux gardes lanciers, ses longs cheveux flottant dans le léger souffle de vent, éphémère phénomène, qui n’apparut que lorsque la petit voix fluette émana de son dos. Il se retourna, le visage sévère.

« Que veux-tu ? »

Il faisait face a un petit garçon, d'une coiffure noire de jais, ses cheveux taillés court lui donnant l’impression d’avoir un hérisson posé sur le crâne tant ils étaient ébouriffés, et une petite natte était tressée devant chacune de ses oreilles, ses grands yeux bleus profonds lui donnaient l’impression que l’on puisse s’y perdre, il les reconnut tout de suite, ceux de la Thredë, ces yeux de gel, Aeglos portait bien son nom, son fils se tenait devant lui.

« Je cherche mes parents, tu sais ou sont mes parents ? »

« Orfraie doit être à sa demeure, rentre chez toi. »

Le gosse ne le vouvoyait même pas, il était jeune, mais malgré qu’il l’ait confié aux Ataliel dans l’espoir qu’ils fassent de lui quelqu’un d’utile, ils semblaient trop incompétents pour lui apprendre ne serait-ce que le respect.

« Maman m’a dit qu’elle n’était pas ma vraie maman, je l’ai toujours su, mais je te vois souvent monsieur, on m’a chuchoté que tu savais des choses. Est-ce que tu connais mes vrais parents ? »

« Qui t’as raconté ces histoires ? »

« Le vent. »
Naraën avait une fois encore beaucoup de mal à rester de marbre, et son regard se fit plus dur encore, il aurait peut-être pu se montrer violent s’il n’était pas encadré par ses gardes, il devait rester digne, et irréprochable. Il en toucherait deux mots à Orfraie, s’il découvrait que leur pacte avait été rompu…

« Aeglos ! »

La voilà qui déambulait dans les escaliers de marbre et courait après son fils. La princesse vint entourer le môme de ses deux bras et le ramena contre elle.

« Excusez-le, c’est un enfant très turbulent, je vous souhaites une bonne journée Naraën. »

Et elle emmena son fils hors de sa vue, qui ne faisait rien pour résister aux ordres de sa mère, se contentant de le fixer alors qu’elle le ramenait chez eux.

Aeglos fut averti, sa mère le lui dit.

« C’est homme est très dangereux, je t’interdis formellement de lui parler. »

Et Aeglos comprit que le vent avait eu raison.

III.Thëresa.

Aeglos grandit, il se détacha petit à petit de l’idée de retrouver sa mère, cet homme, Naraën, l’ignorait et refusait de lui parler, et Orfraie était paniquée à l’idée qu’il puisse l’approcher. Les années passèrent, sans que rien ne change jamais, il se contentait de se rendre aux plus hauts points du domaine elfique pour y jouer de sa flûte, un instrument qui lui tenait à cœur et qu’il avait taillé lui même, loin d’être parfaite, elle avait cependant un son qui lui était propre. A côté de cela il menait ses études à bien, car il bénéficiait des meilleurs professeurs, s’intéressant petit à petit bien plus sérieusement à l’art de manier la lance et le sabre, et se coupait de toutes relations sociales.  Il avait des difficultés à approcher une autre personne, et surtout, n’en voyait pas l’intérêt, il sentait tout de suite le jugement des autres elfes, car si tout le monde ignorait sa réelle identité, l’on se doutait bien qu’il était le fruit d’une union perfide.

Les années passèrent et, à l’âge de soixante-dix ans il tomba tout de même amoureux, Thëresa, une jeune elfe à peine adulte, d’une beauté resplendissante… Ils ne restèrent pas longtemps ensemble, à peine quelques années après leurs rencontre, elle quitta vite ce jeune elfe peu amusant et un brin trop sombre pour un autre qui, semblait-il, avait beaucoup de succès auprès des femmes. La peine de cœur qui en suivit, bien que bête et primitive, le tourmenta grandement, faisant naître au fond de lui les premières flammes de la vengeance. Naissaient en lui la jalousie, la haine, et un matin, c’est le sabre à la main qu’il alla trouver le jeune Zadkiel Tarannon pour le défier en combat singulier. Pourtant, sur le trajet le vent soufflait à contre sens, ébouriffant sa crinière obscure, lui hurlant de ne pas commettre de faute grave, que les conséquences seraient terribles, il ne l’écoutait pas, il se disait qu’il ne le tuerait peut-être pas, qu’il lui ferait simplement ravaler son épée.

Aeglos avait beau être jeune et agile, Zadkiel était particulièrement doué de ses mains, et plus expérimenté, Aeglos se vit infliger une cuisante défaite, qui irait alors bien plus loin que ce qu’il avait pu imaginer.

Et pourtant c’était une chose dont il aurait dû se douter, car il le dit lui-même, le vent a toujours raison.

IV.Le vent a toujours raison.

Le fils du feu.
On chantait son nom partout, de grandes fêtes avaient été érigées en son honneur, ce matin là, Aeglos avait vu l’Evanealle rejoindre son épouse Ataliel, la sœur de sa mère, précipitamment, et par une fenêtre, intrigué, l’elfe dorénavant adulte et responsable, se retrouvait là à espionner la naissance de ce petit être, qui, sans qu’il ne le sache, était son demi-frère, et il se souviendrait toujours de ce spectacle, de la mère qui haletait dans la douleur, payant le prix du sang pour en avoir son enfant, et le père, le froid conseiller, l’homme dangereux, le gardien du secret, briser ce masque dont il se revêtait, et pleurer de toute les larmes de son corps sa joie et son bonheur. Oh.. Comme il semblait heureux ! Il le voyait bien, depuis la branche sur laquelle il était assis, à quelques dizaines de mètres de la fenêtre, ses yeux perçants distinguant le scintillement de ses larmes perlant des joues du père sur celles de son fils, alors qu’il l’embrassait passionnellement, tendrement, le petit Aegnor recevait là amour et bonheur, il était promit a un avenir très grand, et bientôt tous lui chantèrent louanges et destin de héro. A peine né, et le petit Evanealle s’était déjà attiré le mépris de son demi-frère, à peine né, lui possédait déjà plus de choses qu’il n’en avait eu en 100 ans d’existence.

Il ne pouvait plus penser qu’à une chose, sa naissance, à lui, avait-elle été aussi joyeuse ?

La brise s’engouffra par la fenêtre pour venir chatouiller les sens du nouveau-né aux yeux de feu, aussi ceux de son père, qui, jetant un coup d’œil à la dite fenêtre, aperçut Aeglos l’observant.

Aeglos Evanealle.

Il l’avait oublié celui-là, ce fils symbole de toute sa honte et tous ses secrets, un être dangereux, car son aîné, et Orfraie savait la vérité…

Si le couple impérial n’avait pas d’enfants, lui, Naraën, accéderait au trône, mais ce serait Aeglos qui y monterait après lui, ce n’était pas concevable, il ne devait pas faire d’ombre à Aegnor, à son vrai fils, qui était lui le symbole de sa réussite.
Une idée germa dans son esprit, le duel avec Tarannon avait fait du bruit, la raison tout autant, si Aegnor serait le héro, Aeglos serait le traître, et un traître ne montait pas sur le trône.

Dès le lendemain, un corps fut retrouvé, les soupçons avaient été redirigés et Aeglos fut accusé de meurtre sur la personne de Thëresa Ealmön.

Le vent a toujours raison.

V.Aeglos Evanealle


« C’est un meurtrier ! Il doit être bannit ! »

La voix rauque d’un vieux conseiller elfe retentissait dans la salle du conseil. Un autre, plus féminine, se fit entendre également.

« Quelles preuves avez vous que ce soit lui le meurtrier ? »

Les conseillers se disputaient au sujet d’un meurtre, des objections volaient ci et là, alors que le présumé coupable se tenait au centre de cette grande table ronde où chacun siégeait, sauf lui, debout, contemplant ses pieds..

Il n’avait jamais cessé de l’aimer, Thëresa, et elle était morte maintenant, il ne savait pas pourquoi, il ne savait pas comment, et maintenant on l’accusait de meurtre. Sa mère le défendait admirablement bien, de ce que ces oreilles acceptaient d’entendre, le monde entier s’était ligué contre lui. Son esprit confus et embrouillé, son cœur battant beaucoup trop fort pour qu’il n’entende autre chose que la pulsation irrégulière de son sang à ses oreilles.

« Le témoignage de Tarannon est formel. Il est venus le défier en duel par pure jalousie, il n’est pas dur d’imaginer que s’il n’a pas réussi à punir Zadkiel pour son bonheur, il l’a pu pour Thëresa. »

C’était Naraën qui avait parlé, il contempla des yeux le conseiller, ils étaient durs, les siens étaient humides. Orfraie reprit parole.

« On aurait très bien pu vouloir le faire accuser par ce seul argument ! Je le refuse ! »

La voix plus grave se faisait entendre à nouveau.

« Vous ne pouvez pas réfuter nos décisions, ni nos arguments, princesse. Personne ne sait où il était le soir du meurtre, et il est le seul suspect envisageable. »

Aeglos regardait cet homme cruel, qui le condamnait au silence devant son propre bannissement. Il comprenait pourquoi on l’avait tenu loin de lui, dominateur, il parlait au nom de tous, et aucun conseiller hormis sa mère ne semblaient dénigrer ses propos. Orfraie était seule, et lui tout autant, jugé, alors qu’il sombrait, contemplant son malheur.. Thëresa était morte.. Et c’était sa faute ?

Orfraie ne baissait pas les bras, plus exactement, elle craqua, elle lâcha tout ce qu’elle avait sur le cœur.

« Vous ne pouvez pas faire ça ! Naraën, c’est votre fils ! »

Silence.

On n’entendit alors que le vent qui hurlait dehors. Des volets claquaient, mais personne ne fit rien pour les fermer.

Doucement, Aeglos se releva, et regarda cet homme qu’il avait toujours connus, toujours intrigué, manipulateur et sournois, cet homme qui était son père, son coeur ne semblait plus battre, ses larmes avaient trouvées d'autres raisons de couler.

« Père ? »

Et tant de raisons… Il n'y eut aucune réponse. Tous les regards étaient rivés sur lui, et son père le contemplait, de haut, ses sourcils frémissant, son regards écœuré, plein de dégoûts envers cette personne qu’il aurait dpu tuer lorsqu’il n’était qu’un nourrisson. Il le quitta des yeux, pour regarder Orfraie avec ce même air de dégoût.

« Cela ne change rien… Aeglos Evanealle… est désormais bannis du royaume elfique. »

Et les conseillers s’en allèrent, sans dire un mot, laissant Aeglos et Orfraie seuls.

V.Le banni.

Quelques jours plus tard, il fut reconduit à la frontière, puis relâché avec quelques affaires, il avait à peine eu le temps de faire ses adieux, et n’en avait pas réellement été capable, il se fit silencieux pendant tout le trajet, avec, et sans gardes elfiques, essayant en vain de faire le point dans sa tête, de comprendre ce qu’il s’était passé. Thëresa était morte, lui accusé, et il s’était révélé être le fils de Naraën Evanealle. Bien, et il était là, au milieu d’un territoire inconnu, un monde hostile, où il n’avait pas sa place et où il ne serait sans doutes pas accepté, le territoire des Hommes. Le vent soufflait dans son dos, l’obligeant à toujours aller de l’avant, sans se retourner : On lui avait promit la mort s’il tentait de revenir auprès des siens… Et plus jamais il ne verrait Orfraie… A vouloir connaître qui étaient ses parents, à chercher la reconnaissance d’une âme innocente, à alimenter la flamme noire de la jalousie au fond de lui, à simplement désirer un peu plus que ce qu’il avait déjà, il avait absolument tout perdu. Il n’avait même plus de nom, il était bannit.. il était le banni.
Le banni, celui de la famille impériale. Le banni, celui qui apporta la honte rien qu’en naissant, celui qui avait tué à cause de ses sentiments,  celui qu’on avait effacé de tous les registres de la famille royale, de tous les registres du royaume lui-même. Car au fil de sa marche à travers le désert de végétation, il comprit, finalement, qu’il était un bâtard, qu’il n’était pas digne de son nom, qu’il était la preuve de la faute de son père, et que celui-ci l’avait éliminé.

Il planta sa lame dans le sol, et hurla.

Il comprit que Naraën Evanealle avait fait tuer Thëresa pour l’accuser, que depuis tout ce temps son père n’attendait simplement qu’il fasse un pas de travers, qu’il défie un quelconque arrogant elfe pour une histoire d’amour, faisant de lui le premier suspect à la mort de la dite femme.

La lame s’enfonça plus profondément dans la terre, elle sectionna plusieurs racines.

Qu’avait-il fait de mal ? Il n’avait fait que naître ! N’était-ce pas une bénédiction que la naissance d’un elfe ? Il se souvint de son enfance, de sa recherche de l’amour d’autrui, celui qui lui manquait dans son cœur, de la reconnaissance de son entourage…

La lame fut violemment déterrée, et elle fendit l’air une première fois, puis une seconde, puis une troisième. Le vent s’engouffrait non plus seulement dans ses vêtements, mais dans n’importe lequel de ses gestes, il soufflait dans son corps, et lui semblait se battre contre lui, un ennemi invisible, seul moyen d’évacuer sa rage.

Il se souvint enfin, du petit Aegnor Evenealle, son frère.
Sa naissance, les festivités, les gens scandant son nom, lui écrivant poèmes et mots d'amour, chantant des chansons, à lui, et à ses parents, sa mère qui le prenait dans ses bras, et son père, le portrait encadré par la fenêtre, lui, sur la branche regardant tout ce bonheur pour un fils légitime, toutes ses larmes de joies, couler du visage d’un être si cruel…
Jamais alors, lui dit le vent, flamme et jalousie n’avaient été alimentées à ce point.

Justice serait rendue, il reviendrait, et ce sera pour tuer son propre père, et son propre frère.


VI. La danse du vent

Aeglos voyagea longtemps, il apprit beaucoup des pratiques humaines en se déplaçant de village en village, s’autorisant à y rester quelques temps. Il était cependant parti avec quelques pierres précieuses que lui avaient offertes Orfraie pour subsister à ses besoins, et ainsi, même si les humains ne semblaient pas tous l’apprécier, ils l’accueillirent au moins pour son or, hypocrites créatures.
Pendant une vingtaine d’année, il erra sans but, sans aucune nouvelle du royaume elfique, à la recherche d’un lieu pour vivre, n’ayant pas de travail, sa fortune commençait à baisser, il avait donc besoin de s’intégrer. Il essaya, mais n’y parvint jamais, à la fois juge et jugé, il se retrouva bien vite chassé. Il finit cependant par trouver son lieu de repos, son lieu de vie, dans les montagnes nordiques. Il entreprit un pèlerinage vers le sommet du croc du dragon, l'un des  des plus hauts pics de ces chaînes de montagne, et il y trouva son paradis. Envoûté par la hauteur, par l'isolement, l'extrême solitude et la méditation qu'elle accompagnait, Aeglos décida d'y vivre.

A son pied vivait un petit village prospère et tout aussi isolé, malheureusement peuplé de gens excessivement racistes, il se vit obligé de vivre grâce aux cadeaux de la montagne, et à ses yeux, voilà qui devint bien suffisant. Incapable de se fonder dans la masse et de commencer une nouvelle vie, il préféra s'abandonner à l'isolement, ce qui fit de lui quelqu'un d'apparence du moins, extrêmement calme.
Il développa son affinité naturelle avec le vent, qu’il pouvait aisément sentir sonder son âme, et le délivrer de ses poids, le vent était libre, il était son allié, il était son ami, il voulait être comme lui. En haut de la montagne, lorsqu’il écartait les bras, qu’il sentait le vent siffler tout autour de lui, l’air serpenter dans ses vêtements, circuler autour de chacun de ses cheveux...Il aimait l’idée d’être libre, mais l’était-il vraiment ?

Aeglos reprit son entraînement, non plus enfermé mais en plein air, pleine nature, avec pour seule compagnie le souffle des hauteurs, il s’entraîna avec lui, apprenant à le manipuler, à le comprendre, à l’utiliser, avec le temps, et l’entraînement, il finit par inventer sa propre manière de combattre. Car combattre était devenus plus qu’un moyen mais un art, et petit à petit, à mesure que le temps passait, cela devint également une façon de vivre, une façon de noyer cette flamme en lui, de l’étouffer, il ne pourrait jamais l’éteindre mais au moins l’empêcher de dévorer son esprit. Alors il méditait, il s’entraînait, son art martial reposant sur la concentration et la maîtrise de chacun de ses mouvements, l’art d’utiliser la puissance du vent pour augmenter sa rapidité, son agilité et sa force, et au bout d’un demi-siècle, l’on confondait chez lui, combat et danse.

Ainsi Aeglos Evanealle, appelé le banni, fonda ce qu'il appela lilta ho surë, ou la danse du vent.

VII. La fille de la montagne

Aeglos vécu plus ou moins de manière heureuse parmi ces montagnes nordiques, d’abord en parfaite communion avec la nature, il finit par établir quelques contacts avec les humains de la vallée, le premier arriva tout à fait par hasard, lorsque le vent vint souffler à l’aigle elfique une bataille qui se faisait dans la forêt un peu plus bas. Se laissant porter par le vent, Aeglos dévala la faible distance qui le séparait de la zone d’action, pour se retrouver au milieu d’un parfait carnage.
Des humains attaquant d'autres humains, il fallait bien savoir que les humains, bien trop envahissants et nombreux, avaient parfois tendance à s'entre-tuer, mais Aeglos était stupéfait du massacre que pouvait faire une troupe de bandits sur un couple de marchands par pur attrait de l'or. Ils le prirent bien vite pour cible, et, de sa lance, parvint tout de fois à dévier leurs coups et à les neutraliser avec une agilité étonnante. Ce témoignage là fut fait par une survivante, la fille du couple, une enfant de quatre ans qui pleurait la mort de ses parents, mais, captivée par la danse d'Aeglos, n'en oublia jamais la grâce.

Ce dernier après l'avoir sauvée, décida de la ramener auprès du village nordique, mais il ne fit pas la chose rapidement. Car il s'attacha bien vite à la petite Hieba, il profitait là du premier contact humain qu'il appréciait vraiment et savoura chaque instant passé avec elle, il chassa de son esprit la douleur de la perte de ses parents, douleur qu'il comprenait, étrangement, très bien... et lui fit découvrir les montagnes, la splendeur du monde vu de tout en haut. Il lui enseigna dès son plus jeune âge, comment ressentait-on le vent. Ainsi, il la garda près de lui un mois durant. Mais il s'attacha trop à la petite, il s'était occupé d'elle, même si elle n'était pas sa fille il finit par en avoir la sensation, et cela lui rappela le sacrifice d'Orfraie. C'est lorsqu'elle le surprit à pleurer son ancienne vie, qu'il décida de ramener la petite, en un endroit ou les siens s'occuperaient d'elle.

Ramener la fillette attisa néanmoins un regard nouveau de la part des nordiques sur lui, qui avait risqué sa vie pour sauver une des leurs, xénophobes certes mais protecteurs envers les leurs, ces humains lui furent bien que méfiants, reconnaissant, et le chef du village, un vieil homme, lui accorda le droit de rester vivre parmis eux. Le guerrier solitaire refusa, préférant sa solitude à la compagnie d'humains, malgré cela, il avait gagné le respect des hommes.

Un jour, des années plus tard une jeune femme qui prétendait être sa fille vint à sa rencontre, au sommet du croc du dragon. Hieba, devenue grande se présenta à lui, et lui demanda de lui enseigner ce qu'elle avait vu autrefois, de lui montrer à nouveau, la puissance de la montagne du vent. Plus qu'heureux de la revoir, il lui remontra sa vision du monde et décida également, maintenant qu'elle était adulte comment faire vibrer le vent, en faire une arme, il lui apprit à danser avec le vent. Et très vite, il se surprit à aimer enseigner, et à aimer tout court.

VIII.Le vent tourne.

Une grande amitié, bien plus que ça, une forme d'amour, de fascination mélangeant sentiments purs et amour paternel se forma entre Aeglos et Hieba. Cette première réelle relation formée avec un être humain en entraîna d'autres, car les villageois commencèrent alors à l'apprécier, et à lui offrir l'hospitalité. Au fil des années, Hieba et lui devinrent très proche et tout le monde vint à l'accepter, bientôt d'autres humains vinrent à la rencontre de l'elfe pour qu'il leur enseigne cet art de vivre, et un modeste temple fut érigé au sommet de la montagne, le banni avait trouvé sa voie... semblait-il ?

Les histoires d'amour entre elfes et humains sont connues pour souvent mal finir, celle-ci ne fit pas exception, même si de manière totalement différente. Depuis son temple de fortune, en pleine nuit, une nuit sans lune, il sentit le vent s'agiter, l'avertissant, redirigeant son regard vers les flammes.

Un raid vampirique s'était abattu sur le village.
On pouvait ne faire qu'un avec la montagne, on pouvait manier la lame comme d'un foulard de danse et se faire appeler maître par ses élèves, mais on ne pouvait rivaliser avec une horde de vampires assoiffée de sang. Le temps qu'Aeglos descende de la montagne au village, la population avait été massacrée. De nombreux cadavres manquaient, probablement emportés en tant qu'esclaves ou envenimé dans le but de créer d'autres êtres de la nuit. Il n'y avait plus âme qui vive présente lorsqu'il arriva aux portes du village. Il chercha Hieba, mais il ne la trouva pas, ni vivante ni morte, elle avait disparu.

Aeglos ne s'en remit jamais. Il tenta de retrouver la trace des vampires mais il les perdit bien vite. Il s'en retourna à la montagne, paniqué de voir ou ses émotions le conduisaient. Il vécut seul dans son temple pendant plusieurs années, tentant d'oublier, tentant de, comme avant, noyer ses émotions dans la méditation.. Peine perdue.

Les almaréens étaient passés, il était resté isolé, il se contenta d'observer, les batailles, les esprits. Il n'y prit pas parti. Il était éteint, il était détruit. Mais on le tira de cette torpeur, lorsqu’une nouvelle crise éclata : lorsque le Tyran Blanc arriva au pouvoir. Il quitta la montagne. Il avait décidé d'arrêter de se laisser mourir et d'agir, de se lever contre les hordes de vampires qui prenaient contrôle du monde, contre le dragon blanc, un monstrueux personnage. Mais ce ne furent pas les protégés qu'il trouva en premier. Il rencontra une autre elfe. Le vent tourne, on l'appelait la prêtresse blanche.


IX.Tempêtes
 



Kälyna Vallaël était son nom, bannie par son peuple elle aussi. Elle le trouva avant les autres, leur rencontre fut silencieuse mais il n'y eut aucune effusion de sang. Le vent se contenta de balayer quelques feuilles entre elle et lui, comme pour signifier qu'ils ne devaient pas se rapprocher. Ils le firent pourtant : Kälyna semblait le comprendre, son malheur, son bannissement, il lui raconta toute son histoire et, intéressée par cette vie marquée par l'injustice, elle alimenta en lui la noire flamme de la haine. Avant les vampires, Ils avaient un ennemi commun : le peuple elfique.

Tous les peuples pour être exact, tant que cela servait au Tyran. Et, envoûté par les paroles de Kälyna ce ne furent finalement pas les protégés qu'Aeglos rejoignit mais bien les théocrates. Il devint commandant de l'armée pâle, et opéra aveuglément sous les ordres de la prêtresse blanche. Il devint un redoutable stratège et commanda non pas avec honneur mais haine l'armée de Kälyna. Perdu, consumé par les flammes de la vengeance, il défendit la cause théocrate jusqu'au bout. Faisant de nombreux prisonniers pour Morneflamme au nom de la prêtresse du Tyran. Il devint connu et redouté auprès des protégés. Il ne ressentait plus le calme et ne maniait plus le vent qu'avec violence, Aeglos n'était plus le même, il était perdu, sourd et aveugle aux hurlements des tornades qu'il déchaînait

Vint le jour de l'ultime bataille, l'ultime chute. Le vent apportait un nuage de cendres, la mort. La tempête arrivait, la vraie.

X. L’œil du cyclone


Le vent se soulevait et hurlait, il emportait le sable avec lui, il apportait la mort.

La bataille de Sandur. C'était de celles qu'on oubliait jamais, de celles qui restaient gravées dans les légendes.
Elle fut longue, peut-être pas sur le plan physique car le Tyran fut bien vite tué, mais Aeglos cherchait, à mesure qu'il luttait, son véritable adversaire. Naraën Evanealle, était-il toujours là ?
Il ne le trouva pas, après une brève interrogation à un protégé elfe qu'il avait de sang froid passé au fil de sa lance, il apprit la mort de son père, qui, déjà, datait. Brisé par le torrent de flammes qui brulaient ses organes passa à la folie et perdit tout contrôle sur son propre esprit. Mais cela le mena tout de même à l'empereur, Aegnor Evanealle.

La bataille fut courte mais intense, Aegnor ignorait peut-être qu'il se battait contre son propre frère, Aeglos, fou de rage et de désespoir, poussé à la folie par la vengeance, la jalousie, le sentiment de n'être rien qu'un poids mort dans l'histoire du monde elfique. Alors qu'il avait devant lui cet idéal, l'incarnation de tout ce qu'il aurait toujours dû être.
La tempête fit rage, brouilla le reste du champs de bataille. Foudre déchira le ciel, malmenée par multiples souffles contraires. Le vent et les éclairs s'affrontèrent, se mélangèrent, se repoussèrent. Au centre de la tornade se battaient les deux frères, croisant le fer de leurs lances. L'ultimatum de la tempête, L'œil du cyclone.


C'est Aeglos qui perdit cette bataille, blessé à l’œil gauche et au nez, défiguré par la foudre de son demi-frère. Étalé au sol, il ne fut pas achevé.

Orfraie était là, retenant la lance de l'empereur de se ficher dans son cœur…

Orfraie, celle qu'il avait oublié, sa mère, sa vraie mère.


XI.Le masque.



Aeglos quitta la bataille sans répondre de ses actes. Apprenant son identité, l'empereur elfe épargna son frère, mais il était clair, désormais, qu'Aeglos était banni à juste titre. Peut-être aurait-il pu réintégrer le royaume à la suite de la mort de Naraën, mais cela ne pouvait maintenant plus avoir lieu. Voilà ce qu'il en coûtait de ne pas écouter le vent, de rejeter la raison pour la vengeance, elle s'était attachée à lui comme une sangsue, et l'avait doucement entraîné dans la tombe.
En quittant le champs de bataille, il reconnut parmi les cadavres celui de Hieba, humaine, elle avait apparemment réussi à échapper aux vampires la nuit de l'attaque, et s'était enrôlée chez les protégés, peut-être dans l'espoir de le ramener à la raison, de le délivrer des mensonges de Kälyna, peut-être… et Peut-être aussi que, dans sa rage, l'avait-il tuée lui même.

Coupable de haute trahison, et, le considérait-il, d'infanticide, Aeglos ne s'estimait pas plus sage que Naraën lui-même, lui qui pourtant avait vécu paisiblement avec la montagne, il savait qu'il ne le pourrait maintenant plus jamais. La honte écrasante le transforma du puissant maître d'arme qu'il était à un tas de chair amorphe et immobile, pendant de longues nuit, il se cacha du vent pour laisser le remord prendre la place de parasite qu'avait occupé la jalousie. N'ayant pas le courage d'en finir, il s'exila à nouveau, à la recherche de cette paix qu'il avait jadis connue, jouant de sa flûte pour soutenir sa peine et rendre hommages à ses propres victimes, à ceux qui passaient se receuillir sous son arbre, comme s'il était le berger des âmes qui les aiderait à passer de l'autre coté. Il devint le guerrier de solitude et de peine qu'il est aujourd’hui, à la recherche de ce que jamais il ne pourrait faire, réparer ses erreurs.
Il perdit son identité à nouveau, oubliant le nom honni, banni, le nom que son père avait souhaité lui donner plutôt que le sien ce nom dans lequel il ne se reconnaissait même plus. Celui qui avait fait tuer et massacrer, qui avait répandu le sang du guerrier et de l’innocent. Il n’était plus question de cela. Il n’était plus non plus question de l’être haineux qui recherchait la mort de son propre sang. Le fils du vent n’était plus cela. Ceux qui passaient sous son arbre lui trouvèrent un nouveau nom et un nouveau visage et il s’accoutuma de ce nouveau masque, un masque blanc et nacré, parcouru de quelques lignes d'or offert d'un voyageur, ce nouveau visage représentait ce qu’il était désormais, et ce qu’il aspirait à être. Il n'était plus qu'un masqué, mais il n'avait pas besoin d'être plus.

Cette paix qui était son nouveau mode de vie, son nouvel idéal, ainsi que l’idéal de beaucoup d’habitants du continent maudit, exsangue, se vit à nouveau troublée. Les Chimères apportaient avec elles la terreur, les fanatiques du Tyran l’entretenaient plus encore. Le guerrier masqué se fia au vent, à celui qui savait sa vérité. Il l’entendit rugir en direction des chimères. Le vent était le cri d’une mère protégeant ses petits. Aeglos comprit. Délaissant un bref instant sa solitude, il reprit sa lame, il allait combattre. Mais cette fois-ci, il ne combattait pas pour tuer et anéantir. Il combattait pour épargner à la terre le goût âcre de la mort.


XII.Sa surface est lisse et pâle.


Le vent s’était apaisé. La bataille était terminée. Les belligérants pansaient leurs plaies. Aeglos était perché dans un arbre, et sa flûte se mêlait à la mélodie de la forêt, extasiant ce lieu pour lequel il avait œuvré, exultant cet étrange sentiment d’apaisement qui était venu à lui. Il avait combattu, et c’était fini. Il avait fait ce qu’il devait exactement faire, il s’était aligné sur sa propre note de musique ses seuls pas l’avaient naturellement mené vers le champ de bataille et son masque l’avait protégé de toute gloire.

Mais le masque l'avait également protégé de réponses. Il avait combattu aux côtés de ceux qui protégeaient le continent maudit mais, surtout, il avait combattu aux côtés d’Elle, Orfraie, désormais vampire. Il n’aurait su dire si, comme lui l’avait reconnue, elle avait pu lire derrière son masque, reconnaître l’enfant qu’elle avait élevé et défendu. Il n’aurait su… Les champs de bataille n’étaient pas les lieux où se posaient ces questions. Ils étaient les lieux où s’écrivaient le futur. Alors le guerrier masqué  avait fuit et s’était isolé, après cette dernière, offrant ses émotions à l’art et à son élément, Il ne vit tout de suite sa troisième auditrice. Mais lorsqu’il la perçut, le murmure du vent parla plus encore que le sourire de la vampiresse. Elle l’avait reconnu. Sa musique était plus claire encore qu’un prénom et elle aimait l’entendre jouer. Alors le musicien au masque se glissa au pied de son arbre, pour la rejoindre. Pour que de musique ils puissent tous deux s’enivrer. Ils jouèrent, ils dansèrent, et la brise tourbillonnait autour d’eux, suivant leurs pas, suivant le rythme et les soupirs et de la flûte.

Lui, le guerrier masqué. Elle, vampire mais mémoire vive. Les danses et la musique valent parfois plus que mille discours. Au fond de son cœur, le guerrier masqué savait ce qu’il manquait à cette idyllique scène. Il manquait un fils, et une mère. Là où jadis il avait pu la reconnaître sans que le sang ne parle, sa nouvelle identité avait effacé l'ancienne. Sa mère était liée à cet enfant qu’il n’était plus, à cet Aeglos qui avait voulu la mort et la dévastation. Le temps passé dans la forêt, bercé par le calme et la paix, avait estompé tous les sentiments liés à Aeglos. Pour elle, il ne ressentait… Rien. Ni haine ni chagrin, ni joie ni colère.
Cette absence n’était pas blessante, pas dérangeante, juste… Troublante. Troublant de ne rien ressentir face à un être si important à son histoire. La flûte en témoigna pour lui. Orfraie dut le comprendre, et la danse s’acheva petit à petit, à son rythme.

Le cœur d'Orfraie, battant même dans la mort, fut brisé, derrière chaque masques qu'abordait le fils du vent s'en tenait un autre, avec les mêmes éternels yeux, ces petites pointes de glaces qui l'observait, elle pouvait le griffer, le mordre et l'arracher, il n'y avait rien sur le visage du musicien, le néant, mais rien à fissurer, le masque était lisse et pâle.Lui ne pouvait pas la retrouver, cela ne dépendait plus de lui, rien ne dépendait de lui, son destin était déjà scellé.


XIII.Redemption.


Le vent s'engouffrait dans sa robe de danse, sa lame vibrait d'une énergie nouvelle, son cœur demeurait calme, et lui contemplait les nuages dans le ciel. Les derniers elfes du convoi impérial étaient parti, ils l'avaient laissé ici, dans ce détroit entre deux montagnes, un lieu ou il aurait l'avantage. Ils lui faisaient confiance, ils croyaient en lui. Son peuple qui n'avait pu accepter celui dont il est le fantôme accordaient la dignité méritée à son sacrifice. Pour la première fois depuis des années, il combattit sans son masque. A lui seul contre une armée d'esprits malfaisants, une armée, un millier, des dizaines de milliers. Il les ralentit pendant que les siens, qu'ils soient elfes, hommes ou vampires, fuyaient le continent. Voilà ce qu'était son destin, voilà qui redonnait un nom au masqué, alors qu'il périssait sous les milles coups des créatures mortelles.

Il aurait pensé s'éteindre en touchant du doigt la rédemption, mais c'est un museau écailleux blanc qui le réveilla. Un jeune dragon, Kaalys, l'avait sauvé et soigné, un long échange avec le dragon, et les deux êtres firent connaissance et trouvèrent en l'autre la Et ensemble, ils allèrent de l'avant, jusqu'à l'archipel.

La traversée ne s'était pas avérée difficile. Il ne se contenta que de jouer de sa musique à ceux qui pleuraient leur mort. Contemplant leur ancienne patrie dévorée par les chimères , symbole de sa défaite, son énième défaite. Mais elle n'était pas totale, une part de lui s'était retrouvée en ce masque, une part de celui dont il doit à tout jamais taire le nom faisait maintenant partie du masque. Peut-être était-ce là un pas vers la renaissance, lui appris Kaalys.

Désormais, l'elfe masqué, le guerrier blanc parcours l'archipel pour guider les peuples vers la paix, de sa lame, de son pinceau et de sa flûte, il aida le peuple elfique à se reconstruire avant de s'évanouir dans la nature. Echappant à la gloire qu'ils auraient voulu mettre sur son masque pour le récompenser de son sacrifice, de son héroïsme au détroit d'Ëoma.

Aujourd'hui, personne ne sait ou se situe le guerrier au masque blanc, mais tous savent ou le trouver, il suffit de suivre la musique et le vent.


Dernière édition par Aeglos Evanealle le Mer 25 Oct - 20:48, édité 1 fois
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le Mer 25 Oct - 20:41


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Naraën Evanealle : Père, un être égoïste et égocentrique, ayant main basse sur le conseil, c'est lui qui a détruit sa vie, même dans la mort, Aeglos lui en voudra à tout jamais.

Gweria Thredë : mère, s'étant suicidée suites au cruel abus de pouvoir de Naraën, Aeglos ne l'a jamais connue, il ignore totalement son existence. Elle fut la sœur de l'actuelle impératrice.

Aramis Thredë : Tante mais surtout ancienne maîtresse d'arme, également une amie, il n'a jamais su d’où lui venait l'affection qu'elle lui portait. Mariée à son frère, elle fait maintenant partie de son passé...

Orfraie Ataliel :
mère adoptive, elle a toujours tout fait pour lui, et lui n'a pas toujours su lui en montrer sa reconaissance, il se rend compte à présent que sa présence était le bien le plus précieux qu'il possédait, même cela, il l'a perdu.. se souvient-elle toujours de lui à présent ?

Aegnor Evanealle :
l'Empereur elfe, Aeglos ressent à son égard une grande jalousie, ayant reçut tout l'amour d'un père qui ne le partagea pas avec son fils aîné, il représente ce qu'il aurait dû être, empereur marié qui n'a jamais manqué de rien. Cependant Aeglos le respecte suite à leur combat, et lui est reconnaissant de lui avoir laissé la vie sauve. Il a décidé d'étouffer cette jalousie pour se concentrer sur ce qu'il juge comme la voie du salut, la paix.

Thëresa Ealmön :
Son premier amour, assassinée par Naraën afin de l'accuser, s'estimant en une partie fautif de cet événement, Aeglos regrettera son meurtre à tout jamais.

Zadkiel Tarranon :
Son rival dans la conquête du coeur de Thëresa. Première personne vers qui s'est tournée sa jalousie. Aeglos est maintenant assez indifférent à son égard mais l'évitera.

Hieba Thörmon :
Une nordique qu'il considérait comme sa fille, mais qui ne manqua pas de devenir son amante. Elle représentait la paix et l'espoir, la joie dans sa triste vie, sa disparition marquant qu'une vie ne peut exister sans péripétie, si l'on fait le bon choix, le bonheur restera a portée. Hieba est morte, Aeglos n'a pas fait le bon choix.
Elle est le symbole de sa honte et de sa défaite, elle est l'incarnation de son douloureux passé.

Kälyna Vallaël :
Fanatique l'ayant attiré dans la spirale noire de la vengeance, lui qui autrefois ne jurait que par elle et le Tyran Blanc, en réalité simple excuse pour rapprocher sa lame du cœur de son père, lui voue maintenant une profonde haine. Ignorant à quel point elle a souffert, et qu'elle est aujourd'hui tout autre personne, peut-être est-il capable de la pardonner ? Après tout, qui est-il pour juger, lui qui a commit les même erreurs ?

Kaalys : Un magnifique dragon qui l'a empêché de sombrer dans le détroit d'Ëoma, était-ce un malheur pour celui qui était déterminé à mourir ? Pas réellement, lorsque Kaalys pose sa griffe sur son masque et tente de le rayer, il a la sensation de sentir sa peau se déchirer. Malheureusement, il ne sait pas ou il se trouve aujourd'hui.



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le Mer 25 Oct - 22:08

Bienvenue sur tes nouvelles terres Invité

Tu as été choisi(e) par l'esprit-lié du Libellule dont tu as  atteint le niveau 1. Tes compétences ont été validées, tu pourras les faire évoluer tout au long de ton aventure.

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