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Il n'y a pas d'horaire pour faire affaire [PV Eleonnora Ostiz]

le Ven 11 Mai - 14:41
¤ Visiteur nocturne ¤

6 novembre, an 1762 du troisième âge

Caladon, il avait passé beaucoup de temps dans cette ville. Ou plutôt dans l’ancienne, lorsqu’il était encore à Ambarhùna et que la cité était encore debout. L’ancienne avait vu le jour sous l’empire du tyran blanc et l’elfe sombre y avait trouvé son intérêt en travaillant pour le marché noir, en effet, à l’époque il faisait office de contrebandier, de passeur. Nombreuses sont les personnes et les marchandises à avoir transité dans sa barque. Cette époque, bien que sombre, avait été particulièrement palpitante. Le goût du risque, le stress, l’adrénaline. C’était presque devenu une drogue. Mais les choses avaient changé et maintenant il avait pris du galon. Le petit contrebandier était devenu pirate, capitaine pirate pour être exact. Cependant il avait par moments de petites nostalgies de son travail en coopération avec la cité marchande. Oh, aujourd’hui il travaillait toujours un peu en coopération avec cette dernière, du moins façon de parlé puisqu’il avait déjà abordé et pillé certains de leurs navires. Il était pirate après tout, il devait bien gagner son pain. Et pirate est une très bonne situation, plus qu’on ne le pense. Malheureusement, la profession souffrait de nombreux préjugés. Tout ça parce qu’elle n’est pas politiquement correcte. Tout cela n’est que de la discrimination envers ceux qui ont eu le moins de chance et ceux qui ont été rejetés par la société. Mais bref, on s’égare.

Nathaniel Eärendil se rendait donc à Caladon à la veille d’une grande opération de piraterie qui serait menée par Athgalan à l’encontre de l’empire sélénien. Aussi, en bon capitaine des gredins il se devait de trouver des alliés à la confrérie, plus ou moins forcé bien entendu. Et plus ou moins corrompu d’ailleurs. Quoi qu’il en soit, une information avait raisonné dans l’archipel ces derniers mois, arrivant jusqu’aux oreilles du pirate. Quelque chose s’était produit à Calastin, il ne savait pas encore quoi exactement, mais cette chose avait conduit à des tensions diplomatiques entre les cités libres et Sélénia. Voilà qui était fort … plaisant ? Quoi qu’il en soit, si jamais l’elfe à la chevelure d’écume devait choisir un camp, il choisirait celui de Caladon. Et c’est justement dans cette optique d’offrir une collaboration qu’il se rendait sur place. Une collaboration dans le but, bien entendu, d’enquiquiner, pour rester poli, les Séléniens. De plus, le capitaine avait un certain passif avec l’empereur. Il lui avait volé son navire.

Et c’est avec ce même navire que le pirate arriva à Caladon. Le bâtiment avait bien changé depuis. Il avait été un peu retapé à Athgalan pour devenir plus au goût du pirate, mais il ne s’agissait là que de pure décoration. La structure n’avait pas changé. À quelques exceptions près afin d’accueillir certaines fantaisies bellicistes de son propriétaire. Sans grandes difficultés, Nathaniel vint garer son navire à l’un des ponts adaptés pour une embarcation de cette taille. Il laissa ensuite son second s’occuper de garder le navire, et de payer bien sûr l’inévitable taxe d’amarrage, pour se rendre prestement à son affaire.

L’elfe sombre n’était ici que dans un seul but, corrompre la plus haute autorité de cette ville marchande. Corrompre, ou plutôt essayer de trouver un accord. L’or ne lui serait sans doute pas d’une grande utilité face à un individu de ce genre. Même si ne dit-on pas qu’à Caladon tout s’achète ? Toutefois, le prix serait sans doute bien trop élevé ici et il n’avait pas l’intention de ruiner la confrérie. Non, s’il devait payer, il avait dans sa manche une tout autre chose pouvant combler le prix demandé. Mais en plus de cela, il avait son charisme naturel qui lui avait valu le poste de capitaine des gredins.

En arrivant sur place, la première qu’il apprît c’est que le bourgmestre n’était pas là. Ainsi Aldaron Triade n’était point dans la cité, mais sur les ruines de cette ville que l’on avait nommée Cordon. Voilà qui ne facilitait pas sa tâche. Ainsi au lieu de tomber sur un individu qu’il connaissait, il devrait faire avec une inconnue, une remplaçante. Un soupir s’échappa de lui. À peine arrivée et les complications commençaient. Bon, au moins il pouvait se dire que s’il avait affaire à une femme, son esprit-lié du lion acquit le mois dernier saurait lui être utile. Mais le principal problème c’est que le plan de la rencontre changeait complètement. Comment était-il censé s’introduire auprès d’elle ? De cette … comment déjà ? À oui Eleonnora Ostiz. Ostiz … Ostiz … ce nom lui disait quelque chose. Où l’avait-il déjà entendu ? N’y avait-il pas un vieux grincheux avare qui portait le même nom de famille lorsqu’il était à la Cour des Miracles ? Sans doute. Cela lui reviendrait sans doute plus tard.

Cependant, le problème en restait inchangé ? Comment se rendre jusqu’à elle. Le mieux à faire était sans doute de jouer de la surprise. De la bloquer pour l’obliger à avoir une conversation. Oui, c’était surement le mieux à faire. Dans toutes les iles de l’archipel, il y avait des agents corrompus de la confrérie. Ces derniers leur donnaient des renseignements et facilitaient même quelques opérations. Il était temps de leur utiliser. C’est assez rapidement que le gredin obtenu le lieu d’habitation de cette dernière. Il n’aurait qu’à s’y rendre, s’y introduire et l’y attendre. La maison se trouvait dans la zone résidentielle privée. Assurément elle serait gardée, mais rien d’insurmontable. Il suffit à Nathaniel de quelques paroles, de tirer deux trois ficelles et d’offrir quelques bourses d’or et il se retrouvait à l’arrière de la bâtisse ou logeait Eleonnora Ostiz. La nuit tombait, espérons qu’elle rentre aujourd’hui et ne dorme pas au palais. C’était un pari. Au pire il l’attendrait le temps qu’il faudrait. Il y aurait bien quelques bonnes à l’intérieur pour l’occuper si nécessaire.

Usant de ses anciens talents de voleur, l’elfe à la chevelure d’écume crocheta la serrure d’une fenêtre ce qui lui permit d’entrer. La maison était vide, à l’exception de quelques domestiques. Il charma la première qui l’aida à piéger les autres. En une trentaine de minutes, tout ce beau monde était assommé et enfermé dans une chambre. Et en attendant la maitresse des lieux, le capitaine prit discrètement le temps de visiter l’étage, allant même dans le boudoir de madame. Une femme riche, assurément. La curiosité et l’avarice le poussèrent à regarder le contenu des boîtes à bijoux de cette dernière. D’or, d’argent et de perle. Il y avait là une petite fortune. Cela serait un bon geste que de soulager les oreilles de madame d’un tel attirail. Il n’en fit cependant rien, jusqu’à ce que son regard soit capté par un objet fort bien étrange. Ce dernier se trouvait dans une boîte appart, à l’intérieur d’un tiroir. Il contenait des bijoux un peu plus fantaisistes, mais de tous de qualité. Sans doute était-ce pour les bals costumés. L’un d’entre eux, toutefois, attira l’attention du pirate. L’ornement dénotait des autres, autant dans son style que de par l’aura singulière qui s’en dégageait. Jamais il n’avait vu pareille breloque. Quel artisan avait pu le faire. Il ne reconnaissait là ni le style humain, ni l'elfique, ni le style vampirique. Était-ce un nouveau style ? À moins que ça ne soit d’origine inconnue. Peut-être était-ce là l’œuvre d’un Graärh ?

Nathaniel ne chercha pas à chercher plus loin et se saisit de l’objet, le subtilisant et le rangeant dans l’une de ses poches. Une aura bien trop singulière se dégageait de celle-ci pour l’abandon. Qui plus est, du bruit se fit entendre au rez-de-chaussée. Quelqu’un venait d’entrer, surement la maitresse des lieux. C’est qu’elle en avait mis du temps !

Sans un bruit sans un mot, l’elfe à la chevelure d’écume vint se rendre dans le salon qui se trouvait à l’étage pour l’attendre. C’est alors que le regard du gredin se posa sur un piano qui se trouvait là. La tentation fut trop forte et le pirate tout vêtu de sa  tenue de capitaine vint s’asseoir devant. Peut-être cela aurait-il le mérite d’attirer la curiosité de la demoiselle et de la faire venir plus vite. Lentement ses doigts se posèrent sur les touches.


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Re: Il n'y a pas d'horaire pour faire affaire [PV Eleonnora Ostiz]

le Lun 14 Mai - 1:12
Même à cette heure tardive, les rues de la riche Caladon étaient toujours aussi vivantes. A l'avènement d'un conflit les marchés s'affolaient, la chronique se défrayait et le conseil était toujours aussi partagé. Et dire qu'elle était censé tout gérer. C'était bien beau de partir à l'autre bout de Calastin pour sauver le monde, mais son père adoptif lui laissait une véritable bombe. En cette période de trouble la tension était palpable et en tant que remplaçante du Bourgmestre, Eleonnora Ostiz la ressentait mieux que personne. Au travail que lui valait sa nouvelle fonction se rajoutait les regards mauvais des membres du conseil qui ne saluaient pas avec autant d'enthousiasme une ascension aussi rapide de la  jeune conseillère. Oui, elle connaissait bien les bruits qui couraient les couloirs du palais comme elle entendait les murmures sur son passage. Mais c'était avec un total mépris qu'elle ignorait ces envieux. Par ailleurs, elle était la première étourdie par cette élévation si soudaine. Jamais elle n'aurait pensé concrétiser ses ambitions aussi rapidement et elle trouvait cela presque trop facile. Elle se souviendrait toujours de la première fois où elle avait effleuré des doigts le bois lustré du siège du Bourgmestre. Doucement elle avait reculé le l'assise, savourant chaque seconde de cet instant. Elle s'était assise. Et elle avait pu compter  les visages retournés vers elle et elle seule, attendant un mot, un signe. Elle avait le pouvoir, elle était sous le feu des projecteur, elle était le point culminant. C'était tout à fait galvanisant.

Evidemment ce n'était qu'un avant goût. On s'acharnait chaque jour à lui faire comprendre qu'elle n'était qu'une remplaçante en lui refilant des tâches ingrates indigne du statut d'un Bourgmestre. Tantôt elle les envoyait paître, tantôt elle se prenait au jeu. C'était le prix à payer pour gagner la confiance et le respect de ses aînés. Cependant il y avait bien un point sur lequel on lui prêtait crédit: le conflit interne de la race humaine. Beaucoup comprenait qu'il y avait là plus qu'une simple opposition entre peuples. C'était une véritable bataille idéologique. Eleonnora comprenait bien les enjeux qui soulevaient les plus militants d'entre eux. L'empire n'était plus qu'un râle de l'ancien monde. Un mort vivant qui avait survécu à la traversée au détriment de sa regrettée Gloria. On comprendra alors que la fille du vieux régent de cet empire disparu ait une rancune particulière envers Sélénia. A vrai dire, elle se fichait pas mal de rendre le monde meilleur du moment qu'il ne  profiterai pas aux félons qui s'étaient appropriés le pouvoir. Ah ça, ça les avaient bien arrangé la disparition de Crissolorio Ostiz! Parce que les Séléniens étaient plus légitimes par leur lignée ancestrale? Elle bouillonnait intérieurement.

Elle se massa les tempes avant de pousser la porte de la grille. C'était la fatigue qui commençait à la faire réagir. Elle n'avait d'ailleurs pas ramené de travail chez elle ce soir. D'autant qu'elle avait traîné à son office ce jour là, il était important de ne pas négliger son confort et son sommeil. Il fallait qu'elle soit radieuse demain encore. La nuit commençait à tomber de plus en plus tôt et elle se faisait vite surprendre par les dernier rayons de soleil. Aussi, il faisait déjà nuit quand elle entra dans la petite cours et elle ne s'étonna alors pas du calme qui y régnait. Elle ne manqua pas de gromeller lorsqu’aucune servante ne vint l’accueillir pour l'alléger de ses affaires. Elle ne les payaient pas pou-

Le silence de la demeure fit sens alors qu'une mélodie s'élevait depuis le petit salon. Soudainement alerte, la demoiselle se maudit pour avoir baissé sa garde en se croyant en sécurité. Si la totalité de sa suite avait été neutralisée, ce qui ne faisait plus aucun doute maintenant, ces intrus ne lui laisseraient pas la chance de sortir et crier à la garde. Elle fouilla sous ses jupons à la recherche de sa dague qui était toujours aussi ingénieusement dissimulée. Puis, sur le qui vive, elle prit les les escalier à la dérobée. Ce n'était surement pas n'importe quelle brute pour l'attirer avec de la musique, toute sinistre qu'elle était. Ses mains nerveusement crispées autour de la dague, la jeune femme s'arrêta sur le pas du salon. Épiant la provenance de la mélodie, que ne fut pas sa surprise lorsqu'elle vit qui se tenait assis au piano.

Qui aurait pensé que des doigts à la réputation si sanglante puissent caresser avec tant de délicatesse les blanches et les noires? On reconnaissait ce regard dur perdu dans l'écume de sa chevelure pourtant concentré sur le jeux de ses mains. Un personnage tout en contraste s'offrait au regard de sa spectatrice qui s'était arrêtée à quelques pas de l'instrument. Elle voulait bien avouer qu'il avait quelque chose d’envoûtant et d'impalpable.

Et alors que l'air lancinant prenait fin, la demoiselle sembla sortir de sa catalepsie et battit des cils. Oh bien sur qu'elle ne connaissait pas ce virtuose au oreilles pointues. Enfin, pas en personne. Et si elle avait déjà aperçut son visage, c'était sur ces avis de recherche que l'on trouvait placardés à la garde. Avec une belle somme à la clé. Ne devrait-elle pas se sentir d'avantage menacée par une telle apparition? Elle effaça toute trace de trouble de son visage et d'un sourire radieux fit tourner entre ses doigts la dague qu'elle tenait encore. Doucement, elle s'approcha de cet indésirable invité. Il l'avait prise au dépourvu et cela avait le don de l'agacer fortement. D'abord car elle aurait préféré organiser cette confrontation à son avantage et deuxièmement elle devait avoir une mine terrible après cette journée de dure labeur. Elle pouvait dire adieux à son bain.

S'accoudant au piano, elle dévisagea l’intrus quelque peu agacée avant de déposer avec délicatesse la dague sur le bois lustrée de l'imposant instrument. « Vous savez jouer du piano mais pas frapper à la porte? A quoi d'autre dois-je m'attendre venant d'un tel marginal? » Avec un rire qui se révéla légèrement amère, elle se redressa pour le surplomber. Après il était un pirate, un malfrat. Aussi, il serait prudent de rester sur ces gardes avec un tel individu.

« Je ne sais pas si le terme "bienvenu" me convienne pour qualifier votre présence à une heure aussi tardive...mais je vais faire preuve de clémence et vous accorder une audience si vous y tenez tant. » La jeune conseillère ne voudrait pas avouer qu'elle attendait avec impatience cette entrevue depuis le jour où l'idée avait germé en dans son esprit. Après une brève révérence, la jeune femme fit glisser une main hors de son étui de satin et la tendis à son interlocuteur. « Eleonnora Ostiz, fille de Crissolorio Ostiz, conseillère et suppléante du Bourgmestre de Caladon la revenante. Enchantée. » L'étiquette lui collait à la peau mais elle aimait faire les choses en bonne et due forme. Autant qu'elle aimait qu'on la prenne au sérieux. Et la fatigue qui se dessinait sous ses yeux indiquait qu'elle ne serait pas d'une grande patience.


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Re: Il n'y a pas d'horaire pour faire affaire [PV Eleonnora Ostiz]

le Jeu 31 Mai - 20:01
¤ Faites comme chez vous ¤

S’introduire quelque part est une tâche complexe, lorsqu’il s’agit d’une maison dans un quartier surveiller cela l’est encore plus, mais la difficulté est majorée quand ladite habitation appartient à quelqu’un d’important. Penser que le seul talent est suffisant est une erreur, même le plus doué des cambrioleurs n’y parviendrait pas. Pourquoi ? Parce qu’il est seul face à l’étroite surveillance de la garde, des gardes du corps et de la surveillance inopinée du voisinage. Le talent connaît lui aussi ses limites. Arrive un moment où, pour parvenir à ses fins, il faut nécessairement mettre à l’œuvre la participation d’autres individus. Et c’est ce que fit Nathaniel. Tout d’abord, l’elfe n’avait pas le talent d’un grand maitre cambrioleur, loin de là. Il avait bien sûr quelque connaissance, ayant baigné dans le milieu un long moment. Aussi dut-il demander le concours d’autres personnes pour mener à bien son projet d’infiltration. Une pièce d’or par là, une menace par ci, une faveur à cet endroit et le voilà dans les conditions nécessaires pour réaliser seul son forfait. Puis, quelques heures plus tard, il atteint son objectif. Se retrouver seul à seul avec celle à qui il désirait parler.

En entendant la maitresse des lieux rentrer, l’elfe à la chevelure d’écume ne put s’empêcher de l’accueillir en musique. Une douce musique qui résonna faiblement dans la bâtisse, attirant lentement la proie jusqu’au prédateur. Même si dans le cas présent c’était faux. Nathaniel n’était pas ici en tant que prédateur, loin de là. Le jeune bourgmestre par intérim n’avait donc rien à craindre de lui, du moins tant qu’elle ne commettait pas d’imprudence bien sûr.

Le pirate tourna légèrement les yeux quand l’humaine apparut dans sa vision périphérique. Elle était apparue dans l’encablure de la porte, toute crispée. Sans doute tenait-elle une arme. Lui-même l’aurait fait, rien de surprenant jusqu’alors. Quoique … elle n’avait pas demandé d’aide. Était-elle sûre de ses capacités à ce point ? Voilà qui était amusant. Plus encore lorsqu’elle décida de se détendre. L’atmosphère semblant s’alléger alors quelque peu. Si le prédateur n’avait pas attaqué sa proie dès qu’elle avait franchi le pas de la porte, c’est parce qu’il n’était pas là pour chasser. Dans ce cas, faire montre d’agressivité n’était pas la tactique à adopter, bien au contraire.

Celle-ci s’approcha jusqu’au piano, Nathaniel continua de jouer, la gardant toujours au coin de l’œil, mais ne l’empêchant pas d’approcher. Rien dans sa posture n’indiquait un refus ou une mise en garde, bien au contraire, il l’autorisait à venir jusqu’à lui. L’héritière de l’ancien régent Ostiz finit par poser sa dague sur le piano et la mélodie se finit quelques secondes plus tard.

« Vous savez jouer du piano, mais pas frapper à la porte? A quoi d'autre dois-je m'attendre venant d'un tel marginal? »

Lentement, l’elfe sombre vint porter sa main à son visage, retirant sa visière avant de la ranger dans une poche intérieure de son manteau. Inutile d’user de ce dernier alors qu’il était venu ici pour discuter. Avec un ton presque amusé, il lui répondit brièvement.

« En tant que marginal, je suis un grand timide, j’aurais rencontré bien trop de monde en passant par devant. »

Il tourna alors son visage et ses pupilles brou de noix en direction de la maitresse des lieux. Lentement, il vint abaisser le foulard qui masquait le bas de son visage, souriant, révélant sa dentition ciselée.

Cette dernière se présenta alors en une petite révérence, tout en sous-entendant qu’elle lui conférait l’honneur d’une audience. Le regard de l’elfe se posa sur l’étui en satin et donna un petit coup de main pour indiquer à l’humaine qu’elle pouvait le ranger.

« Allons, nul besoin de coller à l’étiquette ici. Nous sommes entre nous et je ne suis pas homme à suivre les codes. Je vous connais très chère Ostiz. Et j’ai encore plus appris à vous connaitre lors de ces dernières heures, je ne m’attendais pas à ce que vous rentriez si tard. »

Oui, l’elfe avait fouillé dans le bâtiment et les pièces de madame pour en apprendre un peu plus. En même temps, une fois qu’il eut fini de s’occuper des domestiques, il n’avait plus que ça à faire. Le gredin se permettait même la subtile réflexion se reprocher à celle-ci d’être arrivé en retard à cette entrevue non prévue. Et si on le connaissait un peu, on saurait qu’il rejetait sur cette dernière la faute d’avoir été obligé de fouiller pour s’occuper en l’attendant.

« Je vous en prie, asseyez-vous. Faites comme chez vous.»

Le pirate désigna la banquette dans geste de main.

« Je suis Nathaniel Eärendil, l’un des capitaines de la confrérie d’Athgalan. Vous avez sans doute entendu parler de moi. Soit en raison des affiches placardées dans certaines ruelles … soit de réputation. Rassurez-vous, vous n’avez rien à craindre de moi. Je ne suis pas ici en tant qu’ennemi … sauf si vous en décidez autrement, bien sûr. »

Nathaniel se leva et se dirigea vers l’une des armoires du salon qu’il ouvrit.

« Vous permettez ? »

La question était purement rhétorique, le pirate ne s’attendait pas à un non de la part de la demoiselle. Le gredin se saisit d’une bouteille de vin et de deux verres. Il remplit les deux, face à Eleonnora, lui assurant qu’il ne verserait rien de bizarre à l’intérieur, avant de s’approcher de cette dernière et lui tendre une coupe.

« Tenez, je pense que cela vous fera le plus grand bien après cette longue journée. À dire vrai, je n’ai appris qu’en arrivant ici que vous aviez pris la tête de la ville, aussi je m’excuse de cette visite impromptue. Je m’attendais à devoir discuter avec ce cher Aldaron. »

L’elfe à la chevelure d’écume haussa les épaules, l’air moqueur.

« On ne fait pas toujours ce qu’on veut. »

Eärendil porta la coupe à ses lèvres, mais il ne but pas, non il s’imprégna de l’odeur du breuvage.

« Mais je suppose que c’est pour le mieux. Je suis venu faire une proposition au bourgmestre de Caladon … cela concerne Sélénia et son cher empereur. »

Hrpg: Désoler du retard >< !


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Re: Il n'y a pas d'horaire pour faire affaire [PV Eleonnora Ostiz]

le Mer 6 Juin - 14:21
Eleonnora manqua de faire un commentaire sur la façon dont ce forban avait envoyé paître l'étiquette au petit bonheur la chance. Après cette prestation mélodique qu'on aurait pu croire raffinée, elle s'était attendue à plus d'éducation de sa part. Il comprendra que ce n'était peut-être pas la meilleure façon de mener à bien des rencontres qui pourraient être productives. Et c'est au nom des affaires que la jeune femme se contenta d'un regard froid dans sa direction tandis qu'elle jetait nonchalamment ses gants sur le dos du piano. Puis là n'était pas le seul affront qu'il s'était permis dans cette phrase.

« Ah oui? Qu'avez vous d'intéressant à dire sur ma personne ? Avant que vous ne répondiez, permettez moi de douter de vos capacités de déduction car si vous me connaissiez aussi bien que vous le prétendez peut-être que vous vous seriez douté que je suis quelqu'un d'assez occupée pour rentrer après le coucher du soleil. Peut-être que cela vous dépasse si n'aviez vous rien de mieux à faire que de vous fatiguer à entrer par effraction dans ma demeure?»  Elle leva les yeux au ciel avec un soupir. Après tout il était un pirate; Chassez le naturel, il revient au galop. «...Mais je suis médisante, voyez bien m'excuser, ça n'est pas donné à tout le monde de réussir ce genre d'exploit...chapeau bas. Après tout, je fais attention à protéger mes biens qui sont sûrement assez précieux pour qu'un opportun démuni ai la tentation d'y toucher...Oh mais quelqu'un de votre stature ne s'abaisserai pas à de telles pratiques, j'ai bien raison? A moins que le petit malfrat de bas étage prenne le pas sur le roi, ce qui serait bien dommage car je ne pense pas pouvoir accorder de crédit à un tel personnage si c'était le cas. » Autant le prévenir d'emblée.

On pourrait presque penser que ses dernières paroles puissent être des menaces. Elle savait pourquoi il était ici. Et ce n'était ni pour la voler, ni pour la kidnapper...d'où l'excès de confiance qu'elle se permanentait à son égard. Peu importe ce qu'il voulait d'elle, il ne l'aurait pas par la violence. Malheureusement pour lui, les joutes verbales et négociations rigoureuses étaient le terrain de prédilection de la jeune conseillère. Elle ne laisserait d'ailleurs pas penser qu'il était en territoire conquit avec elle, quelque soit l'insolence avec laquelle il osait lui parler. Qu'il ne vende pas la peau de l'ours avant de l'avoir tué. Puis s'il croyait l’impressionner avec ces magouilles de petit voleur, il se fourrait le doigt dans l’œil. Néanmoins elle ne pouvait s'empêcher d'être inquiète; Si ce n'était quelques bijoux qu'il avait pu lui dérober, il aurait tout aussi bien pu toucher à des objets dont la valeur ne se comptait pas en pièces d'or. Il pourrait très bien s'en servir pour la faire chanter... Elle laissa couler sur lui un regard méfiant avant de ramasser consciencieusement ses voluptueux jupons pour s'installer sur le sofa.  

« Je ne suis pas le genre de femme à jeter la pierre sans bonne raison. » Comme, par exemple, un malfrat qui puisse penser lui être supérieur. Néanmoins elle trouvait cela encore assez amusant pour ne pas se départir de son sourire éclatant. Il comptait rejeter toutes les conséquences de ces actes sur son interlocutrice? Elle reconnaissait bien là l'étendard des pirates. Fourbes, lâches et venimeux. Tandis qu'elle défigurait d'un air curieux le pirate aux oreilles aussi pointues que ses dents, ce dernier faisait couler dans deux coupes un vin qu'il avait précautionneusement choisi parmi ceux qu'elle gardait pour ses soirées solitaires. Elle le remercia d'un hochement de tête sans prendre la peine de porter le verre à ses lèvres. Elle ne le touchera pas tant qu'elle n'aura pas vu le liquide couler de son larynx jusqu'au long de sa trachée.

Peut-être était-il plus chanceux de l'avoir rencontrée, elle, plutôt que son homologue...elle ne savait pas s'il aurait prit la patience de l'écouter. Même si elle en doutait, plus rien ne la surprenait chez son supérieur, surtout pas ses mauvaises fréquentations. Elle ne serait pas étonnée que le gredin ai déjà rencontré le Bourgmestre dans une autre vie. De toute façon, la demoiselle était celle qui désirait lui parler. Elle feint une mine affligée aux mots moqueur de ce dernier. « Je suis bien triste que mon désir brûlant de vous rencontrer ne sois pas partagé...» Après tout peut-être aurait-il été plus confiant avec un interlocuteur qu'il connaissait d'avantage? Ou bien parce qu'il prenait plaisir à affronter le jugement d'adversaire redoutable?  
Pourtant elle était la seule à avoir intrigué dans le but d'écouter la proposition dont il souhaitait lui faire part.

« Il semble que vous avez trouvé la personne qui saura écouter votre proposition à sa juste valeur...dites moi donc ce que vous attendez de Caladon. » Qu'il sache qu'on ne pactise pas avec le pouvoir sans contrepartie. Elle ne faisait pas dans la charité.


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Re: Il n'y a pas d'horaire pour faire affaire [PV Eleonnora Ostiz]

le Ven 15 Juin - 22:49
¤ Mécénat ¤

Nathaniel était un pirate, avant d’être un pirate il avait été un bandit et avant d’être un bandit il avait été … bah rien en fait. L’elfe n’avait pas eu le plaisir d’être un enfant pour la simple et bonne raison qu’il avait grandit au milieu de malfrats. A partir du moment où il sut marcher, on ne lui apprit pas à faire des courbettes, mais à faire le tire-laine. Ce n’est que bien plus tard, très tardivement même, qu’il apprit ce qu’était l’étiquette, lorsqu’il était dans les prisons elfiques et qu’on tentait avec lui la rééducation. Autant dire que cela n’avait pas fonctionné. Certes le capitaine avait appris, mais entre apprendre et mettre en pratique il y a un monde, et Eärendil n’était pas ici pour mettre en pratique son apprentissage. Qu’on le traite de rustre si on le souhaite, Nathaniel n’en avait tout simplement rien à faire. Il était face à la représentante de l’autorité d’une grande ville. Et alors ? Au final ce dont il était venu parler n’était en rien différent d’une négociation entre un marchand et un client, alors pourquoi le statut des deux individus devrait influencer la conduite de cette discussion ? Et puis, c’était une façon de faire comprendre à l’autre que même s’il avait connaissance du rôle de son interlocutrice, cela ne changeait pas grand-chose. La désinvolture des pirates en sommes.

L’elfe arqua un sourcil.

« À vrai dire, je pensais que vous étiez quelqu’un de raisonnable. Or travailler jusqu’à l’épuisement et rentrer à point d’heure m’apparait comme déraisonnable, car votre fatigue d’aujourd’hui aura une influence néfaste sur votre travail de demain. »

L’elfe porta à ses lèvres la coupe contenant le vin sain et en boire une petite gorgée. Il avait remarqué que son interlocutrice n’y avait pas encore touché. Pourtant il avait servi les coupes de manière bien visible. Avait-elle peur qu’il ait pu empoisonner le vin un peu plus tôt ? Allons, allons, il n’avait pas besoin de ça.

« Cela me rappelle une histoire Lyssienne. Celle d’un pêcheur qui avait trouvé un banc de poissons particulièrement imposant. Peu importe à quel point ses filets étaient remplis, le banc de poissons ne se tarissait point. Réjoui d’avoir trouvé une telle abondance, il chargea son navire, encore et encore. À chaque fois il avait une excuse pour jeter à nouveau son filet à la mer. Ce sera ça de moins à faire pour demain. Cela donnera plus à manger à mes enfants. Cela me permettra d’avoir plus d’argent. Le pêcheur était tellement focalisé sur son travail et sur le résultat, qu’il ne remarqua pas la ligne de flottaison de son embarcation baisser dangereusement. Bientôt le navire finit par couler. Et le pêcheur, épuiser par une journée de travail harassante mourut noyer. »

Nathaniel leva sa coupe en direction Eleonnora.

« Vous avez beaucoup de travail j’en conviens, mais faites attention à ne pas finir noyer comme ce pauvre pêcheur. Qui plus ait, trop grande fatigue fane la beauté d’une femme. »

L’elfe sombre vint poser la bouteille de vin sur la table du petit salon et vint lui-même s’asseoir dans l’un des fauteuils tout en souriant.

« Cette fois-ci, c’est à moi de mettre en doute vos capacités de déduction. Vous imaginez bien que je ne me suis pas contenté de vous attendre en me tournant les pouces. Comment aurais-je pu trouver la clé de cette armoire où dormait ce doux nectar. »

Le pirate plia et déplia les doigts de sa main libre et fit apparaitre la clé de l’armoire qu’il posa ensuite sur la table devant lui.

« Inutile de jouer avec moi. Je ne suis ni un roi, ni un saint. Et comme je l’ai dit, je ne suis pas venu ici en tant qu’ennemi. Ce qui signifie, que je ne vous ai rien dérobé et que je n’ai pas fait de mal à vos serviteurs. Non, je mens sur ce dernier point, vous les trouverez dans l’une des chambres, j’ai dû les assommer et les attacher afin que nous ne soyons pas dérangés. »

À nouveau, l’elfe sombre porta le breuvage à ses lèvres pour en boire une petite gorgée. Il n’était pas là pour s’enivrer, mais pour faire affaire, aussi ferait-il attention. Son regard prédateur vint se poser sur la jeune femme devant lui, la détaillant avant de se concentrer sur son regard.

« Allons, allons, je ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit. Je brûle toujours de désir de rencontrer une jeune demoiselle … particulièrement quand celle-ci est Eleonnora Ostiz, fille de Crissolorio Ostiz. Ancien régent de Gloria, dont le nom est malheureusement tombé en disgrâce depuis que l’héritier de Korentin Kohan a repris les rênes de l’ancien empire humain. »

Nathaniel se redressa un peu, s’avançant et souriant.

« J’ai connu votre père, lorsque la Cour des Miracles existait encore et avant qu’elle ne mute pour devenir la Confrérie installée à Athgalan. Lorsque j’ai eu la confirmation que vous étiez la fille de cet homme … j’ai su que je ne pouvais rêver mieux. J’avais d’autant plus hâte de vous rencontrer que de revoir ce cher Aldaron. »

Lentement, le sourire du pirate disparut, redevenant plus sérieux.

« Je savais que vous diriez cela. Après tout, vous y trouveriez une satisfaction personnelle à mettre des bâtons dans les roues de Sélénia, en plus de l’avantage que pourrait en tirer Caladon bien évidemment. »

L’elfe à la chevelure d’écume posa sa coupe et vint croiser les doigts.

« Vous n’êtes pas sans savoir qu’en juillet dernier, j’ai réussi le tour de force de voler au nez et à la barbe des autorités Séléniennes et de l’empereur lui-même un navire qui était destiné à ce gosse et que j’ai depuis fait miens. Mais tout ceci en plus d’être fort amusant n’était qu’une mise en bouche. Je ne compte pas m’arrêter là. Et la Confrérie ne compte pas non plus s’arrêter là. En tant que capitaine des Gredins, j’ai de menues responsabilités au sein de la confrérie. Certaines d’entre elles peuvent être qualifiées de corruptions, mais je parlerais plutôt de mécénat. Je cherche des mécènes, des collaborateurs pour Athgalan. Que cela soit pour la construction de la ville, le développement d’amélioration navale ou encore la mise en œuvre de certaines missions. C’est sur ce dernier point que j’aimerais discuter avec vous. »


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Re: Il n'y a pas d'horaire pour faire affaire [PV Eleonnora Ostiz]

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