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Bourgmestre de Caladon

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Adoption [Valmys]

le Sam 12 Mai - 17:13
    10 Octobre 1762

    Était-ce une lubie ? Une toquade ? Un caprice ? Il fallait dire qu'il traversait une période étrange. Lorsqu'il avait écrit cette dernière lettre fatidique à Valmys, à la fin du mois de septembre, il avait retrouvé Achroma, revenu d'entre les morts, et avait pris ses distances, trouvant que leur hyménée se nouait bien trop vite. S'en étaient suivi des réflexions, des remises en question, des axes de vie qu'il voulait travailler. Il avait eu l'impression que rien n'était à sa place et qu'il avait tout à reconstruire, depuis le début. Morneflamme avait pris une très large part dans sa vie, et l'avait orienté vers une solitude dévorante à laquelle il devait mettre fin. Le temps qu'il avait passé avec Valmys au Royaume Elfique lui avait fait un bien fou, après la guerre entre le Nord et le Sud de Calastin. Et maintenant qu'il traversait une nouvelle crise, il avait presque supplié le baptistrel de le rejoindre à Caladon, dans une missive à la fois touchante et réservée. C'était que ce petit être avait marqué son cœur à la manière d'un père et la façon dont ils avaient échangé, pendant quelques mois, par la suite n'avait que trop souligné combien Aldaron manquait d'un enfant et Valmys d'une figure parentale. Leurs mots réciproques avaient semblé s'appeler et au début de l'automne, il avait demandé à Valmys de le rejoindre à Caladon.

    Ce soir, il avait quitté son travail pour s'installer dans un petit bureau personnel, chez lui. La fraîcheur des températures qui retombaient la nuit l'avait poussé à faire allumer un feu de cheminée dont la danse ambrée peignait sur les murs et sur sa peau des mouvements hypnotiques. Le crépitement des flammes étaient une mélodie de fond, apaisante, tandis qu'il rédigeait, sur le parchemin, l'acte qu'il comptait bien signer prochainement. Par cet acte, il reconnaissait Valmys comme son fils et lui offrait son nom, si le baptistrel souhaitait le porter. Peut-être trouverait-il le courage de lui proposer au petit déjeuner, demain... Ou après... Ses domestiques avaient récupéré la boite à musique à sa sortie de bateau dans l'après-midi. Aldaron avait dîné avec lui, pour le retrouver et lui faire part de sa joie de le savoir ici. Il lui avait laissé une grande chambren, choisie avec soin pour correspondre aux affects de son invité, pour qu'il installe ses affaires le temps que lui, retourne travailler.

    Il était très tard ce soir, lorsqu'il finissait sa rédaction. Il roula le parchemin et s'apprêtait à aller dormir lorsqu'en passant devant la chambre du jeune immaculé, il constata que la lumière était toujours allumée. Avait-il peur du noir ou était-il encore éveillé ? Ne trouvait-il pas le sommeil ou l'avait-il attendu ? Il l'avait pourtant prévenu qu'il rentrerait tard et qu'il pouvait dormir ! Curieux, il entrebâilla discrètement et légèrement la porte. Il trouva Valmys installé au petit bureau, une bougie pour veilleuse. Le bourgmestre toqua légèrement à la porte avant de l'ouvrir un peu plus et entrer : « Valmys ? Tu ne dors pas ? La ville est trop bruyante ? » demanda-t-il, à moitié inquiet et le visage fatigué par sa journée de travail. Du moins était-ce ce que le faible éclat de la bougie accentuait par jeux d'ombres. « Tu es bien installé ? La chambre te convient ? » Elle était pourtant orientée jardin pour ne pas qu'il subisse les bruits de la ville et qu'il ait quelque chose de vert à voir au petit matin.


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Enwr

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Re: Adoption [Valmys]

le Ven 18 Mai - 14:20
Le voyage avait été éprouvant. Valmys avait beau se remettre, à son rythme, de ses péripéties maritimes, il restait nerveux à bord d'un bateau. Sur ses gardes, sursautant au moindre imprévu, il s'était beaucoup épuisé à ne rien faire, et avait eu tôt fait de s'efforcer à dormir, à grands coups de somnifères. Mais même son sommeil ne l'avait aidé. Ses rêves avaient été sombres, violents. Peu de temps avait été nécessaire pour qu'il fasse le lien avec ce cristal très particulier qu'il promenait avec lui, qu'il avait cette fois utilisé comme veilleuse, contre lui, pour se rassurer. Sa lumière et ses pulsations lui avaient toujours semblées rassurantes. Admettre un si bel objet responsable de tels songes lui aurait fendu le coeur... Il y tenait, à sa veilleuse !
Pourtant, refaire l'expérience lui avait prouvé que son hypothèse était juste. Dans ses rêves, il était un dragon. La nuit ne donnait aucune couleur à ses écailles -il se savait juste plus sombre que la neige. Grand, il pouvait voir les bipèdes s'enfuir, lorsqu'il les poursuivait. Il pouvait sentir la salive dans sa bouche mêlée à l'excitation de la chasse, et... Etait-ce de la colère ? Difficile pour lui de l'identifier. Sa volonté n'avait suffi pas pour le sortir de ces rêves, lors de l'instant écoeurant où la chair et le sang venaient teinter sa langue.
L'Enwr s'était réveillé en sueur, le coeur au bord des lèvres. Ces goûts-là n'étaient pas pour lui, et la violence qu'ils contenaient n'était faite pour son âme. Fi de la veilleuse pour l'instant, il devait se changer les idées.

Depuis que les veinules étaient apparues sur son visage, les cernes semblaient ne plus vouloir souligner ses yeux. Cela lui convenait à merveille, et lui évitait d'infliger à Aldaron la laideur de l'épuisement de son voyage. En posant enfin le pied à terre, le petit être de musique sentit un profond soulagement l'envahir. Il allait enfin pouvoir respirer ! En apprenant son emploi du temps, l'apprenti baptistrel s'imagina même faire une sieste, bien méritée, dans un vrai lit, avec un endroit où poser sa veilleuse sans craindre qu'elle lui soit dérobée. Néanmoins, les domestiques ne tardèrent pas à aborder un sujet qui bouleversa ce plan. L'anniversaire d'Aldaron ? Demain ? Par les huit ! Au regard rond de Valmys, les employés du bourgmestre purent sourire, devinant aisément qu'ils venaient de délivrer une information qui lui était nouvelle... Et qui le paniquait à nouveau ! Quel ami était-il, pour n'avoir pas demandé plus tôt ? Pour n'avoir pas noté ? Pour n'avoir rien préparé ! Il venait les mains dans les poches ! Timidement, gêné, il demanda à pouvoir s'arrêter à une échope. Une idée lui était vite venue. Tant pis pour le sommeil ! Après tout, avec un peu de théine, l'énergie ne serait plus un souci !
Valmys avait dîné avec son ami, tâchant de lui épargner au mieux sa fatigue et son inquiétude quant au lendemain. Aldaron méritait mieux que cela. Sa boîte à musique tenait à ce que sa compagnie reste agréable.






La tasse de thé était vide depuis longtemps. Le bureau, qui jadis avait été vide et accueillant, était désormais encombré de bouts de tissus bleus, du matériel de couture emprunté aux domestiques, ainsi que de parchemins et matériel d'écriture. Les affaires de Valmys étaient à peine déballées, son sac posé au pied de son lit, sa veilleuse soigneusement installée sur la table de chevet. Le principal cadeau était plié, et déposé sur un coin de bureau. Il venait juste d'en achever couture et broderie. Ses propres habits ne lui avaient pas demandé tant de travail ! L'Enwr en était assez satisfait... Même si ce n'était pas, à son goût, un cadeau à la hauteur de son amitié. Offrir quelque chose à plus riche que soi était toujours complexe et, tout jeune qu'il était, il n'avait encore trouvé de solution à ce problème.
Le nez dans l'odeur fraîche de l'encre, ses doigts barbouillés, il s'appliquait sur l'enluminure qui marquait le début de la lettre qui devait accompagner le cadeau, le dos courbé sur son bureau, dans une attitude sans doute très mauvaise pour sa colone vertébrale. Concentré, chantonnant doucement pour se tenir éveillé autant que pour passer l'énergie du thé quelque part, il entendit tout juste les pas dans le couloir, sans s'en inquiéter. Après tous, quelques personnes étaient passées également...

En revanche, le scribe du jour -enfin, de la nuit- ne s'attendait pas à ce que les pas viennent pour lui. Très brièvement, de possibles identités lui vinrent en tête: Aldaron (impossible, il l'avait convié à dormir), les domestiques (à cette heure-ci ?), les pirates (oh, tout de même !). Cette dernière hypothèse lui injecta une petite dose d'adrénaline, qui retomba au visage amical et inquiet d'Aldaron. Eh mais... Aldaron ?! L'adrénaline revint d'un coup, et l'instinct de Valmys fut juste assez bon pour le pousser à se mettre un peu trop rapidement debout, afin de cacher de sa silhouette le bazar derrière lui. Un manque de politesse certain, ce bazar, dans la chambre impeccable qui lui avait été donnée. Et surtout: pas question qu'Aldaron voie ses cadeaux avant l'heure !

Ironiquement, Valmys se surprit à penser qu'Aldaron avait l'air fatigué. C'était sans compter sur ses propres traits, tirés de fatigue, et... Etait-ce de l'encre qu'il avait sur la joue ? Il offrit au bourgmestre un sourire qui se voulait rassurant. "Je suis très bien installé. C'est pour moi un vrai luxe que tout ceci," répondit-il, peut-être un peu trop hâtivement, mais avec une véritable reconnaissance dans la voix. Il n'avait pu encore en profiter, mais sa seule entrée dans cette chambre lui avait donné les informations nécessaires. Il allait être ici plus que confortablement installé. Jamais il n'avait eu de lit aussi grand et moelleux, douillet. Aldaron avait prit soin de le mettre côté verdure, et il appréciait particulièrement cette attention. Enfin, l'endroit était calme, et juste assez chauffé. Avoir de l'intimité et de l'espace... Il n'y avait été habitué. Même sa chambre au Domaine était relativement étroite.

"- Ne vous inquiétez pas pour moi, mon éveil est volontaire." Non seulement Valmys était incapable de mentir, mais il savait également très mal cacher les choses. La lueur d'amusement mêlée de gêne qui passa dans son regard, et au coin de son sourire, parlait bien plus que lui. "Votre journée s'est bien passée ? Je peux faire quelque chose pour vous ?" C'était un peu sa façon à lui de s'enquérir de ce qui avait pu fatiguer son ami. Outre l'heure tardive, si quoi que ce soit avait pu contrarier Aldaron, et si ce dernier voulait se confier, ou quérir les services qu'un mage pouvait offrir pour l'aider à s'endormir, il était là. Après tout, n'était-ce pas le genre de cadeau que l'on pouvait offrir aux gens riches ?


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Re: Adoption [Valmys]

le Sam 26 Mai - 11:06
    Un sourire amusé et paternel vint marquer son visage fatigué en remarquant Valmys se lever d'un seul coup et cacher ce qu'il était en fait de faire. L'elfe n'était pas stupide et le comportement de l'immaculé était celui qu'il avait vu sur des centaines d'humains lorsqu'ils essayaient de cacher quelque chose. Aldaron eut pitié du serment de vérité du baptistrel et recula sans chercher à voir ce qu'on trafiquait sous son toit. Il dirigeait bien le marché Noir, il voyait souvent tout... Il pouvait bien fermer les yeux pour une fois. Il eut un rire d'amusement et lorsque ses yeux ne purent capter le moindre ersatz de ce que l'Enwr lui préparait, il secoua la tête de gauche à droite. « Je suis navré, je ne pensais pas que tu serais en plein labeur. » Cela faisait bien longtemps qu'on ne lui offrait rien à son anniversaire. Ou presque. Tout simplement parce qu'il y avait vraiment peu de choses que le dirigeant du Marché Noir ne pouvait pas s'offrir. Le voir mettre la main à la pâte rendrait le présent unique au monde, même si l'elfe aurait préféré que son invité ne le paie pas en heures de sommeil.

    Sortant un mouchoir d'un lin délicat, il vint essuyer, d'un geste paternel, l'encre que l'apprenti avait sur la joue : « Tu as l'air d'y mettre beaucoup de cœur pour finir barbouillé ainsi. Je suis touché par ton geste, autant que je suis persuadé que manger sur tes heures de sommeil ne te fera pas du bien. Même si cela est volontaire. » Il le grondait, mais avec douceur, et se prit à penser qu'il prenait déjà son rôle de père très à cœur. « Je te remercie, ma journée s'est ben passé. Comme beaucoup d'autres, elle a été longue et je vais éviter, moi aussi, de grignoter sur mon temps de repos réparateur. Je le fais bien trop souvent. J'étais seulement inquiet de te voir encore debout. » Baissant les yeux sur le parchemin qu'il avait en main, il se demanda si c'était le bon moment pour.... Mais par les huit, ne venait-il pas de dire qu'il valait mieux qu'ils aillent dormir. Il faisait un pire garnement à trouver des prétexte pour refuser d'aller au lit.

    Il eut un sourire en coin avant d'ajouter : « Je ne vais pas pouvoir te border moi-même... » Eu égard de ce qui pourrait traîner à sa vue sur le bureau de l'apprenti : « Mais promets-moi de ne pas veiller trop longtemps, d'accord ? On se voit au petit déjeuner, demain. » Il avait vraiment parlé de le border ? La fatigue... Oui, ça devait être la fatigue. Ou alors, il prenait son rôle de père bien trop à cœur. Il faudrait peut-être qu'il lui annonce tout de même, son comportement allait être étrange à force. Rah, non ! Il avait dit pas ce soir ! « Bonne nuit, Val-fils. » Oui, voilà, il prenait congés, c'était mieux. Et attendez, il avait dit 'Valmys' ou 'Val-fils' ? Avec un peu de chance, l'Enwr n'avait pas entendu la subtile nuance de consonne erronée dans son bafouillage. Il tourna les talons. Allez hop ! Il était temps de dormir. Foutue crise de la quarantaine.

    ---

    La table du petit déjeuner ressemblait, dans son abondance exquise, à celle qu'ils avaient partagée pour la première fois au royaume elfique. Le bourgmestre, installée, préparait une tartine de confiture de fraises, avec soin, et la posait près de la tasse de Valmys lorsque ce dernier entra dans la pièce. C'était une manière de se faire pardonner celle qu'il lui avait dérobée. « Bonjour, viens t'installer. » l'invita-t-il en désignant d'un geste souple et gracieux de la main, une seconde chaise. Il inspecta les traits du visage de l'immaculé pour doser du quota de sommeil que celui-ci s'était offert hier soir.


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Enwr

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Re: Adoption [Valmys]

le Dim 3 Juin - 0:22
Il fallait se rendre à l'évidence: l'effet de surprise tombait à l'eau. Aldaron savait désormais qu'on lui préparait quelque chose. Intérieurement, Valmys se consola en se disant qu'au vu du mouvement de recul du bourgmestre, quelques chances subsistaient pour que ce dernier ne connaisse la nature exacte de ses cadeaux. Au moins pourrait-il tenter de le surprendre ainsi.
De justesse, l'Enwr retint un geste de recul quand une main s'approcha de sa joue. Un instinct, dont il savait le manque de pertinence, lui murmura dans un feulement vicieux que les autres bipèdes n'auraient pas eu cette proximité, qu'ils se seraient contentés de le prévenir de la tache qui le maculait. Il essaya de rejeter cette idée aussi fermement que possible, malgré la légère anxiété qui s'insinuait toujours en lui dans ce genre de conditions. Aldaron était un ami, rien de plus. Avec le temps, peut-être était-ce plutôt lui, l'immaculé, qui avait oublié ce qu'était la proximité entre les êtres. Sous la pseudo-réprimande, il baissa légèrement le nez, s'avouant ainsi coupable, reconnaissant entendre la remarque et son bien-fondé. Par chance, Aldaron ne l'obligea point à y répondre, reprenant la parole. L'idée que le bourgmestre ait pu avoir un doute sur ses activités et avoir voulu les confirmer lui vint, mais il la chassa également. Ce n'était pas dans le caractère qu'il lui connaissait. C'était plutôt quelque chose que lui aurait pu faire: s'il avait su quelqu'un susceptible de lui concocter quelque surprise, il aurait tenté de découvrir quelques indices, juste assez pour se mettre en appétit. Et il savait très bien qu'il s'y serait pris maladroitement et se serait fait prendre.

Il avait vraiment parlé de le border lui-même ? Valmys n'avait jamais été bon pour cacher quoi que ce soit, et sur ses traits passèrent de subtils indices qui témoignaient de son incrédulité quant à une telle idée. Cela le déstabilisa au point où la réplique suivante manqua de totalement lui échapper. Fortuitement, ce qu'il en saisit lui indiqua que ce n'était pas vraiment à prendre en compte. Les incitations au sommeil... Un autre jour, à une autre occasion, il les aurait prises en compte comme de sages conseils d'un elfe plus expérimenté. Cependant, demain était un jour exceptionnel, pour une personne exceptionnelle. Il faisait confiance à son propre organisme, et connaissait ses limites. Pas question de dormir avant d'avoir fini ce qu'il s'était décidé à faire. Aldaron valait que l'on dépensa son énergie pour lui. "Reposez-vous bien également. Puisse la nuit veiller sur vous." Aucune promesse ne lui serait offerte. Le bourgmestre s'en doutait, assurément. Que pouvait-il espérer y faire ? Tous deux étaient probablement assez lucides pour se douter agir selon leurs natures respectives.

La porte se referma derrière Aldaron, et Valmys ne retint pas une expression de franc soulagement. Retournant s'assoir à son bureau, il était troublé. Val-fils ? Oh oui, il avait très bien entendu. S'il n'avait proposé de le border, peut-être que l'ami du bourgmestre aurait pu croire que ses oreilles toutes neuves lui avaient joué un tour. Là, beaucoup d'indices commençaient à s'accumuler. Le fils d'Aldaron lui manquait-il ? A l'aube d'une nouvelle année, il n'était pas rare de repasser en revue son parcours... Avait-il des regrets ? L'elfe aux cheveux blanc était très discret sur sa vie privée et son passé, Valmys ignorait même s'il avait quelque nouvelle de cet enfant qui lui avait valu le fiel de son peuple. Mordillant une de ses plumes de calligraphie, il s'imagina tout ce qu'il aurait pu dire à Aldaron, si seulement ce dernier lui avait ouvert son coeur à ce sujet. Lui, le fils rejeté, il aurait peut-être pu jouer les médiateurs, lui proposer son soutien. Pouvait-il y glisser quelque insinuation dans sa lettre ?
L'écriture prit bien plus de temps que prévu, et les taches d'encre n'en étaient pas la principale raison. Il était bien tard lorsque l'Enwr se glissa dans les draps infiniment doux qui lui avaient été prêtés. Eh mais... Il y avait plusieurs épaisseurs de couverture ?! Dans laquelle était-il censé se mettre ? Par les Huit, il n'avait jamais eu de matelas aussi épais non plus ! Et en plus, tout cela sentait bon la lavande. Allait-il seulement pouvoir dormir dans un autre environnement ? La bougie soufflée, son organisme l'informa très vite que, dans tous les cas, son endormissement ici et maintenant serait immédiat.




Valmys eut un sursaut lorsque la chatoyante petite musique le réveilla. Elle était toute proche, alors qu'il était le seul musicien à sa connaissance à s'être endormi dans sa chambre. Un peu paniqué, il jeta des coups d'oeil hâtifs autour de lui, à la recherche du malheur qui allait encore lui tomber sur le coin du nez. Ah, oui, il était chez Aldaron. Et bien seul. La musique paraissait provenir d'un petit objet bizarre posé sur sa table de chevet. Il brillait, couvert de glyphes, et semblait présenter l'heure. Valmys le prit très délicatement dans ses mains, l'analysant sans vraiment comprendre. Un objet pour l'heure, qui faisait de la musique... Musique qui s'arrêta bientôt. Soit. C'était très étrange, mais au moins cela avait-il eu le mérite de le réveiller à une heure décente. Le soleil était encore ensommeillé lui aussi, et ses rayons venaient paresseusement s'allonger sur le sol de la chambre. A la lueur du jour, il semblait à Valmys qu'il avait laissé beaucoup plus de bazar, bouts de tissus et parchemins, que dans son souvenir. Il les rangerait... Une autre fois. Au moins ce réveil particulier lui fit-il oublier son rêve étrange, où le feu s'était mêlé à la neige.

Lavé, peigné, vêtu des habits qui lui avaient été offerts à Keet-Tiamat, l'Enwr aux veinules cuivrées trottina dans les couloirs. Inutile d'interroger un domestique: il n'avait qu'à suivre la bonne odeur des tartines chaudes ! Grâce à ce raisonnement brillant, il arriva enfin face à la porte de l'antre tant désirée. D'une main, il vérifia que son catogan était bien fait, et bien serré. Sous son bras, son paquetage était prêt. Il se tint droit, noble, poussa la porte, et...
...Soutint le regard des domestiques, surpris de le voir arriver en cuisine. Un peu gêné et bafouillant, Valmys expliqua qu'il cherchait le bourgmestre, tout en s'admonestant mentalement. Avec un peu de chance, une telle intrusion était très mal vue au sein de la haute société, et il commettait un bel impair, alors qu'il n'avait même pas encore salué son ami. Quelle cervelle de moule il faisait !

Rebelotte: dos droit, cheveux bien mis, sourire, et paquetage sans la moindre trace de froissement. Rentrant dans la pièce, Valmys ne put néanmoins empêcher quelque chose de viscéral en lui s'exprimer. Son regard dévia vers la tartine de confiture de fraises avant même de voir quoi que ce soit d'autre. Oh ! Elle était belle. Mais il ne fallait pas trop s'y attacher. Ce n'était pas parce qu'elle était seule et appétante, posée face à une chaise vide, qu'il allait pouvoir se l'approprier ! Aldaron allait peut-être vouloir vérifier s'il s'était amélioré. Ah ! Aldaron ! C'était pour lui qu'il était là !
Avec délicatesse, Valmys déposa son paquetage sur un coin de table libre, et vide de toute miette de pain, près des coudes du maître des lieux. "Bon anniversaire, Aldaron !"
Le tabard était un bel habit, bleu, dont il avait lui-même brodé les bords avec un joli fil doré. Les brodures étaient un curieux mélange d'esthétique humaine et elfique et, ici et là sur les bords de l'habit, elles dessinaient les armoiries de Caladon. Rien de trop gros, voyant ou vulgaire. Le travail était très fin. A vrai dire, Valmys n'avait jamais produit de travail de couture d'une telle qualité. A l'intérieur, au niveau du col, "Aldaron" était également noté, aussi bien calligraphié que cela était possible.
Pour la lettre, le parchemin était spécial, solide, comme fait pour durer. Une enluminure colorée de la lettre "A" débutait une poésie soignée dans la forme et le fond. Valmys lui témoignait son affection, lui avouait qu'il lui était un être cher, lui souhaitait encore de voir des centaines d'autres automnes, et que ces derniers soient aussi prospères qu'il pouvait le souhaiter, afin que ceux qui l'aimaient et qu'il aimaient puissent créer ensemble ces souvenirs ensoleillés dont il savait si bien être l'auteur. Il souhaitait, lui, pouvoir l'épauler dans les épreuves qu'il aurait à endurer. Il souhaitait que les amis d'Aldaron et lui-même puissent toujours lui apporter ce dont il pouvait avoir besoin. Au milieu du parchemin, une pierre spéciale faisait peser son petit poids. Bien reconnaissable, pour ceux qui en avaient déjà usé: une pierre de communication. Un indice tangible de la volonté de Valmys à garder un lien avec cet elfe, même lorsqu'à nouveau la distance les séparerait.

L'Enwr laissa son aîné à ses découvertes, s'asseyant devant sa tartine, essayant de garder l'air le plus naturel possible. Il était à la fois inquiet, excité, et d'humeur relativement joyeuse. Son sourire ne le quitta pas, y comprit quand il jeta presque discrètement quelque regards à la victime de ses présents, cherchant dans les détails de son visage ce qu'il pouvait sincèrement en penser.
Portant la tartine délicieusement sucrée à ses lèvres, Valmys songea qu'au moins il avait vaincu sur un point. Occupé, le bourgmestre ne pouvait lui soustraire son petit déjeuner. Omettant peut-être la politesse, il entama son repas sans attendre la moindre autorisation. Pour son humble défense, il avait peu dormi. Cela commençait doucement à se voir, malgré son immaculation. Peu lui importait, et son attitude ne différait pas de ses habitudes. Il continuait à dépenser autant d'énergie que si sa nuit avait été complète.


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Re: Adoption [Valmys]

le Mar 5 Juin - 20:53
    Le voir arriver avec un présent ne fut pas une surprise, même si elle aurait du, s'il n'avait pas eu la sottise d'entrer dans la chambre de Valmys, hier soir. Au moins ignorait-il son contenu. Il eu un sourire amusé, se détendant de son port royal et habituel, pour s'afficher plus humain et accessible. « Merci, Valmys. » C'était fou, avec un peu de repos, sa langue ne fourchait plus autant. 550 ans. Probablement avait-il passé le cap de la moitié de sa vie. Il avait trouvé les dernières années plus difficile que son innocence des siècles passés. Les dix récentes avaient été pénibles, plus encore qu'il ne l'aurait jamais cru. Et même dans ce havre de paix qu'était l'archipel de Tiamaranta, il doutait que leurs ennuis ne les poursuivent pas un jour, fatalement. Ce n'était qu'une accalmie, avant la tempête. Un temps qu'ils devaient tous savourer à sa juste valeur. Probablement était-ce, entre autres, pourquoi il avait abouti à un tel désir de paternité. Cela faisait quelques temps que la question de son fils biologique la tenaillait. Ne pouvant se résoudre à aller à la rencontre de cet enfant, pour l'heure, il avait préféré donner de cet amour à Valmys, cet immaculé qui avait su attendrir son cœur froid. Ouvrant la lettre, ses prunelles émeraude parcoururent les mots un à un, se délectant la prose lyrique sublime d'un spécialiste des arts. La langue elfique rehaussait la délicatesse et la signification profonde des sentiments qu'il lui exposait si ouvertement. Un fin sourire marqua ses traits. Le marbre de son visage le retranchait dans une réserve régalienne, sans quoi ses yeux se seraient chargés de larmes. Il sentait l'émotion qui étreignait son cœur, ne faisant que le rassurer et l'enjoindre à la démarche d'adoption qu'il comptait présenter au principal intéressé. S'il ne laissa que peu transparaître, dans cette droiture royale, il n'en demeurait pas moins vrai que ses yeux relevés sur le mangeur de tartines étaient pleins de reconnaissance sincère.

    Il reposait délicatement la lettre, comme s'il s'agissait d'un bien précieux. « C'est très beau. » confia-t-il, appréciateur de la syntaxe et du vocabulaire riche. Mais également du contenu même de son propos. Cela était d'autant plus précieux que ceux qui aspiraient à une vocation baptistrale ne pouvaient se perdre en flatteries fallacieuses. Ces mots là étaient vrais. C'était tout ce qui comptait pour lui. La pierre tournait entre ses doigts émaciés d'un rose cendré, alors qu'il semblait perdu dans ses pensées. « Valmys, je me disais que... Tu aurais besoin d'un vrai foyer. Je veux dire... Le Domaine, c'est comme ta famille mais, ça ne la replace pas. Pas complètement. Mes sentiments à ton égard sont paternels et je crois comprendre que tu me considères comme un enfant le ferait avec un père. » Il baissa les yeux sur la lettre, comme pour appuyer la véracité de son propos. « J'ai un fils, au Royaume des Elfes. Mais je l'ai eu bien trop tôt pour avoir été capable de l'assumer sereinement. Aujourd'hui, j'aimerais faire un pas, dans cette direction, dans ta direction. » Il reposait la pierre de communication, sur la table, doucement, lorsqu'il s’aperçut être en train de la serrer un peu trop fort. Il prenait le paquet cadeau, qu'il ouvrait avec cette même grâce noble et maîtrisée, découvrant l'étoffe et son travail. Un sourire vint s'élargir sur ses lèvres, comme s'il fondait d'affection. Il se ramollissait ! Maudit crise de la quarantaine ! Pour autant, il ne cherchait pas à lutter contre ce qui le taraudait. « Cette maison pourrait être aussi la tienne, si tu le souhaites. Ta chambre te serait réservée et tu pourrais... Revenir dormir ici quand tu le voudras. Tu n'auras pas besoin d'accord, ce serait... Aussi chez toi. Et nous nous verrions plus souvent, en plus de pouvoir... Communiquer. » Par cette fameuse pierre, symbole de leur volonté à se rapprocher.

    Il tâcha d'inspirer et se leva lentement, tenant le tabard entre ses doigts, contemplant l'ouvrage, la raison pour laquelle Valmys ne dormait pas hier soir. Il reporta son regard sur l'immaculé, songeur. « J'aimerais ne pas avoir à t'appeler 'fils' uniquement lorsque la langue fourche. Le veux-tu ? »


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Re: Adoption [Valmys]

le Mer 6 Juin - 20:50
Le nez dans sa tartine, les joues gonflées de nourriture stockée, Valmys trouva tout de même le moyen de sourire quand, enfin, Aldaron reposa sa lettre. Cela le soulageait profondément. Il avait mis du coeur dans sa lettre, et de vrais morceaux de sentiments, trop vrais pour qu'il puisse rester de marbre quant à la réaction de son aîné, trop découverts pour qu'il ne craigne pas, irrationnellement, le jugement qui pouvait en découler. Le petit Enwr était également touché du compliment qui lui était fait. Pour des raisons qui lui étaient inconnues, il était persuadé que c'était sincère. Peut-être était-ce parce que le bourgmestre l'avait toujours été avec lui, et n'avait guère montré de tendance à se répandre en vaines flatteries. S'il avait su le faire, et s'il n'avait pas eu du sucre pour occuper ses sens, Valmys aurait assurément rougi.

En voyant Aldaron se saisir de la pierre de communication, l'immaculé s'imagina, naïvement, qu'il allait également faire quelque remarque sur cette dernière. C'était plus ou moins ainsi qu'il s'était psychologiquement préparé: don de cadeaux, puis quelques questions badines sur l'organisation de cette journée, puis du séjour de façon plus générale. Seulement, la conversation prit un tournant qu'il n'avait pas du tout vu venir. De surprise, il posa sa tartine, ses grands yeux d'ambre rivés sur son aîné.
Le bourgmestre savait mieux faire les surprises que lui, c'était sûr. Il savait aussi exactement deviner ce qui pouvait manquer à son coeur. Oh que cela devait lui être utile !

Depuis le début, Valmys aurait dû s'y habituer. Il aurait dû apprendre à ne plus vraiment ressentir la moindre surprise lorsque son ami lisait en lui comme si son chant-nom inscrit sur son front. C'était plus fort que lui, il avait toujours l'impression de vivre dans un monde où son aîné percevait des nuances qui lui étaient inaccessibles, et pourtant bien parlantes. Combien d'indices laissait-il passer sur ses propres pensées ? Est-ce que d'autres qu'Aldaron savaient combien il manquait de ce repère, ce point d'accroche ? Le Domaine était comme sa famille. Mais... Même cette notion ne lui apportait pas ce qu'il avait cherché à travers Deocyne et Dawan, et ne comblait le vide qu'ils avaient laissé. Le Domaine lui offrait des frères et soeurs, et des adultes attentifs et bienveillants. Il n'avait jamais pris le temps d'y tisser un lien précis avec un être, quelqu'un qui serait là, avec lui, pour le soutenir dans ses ennuis, pour lui enseigner les choses de la vie, quelqu'un vers qui aller quand les cauchemars revenaient. Cela lui aurait même paru malvenu de choisir une personne parmi ses chers baptistrels. Et les autres gens ? Quels autres gens ? Les pirates, peut-être ? Il n'avait pas grand-monde. Et personne qui ne le regardait comme Aldaron le faisait. Personne qui n'agissait envers lui comme lui le faisait. Personne pour lui offrir un poney qu'il n'avait pas tenté de voler.

Pourtant, malgré ce manque, et l'évidence que représentait Aldaron, jamais le petit Enwr n'avait fait le lien, ni ne s'était dit que c'était possible. Il n'en avait pas même rêvé. C'était un terrain entièrement neuf et vierge pour son imagination et ses sentiments. Lui, avoir un père ? Maintenant, alors qu'il avait passé ses vingt ans, sa potentielle jeunesse ? C'était...
Génial ?
Par chance, Aldaron évoqua son fils biologique, l'empêchant de bondir immédiatement de joie, et répondant à quelques questions qui l'avaient assailli dans la nuit. Le bourgmestre savait où était son fils. Ce n'était cependant pas vers lui qu'il allait. Pourquoi ? Ce ne pouvait être un manque d'amour. La crainte de sa réaction ? C'était bien plus pertinent, justifié et compréhensible. Sauf que Valmys devinait ce que pouvait ressentir ledit fils. Il fallait le dire à Aldaron...
Pas maintenant. C'était son anniversaire. Et ledit Aldaron faisait pétiller des paillettes dans ses yeux. La chambre avec le matelas épais... Pour lui ? Ici, chez lui ? "Fils", comme nouveau titre ? Valmys imagina un bref instant ce que cela pouvait faire, de se présenter comme le fils adoptif de quelqu'un, et revenir vers ladite personne le soir, lui raconter sa journée, ses progrès. Son petit coeur s'accéléra. Et... Et lui, il pourrait l'appeler "père" ? Il n'avait jamais prononcé ce mot. Jamais pour quelqu'un. Par les Huit ! Ce ne lui était donc pas interdit. En tout cas, si ça lui avait été, les pouvoirs sacrés du bourgmestre levaient désormais l'interdit.

Le silence s'était fait, et Valmys restait planté là, bouche entr'ouverte, regard agrandi et pétillant rivé sur l'elfe face à lui. La réponse était déjà marquée sur ses traits: on aurait dit qu'il venait de trouver ses cadeaux un matin de solstice ou d'anniversaire. C'était bizarre, ce sentiment dans sa poitrine. Léger et plein d'énergie en même temps, brillant comme un soleil, et tout aussi brûlant. C'était... Eh, c'était de la joie, non ? Comment était-il censée l'exprimer, celle-là ? Elle l'emplissait et lui donnait plus de force que le sommeil de ses dix dernières nuits. Est-ce qu'il pouvait bondir ? Est-ce qu'il y avait un mot spécial à prononcer dans ce genre d'instants ? On ne lui avait pas dit. Il ne savait plus. Ses lèvres remuèrent, sans son, avant qu'il ne les close, se reprenne un peu et, avec un sourire en coin, trouve enfin les premiers mots pour se lancer:

"- Je croyais que c'était votre anniversaire, pas le mien."

Abandonnant sa tartine, il se leva, aussi calmement que cela lui était possible. Ses mains tremblaient sous l'émotion qu'il contenait. Il effaça la distance entre eux. Juste à côté de lui, il parut hésiter. Mais il était un immaculé fort, désormais. Il ne cédait plus aux Dona Mihi. Il ne laissait plus les souvenirs se mettre dans son chemin.
Valmys prit son père dans ses bras.
Aux légers spasmes qui agitèrent ses côtés, et à quelques bruits de reniflements, Aldaron n'allait avoir aucune difficulté à deviner que cela arrangeait le petit être qu'il ne puisse voir son visage. Il ne se détacha de lui qu'après un moment, frottant ses yeux pour en retirer l'humidité, et tenter de discerner quelque chose avec eux.

"- Il semblerait que je le veuille." L'Enwr prit une longue inspiration, retrouvant un peu de souffle. Pfiou. Il n'était plus fait pour ce genre de choses. Aldaron avait intérêt à ne pas lui faire le coup tous les matins. "Est-ce qu'être votre fils implique des devoirs spécifiques ? Des conséquences auxquelles je dois m'attendre ? Est-ce que..." Il baissa un peu les yeux, jouant avec ses doigts comme pour occuper ses nerfs, un sourire en coin. "Vous préférez que je vous appelle "père", ou "papa" ?"


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Re: Adoption [Valmys]

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