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descriptionConspiration en pleine mer [Nathaniel] EmptyConspiration en pleine mer [Nathaniel]

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7 Septembre 1763


Un grondement sourd se fit le compagnon intime de l’ascension merveilleuse de la frégate aux voiles pisciennes, tandis qu’elle fendait la surface blanchi d’écume de l’océan, proue en avant, fougueuse. Comme une curieuse mais mirifique bête marine, la Vagabonde se dressa hors de son sépulcre aqueux et vit gracieusement accoler le grand Maelström, comme en prescience de la danse qui se jouerait d’ici peu de temps à bord de ces souverains des mers. D’éparses cascades salines offraient un lustre encore plus perturbant à la superbe silhouette de l’antique navire tandis que ses coraux se rétractaient à la caresse de l’air. Sur le pont, l’équipage maudit effectuait les manoeuvres nécessaires pour que leur bâtiment ne dérive pas aux grès des flots. Lui observait leur ouvrage depuis l’entrée de la capitainerie, son regard au bleu d’oasis orné du voile du songe. Cette rencontr était organisée de longue date, son importance primordiale. Mais comme toutes ses rencontres récentes avec de hauts dignitaires semblaient voués à prendre un tour des plus cavaliers et des moins satisfaisants possibles, le haut mage préférait d’ors et déjà contempler les possibilités qui s’offraient à lui pour se passer de cet homme-là. Ce n’était qu’une mesure de précaution, et à moins qu’il ne soit frappée d’une démence profonde, Nathaniel Eärendil n’était en rien l’essence de ce que l’Aîné avait apprécié avant son trépas. Il y avait donc fort peu de chances que le Seigneur des pirates puisse conter fleurette sur son passé anté-mortem, une satisfaction qui ôtait presque de sa bouche le désagréable présage de ses manières.

Ce fut, à sa discrétion, lui qui monta à bord du navire pirate. C’était lui qui avait proposé cette entrevue et qui désirait négocier avec le forban, il aurait donc été malvenu de le faire mander sur son propre bâtiment. Une cession d’infime mesure, qui pouvait par la suite adoucir l’échange. La fierté mal placée n’avait pas de valeur au devant de ses ambitions. Et il aurait été inepte d’affirmer qu’il n’en avait que peu. Son ambition s’appelait peuple nocturne, enfants de la nuit, vampires. Et il avait beaucoup de pain sur la planche, c’était bien peu dire. Cependant, il était aussi confiant dans ses arguments de négociation, et fort heureusement, sinon, il aurait abandonné ces pourparlers aux bons soins de son saumon d’époux. Le but n’était pas de ruiner Eärendil mais plutôt de trouver un bénéfice mutuel et conséquent. S’il admit la présence du marin qui le conduisit jusqu’à son capitaine, il ignora le reste de l’équipage, confiant dans la veille de ses propres hommes, immortels esclaves du navire sous ses ordres. Contre son coeur, la boussole de Lyssa pulsait doucement de sa magie comme un second coeur, son aiguille de perle pointée dans la direction d’Aldaron. Elle ne cesserait jamais de pointer sur lui, preuve tangible de la tourmente de ses sentiments à son encontre. Cet homme nouveau-né qui redécouvrait un monde qui l’avait tour à tour doté et lésé, parfois d’un oeil neuf, parfois en mémoire de son expérience occultée. Pourtant il chassa Aldaron de son esprit alors qu’il venait faire face à l’Orque. Aldaron avait le don de changer ce qu’il était en un avatar d’une foi inexorable.

Bonjour à vous, Majesté

Cette rencontre allait consolider le socle de son pouvoir. Elle se tenait en haute mer, entre deux équipages impossible à infiltrer, sans oreille extérieures, et la cloche délicate au bout de son bâton assurait que même les pouvoirs les plus intrusifs ne pourraient rien faire pour percer les détails de leur accord à jour. Eux seuls en seraient les détenteurs. Lorsqu’il fut installé auprès de l’elfe, il se défit de son arme en la déposant ostensiblement contre la table, hors de portée immédiate mais suffisamment proche pour qu’ils soient occultés au regard du reste du monde. Il décida de ne pas perdre plus de temps en circonvolutions inutiles, qui en tout état de cause, n’étaient sans doute pas parmis les douceurs favorites de son interlocuteur qui n’avait sans doute jamais mit le pied dans la moindre cour de quelque noblesse que ce soit. Et sincèrement ? C’était en partie pour ça qu’il cherchait son soutien, justement. Des politiciens, il en avait à ne plus savoir quoi en faire et il les exécrait un peu plus chaque jour. Il n’avait pas envie de devoir compter avec un ego sans bornes de plus et une propension à la masturbation intellectuelle sans limites ni bornes. Ce qu’il voulait en face de lui, pour une fois, c’était un homme d’action, aux ambitions claires, simples et sommes toutes atteignables et il supputait que l’orque pouvait être de cette trempe. Et s’il se trompait ? Et bien tant pis, il aurait essayé. Mais il doutait avoir commis la moindre erreur cette fois, de ce qu’il avait pu recevoir de ses espions jusque là. Restait à composer diplomatiquement.

Notre échange de missives n’évoquait que de façon superficielle mon désire à votr égard. Je vais l’affirmer à présent sans me dissimuler ni me perdre en formules inutiles : je suis ici pour sceller une alliance avec les pirates. Une alliance qui viendra satisfaire les volontés des deux partis


Dernière édition par Achroma Elusis le Mar 12 Nov - 22:51, édité 2 fois



Langage commun #4084E1
Langage nordique #88E1E8
Langage elfique #ADFC98
Langage Graarh #FFB1AD

descriptionConspiration en pleine mer [Nathaniel] EmptyRe: Conspiration en pleine mer [Nathaniel]

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¤ L’état vampire ¤

Pour survivre dans ce monde, certains sages disaient, il faut des alliés. Des paroles louables, certes, mais qui laissaient Nathaniel un peu mitigé. En effet un traitre, n’est-ce pas initialement un allié ? Aussi avoir des alliés n’est-il pas le meilleur moyen de périr dans ce monde ? Une dague entre les omoplates est si vite arrivée. Et un allié est une personne proche de soi, si proche qu’elle n’a plus qu’à tendre le bras pour planter ladite dague. Oh il ne critiquait pas les traitres, après tout il avait déjà eu recours lui-même à la trahison, car ce qui prime avait tout est son intérêt et non l’intérêt commun. Toutefois Eärendil aimait apporter une variante à tout cela. Pour survivre dans ce monde, il ne faut pas des alliés, mais des collaborateurs. Un collaborateur ne peut pas être un traitre puisqu’il ne s’agit pas d’un allié. Et dans une collaboration, personne n’oublie son intérêt personnel, au contraire ils l’affichent clairement. Cependant pour parvenir à réaliser celui-ci l’intérêt commun apparait comme la meilleure voie. Cela évite l’hypocrisie. Car ainsi chacun sait à quoi s’en tenir.

Néanmoins, une autre variante peut encore est introduite. Faire une alliance avec des pirates est très fortement déconseillé.  Après tout, ils sont malhonnêtes de nature. Mais c’est justement cette malhonnêteté qui sera salutaire pour l’alliance. Après tout un individu malhonnête restera malhonnête quoiqu’il arrive et on peut donc prévoir quelles seront ses actions. Donc pour peu qu’on ait deux sous de jugeote, une alliance avec une personne malhonnête peut apparaitre comme bénéfique, car en restant alerte et en prévoyant les comportements et actions de l’autre, en partant du principe qu’il est malhonnête, on se garde de la trahison. Honnêtement, ce sont des alliances avec les hommes honnêtes dont il faut se méfier, parce qu’on ne peut jamais prévoir à quel moment ils feront un truc incroyablement stupide. Et dans ces cas-là, on se retrouve avec une dague dans le dos à baigner dans son sang en murmurant avec les derniers souffles qu’il nous reste « traitre, traitre ».

Et cela, l’homme avec qui Nathaniel conversait depuis plusieurs mois déjà, et à qui il devait une nouvelle cicatrice sur le front en raison d’un violent coup de mât ayant manqué de lui expulser le cerveau de la boîte crânienne, l’avait surement compris. Du moins il l’espérait. Les échanges, par ailleurs, allaient en ce jour atteindre leur apogée. En bien ou en mal. Mais le gredin espérait en bien. Il avait beaucoup à gagner de cette journée. Le rendez-vous avait été fixé au milieu de l’océan, en bordure Est de l’archipel, loin des regards. L’elfe sombre était le premier à être arrivé sur le lieu. À l’aide du Maelstrom, il pouvait se vanter d’être le navire le plus rapide de l’archipel. La réalité était cependant tout autre puisqu’il naviguait sur des eaux différentes à chaque fois qu’il faisait ce genre de déplacement. Dans les faits, il y avait bien d’autres navires beaucoup plus rapides que son bâtiment. Mais quand bien même, cela faisait du bien à l’ego de ce dire que le Maelstrom n’avait pas son égal. Ou presque.

Des remous apparurent non loin à la surface de la mer. Quelques choses s’apprêtant à remonter à la surface. C’était gros, c’était imposant. Était-ce une mort blanche ? Nathaniel ordonna à son équipage de se tenir prêt dans le doute. Il serait dommage que le rendez-vous d’aujourd’hui soit chahuté par une créature marine. Fort heureusement, il n’en fut rien. Surgissant d’entre flot avec majesté, une frégate fit son apparition. Le spectacle ravit le lié à l’orque qu’il était. Il apprécierait beaucoup d’avoir un bâtiment capable d’une telle prouesse. Après tout, ne s’appelait-il pas Eärendil ? Une pointe de jalousie naquit dans le cœur du gredin, donnant naissance à l’envi. Peut-être devrait-il profiter de l’occasion pour tuer son homologue et s’emparer de son navire ? Non, il aurait y prendrait plus qu’il n’y gagnerait. Mais tout de même, c’était un beau rafiot.

L’elfe sombre fit ranger ses canons et se laissa aborder, les deux bâtiments se retrouvant côte à côte. Il ne fallut guère longtemps pour que le vampire monte à bord, saluant le roi de la confrérie au passage qui ne peut s’empêcher de retenir un sourire en coin. Qu’il aimait ce mot : majesté.  C’était ironique, lui qui était le roi des enfants de salaud.

« Bonjour à vous, Parangon, et bienvenue à bord du Maelstrom. »

L’histoire de ce navire, le vampire la connaissait surement, cela avait fait couler beaucoup d’encre à l’époque sur Calastin. Ce navire destiné à être offert en cadeau à l’empereur de Sélénia lui avait été volé sous son nez par un pirate. Et à présent, il était le bâtiment le plus dangereux de la flotte pirate. Une erreur qui avait bien dû faire rire les voisins et détracteur de l’empire.

Nathaniel fit conduire Achroma jusqu’à la cabine du capitaine, là-bas les deux pourraient discuter en toute tranquillité. Un salon s’ouvrit alors à eux, celui-ci était richement décoré laissant présager que les affaires tournaient plutôt bien pour la confrérie. Ce qui était le cas d’ailleurs entre le vol des diamants de Sélénia et le marché pirate de l’archipel. Au centre de la pièce se trouvait une table, une carte de l’archipel y était dessinée. Quelques cartes soigneusement enroulées se trouvaient dans un coin de celle-ci, ainsi que divers outils de mesure pour établir un cap, des feuilles de papier et un encrier. Au mur à l’extrémité gauche de la table se trouvait accrocher une tête de Smilodon et une de Nocturnyène, entre les deux trônait un tableau, représentant l’ancien empereur Nolan Kohan, nu. À côté de portée d’entrée se trouvait une bibliothèque et reposaient de nombreux livres. Quand bien même la lecture rappelait certains mauvais souvenirs à Nathaniel, celui-ci ayant appris à lire et à écrire lorsqu’il était enfermé dans les prisons elfiques, il avait pris pour habitude de lire un livre pour faire passer le temps, quand il n’avait pas une prostituée sous la main. Au fond de la salle se trouvaient de larges fenêtres, donnant vue sur l’extérieur. Au mur à l’extrémité droite de la table se trouvaient deux autres bibliothèques. Toutefois, ces rangées n’étaient pas garnies de livres, mais d’objet pour le moins étrange, singulier, farfelu, ésotérique. Deux navires en bouteille semblant être ballotés par la houle de l’eau sur laquelle il reposait. Une série de crocs appartenant à diverses créatures : vaseux, rougeot agressif, tendriculaire, une mandibule de millepatte géant, ent, smilodon, nocturnyène, cerf-dragon, un pique hérigivre, l’extrémité d’une corne d’un rhinocéros laineux, une dent humaine, un croc de graärh et de vampire. Il y avait des espaces vides entre certains des trophées, laissant sous-entendre que la collection n’était pas complète. Se trouvait également un bocal rempli d’eau dans lequel flottait un chuchu. À côté il y avait une lanterne de laquelle émanait une faible lueur lugubre. Il y avait également une vitrine garnie de ce qui ressemblait, vaguement, à des poupées, certaines étaient particulièrement mal faites, mais on notait une légère progression au fur et à mesure. Toutefois, il restait encore pas mal de boulot. Au-dessus d’une des bibliothèques trônaient un Tiamacan empaillé et à côté un singe immobile, laissant croire qu’il était aussi empaillé, mais il n’en était rien. Son regard bougeant en suivant le nouvel arrivant.

Le gredin fit signe au Parangon de s’asseoir à l’extrémité droite, tandis que lui se posait à l’extrémité gauche. Nathaniel claqua légèrement des doigts, faisant signe à Fabius de le rejoindre. Il préférait qu’il ne reste pas du côté du vampire. Il serait capable d’essayer de le chaparder comme il lui arrivait de chaparder Kaiikathal. Le singe saute au sol, passa à côté du vampire puis fila jusqu’à son maitre, venant s’asseoir sur le coin de la table.

« Nous allons pouvoir parler du fond, en effet. J’espère toutefois que vous êtes conscient de ce que vous dites, de ce qu’implique une alliance avec les pirates. Votre princesse noire … du moins votre ancienne princesse noire … non, puis-je seulement l’appeler ainsi maintenant si elle ne règne plus sur tous les vampires. Bref, Irina Faust a voulu, elle aussi, jouer sur les deux tableaux, entre ses obligations envers son peuple et ses obligations envers la confrérie. Malheureusement, elle n’est pas parvenue à concilier les deux. Elle avait pourtant une belle opportunité, mais a fait de très mauvais choix. J’espère que vous ne ferez pas les mêmes. Non … je me doute bien que vous ne ferez pas les mêmes. »

En parlant d’Irina. Cette dernière se trouvait actuellement dans une cage située dans les cales du Maelstrom. Nathaniel amènerait sans doute Achroma la voir tout à l’heure. Cela pouvait être un bon outil de négociation. Autant dire que celui qui avait actuellement le contrôle sur le clan d’Irina n’était pas Irina, mais la confrérie.

« Je crois sincèrement que nous pouvons parvenir à une alliance satisfaisant nos deux volontés.  Chacun devra faire des concessions bien sûr, mais de notre collaboration peut ressortir un bénéfice plus grand. Je connais la situation du peuple vampirique, elle n’est guère enviable. Mais voilà ce qui se passe lorsqu’on essaye d’aller contre la nature d’un peuple. »

Le gredin mit sa main dans sa poche, trifouillant, pour ressortir une cacahuète qu’il tendit à Fabius. Celui-ci venait l’agripper avec ses mains et la mordre.

« Demander à un vampire de ne pas mordre, c’est comme demander à un pirate d’être honnête. La domestication des vampires par le commerce écarlate a du bon, mais pas pour vous. Les vampires ont toujours été dépendants des autres races par ce sang dont vous vous nourrissez. Mais vos proies utilisent maintenant cette dépendance contre vous. Vous prenez ce qu’on daigne vous donner tel un mendiant dans la rue. »

Les termes étaient peut-être forts et insultants, mais c’était la réalité d’aujourd’hui. Le royaume vampirique d’aujourd’hui  n’avait plus rien à voir avec celui-ci d’hier.

« Irina Faust c’est entêté une voie qui n’était pas faite pour son peuple. Je ne dis pas que le changement est mauvais, loin de là, tout doit changer tôt ou tard. Mais elle n’a pas fait les choses correctement et aujourd’hui les vampires sont divisés en clan. Et vos proies s’en frottent les mains. Il est loin le temps où les vampires faisaient régner la terreur sur Ambarhùna. Les Elfes se terrant dans leur forêt derrière leur lisière magique. Les humains barricadant leur porte à la nuit tombée. Aujourd’hui, c’est nous les pirates qui remplissons, au mieux, ce vide. »

L’elfe posa sa main sur la tête du singe, la gratouillant légèrement.

« J’aimerais donc que vous renouveliez devant moi vos objectifs. Parangon de clan. Qu’allez-vous faire ? Comment allez-vous le faire ? Que feront les autres parangons ? En quoi l’aide des pirates pourrait vous être utile ? Et en quoi celle-ci nous sera profitable ? »


descriptionConspiration en pleine mer [Nathaniel] EmptyRe: Conspiration en pleine mer [Nathaniel]

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Parangon. Voilà un mot qui disait tout et rien à la fois. Fut un temps, son âme âgée, détachée, digne et usée aurait pu s’en satisfaire. Manque de chance, une dragonne avait jugé bon de le rappeler à la vie, et de lui rendre sa jeunesse et sa fougue en même temps. Et le Porteflamme n’appréciait pas réellement ce semblant de couronnement. Trop d’intérêts divergents et de personnalités à satisfaire dans trop de directions. Arriverait un moment où cela ne tiendrait pas. La question graarh était un parfait exemple. Toryné et Shâh n’acceptaient de brimer l’esclavage des natifs que par volonté de ne pas provoquer son ire. Ils n’étaient pas convaincus. D’autres questions surviendraient ainsi également. Il devait penser sur le long terme, ne surtout pas se reposer sur ses lauriers, ne surtout pas croire que tout allait bien. Il devait consolider le pouvoir vampirique, mais également le sien propre. Une chose que Eärendil comprenait sans doute mieux que personne. Il était Roi des prédateurs, comme lui. Et assit face à lui, la chansonnette du forban lui tira un sourire amusé, subtilement candide. L’orque ne s’imaginait sans doute pas à quel point il était rafraîchissant en comparaison des Séléniens. Devrait-il l’en informer ?

Que de questions personnelles, votre majesté. Vous demandez souvent à vos interlocuteurs de se mettre à nu dès le premier entretien ?

Etait-ce volontaire ? Aldaron lui avait narré sa rencontre avec le pirate, alors peut-être était-ce volontaire de sa part, de se montrer taquin. Mais cela pouvait également être le soulagement. Ou l’enthousiasme. Peut-être que cela dépendait également du fragment de personnalité dominant l’instant. Achroma, Ivanyr et Silath étaient cependant d’accord sur l’importance de cette alliance, de s’attacher l’intérêt des pirates sur le long terme. Ils avaient besoin de cet appui comme ils avaient besoin de Sélénia. La seule différence était leur destin en bout de course. Il n’avait aucun intérêt à détruire la piraterie. Ses lèvres frémirent, son sourire s’élargit.

Si je vous révélais tous mes projets, je serais bien en peine de vous surprendre et de conserver votre intérêt et votre attente sur le long terme. Hors j’espère bien que notre collaboration sera aussi longue que fructueuse

Il n’allait pas tout lui dire mais il pouvait jouer. Si ces informations se retrouvaient chez d’autres, il saurait également ne pas pouvoir réellement compter sur le pirate. Dans tous les cas, il était gagnant. Son intérêt s’avérait cependant surprenant. Qu’il veuille savoir vers quoi il naviguait, certes, mais qu’il s’intéresse au reste… Preuve était qu’on ne pouvait s’attendre à tout, même en y mettant du coeur. Les autres parangons ne savaient pas. Ils n’agréeraient pas moins, car il était le plus au fait des nécessités de leur nation en devenir. Il l’avait prouvé jusqu’ici et continuerait de le faire.

Ce que je peux vous confier, c’est que cette trinité de pouvoir n’est qu’un statut passager qui n’est pas destiné à perdurer éternellement…

Cela, l’orque pouvait certainement s’en être douté, mais ainsi, il le lui affirmait avec davantage de solidité. C’était aussi l’occasion de lui donner la teneur de la relation qu’il attendait avoir. Il voulait connaître ses objectifs ? Il lui en donnait un en appât. Son regard s’éleva vers la décoration de la capitainerie, songeur. Le Maleström était un navire Sélénien, originellement destiné à l’empereur. Il n’avait pas jaugé Nolan comme suffisamment narcissique pour vouloir admirer sa propre nudité, le tableau était donc un ajout à posteriori. Du pirate ? Il ne le savait pas pédophile….

Je constate que vous appréciez la qualité artistique de mes descendants

Une digression policée et taquine, mais sous ce couvert, il offrait une seconde information d’importance : Nolan Kohan était son descendant. Par alliance, il était donc le dernier patriarche Kohan en vie à l’heure présente. Il ne possédait pas seulement un droit de force sur Sélénia, mais aussi un droit souverain. Cependant, il existait un autre descendant Kohan inconnu de tous : Irina Faust. La même capitaine dont le roi des mers parlait un peu plus tôt. Un matériaux dont il espérait pouvoir se servir si la confrérie ne savait pas quoi en faire dans un avenir proche et décisif.

Néanmoins, j’escompte apporter bien plus qu’un tableau et de belles paroles. L’hégémonie pirate est en extension, et pour poursuivre votre ascension, vous avez besoin d’hommes et de bois pour vos navires. Je peux vous offrir cela

Il avait un plan bien précis en tête, pour les pirates et qui incluait la forêt de Licorock. Un territoir qui, pour un observateur extérieur, était aux mains du clan Faust. Il était en vérité sous contrôle du marché noir, car le marché noir empêchait le clan Faust de couler. Grâce à Aldaron, qui était son consort et son époux, il avait donc capacité à disposer de ces ressources. Et il commençait à concevoir qu’affaiblir la forêt affaiblirait la licorne également. Et il comptait toujours débusquer cette monstruosité et la détruire dès qu’il en aurait la possibilité. Dès qu’il aurait solidifié son pouvoir assez sérieusement pour pouvoir regarder ailleurs.

Mes terres comprennent la forêt de Licorock. Une forêt antique au bois solide, dont la qualité a été prouvée à plusieurs reprises. Les troncs ont même résistés à un dragon. Une matière première idéale pour la construction navale. Quant aux hommes… il est dans mes plans un accroissement exponentiel de la race vampirique très prochainement, tant que nous existons encore. Une part de ces nouveaux-nés, une fois tirés de leur faim première, pourrait vous être allouée. Il faudrait certes les former, mais vous n’auriez pas à attendre qu’ils grandissent et leur force sera supérieure à celle des hommes....

Il avait de bien meilleurs arguments qu’Irina, et beaucoup moins de naïveté. Mais en fin de compte c’était naturel, lui était un homme, pas une femme. Et surtout, lui avait été formé à son rôle sur un millénaire. Irina avait voulu se nourrir de rêves, lui chassait ce qu’il comptait se mettre sous la dent. Son sourire se fit fin, délicat et piquant.

Commençons par cela, voulez-vous ?



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¤ Proposition ¤

Le parangon rencontrait le roi, mais cette rencontre n’était qu’un début, elle était semblable à un semis, car les deux hommes espéraient que de leurs relations ils pourraient récolter de nombreux fruits. Le gain, voilà ce qui pouvait fédérer les hommes, pas les bons sentiments. À quoi bon vouloir lutter contre l’égoïsme quand tout le monde l’est au fond de lui ? Non il faut au contraire être réaliste et l’exploiter. C’est ce que comptait faire le gredin, et à n’en pas douter c’est ce que comptait faire également le vampire. Par ailleurs, il sentait celui-ci se détendre. Voilà une bonne chose, faire affaire ne voulait pas nécessairement dire avoir un balai dans le fondement d’un bout à l’autre de la conversation. Un sourire apparut sur les lèvres de l’elfe sombre, révélant ses dents ciselées. La réponse du parangon le fit sourire. Oui il aimait mettre les gens à nu, il préférait d’ailleurs avoir à le faire plutôt que leur écraser le crâne à coup de Catherina … quoi que. Malheureusement, le roi des pirates ne pouvait pas le faire au sens propre avec son interlocuteur, son capitaine des contrebandiers l’avait quelque peu prévenu sur l’énergumène face à lui et à n’en pas douter, ce dernier avait fait de même à son sujet avec Achroma. Après tout, quand deux grands prédateurs se côtoient, ça peut facilement partir en vrille alors qu’il y a beaucoup à gagner de l’alliance de deux êtres semblables. Quoi qu’il en soit, le vampire avait tapé juste et ce n’est pas le sourire du forban qui allait dire le contraire. Nathaniel continuait à caresser la tête de son macaque alors qu’il écoutait avec attention le discours de son interlocuteur.

Ce dernier souhaitait conserver un peu de surprise, sans doute pour plusieurs raisons. Garder l’intérêt du gredin, mais aussi éviter quelques trahisons. Ce n’était pas idiot de sa part, c’était même normal. Il faut toujours garder un peu d’inattendu, de surprise afin de garder éveiller l’intérêt du client. Un peu comme dans une maison close. Il faut faire le plein de fille, en avoir des nouvelles avec des compétences propres, afin de faire découvrir de nouvelle chose au client, ou du moins lui en donner l’impression. Mais garder le secret permet aussi de se préserver de la concurrence. Nathaniel pouvait très bien choisir de trahir le parangon afin de conclure un meilleur marché. Chose qu’il pourrait parfaitement faire. Après tout il était un pirate et il ne serait pas sage de faire pleinement confiance à un pirate. Car le gain guide un pirate et il ira toujours là où il aura le plus à tirer. Toutefois, l’elfe n’était pas seulement un pirate, il était un roi, donc une sorte d’entrepreneur. Il devait aussi nourrir des projets sur le long terme et pas uniquement sur  le court terme à présent. Il devait se montrer patient pour obtenir de gros bénéfice. Et un bénéfice pas seulement en fin d’opération, mais tout du long de l’opération. L’elfe avait fait déjà fait ce genre d’opération, mais pas de l’envergure de ce qui allait se jouer aujourd’hui.

« Ce que je peux vous confier, c’est que cette trinité de pouvoir n’est qu’un statut passager qui n’est pas destiné à perdurer éternellement… »

Encore une fois, le gredin ne peut réprimer un sourire, mais cette fois-ci un sourire à la fois amuser et complice. Nathaniel savait très bien où voulait en venir Achroma puisqu’il avait lui-même fait la même chose à Athgalan. Il avait joué les capitaines un moment, avant de s’emparer de tous les pouvoirs. Personne ne veut régner en partageant le pouvoir. Par ailleurs, c’est une très mauvaise chose de régner en partageant. Cela empêche de prendre certaines décisions. Le pirate lâcha la tête de son singe qui venait de finir de manger la cacahuète, haussant un sourcil à la remarque de son interlocuteur.

« Vos ancêtres ? Oh, oui, je vois ce que vous voulez dire. Mais plus que leur qualité artistique, j’apprécie leur histoire, en particulier leur origine. Mais plus que ça, j’aime à tourmenter leurs descendants qui ont perdu de vue ce qu’ils étaient. Des forbans, comme moi. J’ai volé ce bâtiment au nez et à la barbe de Nolan Kohan et de ses gardes. Je me suis attribué un navire royal, moi qui n’en étais pas encore un. Et à présent je suis un roi voyou voguant dans un navire destiné à un roi noble. Je trouve cela ironique. Mais plus encore, j’aime à briser cette sacralité. Les Kohan furent grands, autrefois. Et aujourd’hui, un gredin a volé leur navire, fait trôner dans sa cabine un tableau de nu de son légitime propriétaire. C’est assez symbolique je trouve. Car  j’ai dépouillé et humilié ce roitelet, son empire et sa dynastie et je l’oblige pas à me regarder. »

Le regard du gredin se posa sur le singe.

« Et toi Fabius, qu’est ce que tu en penses ? Tu veux une autre cacahuète ? »

Le macaque se mit à taper des mains et à ricaner avant de venir agripper une nouvelle friandise que lui présenta l’elfe.

« J’ai longtemps songé à lui crever un œil, vous savez. Mais il est plus pratique d’avoir ses deux yeux pour chaparder. »

L’information que lui avait révélée Achroma était intéressante, ainsi il serait un Kohan. Nathaniel avait une vague idée de ce que cela pouvait signifier pour le pouvoir royal, mais le vampire était … bah justement un vampire. Il n’était plus humain et le jour où un vampire régnerait sur le royaume Kohan n’était pas venu. Ou simplement même un non humain. La discussion redevint toutefois vite plus sérieuse, pour le plus grand plaisir d’Eärendil, car les propos d’Elusis sonnèrent doux à ses oreilles. Effectivement, le gredin avait besoin d’homme et de bois. De bois pour bâtir des navires. D’hommes pour les faire naviguer. L’elfe avait déjà commencé à ordonner des rapts sur les côtes. Il faisait enlever des femmes et des enfants en bas âge. Les enfants en bas âge n’avaient encore reçu aucune éducation, ils pourraient devenir des pirates d’Athgalan. Les femmes, elles, permettraient à ses hommes non seulement de s’amuser, mais également de donner naissance à une progéniture pour Athgalan. Une progéniture dégénérée, certes, mais qui suffirait à Nathaniel. Après tout, Athgalan en était le repère et lui le roi.

« J’aime ce que vous me dites là, parangon. Et c’est assurément que vos terres pourront aider à répondre à l’une des problématiques à laquelle fait face Athgalan. Il faut du bois pour construire des navires, et le bois de Néthéril n’est pas … ce qu’il y a de mieux diront nous. Et je ne préfère pas parler de la récolte. Nous nous sommes établis dans une contrée bien dangereuse, mais si elle a de nombreux défauts, elle a aussi des avantages, comme celui de nous protéger de ceux qui veulent notre mort. Cependant, aussi intéressante votre proposition soit-elle, il subsiste quelques problèmes. »

Le gredin se leva tranquillement, allant vers l’un des meubles, qu’il ouvrit pour faire apparaitre plusieurs bouteilles et verres. L’elfe commença à prendre deux verres, ainsi deux bouteilles.

« Commençons d’abord par les troupes que vous me proposez d’allouer. Avant tout, je me réjouis de l’existence d’un plan visant à accroitre la race vampirique. Voilà bien trop longtemps que les vampires sont domestiqués. La peur que vous inspirez s’amenuise de jour en jour. Et au train où vont les choses, vous serez bientôt l’égal d’un prédateur que l’on aurait dressé et qu’on fait parader dans un cirque. Mais plus que cela, vous comme moi, sommes amené à disparaitre. Au sens racial j’entends. Ainsi que tous ceux qui sont comme nous. Elfes et vampires. Tôt ou tard l’immaculation nous frappera. Personnellement, je n’en ai absolument rien à faire. Mais je sais que cela en préoccupe d’autres. L’idée de perdre son identité raciale. »

L’elfe ricana d’un ton moqueur alors qu’il retournait vers la table, posant deux verres. Il débouchonna la première bouteille, l’odeur de l’alcool et un doux arôme s’en dégagèrent. Il remplit le premier verre aux trois quarts, et le deuxième à seulement un quart. Il débouchonna ensuite la deuxième bouteille, l’odeur du sang se dégageait de celle-ci. Il remplit le reste du deuxième verre, avant de l’agiter très doucement pour s’assurer que le breuvage et le sang se mélangent bien. Ceci-fait, il poussa le verre de sang et d’alcool en direction d’Achroma, avant de se saisir du verre seulement remplit d’alcool pour en boire une petite gorgée.

« Mais le vrai souci est, que les jeunes vampires sont profondément instables et qu’il faut longtemps avant qu’il le devienne. Aussi, avant que ceux-ci ne soient capables de naviguer sur un navire sans poser d’incident, il leur faudra du temps, beaucoup trop de temps. Mais je ne nie pas leur férocité et leur capacité à se battre. Bien au contraire. C’est là qu’ils excellent. Je pense si je devais accepter cette offre, ils seraient bien plus utiles en tant qu’arme que navigateurs. Les raids sur les côtes pourraient prendre une autre ampleur. »

L’elfe fit une courte pause.

« Et bien sûr, lorsqu’ils se seront assagis, ils pourront être formés pour devenir de bons marins. »

Nathaniel but une nouvelle gorgée et partit rejoindre sa chaise.

« Puis vient la seconde problématique. Vos terres. Dire que les terres de Nyn-Tiamat sont vôtre, c’est comme dire que les marécages d’Athvamy sont miennes. L’un comme l’autre, nous n’avons aucun contrôle sur ce que nous prétendons être nos terres. À Athvamy, c’est en raison de la dangerosité du lieu, aussi bien au niveau de sa topographie, de son climat, que de sa faune et sa flore. À Nyn-Tiamat, et bien tout d’abord parce que les vrais maitres de l’ile sont les graärh de Vat’Em’Medonis. Ensuite, parce que quelque chose se trame dans la forêt que vous prétendez contrôler. »


L’elfe posa son verre, étendant ses jambes sous la table.

« J’ai entendu parler de l’incident qui a eu lieu dans la forêt de Licorok. Et qui a éborgné la catin. J’ai vent des nouvelles du port de Nevrast. L’ombre de la forêt se fait plus pressante, elle grandit. Et quoiqu’il se trame à l’intérieur, croyez-moi ça sent pas bon. En résumé je crains que le contrôle sur vos terres ne soit surestimé. Donc j’ai peu d’assurances d’obtenir le bois que vous me vantez. Les vampires sur Nyn-Tiamat sont acculés entre les graärh, qui pourraient se décider de vous chasser définitivement quand bon leur semblera, et l’expansion de la forêt qui n’annonce rien de bon. Même si en réalité je devrais m’en réjouir. Une plus grande forêt veut dire plus de bois et plus de bois veut dire plus de navires. »

Nathaniel observait avec intensité le vampire qui lui faisait face. Obtenir du bois intéressait énormément le gredin, cela lui permettrait de bâtir une vaste flotte, aussi vaste que l’armada des chimères, avec laquelle il pourrait régner sans partage sur les mers. Avoir plus d’hommes, en particulier des vampires, même jeunes et instables l’intéressait également. Ainsi il pourrait garnir ses navires de soldat et prendre d’assaut les plages et dominer les littoraux. Un léger sourire finit par flotter sur ses lèvres.

« Mais, vous avez déjà trouvé une solution n’est-ce pas ? »


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Un fin sourire joua sur ses lèvres pâles. Oui, fut un temps les Kohans avaient été grands et puissants. Aujourd’hui tout était différent et il était tout autant un charognard que le roi des pirates lui-même. Il festoyait de la faiblesse de la lignée impériale et bientôt ? Il festoierait encore davantage. Ils festoieraient, ensemble. Aux yeux du vampire, il n’y avait nulle sacralité dans la primogéniture des Kohans. Un roi devait être force et puissance, il devait être digne de commander en raison de ses qualités intrinsèques et de sa détermination, pas sa naissance entre les bonnes cuisses. “C’est aussi une question de mœurs, cependant” Il ne s’en cachait pas le moins du monde “Aux yeux des vampires vous êtes davantage un roi que Nolan Kohan un empereur parce que vous avez prit cette place, on ne vous a pas donné la couronne sur un plateau” Les vampires, autrefois, se battaient entre eux dans les duels de prince pour obtenir le commandement. Parce qu’un roi faible laissait son peuple à la merci des prédateurs. Comment un faible pouvait-il défendre les intérêts des siens et travailler à leur avancement ? Et finalement, l’idée qu’un souverain puisse être dit de droit divin, que seul le sang compte, était maintenant très peu répandue. Vampires et Pirates crachaient sur l’idée, et au sein de l’Alliance les dirigeants étaient tous élus pour le peuple. Seuls les elfes maintenaient une idée de lignage de la même trempe et les elfes étaient… bah, pas besoin de dialoguer davantage sur le sujet.

Finalement, c’était aussi l’idée de paix qui avait affaibli les Kohans. Conquérir des terres, cela revenait à les prendre par la force, exactement comme les pirates prenaient des richesses par la force. Du moment où ils avaient tourné le regard vers la paix, ils s’étaient affaiblis et avaient débuté leur lente dépréciation. Le peuple humain avait toujours réussi à se dépasser en temps de guerre après tout. “C’est moins l’œil que les prouesses sexuelles qui caractérisaient le comte je pense, tout n’est pas perdu pour accentuer la ressemblance” S’il n’avait pas été si loin de son inséparable, il aurait réellement pu s’amuser pleinement de cette rencontre. Hélas, l’Inséparable voulait que leur éloignement rongea lentement sa bonne humeur et sa capacité à éprouver plaisir et joie. Son astre était si loin de lui. Pourtant il agissait pour eux, pour qu’Aldaron cesse de devoir jouer les chiens obéissant, que son peuple puisse enfin réclamer ce qui lui revenait. Un fin sourire se dessina cette fois, malicieux et joueur. Ah Eärendil doutait de sa capacité à éduquer efficacement et rapidement les jeunes vampires ? Mais il n’avait jamais vu un Ancien à l’oeuvre. Parfait ! Il allait lui prouver par l’exemple qu’il était capable de discipliner la jeunesse en quelques mois à peine. Le pirate lui donnait une excellente idée, d’ailleurs. Il suffisait de lancer la construction d’un premier navire, et de faire en sorte que l’équipage soit prêt en même temps que le bâtiment.

Bien sûr, que j’ai trouvé une solution, sinon je ne me risquerais pas à affirmer tant et tant auprès de vous” Il aurait été plus prudent, s’il avait fallut encore trouver un moyen d’action sur Licorock mais il avait une idée fixe depuis déjà des mois et elle tombait à pic pour ses plans politiques. Jamais le souvenir de leur entrée dans la forêt et du combat contre la licorne ne s’était émoussé en lui. Il s’en souvenait avec la clarté d’un fer chauffé à blanc. Les hallucinations, le dragon rongé par l’eau, la mort d’Aldaron, la licorne en flammes… Non, il n’oubliait pas et il décortiquait chaque instant de ses souvenirs pour en envisager les opportunités. Il montait lentement un plan qui visait à la destruction de la créature. Et cette fois il ne fuirait pas. Cette fois, il allait réunir des combattants parmi les plus aguerris de leurs royaumes afin de finir la bête une bonne fois pour toute. Aldaron et Nathaniel, bien évidemment, mais également Purnendu, dont les soins seraient une manne, et qui lui servirait également de témoin pour la fin de la licorne. Peut-être Shâh viendrait-il également ? Si Kaalys acceptait également, ils auraient l’appui d’un puissant dragon. Quelques noms tournaient également encore dans son esprit, comme celui de Sigvald, mais il se réfrénait. Sigvald et Nathaniel ne feraient pas bon ménage et il privilégiait le pirate. Mais ce n’était pas tout, réunir un groupe de chasse n’était pas tout.

J’ai déjà affronté la créature. Je l’ai immolé dans mes flammes comme j’ai immolé une partie de la forêt. Elle peut être tuée. Ce n’est d’ailleurs pas elle qui a blessée Irina Faust” Son sourire se fit mauvais. Oh non, quiconque avait annoncé ça au souverain forban avait voulu dorer l’image de la gosse et il allait se faire un plaisir sans nom de piétiner l’effort à pieds joints et avec beaucoup d’enthousiasme. “Elle a juste trouvé pertinent d’essayer de charmer un Fenrisulfr pour qu’il cesse de menacer le convois de sang. Le Fenrisulfr, lui, n’a pas trouvé cela pertinent cependant” Elle devait son handicape à sa propre bêtise et à rien d’autre. Il aurait été possible de combattre la bête, c’était d’ailleurs ce qu’ils avaient fait en fin de compte. Elle s’était mise en danger pour rien hors savoir quand se mettre en danger était également une qualité chez un dirigeant. “L’expédition qui s’est aventuré dans la forêt était une absurdité. Faust n’avait envoyé aucun éclaireur en reconnaissance, prit aucune mesure en amont, elle n’avait même aucun plan si ce n’était de se tailler une route en force jusqu’à Aërthia. Elle a choisit d’ignorer la forêt, et de la mépriser. Vous et moi, nous ne sommes pas aussi présomptueux. La forêt, comme l’océan, est une force de la nature qu’il faut apprécier à sa juste valeur…” Il secoua légèrement la tête. Il fallait le reconnaître : la forêt était une puissance mais il voulait dompter cette puissance comme Nathaniel domptait l’océan. Il laissa un instant de silence, puis reprit.

Mais la créature peut être tuée, de cela, je ne doute pas. Et que diriez-vous de venir en faire la chasse avec moi ? Nous pourrons ainsi sceller notre accord de la meilleure façon possible : dans le sang d’un puissant ennemi. Sans compter que cette créature est emplie de magie. Qui sait ce que les trophées que nous rapporterons pourraient révéler ? Quelle puissance cela pourrait nous conférer à terme ?” Les créatures de l’archipel recelait de nombreux secrets et beaucoup de magie, beaucoup de puissance encore inexploitée. Cela pourrait être un premier pas vers la découverte de ces secrets et la maîtrise de cette puissance. La corne, les crocs, le sang de la bête… qui pouvait savoir la puissance qu’ils découvriraient ? Et si bénir un navire dans le sang de la créature lui conférait des propriétées, par exemple ? Et s’il juchait la corne sur son bâton de guerre, que permettrait-il d’exploiter ? Le bois était un premier pas mais la puissance pure en était un autre. Et cela pourrait être leur épreuve du feu, ensemble. Puisque le roi forban aimait les symboliques, celle-là devrait surpasser de nombreuses autres. Son regard luisait, tandis qu’il parlait. Il allait couper les arbres pour forcer la licorne à sortir, à s’énerver, à attaquer plutôt que de rester dans son antre au fond de la forêt.

Conjointement, cela permettrait pour vous de prendre véritablement mesure de la densité actuelle de la forêt et de son potentiel..



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Langage nordique #88E1E8
Langage elfique #ADFC98
Langage Graarh #FFB1AD

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¤ Chasse à courre version vampire et pirate ¤

La vision de la royauté qu’avait l’ancien vampire face à lui était fort intéressante. Un roi s’établissait dans la conquête, non, il le devait. Et qu’importe la forme que cette conquête prenait. Guerre, complot, assassinat, combat loyal, marchandage. En somme, pour devenir roi il fallait le mériter, car la couronne ne pouvait être servie sur un plateau. Voilà surement ce que voulait indiquer son interlocuteur. Et Nathaniel était d’accord. Une couronne devait se mériter. Toutefois, le gredin pensait que celle-ci pouvait se mériter aussi bien avant et après qu’elle soit posée sur une tête. Il existait bien des exemples de rois devenus dignes de leurs couronnes de par leurs actions et leur règne. Mais il comprenait parfaitement la vision du vampire. Comme il comprenait la vision de la royauté humaine. Une couronne passant par succession peut offrir une certaine stabilité, là où des combats incessants créent de l’instabilité. Il suffisait de voir la division du peuple vampirique aujourd’hui. Plus encore il était aussi parfaitement normal de vouloir que le pouvoir reste au sein de sa propre famille. C’est une forme d’égoïsme étendu à toute sa lignée.

Quoi qu’il en soit, le parangon avait raison sur un point : il s’agissait d’une question de mœurs. Les races et les peuples n’avaient pas les mêmes façons de fonctionner. Il était inutile de vouloir les uniformiser. Laissons à chacun leurs spécificités et voyons ce qu’on peut en tirer. Car au final, seul le bénéfice compte. Cela ne dérangeait pas le pirate de devoir se retrouver confronté à un dirigeant indigne. Cela ferait un adversaire faible et donc facile à battre. Il perdrait ainsi moins de temps dans sa propre conquête. Ou alors, il pourrait se permettre de le négliger temporairement, car il n’aurait rien à craindre de lui et ainsi il pourrait davantage s’acharner sur les plus forts. Non, l’elfe n’était pas du genre à négliger les faibles. Il préférait les abattre tout de suite par crainte qu’ils deviennent forts, ou alors il préférait les soumettre afin de s’emparer des ressources en possession de ce dernier et ainsi augmenter sa propre force. Lui permettant ainsi de mieux faire face aux adversaires puissants.

Après sa longue tirade, le gredin laissa la chance au parangon d’exposer son plan. Car oui, il devait en avoir un. Nathaniel avait exposé de nombreuses évidences, montrant ainsi qu’il avait conscience de l’existence de difficultés pouvant se mettre en travers de la réalisation de l’accord entre lui et le vampire. Toutefois, il se doutait également que son interlocuteur n’était pas assez idiot pour lui promettre des choses irréalisables et qu’il devait donc posséder une solution aux problèmes évoqués. Ce qui permettrait à l’accord de se réaliser. C’est donc avec attention que l’elfe sombre écouta la nouvelle proposition de l’inséparable du capitaine des contrebandiers.

La forêt de la Licorok et la créature y rodant : la licorne. Une bête assurément dangereuse. Sans doute bien plus que toutes celles se trouvant dans le marais d’Athvamy. L’elfe n’avait entendu que des histoires à son sujet, d’ancienne histoire graärh. Mais aussi des échos de l’incident qui avait eu lieu il y a peu. Nathaniel simula une fausse inquiétude lorsqu’Achroma mentionna l’incendie de la forêt.

« Évitez de bruler trop d’arbres. Cela ferait des navires en moins et j’en aurais besoin d’autant que possible pour régner sur les flots. »

Un léger rire moqueur s’éleva du gredin.

« Irina était une bonne catin, mais une piètre meneuse d’homme et encore moins dirigeante. Sans doute a-t-elle cru qu’un royaume se contrôlait comme un bordel et un danger le menaçant comme un client. Elle était douée pour soutirer des informations aux hommes et aux femmes. Malheureusement, la nature ne se laisse pas aussi aisément séduire. Elle a ses propres règles. Ses propres goûts. Elle a dû penser que la forêt était comme son bordel, mais elle n’était pas sur son terrain et en a payé le prix. C’est regrettable. Par son comportement elle a gâché des ressources et opportunités. »

Au moins avait-elle appris une leçon ce jour-ci, malheureusement il était fort à douter qu’elle puisse un jour mettre en application cette dernière. Irina avait commis bien trop d’erreurs d’un seul coup, des erreurs impardonnables qui l’ont conduit à se retrouver aujourd’hui enfermé dans une cage située dans les cales du Maelstrom.

Les paroles qui suivirent arrachèrent un sourire d’excitation au gredin. Il aimait ce qu’il entendait là. La promesse d’une chasse, la promesse d’un trésor potentiel. Bon, il devrait lui-même œuvrer pour que la créature l’empêchant d’avoir accès à son bois soit mise hors d’état de nuire, mais il était prêt à faire cette concession. Après tout, il faut par moments se salir les mains. De plus, le vampire lui serait redevable pour l’aide apportée à la pacification de son territoire. Et puis tout cela promettait d’être excitant. Qui plus est, Nathaniel doutait que l’aide d’Athgalan ne soit de trop. La cité pirate s’était installée dans une région fort hostile, les hommes de la Perfide avaient beaucoup appris sur la nature et l’environnement. Certes, ils étaient loin d’égaler le corps d’élite du royaume elfique, mais ils possédaient quelques connaissances et surtout ils étaient fort débrouillards. Athgalan était parvenu à maintenir en respect les créatures du marais et la cité ne souffrait guère de menace de la faune et la flore. Certes, il fallait faire attention, mais les pirates avaient développé des outils pour les aider. Les lanternes de feu-follet seraient surement d’une utilité remarquable dans la chasse que souhaitait organiser le parangon. L’elfe espérait que la licorne ne soit pas encore morte, sans quoi la chasse perdrait grandement de sa saveur, car la proie principale serait morte. Toutefois, il y avait bien d'autres dangers sur Nyn-Tiamat. Les loups géants ayant éborgné Irina en faisaient partie. Nathaniel se demandait s’il pourrait réussir là où Irina avait échoué, c’est-à-dire charmer une de ses créatures. Non charmer n’était pas le bon terme, dompter oui voilà un terme plus adéquat. Serait-il possible pour l’elfe d’y parvenir ? Il avait fait des progrès en la matière. À force d’entrainement, Fabius lui obéissait presque totalement. Presque oui, car le singe était malin, son maitre semblant avoir un peu trop déteint sur lui. Mais voyant qu’il était parvenu à dresser cet animal, le gredin s’était tourné vers d’autres animaux. Des oiseaux, des chiens, et des mammifères plus imposants. Il faut dire que l’aide de ce nouveau dresseur l’avait beaucoup aidé. Il y a quelques mois, utilisant le réseau d’Athgalan, l’elfe sombre avait mis la main sur un vampire particulièrement doué dans le domaine du dressage. C’est lui qui lui avait d’ailleurs permis de totalement dompter Fabius. Mais ce dernier avait vite montré ses limites. Heureusement l’être de la nuit était malin et avait habilement su marchander sa vie. En tant que maitre dresseur, il avait entendu parler d’individu plus doué que lui. Aussi avait-il donné le nom d’un elfe. Cela avait suffi pour qu’Athgalan le repère et lui mette la main dessus deux mois plus tard. Nathaniel avait fait de sérieux progrès, et le dresseur s’avérait être un amant formidable. Toutefois, il n’avait pas été facile à capturer et plusieurs de ses hommes y étaient restés. Lors de la capture, le dresseur était accompagné de certaines de ses bêtes qui avaient taillé en pièces quatre de ses hommes. Mais ce sacrifice avait vite été rentabilisé. Le roi pirate en était venu à se tourner vers les créatures uniques de l’archipel. Un défi bien plus corsé que le dressage de singes. Il s’était tout particulièrement intéressé aux variétés des serpents du domaine. Cela lui avait appris de nombreuses choses et lui avait donné de nombreuses idées pour capturer le reptile qui n’avait de cesse de la traquer. Non il ne parlait pas de Kaiikathal, mais d’un serpent bien singulier qui semblait avoir un croc contre lui et qui avait fait son apparition lors de la bataille des chimères. Par ailleurs, Achroma était là ce jour-là. Il se souvient avoir esquivé l’attaque du serpent qui s’était alors retrouvé sur le vampire. On va dire que c’était de bonne guerre pour le mat qu’il s’était pris sur le coin du crâne et qui avait manqué de lui faire passer l’arme à gauche. Mais revenons au sujet suivant. Nathaniel aurait tout le temps de préparer la capture de ce maudit serpent. Kaiikathal pourrait d’ailleurs surement l’aider à cet effet pour entrer en communication avec lui. Qu’est-ce qu’il avait bien pu faire pour se retrouver traqué par une telle bestiole ?

« Votre proposition est très intéressante. La chasse d’un puissant adversaire et un potentiel trésor suivant ce qu’on trouve sur son cadavre. Vous savez parler aux pirates. Les bêtes mystiques de l’archipel ont beaucoup à nous offrir. Elles nous ont bien permis de changer les matériaux nécessaires à la fabrication des glyphes. Alors une bête puissante comme une licorne aurait sans doute beaucoup à nos offrir. En plus d’un combat palpitant. À condition qu’elle soit encore en vie et que les brûlures que vous lui avez infligées n’aient pas eu raison d’elle. Mais je suppose que nous verrons cela lorsque nous nous aventurerons dans Licorok. Je consens à participer à cette chasse et à vous aider à conquérir la forêt. J’aimerais bien vous offrir l’aide de quelques-uns de mes hommes pour venir soutenir vos éclaireurs, malheureusement on m’a rapporté du mouvement chez les graärh de Néthéril. Je risque d’avoir besoin de mes experts pour me préparer à les accueillir. En revanche, le jour de la chasse, je viendrais avec eux. Ils ne valent peut-être pas le corps d’élite de l’armée elfique, mais ils ont été forgés à la dure lorsque les pirates ont décidé de s’installer dans le marais. Grâce à eux ont a pu repousser pas mal de saloperies et connaitre notre environnement. Une forêt est certes différente d’un marais, mais face aux dangers et aux bêtes mystiques de l’archipel, ils s’avéreront être d’une grande aide. »

L’elfe marqua une courte pause.

« Lorsque vous aurez accompli les préparations nécessaires pour cette expédition à venir, et que j’aurais écarté la menace graärh qui semble se profiler sur Athgalan, nous partirons à la chasse afin de rendre la forêt exploitable. Si nous sommes d’accord dessus, et avant d’aborder d’autres points, il y a autre chose que j’aimerais voir avec vous. Ce qui a grippé les relations entre Irina et la confrérie c’est son interdiction pure et simple de l’esclavage. J’ose espérer que vous abolirez cette idiotie. »


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Une bonne catin… voilà qu’il pouvait tout à fait croire et comme de juste, une catin ne serait jamais meneuse d’hommes bien que les nobles et les courtisans soient des catins d’une autre espèce. Ou en tout cas, au sein des institutions humaines car il n’aurait jamais osé qualifier ainsi ses propres conseillers. Son clan était constitué de mages, d’érudits, de stratèges et de créateurs, la fine fleur du vampirisme alliant puissance et connaissance. Ils savaient leur valeur ce qui rendait d’ailleurs la servilité auprès des humains si difficile à maintenir pour le temps nécessaire à leur entreprise. Au sein de son clan, Irina n’aurait pas fait long feu même en ayant reçu le don de l’acceptation car les siens ne toléraient pas l’hubris qu’elle avait démontré. Il hocha donc la tête, agréant simplement à ses dires. Si elle n’avait pas été aussi blessée, ils auraient pu en finir avec la créature… mais cela ne servait à rien de revenir sur le passé, ce qui était fait était fait et il fallait penser à bâtir l’avenir. Ils se gargarisaient de l’échec de la gosse mais encore fallait-il qu’ils parvient à faire mieux avant d’affirmer sur tous les toits qu’ils étaient meilleurs qu’elle. Enfin pour le moment, il était meilleur dirigeant en tout cas : la dette ne se creusait pas davantage à cause de lui.

Et pour prouver une fois de plus qu’il pouvait faire mieux : il choisissait ses alliés avec soin. L’acceptation du pirate était satisfaisante car ainsi, il aurait l’occasion de tester la marchandise qu’il louait par leur alliance. Mais là n’était pas la seule opportunité fort intéressante qui se profilait en vérité. Les graärh de Néthéril désiraient s’en prendre aux pirates ? Coi, le vampire pondéra la chose. Il avait un faible pour la race native de l’île mais il n’était pas un idiot et savait que l’image qu’il avait des grands félins était biaisée. Il n’avait vu que Purnendu et les Trand, pas les Garal et s’il se sentait viscéralement proche des graärh du nord après tout son temps passé auprès de son meilleur ami… il n’avait jamais cotoyé les sudistes. Cependant, tandis qu’il continuait de pondérer, la question de l’esclavage lui fit dresser l’oreille et sortir de ses réflexions. Son regard clair et frais se posa sur le pirate alors qu’il arquait un sourcil à la pâle blondeur de métal précieux. L’esclavage ? “Oui et non” On venait déjà le chercher sur ses positions ? Fort bien, cela ressemblait bien au roi forban et il aimait cela, ce n’était pas le moins du monde dérangeant. Un fin sourire tranchant naquit à ses lèvres. “Je ne veux pas voir un seul graärrh esclave au sein du Triumvirat

Il laissa l’affirmation s’enfoncer comme le tranchant d’une lame avant de venir l’adoucir d’une main assurée “Mais je n’ai rien contre l’esclavage des humains, des vampires qui ne sont pas de nos clans et je serais ravis de voir les elfes portant mes chaînes et marques” Même si il était un vampire, il restait de par son âme un Elusis, un Nordique, un fils et même un prince de l’Hiver et des longues nuits. Il avait appris ce que le traité des trois royaumes avait fait de Glacern et des terres du peuple du froid. Par delà sa mort et sa malédiction, lui aussi avait été humilié de la décision prise par les dirigeants humains. Lui aussi nourrissait de la rancoeur envers les elfes qui avaient accepté ces terres au mépris de ceux qui appelaient ces monts leur maison depuis des millénaires. Voir les elfes réduits à l’esclavage lui plairait effectivement, sans compter le mal qu’ils avaient pu faire à son époux ne le rejetant voilà bien des centaines d’années. Quant aux humains, ah ! Les humains…. C’était là l’évidence. Il y avait plus de matière et bien moins de gâchis selon lui. Et ils étaient inférieurs aux vampires. En un sens, cela pourrait presque être leur juste place. “C’est ce que j’ai de mieux à vous proposer. Mais il me semble que ce sont là des denrées que vous possédez bel et bien…

Si ce n’était pas le cas, c’était une honte. Tout bon marchand devait avoir de la diversité à vendre non ? Même lui, simple novice, en avait conscience. “Et au-delà de ça, il vous faudra proposer de la qualité” Car il y aurait de la concurrence, fatalement. Que ce soit Caladon, les marchands vampiriques ou il ne savait quoi d’autre, il faudrait qu’il soit attractif et qu’il soit le meilleur s’il voulait sa clientèle… mais il aurait ses chances et un marché à surveiller, oui. Et en parlant de surveillance, cela le ramenait à l’affirmation du forban selon laquelle les graärh voulaient attaquer Athgalan. Devait-il intervenir pour protéger ses intérêts ? Cela l’ennuyait de devoir combattre les natifs mais en même temps, si les graärh sonnaient les tambours de guerre, alors c’était leur décision et il préférait cela à l’esclavage. “Quant à votre problème de nuisible… Je vous offre mon aide, un prêté pour un rendu” Une idée lui vint sur l’instant et ses yeux scintillèrent de satisfaction “En particulier avec ce merveilleux mais problématique portail magique. Je pourrais étudier une solution pour permettre de le déplacer de façon sécurisée. Après tout, la magie est mon domaine… et j’ai tout intérêt à ce que vous conserviez tous vos atouts” C’était vrai, il avait intérêt à ce que tout se passe au mieux pour les pirates.

Qu’en dites-vous?



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¤ Dette ¤

La chasse était quelque chose d’excitant et Nathaniel était doué dans ce domaine, car il la pratiquait régulièrement. Mais ce n’était peut-être pas le même type de chasse que celle dont il était ici fait référence. Nathaniel chassait les navires en pleine mer afin de s’emparer des richesses qu’il transportait. Il guettait les navires, puis les traquait jusqu’à les rattraper pour les aborder et les piller. Cela restait néanmoins de la chasse. Il avait donc certains réflexes et certaines connaissances. Chasser un navire, c’est comme une chasse à l’homme, car le navire ne peut se déplacer sans hommes à son bord. Et l’homme n’est rien de plus qu’une proie comme les autres … quoique particulièrement dangereuse. Le parangon et le roi s’étaient donc entendus sur cette fameuse chasse et l’elfe attendait avec impatience ce moment. Son regard passa subrepticement sur sa cabine. Il y avait déjà quelques trophées. Qu’allait-il pouvoir obtenir sur la licorne afin de l’afficher ici. Une corne ? Une tête ? Un sabot ? Du crin ? Il verrait bien le moment venu. Après la chasse, un autre point était à régler : la loi sur l’abolition de l’esclavage chez les vampires. Il s’agirait bien sûr là qu’une condition sinéquanon si le vampire souhaitait approfondir les relations avec la confrérie.

« Je ne veux pas voir un seul graärh esclave au sein du Triumvirat. Mais je n’ai rien contre l’esclavage des humains, des vampires qui ne sont pas de nos clans et je serais ravis de voir les elfes portant mes chaînes et marques. »

L’elfe aurait pu s’offusquer dès la première phrase, mais il n’en fit rien, pour la simple et bonne raison que le parangon avait seulement précisé une race et non les autres, ce qui laissait parfaitement à penser la possibilité de vendre en esclaves des membres d’une autre race. Et la suite ne tarda pas. Un léger sourire satisfait vint trôner sur les lèvres du gredin. Il pouvait parfaitement accepter cela. Autant qu’il pouvait le comprendre. Cela n’empêcha toutefois pas Nathaniel de trouver cela regrettable. Les graärh faisaient de la bonne main-d’œuvre, ils étaient puissants, plus que les humains, c’était donc dommage de s’en priver. Mais l’elfe sombre pouvait parfaitement comprendre cela. Les graärh de Nyn-Tiamat n’étaient pas inactifs et semblaient plus féroces que ceux de Néthéril. Si le parangon souhaitait garder de relation pacifiée avec eux, mieux valait-il ne pas les froisser en possédant des esclaves graärh. C’était une décision politique. Eärendil, en revanche, s’en serait lavé les mains. Mais chacun ses choix. Et puis, les vampires étaient dans une situation déjà précaire, inutile de se compliquer la tâche.

« Soit, j’accepte. Humain, elfe et vampire. C’est mon capitaine des esclaves qui sera content de voir que les affaires reprennent avec les vampires. Je trouverais bien d’autres personnes à qui vendre des graärh. »

Des clients il y en aurait, dans les cités libres particulièrement. Surtout qu’elles n’étaient pas impactées par la menace directe que représentait la proximité avec une légion. Toutefois, Achroma avait dit quelque chose de très intéressant. Il voulait bien acheter des vampires ne faisant pas partie de son clan. C’est-à-dire tous ceux appartenant au clan d’Irina. Le gredin allait donc devoir organiser quelque enlèvement à Nevrast. Sans doute utiliserait-il Irina, ou du moins son apparence, pour cela.

« Je tâcherais de garder à l’esprit ce désir de qualité. »

C’était parfaitement compréhensible. C’était la loi du marché. Même si les pirates avaient la fâcheuse tendance à faire disparaitre ceux proposant des produits de meilleure qualité qu’eux. L’elfe garda par la suite le silence. La proposition d’Achroma était tentante. Les pirates pourraient se débrouiller pour faire face aux graärh. Mais le portail, c’était une autre histoire. Ils avaient réussi à l’activer. Toutefois, pour le déplacer, il faudrait le désactiver. L’elfe savait que simplement le débrancher des navires alimentant en énergie ne suffirait pas. Les pirates avaient déjà fait de nombreux tests. Le portail avait une très grande autonomie.

« C’est vrai. Sans compter que le portail mène à un autre se trouvant à Nyn-Tiamat. Malheureusement, il est situé en plein cœur de l’inlandsis, territoire des graärh et des vers de glace. Si les pirates parvenaient à conserver le leur et les vampires à prendre possession du second. Cela pourrait faciliter nos échanges. Notamment si Licorok est pacifiée. Soit. J’accepte votre aide. Pour le reste, Athgalan s’en chargera elle-même. »

Nathaniel fit craquer ses doigts.

« Il y a autre chose que j’aimerais aborder. Ce fait n’est pas ignoré des pirates. Mais les décisions des précédents princes noirs ont accumulé sur le royaume vampirique une importante dette. Une dette que les créanciers voudront recouvrir d’une façon ou d’une autre … encore plus si vous m’annoncez avoir un plan pour augmenter la population vampirique. Cette dette a peut-être été engagée par d’autres, mais croyez-moi, elle pèse sur tous les vampires. Les créanciers se moquent bien de ce genre de détail, la seule chose qui les intéresse, c’est récupérer leur argent. Vous allez vous faire de nombreux ennemis, en plus des créanciers si vous ne parvenez pas à régler votre dette … ou si vous décidez de la rejeter. Mais je me doute bien que vous êtes préparé à cela. Si vous ne pourrez échapper aux représailles de la vampirisation. Au moins pourrez-vous éviter que vos créanciers ne soutiennent vos ennemis en réglant, d’une façon ou d’une autre, le problème de la dette. »

Comment le vampire allait-il s’y prendre pour régler ce problème de dette ? Comment allait-il faire pour garder la faveur des créanciers du royaume vampirique ? Cela intéressait le gredin. Il y avait plein de façon d’y parvenir. Pour commencer, payer la datte, mais pour cela il fallait les fonds nécessaires et dans ce cas où allait-il trouver ceux-ci ? Deuxièmement amener le créancier à effacer la dette, en le faisant disparaitre, en lui offrant quelque chose, ou alors en faisant pression sur lui. Quoi qu’il en soit, Nathaniel était intéressé quant à la façon dont le parangon comptait s’y prendre. Et s’il allait avoir besoin d’aide. L’elfe sombre était certes le roi des pirates, mais avant cela il avait été le capitaine des gredins. Les vols et la corruption, c’est lui qui s’en chargeait.


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Oui, sans aucun doute, ces portails était un potentiel à exploiter. Ils pourraient très certainement mettre en place des mouvements entre les vampires des clans du Triumvirat et Athgalan, ou plus probablement, quoi que ce soit qui fasse suite à Athgalan. Cependant, cela posait quelques questions d’organisation pour tout le monde. La première d’entre elle étant la plus simple et la plus complexe à la fois. Comment disposer du portal de Nyn-Tiamat ? Pour le moment, il était au beau milieu de nul part, dans une région très dangereuse et hors de tout périmètre d’activité vampirique, ou même graärh. Si il voulait vraiment le rendre viable, il allait falloir changer cela, soit en établissant un campement ou une fortification sur son emplacement, soit en le tractant ailleurs, dans un lieu plus aisément défendable et déjà occupé. En cela, les pirates allaient servir d’essai à la place de son propre peuple. S’ils explosaient en essayant, il tirerait un trait sur l’idée du déplacement. Outre cela, ils étaient ainsi plus à égalité entre sa participation à la chasse et la sienne au déménagement général de la ville pirate. Il avait grande hâte de pouvoir voir ce portail là de plus près et d’étudier sa magie.

Nous avons un premier accord en ce cas

Une très bonne chose même s’il ne regrettait absolument pas cette rencontre pour le moment. La suite lui fit élever un sourcil, et fendre un sourire malicieux. Ses prunelles d’oasis pétillèrent d’amusement en le voyant si prompte à parler de dette. Lui dire ? Il pourrait se vanter un peu d’être terriblement chanceux dans ses épousailles, puisque son mari était détenteur de la majeur partie de cette fameuse dette mais se vanter n’amener jamais rien de bon et avait la fâcheuse tendance de vous faire perdre de précieux avantages. Hors, il avait bien assez de problèmes pour éviter de dilapider ses rares avantages. Surtout que les choses n’étaient pas assez mal parties avec le pirate pour qu’il estime pouvoir l’amadouer avec cette information. Donc, à la place, il se contenta de hausser les épaules et de prendre un air faussement chagrin mais sensiblement joueur. Dire qu’il aimait faire exprès était un euphémisme, comme il était évident qu’il choisissait ses mots pour être le plus ambiguë et le plus torve possible. Le pire étant que le message était toujours le même, sous ses dehors fripons : il n’allait pas tout lui dire dès à présent.  

Ne vous en faites pas pour la dette vampirique, elle n’est plus un problème. Diantre, votre altesse, tiendriez-vous donc à refroidir mes ardeurs à votre égard en me questionnant si rapidement sur un tel sujet ? Cela va un peu vite pour moi, nous ne sommes pas assez intimes pour que je vous souffle tous mes petits secrets. N’était-ce pas déjà clair ? Je suis pétris de pudeur…

De toute façon, même s’il avait dû faire face à la dette, il aurait doublé le nombre de têtes empalées sur ses remparts et aurait proposé de ne pas attaquer Caladon en échange de l’oubli de cette foutue dette. Mais la bourse d’Aldaron préservait fort heureusement son capital d’image et de dignité. Retrouvant un peu son sérieux, il contempla l’idée de l’interroger à son tour. Après tout, la curiosité allait dans les deux sens, pas seulement dans le sien. Son regard se fit songeur, de même que ses traits, et il observa les environs en réfléchissant. Il était vrai que le forban était plus clair que lui. Pas forcément plus simple, mais décidément plus clair. Cela illustrait parfaitement l’état de la race vampirique et ce qu’il désirait changer. Nathaniel serait sa pierre à aiguiser. Finalement, il prit une gorgée de son verre et laissa le sang tourner dans sa bouche, caressant son palais avant de l’absorber. Il voulait le meilleur pour les siens, et il était prêt à écraser tous ceux qui ne seraient pas de son bord pour cela. Un peu comme l’elfe justement. Bien, certes, et sinon, qu’avait-il besoin de lui demander pour en savoir davantage sur lui ? En réalité, il y avait autre chose.

Que comptez-vous faire d’Irina Faust exactement ?

Il reposa son verre avec un léger tintement ferme.

Car, voyez-vous, si son utilité venait à être moindre, je serais très intéressé par, disons, un investissement à son égard. Je vais avoir besoin d’un bouc émissaire vers lequel diriger les inimités pendant que mon pouvoir s’affermit. Et comme son pedigree est des plus excellents, elle m’offre une excuse tout aussi excellente voyez-vous

Son regard s’illumina de nouveau et fut joueur en un rien de temps.



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¤ Irina ¤

De nombreux points avaient été abordés par les deux hommes. Un premier accord avait abouti pour les plus grands plaisir et profit des deux interlocuteurs. Mais Nathaniel souhaitait en savoir plus. De nombreuses ombres planaient encore sur la situation du peuple vampirique. Notamment cette fameuse histoire de dette. L’elfe sombre avait des raisons de craindre cette situation. Un créancier en colère n’hésitera pas à investir pour récupérer les sommes qui lui sont dues. Et les armées d’un autre royaume font souvent de bons huissiers. Aussi le gredin aborda le sujet sans plus attendre et la réponse fut une fois encore amusante. Le vampire ne souhaitait pas répondre, dissimulant le tout sous une comédie que le pirate ne connaissait que trop bien. L’homme face à lui ne lui semblait pas être un plaisantin. Il devait avoir une solution pour la dette. Peut-être même avait-il déjà réglé le souci. Mais comment ? Oui comment y était-il parvenu ? Cela était intéressant. Avait-il trouvé des fonds quelque part ? Son créancier était-il mort ? Avait-il trouvé un autre moyen d’éponger sa dette ? En rendant un service par exemple. Mh, c’était étrange et intrigant. L’esprit de Nathaniel comptait de nombreux plans pour se débarrasser d’un créancier ou d’une dette. Machination et trahison se trouvaient en tête de ces possibilités. Pour autant l’homme en face de lui ne semblait pas aussi fourbe que lui. Il était plus direct. Après tout il était un vampire, il réglerait ça dans la violence. L’elfe sombre devrait néanmoins surveiller attentivement les prochaines actions des clans vampiriques. Le gredin lâcha un petit soupir d’amusement pour toute réponse avant de reprendre une gorgée.

Vint ensuite un autre sujet. Le cas Irina Faust. Nathaniel se doutait que cette dernière arriverait tôt ou tard sur la table. Après tout, elle était une opposante et l’actuelle princesse noire du royaume vampirique. Du moins, son titre et son royaume ne l’étaient que de nom. Achroma ne cacha pas ses attentions et tant mieux. Il souhaitait utiliser cette dernière. Un bouc émissaire donc ? Ce n’était pas une mauvaise idée. L’elfe avait déjà fait de même par le passé lorsqu’il avait pris son apparence pour attaquer des graärh sur Néthéril. Une application de l’accord qu’il avait conclu avec la capitaine des esclaves. Mais aussi un moyen de mettre des bâtons dans les roues de cette catin tout en lui faisant payer ses choix en contradiction avec les intérêts de la confrérie.

« Mh, je vois. Pour le moment elle peut encore m’être utile. Elle est la dirigeante du clan vampirique installé à Nevrast. Sauf qu’elle est ma prisonnière. Ce qui signifie que c’est moi le véritable dirigeant du clan se trouvant à Nevrast, et non elle. Elle fait office … d’homme de paille ? Enfin, de femme de paille. Ses choix en tant que dirigeante n’ont pas été profitables à la confrérie, en particulier au commerce d’esclaves. Il faut donc réparer cela. Et vous venez de me dire que ça ne vous n’avez rien contre l’esclavage des vampires qui ne sont pas de votre clan. »

Un sourire éclaira les lèvres du gredin. Il n’avait pas besoin d’en rajouter davantage sur le sort qui attendait ceux-ci. Oh il pourrait certes investir dans ce clan vampirique et essayer d’en devenir le chef afin de le fusionner à la confrérie, malheureusement cela nécessitait du temps que le gredin n’avait pas. Il y avait beaucoup de choses à gérer au sein de la confrérie, des modifications à apporter maintenant qu’il était roi et le problème des graärh de l’Est à gérer. Aussi était-il plus sage de ponctionner ce clan plutôt que de le faire fructifier afin d’en tirer des profits immédiats. Profits qui serviraient à renforcer Athgalan.

« Toutefois, je ne suis pas opposé à l’idée de vous la céder. Voilà ce que je vous propose : Le clan d’Irina payera pour les pertes subies par la confrérie par la faute d’Irina. Cela aura des conséquences. L’affaiblissement de son clan, de son autorité et de Nevrast. »

L’elfe fit une courte pause puis reprit.

« Je vous fais cadeau de ses trois conséquences. En revanche vous payerez pour le reste. Premièrement, quand les vampires de Nevrast seront au fond du trou, vous arriverez, vous emparerez du port et mettrez définitivement fin au clan d’Irina. Cela vous permettra d’asseoir un peu plus votre pouvoir et votre légitime sur le peuple vampirique. Deuxièmement, puisque vous n’aurez pas à vous occuper ni d’Irina ni de son clan, vous allez pouvoir concentrer vos efforts ailleurs. Les autres parangons et ce que je suppose être le projet dont vous voulez faire porter le chapeau à Irina. Et troisièmement la remise d’Irina. Bien entendu je vous remettrais Irina la veille de la prise de Nevrast. »

L’elfe sombre fit légèrement tourner l’alcool dans son verre.

« Qu’en dites-vous ? N’est-ce pas là une bonne opportunité d’accomplir plusieurs de vos manigances ? »

Se posera ensuite la question du paiement.


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Le débat ne l’intéressait que très peu. Il devait avouer que Nevrast ne l’avait pas intéressé, en vérité, bien au-delà de s’interroger sur l’identité concrète de celui qui maniait le sceptre. C’était Aldaron qui avait préssentit le potentiel de cet humble agglomérat s’accrochant à trois rochers et un bouquetin sur le bord inférieur de l’île d’hiver. Et lui, conscient des compétences de son époux, avait prêté l’oreille à ses idées. Pour lui, Irina était une clef prête à tourner dans la serrure de Sélénia mais elle était, en tout état de cause, également une clef de Nevrast car elle en était la princesse. Nathaniel était le premier à lui trouver plus d’intérêt eut égard à son rôle officiel qu’à ses origines et cela l’intéressait. Nevrast n’était rien, un village à peine capable de porter ce nom, aux abords d’une forêt dangereuse, coincée sur une île aux températures extrêmes et proche d’un peuple qui n’en avait rien à faire. Sa population était pauvre, tant économiquement que par sa constitution. Pourquoi diantre lui accordait-on de l’importance ? Même sa position au sein même de l’île ne permettait pas de profiter de ses ressources. Loin d’être un imbécile imbu de sa personne, le vampire était tout à fait capable d’accepter que d’autres puissent se montrer plus clairvoyant que lui. Nevrast donc, semblait intéresser les pirates.

Que voyez-vous en Nevrast ?

La question méritait de se poser ouvertement. Cela pourrait peut-être lui permettre, s’il se montrait convaincu, de lui proposer un prix à cette transaction. Hériter de ce village ne lui semblait pas être davantage qu’une corvée. Un tel actif demandait énormément d’investissement, ce que supportait Aldaron avec brio mais qu’est-ce que cela offrait ? Quelque chose, de toute évidence. Il allait devoir en discuter très sérieusement avec son époux. Et d’ailleurs, pas seulement au seul sujet de Nevrast mais également de Nathaniel, qui ne semblait pas au fait de ce que son capitaine des contrebandiers manigançait. Le mieux serait de le lui apprendre, car ils ne pouvaient négocier sur une fondation biaisée. Pondérant la chose, le vampire prit cette opportunité de tirer des replis de sa cape un carnet et une plume ainsi qu’un petit pot d’encre. Prendre des notes pour ces négociations ne serait certainement pas du luxe. La problématique était large et terriblement délicate car une large portion de ses plans reposait sur les solides alliances d’intérêts qu’il désirait mettre en place. Ce n’était pas l’orgueil qui construisait une nation. C’était l’intérêt. Tout comme une entreprise marchande nécessitait d’être pragmatique et efficace sans penser à soi-même.

Présentement, je possède déjà la majorité de Nevrast par le partage des biens qui vient avec un mariage. Les rares activités d’artisanat, le port ainsi que les biens immobiliers sont miens. Bien entendu, au travers d’une… entité de façade, disposant elle-même d’une entité de façade. Seul le pouvoir officiel reste encore assujetti à l’image de Faust, comme vous l’avez justement fait remarquer. Et les individus

Raison pour laquelle il avait affirmé accepter des esclaves des autres clans. Chaque minute passant, il valorisait un peu plus Aldaron et tout ce que son époux avait accompli. C’était une chance, car cela n’avait pas même été dans ses calcules. Tous deux se connaissaient depuis des années, depuis la naissance du marché noir.

Vous racheter Irina me permettra de la défier en duel et donc de légitimiser mon rôle au sein du clan Faust. Néanmoins, vous avez déjà bien assez d’or, je pense, et vous n’avez pas réellement besoin de moi pour en acquérir. L’or n’est pas ce que je peux offrir de plus intéressant pour l’heure. Ce que je vous propose sera donc simplement une dette de faveur, d’égale valeur à celle de Faust

Cela ne le gênait pas, quand il s’agissait d’un bien tel que celui-ci. Il ne jouait pas son intégrité ou sa mémoire pour une fois. Et Faust, même si utile, n’était pas indispensable. C’était un luxe, qu’il s’offrait. Néanmoins et parce qu’il voulait réellement s’attacher le pirate, il n’avait pas l’intention de se montrer avaricieux.

Il suffit que nous définissions par avance la valeur que nous souhaitons attribuer à Faust, et vous pourrez me demander, aujourd’hui ou dans dix ans, quelque faveur que ce soit correspondant à cette valeur. Est-ce que cela vous conviendrait ?

Bien qu’il puisse garder prudence en ne s’avançant pas sur la décision du pirate, il était persuadé que l’offre était plus que généreuse et l’aurait même mit en danger s’il n’avait pas voulu se border par avance. C’était là la base de toute négociation. Un document complet, bien cadré et complètement clair dans toutes ses clauses, voilà ce qu’il voulait, atténuer l’amplitude de surprise que l’on pouvait produire. Pas de blagues, pas d’erreures. Reposant un instant sa plume, il porta un regard aigu sur le pirate puis sur un coffre se trouvant dans la pièce. Il y avait quelque chose qu’il avait gardé sous le coude et qu’il souhaitait proposer. L’usage d’un objet qu’il avait pu constater lors d’un précédent épisode de la vie de l’Archipel. Puisque l’objet existait, autant s’en servir non ? La magie n’était pas faite pour être ignorée après tout surtout au profit de la stabilité politique d’une telle entreprise. Ce n’était pas tant qu’il voulait museler qui que ce soit, mais il aimait l’idée d’une sécurité supplémentaire, quitte à forcer l’un ou l’autre parti à revenir à la table des négociations plus tard si leur accord ne convenait plus. En soi, cela leur permettrait de se concentrer également sur leurs objectifs plutôt que de peser en l’autre en permanence. Le pirate était ambitieux, et lui sanguin, par moment.

Outre cela, majesté… Je souhaiterais vous proposer d’user de ce petit jouet dans votre coffre pour valider notre accord. Cette lanterne enchantée



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¤ La valeur d’une catin ¤

L’elfe sombre sentait son navire tanguer sous les vagues. Le roulis de la mer sous le bois de son bâtiment. Il avait l’impression d’être bercé. Il était dans son élément et ce n’était pas pour lui déplaire. Le large, la mer, l’océan. Il n’y avait rien de mieux. Malheureusement, il fallait bien retourner de temps à autre à terre et cela le gredin le déplorait. Cependant, il le déplorait autant qu’il le louait. En effet, on peut partir en mer uniquement si on est à terre. Et puis, on apprécie autant la valeur d’être au large parce qu’il existe une valeur à être sur terre et que cette valeur est nettement moins supérieure. Quoi qu’il en soit, Nathaniel s’égarait et se reconcentra sur l’actuelle discussion … ou négociation.

« Que voyez-vous en Nevrast ? »

Eärendil garda le silence un court instant. Nevrast. Que voyait-il dans ce port gelé, pauvre et miteux ? Dans son état actuel, pas grande chose. Ce port vampirique ne valait rien, son seul intérêt résidait dans sa position géographique. Il était au sud de l’île de Nyn-Tiamat. Il pouvait donc permettre d’intervenir sur le passage maritime reliant Nyn-Tiamat à Keet-Tiamat, mais également Nyn-Tiamat à Tiamat. À l’avenir, en revanche, il vaudrait beaucoup plus. Si la confrérie s’installait sur l’île du crépuscule comme elle envisageait de le faire, Nevrast permettrait de renforcer la présence pirate dans cette zone et ainsi renforcer la sécurité. Plus encore, elle permettrait de forcer le royaume elfique à venir sur la table des négociations. Les elfes étaient fiers, mais ils préféraient assurément un accord à un combat. Un accord qui porterait bien entendu sur le passage les navires de commerce. Sans accord, deux solutions s’offriraient alors à eux. Soit tenter de passer en force en confrontant les pirates, car il paraissait parfaitement improbable au gredin qu’ils ne rencontrent pas de bâtiment battant le pavillon de la confrérie, soit faire un long détour en passant par le sud de Keet-Tiamat ou le nord de Nyn-Tiamat. Dans tous les cas, ce serait préjudiciable au commerce elfique. Et une guerre en mer le serait tout autant. Enfin Nevrast ne représentait pas un intérêt uniquement de par sa position géographique vis-à-vis de la mer. La terre aussi était intéressante. Déjà parce que le port était proche de la forêt. Il serait ainsi plus facile de prendre possession du bois pour les navires. Ensuite parce qu’il donnait accès à la toundra et aux créatures y vivant, particulièrement les rhinocéros laineux dont le sang est utilisé pour les glyphes à base de gemme de sang. Toutefois, le gros désavantage de Nevrast venait aussi de cette terre. Une contrée gelée, une forêt dangereuse, une faune et un voisinage hostile.

« Mh … Nevrast est une graine plantée sur une terre difficile. Il faudra de la patience et des efforts pour la faire germer. Malheureusement, elle sera ingrate et la récolte sera maigre. Ce port minable ne deviendra jamais une ville portuaire florissante par son commerce et où il y fait bon vivre. Ca ne veut pas pour autant dire qu’on ne peut rien en faire. En ayant des objectifs en adéquation avec le sens des réalités, je pense qu’il y a moyen de récolter juste ce dont on a besoin. Cela peut suffire par moments. »

Par sa réponse, Nathaniel montrait que Nevrast avait déjà été un sujet de question pour lui. Après tout, Irina avait appartenu à la confrérie, puis elle avait été capturée par l’elfe. Autant dire qu’il avait déjà envisagé la possibilité de l’utiliser au travers de divers projets, mais que pour une raison ou une autre il les avait mis de côté. Cela ne signifiant en rien que ces projets ne demeuraient pas dans un tiroir, prêt à être sorti, pour Nevrast ou pour ailleurs.

Le forban arqua un sourcil à la suite du parangon. Oh, ainsi il possédait une partie de Nevrast. Il ne fallut guère longtemps au pirate pour faire les connexions nécessaires entre ses diverses connaissances. Aldaron, le marché noir, leur rencontre à Nevrast, le lien unissant son interlocuteur au capitaine des contrebandiers. L’elfe était mécontent, mais garda toutefois cela pour lui. La situation restait assez amusante. Le vampire face à lui affirmait posséder une partie du port, mais ce même territoire était sous le contrôle d’un autre clan vampirique. Clan vampirique qui était lui-même sous la coupe de la confrérie sans le savoir. Autant dire qu’il était difficile de déterminer à qui appartenait réellement ce territoire. Il n’était toutefois pas difficile de savoir que les possessions dont il parlait relevaient de bâtiment et d’infrastructure. En somme, du vent pour le pirate. Nevrast n’est pas grand et très mal défendu. Il est donc très facilement à capturer ou à détruire pour peu que l’on possède quelques navires. Nathaniel possédait ceux de la confrérie et il possédait Irina. Autant dire qu’il avait suffisamment de force en sa possession pour imposer sa propriété sur le port si cela s’avérait nécessaire. Toutefois, le gredin n’avait ni l’envie ni le temps de le faire.

« Il ne vous manque donc plus que le reste de l’immobilier, la légitimité et les individus le peuplant pour affirmer exercer une pleine propriété de Nevrast. »

Autant dire ce que possédait actuellement Nathaniel grâce à la princesse noire dans la cale de son navire.

« Toutefois, je n’ai pas l’impression que vous portiez ce port en lui-même dans votre cœur. Vous accordez bien plus de valeur au clan adverse. »

Pas tant à sa population, mais surtout à l’opposition que cela incarnait. Après tout, lui-même n’avait pas apprécié l’existence d’une opposition à sa personne au sein de la confrérie. C’est bien pour ça qu’il l’avait fait disparaitre.

« Et vous alors ? Que voyez-vous en Nevrast ? Sauf erreur de ma part, ceux qui sont opposés à Irina ne sont pas restés sur Nyn-Tiamat. Vous avez dû trouver un meilleur endroit que cette île gelée. Je vous vois mal y faire un rapatriement. »

Savoir ce que comptait faire le vampire de Nevrast une fois conquis pouvait s’avérer intéressant.

« Vous avez raison. La confrérie dispose d’une bonne réserve d’or au vu des récents événements. Ce n’est donc pas la priorité. Bien entendu, une trésorerie n’est jamais inépuisable. Je suis disposé à accepter autre chose en paiement pour Irina. »

Une dette, une dette qu’il faudrait régler. Mais comment ? Nathaniel pouvait-il simplement faire confiance en ce vampire et lui faire signer une simple reconnaissance de dette ? Non. Il n’avait pas répondu à sa question au sujet de la dette vampirique. Autant dire qu’il valait mieux rester prudent. Et puis, un vampire avec une dette, c’était grotesque. A-t-on déjà vu un prédateur s’endetter auprès de sa proie ? Se posait donc ce premier problème. Mais ce posait aussi un second problème. Celui de la valeur d’Irina. Quelle pouvait être la valeur exacte de cette catin ? À sa grande surprise, Achroma choisit, de lui-même, de solutionner la première problématique. Deepak-Shapath. Ainsi il en avait entendu parler. Cette lampe magique s’était avérée très efficace pour le pirate. Il était rare de faire confiance à un pirate, surtout lorsque l’on souhaitait conclure un contrat avec lui, ou que lui-même souhaitait en conclure un. Mais par cet objet, Nathaniel était parvenu plus d’une fois à montrer sa bonne foi. Il ne l’utilisait plus que rarement aujourd’hui. Préférant le garder pour d’importants accords.

Le gredin se contenta d’acquiescer avec un sourire. Sans attendre, il fit un signe à Fabius, celui de rapporter, puis désigna l’objet en question. Sans attendre, le singe s’exécuta, sautant au sol avant de marcher jusqu’au dit objet. Il le saisit, le soulevant au-dessus de sa tête, manquant de perdre l’équilibre dans un sens, puis dans l’autre, marchant en zigzag tel un poivrot, pour finalement arriver au pied de la chaise de Nathaniel. L’elfe sombre se saisit de la lampe. Fabius remontant sur la table sans attendre.

« Elle devrait être en mesure d’assurer la réalisation de notre accord. On dit qu’il n’y a rien de plus important que le premier contrat pour instaurer une confiance dans les relations. Aussi je vois au recours en cette dernière un signe de bonne foi. Aussi bien de ma part, que de la votre. »

À présent, il fallait évaluer la valeur d’Irina.

« Irina est un pas supplémentaire en direction de votre accession au pouvoir sur les vampires. Nous pourrions partir sur cette base. Malheureusement, je ne peux vous demander la pareille dans la mesure où je possède déjà le pouvoir. Toutefois, prendre le pouvoir n’est pas le plus difficile. Il faut savoir le conserver et l’étendre. Je n’ai pour le moment pas le temps d’étendre mon pouvoir car j’ai fort à faire, mais un jour mon regard se tournera vers l’extérieur de la confrérie. Ou se posera-t-il alors ? Le royaume elfique ? L’empire Sélénien ? L’alliance des cités libres ? Une aide dans mes manigances sera alors fort appréciable. Enfin sur l’heure, mon pouvoir n’est pas menacé. Je doute qu’il le soit de sitôt, toutefois, cela finira par se produire. Ici aussi une aide pour m’y maintenir sera appréciable. Ainsi, Irina vaudrait une aide, pour conserver ou étendre mon pouvoir, proportionnelle à ce que sa vente va vous apporter dans votre propre conquête du pouvoir. Qu’en pensez-vous ? »


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Que voyait-il en Nevrast ? Il écoutait, en silence, se gardant bien de révéler ce que la réponse de son interlocuteur pourrait lui inspirer. Ils étaient alliés potentiels mais il n’allait pas faire de confessions intimes pour autant. L’oeil pétillant, vif d’intérêt, il hochait parfois très légèrement la tête à plus d’une reprise, pour assurer son interlocuteur que la diatribe était entendue, et écoutée. Il avait l’intention de développer Nevrast mais sans doute pas de la façon dont on s’y attendait, cependant, il n’avait pas gravé ses plans dans le marbre, il lui était toujours possible de s’adapter. Se montrer agile dans son axe politique était indispensable. Mais ça, son vis à vis ne faisait encore que l’imaginer, c’était un forban, pas un politicien et certainement pas le chef d’une nation. Il lui faudrait apprendre, progressivement, les outils d’un rôle qui faisait sans doute beau sur le papier mais qui était en réalité terriblement contraignant et bien moins clair qu’il ne semblait l’être aux néophytes.

Il ne me manque que la légitimité

Les bâtiments restant ne l’intéressait pas et ceux qui seraient construits prochainement seraient déjà en sa possession. Le peuple suivrait la légitimité ou serait réduit en esclavage. Cela lui allait très bien que l’on pense son intérêt dédié au clan Faust. Cela servait une image qui lui était encore utile et favorable. Ce ne serait ni la première fois qu’on le méjugerait ni la dernière. Répondre honnêtement et sans barrières ou devait-il orienter sa réponse afin de préserver ce flou sur ses intentions ? Il fut ouvertement songeur et se donna quelques instants de réflexions. De toute façon on la lui devait bien non ? En fin de compte, il choisit de ne pas se mouiller. Il n’allait pas prêter le flanc inutilement même s’il ne craignait pas le pirate. Ne pas craindre ne signifiait pas qu’aucun danger n’existait après tout, seul un idiot penserait ainsi. Il ne savait pas encore comment les choses évolueraient mais il ne voulait pas encore parler pragmatiquement pour la construction sur Nyn-Tiamat.

Non. Mais si le port n’a aucune valeur en lui-même, il s’agit néanmoins d’un lieu intéressant sous d’autres rapports, comme les relations diplomatiques

Ce qui l’intéressait désormais était de savoir quel prix il désirait obtenir pour Irina. Il s’agissait d’un geste purement diplomatique à l’égard de leur entente future. S’il s’était invité à Nevrast pour défier Irina en duel du prince, il aurait eut ce qu’il désirait sans avoir à lui devoir quoi que ce soit, tout simplement parce qu’une Irina aurait été forcée de se présenter et de mourir ou la supercherie aurait été découverte et elle serait immédiatement tombée en disgrâce. Quant à une attaque pirate pour conserver les droits sur le port ? Son dénuement était si grand que cela n’avait aucune importance. Ils pouvaient bien tout raser que cela ne le ferait pas sourciller. Mais il voulait mettre le pirate dans de bonnes dispositions et cela ne lui coûtait rien que d’offrir un prix pour la catin. Enfin, c’était ce qu’il avait pensé. La réponse du pirate lui tira un nouveau moment de silence et de calcul. Il ne s’était pas attendu à un tel discours. Néanmoins, il ne comptait pas lui couper court pour autant.

Cela pourrait représenter une bonne solution… à la condition que ce retour de bon procédé ne vienne pas mettre mes propres plans et intérêts en danger. Une aide donc, de nature politique, à la hauteur de la valeur que Irina aura concrètement pour moi, et sans que cela n’aille contre mes propres intérêts. J’accepterais sous ce phrasé. C’est à vous de me dire si cela vous convient. Si c’est le cas, je pense que nous pouvons émettre un premier brouillon de notre accord et ses clauses

C’était plutôt équitable, selon lui mais ils n’avaient pas les mêmes aspirations dans cette affaire.

D’ailleurs, cela pose la question… quels sont vos plans pour la confrérie une fois les graärhs repoussés ?



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