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Lame Blanche du Marché Noir

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Le sanctuaire du silence [PV Sintharia]

le Sam 5 Mai - 20:16
Novembre, après la catastrophe de Cordont


En toute conscience de l'importance capitale des démarches d'Aldaron à Cordont, Ivanyr ne pouvait qui le laisser tranquille et lui servir de soutient. Il venait quand l'elfe le lui demandait, autrement, il ne cherchait pas à le perturber, ne voulant pas lui rendre les choses plus compliquées encore, alors qu'il était évident que le Bourgmestre avait le plus grand mal à se faire entendre. Le vampire avait rapidement comprit la profondeur du souhait informulé de son compagnon, et les efforts fournis pour parvenir à atteindre ce but. Tout aussi promptement, il avait comprit à quel point l'elfe souffrait de la situation, et cela le perturbait par les implications que cela pouvait avoir… autant que la façon dont il pouvait l'aider. Car il voulait l'aider, quant bien même la politique lui déplaisait souverainement et qu'il se soucia fort peu des ambitions de ces bureaucrates, boucs méprisables pour la majorité. Cela lui trottait dans la tête, alors qu'il marchait dans les limites du campement établit par les forces Caladonniennes, lui offrant des heures entières de réflexion, l'incitant à pondérer ses options comme ses opinions. Parfois également, il aidait les unités chargées de nettoyer les ruines de la ville portuaire. Déblayer totalement les décombres prendrait d'autant plus de temps que la ville s'était effondrée sous le niveau du sol et que l'accès aux cavernes était interdit pour le moment et ce jusqu'à ce que la crise première soit réglée. Compréhensible, et frustrant à la fois. Hors il se découvrait une patience très variable selon les sources d'activités disponibles immédiatement, et pour l'instant, sa seule source inépuisable de sollicitation, c'était son oisillon d'elfe… Et on ne pouvait pas prétendre que le sujet était très réjouissant pour le moment. Il avait même abandonné l'idée de lui faire la moindre blague pour éviter de jouer avec ses nerfs déjà mis à rude épreuve. Il existait une limite au-delà de laquelle il se devait bien de mettre son espièglerie en sommeil pour penser un peu aux autres… à l'autre, en l’occurrence, le seul à l'état délicat qui lui importât.

Cette soirée-ci ne dérogeait pas à la règle, et prendre l'air allégeait quelque peu la tension qu'il prenait sur lui pour tenter d'en décharger son compagnon. L'air iodé et saisissant lui faisait du bien, le lavant d'une partie de ses sombres pensées ; les étoiles au-dessus d'eux, piquetant la voûte céleste d'une lueur lointaine et stellaire lui donnaient cette impression d'immensité si nécessaire à son bien-être. Même après tous les efforts consentis pour rester auprès d'Aldaron à Caladon, il avait encore viscéralement besoin de sentir que le monde n'était pas entièrement délimité et fermé. Les murs des bâtiments étaient des prisons, les toits des socles de tombes outrageantes. Son âme aspirait à l'immensité sans qu'il se l'explique totalement, car chaque mot prononcé pour tenter d'éclairer son affect ne semblait jamais totalement en concordance avec ce qui s'agitait en lui. Cet élan insensé, chimérique, bondissait en lui aux pires moments, lui donnant cette impulsion sauvage de se débarrasser de toutes les chaînes qui lui pesait pour s'offrir à un monde en perpétuel changement, vivace et vivant, immense. Il aspirait à l'inconnu, la découverte ; il soupirait après un défi violent et fauve, se retrouver en but à une force qui lui fasse ressentir la vie dans les moindres parcelles de son corps, dans chaque fibre de son âme, comme un tambour battant pour remplacer le cœur que le venin avait arrêté. C'était un besoin primitif mais impérieux, qu'il réprimait difficilement tout en sachant qu'il serait nécessaire pour lui de s'y soumettre, indubitablement, et dormir à la belle étoile ne serait jamais suffisant pour contenter cet aspect élémentaire de son être, comme un orage ne peut être indéfiniment contenu dans un carcan social. Il aurait sans doute plus de chance de retenir l'air à mains nues. S'offrir aux éléments lui parlait, l'appelait, comme la complainte de créatures marines enchanteresses, et il aurait tout donné pour fermer les yeux et s'élever, simplement, parfaitement…

… Alors pourquoi fallait-il qu'un sombre imbécile vienne briser le silence parfait et la musique de la nature en cette superbe nuit ? Soupirant profondément, lentement, pour contenir son irritation, le vampire ouvrit les yeux, cilla pour humecter ses rétines délicates, puis quitta son perchoir pour redescendre chercher la source de ce tapage insupportable. Ah qu'il était loin, le chant entêtant du blizzard de Nyn-Tiamat ! Faciès fermé et port nonchalant, Ivanyr se glissa de flaque d'ombres fluides en flaque d'ombres fluides jusqu'à retourner au sein des limites mêmes du camp. Bien sûr, il n'avait pas eut l'intention de s'en éloigner, l'acte était purement involontaire, prit qu'il était par l'appel de ce qui sourdait en lui. Là, parmi les mortels, il resta à observer fixement la source de ce hourvari d'un œil tiède, partagé entre l'envie de l'assommer promptement pour en finir avec cette torture et la morbide curiosité de voir quels sommets cela pouvait atteindre. Avisant finalement une forme féminine non loin, il vint la flanquer et demanda d'une voix aussi détachée et flegmatique que possible : «  Vous connaissez ce crétin ? » Un léger mouvement de tête en direction de l'intéressé lui fit ondoyer la chevelure avant qu'il ne s'intéresse à la jeune femme d'un peu plus près. Elle dégageait un parfum qu'il ne connaissait pas le moins du monde, et son cœur battait, solide, berçant. «  Rassurez-moi, ce n'est pas un proche au moins ? » Voilà qui serait bien désolant, et sans doute très déplaisant après l'entrée en matière qu'il venait de s’octroyer. Sans doute se sentirait-il contrit, au moins pendant une minute entière…  

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Re: Le sanctuaire du silence [PV Sintharia]

le Sam 12 Mai - 9:53
La réponse fit naître un sourire éphémère et torve à ses lèvres, ses yeux pétillant d’une malice joueuse qui ne se déparait pourtant pas de l’impression d’agacement que tout ce tintamarre provoquait en lui. Se redressant légèrement, le vampire mira franchement la demoiselle qui, malgré ses dires, portait quelques ressemblances avec le crétin mentionné auparavant. Fort heureusement, sans doute, il y avait aussi suffisamment de différence pour l’empêcher de pointer du doigt plus grossièrement ce détail physionomique. Pourtant, s’il se passa de jouer les indiscrets, sa réponse ne manqua pas d’orientation quant à ses pensées.

« Oui, c’est ce que je dirais, moi aussi, si l’on me faisait honte ainsi »

S'il avait eut quoi que ce soit à voir avec cette lamentable boîte à bruits, il l'aurait nié fermement, affirmant ne pas le connaître. Mais fort heureusement, ce n'était pas le cas, et si cela la mettait plus à l'aise, il n'était pas de ceux qui lui jetterait la pierre. D'un regard en coin, il épia la source de ce grotesque charivari, mépris palpable, exsudé tant dans sa posture que dans l'expression désabusée qu'il arborait, prunelles profondes piquantes de dérision. Bras croisés et épaules en arrière, accentuant la carrure de sa ville natale sans vraiment le vouloir, il soupira, se demandant un instant s'il ne devait pas tout simplement intervenir pour calmer l'inconnu. L'hypothèse s'étiola pourtant bien vite quand il l'observa de nouveau, et le vampire décida qu'il n'avait vraiment pas envie de s'encombrer de ça, et qu'il n'avait pas l'âme assez charitable pour secourir les gardes dans leur rôle premier : le maintient de l'ordre.

« Ah vraiment ?  »

Les prunelles étincelèrent d'amusement, une fois de plus, et il la jaugea de haut en bas, tête sensiblement penchée sur le côté, la commissure des lèvres sensiblement courbée, comme en un sourire retenu. Était-ce si inattendu ? N'avait-il pas lui-même effleuré l'idée ? Mais cette frêle jeune femme était une inconnue dont il ne connaissait pas la force de caractère, ni la motivation, et il avait eut tendance à voir davantage de mères de familles et de gentilles filles à papa ces derniers mois que de femmes décidées à tenir leurs positions et à s'émanciper. Mais une fois que l'on germait de la volonté nécessaire, encore fallait-il l'appliquer correctement… comme la parole, en somme. Et s'il ne l'empêcherait pas de leur faire cette grâce, il s'ennuyait déjà d'une rixe.

« Je ne vous en empêcherais pas, néanmoins ça ne serait qu'une digue de fortune contre sa bêtise. Les sots ne savent jamais quand garder le silence… et je doute que vous parveniez à le guérir de cette maladie-là »

Certains cas étaient incurables. Une majorité d'entre eux d'ailleurs. Haussant les épaules, pour enterrer le sujet, il esquissa un geste pour se détourner, les longs pans de sa cape ondoyant autours de sa haute silhouette pâle. Il n'y avait plus rien à dire au sujet de cette navrante affaire à ses yeux, alors pourquoi rester ? Néanmoins, la voix de la femme vint à le retenir quelques instants de plus, plus agréable à l'oreille que les grincements qui l'avait guidé jusqu'à cet endroit. Décidément, il devait y avoir quelque chose de singulier, en cette nuit, pour qu'il soit confronté à autant de volubilité. Qui était-elle d'ailleurs ? Elle avait l'air trop propre sur elle et trop calme pour être une survivante de Cordont, et elle parlait bien, sa diction autant que son vocabulaire prouvait une éducation correcte. Immédiatement, il tenta, comme avec Autone, de deviner d'où elle venait par son accent. C'était, cette fois, plus difficile, et cela attisa sa curiosité monstrueusement disproportionnée.

« Moi non plus » fut la réponse à la fois amusée et pleine de morgue qu'il lui décocha. « C'est d'ailleurs pour ça que j'ai décidé d'arrêter de penser, ça n'a pas l'air particulièrement efficace ce soir, et je déteste perdre mon temps »

Il se détourna une nouvelle fois, avec plus de franchise mais un long regard magnétique, ne quittant les orbes orageuses de la jeune femme qu'au dernier moment, invitation silencieuse. Elle pouvait venir… si elle ne lui faisait pas perdre son temps. Naturellement, il se garda de montrer son intérêt dans l'immédiateté de l'instant, attendant de savoir si elle allait se laisser ferrer par la proposition muette ou si elle passerait son chemin. Mais n'y avait-il pas assez de rébellion en elle pour marcher dans ses pas dans les ombres de cette nuit-ci ? Se glissant plus loin, il attendit que ses oreilles sensibles s'apaisent et ne se remettent du hourvari qu'il avait si justement condamné, s’imprégnant de la musique naturelle de l'océan au loin et du coi alentours, brisé uniquement par le plus adéquat des rythmes. Et par les battements d'un cœur qui jouait dans ses oreilles, plus proche que les distants tambours du camp. Elle avait donc suivit….

« Je suis aussi Ser que vous êtes marin. Nonobstant cette évidence, vos pas rappellent une fille de la nuit »

Et pourtant, elle était bien vivante, il pouvait en jurer. Une humaine qui marcherait comme une vampire ? Non, ils n'avaient pas la finesse et la magie nécessaires à cela. Et ce n'était pas faute d'apprécier les humains, pourtant. Il continuait de l'observer, de la détailler, le regard fixe, cessant de ciller, de respirer, abandonnant la mimique pour ne se concentrer que sur les informations qu'il recueillait, et l'une d'entre elle le troubla plus encore que les autres.

« Vous avez baigné dans une source de magie extrêmement puissante… il en reste des lambeaux, sur vous » Il y eut un silence, avant qu'un croc ne brille fugacement dans la lueur lunaire, carnassier. « C'est un parfum délicieux… pour qui le perçoit. Vous n'avez pas peur de finir comme le trésor d'un dragon n'est-ce pas ? »



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Re: Le sanctuaire du silence [PV Sintharia]

le Mar 15 Mai - 13:44
De façon fort adéquate, honte et mépris étaient deux amantes marchant main dans la main. Quiconque subissait son mépris était, presque à coup sûr, un individu dont on se passerait de subir la proximité, de peur d’être à son tour jugé et affilié faussement par un autre dont le jugement s’avérerait à la fois plus juste et tout aussi vif. Finalement, oui, honte et mépris étaient deux faces d’une même pièce, un cycle étroitement imbriqué l’un dans l’autre, mais si peu reconnu par ceux qui en subissait la domination. Peu d’individus parvenaient à reconnaître, même dans l’intimité de leur esprit, qu’ils étaient victimes des affects telle que l’esprit bipède les concevaient, et que des millénaires de travail avaient gravé très loin dans leurs sociétés et leurs mœurs. On détachait la vérité du mécanisme primaire, mais pour quelle raison ? Qu’est-ce qu’il y avait de mal à avoir honte de se montrer en présence d’un individu ne correspondant pas aux critères et valeurs que l’on se vouait ? Oh bien sûr, elle souhaitait probablement davantage se conformer aux veillées funèbres mais… la question méritait d’être posée, dans l’absolu, non ?

« Hm ? »

Horrible ? La destruction de la ville ? Il la contempla quelques instants, pensif, puis haussa légèrement les épaules, détaché et indifférent.

« Les catastrophes arrivent. Ce n’est certes pas agréable pour les habitants et c’est une perte humaine coûteuse pour ceux qui la subisse… mais ça aurait tout aussi bien pu être un typhon, des dragons ou je ne sais quel autre péril. Une menace a été mise en lumière par ce qui s’est passé ici, elle sera désormais adressée et ceux qui en ont été victimes profitent d’un repos bien mérité dans le royaume de Mort, en attendant d’être réincarnés. C’est surtout difficile pour ceux qui restent. C’est toujours plus difficile pour ceux qui restent. Objectivement, cependant, c’est utile… cela servira la survie d’un plus grand nombre avec un peu de ‘chance’ »

Car c’était eux qui subissaient l’absence, la charge de se reconstruire, d’avancer et de continuer leurs vies en ayant tout perdu. C’était eux qui se raccrochaient aux morts et les repoussaient tout à la fois, tant ils leur rappelaient leur trépas futur et la fragilité de leurs existences physiques. Les morts eux oubliaient et ne souffraient plus, et il était très hypocrite de les pleurer lorsqu’en vérité, on se lamentait sur son propre sort. Lui-même ne craignait pas de quitter ce monde, il ne craignait que pour Aldaron, tout en sachant qu’il le suivrait si l’elfe lui échappait. Survivre quand on avait perdu son cœur n’avait aucun sens. On ne le prendrait en tout cas pas à gémir pour rien, et il avait fort peu de patience pour cela, en la plus parfaite iniquité. Manquait-il d’empathie ? Sans doute, il ne parvenait toujours pas à se projeter, à vivre la douleur des autres, et il avait conscience du travers que cela produisait. Son espoir résidait dans le rituel qu’il n’avait pas encore effectué avec Aldaron, et que l’acceptation de son esprit-lié l’aiderait à retrouver ce qui lui manquait. En soi, il était aussi candide que ces humains, juste… différemment.

« Je n’en doute pas »

Il eut un sourire fin et matois. Certes, il y avait des moyens parfaitement en accord avec les lois pour faire taire quelqu’un. Néanmoins, l’imbécile ainsi bâillonné comprenait rarement le bien fondé de la mesure, et ne ferait que subir aigrement jusqu’à pouvoir laisser sa sottise s’exprimer de nouveau, parfois plus fort. Cultiver, même malgré lui, l’idiotie n’était pas dans ses choix de vie. Oh bien sûr, ne rien faire n’était pas plus productif, mais à sa décharge, il perdait ainsi moins son temps. Et son temps était précieux.

« Mais forcer le silence représente uniquement le traitement des symptômes, pas celui de la maladie elle-même, et en général lorsqu’elle est ainsi en phase terminale, les moyens communs ont… bien du mal à tenir le cap »

Elle était joueuse, sans aucun doute. Mais elle dégageait aussi autre chose, en dehors de cette sournoise et amusante constatation… et en dehors du délicat fumet qui se dégageait d’elle involontairement, l’écho d’une magie entêtante. Cela grattait les nerfs de sa curiosité, l’aiguillant silencieusement de l’envie d’en savoir davantage, d’étudier cela dans les moindres détails, même si, pour cela, il devait lui ôter la peau et la chair. Silencieux, désormais, face à elle, il se laissait bercer par le ton de sa voix, plongé dans sa contemplation comme un chat se toque d’un bâton à plumes. Sur l’instant, elle était le casse-tête qu’il voulait dénouer, l’énigme qu’il voulait résoudre, contenant à grand peine la malveillante fascination, l’enfantine cruauté qui le remuait et l’implorait de les libérer, de les laisser assouvir à la place de son seul intellect le besoin sapiens qu’il réclamait. Pas de mensonges, demandait-elle, et pourquoi pas après tout ? Elle n’était pas une menace pour lui. Et elle n’apprécierait peut-être pas les réponses qu’il avait à donner. Il consentit donc aisément.

« Je ne sais pas qui je suis vraiment »

Ses lèvres frémirent de l’ébauche d’un sourire, avant qu’il ne poursuivre, d’un ton tranquille et docte.

« Certains veulent m’appeler Achroma Seithvelj, parce qu’à leurs yeux, je suis lui. D’autres acceptent de me laisser construire une identité sur la base du peu de souvenirs que je conserve, et pour eux, je suis Ivanyr Veanya. Vous pouvez user de celui de votre choix, ou m’en donner un nouveau, ce ne sont que des qualificatifs pour simplifier le lien social, ils ne décrivent pas qui je suis… et ça, je ne pense pas être assez objectif pour en extraire une quelconque essence »

Elle ne savait pas ce qui lui était advenu, donc. Voilà bien une désagréable nouvelle, car lui voulait savoir après tout ! Quelle frustration… Ravalant cette vexation innocente, il goûta le silence un instant de plus avant de poursuivre de nouveau. Il n’avait pas envie de se laisser clouer le bec par une banale amnésie… il devait déjà batailler avec une, hors de question qu’une seconde vienne l’ennuyer. Il voulait savoir, alors il saurait, d’une façon ou d’une autre. Mais il y avait bien des mystères à élucider avant d’en arriver au trophée qu’il désirait obtenir. Et des affirmations laissées sans réponses dans leur conversation, quel rustre il faisait…

« Les dragons ne sont pas mélomanes, du moins pas de la même façon que nous. En revanche, ils aiment la magie. Et vous ? Vous en rayonnez encore. Pour une créature sensible, c’est enivrant… Il faut bien qu’ils aient un peu de sensibilité pour tous leurs défauts »

Si les dragons tombaient comme des mouches, autrefois, c’était à cause de leurs races de bipèdes… Mais le sujet serait intéressant à voir relever avec une de ces créatures. Il fallait juste très bien choisir son moment pour ce faire. Cependant, avec une telle saveur magique, peut-être en aurait-elle justement la chance… Lui en tout cas tendait pour l’instant à une certaine miséricorde, ou bien était-ce le contraire ?

« Voulez-vous être une fille de la nuit, Dame Dalis ? Toute la question est là sans doute, peu importe que votre cœur batte ou non »

Après un bref sourire joyeux, il glissa, plein d’un humour aigre :

« Même si je ne me risquerais pas à prétendre, personnellement, que les elfes sont prudents… cela dépend fortement de l’individualité de chacun et de son désir de disconvenir à une éducation bien spécifique… tous ne s’appellent pas Aldaron Leweïnra »

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Re: Le sanctuaire du silence [PV Sintharia]

le Mar 22 Mai - 22:35
La question le fit sourire, alors qu’il se demandait avec une fascination presque candide si elle se rendait compte de la profondeur de la controverse, au travers de l’innocente curiosité. L’amusement lui succéda pourtant rapidement, tandis qu’il notait, avec une bonne humeur prompte à la dérision, qu’il réfléchissait sérieusement à une réponse à lui fournir. L’impression première l’aurait guidé vers Ivanyr, puis il se souvint rapidement qu’avant de se faire appeler ainsi, il y avait un autre temps, un temps d’une paix biaisée mais non moins adorée. Se rembrunissant d’un même ensemble, ses traits régaliens retrouvant leur sérénité, il lui décocha un coup d’œil, de sous ses longs cils, avant de finalement répondre avec une honnêteté qui le surprenait presque.

« Aucun. Je préfèrerais que l’on ne m’appelle pas. C’est un peu difficile d’évoluer en société sans un nom néanmoins. Ils sont utilitaires. Si vous voulez user d’un autre, faites, je n’y attache guère d’importance. Evitez juste de m’appeler Gertrude  »

Mais avec une telle mine, et apprêtée avec autant de subtilité que de goût, elle n’oserait pas lui faire ça, n’est-ce pas ? Il l’espérait en tout cas. Ce serait vain et puéril que de s’en vexer, mais il le ferait néanmoins, dans un sursaut d’orgueil. Quitte à devoir répondre à un nom, autant qu’il soit agréable et pour l’instant, objectivement, il était bien servi. S’il devait en ajouter un de plus à son escarcelle, autant qu’il soit au moins aussi agréable que les autres. L’inverse nuirait autant à son humeur qu’à son charisme. La question d’une identité n’était certes jamais simple, mais elle tendait à se complexifier encore davantage en ces temps troublés.

« Vous n’êtes pas obligée d’être liée aux vampires pour jouir d’une vie nocturne  »

Et il tendait lui-même à ne pas apprécier les vampires, en particulier depuis qu’il avait apprit leur commerce de poilus. La nuit appartenait à qui savait danser avec elle, tout simplement, et si une créature vivante y parvenait mieux qu’un immortel, alors tant pis. Ce serait sans doute pathétique pour l'un et flatteur pour l'autre, comme quoi une race n'était jamais uniforme en terme de qualité. Pour autant, si elle se disait fille de la nuit, lui se questionnait toujours sur ce qu'elle pouvait bien être physiologiquement. Son cœur battait, mais le parfum de sa chair restait sans commune mesure.

« Je ne vais pas rétorquer pour la discrétion ! Quoi que...  »

Cette fois, ce fut un sourire enfantin qui lui fleurit aux lèvres, adoucissant ses traits et lui ôtant quelques années passagères. La magie ? Sérieux ? Mais enfin, d'où tenait-elle une telle calembredaine ? La magie n'avait rien de sérieux, à part peut-être pour quelques humains censeurs qui n'avaient pas d'autres faits de gloire et voulaient restreindre l'usage d'un tel présent des déesses. En un sens, il se demandait si cela ne valait pas la peine de lui faire voir autre chose de la magie, la face de la pièce que lui aimait tant : le naturel, le fluide, l'instinctif, la communion parfaite qui venait sans qu'on la force et la joie de puiser dans le flot infini. Mais il était pour l'instant plus occupé à monter sa stratégie pour obliger Aldaron à venir avec lui jusqu'à ces fameux marécages. Le Bourgmestre aurait bien besoin de vacances après tout cela non ?

« Effrayant ?  »

Le vampire ne s'y était pas attendu et la contempla un moment avec une expression de franche incrédulité.Comment cela il était effrayant ? Depuis quand exactement ? Il n'avait rien fait pour lui faire peur pourtant ! On ne la lui avait jamais faite, celle-là… enfin si on omettait que la moitié de Caladon craignait de le voir mettre le feu à la ville marchande. Il n'imaginait d'ailleurs que difficilement comment elle avait pu en arriver à une telle description pour sa personne, mais c'était sans doute toujours plus agréable que d'être prit pour un imbécile.

« Je conçois aisément pourquoi Aldaron pourrait paraître effrayant, et cela lui plairait sans aucun doute. Mais… moi ? En quoi suis-je intimidant?  »

Le ton était candide, mais non moins scrutateur, tout comme la lueur que portait son regard pâle et spectral. Alors que le vent se levait autours d'eux, venant caresser les frêles constructions du campement et les silhouettes plus délicates encore des occupants encore debout en cette heure avancée, le son pourtant déjà distant de leur conversation se trouvait couper et cloisonné par la brise et le chant marin. Jusqu'ici il n'avait rien fait pour se montrer réellement mauvais, antagoniste dans l'âme, parce qu'il n'y était pas poussé, parce qu'on ne lui faisait pas miroiter un quelconque intérêt à se toquer d'une telle conduite. Il découvrait, comme un enfant, ce monde plein de mystères, sans porter de jugement préalable à la moindre action. Naïvement, il lui décocha un large sourire et avoua avec connivence…

« Je n'ai pas encore été motivé à dévoiler mes penchants  »

Ah, ce n'était pas forcément rassurant ça, à bien y réfléchir, si ?

« Pour le moment, je suis surtout extrêmement curieux à votre égard… pas seulement à cause de votre magie, mais aussi de cette petite chose qui retient votre voix… vous retenez… quoi ? Je me le demande. Vous peut-être, vous vous retenez ? Vous vous isolez ? Vos mots… ce tampon sur eux, est-ce que vous essayiez de m'empêcher de vous lire, ou vous de vous livrer trop aisément ?  »

Ses lèvres frémirent sur un sourire taquin.

« Si je vous jette de la falaise, vous hurlez, ou vous profitez du plongeons ?  »



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Re: Le sanctuaire du silence [PV Sintharia]

le Mar 29 Mai - 13:33
Ses lèvres frémirent, s’ourlèrent sur ses crocs, dans une expression amusée mais rogue, à la dérision aussi corrosive que directe. Sa voix, lorsqu’il répondit, était légère et badine, faussement détachée, suave des accents du nord. Cela l’amusait beaucoup, d’essayer de contempler ce qu’elle pouvait bien penser. Pourquoi pensait-elle l’insulter ? Sa vie avait-elle plus de valeur que celle d’une paysanne ? Non, pas tout à fait, ce n’était pas tout à fait cela. Parce qu’il était un homme ? Qui avait décidé, à un moment de l’histoire de l’éducation, que tel prénom conviendrait à une femme et pas un homme ? Certainement ces insupportables Baptistrels. Cela étant dit, il n s’affublerait pas d’un tel nom simplement par défiance envers eux, il avait tout de même meilleur goût et n’avait rien d’un adolescent.

« Pourquoi serait-ce m’insulter ? Parce que je ne suis pas une femme ? Voyons, que de considérations rébarbatives »

Néanmoins, plus encore que cela, c’était elle qui l’amusait. Sa façon d’être. De parler. Elle disait ne plus se sentir à l’aise dans la nuit, et c’était bien malheureux. Et pourtant elle le mettait au défi une fois encore, sans le vouloir… ou bien le voulait-elle ? En vérité peu importait. Il y avait plus à voir dans la nuit que les vampires, et l’uniformité de ses pairs le lassait profondément. La nature avait doté le monde nocturne d’autant de beautés et d’attraits que son frère diurne, il suffisait de défaire le voile que la civilisation lançait sur vos yeux pour le voir. Cette jeune femme était-elle trop prise dans de vaines affaires pour s’y ouvrir ? Bonne question. Elle n’avait pas l’air d’une idiote, alors sans doute était-elle encombrée. Il allait finir par avoir une capricieuse envie de retirer cet encombrement de façon radicale.

« Quel malheur… » ronrona-t-il le pensant sans le penser. « J’espère au moins que ce n’est pas le même imbécile qui trouble votre accès à ce sens là également, la liste de ses fautes commence à s’allonger drastiquement »

Il était amusé, définitivement, de la façon dont elle le percevait. Pouvoir la tuer ? Peut-être, il n’y avait pas pensé. Il n’aimait pas tuer. L’idée le révulsait profondément, surtout après le retour des souvenirs de son propre trépas. Quant à l’attirance... Il n’avait qu’à peine effleuré l’idée, de loin, comme si elle avait bien moins de valeur à ses yeux, de potentiel, que tout le reste. Il n’avait aucun manquement en lui qui nécessitait de telles flatteries.

« Cela ne me pose aucun problème, la curiosité peut venir autrement. Quant aux chevaliers…. Je serais davantage le dragon qui croque les jeunes vierges et transforme les imbéciles en armure en cendre »

L’affirmation fut suivie d’un nouveau sourire carnassier et enfantin. Les chevaliers en armure, il n’aimait pas ça, et si, rhétoriquement, cela faisait longtemps que ces boîtes clinquantes ne le faisaient plus rêver, iniquement, cela faisait à peine quelques nuits qu’il n’aimait décidément plus ces perches grandiloquentes manquant de clairvoyance et de sens pragmatique. Sans doute ressemblaient-ils trop aux Baptistrels, tout simplement, sauf qu’en plus d’être hypocrites, ils l’étaient souvent sincèrement. Insupportable.

« Vous êtes une curiosité vivante, quoi que vous en disiez… »

Et cela commençait à le titiller sérieusement. Surtout en la voyant tenter de s’éloigner. Elle avait peur ? Vraiment ? Aurait-il mal imaginé ce qu’elle dissimulait ? Haussant un sourcil, tête sensiblement penchée sur le côté, il la mira avec une malicieuse pensivité. La réponse venant, il étouffa un rire. Elle n’avait aucune idée de combien elle lui changeait les idées, chassant la morosité et lui donnant de quoi se focaliser et éviter de s’ennuyer. Elle était une nouveauté, aussi brillante que sa magie…

« Survivance donc ? Je prendrais le plaisir »

Son sourire s’élargit, la lueur de ses yeux se faisant joueuse, taquine. Voyait-elle seulement cela comme une affaire de vie et de mort ? Il s’approchait d’elle, sans la pousser en avant, ne voulant pas l’alarmer en la replaçant dans l’axe de la falaise. De toute façon, il n’avait pas besoin qu’elle se trouvât au meilleur endroit possible, tant qu’elle ne fuyait pas. Le reste, il s’en occuperait sans guère de problèmes et c’était même plus amusant si tout ne lui était pas servi sur un plateau.

« Oh voyons… imaginez, l’air infini autours de vous, l’adrénaline pulsant dans votre corps, le vide qui vous happe, omniprésent, et pourtant la lutte qui se poursuit en vous… le ciel et la terre qui se confondent et s’unissent pour ne former qu’un univers de sensations exaltantes… sentir votre vie, impérieuse, presque palpable tant elle est sur le point de vous échapper, vous sentir exister plus vivant, plus consciente que jamais auparavant… avant l’étreinte de l’eau glaciale sur votre corps brûlant, votre cœur qui bat si vite, qui vous hurle que vous êtes en vie… et jamais ce terme n’aura plus de signification… »

L’idée même de transcender les sens physiques et bassement terrestres, de laisser l’impulsion de l’instant, l’effervescence du moment prendre le contrôle était comme le meilleur des vins. Un grand cru qu’il savourait avec l’idée fixe de l’y faire goûter absolument. Dans une inspiration haletante, il retint son sourire, pinçant un instant les lèvres, la joie illuminant ses traits froids, avant qu’il n’avoue, confesse, avec une allégresse distordue.

« En fait vous avez raison, Dame Dalis, les mots sont de bien piètres interprètes… »

Un battement de cœur plus tard il était sur elle, un battement de cœur encore et le vide les emportait tous deux, largement au-delà des roches de la falaise.



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Re: Le sanctuaire du silence [PV Sintharia]

le Mar 12 Juin - 17:05
Que méritait-il ? A quoi pouvait-il réellement aspirer ? Il aurait pu ruminer la question indéfiniment s’il n’avait eu d’autres sujets d’occupation immédiats. Sans doute y reviendrait-il à l’avenir, lorsque dans le reflux de ses préoccupations il se trouverait temporairement désœuvré, que l’oisiveté poindrait, feignant de l’étriller pour mieux sabrer le peu de pensées positives qu’il entretenait. Très certainement, cela comme de très nombreux sujets tiers, en un ballet inexorable et vaguement ironique. Mais là où il observait l’occurrence avec une distance impérieuse et critique de ses propres défauts, d’autres s’en trouvaient les proies. C’était là l’indiscutable destin de peuples ayant reçu une conscience incomplète et dont chaque individu se devait de trouver ses propres outils pour exister, et donner un sens plein à cette existence. C’était là également les malheurs d’une société où l’on avait trop peur du regard des autres sans être capable de s’observer soi-même. Il en était victime en certains instants également, ou bien le faisait-il exprès ? Il souriait, se refusant à la réponse, aussi silencieuse soit-elle.

Est-ce qu’il la flattait ? Ce n’était pas dans ses habitudes, il n’avait rien d’un courtisan, encore moins d’un marchand. Si l’on admettait qu’il fut Achroma, il avait un jour été très doué pour tout cela, mais en cette nuit, il était simplement un vampire mirant un objectif que les mots servaient bien pauvrement. Seuls ses sens seraient capables de transmettre ce qu’il prêchait, et il n’y avait qu’une seule façon de le lui faire expérimenter. Le nom qu’elle criait soudain, saisie par les griffes viscérales de la peur, était étranger, la consonnance exotique, mais il ne s’en apercevrait certainement que bien plus tard, lorsque sa vision se serait élargie. Il sentit pourtant la bourrasque du vent dans son dos, la pulsation des ailes puissantes qu’il ne voyait ni n’imaginait, ses oreilles s’imprégnèrent un bref moment du cri perçant de la créature, avant que le vent et le vide n’avalent tout. La pression gourmande happa les corps et soudainement, ils tombaient, rapidement, ballotés par les bourrasques et le déséquilibres de leurs formes bipèdes.

Les quelques premiers instants furent les plus magiques, alors qu’il sentait avec une extrême précision l’immensité autours d’eux. Chaque fibre de son corps s’éveillait, pulsant comme jamais, hurlant son besoin d’exister, comme il ne l’avait pas ressenti depuis la vision traumatique qu’il avait eu… Que son cœur soit aussi froid qu’un tombeau, aussi silencieux qu’un cloître n’avait pas n’importance, l’indicible sensation chassait l’obscurité et l’amertume, résorbait le venin glacial de l’agonie dans ses veines. Le voile se levait, sa vue redevenait, pour un instant, vive et parfaite, et il en aurait hurlé de bonheur. De désespoir, à l’idée que ça ne durerait qu’un tour de sablier. Il inspirait, difficilement, l’air soudain glacial qui cautérisait sa peau, le relâchait comme une exhalation d’un soulagement inouï et écartait les bras, venant attraper la jeune femme fermement. S’il avait pu, il lui aurait souri, mais il ne voyait que la nature qui se confondait en une explosion de couleurs et de formes surréalistes, fantasques. Il vivait ! Les seules pensées conscientes étaient primaires, simples… ça faisait tant de bien !

La chute semblait interminable, et pourtant elle s’arrêterait bientôt. Il se gorgeait des sensations, laissant ce qui restait de son âme blessée aller… et il ne se rendait pas compte qu’il pleurait, les sillons carmin chassés par la force du vent. Pourtant cela coulait hors de son âme comme la meilleure des jouissances. Un tour involontaire sur lui-même lui fit prendre conscience que l’atterrissage ne tarderait plus. La pression magique vint entourer leurs deux formes juste avant l’impact, et ils s’enfoncèrent de plusieurs mètres sous la surface de l’eau, engloutis comme de simples pierres dans le giron tempétueux de l’océan. Se laissant quelques instants pour profiter de la caresse de l’eau sur sa peau malmenée, il ouvrit les yeux, jeta un œil à sa compagne de soirée et remonta avec elle jusqu’à la surface, perçant celle-ci avec un soupire de plaisir contenté. Quelques instants, il se contenta de nager, pour trouver son rythme et ses réflexes, puis avisa une enclave contre un pilier de roche, où la marée se ferait sensiblement moins sentir, et les brasseraient moins.

Nageant jusqu’à ce semblant de havre, il prit pied sur une pierre immergée pour continuer de profiter de ce bain. Cependant, l’observant attentivement, il se rendit vite compte qu’elle allait souffrir de la fraîcheur de l’eau de ce mois de Novembre. La magie, cependant, pouvait y pallier, et un moment plus tard, l’eau s’éclairait fugacement, le sortilège mourant rapidement mais ayant remplit son office. Il s’approcha alors de son semblant de Néréide, fasciné par le son de son cœur qui battait, un éclat enfantin d’émerveillement dans les yeux. Il aurait voulu l’enlacer pour coller son oreille contre sa poitrine, comme si cela pouvait lui permettre de l’entendre mieux, de sentir sa respiration hachée par l’adrénaline…

« Vous êtes belle ainsi »

Il n’y avait rien de charmeur, dans le ton de sa voix, juste cette admiration transie, candide. Il eut l’ombre d’un sourire, transfiguré par la chute, ayant laissé le lourd poids de ses tourments en haut de la falaise. Taquin, il plongea, et attrapa une étoile de mer, avant de remonter derrière elle, déposant l’ornement marin sur ses cheveux avec un rire réprimé. Ravi, rayonnant d’un engouement dépourvu de toute forme de concupiscence, il fut contraint de se faire violence pour ne pas lui trouver d’autres parures de circonstances. A la place, il goûta un instant le silence, avant de reprendre la parole.

« J’ai l’impression de voler, en de pareils instants… j’ai l’impression que je pourrais étendre mes ailes et voler, pour ne jamais toucher terre de nouveau. J’aimerais tant voler… Dans l’eau, l’impression s’en rapproche, et les courants sont doux, soyeux au toucher »

Il inspira profondément, fermant les yeux en se laissant légèrement dériver. Un instant le monde s’estompa, en dehors de l’eau et de la présence rayonnante à ses côtés. Lorsqu’il rouvrit les yeux, l’angle de son échine le portait à observer le lieu d’où ils étaient tombés ensemble. C’était haut, plus haut que la falaise de Caladon. La chute avait été d’autant plus délicieuse. Le silence doux était baigné de la symphonie marine, le lent soupire des vagues, le roulis paisible et le léger grondement des cavernes immergées ou semi-immergées. Et sa chaleur… proche, comme un petit astre tombé dans l’eau. A cause de lui. Non, grâce à lui. Il était plus proche de la vie, maintenant, ce petit astre. Plus proche d’eux ? Il aimerait y croire.

« J’entend votre cœur… il bat si fort en l’instant… êtes-vous vivante ? »

L’espoir se le disputait à une fragile inquiétude, dans sa voix.



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Re: Le sanctuaire du silence [PV Sintharia]

le Lun 18 Juin - 18:43
Poétique ? Ah… Ses pensées étaient poétiques ? Il n'y avait pas pensé, il n'y avait pas réfléchi, cela venait tout seul, comme le sang d'une plaie ouverte, pour laver la blessure, une forme de soulagement temporaire, à exprimer ce qui restait souvent lové dans le creux de sa gorge. La vérité ? Il avait cru, en arrivant à Caladon, en retrouvant sa famille et en découvrant son âme sœur, qu'il irait mieux, que la cendre se dissiperait, que la noirceur au coin de chaque pensée s'estomperait… ce n'était pas le cas. Il avait peur, et il souffrait. Tout se mélangeait, l'enlisant dans un amalgame sinistre et dangereux qu'il parvenait difficilement à contenir, et qui se répandait toujours plus loin dans ses veines, dans son esprit même. Jamais il n'avait eut conscience que l'expression de cette agonie pouvait être poétique, mais sans doute était-ce tout aussi subtile que la beauté qu'il percevait chez elle, et son amour de cette musique d'un cœur battant vivement, puissamment. Il ne voulait pas que cette musique s'arrête, elle était si vibrante, si vitale, si impérieusement salvatrice… En l'instant, il aurait été prêt à tout pour continuer à entendre son cœur battre aussi fort, pour qu'il continue de diffuser sa chaleur et sa présence. Le bout de ses doigts fourmillait de son envie de les presser contre son torse, pour essayer de sentir davantage le battement, la légère palpitation subtile à la surface du derme doux… mais il n'oserait pas cette intrusion, pas tant qu'il n'y serait pas invité en tout cas.

Et puis, alors qu'il l'observait, la flamme douce qui brûlait dans les prunelles orageuses de la jeune femme vint s'insinuer en lui, trouvant le noyau fermé de son âme. Il perdit quelque peu son sourire, le transformant en un fantôme de joie, doux et résigné par une tristesse et une douleur portées comme autant de cangues sur ses épaules. Un bref instant, ses yeux d'oasis se firent vitreux, alors qu'il entrouvrait les lèvres sur une lourde exhalaison, n'ayant aucune réponse à offrir à cette question, incapable de même comprendre à quel point la fracture de son âme était profonde et violente. Une part de lui, visible dans ses prunelles claires et douces, posait cette question alentours, muette demande, toute pétrie de naïveté enfantine, espérant que quelqu'un, n'importe qui, puisse lui expliquer, lui dire… pourquoi il devait tant souffrir en ce monde. Pourquoi il devait porter cette charge, lui qui n'avait jamais rien demandé à personne, qui n'avait jamais rien fait, ayant vécu isolé avec sa famille. Portait-il les pêchés d'un autre ? La roue de la réincarnation avait-elle décidée de lui faire expier un millier d'années d'exactions ? Se trouvait-il quelqu'un dans l'archipel qui pourrait enfin lui offrir une véritable réponse ? Il la laissa approcher, réellement heureux de sa présence, illuminant la nuit de sa solitude forcée comme un soyeux candélabre.

Il pencha la tête, admirant les ornements éphémères qui s'accrochaient à ses joues, souhaitant fébrilement trouver la force de lui dire combien elle était jolie avec ces perles iridescentes ainsi décorées, pas pour la flatter, mais simplement pour lui dire… combien cela faisait plaisir, un plaisir simple, naïf, de regarder et trouver de la beauté à quelque chose, simplement parce que cela existait, simplement parce que le jeu de lumière lunaire était agréable sur l'eau et que cela lui allait bien avec ses cheveux clairs et ses yeux de perles. Parce qu'il n'y avait aucun sous-entendu à tout cela, que ce qu'il voyait n'était pas, sur l'instant, perverti par ce qu'il avait dans la tête. Mais rien ne venait, sa voix restait bloquée, morte née dans sa gorge comme tant de chandelles d'espoirs soufflées les unes après les autres. Il la regardait simplement, alors que dans sa tête se déversait, gauchement, tous les mots qui ne parvenaient pas à quitter ses lèvres. Lui aussi aurait voulu que ses larmes ne soient pas du sang souillé, ne suppurent pas la souffrance. Mais cet étau du silence était aisément brisé, au moins par elle, et il l'écoutait, l'attention affûtée, retrouvant lentement pieds dans la réalité après l'égarement… ou bien le croyait-il seulement ?

Un frémissement des cils, au baiser ainsi accueilli, sans violence aucune, qu’il goûtait avec simplicité. Hatorë ? Il connaissait la signification de ce nom en elfique, intuitivement, de la même façon qu’il savait lire l’elfique. Un héritage d’une autre vie ? Il acceptait le nom, le cœur serré du poids symbolique de ce nouveau baptême. De ce qu’on lui offrait, de l’étincelle de chance qui s’y nichait… Le silence reprit ses droits, un moment, passager, alors qu’il se laissait bercer, le creux de l’esprit s’emplissant du bruit des vagues, des soupirs ambiants, du clapotis et des cris des mouettes. Et la voix de la jeune femme ne détonnait qu’à peine, alors qu’il relevait son regard vers elle. La curiosité le reprit.

«  Que voudriez-vous qu’il soit ? »

Et surtout, en quoi pouvait-il l’avoir inspiré ? Mais déjà, son esprit dérivait vers une autre question, une autre idée, soufflée par leur environnement mouvant.

«  Connaissez-vous des chansons de la mer ? »

Il donna une poussée sur le rocher derrière lui pour s’en écarter et nagea sur quelques mètres pour sentir davantage la caresse de l’eau, et le jeu diminué des courants.

«  Si vous tendez l’oreille, sous l’eau, vous entendrez peut-être les chansons de l’océan, qui content la vie au travers du monde, parfois des contes lointains, parfois proches… parfois clairs, parfois troubles, exotiques ou familiers, l’eau les conserve en son sein, quand ils cessent de danser dans le vent. Ils retombent pour se mêler à l’écume, brassés éternellement »

Peut-être qu’il demanderait que ses cendres soient placées dans l’eau, lors de son trépas, un jour. Oui, il aimerait cela, très certainement. Il serait à jamais reconnaissant à Aldaron de lui avoir montré les merveilles qui se trouvaient en dessous de la surface… Dommage qu’ici, la profondeur soit trop importante, ou il aurait certainement proposé de le lui montrer également. Mais il avait déjà eu si peur que l’elfe se noie, à Caladon, il ne désirait pas retenter l’expérience de nouveau.

«  Vous n’avez pas froid ? Je peux vous réchauffer si vous voulez »

Ils pouvaient également remonter, retrouver le campement. Il y avait des niches dans la roche pour s’installer loin des bruits intrusifs… mais elle était également vivante, et la fatigue pouvait soudainement la tourmenter.



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Re: Le sanctuaire du silence [PV Sintharia]

le Sam 7 Juil - 19:10
Il aimait beaucoup sa description d'un monde idéal, , et pourtant cela lui serrait le cœur de constater qu'il ne pouvait pas simplement lui donner ses yeux pour qu'elle puisse voir le monde comme lui le voyait. Car malgré toute la désillusion qu'il entretenait, il était capable de voir également ce qu'il y avait de beau, s'émerveillant quand il sortait chaque fois d'un bâtiment, sur une chose ou une autre. Cela venait naturellement à son esprit de constater la beauté du ciel, de vouloir s'en approcher pour compter les nuages, ou de noter la fraîcheur agréable d'une matinée… Il y avait tant d'exemples. Et tant à voir. Il n'était pas de ceux ressentant le besoin de valoriser un ego demandeur, pour autant il pouvait offrir u compliment sans réflexion calculée. Voilà encore une fois pourquoi il ne comprenait pas certaines façons de penser chez Aldaron, parce qu'il s'agissait de réactions poussées par des réflexions, là où il pouvait vivre l'inverse. Mais en cet instant, il aimait simplement ce qu'elle dépeignait sous ses yeux, et sa gêne incita un sourire à ses lèvres pâles. Il répondit avec simplicité, douceur et sans chercher réellement ses mots, ou à se montrer docte. Il y avait tant d'autres occasions pour cela.

« Non, je ne vous trouve pas naïve »

Son embarras était attendrissant toutefois. Comme lorsque l'on se lave de toute la crasse d'une longue journée pour constater la blancheur de ses propres dextres défaites de leur souillure et que l'on peine à être en phase avec ce changement, que l'on craint se salir à nouveau. La blancheur était un état passager, mais la couleur que l'on arborait n'avait pas forcément les consonances de la dépravation. Et elle avait l'air si triste, à ne pas savoir quoi faire de ce plumage qui ne demandait qu'à être peint avec enthousiasme. Voilà encore quelque chose qui, chez cet autre qu'on disait être lui, l'avait tant perturbé. Achroma l'immaculé, aussi blanc, marmoréen que les écailles de sa dragonne nocturne. En un millénaire de vie, il ne semblait avoir fait que chasser la couleur, mais à quel profit ? S'il avait accepté d'être éclaboussé, peut-être ne se serait-il pas brisé une fois ses pages noircies et froissées. Lui ? Peut-être qu'il n'avait simplement pas encore trouvé la couleur qui lui irait, ou bien aimait-il toutes les essayer pour s'intituler oiseau chamarré.

« Je pourrais chanter, moi »

L'avait-il vraiment proposé ou était-ce une illusion, un effet de son imagination ? Il n'était pas très bon chanteur, mais il pourrait réellement essayer et après tout dans ces cas-là, n'était-ce pas le plaisir plus que la justesse que l'on recherchait ? Lui-même ne parvenait pas à vraiment comprendre les mots de ces chansons marines, mais il plongeait la tête sous l'eau et laissait la symphonie le pénétrer. Pas besoin de comprendre en fin de compte, s'il saisissait enfin, un jour, les sentiments que l'eau charriait. S'il parvenait à les comprendre, peut-être qu'il pourrait enfin retrouver ce qui lui manquait ? Il ferma les yeux un moment, tentant de s'ouvrir à l'écho de l'océan, de s'en imprégner, de se l'approprier. Le clapotis d'un corps brisant la surface blanchie lui fit rouvrir les mires, les attirant vers la forme féminine que le large enlaçait avec l'étroitesse d'une amante, et il eut un faible sourire avant de percevoir le danger. Quelques instants trop tard. Ouvrants de grands yeux, il mit quelques instants à réagir, puis s'immergea sous les flots, se poussant hors de la crevasse vers l'emplacement où elle avait été happée.

Ses bras se fermèrent sur son corps frêle, la saisissant sans douceur mais avec la certitude qu'elle ne coulerait pas davantage dans les remous provoqués par la lame de fond. Soutenant son corps souple, le mage batailla pour garder pied lui-même, mais dans une secousse, manqua la perdre de nouveau, alors qu'il luttait pour nager vers la surface. Sa main se referma sur la sienne, glissant sur ses ornements, les perdant dans le flot, mais l'attrapant finalement, à efforts renouvelés, son souffle inutile venant alimenter le sien, si sublimement vital. Leur remontée fut malaisée, mais il parvint à lui faire percer la surface et l'y maintint, battant fermement des pieds sous la surface. Dès lors que son don personnel n'était plus nécessaire, il l'avait relâchée, et eut un léger sourire tremblant, les yeux brillants d'une peur encore vivace.

« Bon cette fois liten havfrue* … nous allons  éviter de réitérer cet exploit là »

La retenant par la taille, il prit son regard dans le sien, imposant la décision, ne souhaitant pas la perdre pour de bon. Tous deux furent bientôt près du rivage de pierres lourdes, dans un écrin de roches sombres qui brisaient plus efficacement l'élan maritime. Là, il prit soin de vérifier qu'elle ne fut pas blessée physiquement, les gestes non intrusifs mais doté d'une forme de fermeté et d'autorité naturelle lacées de cette inquiétude qu'il avait si vivement ressentit. Lorsqu'il fut satisfait, il lui dédia un sourire complice et amusé.

« Tout comme se jeter d'une falaise, embrasser l'océan requiert de le connaître intimement. Savoir quel danger existe, cohabiter avec lui sans lui ôter sa beauté… cette vague était imposante, son élan magnifique. Si j'avais eu des planches de bois, j'aurais sans doute pu nous la faire goûter à sa juste valeur... »

Mais cela ne voulait pas dire qu'il ne pourrait jamais le faire bien entendu. Ce n'était que partie remise. Devait-il confronter tout de suite le large une nouvelle fois, ou bien était-elle trop secouée ? Non certainement, n'avait-elle pas fait une chute de plusieurs centaines de mètres ? Il soupira légèrement, s'écarta d'elle, alors que son regard tombait sur la main autrefois ornée et il cilla légèrement. Était-ce ça faute ? Est-ce que cette bague avait une symbolique particulière ? Il fallait espérer que non… Il fit mine de n'avoir pas comprit et sur le silence passager, émit une proposition.

« Voulez-vous voir les coraux ? Malgré l'affaissement de Cordont je ne pense pas que la faune et la flore aient été trop dérangées... »
*Petite sirène



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Re: Le sanctuaire du silence [PV Sintharia]

le Mer 12 Sep - 15:55
Une faible lueur d’intérêt s’alluma dans son regard à la mention de son état actuel. Elle avait été vampire, mais elle vivait à nouveau. Maintenant qu’il y repensait, Valmys aussi avait eut quelques ressemblances avec cette enfant nocturne. Décidément, il voulait vraiment en apprendre davantage sur ce dont il s’agissait ! Qu’est-ce qui causait cela, qu’est-ce que cela impliquait vraiment, profondément, outre le retour à la vie des vampires. Il hocha simplement la tête, pour lui assurer qu’il comprenait, puis à la vision de son air attristé, il s’inquiéta de nouveau. Son alliance ? Cela la chagrinait à ce point ? Un instant coi, il lui proposa finalement d’essayer de la récupérer. Avec un léger sourire, assuré, Ivanyr glissa :

« Je vous raccompagne là-haut, que vous puissiez vous réchauffer et vous sécher, puis j’irais en bas, si je peux la retrouver je la ramènerai  »

Il lui tendit une main, l’invitant à le suivre pour retourner au camp, n’ayant pas les moyens de lui éviter d’attraper mal ici et par lui-même à moins de la cuire. Le chemin fut fait en silence, lentement, mais lorsqu’ils revinrent au sein du campement le mage demanda aux gardes Caladoniens qu’elle soit guidée vers les cuisines communes et qu’on lui donne un repas chaud et de quoi se sécher. Il ne l’accompagna pas, bien qu’il eût hésité à le faire, ne voulant pas lui causer plus d’émotions qu’elle n’en avait déjà reçu. Ce fut en silence également qu’il s’éclipsa, bien qu’avec ses capacités, la jeune femme l’eût certainement vu faire. Il la salua d’un sourire avant de s’éloigner et bifurquer entre deux tentes.

Seul, il contempla un moment la lune pâle avant de se décider à rejoindre la plage. Il lui fallut chercher jusqu’aux lueurs de l’aube avant de trouver ce qu’il escomptait et le fit porter à la demoiselle du silence, avec une petite note d’excuses renouvelées. Puis, il alla rejoindre son amant. Aldaron allait très certainement s’inquiéter de son état physique, et pourtant, moralement, il allait réellement mieux, même si ce serait certainement éphémère. Il ne fit nul commentaire : il n’était nul conte pouvant défaire le sanctuaire du silence.



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