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[INTRIGUE] Le coeur de l'essaim

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Le coeur de l'essaim



Le canyon de l’île de Néthéril, un lieu interdit. Une seule espèce vit là-bas : les Karapt. Créatures insectoïdes desquelles on ne sait pratiquement rien. Il y a plusieurs mois, un de ces êtres a été repéré dans le marais d’Athvamys, pirates et graärh disent que celle-ci a aidé à repousser la couronne des cendres du nom de Rog qui s’y était réveillé, mourant au combat. Suite à ces événements, un groupe nommé la meute a mené une expédition dans le canyon, moins de la moitié des soldats en est revenue.

Ce territoire mystérieux intrigue tant il y a d’interrogations gravitant autour de l’espèce qui y vit. De plus en plus de regards se braquent en direction du canyon. Et comme une réponse à ceux-ci, des éclaireurs rapportent avoir vu des Karapt à l’orée Est amoncelés les effets des ceux ayant osé s’aventurer sur leur territoire et dont on n’entendit jamais plus parler.

Devant le canyon se dresse un tas d’armure, arme et de vêtement. Est-ce un signe ? Et que signifie-t-il ? S’agit-il d’une invitation ? Ou d’un avertissement ?


Intrigue : Le coeur de l'essaim. Le 25 décembre an 1763 du troisième âge..

Les joueurs disposent d'un délai de 3 jours pour poster à compter de la réception des directives. Nous vous encouragerons même à poster plus vite encore si vous le pouvez (l’intrigue n’en sera que plus développée).  Les RP d’intrigue sont prioritaires sur tous les autres rp normaux.


  • Kehlvehan Vairë
  • Purnendu Chikitsak
  • Naal du Néant
  • Belethar Espérancieux



L'ordre pourrait changer à tout moment.



Spoiler :


Petite explication sur le mode de jet de dés. Il s’agit d’un dé allant de 0 à 100

La marge de réussite (MR) détermine à quel point une action réussit ou échoue. Elle est déterminée par le calcul qui suit :

[Caractéristique/Compétence utilisée] + [Modificateurs éventuels] - [Résultat du lancer de dés] = [MR]

Ainsi, la MR peut être positive ou négative. La valeur obtenue représente le degré de réussite ou d’échec, pouvant aller de l’échec critique à la réussite exceptionnelle comme suit :


  • MR de 66 et plus : Réussite exceptionnelle. L'action fait l'effet d'un coup de génie. Un avantage conséquent est octroyé et ses effets bénéfiques font profiter tout le groupe.
  • MR de +41 à +65 : Réussite remarquable. L'action est ovationnée. Un avantage certain est octroyé dans le domaine d'action.
  • MR de +21 à +40 : Réussite notable. L'action est particulièrement réussie. Un léger avantage est octroyé dans le domaine d'action.
  • MR de +1 à +20 : Réussite simple. L'action est réussie simplement, sans autre résultat notable.

  • MR de 0 : Réussite in extremis. L'action réussit sur le fil du rasoir, à un cheveu près.

  • MR de -1 à -20 : Réussite médiocre. L'action réussit mais n'a pas les effets escomptés (souvent amoindris).
  • MR de -21 à -40 : Échec simple. L'action échoue. Un léger désavantage au joueur ou un léger avantage à l'adversité est octroyé dans le domaine d'action.
  • MR de -41 à -65 : Échec cuisant. L'action échoue pitoyablement. Un désavantage au joueur et/ou un avantage à l'adversité est octroyé dans le domaine d'action.
  • MR de -65 et moins : Échec critique. L'action échoue lamentablement. Un sérieux handicap est attribué au joueur et à ses alliés. L'adversité obtient un sérieux avantage.


L’environnement et les événements extérieurs peuvent influer sur le score à atteindre, en bon comme en mauvais (Ex : état physique, climat, nombre d’ennemi ou d’allié, l'action à faire, ect…), au travers d'un bonus ou d'un malus.

Niveau pour les compétences :

Aucun niveau : 5
Catastrophique : 15
Très faible : 25
Faible : 35
Moyen : 45
Bon : 55
Très bon : 65
Maître : 75
Grand maître : 85
Exceptionnel : 95


Niveau pour la magie:

Mage Très Faible : 25
Mage Faible: 35
Mage Moyen : 45
Mage Bon : 55
Mage Très Bon: 65
Mage Maitre : 75
Mage Grand-maître : 85
Mage Exceptionnel : 95


Niveau pour les totems:

Niveau 1 : 45
Niveau 2 : 75
Niveau 3 : 95

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Le temps des moussons avait pris fin, laissant la place à un climat plus clément pour quelques miséricordieuses semaines. Une douceur providentielle qui venait couronner de ses largesses l’avancée de leur troupe vers l’entrée du canyon Karaptia tandis qu’à l’ouest, une nouvelle aube rouge se dessinait, prégnante du sang qui serait versé pour la fierté, et la folie, des bipèdes. Un tribut versé sans concessions au chaos et à la destruction. La rumeur, colportée par la terre, était d’une lointaine lamentation, aux confins de l’île, là où les centaines de pattes foulaient un sol qui n’était plus consacré. Les pleurs du monde résonnaient depuis longtemps à ses oreilles, depuis qu’il avait visité la légion pour la toute première fois, des mois plus tôt. Ils n’avaient nullement décru, pas même en cet instant. Ils étaient simplement lointains, distants. Dire qu’il était désillusionné était peu dire. Dire qu’il était amer était peu dire. Dire qu’il était critique relevait d’un candide euphémisme. Et s’il avait accepté de laisser certains maîtres et de nombreux apprentis à la disposition des deux camps pour veiller les blessés et purifier les morts, le Gardien qu’il était n’en pensait pas moins : cette tuerie ne ferait rien cesser, tout au contraire. Peu importait les raisons invoquées, en fin de compte, cela ne faisait que nourrir le cercle délétère d’une destruction à grande échelle. La leçon n’était pas apprise. Pire même, les natifs s’avéraient aussi peu promptes à s’élever au-dessus de la fange de facilitée que les autres. Tant pis pour eux. Il n’avait aucun moyen, et aucune intention, de les sauver d’eux-mêmes. Son but était ailleurs. Leur but, en vérité.

Songeur, son regard trouva, avec un naturel confondant, la silhouette sévère de son frère, Naal du Néant. Oui, ils avaient sincèrement mieux à faire que d’essayer d’empêcher des imbéciles ivres de rancune et de belligérance de s’éventrer les uns les autres. Qu’ils fassent, après tout, les survivants connaîtraient peut-être une quelconque illumination. En attendant ce jour béni où les mortelles créatures de ce monde cesseraient de croire qu’en cherchant le trépas de son prochain on assurait la pérennité de la race, ils avaient un but bien précis à ce périple au coeur de la savane. Pendant que les tambours de guerre résonnaient au couchant, de mystérieuses créatures s’éveillaient au levant. Les Karapts, dont ils n’avaient entendus parler qu’au travers des récits graärh, s’agitaient. Il l’avait d’abord ressenti au travers du chant de la terre et de l’air, les éléments murmurant les mouvements de ces créatures étranges et encore inconnus. Il avait reçu les soupires de mouvements curieux, peu communs de mémoire de natifs comme d’exilés. Il avait rêvé les amoncellements à la lisière du royaume occulté. Quelque chose le tiraillait, viscéralement instinctivement, porté par l’unité qu’il partageait avec le monde qui le nourrissait. Les Karapts s’étaient montrés. Pourquoi ? Vers quels buts étaient-ils tournés ? Il avait naturellement voulu en savoir plus. Entre les murs du Domaine séjournait un rescapé d’une expédition au sein du canyon, un certain Erdrak, ayant sombré dans la folie. Mais la folie était avant tout un mécanism de défense de l’esprit. Ce que l’humain avait vu, il n’avait su le supporter. Aussi escomptait-il davantage de résultats d’une troupe moins belliqueuse et plus ouverte, mieux préparée.

L’humain n’avait livré, au terme de longues heures d’une thérapie par le vide, que d’épars fragments impossibles à nouer en récit cohérent et ordonné.  Nonobstant cet échec, leur départ avait été prompte et efficient. Leurs rangs, peu étendus, s'enorgueillissait davantage du précieux de chaque volontaire que de la domination par le nombre et les armes. Ils n’en étaient pourtant pas dépourvus, certains étaient d’ailleurs là au titre de protecteur. Défaits de toute extensivité, il ne restait qu’une poignée d’individus, tous capables, et tous parfaitement décidés à ce que ce contact avec les Karapt soit placé sous le signe de la paix, si c’était possible. Il avait demandé à l’un des résidents du Domaine, un ancien courrier elfique habitué aux chevauchées, d’effectuer une première surveillance de l’entrée du canyon, afin de repérer les mouvements possibles des créatures natives, comprendre ce qu’ils amoncelaient avant de revenir l’entretenir de ce qu’il aurait observé. Il avait spécifiquement demandé à ce coursier de ne pas interagir, à moins d’une circonstance exceptionnelle, avec le canyon, et de revenir dès qu’il aurait un sens précis des alentours et de la question immédiate de leurs affaires. Le trajet, depuis le giron de l’ordre jusqu’au canyon s’étirait sur un peu moins de deux semaines, leur caravane ne se pressait pas outre mesure, pour ne pas s’épuiser, mais aussi en raison de l’âge du Gardien et des précautions naturelles à prendre en milieu hostile. Arrivés à présent en vue du canyon, le vieil elfe retira le voile bleu qui dissimulait le bas de son visage et le protégeait du soleil afin de pouvoir s’adresser aux autres.

Je suggère que nous campions à l’extérieur du canyon en cette soirée et que nous nous présentions demain matin

Son regard parcourut de nouveau les membres de leur humble caravane. Naal était venu à sa demande, mais tous les autres s’étaient proposé sans recherche de sa part. Purnendu était là en tant que représentant des graärh et il avait déjà été en contact avec un Karapt lors de l’exhumation de la couronne de cendre appelée Rog. Ses connaissances seraient sans doute précieuses. Belethar, quant à lui, était un apprenti qui gagnait à être fourré dans des situations inextricables. Il espérait bien que son Enwr tirerait quelque chose de positif de tout cela. Les cinq autres individus étaient soit des résidents capables de se battre, soit des habitués des rencontres avec les graärh ayant commencé à apprendre la langue et la culture des natifs, et qui avaient l’habitude de voyager dans la savane. De leur lieu d’arrêt actuel, ils ne distinguaient que de façon imprécise la constitution du tas de débris, mais leur coursier en avait déjà rapporté la teneur : armes et armures reflétant le soleil, ainsi que d’autres objets moins typiques et plus divers. Si tout le monde consentait à achever la journée de marche ici et à attendre le lendemain, ils auraient sans doute le loisir de les étudier davantage. Une raison supplémentaire pour préférer partir le lendemain était pour lui d’essayer d’entrer en symbiose avec la terre de Néthéril afin de recueillir davantage d’informations sur la topographie exacte des lieux : la longueur et la profondeur du canyon, sa dangerosité, la nature de sa formation également. Il voulait savoir s’il pouvait être traversé en une journée, ou s’il était nécessaire de s’armer de patience et de prudence. Il escomptait pouvoir effectuer cette symbiose après le chant des vêpres sacrées, prières chantées qu’il effectuait tous les soirs.

Restons en retrait, mais gardons un oeil sur une possible activité à l’orée du canyon, pour s’éviter de potentielles surprises
Directives :

L’agitation, la savane de Néthéril ne connaît que ça depuis plusieurs mois. Cela a commencé lorsque les tribus graärh ont quitté les côtes, s’enfonçant dans les terres, afin d’échapper aux raids des pirates. Et l’apogée fut atteint lorsque d’importants mouvements de troupes des félins ont été détectés, allant vers l’ouest. Une nouvelle bataille semble s’annoncer. De quel œil le gardien a-t-il observé ses événements ?

Depuis le départ des troupes graärh il y a déjà plusieurs semaines, le calme est revenu dans la savane. Un calme de courte durée, car un événement des plus étranges s’est produit. Cette fois-ci du mouvement se produisit à la lisière du canyon Karaptia. Zone au combien mystérieuse, car tous ceux, ou presque, qui s’y sont aventurés n’en sont jamais revenu. Les êtres habitant cette contrée ne semblant pas apprécier les visiteurs.

Les bêtes insectoïdes y vivant ne sont jamais montrées à la lisière, ni mit un pied en dehors du canyon … du moins jusqu’à il y a peu. Les rumeurs rapportent que certains individus se seraient présentés à la lisière du canyon, en sortant brièvement. On rapporte également qu’une sorte amoncellement serait en train de se former à cette même lisière.

Tout ça est des plus intrigants … d’autant plus que les forces composant l’armée graärh ne sont plus présentes dans la savane. Les félins auraient-ils réveillé quelque chose ? Ou leur absence présente-t-elle l’opportunité que ce qui demeure au sein du canyon attendait ?


Langage commun #9775AA
Langage elfique #8BF8D2
Dialectes minoritaires #93F88B

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La guerre.
Tambours et mélopées marquaient les nuits de Netheril de leurs rythmes lancinants et enfiévrés jusqu’aux aubes rouges. Le vent de la savane n’apportait pas jusqu’à leur caravane ces chants tribaux et pourtant, tandis qu’ils avançaient vers le canyon, Purnendu pouvait aisément se les imaginer. Il y a de cela bien des lunes, il les avait entendu résonner à ses nombreuses oreilles. Lors d’une aride saison sèche, quand deux tribus rivales se disputaient l’un des rares points d’eau, il les avait senti vibrer jusque dans ses os. Les notes s’étaient alors plantées dans ses tripes pour éveiller, depuis les boissons hallucinogènes et les fumées épaisses de quelques herbes sauvages, ses plus primitifs instincts. Il se souvenait de ce que ces rituels obscures pouvaient provoquer, combien nombres de fiers guerriers n’étaient alors plus que smilodons envoûtés, tirés vers le front par une rage viscérale, irraisonnée. Aveugles et sourds, ils n’étaient que des bêtes sans maîtres, ils tuaient et déchiquetaient dans les flancs adverses… et parfois même alliés.

Il n’oubliera jamais combien il lui avait été difficile d’apprendre à la suite de ces massacres que même son Esprit-Lié du Raton-Laveur pouvait avoir ses limites question soin et soulagement d’autrui. Il lui est impossible d’oublier sa déception au lendemain de ces batailles quand, en passant parmi les blessés, il comptait les morts nouvelles, celles survenues à cause de la pénurie d’eau. Cette même raison qui avait ironiquement poussé tant de cœurs vaillants à mourir et qui causerait nombre d’autres pertes lorsque graärhons et vénérables n’obtiendront pas assez de viandes aux chasses des prochaines moussons puisque ceux pouvant les nourrir finissaient sur les bûchers aux aubes endeuillées. L’eau convoitée était rouge, empoisonnée des corps et des drogues. Il n’oubliera jamais l’ironie lorsque les deux tribus jadis honnies s’étaient reforgées en une seule pour survivre dans les savanes hostiles.

La guerre.
Une notion familière et pourtant si différente pour les natifs de Paadshail. Dès la naissance, ils entraient sur un champ de bataille et n’en ressortaient qu’à leur dernier souffle. Ils combattaient le froid même dans les pelisses de la yourte, ils luttaient contre la faim et rivalisaient au sein d’une même portée pour obtenir les -parfois bien trop rares- mamelles de leur génitrice. Aux survivants des maladies infantiles et aux pénuries de lait, venait aussitôt un nouveau combat ; celui où il fallait prouver son honneur en tant que jeune adulte, mais surtout son utilité pour la tribu. Trouver sa caste, défendre son nom crocs et griffes. Et toujours… toujours gagner chaque minute de chaque jour contre le froid. Un froid pernicieux, mordant et permanent. Un froid qui guette les sommeils pour ravir la chaleur dans l’immobilité des corps. Un froid patient, qui ronge et grignote la volonté de l’esprit, use les nerfs et les sens. Un froid qui a, contrairement à ses adversaires, tout le temps du monde pour obtenir sa victoire.

Les Trands ne combattaient que rarement entre eux. Leur vie était bien trop précieuse, les ressources trop éparses pour les gaspiller en des fastes de la sorte. Les guerres se faisaient en duels d’Aaleeshaans. Les dirigeantes se battaient à la mort pour obtenir ce poste et poursuivaient pour chacune des occasions qui mettaient leur tribu, et donc leur nom, à l’épreuve de l’honneur. Les ressources s’échangeaient, elles ne se disputaient pas. La terre stérile ne permettait pas l’immobilité, alors les tribus voyageaient et interagissaient peu, diminuant davantage encore les occasions de se confronter. Il y avait bien eut des guerres, suffisamment grandes pour gorger les glaciers de pourpre et ces mêmes combats, si rares et spectaculaires, entraient en des légendes de gloire et de grande tragédie, devenaient contes et légendes pour les prochaines générations. Des erreurs à ne pas reproduire, des leçons à retenir.

De ses propres expériences et des nombreuses histoires graärh qui pavaient sa mémoire, Purnendu observait ce qu’il se passait aujourd’hui sur l’île de l’éternel été avec tiédeur. S’il comprenait l’indignation et la colère qui sourdaient dans le cœur de chaque Garals de cette île, il ne pouvait toutefois approuver leur hâte d’en finir avec la menace pirate. Comme l’éléphant rongé par les fourmis, ils avaient mis énormément de temps pour réagir à la menace des rapts sur les côtes et dans les villages isolés. Pendant presque trois ans les graärh  avaient poursuivi une vie insouciante malgré un esclavagisme intensif des leurs. Pourquoi n’avaient-ils pas réagi plus tôt ? Pourquoi attendre d’avoir ses rangs de valeureux à ce point décimés pour agir ? Les sans-poils avaient grignoté, évincé de leurs propres territoires ses cousins du Sud, puis était survenu la guerre du Bâoli. Purnendu avait vu de ses propres yeux les guerriers Garals se faire faucher comme du blé. Il avait vu les corps brisés engorger la plage de sable noir de leur sang et de leurs pleurs d’agonie.

Affamée, orpheline, isolée, voire diminuée : voilà les adjectifs qui lui venaient à l’esprit lorsqu’il était question de la Légion Vat’Aan’Ruda.  Trop orgueilleuse pour trouver des alliés de poids pour grossir ses rangs, acculée au pied du mur, la Kamda Aaleeshan Sa’Hila menait son peuple à l’abattoir dans un sursaut précipité, paniqué même. Des lectures qu’il avait fais sur la longue Histoire des autres peuples, de l’apprentissage de leurs tactiques militaires, de leurs connaissances sur les modifications et l’utilisation de la Trame ; Purnendu observait ce qu’il se passait aujourd’hui avec une profonde amertume. Les dés étaient déjà jetés, car non seulement les graärh de Netheril préféraient abandonner l’avantage du terrain pour foncer à l’aveugle sur un territoire qui ne leur appartenait plus depuis trois ans, mais seuls les Esprits savaient quels pièges les attendaient dans le Marécage ou la cité pirate même. Il ne fallait pas oublier que cette faction dominait les côtes depuis plusieurs moussons, qu’elle ratissait les plaines et les savanes depuis des mois à présent. Aveuglés par leur rage, les Garals ne réalisaient pas qu’ils étaient devenus une minorité. Ils ne réalisaient pas l’erreur qu’ils commettaient en marchant sur Athgalan.

Mais tout cela n’était pas du ressors de Purnendu. Il n’était qu’un simple kisaan après tout. Il n’était même pas natif de cette île et si une Kamda Aaleeshan voulait retrouver les Esprits dans une charge désespérée alors qui était-il pour essayer de l’en dissuader ? Il était déçu, mais surtout il était désillusionné. Qu’un peuple tout entier poursuive et encourage la folie d’un seul individu lui était incompréhensible. Jamais les Trands ne feraient une telle erreur. Leur dirigeante finirait à nouveau enfermée dans une stase pour les prochaines décades si elle commettait une telle folie. Il suffisait de voir ses actions envers les vampires ou encore lors de la guerre contre les Chimères pour seules preuves que d’autres solutions étaient toujours envisageables. Tout plutôt que l’annihilation totale des siens. Tout plutôt que de porter sa honte et ses échecs jusque dans les étoiles.

La gueule pleine d’une bile amère, le graärh à la couleur de cendre détourna la tête de l’aube pourpre et se concentra sur le canyon qui profilait sa haute silhouette déchirée sur l’horizon. Il avait été surpris d’être contacté par ses cousins alors qu’il séjournait au Domaine depuis presque deux mois. Il avait bien visité quelques tribus sur les grandes savanes de Stymphale, mais il n’avait pas trop étendu ses interactions avec les locaux par peur d’être enrôlé de force dans cette guerre-suicide. Il n’avait aucun intérêt à y participer et ne désirait pas cautionner de telles actions, ni y être associé de quelque façon que ce soit. Il n’osait imaginer les comptes qu’il aurait à rendre à sa propre Kamda Aaleeshan si cela devait arriver… et puis il avait ses filles qu’il ne pouvait abandonner. Il y avait toutes les connaissances préservées au sein du Domaine qu’il devait découvrir, assimiler et intégrer à ses propres pratiques médicales. Il y avait le Gardien et son compagnon ; l’adorateur d’un Dieu, le premier à ce qu’il semblerait.

Ses yeux d’absinthe se rivèrent sur les silhouettes qui séjournaient dans la caravane de tête. Il s’agissait d’un homme au corps étrangement couvert de tatouages. Un homme qui lui rappelait désagréablement les Chimères en de rares occasions. Un homme dont il s’était d’abord méfié avant de découvrir au fur et à mesure de leurs interactions combien les croyances et les mots pouvaient être déformés au fil du temps quand ils étaient maniés par des cœurs haineux. Un homme qu’il avait fini par respecter et qu’il en était venu à apprécier la compagnie ainsi que les conversations. Alors oui, il avait dénigré la compagnie des Garals pour favoriser celles d’êtres plus élevés spirituellement. Mais il n’avait pas été capable de faire la sourde oreille lorsqu’il avait été question des karapts et de l’agitation qui gagnait sporadiquement leur territoire ; le Canyon Karaptia. Comment aurait-il pu !? Il se souvenait si vivement de l’intervention de l’une de ces créatures lorsqu’ils avaient confronté Rogg et il n’oublierait jamais la lutte vaillante de ce soldat isolé ni de l’aide incommensurable qu’il leur avait apporté avec cette étrange lance chitineuse. Il regrettait de ne pas avoir pu rester et brûler ses restes comme il l’aurait fais d’un graärh.

Aussi il ne lui avait pas fallu beaucoup plus pour se joindre à l’expédition qui se formait au Domaine. Contrairement à celle uniquement composée d’explorateurs et de guerriers qui avait si mal terminé, celle menée par le Gardien Baptistrel s’avançait aujourd’hui sur les terres vierges des karapts sous l’auspice de la paix et du dialogue. Purnendu avait reconnu Erdrak quand il s’était enquis de l’identité du survivant réchappé aux galeries souterraines. Il avait alors expliqué à qui le souhaitait comment ce mercenaire avait participé avec les pirates au réveil de Rog, puis au combat qui s’en était suivis. L’humain avait violé le territoire des karapts pour la seule conviction qu’il obtiendrait par la force ce que le cœur du marécage d’Athvamy avait refusé de lui dévoiler. Quel fou… et la folie semblait effectivement s’être enracinée en son esprit, le rendant totalement inexploitable. Le tuer serait bien plus miséricordieux que le garder ainsi, mais le graärh n’éleva jamais cette idée au sein du Domaine. Qu’ils nourrissent donc une bouche inutile, ils en avaient non seulement les moyens, mais cette même charité pourrait un jour lui sauver à lui aussi la vie.

Ses pattes rencontrèrent les pierres chaudes qui dominaient déjà le sol aux herbes tendres de la savane et ce, malgré la distance raisonnable qui les séparait encore du canyon alors qu’il s’éloignait de la caravane pour se mettre à contre sens du vent. Le Gardien Vairë avait été clair là-dessus ; la prudence était de mise et Purnendu ne pouvait que le rejoindre. Une brise chaude, moite des récentes moussons, lui porta des parfums singuliers et il dressa davantage encore la truffe pour en humer toutes les subtilités. Acide et piquante, l’odeur lui était nouvelle et le graärh se retrouva incapable de l’identifier. Nulle herbe et potion de sa connaissance portaient de tels effluves et il ne pouvait qu’assumer qu’elle était de toute vraisemblance intimement liée aux karapts. S’agissait-il d’un composant acide que sécrétaient les créatures pour marquer leur territoire, voire dissoudre leurs proies avant ingestion comme le faisaient les fourmis ou les araignées ? Après tout, les insectes réagissaient aux parfums invisibles que les sans-poils nommaient dans l’alchimie récente comme étant des « hormones ».

Intrigué, l’herboriste partagea au reste du groupe cette découverte pour le moins surprenante et fut incapable de cacher les tressaillements excités qui agitaient sa longue queue angora. Il avait hâte d’entrer dans le canyon et de découvrir ses secrets. Il avait aussi l’angoisse sourde d’échouer et de perdre une opportunité qui ne se représenterait probablement jamais plus. Alors il piétinait doucement sur place. Les pierres chaudes cuisaient ses coussinets au travers des semelles de ses bottes, mais tant qu’ils n’auraient pas dressés les tentes, aucune ombre ne l’en protégerait. Vêtu d’une mosaïque de pièces d’armures en cuir, appuyé sur son bâton « Souffle ancien » et n’ayant sur les épaules qu’une lourde cape aux bords ourlés de zibeline, le glyphe cousu dans la fabrique le protégeait ironiquement des conditions climatiques qu’elles soient dans les extrêmes polaires qu’arides. Les bagues à ses cornes renvoyaient des éclats irisés, quelques herbes se tressaient dans ses poils longs et parfumaient son sillage. Une besace ainsi qu’une outre d’eau à sa hanche fournissaient depuis le début de leur voyage le nécessaire pour apaiser les inconforts que l’âge, la chaleur et la route pourraient fournir aux membres de leur petite expédition.

Il ne payait pas de mine ainsi dépareillé, mais les apparences lui importaient peu. Les karapts ne s’arrêteraient pas à ces détails, du moins pas selon les codes développés par les autres races tandis que ceux qui étaient présents le connaissaient de réputation, sinon de façon plus personnelle et savaient parfaitement ce qu’il valait. S’arrachant à la contemplation du tas d’objets, d’armes et d’armures qui rutilaient sous le soleil déclinant, Purnendu vint prêter main forte à l’établissement de leur campement provisoire. Il ne voyait aucune raison de refuser la proposition de l’elfe vénérable et s’assura de soigner tous les petits inconforts qui pouvaient subsister chez ses compagnons d’aventure avant d’aller grappiller lui-même quelques heures de sommeil avant que ce ne soit son tour de garde. Il eut la chance de s’endormir au son de la voix de Kehlvehan, bercé par son timbre aussi profond que le roulis de l’océan. Riche comme une eau poissonneuse, clair comme les lacs au sommet des glaciers. Étalé sur sa couche à la façon d’un spirite de l’Étoile de mer, le graärh sombra dans un sommeil sans rêve, ressourçant ainsi son propre corps.

Quand on le réveilla pour qu’il prenne son tour à la surveillance du camps, il se défit de sa cape afin de savourer le froid mordant qui saisissait les nuits sur Néthéril. Si proche du canyon, la lourde moiteur s’était dissipée au profit d’une brise plus vive et mordante. Debout à l’orée du camps, silhouette massive découpée par le feu de camps qui crépitait faiblement dans son dos, Purnendu contemplait sans inconfort la pile d’objets hétéroclites. Ses yeux luisaient d’un voile argenté dans l’éclat fugace de la lune alors que sa vision nocturne lui permettait de déchiffrer la majorité de ce qui composait l’étrange amas avec précision… mais ce n’était pas encore assez. Il faudrait qu’ils se rapprochent, demain, pour faire l’inventaire exact de cet étrange monument. Ce mot frappa son esprit avec limpidité et le graärh courba aussitôt la tête d’un côté, puis de l’autre afin de visualiser l’étrange formation sous différents angles. Un monument… monolithe à la signification d’avertissement ? Balise pour définir autrement que par les odeurs la frontière d’un territoire ? Cette dernière hypothèse lui semblait être la plus appropriée au souvenir que les elfes et même les humains n’avaient pas semblé réagir à l’odeur qui se dégageait de cette pile compacte.

Une odeur que la fraîcheur de la nuit rendait plus forte, voire irritante. Purnendu avait la truffe qui lui piquait et il se retenait d’éternuer depuis plusieurs minutes maintenant. Babines gonflées et moustaches frémissantes, il allait pour retourner près du feu quand un fracas de métal lui fit soudainement dresser des quatre oreilles. Son cœur fit un bond et lui vint s’aplatir dans l’herbe haute alors que sa fourrure se hérissait le long de son dos et que sa queue doublait de volume, ressemblant dès lors à un écouvillon. Trop éloigné pour vois exactement ce qu’il se passait, il battit rapidement en retrait et posa une main sur l’épaule d’un autre graärh. Le contact avait été léger, mais le chasseur ouvrit deux yeux rutilant de mercure et fixa le trand avec une interrogation encore pâteuse de sommeil.

« - Va réveiller le Naayak Kehlvehan ainsi que ses compagnons. Il y a du mouvement à l’entrée du canyon. »

Ce ne fut qu’un murmure audible par l’ouïe aiguisée du félin et là-dessus, Purnendu s’éloigna vers la caravane pour sortir de sous une toile huilée deux grandes jarres en terre cuite. Il en avait fais préparer une douzaine au total lorsqu’ils étaient encore au Domaine et que l’expédition s’assemblait pour le départ. Il s’agissait d’offrandes pour les Karapts et par conséquent le graärh avait déployé milles efforts pour faire apparaître les jarres comme des objets positifs aux sens de ces étranges créatures. Pour le visuel, elles étaient rondes comme des grains, elles étaient peintes via des pigments naturels que l’on ne trouvait que sur cette île. L’herboriste visait à rappeler les fleurs, les graines ou encore les racines dont pouvaient éventuellement se nourrir les Karapts. Pour le bruit, il avait accroché sur les hanses des grappes de cosses que nombre de gros mammifères aimaient à mâcher. Ces ornements, fermés par du raphia, étaient remplis des billes de bois d’acacia et de sable de sorte à imiter le bruit de la pluie lorsqu’elles étaient remuées et donc appeler le souvenir de l’abondance. Pour l’odorat, le graärh les avait fermé avec de la résine d’acacia, épicée dans son odeur tandis que les cosses avaient un parfum plus boisé, presque poivré. La terre cuite était une glaise récoltée sur les rives limoneuses par les récentes moussons, l’on pouvait encore sentir l’argile poreuse dont l’odeur caractéristique était inimitable.

Profitant d’être proche des chameaux qui avaient tiré la caravane, Purnendu ramassa quelques crottins qu’il utilisa pour frotter sa fourrure sur les zones où ses glandes sécrétaient davantage afin de camoufler au maximum son odeur. Contournant le campement, il approcha à pas prudents de l’entrée du canyon et plus précisément de la pile d’objets. Massé sur lui-même, il veillait rester face au vent pour que sa présence ne soit pas trahi par ce moyen tout en sachant qu’il finirait forcément par être remarqué. Il n’était pas un chasseur et ne désirait de toute façon pas surprendre les ouvrières karapts. Il voulait simplement les approcher pour déposer les deux jarres qu’il serrait précieusement contre son large poitrail. Il s’arrêta lorsqu’il sentit leur trouble et n’osa pas faire le moindre mouvement pendant de longues minutes. Son cœur battait la chamade tandis qu’il déposait avec une lenteur prudente les deux grandes jarres. Il fit tinter les cosses quand il ouvrit les couvercles en bois flotté, frottés par de la cire naturelle et recula dès qu’il sentit le vent littéralement tourner. Aplatit dans les herbes, il recula pour ne laisser venir jusqu’au canyon que le parfum de l’offrande révélée. En effet, les jarres n’étaient pas vides. Elles étaient remplies jusqu’au bord d’une eau pure et limpide que Purnendu avait coupé d’un miel brun riche et profond de saveurs.

Les moussons étaient peut-être récentes, mais le graärh espérait qu’une colonie aussi vaste que l’était vraisemblablement celle du canyon ne rejetterait pas une telle source d’énergie et d’hydratation. Surtout en vue des nombreuses récoltes et réparations que les grandes pluies avaient du apporter et causer dans la région. Mais de façon concrète ? Il lui faudrait attendre et voir, ce qu’il préférait faire en retourner au camps pour trouver le reste de ses compagnons.



Directives

Spoiler :
Purnendu, fils de l’île de l’éternel hiver, tu as vu tes lointains frères de l’île de l’été s’engager sur le sentier de la guerre, tout comme les tiens d’ailleurs. À l’exception près que les nouveaux voisins de la légion Vat’Em’Medonis, les vampires, ont eu la présence d’esprit de négocier et accepter les conditions des graärh. Les voisins de la légion Vat’Aan’Ruda en revanche … c’est une autre histoire. De quel œil l’Âpre-cendre a-t-il observé ses événements ?

C’est ainsi que, après l’agitation du départ des guerriers de Vat’Aan’Ruda vers l’ouest et des habituelles moussons, le calme revient sur la savane. Un calme toutefois relatif, car voici que survient un événement imprévu. Il y a du mouvement à l’entrée du canyon Karaptia et pas de n’importe qui ! Les Karapt semblent s’agiter … ou du moins trafiquer quelque chose.

Ceux de Vat’Aan’Ruda qui ne sont pas partis à la guerre s’en sont rendu compte et ont pris contact avec Purnendu à ce sujet. L’ordre baptistral a également remarqué que quelque chose se trame et a aussi pris contact avec Purnendu. Il ne faut pas oublier que Purnendu est l’un des rares individus, depuis longtemps, à avoir pu observer un Karapt de très près.

D’ailleurs, l’activité Karapt est vraiment étrange ces derniers temps, au regard des décennies d’inactivité. Un Karapt dans le marais alors qu’une couronne de cendre se réveille, et maintenant des Karapt qui amoncellent des objets à l’entrée de leur territoire. Que faut-il y voir ? Faut-il seulement y voir quelque chose ?

Après un regroupement au domaine, un groupe composé d’elfe, humain et graärh s’avancent en direction du canyon afin d’enquêter. Ledit groupe finit par faire une halte assez loin de l’entrée du canyon pour ne pas craindre une attaque durant la nuit, mais suffisamment proche pour pouvoir observer.

Comme dans le rapport des éclaireurs, le tas de débris est composé d’armes et d’armures ainsi que des objets moins typiques et plus divers (mais encore faudrait-il approcher au plus près pour en savoir plus). Une chose dérange toutefois le graärh, ainsi que les autres graärh, à mesure qu’il approche. Une odeur … acide et piquante. Elles semblent moins importuner les non-graärh que les graärh. Celle-ci est plus proche à mesure que vous approchez de l’entrée du canyon. En prenant le temps d’analyser les choses, l’odeur si dérangeante semble provenir du tas de débris.

Alors que le voile de la nuit couvre le ciel et que l’heure s’écoule vient le tour de garde de Purnendu. Il s’était plus ou moins fait à l’odeur acide présente dans l’air, mais celle-ci devient soudainement plus forte, plus irritante. C’est alors qu’il entendant du bruit en provenance du canyon, ou plutôt de son entrée. Un fracas de métal et d’objet qui tombe.

Peut-être qu’en s’approchant, ou en trouvant un moyen de voir au loin malgré l’obscurité, verra-t-il deux Karapt ouvrières déposer des objets sur le tas.


Langue Commune : #BBEB96
Langue Graärh : #59A022
Langue Graärh ancien : #295F00
Langue Elfique (avancée) : #E1F682

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Purnendu s’approche doucement et autant que possible en direction des karapt ouvrières pour déposer son offrande. Mais celles-ci ne sont pas seules. Chez les karapt comme chez les fourmis, les ouvrières qui sortent du nid sont toujours suivis d’un garde.

Compétence utilisée : Perception niveau Bon. Marge de la caractéristique : 55.


Dernière édition par Le conteur le Lun 11 Nov - 16:58, édité 2 fois

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Le membre 'Le conteur' a effectué l'action suivante : Lancer de dés


'MJ' : 25


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MR : 30 (55- 25)


  • MR de +21 à +40 : Réussite notable. L'action est particulièrement réussie. Un léger avantage est octroyé dans le domaine d'action.


En dépit de ses efforts, Purnendu est repéré par la Karapt garde. L’inverse n’est en revanche pas vrai. Lentement, silencieusement, à ras le sol, la créature insectoïde commence à s’avancer en direction du Graärh qui lui recule après avoir déposé l’offrande.

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    Il y avait un tas de débris, éclairé par la lune. L'astre caressait de son éclat blanc le métal froid d'armes et armures qui luisaient tels une macabre sculpture. Cela lui rappelait des guerres bien anciennes, en Angelan, où les dépouilles ennemies étaient entassées dans des feux communs. Lorsque les brasiers s'éteignaient enfin, il ne restait que poussières et armes calcinées, à moitié fondues. L'on ne prenait jamais les armes et armures des troupes ennemies qu'on avait rasées, en Angelan. La croyance voulait que s'ils avaient été portées par un combattant vaincu, c'était parce qu'ils avaient été maudits par les Dieux. Porter une armure ou une arme maudite, c'était s'assurer de son propre trépas. Alors, elles étaient brûlées, mais Angelan, c'était loin. Ici, sur Néthéril, qu'étaient devenus ceux dont on entassait le bric et le broc de leur apparat ? Avait-on brûlé leurs corps ou leurs âmes erraient-elles encore dans le canyon ? Cela lui faisait froid dans le dos ; l'almaréen priait pour leur repos, pour que le Néant ait pitié de ces pauvres hères. Comme de ceux qui se livreraient bataille, bientôt sur Néthéril. L'almaréen avait conjuré Tryghild ne pas verser le sang et il n'avait pas été le seul, dans les Conseils de l'Intendante, à émettre ce vœu pieux. Mais il ne pouvait conjurer Sa'Hila. Il avait déjà du conjurer Aldakin, vingt années durant, de ne pas chercher vengeance en attaquant Ambarhùna : il avait assez donné de sa personne et même sa vie en la matière. Il ne savait que trop bien que les gens étaient sourds lorsque la colère qui battait en leur cœur était viscérale. Il priait pour que l'Aaleeshaan retrouve la paix et la foi. C'était encore tout ce qui était en son pouvoir.

    Il y avait un tas de débris et une créature insectoïde dont il avait déjà perçu une forme similaire, lorsque Néant lui avait envoyé son messager, la Corneille, après ses longues prières. On lui avait parlé d'un graärh, couleur prune et de sa libération sur Néthéril. Les 'on dit' pouvaient être précieux, mais le don, que l'Unique lui avait accordé, était bien plus précieux encore. De ces explorateurs du mausolée, Purnendu était à nouveau présent. L'ancien serviteur du Néant n'avait fait que voir ; le graärh, lui, avait vécu et participé à cet instant où un karapt n'était venu leur porter secours. Ces créatures insectoïdes n'étaient pas mauvaises ou bien... Elles s'étaient ralliées à eux parce qu'elles aussi ne voulaient de Rog, en ce monde. Ainsi s'étaient-ils retrouvés alliés soit par concours de circonstances, soit par honneur. Ou peut-être les deux. Et pourtant les explorateurs d'Erdrak n'avaient connu que malheur en essayant de s'approcher du canyon. Ils n'étaient pas les bienvenus. Qu'avait-on fait de ces explorateurs, étaient-ils morts ? Prisonniers ? Dans tous les cas, ils avaient été vaincus et leurs armes et armures étaient entreposées en dehors de leur territoire. Peut-être avaient-ils des croyances semblables à celles d'Angelan et qu'ils considéraient ces possessions comme maudites et viciées. Ils ne les brûlaient, mais ils les éloignaient d'eux. Ou bien était-ce une offrande à il ne savait quelle entité supérieure. Ces créatures étaient-elle donc dotée de foi ? L'adorateur du Néant qu'il était s'en trouvait intrigué par cette idée. Il n'oubliait néanmoins pas l’éventualité qu'il puisse s'agir d'un message, une façon de dissuader autrui de s'aventurer dans le canyon. Que là était le sort qu'on réservait à ceux qui foulaient le sol de leur territoire. Ou au contraire, était-ce un moyen d'attirer leur attention ? De leur dire d'approcher, d'envoyer des émissaires pour des pourparlers ? Pourquoi ne pas avoir fait suivre leur message plus clairement, dans ce cas ?

    Il voyait le tas de débris, et il voyait cette ouvrière en déposer d'autres. L'almaréen se réveilla. La nuit était assez avancée, sans être achevée. La Corneille avait titillé son sommeil et il en avait un pressentiment, persuadé qu'il était que Néant essayait de lui dire quelque chose, ou peut-être l'avertir ? Il se redressa, assis dans sa couche. La nuit avait l'air pourtant calme et silencieuse. Mais il y avait cette odeur, particulièrement acide. Par Néant... Pourvu que l'un des graärh qui les accompagnait ne s'était pas décidé à refaire de la cuisine, car son précédent essai avait été un carnage. Et si cette odeur acide venait de l'un de ses mets, cela signifiait qu'il aurait encore gâché de leurs précieuses denrées. Comment s'appelait ce graärh, déjà ? Ramsaÿ ? Un vrai cauchemar en cuisine. L'almaréen en devint bougon, sans se départir de son mauvais pressentiment. Il quitta sa couche et s'arma en silence, veillant à ne pas réveiller Kehlvehan qui partageait sa tente. Le vieil elfe était moins endurant qu'eux pour ce voyage, il ne voulait pas être responsable de son manque de sommeil et pourtant, plus il y réfléchissait, et plus il sentait le mauvais présage peser sur eux.

    Il se décida finalement à s'asseoir près de lui et à poser une main sur son épaule, délicatement. « Elēni. » souffla-t-il doucement, alors que sa main quittait son épaule pour venir écarter les mèches immaculées du visage tout aussi immaculé du Gardien. Il se pencha pour embrasser sa tempe et lorsqu'il se redressa, il entraînait avec lui le corps gracile de l'elfe pour l'asseoir et le forcer à se réveiller. Néanmoins, l'étreinte se voulait tendre et patiente : « Elēni, j'ai un mauvais pressentiment. » Il le relâchait à mesure que l'elfe se montrait moins engourdi par le sommeil et plus disposé à se maintenir par lui-même. « Je crois qu'il se passe quelque chose... » Un pan de leur tente s'ouvrit. Un graärh leur indiquait qu'il y avait un mouvement à l'entrée du canyon. L'almaréen, déjà prêt, se leva en trombe et quitta la tente. A l'extérieur, il remarqua que le graärh était bien plus indisposé que lui par l'odeur et un regard vers le feu de camp lui confirma que personne se cuisinait quoique ce soit. Qu'était-ce alors ? Instinctivement, il remarqua l'absence de Purendu qui était sensé avoir l'actuel tour de garde. Il l'avait retenu parce que le Trand aurait du le réveiller ensuite pour que Naal prenne la veillée, à son tour. Guidé par la main de Néant, son regard d'un bleu céruléen se tourna vers l'entrée du canyon, faisat un lien avec sa vision de Corneille. Là était peut-être son pressentiment.

    Approchant silencieusement, s'écartant à peine du camp, il distingua la haute et puissante silhouette du graärh en train de déposer les deux jarres en offrande. Soit, il avait fait un premier pas que Naal louait, bien qu'il fut audacieux. Tendre la main vers l'autre en premier n'était jamais aisé, et, plein de respect, Purnendu reculait. Néanmoins, il y avait un autre mouvement, dans les hautes herbes, un peu plus à l'Est, chargeant pour défendre son territoire. Laisser Purnendu courir était joueur. Il ne reculait pas assez vite, en rampant de la sorte, et si Naal intervenait de quelques façons que ce soit, même pour servir de bouclier au graärh et l'aider à sa retraite, il risquait d'envoyer le message d'une déclaration de guerre, malgré lui. Or, ils étaient venus ici avec des intentions pacifiques, indéniablement. Ou alors les baptistrels étaient de trop. D'un bras, il retint l'avancée d'un Garal qui voulait aider Purnendu. Bien sûr, il le retint plus par des mots que par une réelle force, sans quoi le bras de fer aurait été perdu d'avance : « Non, pas de combat, je vais le chercher. » chuchota-t-il, pour ne pas alerter non plus l'insecte et sans plus attendre, il renia son ancrage dans le monde des déesses. « Fylí . » était aussi un murmure, mais ce n'était plus sa voix à l'accent almaréen qui parlait, cette fois. C'était la parole de l'Unique, son ordre. Défait de ces chaînes, il disparut du camp pour se matérialiser devant Purnendu, qu'il attrapa par le torse. « Crocodile. » Hein ? Crocodile ? Où ça ? S'il essayait de lui faire peur après la surprise de son apparition soudaine ? Pas le moins du monde. Il avait dit 'Krōkh'O Dil'. C'était clair pourtant et cela voulait dire 'accroche-toi', en almaréen. Mais il était assez probable que Purnendu ne l'ait pas compris. Qu'importe, il disparaissait avec lui, usant du même édit de Néant pour retourner là où il se trouvait et tirer le graärh loin de là. La créature insectoïde se retrouverait face au vide... Qui sait, cela lui ouvrirait peut-être la plus belle des vocations ?


Directives :
Dans cette aventure, Naal n’est plus ni moins qu’un OMNI : un objet marchant non identifié. Il entretient certes une certaine relation avec le gardien de l’ordre des baptistrels, mais ce qui se passe à Néthéril, entre l’agitation en provenance des graärh et celle en provenance d’une race s’apparentant à de gros insectes, est bien loin de ses propres préoccupations. Il est parfaitement extérieur à la chose, aussi pose-t-il assurément un regard fort différent sur les événements récents. Quel est-il d’ailleurs ?

Alors qu’il était de passage sur Néthéril, Naal a pu avoir vent de l’agitation frappant l’île d’été. Une guerre à venir entre pirate et félin. Et maintenant des mouvements suspects en provenance du centre de l’île, territoire dominé par une espèce de créature proprement inconnue. Si la première ne concerne pas les baptistrel, la deuxième en revanche est une véritable énigme pouvant être résolue par tous. À ce titre les baptistrel ont décidés de se pencher dessus. Il faut dire que ces créatures sont un véritable mystère. Le peu de choses qu’on en sait provient des récits graärh et d’un individu revenu du canyon. Dans les deux cas, les sources sont peu complètes. La première est très morcelée et le seul récit à peu près complet est celui faisant mention d’une guerrière graärh. La deuxième est peu fiable, car l’individu a perdu l’esprit.

Les Karapt sont un mystère, un mystère à élucider. Et qui sait, peut-être seront-ils sensibles à la parole de Néant. C’est ainsi qu’un groupe composé de membres du domaine et de graärh prit la route en direction de la lisière du canyon où les rapports des éclaireurs font mention d’un amoncellement d’objets divers et principalement d’arme et armure. Un tas visible d’ailleurs, au loin, depuis l’endroit où le groupe a décidé de s’arrêter pour passer la nuit.

Naal parvient à noter un certain désagrément frappant les graärh, quand bien même ils le dissimulent au mieux, ceux-ci se frottent la truffe comme si quelque chose dans l’air les dérangeait. La soirée se passe sans le moindre encombre et la nuit vient recouvrir de son voile le ciel. Chacun prend un tour de garde. Naal prendra le dernier et part donc se coucher. Cependant, en pleine nuit, son sommeil est troublé. Quelque chose ne va pas. Un pressentiment … comme le calme avant la tempête … ainsi qu’une odeur. Très faible, mais qu’il parvient cependant à percevoir. Acide, piquante, désagréable. L’Almaréens finira par se réveiller, et quelques minutes plus tard, quelqu’un fera irruption dans sa tante pour le réveiller. Mais Naal sera déjà prêt.

Hors de sa tante, il remarque, cette fois-ci de manière flagrante, que le graärh venu le réveiller masque sa truffe, quelque chose le dérangeant vraiment. Est-ce que ceci a un lien avec la pointe acide qu’il perçoit dans ses naseaux ?

Mais ce n’est pas la seule chose que l’adorateur du Néant perçoit. Il note l’absence de Purnendu. En regardant en direction de la lisière du canyon, il finira par tomber sur lui. La graärh semble déposer deux sortes de jarres avant de reculer en rampant dans les hautes herbes. Cependant, ce n’est pas la seule chose que Naal remarque. Il y a un autre mouvement dans les hautes herbes, un peu plus à l’Est du Graärh de l’ile de l’éternel hiver. Une grande ombre se déplace, tel un prédateur, et sa cible est très clairement Purnendu.

Que fait Naal ? Vient-il en aide au gibier ? En le prévenant pour qu’il fuie ? Ou en agissant directement contre le prédateur, d’une quelconque façon ?


Inventaire :

Objet légendaire



Anávasi, torque de l’élu unique (Cliquez pour dérouler)
Le bijou semble de prime abord extrêmement simple : une bande d’acier sombre d’excellente facture, serrant le cou. Ce n’est qu’en s’en rapprochant que l’on constate le travail d’orfèvre appliqué à cet ornement des plus humbles. La bande est torsadée sur elle-même en un dessin complexe, prenant la forme du tatouage principal de celui qui le porte, dans la langue secrète du vide. Elle ne possède aucune fermeture, ceignant simplement le cou de son possesseur, chaque embout étant sculpté avec une infinie précision et possédant, sur l’intérieur les sceaux liturgiques de Néant. Dans le fluide mouvement des sillons a été fait une incision de verre noir extrêmement discrète, à la ciselure parfaite représentant une prière au dieu unique. La toute première prière jamais faite à Néant.

Cet objet à l’humble apparence est un monument d’histoire et de foi. Il fut forgé et orné par le tout premier humain à avoir adoré Néant, le premier ayant reçu l’illumination et le don de l’unique. La torque n’était cependant pas destinée aux mains mortelles. Elle était un don fait à Néant, pour lui, en symbole de dévotion, une prouesse artistique et d’orfèvrerie pour l’époque, prémice des exploits d’Almara bien des années plus tard. Lorsque le bijou reparu, ce fut au cou de Néant, juste avant son trépas. Il en fit don à son Oracle, dans l’intimité de ses derniers instants et resta vide et en sommeil, simple bande de métal silencieuse, pendant des mois entiers, pendant des années. Un témoin de ce qui avait été, et de l’amour reçu un jour par l’unique.

Plus récemment, au contact de l’énergie de Néant pure, non corrompue par les Chimères, la torque s’est réveillé. Le verre noir sur elle revint à sa pleine gloire, et les sillons changèrent pour prendre l’aspect des tatouages de Naal du Néant. D’abord discrète, la puissance renfermée par l’objet ayant reposé longtemps auprès de la divinité pulsa davantage avec les mois qui passaient, venant vibrer dans l’âme même de l’enfant de Néant, comme un second coeur, mêlant à sa foi les accents d’antan. Au début, ce n’était qu’un écho dans la voix du monarque, mais cet écho n fit que grandir, lentement, jusqu’à fendre le ton humain pour vibrer avec justesse. L’éveil complet de la torque offrit alors son nom et son antique histoire à son non moins antique porteur.

Anávasi renferme la voix de Néant, un second présent offert à Naal en plus du visage de la divinité. Lorsque la puissance de la torque est activée, Naal voit sa voix déformée et transformée en la voix de Néant, un ton divin fragmenté en quatre ordres de pure puissance qui fendent la création des déesses pour la plier aux besoins de son élu et lui permettre ainsi de protéger ce qui doit l’être.
1/ Mot de pouvoir : Mortalité “Thanatos”
Lorsque Naal énonce cet édit de Néant, il insuffle à une cible la certitude irréfutable de sa friabilité, de sa mortalité, de sa fin comme toute chos en possède devant le vide premier et éternel auquel tout retournera un jour. Cet édit impose l’humilité par la remise à sa juste place de la cible dans l’immensité. La victime prend conscience de n’être qu’un minuscule grain de sable dans un sablier lui-même limité. Infligé à un dragon, celui-ci est cloué au sol et ne peut plus voler tant que l’édit tonne à ses sens (3 tours). Cette incapacité survient instantanément, y compris si le dragon est en plein vol, il doit alors effectuer un atterrissage immédiat (résultat selon capacité de vol). Une seule cible possible à la fois dans un rayon de 500 mètres.

2/ Mot de pouvoir : Infinité “Ora”
Lorsque Naal énonce cet édit de Néant, il invoque le droit d’aînesse du dieu unique et se rend maître de la création de déesses cadettes, le temps. Il le plie à sa volonté et peut ainsi l’accélérer ou le ralentir selon son bon vouloir (à décider en début de tour, dure 3 tours). Maître du temps, il lui est possible de n’affecter que certains individus ciblés ou bien tout être vivant dans un zone de cinq mètres autours de lui.

3/ Mot de pouvoir : Voyage “Fylí”
Lorsque Naal énonce cet édit de Néant, il renie et défait son ancrage au sein du monde des déesses, n’étant donc plus restreint par les lois du monde physique. Sans ces chaînes, il lui est possible de se téléporter jusqu’à n’importe quel point de l’archipel. Il est également capable de détacher une autre personne du monde physique afin de l’emporter avec lui. Ce pouvoir nécessite de laisser une journée à Naal pour récupérer s’il est utilisé pour voyager sur de grandes distances, mais peut être utilisé à loisir pour des distances de moins de 60 mètres. Un usage répété fatigue néanmoins la voix.

4/ Mot de pouvoir : Equilibre “Enochos”
Lorsque Naal énonce cet édit de Néant, il fait appel à la puissance de l’équilibre apporté par le dieu aîné, son symbolisme de la balance juste et vraie, infligeant la pénitence à ceux qui se gorge de la magie et des bienfaits des dragons. La cible frappée par l’édit se voit affaiblie d’autant qu’elle se repose sur une puissance surnaturelle : les elfes, vampires et sainnur auront temporairement des capacités égales à celles des humains. Les dragonniers sont davantage affectés et perdent temporairement leurs capacités empathiques et de télépathie. Les dragons perdent la capacité à cracher du feu. Dure 3 tours.





Tenue commune

Tête (Cliquez pour dérouler)
Suaire Mystique
Grande pièce d’étoffe, tissée dans une soie noire fine et soyeuse, elle permet d’envelopper tout le corps en en épousant les formes, comme formant un cocon protecteur. (Cousue sur la doublure de sa capuche)

Voile de l'éveillé : Tissu très léger et transparent fait de fils de soie affinés pour donner, au toucher, la sensation de la caresse de l'eau. Le tissage ne peut être fait qu'à la main et demande près d'un mois de fabrication assidue, ce qui le rend particulièrement rare. Le teindre est tout aussi délicat et demande une dextérité rarement trouvée. Le voile est ensuite enchanté pour me pas se déchirer aisément et le préserver dans le temps.
Bonus :
+ Inaltérabilité :
L’objet devient insensible aux dégâts du temps et des éléments.
+ Esthétisme : L'objet est très beau, il attire l’œil et aide au charisme de son porteur (+1 rang de charisme).

Effets :
+ Illumination :
Octroie un bonus de +5 de MR sur les jets d'Intuition.

Glyphe 1: Transe – Draconique : Permet d'aider à entrer en transe, que ce soit la transe méditative ou la transe vampirique, et permet d’améliorer la concentration nécessaire à cet art. Permet d’atteindre un état méditatif ou de transe plus poussé, jusqu’à un état de dépassement de soi rarement rencontré.
Très prisé par les vampires adeptes des magies touchant à la psyché.
Glyphe rare

Glyphe 2 – Corneille du Néant – Glyphe unique draconique : A l'activation, la Corneille efface l'histoire d'un lieu pendant un laps de temps défini par le porteur, avec un maximum d'une heure. Le porteur doit se trouver à l'endroit où l'histoire doit être effacée (ne peut le faire à distance) et les faits à effacer doivent s'être produits au cours des dernières 48h. L'histoire de ce lieu ne peut plus être retrouvée par quelques moyens que ce soit (glyphe, sort, esprit-lié, vibrations baptistrales...)  : elle a été envoyée au Néant. Seules les personnes ayant vécu ou vu la scène par un quelconque moyen (Corneille, glyphe, partage de souvenirs, sort...) avant l'effacement pourront s'en souvenir.

Glyphe 3 – Corneille Bénie – glyphe unique draconique : A l'activation, le porteur peut orienter les vision de la Corneille sur une information qu'il souhaite connaître. Il doit néanmoins avoir quelques informations sur cette scène (au moins deux parmi les suivants : la certitude de son existance, sa date, son lieu, ses protagonistes, ses événements, des objets présents dans la vision, des paroles prononcées, etc...)

Glyphe 4 – Corneille Éveillée – Glyphe unique soutien : Le porteur n'a plus besoin d'être en pleine transe pour obtenir des visions de la Corneille, seul son état naturel de dévotion et de foi suffisent à cela. Le porteur doit se couvrir néanmoins la tête du suaire de transe pour éveiller son esprit.



Cou (Cliquez pour dérouler)
Foulard d'anonymat
Foulard sombre destiné à caché la partie basse du visage afin d'être moins facilement reconnu.

Non glyphé


Vêtements (Cliquez pour dérouler)
Bosys Bantis - ''Longue nuit'' en almaréen (Coule – vêtement)
La longue tunique allant jusqu'aux pieds, de couleur noire aux manches évasées, serrées à la taille par un cordon rituel décoré de perles d'ambre et de verre noir, est l'unique vêtement porté quotidiennement par Naal, le capuchon rabattu sur la tête, tel un priant voué au Néant.

Habit du dévot : Tissu d'une simplicité déconcertante, souvent noir ou brun, très épuré dans la coupe et sans aucun fioriture. C'est un tissu obtenu avec beaucoup d'humilité, se détachant des apparats dorés de la Cour, qu'on revêt souvent lorsqu'on mène une vie pieuse et dévouée aux Esprits-Liés, aux Dieux, ou à toute entité de foi.

Bonus :
+ Poids : L’objet est léger et peut se manier avec une Force de niveau Très faible au minimum. Rapidité +1 (n'est pas un bonus en caractéristique mais offre l'initiative à l’attaque).
+ Furtivité : Donne 10 pts en jets de Furtivité par effet d'humilité.

Effets :
+ Souffle spirituel :
L’objet double l’efficacité des pouvoirs des Esprits-Liés.
+ Bonus aux Esprits-Liés : L’objet donne +10 pts aux jets sur les pouvoirs d’Esprits-Liés.


Malus :
- Absorption des chocs : Coups reçus normalement, ne sert pas d'armure.

Glyphe 1 : Tissu Métamorphose - Soutien : Le vêtement prend l'apparence désirée par le porteur. Le temps nécessaire pour la métamorphose augmente (jusqu’à 1h) en fonction de la complexité demandée.




Dos (Cliquez pour dérouler)
Cape forestière
Cape classique de couleur brune, disposant d’une capuche souple et serrée, et d’un laçage pour la fermeture. Le tressage est robuste mais peu délicat et la cape est renforcée de cuir.
Glyphe 1 : Cicatrisation ambrée – Soutien : Le sang qui s’écoule des blessures du porteur est transformé en ambre, de sorte à colmater les plaies et à éviter une hémorragie.


Ecaille de Jade
Il s'agit d'une petite écaille de Firindal récupéré dans l'une de ses plaies après son combat fatal avec le saurien. Octogonale, d'environ deux centimètres de diamètre, Naal a remplacé l'une de ses écailles de spirite du pangolin par celle-ci, en l'incrustant dans sa peau par chirurgie almaréenne. Elle est située entre ses omoplates et il est fier d'avoir constaté que ses tatouages ont marqué l'écailles comme s'il s'agissait de sa propre peau, comme si les dragons ne pouvaient plus arrêter le Néant. Jamais plus.
Glyphe 1 - Victoire du Néant – glyphe unique soutien : Assouplit la mobilité du spirite au niveau des écailles sur sa colonne vertébrale ce qui a pour effet d'anéantir le malus d'un rang en coordination causé par l'esprit-lié du Pangolin (niv. 1)

Glyphe 2 - Dernière Plaie – glyphe unique draconique : La peau du spirite ne peut plus être déchirée par les écailles d'un dragon. Celles de Firindal causèrent sa dernière plaie. Il s'agit d'une extension des pouvoirs du spirite du pangolin.


Main droite (Cliquez pour dérouler)
Odrikatas – ''Épargner'' en almaréen (Komboloï – accessoire)
Ce petit objet est composé de magnifiques perles d'ambres d’environ un centimètre de diamètre, percées en leur centre et au travers desquelles passe un cordon dont les extrémités son reliées par un nœud enchâssé d'une gravure d'argent, le sceau des élus du Néant.
Les perles du komboloï sont mobiles et peuvent librement glisser le long du fil. L'objet sert à se détendre ou à s'occuper les mains en déplaçant les perles, lentement, l'une après l'autre à l'aide de ses doigts, ou en le faisant tourner plus rapidement autour de ses doigts étendus pour produire un son régulier.
Il est un moyen pour Naal de temporiser ses décisions et choix, lui qui est si impulsif, mais également de s’apaiser. On le trouve très souvent avec Odrikatas dans les mains et sans lui, il serait probablement déjà mort plus d'une fois à foncer tête baissée.

Il est dôté également d'une petite perle délicate, de la taille d'un œil de chat à la profonde couleur noire soyeuse, semblant sans fond, sans cœur, comme le chant de Néant qu'il renferme. A la fois froide et chaude, vibrante et inerte, sombre et étrangement claire, elle possède une aura magnétique à celui qui a assez de sensibilité pour la percevoir. Perle parfaite, sa surface ne possède aucun défaut, aucune ligne de taille, aucune fin ou commencement, et est d'une rondeur équilibrée au plus juste. Elle dispose encore de son accroche de mithril, très délicate et minimaliste. (offert par Kehlvehan et ajouté au komboloï)

Glyphe 1 – Fanatique – glyphe unique : Le glyphe se nourrit de la foi extrême du croyant pour la convertir en ''magie''. Cette "magie" facticement créée ne peut pas être utilisée pour lancer des sorts (sauf sorts uniques). En revanche, elle peut tout à fait nourrir tous les glyphes et alliages de Naal en "magie" et les faire fonctionner, malgré son impuissance.(Niveau Maître minimum en Chance/Espérance)

Glyphe 2 – Odrikatas – glyphe unique draconique : Odrikatas signifie épargner en almaréen. En bénissant une ou plusieurs cibles au nom de Néant ou en priant pour se bénir lui-même, le glyphe épargner les cibles et le porteur du vide magique imposé par le talent « Forgé par Néant ». Les cibles et le porteur peuvent utiliser la magie et leurs glyphes comme s'ils étaient épargnés pour servir Néant.



Main gauche (Cliquez pour dérouler)
Aucun


Pieds (Cliquez pour dérouler)
Aucun


Sac (Cliquez pour dérouler)
Livre de l'apôtre
Livre d'une main et demi de long sur une main de large, de l'épaisseur d'un pouce, au cuir noir tanné par les années, recouvert de gravures représentant un homme priant à genoux devant un immense cercle entrelacé de boucles à l'infini. Il se ferme par des armatures métalliques de fer noir ressemblant à s'y méprendre à l'ancien verre noir tant prisé par les almaréens. D'aucuns disent d'ailleurs qu'il s'agit d'un alliage forgé avec ce composant mythique.
Offert par Ilhan Avente.
Glyphe 1 : Paroles de foi - Unique Draconique :
En faisant toucher le livre à une cible, le porteur permet à cette cible de mieux comprendre sa foi. Permet de réduire le nombre de RP nécessaire de -1RP pour monter la foi de la cible, et donc sa caractéristique Espérance/chance.

Glyphe 2 : Foi convertie - Unique Draconique :
En faisant toucher le livre à une cible, le porteur peut stocker dans son livre un sort maitrisé par la cible (ce sort doit appartenir aux flux et aux sorts maitrisés de base par la cible qui touche le livre, sorts jusqu'au niveau grand maître), que le porteur pourra utiliser ensuite en faisant appel à sa foi (lancer du sort sur le niveau de Espérance/chance du porteur). Peut stocker jusqu'à trois sorts de la sorte. Un sort utilisable toutes les heures ou 2 tours d'intrigue.


Tenue de bataille (à ajouter sur la tenue quotidienne)


Armurerie (Cliquez pour dérouler)
Vestiges des guerres antiques (rare)
Armure faite d'écailles et d'os de dragon. Les os sont rivetés à des plaques d’orichalque et les écailles forment une seconde couche protectrice agencée souplement. Les épaulières sont constituées d’os de pattes, ou d’articulations renforcées via des fibres magiquement formées de mithril et disposant également d’un renfort extérieur d’écailles, tandis que les protège-bras et les jambières sont entièrement formées de rangées d’écailles. Les grèves et protège-pieds sont des os sur lesquels ont été fixés des plaques d’orichalque mouvantes. Le casque est formé de l’os de la pointe du museau. La ceinture a été faite dans des bandes issues des cornes et traitées en utilisant un vernis spécifique.
Offert par Ilhan Avente

Béni par Néant : Là sont les principaux matériaux de cette rareté des temps jadis. Véritable joyau, Naal a confié cette armure à un artisan almaréen et à un enchanteur pour perfectionner la force draconique contenue dans les reliques qui le composent. Enduite d'une huile sainte comme une princesse ointe, l'armure est ensuite bénie par l'ancien Serviteur du Néant selon les rites pour quérir les faveurs de son Dieu, imprégnant les os et les écailles de sa foi pour effacer le pêcher et l'horreur de la nature saurienne si propice à la quête d'un pouvoir induit. Par de longues et dévouées prières, il replace le Néant à son ascendance ultime sur toutes vies, y compris les dragons qui ont tant osé rogner la puissance de l'Unique. L'armure est placée une semaine sous les constantes fumées de l'encens sacré avant d'être liée intrinsèquement à la dévotion de Naal par un chant baptistral du Néant.  

+ D'os : L'armure est faite d'os de dragon, dont la puissance d'artefact offre un emplacement de glyphe supplémentaire.
+ Et d'écailles : L'armure est faite d'écailles de dragon, dont la puissance d'artefact offre un emplacement de glyphe supplémentaire.
+ Un vestige : Double l'effet des glyphes de type draconique

Effets :
- Dévoué : Lorsqu'elle est matérialisée, l'armure réduit d'un rang les blessures subies par le porteur
- Au Néant : L'armure, hors combat, devient impalpable (n'offre plus d'armure physique mais les glyphes et alliage continuent de fonctionner). Elle se matérialise par appel mental.


- Impossibilité d'ajout d'un quatrième bonus
- Impossibilité de glyphes funestes
- Armure lourde : force physique bonne minimum pour pouvoir porter l'armure
- Fanatique : l'armure ne peut être porté avec une chance/espérance niveau exceptionnelle


Glyphe 1 : Perfectionnement de Force (+1 rang) – Draconique
Glyphe 2 : Protection élémentaire – Élémentaire (feu) : Produit une résistance à l’élément de feu (réduction des dégâts de cet élément de moitié).
Glyphe 3 : Écailles de dragon – Draconique : Lorsque le porteur est ciblé par autrui par un sort de tout type, l'armure portée.
- Bloque les sorts jusqu'au niveau Moyen à 100%
- Bloque 50% des sorts de niveau Bon et Très bon
- Bloque 25% des sorts de niveau Maître
- Ne bloque pas les sorts de niveau Grand-maître ni de niveau Exceptionnel
- Bloque les glyphes non draconiques



Gants de dextérité (pugilat)
Gants de cuir souple et brun longuement travaillé à la main par un maroquinier, taillés sur mesure, pour s’adapter à la morphologie de son porteur. Il est possible de les teindre d’un autre couleur, selon le désir de l’acheteur. Ils sont fabriqués par un artisan caladonien qui a tendance à faire payer plus cher ses fabrications qu’il ne le devrait. On trouve son poinçon taillé dans le cuir.
Glyphe 1 : Perfectionnement de la Coordination (+1 rang) – Draconique
Glyphe 2 : Frappe accélérée – Soutien : Concentre l’énergie pour retirer le blocage naturel du cerveau sur les capacités physiques de l’utilisateur qui voit sa vitesse de frappe augmenter (prise d’initiative OU 1 coup supplémentaire sur le tour au choix). Néanmoins, il doit réussir à se contrôler pour être efficace (jet de Coordination réussi avant toute attaque)


Baudrier de dagues
Ensemble de sangles de cuir noirci tenant les fourreaux de ses dagues contre son torse, par dessus ses vêtements, de façon à placer des armes de façon accessible pour un combat. Elles passe sur l'une de ses épaules et entourent son torse :  sa confection almaréenne le rend particulièrement adapté à l'aisance des mouvements. Le cuir et gravé, selon la tradition de prière au Néant.

Tannage avancé : Alliage non magique. Il s'agit d'une méthode de finition qui assouplit la peau et lui confère un aspect finement texturé ou veiné. Il est obtenu en battant et brassant les peaux dans tous les sens dans un foulon (moulin hydraulique aménagé). Des lors, ce cuir n'est fabriqué que dans un seul atelier, à Calastin, là où l'eau quitte le lac d’Émeraude pour aller se jeter dans l'océan. Cette réalisation plus mécanique rend le cuir bien plus malléable et confortable, bien qu'il soit déconseillé de l'utiliser pour une armure solide. On le retrouve principalement entre les mains de cordonniers pour la réalisation de chausses, bottes, sacs et ceintures.

Bonus :
+ Bonus aux améliorations technologiques :
Double la puissance des améliorations technologiques par la grande adaptabilité du cuir.
+ Confort : Octroie un bonus de +10 de MR sur les jets d'Endurance lorsque le porteur combat ou pratique une activité physique (course, escalade...).

Effets :
+ Initiative :
Lors d'un combat, le porteur attaque en premier (Bonus non magique conféré par la malléabilité du cuir).


Malus :
- Absorption des chocs : Coups reçus normalement, ne sert pas d'armure.

Amélioration technologique 1 – Poison à dragon : L'un des fourreaux du baudrier est imprégné d'un poison narcotique almaréen spécialement conçu pour endormir un dragon dès lors que la lame de l'arme est plongée dans la chair d'un dragon. Le dragon s'endort en autant de tours/minutes qu'il a de niveau supérieur à moyen en résistance physique. Le sommeil ne dure que 15min. Spécialement connu pour dragon, le narcotique est inefficace sur toute autre espèce (fourreau habituel de Valar Morghulis).

Amélioration technologique 2 – Narcotique : L'un des fourreaux du baudrier est imprégné d'un poison narcotique efficace uniquement sur les bipèdes, dès lors que la lame entre en contact avec la peau (sans blessure) d'un bipède. Le bipède s'endort en autant de tours/minutes qu'il a de niveau supérieur à moyen en résistance physique. Le sommeil ne dure que 15min. (fourreau habituel de Valar Perzys, dague de main-gauche, pour parer, non tranchante)





Armes (Cliquez pour dérouler)
Valar Dohaerys – ''Tous les hommes doivent servir'' en almaréen (Lance brisée du Prêcheur – Dague)
Jadis, elle fut la longue lance de verre noir d'Aldakin du Néant, dotée d'une pointe à chaque extrémité, le manche gravé de prières à la gloire du Néant. Elle possédait la propriété d'annuler la magie sur plusieurs mètres autour du Prêcheur. Aujourd'hui, elle a perdu toute sa puissance.
Rompue par Naal après avoir assassiné son précédent propriétaire, la lance brisée du serviteur est devenue une dague composée pour un tiers de la lame (20cm environ) et de deux tiers du manche, octroyant une maniabilité remarquable. Outre une certaine allonge, il permet d'enfoncer l'arme au travers un corps pour la récupérer de l'autre côté sans avoir à refermer la main sur la lame mais bel et bien sur le manche qui dispose une longueur adéquate pour cela.
La lame est plate, d'un noir de jais, presque irréelle dans la perfection de sa couleur, lisse. Le manche est recouvert d'un cuir ténébreux, durci autour de son socle métallique. Les prières à la Gloire de Néant, qui y sont gravées, sont tronquées comme un serment brisé, une promesse révolue.
Sur l'extrémité, est enchâssée une petite sculpture de marbre en forme de tête de serpent.
Glyphe 1 : Énergie pure - draconique : La partie blessante de l’arme (ex : lame, pic de la lance, tissu du fouet, etc.) devient pure énergie et brille lorsque le glyphe est activé. Dans cet état, elle peut briser, couper ou blesser n’importe quoi (écailles de dragon comprises). Cependant, elle puise énormément d’énergie chez le porteur qui ne peut le maintenir dans cet état pour plus d’un court instant (1 à 3 tours sur jet de Résistance) sans risquer la perte de conscience ou la mort.


Valar Perzys – ''Tout les hommes doivent supplier'' en almaréen (Main-gauche – Dague)
Arme du Roi, cette dague est faite pour être tenue en main faible.
La lame est large, plate et robuste mais rarement aiguisée et pour cause : elle ne sert pas à se battre mais à parer. Fleuron de l'artisanat almaréen, la richesse de ses gravures révèlent le rang hiérarchique qui fut jadis de sien. On y trouve en outre un serpent et un rameau d’olivier. Lame du suppliant, elle a été consacrée lors de rites à la gloire de Néant pour être le bouclier de son Oracle.
Amélioration technologique 1 - Parade : La confection sur-mesure rend la parade solide. Augmente la MR de 10 points si un coup est paré avec cette arme.
Amélioration technologie 2 - Désarmement impossible : Il est impossible de désarmer le porteur.


Valar Morghulis – ''Tous les hommes doivent mourir'' en almaréen (Percemaille – Dague à rouelles)
Arme d'estoc issue des forges de l'Almara, cette dague ne l'a jamais quitté depuis qu'il sait manier cet indispensable de l'assassin.
Le pommeau est cerné de deux rouelles métalliques qui ont pour but de former une masse inattaquable lorsque le poing est refermé dessus. La lame de 30cm est très épaisse pour être rigide, mais étroite afin de passer entre les défauts de l'armure adverse et même de percer les côtes de maille. Sa section est triangulaire, perforante, causant en Almara des blessures mortelles, puisque profondes et donc impossibles à soigner avec la médecine traditionnelle.
Sa maigre constitution ne permet pas de parer avec en main faible, il ne s'en sert qu'occasionnellement, lors d'assassinat discret. Il a tué Aldakin du Néant avec cette arme.
Amélioration technologique 1 - Perce-écaille : Inspiré directement de la perce-maille capable de passer au travers de la protection fine des côtes d'armures, la forme des armes et leur résistance ont été spécialement conçues pour passer au travers des écailles, à l'endroit plus fragile de leurs jointures. Il s'agit souvent de reformer la lame d'estoc avec une griffe, un croc ou un écaille tranchante d'un dragon déjà mort afin de s'attaquer à celles de ceux encore en vie. La force nécessaire pour transpercer totalement l'écaille dépend de l'endroit frappé et de l'âge du dragon. Il ne permet néanmoins que de planter l'arme et non de trancher.
Amélioration technologique 2 - Lame vive : Permet aux lames aiguisées de s’enfoncer plus profondément que la normale. Augmente la gravité de la blessure infligée d'un rang.





Caractéristiques :


  • Force : Moyen

  • Endurance : Moyen

  • Coordination (agilité/réflexe) : Très Bon

  • Furtivité : Moyen

  • Perception : Bon



    • Force mentale : Maître

    • Education : Très Bon

    • Charisme : Moyen

    • Intuition : Bon

    • Espérance/chance : Grand-Maître (foi)



    • Résistance physique : Moyen

    • Résistance magique : Moyen



    • Magie : Impuissant

    • Expertise :

    • Arme 1 : Dagues et poignards – Bon

    • Arme 2 : Pugilat – Moyen

    • Arme 3 :

    • Arme 4 :

    • Habileté : Très Bon

    • Navigation : Médiocre

    • Equitation : Faible

    • Dressage : Médiocre



    • Forgé par Néant : Permet de détraquer l'utilisation de la magie aux alentours : il est impossible de lancer un sort dans un rayon de 5m autour du personnage et ceux lancés dans un rayon de 15m demandent un niveau de plus en magie pour être lancés (un sort de niveau bon demande un niveau très bon pour être lancé). Ce talent annihile complètement la magie du personnage (impuissant en magie). Ce talent ne peut être acquis que par les personnages ne croyant qu'en Néant (ils considèrent les sept déesses et les Esprits-Liés comme des esprits inférieurs).





      Bonus d'inventaire et d'esprits-liés
    • Force : +1 rang (Armure)

    • Coordination : +1 rang (Gants de dextérité)

    • Endurance : +3 rangs (Pangolin)

    • Furtivité : +10 aux jets (Coule - Vêtement)

    • Education : +2 rangs (Corneille & Baleine)

    • Charisme : +1 rang (Suaire Mystique)

    • Intuition : +5 aux jets (Suaire Mystique)

    • Chance/Espérance : +1 rang (Corneille)


    • Parade : +10 aux jets de parade (Valar Perzys - Dague)


    • Esprits-liés : +10 aux jet des esprits-liés (Coule - Vêtement)


    description[INTRIGUE] Le coeur de l'essaim EmptyRe: [INTRIGUE] Le coeur de l'essaim

    more_horiz
    Belethar était de retour depuis peu parmi sa deuxième famille : le Domaine Baptistral. Voilà longtemps qu’il n’y était pas revenu, et il fallait dire de nombreuses choses s’étaient passées ces dernières années : l’arrivée sur Tiamaranta, son intronisation en tant que Pater Familias chez les Espérancieux …

    Beaucoup de responsabilités qui étaient tombées sur lui d’un seul coup, il avait dû faire des choix, pas toujours compris de tous, mais après tout il se savait doté de l’argument ultime : la bague Pupillam, le poids des ans, des serments familiaux à honorer … Un simple petit bijou d’or, sur lequel était gravé des double pupilles et de minuscules caractères : il n’en fallait pas plus pour être détenteur de Vérités ultimes, tout du moins pour une partie non négligeable de son entourage.

    L’agitation avait gagné le domaine, et pour cause, la grande savane de Netheril était aux abois ces jours-ci, ce n’était plus le calme qu’il avait connu en débarquant sur Tiamaranta. Les graärh locaux parlaient de guerres avec les pirates, ce groupe de personnes ô combien controversés. Belethar ayant déjà eu affaire à certains d’entre eux, comprenait.

    Même si pour lui, rien n’était plus inestimable que la vie humaine, et que jamais ô grand jamais il ne devait y avoir de guerres … Il savait bien sûr que cette pensée idéaliste n’était pas partagé de tous. La vie humaine était ainsi faite, des tensions, toujours des tensions et encore des tensions.

    Le sang versé persistait, car il était la réponse primitive des espèces au potentiel danger, et la manière la plus directe des personnes de se faire entendre, et d’affirmer un territoire.

    A force, Belethar était devenu curieux de tout ceci. Il avait passé l’étape de se dire que toutes guerres étaient inutiles, parce que c’était le cas, mais le clamer haut et fort n’allait rien changer. Non, ce qu’il devait faire en revanche, c’est comprendre pourquoi ces guerres, et comment les éviter à l’avenir, ou établir des choses pour pouvoir les éviter.

    Cela était tout son travail, organiser une pensée constructive, qu’il consignait ça et là dans des ouvrages et son esprit. Alors une fois cette guerre terminée, il étudierait. A la manière de son grand ami de toujours, Belethar aussi avait sa toile et ses contacts. Sans doute aurait-il besoin de les réactiver une fois que les tensions furent apaisées.
    D’autres problèmes plus directs avaient cependant touchés le Baptistrel ces derniers jours : d’aussi loin qu’il se souvenait, Belethar avait toujours été amateurs de légendes, de mystères et de découvertes plus ou moins sordides. Petit, il s’était de nombreuses fois rêvés explorateur alors qu’il était touché par sa grave maladie qui l’avait forcé à être cloué dans son lit pendant un certain temps.

    Et s’il y avait bien un témoignage que les reliques du passé ne cessaient jamais vraiment d’exister, c’était bien l’arrivée sur Tiamarata, et tous les mystères que ce nouveau continent comportait. Il y avait d’abord eu l’incident à Cordont : un gigantesque trou, beaucoup de plantes et des golems cachés sous Calastin … Depuis combien de temps cependant ? Cela, nul ne le savait. Ou tout du moins pas encore.

    Belethar avait suivi de près cette affaire, et c’était avec tout l’intérêt du monde qu’il avait également suivi les nouvelles concernant les mouvements dans le canyon de Néthéril. On entendait tout un tas de choses sur les habitants de cette région : des races d’insectes géants, des créatures immondes … Mais au milieu de ces rumeurs, Belethar ne voyait qu’un peuple. Un peuple qui ne fonctionnait pas comme les différentes races connues aujourd’hui, et qui pourrait potentiellement offrir quelque chose à apprendre.

    Aussi, quand il était revenu au domaine, on lui confia rapidement la tâche de s’occuper de ce bataillon d’explorateurs chargé de mener l’enquête, qui était revenu avec des troupes décimées. Particulièrement, c’est le guerrier Erdrak qui avait particulièrement poussé la curiosité quasiment malsaine de Belethar : celui-ci était revenu pour ainsi dire complètement fou. Alors le Pater Familias avait décidé de s’en occuper, au plus près de lui, pour que son séjour au domaine soit le moins déplaisant possible.

    Bien évidemment, c'eût été mentir de dire qu’il l’avait fait de manière complètement altruiste. La réalité est que d’une certaine façon, Belethar aussi cherchait à comprendre ses Karapts, à sa manière.

    Aussi, les quelques jours avec Erdrak s’étaient passés de la meilleure manière possible. Même s’il était complètement fou et que les conversations étaient limitées, Belethar le traitait toujours avec le plus grand respect qui devait lui être dû. L’enwr nota cependant qu’il y avait des mots qui revenaient plus souvent que d’autres, il les avaient scrupuleusement notés sur un calepin qui ne restait jamais vraiment loin de lui.  

    « Deux yeux, creuser, quatre mille six cent quatre-vingt-sept chemins, deux mille huit cent vingt-quatre détours, nourrir, trois mille douze croisements, huit cliquetis, une volonté, porter, quatre cent vingt-neuf naissances, ici, six craintes, mille cinq cent trente-cinq portes, sucrer, ténèbres profondes, bassin de lumière. »

    Evidemment, le pauvre homme était complètement fou, aussi récitait-il des litanies que lui seul pouvait comprendre, mais Belethar sentait que quelque part, ces mots étaient bien plus que des paroles sans aucun sens d’un homme désorienté. C’était peut être un faux instinct trompeur, mais il avait trop entendu et lu de récits d’aventures et de découvertes pour croire que la clé n’était pas dans ces paroles.
    Évidemment, au regard de tout ça, Belethar avait exprimé la volonté de suivre l’expédition qui se dirigeait vers le canyon.

    Pourquoi ? Il y avait plusieurs raisons à cela : d’abord, parce qu’il voulait constater ce mystère, et faire corréler les paroles de l’homme fou avec les environnements de ce canyon. Aussi parce que son maître, Kehlvehan le Gardien du Domaine, avait été mandé pour y aller, et que ces derniers temps il le trouvait … Changer.

    Non pas qu’il voyait d’un mauvais oeil son rapprochement avec l’almaréen qui le suivait comme son ombre désormais … Mais le Pater Familias préférait tout de même les avoir sous les yeux. Il était ressorti circonspect des dernières conversations avec le prosélyte et le Prophète de Néant, peut-être cette virée dans le canyon pouvait être une occasion de mieux comprendre ce soudain intérêt, et peut être une occasion de redéfinir les contours spirituels qu’il se faisait du peuple d’Almara … Belethar sentait toujours cette vieille rancune envers le peuple almaréen qui avait quasiment décimé sa famille, et même s’il essayait de ne pas en tenir compte à ceux d’aujourd’hui qui n’avaient rien à voir avec ceux de l’époque … Il avait un vrai chemin à parcourir de ce côté là.

    Il ne souhaitait aucunement être converti au Néant, ni à quelconque autre culte que ce soit d’ailleurs, considérant égoïstement que ses objectifs de réflexion ne pouvaient aller  dans aucun schéma de religion particulier … Mais si cet homme avait eu autant d’influences sur Kehlvehan, c’était fatalement pour quelque chose. Alors il voulait au moins comprendre, quitte à dépasser ses appréhensions : c’est ce qu’il s’attela à faire, pendant les moments de calme.

    Et puis il y avait des graärh qui accompagnait ce trio là, dont un qu’il connaissait de nom, avant de le rencontrer personnellement. Un certain Purnendu, avec qui il échangea longuement à propos des Karapt, et de nombreuses choses encore. Il était rare de voir quelqu’un d’une aussi grande sagesse que la sienne, aussi il le questionna abondamment avant que les ennuis commencent à se dessiner pour le petit groupe.

    L’exploration du canyon avait commencé, et alors qu’ils bivouaquaient dans la nuit pour reprendre des forces bien méritées, le camp fut pris d’une certaine agitation. C’est cette agitation, ainsi qu’un léger fumet pestilentiel qui réveilla l’élève Baptistrel, après son tour de garde.

    Il sortit de sa tente, à moitié réveillé et pas très sûr d’où il mettait les pieds, et constata dans la nuit noire quelques formes représentant effectivement des insectes géants : les fameux Karapts tant redoutés.

    Puis, Naal et Purnendu apparurent via un sortilège dans le camp, au milieu d’un concert de cliquetis furieux, de longues sueurs froides ayant manifestement coulés sur le pelage et la peau de chacun d’entre eux. Belethar accoura vers eux, et tout Baptistrel qu’il était devant des gens dans le besoin, il s’assura qu’ils n’avaient pas de blessures et s’enquit de leurs santés mentales, manifestement fragiles au contact de ces bêtes là.

    Le Pater Familias entendit quelques autres cliquetis, et vit que les insectoïdes se réunissaient autour de deux grandes jarres, avant de s’en aller dans le canyon en se saisissant d’elles …

    C’était là un spectacle peu commun. Belethar compris plus tard en interrogeant le graärh  que ces jarres étaient en fait des offrandes destiné au peuple Karapt. L’élève baptistrel salua ce geste ingénieux, en espérant qu’ils puissent comprendre ce geste.

    Alors que le calme retomba de nouveau dans le campement, et maintenant qu’ils étaient au contact avec leurs hôtes, Belethar raconta au petit groupe ce qu’il avait compris de ses conversations avec Erdrak. Bon à vrai dire, il n’avait pas compris grand chose, mais il leur transmis au moins ces fameux “mots-clés” qui revenaient plusieurs fois dans les litanies de l’homme fou :

    « Deux yeux, creuser, quatre mille six cent quatre-vingt-sept chemins, deux mille huit cent vingt-quatre détours, nourrir, trois mille douze croisements, huit cliquetis, une volonté, porter, quatre cent vingt-neuf naissances, ici, six craintes, mille cinq cent trente-cinq portes, sucrer, ténèbres profondes, bassin de lumière. »

    Peut être cela allait réveiller des choses chez certains. Peu après son récit, Belethar fit silence, et le groupe partit se coucher à nouveau. Peut-être n’était-ce pas bon de raconter des histoires d’hommes fous avant de dormir, mais l’élève baptistrel avait jugé que chacun dans le groupe devait avoir vu ou entendu bien pire que cela, autrement dit : leurs sommeils pouvaient être troublés par d’avantage de choses, autre que cela.

    La nuit se passa tranquillement, finalement peut être que ces jarres avaient achetés leur tranquillité pour au moins une nuit. A dire vrai, Belethar espérait au plus profond de lui ne pas être témoin d’une violence quelconque. Primo, parce qu’il honnissait cette violence physique jusqu’au plus profond de son être, et secondo car il voulait vraiment essayer de comprendre les Karapt, voir peut être de dialoguer avec eux … Peut-être était-ce un peu ambitieux, mais il voulait y croire.

    Néanmoins, quelque chose les tinrent en respect au petit matin, alors qu’ils devaient avancer : à savoir, l’amas d’objets dégageant une odeur pestilentielle qui chatouillaient les narines des humains, et semblaient faire fuir les Graärh, ou tout du moins profondément les déranger, car ils étaient obligés de bien se couvrir pour atténuer tout cela.

    Belethar examina le tas, curieux, et constata que l’odeur devait fatalement provenir de ce fluide caustique qui recouvrait les objets … Encore une particularité de ces Karapt. Craignant cependant que cette odeur ne devienne de plus en plus insupportables, le baptistrel essaya de trouver une solution, et fit part de ses réflexions au petit groupe :

    « Je crains que cette odeur là ne devienne de plus en plus insupportable au fil du temps, aussi bien pour nos amis graärh que pour nous, ce qui devrait ralentir notre progression de plus en plus. Il faudrait trouver un moyen de s’en débarrasser, ou de l’isoler … Je pourrais potentiellement bloquer cet amas entre quatre murs, ce qui devrait limiter la diffusion des odeurs, mais je ne suis pas persuadé que cela soit vraiment la bonne méthode … »

    Douloureux constat qu’était celui de l’impuissance. Belethar possédait de nombreuses compétences magiques, mais rien de bien concret concernant la destruction de quelque chose, ou l’altération des sens sur une longue durée pour faire en sorte de faire complète abstraction de cette puanteur infâme …

    Il devait donc s’en remettre à son groupe pour qu’ils agissent, en espérant qu'eux mêmes savent quoi faire …

    Directives :

    “Belethar, jeune apprenti, étudiant depuis plusieurs années déjà au sein de l’ordre baptistral. Se destinant à devenir l’un d’entre eux, l’un de ces grands maitres bardes dont la voix mélodieuse et puissante est capable de renverser le cours des choses. Est-il difficile pour l’humain d’assurer à la fois ses études et la gestion de sa famille ?

    Ce qui se passe d’ailleurs aujourd’hui concerne aussi bien l’un que l’autre, à des niveaux certes différents, la première étant proche, la deuxième bien plus éloignée. L’agitation ayant frappant Néthéril, ce sujet est sur toutes les lèvres des habitants du domaine. Que cela soit la guerre imminente entre les graärh et les pirates, que les mystérieux mouvements provenant de l’entrée du canyon. Que pense l’humain de tout ceci ?

    Le canyon et ses habitants, Belethar n’y fut jamais confronté, mais il connait un homme qui l’a été. Un certain Erdrak. Un humain, un guerrier, qui est allé là-bas, et est revenu avec plus de la moitié de ses troupes décimées et son esprit ravagé par la folie. Belethar a été proche de cet homme depuis plusieurs mois. Un peu trop même d’ailleurs. En effet, c’est à l’apprenti qu’on a confié la surveillance d’Erdrak, devant s’assurer de le nourrir, de lui faire sa toilette, de lui prodiguer des soins et de le calmer en cas de crises. Alors qu’il le côtoyait, de nombreux mots revenaient souvent dans la bouche du fou : « Deux yeux, creuser, quatre mille six cent quatre-vingt-sept chemins, deux mille huit cent vingt-quatre détours, nourrir, trois mille douze croisements, huit cliquetis, une volonté, porter, quatre cent vingt-neuf naissances, ici, six craintes, mille cinq cent trente-cinq portes, sucrer, ténèbres profondes, bassin de lumière. » Des mots qui n’avaient de sens que pour l’esprit malade de ce pauvre homme. Même les soins du gardien n’ont rien pu pour lui.

    Le canyon semble un lieu où il ne vaut mieux pas mettre les pieds, mais est-il seulement possible de résister aux mystères l’entourant ? Visiblement pas, car Belethar se retrouve embarqué dans une expédition menée par le domaine et quelques graärh de la légion voisine. C’est ainsi que l’apprenti se retrouve à être réveillé en pleine nuit alors que le groupe dormait paisiblement. L’agitation gagnant le camp. À peine met-il le pied en dehors de sa tante qu’on lui indique où regarder. Il y a du bruit et du mouvement à l’entrée du canyon. Ses yeux d’humain peu éveillés peinent difficilement à percer l’obscurité, mais il devine assez aisément que les formes qu’il voit près du tas d’objets repérer hier doivent être des Karapts.

    C’est alors qu’au milieu du camp apparaissent comme par magie, enfin, par magie, Naal et Purnendu. Dans le même temps, une série de cliquetis furieux se font entendre. Visiblement, le graärh de l’île de l’éternel hiver a voulu s’approcher et a faillit se faire attraper par l’une de ses créatures. D’autres cliquetis se font entendre, rappelant à lui le visage d’Erdrak. La vision de Belethar s’améliore un peu et il remarque trois de ses grandes créatures insectoïdes se réunir autour de ce qui ressemble à deux jarres. Ils se saisissent d’elles et s’en retournent à l’intérieur du canyon.

    Malgré cette soudaine péripétie, le reste de la nuit se passe sans le moindre incident. L’aurore vient, illuminant la savane et le canyon dont les reliefs de l’entrée laissent songeur le jeune architecte. L’heure est venue d’avancée, mais est-ce vraiment une bonne idée de pénétrer le canyon ? Celui-ci vous tend les bras, de même que le tas d’objets l’entrée. Celui-ci regorge d’arme et armure, mais également d’objet plus personnel : ornement, figurine, ect … D’eux émanent une odeur acide, forte et agressive. Les graärh ont été obligés de se couvrir le truffe de tissu tant ils ne supportaient pas l’odeur. L’odeur doit probablement venir de l’espèce de fluide recouvrant chaque objet.



    Caractéristiques :

    > Caractéristiques physiques :

    Force : Moyen
    Endurance : Moyen  
    Coordination (agilité/réflexe) : Bon
    Furtivité : Faible
    Perception : Bon


    > Caractéristiques mentales :

    Force mentale : Bon
    Education : Très bon
    Charisme : Bon
    Intuition : Bon
    Espérance/chance : Moyen


    > Résistances :

    Résistance physique : Moyen
    Résistance magique : Moyen


    > Compétences :

    Magie : Très bon
    Expertise : Médiocre
    Habileté : Bon
    Navigation : Médiocre
    Equitation : Moyen
    Dressage : Moyen
    Bonus : Equitation


    Spécialisations magiques


    Voie Organique :


    • Flux de Construction
    • Flux de Guérison
    • Flux d'Altération
    • Flux de Protection


    Voie Mystique :


    • Flux d'Érudition



    Inventaire :

    Chui à poil lol

    description[INTRIGUE] Le coeur de l'essaim EmptyRe: [INTRIGUE] Le coeur de l'essaim

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    Ses vêpres étaient venues ondoyer dans le crépuscule de la savane, se fondant avec l'air riche de parfums et sec, mélodie profonde aux accents elfiques. Ce soir-là, il vouait son chant à la découverte d’un aspect encore incertain de Néant : son emprise sur l’âme en sommeil, au repos, sa capacité à ouvrir ses portes éternelles pour créer les rêves et l’imaginaire. Si de l’unique naissait les sentiments, l’idée, l’inspiration, alors les rêves également. Lorsqu’il acheva achevé son rituel, le vieil elfe fut contraint d’avouer son épuisement. Il n’en prépara pas moins le rituel à Terre, afin de pouvoir l’effectuer au matin, lorsqu’il bénéficirait d’une nuit complète de sommeil. Le repas qu’il s’occtroya fut frugal mais indispensable afin de pouvoir reconstituer ses forces, puis il s'allongea aux côtés de Naal dans leur tente commune, à demi lové contre son compagnon de chambrée. L’asthénie faisant, l’elfe aux sens pourtant supérieurs ne ressentit absolument rien de l’odeur acide montant entre les tentes de l’humble campement qu’ils avaient constitué. Puanteur ou non, le sommeil avait prit royaume sur le Gardien et il lui était en l’instant entièrement dédié, avec une constance et une dévotion qui équivalait certainement la loyauté de l’Oracle à Néant. La fin du monde seule pourrait venir à bout de sa narcose… ou les bras et la présence attentive et délicate de son frère. Ses cils frémirent, et il ouvrit bientôt des yeux troublés et encore vitreux de sommeil, venant observer le monarque qui l’étreignait alors avec tendresse. Son esprit engourdi mit quelques instants avant de comprendre de quoi il retournait et Elēni hocha légèrement la tête, pour confirmer à Naal qu’il était éveillé et commençait à prendre en chemin les évènements.

    Qu’avez-vous ressentis?

    Alors que la tente s’ouvrait, l’elfe dissimula un bâillement derrière l’une de ses mains et glissa une main dans sa chevelure immaculée, cherchant à peigner vainement quelques noeuds nocturnes. Un mouvement à l’entrée du canyon, disait le graärh. Son regard couleur d’ardoise, à présent un peu plus vif, glissa sur Naal en une interrogation silencieuse. Son pressentiment se recoupait avec cette annonce, ou bien était-ce totalement différent ? Il ne reçut pas la réponse, l’Almaréen s’engouffrant par l’ouverture pour rejoindre l’extérieur et, certainement, s’assurer de ce dont il s’agissait. Du mouvement, donc. Soit. Un simple soupire vint ponctuer sa déconvenue, portant en lui le dépit de l’elfe à être ainsi malmené en pleine nuit alors même qu’il tentait de se reposer. Pour autant, il ne comptait pas se plaindre, et tendit une main pour attraper sa tunique et ses bottes. Habillé aussi rapidement qu’il le pu, ce fut tout de même en retard qu’il arriva, juste à temps pour voir son frère et Purnendu apparaître près du reste de la petite troupe de la caravane. De surprise, aucune, mais uniquement parce qu’il avait conscience de la puissance que Naal venait de manier. Elle avait courut sur sa peau comme un souffle profond tandis qu’il marchait. Observant à l’écart, il laissa à Belethar l’opportunité d’offrir son aide et observa pour sa part l’entrée du canyon pendant un moment. Les formes insectoïdes des Karapts se réunissaient autours de grandes jarres, pour les emporter promptement vers l’intérieur du canyon. Ainsi, les offrandes préparées par Purnendu avaient été acceptées. Bien, voilà qui était positif même s’il aurait préféré que cela ne se fasse point en plein milieu d’un sommeil réparateur.

    Merci à vous, Espérancieux” Qu’il rappelle les mots de l’aventurier fou, qu’ils avaient notés avant leur départ du Domaine était une bonne chose. Cependant ce n’était pas exactement le meilleur des moments, Purnendu venait de vivre une expérience surprenante avec le vide, et ils avaient, tous, deux semaines de voyage derrière eux et ils avaient besoin de ce repos, ne serait-ce que pour penser correctement “Nous en reparlerons dans quelques heures” Et sans courtoisie supplémentaire, il fut le premier à suivre son propre conseil silencieux, prenant donc le chemin de sa tente quittée en toute hâte. Le sommeil le reprit sans le moindre mal, amant avaricieux et il ne s’éveilla que plusieurs heures plus tard, lorsque l’aube rosée caressa la cime des baobabs et qu’il s’éleva, quelque peu en retard, afin d’effectuer ses aubades. Là où il avait dédié les vêpres entièrement à Néant, il compléta alors le cycle afin de dédier les aubades à la création, son esprit tourné vers l’équilibre de ce puissant cycle continu, cette balance fragile et délicate dans sa suprématie. Avec un repos adéquat et quelque chose dans l’estomac, il décida de tenter une fois de plus d’interroger la terre au travers de son immense conscience musicale. Pendant ce temps, Naal avait décidé d’interroger la corneille afin d’en savoir plus sur les paroles d’Erdrak. Néanmoins, avant de débuter son rituel, il demanda à Belethar et Purnendu de venir les veiller, et même les surveiller. Puisque son frère allait effectuer son propre rituel, il devait se rabattre sur la seconde personne en qui il avait le plus confiance pour le veiller, le guérisseur graärh. Belethar, bien que compétent, allait avoir un tout autre objectif auprès de lui.

    Purnendu, pourriez-vous veiller à notre sécurité ? Pendant ce temps, Espérancieux, j’aimerais que vous m’assistiez et preniez des notes pendant ma transe. C’est une excellente occasion de vous donner une expérience pratique de communion terrestre, je ne voudrais pas que vous la manquiez

    Il n’eut pas le temps d’aller plus loin, cependant : on vint les prévenir que l’odeur dégagée par le semblant de monument karapt s’avérait un problème en expansion. Remettant une fois de plus son rituel à plus tard et ce avec un soupire, il décida d’aller voir de quoi il retournait, accompagné par son apprenti. Le foulard constituant le bas de son turban remonté sur le nez et la bouche afin de le préserver quelque peu, le Gardien s’approcha pour observer de quoi il retournait, prêtant une attention distraite à Belethar tandis qu’il focalisait son écoute baptistrale sur le tas. L’humain avait raison, l’enfermer ne servirait pas réellement leurs intentions et pourrait être mal prit de la part des karapts, tout comme le détruire serait également mal perçu, à juste titre. Coi, il s’intéressa tout particulièrement à la matière dont étaient recouverts les objets entassés là. Tous ceux visibles étaient de facture humaine, mais il ressentait la présence d’effets natifs formant un socle en dessous. Des effets plu anciens.

    C’est du suc” Pas exactement de la bile, mais pas non plus des phéromones ou du musc. Le ton de sa voix, neutre et distante, notait uniquement le fait, sans trace de répulsion bien que l’odeur fut terriblement forte et corrosive. “Ils ont enduit la structure afin de la conserver, je pense. Les objets auraient été altérés, dans le cas contraire. Ce n’est néanmoins pas une propriété physique” Se baissant lentement, il vint observer davantage la base de l’ébauche de monument pendant encore de longues minutes, réprimant son aversion pour l’odeur emplissant l’air. Elfe d’un autre temps, il n’était pas hâtif dans sa façon de fonctionner, hélas pour ses compagnons. Le suc était magique, à défaut d’un meilleur mot. La sensation était pourtant davantage celle du baoli, proche de la haute magie plutôt que de la trame. La qualifier avec précision s’avérait difficile. Elle l’empêchait de se concentrer suffisamment pour avoir pleinement accès aux vibrations de l’exposition d’objets. Ce dont il était certain, cependant, c’était que le suc était l’unique trace organique là-dedans.

    Je suis incapable de pleinement appréhender l’histoire de cet amas… Néanmoins je pense pouvoir nous débarrasser de l’agression olfactive” Se relevant avec quelques difficultées, l’immaculé éprouva de nouveau les vibrations vibrillonantes, bourdonnantes de l’amas d’objets hétéroclites. Il ferma les yeux, laissa l’impression l’imprégner profondément, pulsant dans ses nerfs, dans son esprit. Il n’y avait pas de formes, de silhouettes, juste un impression… juste… de la haine et de la peur, les deux facettes d’une même pièce, deux émotions inextricablement liés. Il sentit la brûlure, puis la corolle s’ouvrant dans son torse, venant palpiter, serrer son coeur et ses poumons, affaiblir son souffle. Sa main s’éleva, se refermant sur les perles d’eau de Néant ornant sa gorge nerveuse. Le monde tanga alors qu’il laissait refluer l’impression persistante. Déglutissant doucement, il décrocha sa gourde de sa ceinture, bu une gorgée puis se força à ne pas s’éterniser sur ce qu’il avait pu expérimenter sur l’instant.

    Reculez quelques instants

    Il usa du chant du vent en une douce ritournelle mélancolique aux accents des soupires de récifs afin de détourner les effluves pestilentielles sans toutefois les annuler. Leur petit groupe n’en serait plus victime, et il espérait intérieurement que la préservation de ce monument étrange viendrait agir comme une preuve de leur bonne volonté. S’assurant de son oeuvre, il diagnostica devoir réitérer son chant à plusieurs reprises afin d’étendre dans le temps leur délicate protection. Pour l’instant cependant, cela tiendrait. Respirant un air redevenu pur, mais toujours d’une complète sècheresse, Elēni revint au sein de leur campement afin d’effectuer, cette fois, son damné rituel. S’installant une nouvelle fois avec Purnendu, Belethar et auprès de Naal, l’elfe bu une nouvelle fois, inspira profondément afin de purifier son nez des effluves aigres puis déposa devant lui une mandoline miniature destinée à jouer pour rythmer sa connexion et l’ordonner subtilement. Les notes permettraient également de lui offrir une route de sortie lorsqu’il se détournerait de sa communion.

    Bien. Cette fois, à moins d’être sur le point de me faire piétiner par un troupeau de gnous paniqués, je ne veux pas être dérangé

    Qu’il le fasse enfin, ce bon sang de rituel ! Il fit jouer la mandoline sur les notes d’une simple comptine, et se laissa lentement glisser dans le murmure de la Terre. Il accrocha un refrain, suivit le chemin mélodique le long des sentiers d’une mémoire impérissable, laissant la voix du monde venir emplir son être, résonner dans les battements de son coeur, dans ses souffles de plus en plus longs, profonds, paisibles. Chaque fibre de sa personne résonna bientôt, un avec la terre, sa conscience unitaire se délitant si ce n’était pour le rondo de la comptine, si différente, si spécifique en comparaison de l’univers de sens qui l’engloutissait. Sa personnalité était cramponnée, nouée à cette comptine comme à un radeau de fortune tandis qu’il plongeait volontairement dans la mélodie nourricière. Lorsqu’il se stabilisa, il avait l’impression d’être la terre même, de sentir chaque végétal, chaque animal, chaque roche et grain de sable. La comptine joua son ouverture, le retenant alors même qu’il cédait à l’envie d’écouter les grains de sable. Non ! Ce n’était pas le moment, vraiment.

    Son être alla plus loin. Vers le canyon. La comptine joua son refrain. Il devait s’enquérir de ce qui nichait là. La topographie était complexe, inégale et disparate, mais il pu aisément confirmer qu’une traversée de long en large prendrait trois semaines, deux, s’ils allaient vers le sud de l’île. Un cheminement long, dans tous les cas et leurs réserves ne tiendraient pas autant. Bien entendu, ils pouvaient tous trouver de quoi se sustenter et l’eau ne serait pas un réel souci… à l’extérieur. A l’intérieur, il ne savait pas ce qu’il en serait. Il ne s’était pas encore aventurer à absorber ces informations là. Méthodique, il désirait d’abord inventorier ce que la terre avait à lui dire de l’extérieur du canyon. Les chemins qu’ils pouvaient emprunter, les fragilités de la roche, les possibles lieux de halte et surtout, toute information pouvant être ‘suspecte’ à défaut de meilleur terme. Il n’était pas certain de ce qu’il cherchait, se basant uniquement sur l’apparence des Karapts et le peu qu’ils connaissaient, ou pensaient connaître, de cette espèce.

    J’ai trouvé quelque chose de plus” Depuis déjà plus de vingt minutes, il dictait sans réellement s’en inquiéter, laissant la terre parler au travers de lui, afin que son Enwr puisse noter les informations les plus dignes d’intérêt, effectuant ainsi un second filtre après celui qu’il tentait de s’imposer lui-même. Il lui fallait la présence de la comptine pour ne pas se perdre dans des centaines de fragments d’histoire, parfois insignifiants au regard de leur présent objectif. Mais il n’y parvenait pas toujours. De plus, n’ayant nulle connaissance parfaite, ce qu’il jugeait digne d’être noté pouvait ne pas toujours l’être. Belethar pourrait aussi s’aider de Purnendu, et de Naal s’il était revenu de sa transe, afin de déterminer ce qu’il fallait retenir. l’Espérancieux et l’Oracle possédaient également, tous deux, une capacité et une connaissance des plus nécessaires dans une telle situation : ils étaient formés à diriger son esprit au travers de la communion, afin de l’aider par une influence extérieure. Belethar l’avait appris de par sa formation, Naal de par sa présence auprès de lui quand il lui livrait ses connaissances.

    Quelque chose de plus était le terme le plus exact qu’il pouvait invoquer dans son état présent. tant il n’était pas encore certain de ce dont il s’agissait. Il décida de s’arrêter là sur l’instant et de suivre le fil musical de sa comptine afin de retrouver sa pleine conscience. Ouvrant les yeux, il vacilla et inspira profondément. Ajuster ses sens lui demanda quelques instants, puis il fit une pause, bu un peu, mangea quelques fruits séchés, s’étira et fit quelques exercices d’assouplissement. Il avait besoin de retrouver son ancrage plein et entier avant de replonger, car cette fois, il en avait la sensation, son voyage serait bien plus profond et intense. Prenant donc un moment, il prit Varda, le décrochant de son cou afin de jouer avec les perles naturelles accrochées sur l’ornement. Pour se vider complètement la tête se plongea dans l’une des prières en langue almaréenne que son frère lui avait enseigné. La langue était encore un vaste océan inexploré, mais il commençait à en maîtriser les bases. Quand il se sentit plus assuré, il revint sous la tente et cette fois, demanda réellement la présence de Naal.

    Si je viens à montrer des signes d’agitation ou de douleur, que je semble incapable de revenir par moi-même, vous devrez me ramener, lēkia*. Tous les moyens seront bon, assommez moi s’il le faut vraiment

    Il reprit sa mandoline miniature, fit jouer la musique qu’il avait composé pour transposer l’une des prières à Néant, la laissant l’emplir. Le son était plus profond, plus intense, sa force serait nécessaire pour maintenir son unicité. Puis il s’installa de nouveau, et cette fois, commença lentement le chant d’union avec la terre, inaudible pour les autres, de la même teneur que celui des douceurs des cawr. Son être vint lentement se nouer à la terre, se dissoudre en elle en dehors de ce lien puissant avec la musique de Néant, la musique qui avait présidé à sa renaissance et son sauvetage. Avec abandon, une fois son chemin découvert dans le chant de la terre, il se laissa conduire en avant. Des galeries. Il y avait des galeries, partout sous le canyon. Celui-ci, comme la gueule d’une immense créature, happait, ses boyaux se comptaient par milliers, et un instant, il s’arrêta, perturbé par la sensation de cette immensité.

    Il y a une entrée…

    Il n’y avait pas qu’une entrée, il le découvrit bien vite. Mais il y en avait une, à moins d’une journée à cheval à l’intérieur. Il laissa la terre l’y conduire et s’engouffra en elle. Cette fusion était différente. Là où il avait attendu et recueillit précédemment les informations venant à lui, cette fois, il devait avancer lui-même et suivre la voie ouverte. Les tunnels étaient sans fin. Non, ils avaient une fin mais elle était tellement profonde qu’il avait du mal à l’appréhender. Pour chaque pas dans le tunnel, une douleur de plus en plus grande sourdait dans ses tempes. La terre était généreuse, dans son amour pour un enfant qui la respectait, pour l’avatar qui la veillait. Elle lui donnait tout ce qu’elle pouvait… beaucoup trop, en vérité. Ses pas prirent fin abruptement, juste avant que la douleur ne devienne intolérable. Il resta là, ses perceptions noyées sous les croisements, la terre, les formes, les pas, les présences. Il y avait beaucoup trop d’informations pour lui. Pour n’importe qui en vérité. Pouvait-il seulement se focaliser ? Cela semblait impossible. Rien ne sortait du lot, tout était…

    Il y a quelqu’un” Sa voix était un souffle rauque, à peine plus ferme qu’un murmure. Son regard était lointain, ailleurs et présent à la fois. Il sentait l’attention de quelque chose se posant sur lui mais il ne savait pas de quoi il retournait. Pourtant, il avait réellement la sensation d’être observé. Il avait une présence, une présence qui n’avait rien à voir avec la roche et la terre, avec les racines et l’humidité. Aussi, ‘quelqu’un’ était encore le meilleur terme pour le décrire sur le moment. Ce n’était pas un cailloux. Et si ce n’était pas un cailloux, cela pouvait écouter, sentir, comprendre peut-être ? Il n’allait pas forcer un contact mais l’attention était là, réelle, et il se laissa observer, il essaya, de la façon la plus pure et honnête possible, au travers de sa connexion terrestre, d’offrir à cette attention qu’on lui portait ses motivations, son pacifisme et celui de ses camarades, leur respect du territoir du canyon qu’ils n’avaient pas pénétré, attendant dehors, leur offrande de la nuit passé, leur volonté d’établir un lien avec les résidants de ce canyon, les karapts. Il offrit tout cela sans mots, sans biais, juste avec le ressenti et les images, les sensations, il faisait son possible malgré une migraine devenue extrême et constante. Son attention vacilla… pourquoi ? Il se retira péniblement… il se sentait glisser, il se sentait s’engourdir, jusque dans ses sens...

    Le retour à son corps fut difficile, soudain, et il s’effondra, endormit. Le narcotique injecté par Naal l’assoma pendant une quinzaine de minutes avant qu’il ne revienne lentement à lui. La migraine s’était fait moins intense, diffuse, mais elle palpitait encore dans ses tempes. Il se redressa, prit un moment pour se remettre avant d’espérer pouvoir expliquer ce qu’il s’était passé. Il sortit pour profiter de la chaleur du soleil et s’assit sur une roche. Quand il revint, il avait repris autant de couleurs qu’il était capable d’en avoir.

    J’ai parcouru une partie des galeries présentes sous le canyon. Il y en a beaucoup trop pour que je puisse en faire une exploration complète seul, la tâche me tuerait. Néanmoins, j’ai vu une entrée. Peut-être vous l’ai-je rapporté pendant ma transe. J’ai également ressenti une présence consciente, à l’intérieur des galeries. Je ne sais pas de qui il s’agit, de quel être, mais c’est un être conscient… j’ai tenté de lui délivrer un message de paix en lui indiquant que nous étions devant le canyon mais que nous n’avions pas pénétré à l’intérieur. Que nous étions là pour prendre contact avec les karapts. Je ne sais pas si cela pourra nous être utile. Je ne sais pas si cette conscience est liée aux karapts, néanmoins puisqu’elle se trouve dans les galeries que j’ai pu découvrir, je pense que ce peut être le cas…

    Il soupira.

    Avez-vous découvert d’autres éléments pendant mes transes ?

    lēkia* frère en almaréen

    Directives :
    La nuit sur le campement fut perturbée par les mouvements des Karapt et les actions de Purnendu. Les créatures insectoïdes sont venues déverser de nouveaux objets sur le tas à l’entrée du canyon et le graärh a jugé qu’il s’agissait du bon moment pour les approcher et faire une offrande. Cela ce n’est pas passé comme prévu, mais ce ne fut pas une catastrophe pour autant. Le félin manqua de peu de faire une très mauvaise rencontre avec un Karapt garde, mais Naal parvint à l’extirper à temps. Les créatures sont ensuite parties sans attendre en emportant avec elles l’offrande de Purnendu.

    Le reste de la nuit se passa sans encombre, malgré une odeur planant dans l’air. C’est le lendemain en s’approchant du canyon que la réponse à cette odeur s’expliquera. Les nouveaux objets déposés durant la nuit sont couverts d’une sorte de fluide. L’odeur est puissante, acide, piquant les narines. Mais les plus à plaindre sont les graärh. Un peu de magie émane de cette substance d’ailleurs. (Si quelqu’un se risque à la toucher, il se produira une légère réaction allergique via l’apparition de petite plaque de bouton rouge sur la peau à l’endroit toucher, mais rien de grave).

    Grâce à ses préparatifs de la veille, lorsque Kehlvehan met un pied dans le canyon, la terre commence à lui divulguer quelques informations. Et à mesure qu’il avance dans ce territoire inconnu, celles-ci se font de plus en plus nombreuses.

    Il lui semble que la plus grande profondeur pouvant être atteint est de mille neuf cents mètres et la plus grande largeur de vingt et un kilomètres, toutefois la largeur et la profondeur varient considérablement selon l’endroit. Le canyon Karaptia est en réalité un ensemble de plusieurs canyons sillonnant le centre de l’île de Néthéril en une sorte de grand dédale, une rivière serpentant au centre de chacun et s’entrecroisant. Il existe de nombreux chemins sur les flancs permettant de monter au sommet du canyon ou descendre au fond. Il ne s’agit toutefois pas de chemin naturel, auraient-ils été faits par les Karapt ou gré du passage de ceux-ci ? Quoi qu’il en soit, grâce à ceux-ci il est possible de traverser à pied d’Est en Ouest en trois semaines. Et deux semaines du Nord au Sud. En ce qui concerne sa dangerosité le risque d’éboulement n’est pas à exclure. Même si le réel danger réside en ses habitants. En parlant de ses habitants, Kehlvehan commence à sentir un mal de crâne poindre dans son esprit et celui-ci va s’aggraver s’il ne fait pas quelque chose pour interrompre le flux d’informations que la terre lui rapporte. Des galeries, un trop grand nombre de galeries se trouve dans le canyon, elles s’enfoncent profondément sous le sol tel les racines d’un arbre, elles se croisent et se recroisent en un labyrinthe des plus complexes. Il y a juste beaucoup trop d’informations, mais surtout, à mesure qu’il descend sous terre, il a la sensation d’attirer l’attention de quelque chose …


    Langage commun #9775AA
    Langage elfique #8BF8D2
    Dialectes minoritaires #93F88B

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      Ils avaient évité un affrontement de justesse. L'almaréen relâcha Purnendu alors qu'il regardait en arrière, observant, intrigué les karapts qui embarquaient avec eux les offrandes. Quelque chose, dans ce qui venait de se passer, le perturbait. Il y avait une incohérence ; il avait l’aberrante sensation de passer à côté de quelque chose sans savoir quoi. La situation se calmait néanmoins et ce fut contrit qu'il adressa un regard désolé à Purnendu, pour la frayeur, puis au Gardien qu'il avait, au final, réveillé pour rien. Cela aurait, néanmoins, pu vite dégénérer, l'on était jamais trop prudent, mais il était intimement persuadé que le vieil elfe avait besoin de plus de repos que quiconque dans ce voyage. Les mires d'un bleu céruléen de l'humain se posèrent sur Belethar lorsque celui-ci prit a parole. Il savait que l'apprenti de son Frère ne tenait pas en grand amour son peuple, et pour cause : les siens n'étaient pas venus toquer à leur porte avec un bouquet de roses et une tarte aux fraises. Leur rencontre avait été violente et il sentait en lui la méfiance que beaucoup accordaient, à juste titre, aux siens. Dès lors, Naal avait veillé à ne pas l'indisposer de sa présence plus que ce que réclamait son affection envers Kehlvehan. Il ne lui avait guère adressé la parole que de manière impersonnelle, très polie et lointaine, n'engageant guère une conversation dont l'humain ne voulait peut-être pas. Pourtant, cette nuit, lorsque l'Espérancieux leur rapporta les propos tenus par Erdrak, comme beaucoup d'entre eux avaient partagé leurs hypothèses et histoires en rapport avec les Karapats, Naal ne resta pas derrière la réponse de remise à demain offert par Kehlvehan.

      « Le Néant m'a gracié de l'Esprit-Lié de la Corneille. » Autant qu'il fut celui que son peuple nommait Oracle. La parole de son Dieu lui avait toujours été offerte par ces visions divines, lui ouvrant un chemin merveilleusement bien tracé. Néanmoins, il n'était guère très opportun de parler de Néant devant celui dont la famille avait été amplement martyrisée en son nom. L'almaréen avait la croyance au sein de ses paroles, la renier lui était impossible, dusse-t-il en froisser quelques uns. « Je tâcherai de l'interroger au sujet de ce que vous exposez. » Sans plus tarder, il suivit néanmoins le Gardien et fort heureusement, avant que Naal n'ait le temps de défaire ses armes, l'elfe s'était à nouveau profondément endormi. Il s'allongea à ses côtés, veillant à le couvrir, avec un soin sincère. Il poussa un soupir, mais ne parvint pas à s'endormir. Les yeux ouverts, il effleurait les traits racés de son visage blanc, cherchant en eux le repos dont son corps aurait besoin mais qu'il ne parvenait à atteindre. Il se souvenait de ce qui s'était passé, dans le moindre détail. La Baleine lui offrait son don et il repassait les événements en boucle dans sa tête, à la recherche de ce qu'il aurait pu manquer. Fermer les yeux ne l'aida guère et il lui fallut un moment avant de trouver, enfin. C'était à la fin de la scène, lorsque son regard s'était porté sur le garde Karapt, juste avant de disparaître. L'insecte l'avait vu, mais ne l'avait pas regardé, son attention concentrée sur Purnendu. Pourtant il avait la désagréable sensation d'être observé, à travers ces yeux qui ne le regardaient pas. C'était troublant. Infiniment.

      Il prit son tour de garde sans avoir pu dormir d'avantage et scruta l'horizon sans s'extasier du paysage. Il n'y avait jamais guère trouvé d'intérêt quand bien même cela pouvait s'avérer, parfois, splendide. La fraîcheur se dissipait au profit d'une chaleur qui devint promptement cuisante, malgré l'hiver. Lorsque le premier garal se réveilla, Naal en profita pour entamer les préparatifs du déjeuner, récitant ses prières, mentalement, comme il l'avait fait toute la nuit. Cela lui était devenu une habitude, siècle après siècle, si bien qu'il ne se rendait pas même compte qu'il priait presque en permanence. Au bout d'un instant, il ferma les yeux, laissant Kehlvehan s'occuper de ce tas de bric et de broc. Il fermait les yeux, dès lors, lui faisant confiance. Il se focalisa sur Erdrak, ces paroles, cette odeur, le temps de ses explorations pour diriger la Corneille vers des oraisons plus prometteuses. Du moins le crut-il... Mais il manqua en vérité de rendre son déjeuner lorsqu'il quitta ses visions. Yeux clos, inspirant lentement et profondément, il parvint à garder son repas, n'ayant guère envie qu'en plus du manque de sommeil, il ne vienne à souffrir d'un poignant manque de nourriture. Il se savait endurant, par la grâce du Pangolin... Mais tout de même ! Il n'était pas joueur à ce point. Il but une longue gorgée de son thé, pour faire passer la bile et observa son poignet douloureux. Une marque rouge ceignait sa peau comme si quelqu'un l'avait étreint trop fort. Il replaça sa manche, sans en donner plus de signe. Son combat pour tuer Firindal lui avait laissé plus d'une cicatrice, aux yeux d'un lambda, cette marque n'en était qu'une de plus qu'il aurait très bien pu avoir antérieurement. Seul Kehlvehan aurait pu dire qu'elle était nouvelle, mais celui-ci était focalisé dans une transe, explorant la terre et dictant ses impressions à un Belethar studieux.

      L'almaréen se pencha un peu pour lire les notes de l'apprenti, afin de prendre connaissance de ce qu'il avait manqué. Il était encore secoué, mais le temps qu'il décide de ce qu'il devait faire, il préférait donner le change. Sa vision avait été si étrange et terrible à la fois. Les propos étaient flous, il avait besoin de plus d'éclairage : il devait prendre du temps pour retrouver cette entité qui s'était adressé à lui. Elēni quitta sa transe, affirmant avoir trouver quelque chose de plus. L'almaréen, lui, était en train de moudre les informations connues comme du grain. Terminant de manger, avec une lenteur due à son atroce vision, le croyant portait son regard vers les présents, un par un. Il y avait un traître, mais lequel ? Il n'appréciait guère ce climat de suspicion malsain qui fleurissait en son cœur, lui qui méprisait tant la trahison. Il avait besoin de plus d'éléments pour démêler le problème, avant que la méfiance ne vire en paranoïa stérile. Les prières en almaréen de son Frère le firent sourire en coin. D'ordinaire, c'était lui qui priait pour un rien... Et voilà que son apprenti lui rappelait indirectement que dans la tourmente et l'incertitude, la prière pouvait être salvatrice. Il suivit son exemple, bien que silencieusement, pour sa part, mais pas moins sincèrement. La demande d'Elēni fut acquiescée d'un signe de tête entendu de la part du monarque. Après quelques minutes, l'elfe affirma discerner une entrée et l'almaréen fit intuitivement lien avec la visite malheureuse d'Erdrak dans les profondeurs. Avait-il été un traître lui aussi ? Était-ce pour cela que les karapts lui avaient infligé un tel traitement... Sans pour autant le tuer ? Mais en vérité, n'aurait-il pas mieux valu ?

      Et si Elēni suivait le même fil qu'Erdrak ? Il se tendit... Mais cela fut pire encore lorsqu'il affirma qu'il y avait quelqu'un, faisant écho à la sensation de Naal, la veille, lorsqu'il avait regardé le karapt. Il y avait une présence et il n'avait aucune idée de si elle était bonne ou mauvaise. Sentant venir l'instant où il devrait extirper son Frère de sa transe, il sortit sa dague de main gauche, Valar Perzys, de son fourreau. La lame était large mais mon tranchante... Elle était néanmoins imprégnée d'un fulgurant mais éphémère narcotique. Il vint poser la lame contre la peau délicate de l'elfe avant de la ranger à sa place. L'elfe mit quelques minutes à explorer encore, avant de tomber endormi. L'almaréen veilla à l'allonger confortablement, le couvant du regard avant de fermer à nouveau les yeux, le voile mystique recouvrant sa tête rasée viendrait l'aider dans ses visions. Il se concentra d'abord sur les jarres à l'instant présent, suivant leur cheminement dans les nombreuses galeries, jusqu'à ce que la présence vienne à nouveau lui souffler ses mises en gardes. Elēni s'éveilla à cet instant, rendant compte de ses découvertes mais à la question qui lui fut posée, Naal garda le silence, ne sachant guère par quel bout commencer, ni ce qu'il devait dire ou ce qu'il devait taire. Néanmoins, un silence total serait suspect, aussi répondit-il à ses observations : « En Almara, nous agissions au nom de la foi. Les ordres étaient donnés par Dieu et nous servions l'Unique. Notre dévotion dans la foi nous éloignait des rixes et de la convoitise qu'on rencontre lorsqu'on ne pense qu'à nos propres intérêts. La foi nous gardait dans la croyance commune et nous agissions pour l’entièreté du peuple, comme si nous n'étions qu'un seul homme... Une seule volonté, voyez-vous ? Cette présence dont vous parlez, Elēni, je l'ai ressentie aussi lorsque j'ai regardé le Karapt, hier soir. Son attention était rivée sur Purnendu et pourtant... pourtant je le sentais m'observer en retour. »

      Il coula un regard sur Belethar, craignant de le mettre mal à l'aise s'il poursuivait, mais il se devait d'exprimer sa penser jusqu'au bout : « Par la foi, nous portions, en nous, tous Néant. Par mes yeux je voyais, mais l'Unique voyait aussi. Les Karapt peuvent être mus par une conscience unique, capable d'influer sur tout le peuple, par cette connexion, peut-être spirituelle ou magique. » Ses mires claires, contrastant avec sa peau d'ambre, virent se reposer sur l'elfe, l'interrogeant silencieusement. Assis près de lui, il attrapa machinalement l'extrémité d'une de ses mèches blanches, jouant avec pour s'occuper les doigts. « J'ai vu ce qui est arrivé à votre patient, Belethar. » Il sembla réticent à aller plus loin mais finit par continuer : « Ce qu'il vous a dit correspond à des événements qu'il a traversé. Le cheminement, comme un fil conducteur, de son traumatisme. Je pense un peu comprendre le fonctionnement des Karapts, au milieu de toutes ces bribes que vous a donné Erdrak. Ils vivent sous le canyon, dans des galeries semblables à des labyrinthes mais dont ils connaissent parfaitement le chemin. Tels les abeilles, leur vie tournent autour d'une Reine, seule procréatrice et maître. Chaque Karapt a un rôle, défini à sa naissance et œuvre pour la colonie, pour la Reine, car c'est elle qui assure la survie et la pérennité de leur peuple en retour. 'Creuser, quatre mille six cent quatre-vingt-sept chemins, deux mille huit cent vingt-quatre détours, trois mille douze croisements, mille cinq cent trente-cinq portes'... Tout cela, c'est leur territoire. 'Une volonté' pour toute la colonie. 'Quatre cent vingt-neuf naissances' pour la ruche. 'Sucrer' en référence à la pollinisation. Plus l'on s'enfonce et plus les 'ténèbres' sont 'profondes' et j'ai vu, pourtant, le 'bassin de lumière' en suivant les jarres depuis cette nuit. Leur contenu a été déversé dans ce bassin. »

      Il avait lâché la mèche de cheveux pour venir se frotter l'arrête du nez. « Les autres bribes sont relatives au traumatisme d'Erdrak. 'Deux yeux, nourrir, huit cliquetis, porter'... Il explorait le canyon et lui et ses hommes ont été emportés dans les profondeurs ténébreuses du réseau. Il était prisonnier d'une membrane organique. Je pense qu'il a vu les deux yeux d'un Karapt, entendu ses huit cliquetis puis sentit ses mandibules s'enfonçant dans sa chair et dans sa bouche pour... » Il écarta les mains, paumes s'orientant dans le mouvement vers le ciel en expression de son incompréhension : « Je n'en ai aucune idée, c'était... Effrayant. Hum... Si vous avez le cœur accroché, je peux partager avec vous cette vision, bénie soit la Baleine, mais je ne le conseille à personne. » Il tendit une main en avant, entre eux, et qui voudrait voir verrait : il ne suffisait que d'un contact. Il sélectionnait néanmoins la partie sans l'entité féminine, pour l'heure. Toujours indécis à ce sujet. « Il reste 'six craintes', j'ignore si ce sont celle d'Erdrak ou des Karapts. Et il y a autre chose qui est apparue dans mes visions, mais j'aimerais réunir tout le monde pour cela. C'est important. » Sans en dire d'avantage, il quitta la tente et veilla à rassembler tous les bipèdes qui participaient à cette expédition. Pendant qu'ils se réunissaient, il préparait une besace avec des provisions et une gourde pour deux semaines, en restant minimaliste. Le Pangolin lui offrait une endurance remarquable et il ne pourrait pas se permettre de se charger à outrance. Pour le chemin retour ou s'il errait sans fin, au terme de ses vivres, il pourrait défaire son ancrage du monde physique pour se retrouver au Domaine en un battement de cils.

      Une fois tout le monde réuni, il observa ses camarades, cherchant les signes d'un traître. Mais il se savait tant traumatisé par la trahison qu'il risquait d'en voir plus qu'il n'y en avait. Aussi cessa-t-il aussi net, laissant ces perceptions à d'autres, plus avisés. « Dans mes transes, béni par la Corneille, j'ai été contacté par une entité féminine que je suppose être la Reine de ce territoire où nous tentons de mettre les pieds. Elle m'a informé qu'il y avait un traître dans nos rangs. » L'annonce tombait comme un couperet avant qu'il ne poursuivre, non sans sonder les présents : « Un traître qui cherche à s'approcher de la Reine, pour je ne sais quel dessein, mais que la Reine se refuse à accepter sans se défendre. » Il était même possible qu'Erdrak ait été un de ces traîtres, possédé par intérêt pour ses excursions... Un échec, mais la leur, d'excursion, donnait un nouvel espoir, une nouvelle opportunité à l'ennemi de pénétrer le canyon : « Si nous entrons dans le canyon avec ce traître, nous rencontrerons bien des embûches, des pièges que nous dresseront les Karapts dans le but de tuer le traître, dussent-ils nous éliminer tous un par un à cette fin. Si nous entrons sans trouver ce traître, nous mettons en danger la Reine, nous nous mettons également en danger, car si nous parvenons tout de même à notre but, le traître n'aura aucun scrupule à l'idée de nous éliminer. » Il alla alors au bout de ses suppositions logiques, collant avec ce que la Corneille lui avait montré de la découverte du mausolée, de Rog, de Purnendu et du Karapt qui était intervenu.

      « Ce traître est probablement manipulé par Rog, comme d'autres avant lui, voué à accomplir sa volonté. Il est donc innocent, mais la volonté qui l'habite est coupable. Il sait que seul, il lui sera difficile de traverser le canyon et atteindre son but. Il compte sur cette expédition pour qu'en bons camarades, nous le soutenions. J'ai été avisé de sa présence par, je le pense, la Reine. Si elle m'a parlé, c'est que je ne suis pas le traître. Du moins, je pars de ce postulat, pour ce qui va suivre. Et je vais le remettre en cause ensuite. » Car il pouvait tout aussi bien être le traître. Il entendait cette voix et cette voix lui dictait qu'il y avait un traître.... Mais il doutait qu'il s'agisse de lui même, au fond, il était 'imprégné de l'odeur de la mort' autant qu'elle voulait qu'on 'imprègne de l'odeur de la mort le traitre'. Etait-il alors immunisé ? Il aurait été stupide de la part de Rog de l'éveiller à la présence d'un traître, alors que nul n'y pensait jusqu'alors, et se mettre ainsi des bâtons dans les roues. Le pousser à éliminer des personnes de leur groupe aurait été tout aussi contre productif. Par déduction, il en venait à penser que l'entité qui s'était adressé à lui n'était pas Rog. « Je vais donc partir seul. La Corneille saura me faire suivre le même cheminement que les jarres. Si je ne suis pas le traître et que la Reine m'a parlé, alors elle me laissera passer afin que je discute avec elle. » Du moins, il l'espérait. Par la corneille, il n'était que le réceptacle de visions mais ne pouvait s'exprimer. Il se devait de la rencontrer pour échanger. Ils avaient fait preuve d’offrande et de bien séance et à en juger par l'action du Karapt au mausolée, ils avaient un ennemi commun. « Par conséquent, votre voyage s'arrête ici, tous, traître compris. Nous n'avions aucune certitude que nous pourrions entrer dans ce canyon. Nous savons à présent qu'il serait un suicide de la part de chacun d'entre nous, de nous y aventurer avec un traître. J'irai seul... Et si c'est moi le traître, alors je mourrai. » Car les Karapts le tueraient.

      Il porta son regard sur Kehlvehan, ferme, avant qu'il ne s'approche de lui. Un caresse tendre coula de la tempe de l'elfe jusqu'à son menton : « Valar Morghulis. » Tous les hommes mourraient un jour et lui, il avait longuement vécu. En vérité, il ne craignait pas pour lui-même, sa foi guidait ses pas, jusque dans le trépas. Il n'aimait néanmoins pas laisser le Gardien avec le traître, qui sait ce qui pourrait se passer ? Mais Elēni n'était pas seul, pas plus qu'il n'était faible. Devant cette fin prématurée de leur voyage, Naal espérait que le traître se manifeste pour insister. Nulle personne saine d'esprit ne voudrait absolument avancer à l'annonce d'une mort assurée. Mais un possédé oui. Naal n'avait aucun moyen de déterminer qui était le traître, mais le priver de son ambition, de la réussite de son objectif, ça, ça devrait le faire sortir de sa cachette. Et ce n'était pas l'unique objectif que poursuivait Naal. Il tournait déjà le dos à ses compagnons, armé et protégé, avec sa besace de vivres, marchant vers l'entrée du canyon, des prières sur les lèvres. Cette femme, il voulait être certain qu'il puisse lui faire confiance. Il entrait seul, sans traître. L'entité lui avait parlé, l'avait mis en garde sans qu'il n'ait été la chercher directement, elle. C'était elle qui l'avait agrippé par le poignet, laissant une trace rouge sur sa peau. Lui aussi avait à lui parler. Alors il entrerait dans le canyon, assez pour être en territoire Karapt et il attendrait de voir si on viendrait le tuer... Ou s'il pouvait avoir confiance en cette femme. Il avait fait sa part du marché en venant sans traître. Et elle ?


    Directives :
    “Après l’agitation de la nuit, le calme regagna le groupe. Le sommeil s’abattit sur ceux qui n’étaient pas de garde pour le moment. Et Naal fut de ceux-ci. Son tour de garde ne viendrait pas tout de suite. La tension qu’il avait pressentie s’était échappée de son corps et il n’eut aucun mal à se rendormir. Cependant, son sommeil fut troublé par un songe. Il revit la scène qui venait de se produire, lorsqu’il avait sauvé Purnendu. Il revit la scène plusieurs fois et toujours de son point de vue. Il apparaissait, se saisissait du graärh en le prévenant de s’accrocher, avant de disparaitre. Encore et encore il rêva de la même scène de sauvetage, mais il avait la sensation de passer à côté de quelque chose à chaque fois, ce qui le poussait à revivre de nouveau la scène.

    Puis, quelque chose finit par le frapper. La fin de la scène. Son visage se tournait vers le karapt garde, l’espace d’un court instant il l’observait alors que le néant l’engloutissait. Petit à petit son attention se focalisa là-dessus. Sur ces microsecondes. Finalement, ses yeux se posèrent sur le regard de l’insecte. Celui-ci le voyait, mais il ne le regardait pas, l’attention de la bête était concentrée sur Purnendu, uniquement sur Purnendu. Pourtant, il avait la désagréable sensation que quelque chose l’observait, répondant au regard qu’il jetait sur ce karapt. Mais quoi ? Ou qui ? Cette question le hanta le reste de son sommeil et jusqu’à son réveil où vint son tour de garde.

    ***

    La matinée débuta et le groupe se dirigea vers le tas. L’odeur piquante qu’il avait sentie provenait bien de celui-ci. Les nouveaux objets déposés durant la nuit sont couverts d’une sorte de fluide. L’odeur est puissante, acide, piquant les narines. Mais les plus à plaindre sont les graärh. (Si quelqu’un se risque à la toucher, il se produira une légère réaction allergique via l’apparition de petite plaque de bouton rouge sur la peau à l’endroit toucher, mais rien de grave).

    Suite aux remarques de Belethar, Kehlvehan décide d’analyser un peu ce tas et ce fluide, ce qui permet d’en apprendre un peu plus. Puis le chanteur décide d’interroger la terre. L’idée est bonne et Naal, pour sa part, décide d’avoir recours à la corneille pour en apprendre davantage, particulièrement sur le passage sur ce territoire d’Erdrak le fou. Plongeant en transe, une vision se dévoile au croyant. Il voit la scène de haut. Un groupe d’homme armé entre dans le territoire, s’enfonçant de plus en plus loin, malgré de nombreux éboulements qu’il voit être provoqués par des Karapt. Il s’agissait surement d’un avertissement. Puis ce qui devait arriver arriva. Le sol se déroba sous le pied des hommes armés qui s’étaient divisés en deux groupes. Et, surgissant des flancs du canyon, sortit un véritable raz-de-marée de Karapt qui s’abattit sur ceux encore à la surface. La vision se concentra ensuite sur Erdrak qui tentait de sortir un homme du trou dans lequel il était tombé. Malheureusement, ce dernier tomba à son tour dans une galerie large comme trois vaches. Plusieurs Karapt se trouvaient à l’intérieur et ils parcouraient la galerie comme l’eau parcourt des rapides. Erdrak, comme ceux tombés, fut happé par ses créatures qui les emportèrent dans les profondeurs. La vision s’arrêta là laissa place à l’obscurité.
    (Naal peut revenir à lui, découpant ainsi ses recherches en deux comme Kehl, ou faire tout d’une traite).

    Cette obscurité fut de courte durée, car une nouvelle s’offrit à lui. Elle était néanmoins bien différente, la sensation ainsi que l’atmosphère étaient pesantes. Naal assista à la scène comme s’il y était présent. Erdrak était là, à moitié absorbé par un mur d’une texture inconnue, semblant organique. Une grande bête se tenait devant lui, semblant faire deux fois la taille de la créature ayant attaqué Purnendu hier soir tout en étant différente, un autre type de karapt sans doute. Elle était penchée sur Erdrak, huit cliquetis s’échappaient d’elle, et ses mandibules étaient enfoncées dans sa chair et une dans sa bouche. La vision était très dérangeante et difficile à décrypter. Naal n’a tout bonnement aucune idée de ce qui peut bien se passer. Sans doute est-ce là l’origine de la folie de l’humain ? Mais alors que la vision semble se finir, et cette fois-ci pour de bon, Naal sentant qu’il commence à reprendre conscience, quelque chose vint le retenir.

    Une main lui agrippe le bras, la poigne est forte, extrêmement forte si bien que cela commence à lui faire mal. Une voie s’élève et Naal réalise qu’il est présent dans la vision, dans le sens ou son corps et son esprit y sont comme s’il avait été là dans ce fragment du passé.

    « L’odeur de la mort t’imprègne. Tu ne devrais pas être ici. »

    Naal peut alors bouger la tête pour voir ce qui le retient. Il voit alors une jeune et belle femme nue, dont l’intimité n’est masquée que par un voile de ténèbres, semblable à de la fumée. L’inconnue se penche sur l’oreille de l’Almaréens, venant lui chuchoter, telle une mise en garde.

    « Ses pas foulent la terre, mais ils ne laissent pas de trace dans le sol. Il observe, mais pas par ses yeux. Il se tient à côté de vous, mais vous ne pouvez le sentir. L’ennemi est là. Imprégnez-le de l’odeur de la mort, alors seulement il s’en ira. »

    L’emprise sur son bras se relâche et la jeune femme disparait. Naal sent alors son corps et son esprit disparaitre de la vision. Il peut enfin revenir à lui. Le retour à la conscience est plus brutal qu’à l’accoutumée. Une légère pointe de douleur parcourt d’ailleurs toujours son bras. Cela s’explique surement par le fait qu’une marque rouge s’y trouve, semblable à une main ayant trop serré ledit bras.

    À côté de lui se trouve Kehlvehan, Purnendu et Belethar. Le baptistrel, lui, est toujours en transe. D’ailleurs, peu de temps après le retour de Naal, le gardien dit ressentir une présence et l’état de ce dernier se met à s’emballer. Pris d’un mauvais pressentiment, l’Almaréens utilise alors un narcotique pour sortir son ami de sa transe.

    Kehlvehan semble avoir appris plusieurs informations. Naal aussi en a … mais est-il sage de divulguer tout ce qu’il a appris à ceux qui se tiennent à côté de lui ?

    Naal se replonge à nouveau en transe. Cette fois ci cela va lui demander un peu plus d énergie. Naal recherche deux choses en particulier. Savoir ce que sont devenus les jarres et entrer en contact avec l'inconnue. Il parvient à suivre la piste des jarres, il voit du point de vue d une de celles ci et voit les Karapt de la nuit dernière les emporter jusqu’à une entrée à flanc de canyon.

    Très rapidement Naal perd tout repaire. Les Karapt filent à grande vitesse à l intérieur des galeries, empruntant de nombreux chemins et tournant à de nombreux croisement, semblant toujours plus s enfoncer dans de profondes ténèbres. Il se sent trembler, comme les jarres, et sent son contenu se renverser par moment, tombant au sol.
    Et soudain, dans l obscurité jaillit une lumière, se tient face à la jarre un bassin lumineux. Une nouvelle créature s approche, s assurant du contenu des jarres, celles ci sont alors déversées à l intérieur. La vision de Naal bascule alors, il ne suit plus le point de vue de la jarre mais du liquide qui s écoule et tombe dans le bassin.

    Naal est balloté de toute part et sa vision finit par s'accrocher à quelque chose. Il est collé contre une fine membrane qui pulse, il y a quelque chose de l'autre côté mais il peine à distingué ce que c ='est. Les choses bougent à nouveau. Il adopte cette fois ci le point de vue de la chose qu il faut observait. Il ressort du bassin et est transport dans une pièce non loin, si bien que Naal parvient à en retenir le chemin, avant d être déposé. Tout redevient immobile.

    C est alors qu'une silhouette se dessine. L’inconnu semble apparaître, sa forme est vaporeuse, presque irréel. Les choses sont toutefois différentes par rapport à la première rencontre. Naal assiste à la scène, il n y est pas présent. « Il faut savoir faire des sacrifices. Tu fouleras cette terre à la fois seul et entouré. Tu seras l'artisan de sa fin. L'ennemi approche, marchant dans les pas d'un autre. Il vient s'emparer du pouvoir et emportera avec lui la vie de ceux qui l'accompagne. Car lui aussi est prêt à faire des sacrifices. »

    description[INTRIGUE] Le coeur de l'essaim EmptyRe: [INTRIGUE] Le coeur de l'essaim

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    Il attendait de voir les ouvrières réagir à son offrande, impatient pour une étrange raison de se voir gratifié par une première approche positive… mais dans le doute, il reculait tout de même pattes à pattes avec autant de discrétion et de délicatesse qu’un buffle ivre dans une salle de médiation althaïenne. La furtivité d’un graärh de sa taille, mais surtout de sa couleur et ce en pleine savane n’était déjà pas facile, mais avec ses affaires et le peu d’expérience qu’il possédait en la matière ; Purnendu était difficile à louper, avec ou sans le sens du vent d’ailleurs pour balayer son odeur. Si le soldat karapt ne le manqua pas, et pour une bonne raison, l’herboriste en tout cas ne semblait pas le remarquer… ou ne voulait peut-être pas le remarquer, en fin de compte. Aussi, lorsque l’adorateur de Néant apparu soudainement devant lui, non seulement la fourrure de Purnendu se hérissa-t-elle sur son corps comme prise d’une friction statique, mais sa gueule s’ouvrit sur ses nombreuses dents carnivores et manqua d’arracher le visage de Naal dans le sursaut de terreur qui l’envahit quelques fractions de secondes avant qu’ils ne disparaissent tous deux.

    L’instant d’après, le félin et l’humain réapparaissaient dans la sécurité du campement et par dessus la tête de son « sauveur », il vit le soldat Karapt tourner en rond là où il s’était trouvé à peine un battement de cœur de plus tôt et en éprouva aussitôt un profond agacement. Il aurait dû être là-bas ! Pourquoi l’en avait-on empêché ? Ne lui faisait-on pas confiance ou bien estimait-on qu’il n’était pas encore l’heure d’une rencontre du troisième type ? Sa queue, qui avait retrouvé une dimension plus normale, battit le sol poussiéreux avec agacement et il s’écarta de Naal et de Belethar avec une expression revêche qui se définissait par des oreilles tournées sur l’arrière et des babines plissées sans toutefois montrer les crocs. Il écouta toutefois les paroles de l’enwr avec grande attention, gravant chaque mot en sa mémoire parfaite à la virgule près. Ses yeux s’attardèrent encore vers la silhouette des trois Karapts qui regagnaient l’intérieur du canyon, puis dériva sur le tas d’objet dont l’odeur d’épice et d’acidité grattait désagréablement l’arrière de sa truffe. Non décidément, il aurait été mieux pour tout le monde qu’il fut pris avec les insectes.

    Un soupir échappa à son museau et il s’ébroua avant de hocher sobrement du chef et de partir se coucher. Peut-être que quelques heures d’un sommeil bien mérité l’aiderait à se sentir mieux le lendemain… même s’il en doutait étrangement. L’aube le réveilla en douceur, mais ce qui le convainquit de se lever fut l’horrible odeur qui semblait, sous le soleil déjà semblable à un fer porté à chaud dans le ciel bleu pâle, s’être aggravée au point de lui donner une profonde migraine. Imitant ses confrères, Purnendu couvrit son museau d’un linge qu’il avait trempé dans un baume aux herbes et qui atténuait cette brûlure qui anesthésiait son odorat plus sûrement que les effluves dans les basses ruelles de Caladon. Il s’en approcha tout de même lorsque le groupe l’observa et il acquiesça lorsque l’analyse du Gardien fut dictée à voix haute. C’était bien l’une de ses hypothèses : un suc semblable à ce que les abeilles ou d’autres insectes généraient pour former et/ou couvrir leurs nids et ruches. Soulagé de ne plus avoir « ça » sous la truffe, il garda toutefois sa protection puisqu’elle l’aidait à calmer sa migraine et à lui garder l’esprit vif, attentif. Une gêne persistait à l’arrière de son crâne, une pression qui troublait ses pensées. L’Hippocampe en lui semblait mal à l’aise sans qu’il ne sache pourquoi.

    Purnendu n’eut pas le temps de s’y attarder davantage. Les bipèdes refusèrent d’avancer dans le canyon et préférèrent rallonger les préparatifs en son entrée. Une fois de plus, la queue du félin balaya le sol avec agacement, mais il se refusa à élever la moindre plainte : les arguments étaient valables et malgré son impatience à découvrir une nouvelle race et raccorder plusieurs légendes à propos des Couronnes, toutes ces révélations ne lui serviraient à rien s’il finissait dépiauté et exposé sur le tas d’objet comme le reste de l’expédition d’Erdrak. Obéissant et sincèrement inquiet par la pâleur du baptistrel, le graärh le suivit et le veilla dans le plus parfait des silences. Toutefois, il ne pu s’empêcher d’observer à plusieurs reprises la gorge du canyon et resta à pondérer les paroles délirées par l’humain… s’agissait-il du nombre de pas qu’un karapts faisait ? L’indication d’une topographie selon la pensée insectoïde ? Le temps fila et Purnendu retrouva une certaine paix intérieure, plongeant lui aussi dans ses propres préparatifs même s’il faisait montre de vigilance auprès des autres.

    Quand vint le moment des révélations, il fut un instant interdit et observa d’un œil tiède le dévot et son compagnon. Quelque chose le gênait, voire l’inquiétait franchement dans les paroles de l’humain et il resta un moment à réfléchir, ruminant un peu avant qu’il n’ouvre la gueule sans laisser sortir le moindre son. Il avait voulu déclarer qu’il était le traître. Qu’il était celui qui faisait peur à la Reine Karapt et mettait en péril toute cette expédition. Il était le descendant de Rog après tout et ce dernier l’avait déjà manipulé depuis les tréfonds de sa prison alors concrètement qu’est-ce qui l’empêcherait de poursuivre maintenant qu’il était libre ? D’autres doutes s’insinuèrent dans l’esprit du jeune graärh, mais la voix, cette voix qui l’avait accompagné toute sa vie ; elle revint. Plus puissante et insidieuse que jamais. La gueule de Purnendu se referma dans un claquement de crocs et il resta silencieux malgré ses rugissements et sa lutte interne. Il frappait et grattait contre les parois de son propre esprit. Son corps ne lui obéissait plus tandis que cette part de lui qui penchait en faveur de la connaissance en échange de tous les sacrifices et moyens possibles s’ouvrait timidement à l’influence du graärh prune.

    <Ces créatures sont trop malignes pour leur propre bien. Mais elles sont aussi bien sottes de croire la pondeuse leur tendra la main. Son seul intérêt compte. Laissons-les l’apprendre… à leurs dépends.>

    <Silence ! C’est cette même pondeuse qui a envoyé l’un de ses soldats avec une lance pour te traquer jusqu’aux tréfonds du Bayou. C’est cette même lance qui t’ôta un bras entier… Son intérêt est peut-être égoïste, mais il coïncide avec les nôtres. Elle aidera les bipèdes et tu ne pourras rien faire pour l’en empêcher.>

    Son esprit faisait le dos rond, crachait et feulait à cette présence intruse. Mais il n’était face à Rog qu’un chaton dégriffé et ne pouvait, au final, que ronger son frein et obéir. Babines scellées dans un silence contraint, Purnendu regarda chaque membre de leur petit groupe avec une neutralité impeccable. Les bipèdes avaient déjà bien du mal à déchiffrer les expressions qui passaient sur les faciès félins, mais l’herboriste s’employait davantage encore à les camoufler. Aucun son ne sortit de sa gorge lorsque Naal annonça vouloir partir seul et il se contenta de l’observer tandis qu’il quittait le groupe avec seulement assez de nourriture et d’eau pour tenir quelques jours… si les karapts ne le tuaient pas avant. Une chance, infime, voudrait que l’intervention de la Reine soit une preuve d’acceptation ou au moins de tolérance à l’égard du dévot. Les yeux d’absinthe de Purnendu restèrent river à la silhouette sombre jusqu’à la voir disparaître au détour d’un rocher et il finit par baisser le museau sur ses mains. Une pensée lui vint, amère et cynique :

    <Ta supercherie ne continuera pas bien longtemps, Rog… tu commets la même erreur malgré mes avertissements à Paadshail. Tu sous-estimes les nouvelles races et c’est à tes dépens que tu découvriras combien tu t’es encore une fois trompé.>

    Il leva les yeux vers le ciel délavé, blanchi par la chaleur de l’astre. Le sol de la savane, sur la ligne d’horizon, semblait ondoyer comme un mirage ivre lorsque le soleil atteignit son zénith. Le félin à l’épaisse fourrure préférait pour sa part rester à l’ombre afin d’économiser ses forces, gueule entrouverte et langue sortie pour mieux faire circuler la chaleur dans son corps peu habitué. Seule la présence de la cape et de son glyphe l’empêchaient de prendre le premier ciseau pour se tondre les poils ! L’œil terne, ruminant le fait qu’il ne soit qu’un pion sans l’opportunité de le clamer haut et fort au risque de finir en descente de lit, il s’extirpa de sa cachette et ramassa lentement ses affaires, ne laissant derrière lui que sa tente et d’autres effets trop encombrants pour ce que Rog lui intimait de faire. Il maugréa sur l’heure d’un tel départ, accusa son ancêtre d’avoir autant la couleur que l’aigreur d’une vieille prune et s’approcha du pauvre Belethar qui ne se doutait de rien.

    La différence de force qu’offrait les races aurait pu à elle seule suffire pour qu’il cawr-apte le pauvre homme sans plus de difficulté que l’on avait à cueillir une pomme tombée de l’arbre, mais parce que le félin voulait faire passer un message au détriment de son invité psychique, il dégaina le Croc Sauvage qu’il avait acheté dans une braderie de Caladon il y a de cela plus d’un an. Voir des ossements de dragons exposés comme objets du quotidiens l’avait troublé et il n’avait pu s’empêcher d’acheter à prix d’or celui là avec l’idée saugrenue de le rendre au premier dragon vivant qu’il croiserait en geste de respect. S’il lui avait été donné d’en croiser trois depuis son achat, il avait aussi rapidement appris que les sauriens n’en avaient que faire de ce genre d’actes et le graärh avait donc refourgué au fond de sa sacoche magique l’arme sans plus réellement s’en occuper… jusqu’à aujourd’hui.

    Grâce à sa longue étude des Baptistrels, Purnendu savait que ses prochaines actions seraient décisives. Du moins, il l’espérait. Déployant l’aura intimidante de l’Hippopotame pour intimer le silence à Belethar, il lui piqua les reins avec la pointe du croc draconique et le fit marcher jusqu’à la sortie du camps en prétextant auprès des autres qu’ils allaient faire une petite patrouille à hauteur du tas d’objets. Peut-être trouveraient-ils ensemble quelques nouvelles informations. Il marchait ainsi à pas mesurés, une mains aux longues griffes acérées solidement posée sur l’épaule de l’humain tandis que l’autre, toujours crispée sur le manche d’ivoire de l’arme, le guidait d’une menace silencieuse. L’expression sombre, il ruminait ses pensées en essayant -justement- de ne pas penser à ce qu’il faisait ou ce qu’il comptait faire. Un exercice plutôt délicat, comme un jongleur avec beaucoup trop de sabres en train de valser au dessus de sa tête, mais que l’Hippocampe aidait à rendre plus aisé. Par exemple, les lames affûtées devenaient de bois ; elles feraient toujours mal en tombant, mais ne seraient plus aussi meurtrières.

    Lorsqu’ils passèrent près du tas d’objets englué de suc, Purnendu se baissa soudainement et planta dans la terre le Croc Sauvage de toutes ses forces. Il savait qu’il ne briserait pas l’arme, mais il savait surtout qu’un tel acte dans l’élément qui imprégnait l’environnement proche du Gardien créerait une vague. Une vague qui serait comme un moucheron pris dans les fils de la Trame et qui viendrait courir dans les notes du Monde jusqu’aux oreilles sensibles du Cawr. Son acte de malveillance aussi avait dû créer un écho dissonant dans ce même océan de mélodies. Belethar était après tout l’apprenti de Kehlvehan ; ce dernier devait -en toute logique- suivre avec plus d’assiduité les vibrations de sa vie que celles de tout autre. Purnendu se releva et continua sa route sans un mot. Il ne désobéissait pas à son ancêtre et veillait à cacher ses intentions en modifiant ses propres souvenirs. Là, il s’agissait plutôt de jouer les jongleurs avec des sabres en pyrolites et même l’Hippocampe ne pouvait plus rien pour l’aider. La moindre erreur et il pouvait s’oublier…

    <La pondeuse est prête à me recevoir. Ce tas trempé dans son fluide à l’entrée, c’est un défi. Elle n’est pas parvenue à me tuer lors de ma libération, alors elle espère pouvoir le faire si je viens sur son territoire. Quelle sotte.>

    <Oui, alors que tu es tellement plus noble et intelligent à venir te cacher dans les replis de mon esprit. Les légendes ne rendent définitivement pas hommage au fait que tu fus jadis un Naayak de la Tribu d’Or.>

    Un bref silence avant qu’il ne pense pour lui-même :

    <Tant qu’on est là à tailler le bout de gras, j’aimerai avoir quelques réponses si tu le permets. Tu as dis certaines choses, lors de ta libération à propos des Karapts et depuis ce jour j’ai redoublé d’efforts dans mes recherches de vieilles légendes… Est-ce bien toi et les autres Couronnes à avoir créé cette race ?>

    Un silence lui répondit et Purnendu manqua d’abandonner l’idée que l’autre serait d’humeur à lui répondre quand la voix s’éleva à nouveau, cinglante comme une migraine après trop d’alcool de patates.

    <Je veux simplement reprendre ce qui m’appartient. Je suis le seul à les avoir créé.>

    <… Tu viens régler tes comptes avec la Reine donc. C’est parce qu’elle t’a trahi ou parce qu’elle t’a oublié depuis le temps?>

    <La Reine que j’ai connu et créé est morte. Celle-ci apprendra bientôt à me connaître.>

    Un soupir lui vint quand Rog refusa de poursuivre et Purnendu se retrouva bientôt contraint de fabriquer deux remèdes. À partir du suc poisseux. L’un allait le faire passer pour un Karapt de la ruche, ouvrière ou soldat, ça n’avait pas d’importance. Les hormones qu’il dégagerait quelques secondes après l’ingestion de la potion le rendront invisibles aux sens des insectes tandis que le pauvre Belethar qui aurait à boire sa part -contre sa volonté il s’entend-, aura plutôt l’effet opposé. L’humain paraîtrait bien assez tôt aux yeux des Karapts comme leur nouvel ennemi. Purnendu posa sur lui un regard de douce compassion, proche de la pitié et des remords. Il s’en voulait d’infliger ça à un pauvre homme qui n’avait rien demandé à personne. Une victime collatérale supplémentaire dans la recherche d’un plus grand bien. Du moins, en toute subjectivité il s’entend. Avant de repartir, le félin de cendre s’assura de donner un coup de patte sur la dague toujours fichée dans le sol afin de la faire pencher vers l’intérieur du canyon. Comme une indication silencieuse.

    Cela faisait maintenant quatre longues heures qu’ils marchaient dans le canyon sans croiser mandibules qui vivent. Purnendu tirait la langue et traînait des pattes alors que la chaleur moite de cette gorge privée du moindre vent mettait ses nerfs et coussinets à rude épreuve. Le sable irritait la chaire délicate entre ses orteils, l’ombre tiède était collante, presque graisseuse alors qu’une sueur désagréable lui coulait entre les jonctions de son armure. Sa langue pendait, gouttant de salive alors qu’il haletait par à-coups et lorgnait régulièrement autour de lui sans trop de conviction. Il finit par s’arrêter et s’adossa à un rocher en faisant signe à l’enwr d’approcher. Il l’attrapa d’une grande patte sur la nuque et pressa du pouce et de l’index sur ses joues pour le forcer à ouvrir grand la bouche. D’un grognement d’avertissement, il lui versa en un mince filet le contenu de la fiole et s’assura qu’il ait bien bu avant d’avaler la sienne et de reculer d’un pas prudent. D’expérience, il ne serait pas bon d’être dans l’entourage immédiat de l’humain lorsque les Karapts remarqueraient enfin sa présence…

    <Libère-le maintenant. Il faut que l’appât se débatte un peu, sans quoi le poisson ne mordra pas à l’hameçon.>

    « - Va… retourne à l’entrée du canyon. Retrouve ton mentor et raconte lui ce que j’ai fais. »

    Gronda-t-il pour le baptistrel. Il retroussa les babines et claqua des mâchoires en déployant une fois de plus son aura d’Hippopotame pour lui coller une bonne frousse. Il attendit et le suivit tout de même à une certaine distance, le gardant à l’œil tout en tendant les oreilles pour capter le moindre frémissement alentours, voire dans le sol. Il ne fallu pas longtemps, à peine quelques minutes, pour que la terre se mette à trembler puis à se fissurer autour de Belethar. Purnendu sentit son cœur faire un bond dans sa poitrine et poussa un rugissement qui transforma l’air autour de l’humain en un bouclier physique irisée de vert comme une aurore boréale. Elle ondoya sous ses pieds, prête à encaisser une attaque. Après tout, Rog voulait que l’appât serve et c’est ce qu’il avait fais. Il n’était question nul part qu’il devrait forcément en ressortir en tas de suc à l’entrée du canyon !

    <Avant que tu ne râles… j’ai appris à pêcher à Paadshail ! Pour exciter le poisson et le sortir du trou de glace, il faut d’abord l’exciter d'une mouche plus vraie que nature.>

    Si le Karapt n’arrivait pas à attraper Belethar du premier coup alors peut-être qu’il sortirait enfin son affreuse frimousse du sol !

    * * * * * *

    Directives :
    La tentative de Purnendu d’établir un contact pacifique avec les Karapt n’a pas vraiment fonctionné. Son offrande a certes été acceptée, mais un des gardes insectoïdes a tout de même tenté de l’attaquer. Sans l’aide de Naal pour l’extirper de là, il aurait été confronté à cette bête. Toutefois et pour une raison inconnue, le graärh ne peut empêcher de faire poindre cette idée selon laquelle il aurait peut-être mieux fallu que l’humain n’intervienne pas. Pourquoi ? Cela il ne le sait pas encore et garde donc cette pensée pour lui.

    Le calme revient, la nuit se passe et la matinée s’amorce sur l’approche du tas et son analyse. L’odeur qui se dégage du fluide le recouvrant est vraiment puissante et très dérangeante pour lui qui est un graärh. Il a l’impression que sa truffe le brule. Les autres félins de la troupe ressentent la même chose et sont obligés de se couvrir le museau. Heureusement, grâce à l’aide de Kehlvehan l’horrible odeur est chassée.

    Le prêcheur et le Baptistrel refusent de rentrer tout de suite dans le canyon, ce qui ne peut empêcher de faire naitre une légère pointe d’agacement dans l’esprit du Purnendu. Après tout, ne sont-ils pas là pour y entrer ? Là, ils perdent du temps. Toutefois, les deux compères insistent pour en apprendre plus avant d’aller plus loin. Ainsi Naal et Kehlvehan se plongent chacun dans une transe pour en apprendre plus. Partageant certaines informations avec le reste du groupe. Celles-ci étaient très intéressantes, mais aussi très dérangeantes … surtout celles provenant du dévot.

    Soudainement, Purnendu sent une emprise se faire sur son esprit, mais également sur son corps. C’est puissant et insidieux. Le graärh ne peut malheureusement pas lutter. Une voix résonne en lui.

    ¤ Ces créatures sont trop malignes pour leur propre bien. Mais elles sont aussi bien sottes de croire que la pondeuse leur tendra la main. Son seul intérêt compte. Laissons-les l’apprendre … à leurs dépens. ¤

    Le traitre … c’était lui. Depuis toujours il l’était, il n’était que l’instrument de Rog. Un instrument dont il s’était servi pour se libérer. Un instrument dont il se servirait pour récupérer sa puissance d’antan. Les voix dans son esprit s’étaient tues après la libération de ce dernier. Mais pour autant, il n’avait jamais été seul. Le bossu s’était juste fait … plus discret. Plus insidieux encore. Trahissant sa présence uniquement sous forme d’idée. Était-ce réellement Purnendu qui avait eu l’idée du contenu de l’offrande ? Où était-ce Rog qui lui avait soufflé ?

    Le doute et la suspicion s’abattirent au sein du groupe après l’annonce de Naal et lorsque celui-ci annonça son départ seul, deux graärh et un humain élevèrent la voix. Ce plan était dangereux. Le prêcheur risquait sa vie et sur quoi ? Des propos dont on ne pouvait réellement vérifier la source ? Kehlvehan prit la parole pour appuyer Naal. Et pousser par Rog, Purnendu sera contraint de faire de même. Le prêcheur était puissant. L’éloigner de la sorte était une bonne idée. Et Kehlvehan était affaibli. Les deux plus grosses menaces étaient écartées à présent. Il ne manquait plus que le bon moment pour agir.

    Un compromis fut trouvé. Naal partirait, seul, mais le reste du groupe attendrait non loin de l’entrée du canyon, établissant ainsi un campement pour attendre le retour du prêcheur … ou que ses effets soient disposés sur le tas à l’entrée.

    Le reste de la matinée se passa dans le calme et sans le moindre accros. Tout le monde s’affairait à faire quelque chose dans le campement. Sauf le baptistrel qui partit se reposer, épuiser à la fois mentalement et physiquement tant par le voyage, l’effet de sa transe que du narcotique utilisé plus tôt par Naal. C’est sur les coups de midi que Rog ordonna à Purnendu d’agir. Alors que Kehlvehan dormait encore et que le repas était servi, Purnendu profita de la baisse d’attention générale pour s’éclipser du campement.

    Toutefois il ne partit pas seul. Il aurait besoin d’un appât afin de l’aider à pénétrer dans la ruche. Et pour ce faire, il captura le plus inoffensif membre de cette expédition : Belethar Espérancieux. Emportant son prisonnier au sein du canyon.

    ¤ La pondeuse est prête à me recevoir. Ce tas trempé dans son fluide à l’entrée, c’est un défi. Elle n’est pas parvenue à me tuer lors de ma libération, alors elle espère pouvoir le faire si je viens sur son territoire. Quelle sotte. ¤

    Rog fit ramasser à Purnendu un peu du fluide sur le tas et, profitant des connaissances de celui-ci et du fait qu’il soit lié au totem du raton-laveur, lui fit préparer deux mixtures différentes. Il but la première et fit boire la deuxième à Belethar après s’être enfoncé quatre longues heures à l’intérieur du canyon.

    ¤ Libère-le maintenant. Il faut que l’appât se débatte un peu, sans quoi le poisson ne mordra pas à l’hameçon. ¤

    Quelques minutes plus tard, un léger tremblement se fit sentir dans le sol et la terre autour de Belethar commença à se fissurer.


    Dons d'Esprits-Liés utilisés :
    Hippopotame niv 2 : Il possède une aura intimidante pouvant affecter les personnes ayant Bon ou moins en Force Mentale.
    Hippopotame niv 3 : Le spirite a la capacité de créer des boucliers physiques ou magiques arrêtant des attaques niveau Maître max (en Magie ou Force Physique).
    Hippocampe niv 2 : Le spirite peut maintenant altérer ou remplacer les souvenirs de la mémoire à court terme et long terme.


    Langue Commune : #BBEB96
    Langue Graärh : #59A022
    Langue Graärh ancien : #295F00
    Langue Elfique (avancée) : #E1F682

    description[INTRIGUE] Le coeur de l'essaim EmptyRe: [INTRIGUE] Le coeur de l'essaim

    more_horiz
    Une fois qu’il eut fini d’examiner son tas d’objet, Belethar se retourna pour finalement voir que son maître qui lui avait demandé il y a quelques minutes de l’assister dans l’accomplissement de quelques rituels dont il avait le secret, l’avait rejoint.

    “C’est du suc”, commenta t-il. Belethar eut un petit sourire, réprimant un petit rire nerveux. Il reconnaissait bien là les maximes fétiches de son maître, et sa façon de s’exprimer qui différait tant des autres personnes : les “Kehlvehaneries”, comme il les appelaient. A la fois très évasives dans leur sens premier, et pourtant quand on le connaissait un peu on savait que ce genre de phrases avait généralement bien plus de portées que son sens premier.

    S’ensuivit un court exposé sur les propriétés du fameux suc, et sa provenance, que Belethar écouta avec sagesse. Désormais, l’Espérancieux trouvait que rares étaient devenus les moments où son maître partageait avec lui de telles explications, alors il prit ce qu’on lui donnait.

    L’apprenti remercia grâcieusement son maître d’avoir chassé les odeurs, et l’aida à s’installer pour son rituel par la suite. Il eut un nouveau sourire à la suivante “Kehlvehanerie”, mais ne tarda pas à retrouver son sérieux.

    Comme il l’avait appris dans ses longues années d’apprentissage, Belethar s’appliqua à noter seulement le plus important des longues litanies de son maître. En vérité, c’était un exercice qui pouvait en désarçonner plus d’un (lui c’était d’ailleurs casser les dents à de nombreuses reprises), mais désormais l’Enwr disposait de suffisamment d’expérience, et avait suffisamment compris comment ces transes là fonctionnaient pour distinguer le superflu du réellement important.

    Alors il nota calmement jusqu’à ce que Kehlvehan fit une pause, où Belethar en profita également pour manger un morceau, chose qu’il n’avait pas fait depuis le début de la journée.

    Le Pater Familias émit un profond soupir quand l’Almaréen les rejoignit et regarda les notes de l’Espérancieux. Par les Sept, ne pouvait-il pas aller prêcher sa foi ailleurs, lui ? Belethar tapota du pied, ne cachant pas son agacement quant à l’implication de cet homme co-responsable de bien des crimes contre de nombreuses familles de l’Archipel dans leurs activités. Il ne camoufla cependant pas ses notes : il retranscrivait la volonté de son maître, et son maître avait fait le choix de garder cet apôtre auprès de lui, alors il respecta cela.

    S’ensuivit une autre transe où Belethar s’appliqua de nouveau à noter, tout en regardant l’air inquiet son maître, puis l’Almaréen qui était décidément bien présent. Belethar eut un autre soupir, songeant au fait que s’il tuait son maître là à l’instant, aurait-il le courage de garder son Serment intact ? Il chassa cependant cette pensée bien rapidement, sentant que peut être il partait trop loin. Même si Belethar détestait tout ce que le Roi d’Almara représentait il ne pouvait nier qu’il y avait une véritable amitié, voir peut être plus encore, de tisser entre l’elfe et l’humain. Il ne le tuerait point sur le champ.

    Tout au plus, Naal administra un puissant sédatif au maître de Belethar qui l’endormit sur le champ quand les problèmes se faisaient sentir pendant la transe.

    L’apprenti songea au fait que pour que son maître en arrive à demander l’administration de substances en lui pour se tirer d’une méditation, c’est qu’il devait effectivement y avoir un vrai sujet d’ampleur derrière l’habitation des Karapt. Et pourtant, cela ne surprit guère Belethar, après tout il avait entendu les très nombreux délires d’Erdrak. Cela ne pouvait pas sortir de nul part, et ne rien dire.

    Cela se confirma d’autant plus quand Kehlvehan délivra ses explications. Doucement mais sûrement, Belethar commençait à voir les mailles de la compréhension de cette civilisation particulière s’entrecroiser entre elles.

    Cependant, cette satisfaction intellectuelle fut bien rapidement remise à sa place par l’intervention du Roi d’Almara, que Belethar avait réussi momentanément à oublier. Toutefois, l’apprenti baptistrel ne pouvait nier que les informations qu’il délivrait étaient importantes … Mais c’était simplement que … Essayant de focaliser sa frustration sur quelque chose de plus réjouissant, Belethar se prit l’envie de compter le nombre de fois où les mots “Néant”, “foi” et “Unique” étaient mentionnés dans les discours de Naal. Et diantre, qu’ils étaient nombreux. On aurait presque pu croire qu’ils étaient de véritables outils de ponctuation !

    L’Espérancieux esquissa un sourire, il est vrai que ce jeu était plaisant. Toutefois, il se devait d’être un minimum sérieux, d’autant que derrière tout ce paradigme religieux se cachait des informations importantes et des éclaircissements sur les visions d’Erdrak que Belethar écouta attentivement.

    Même s’il commençait à entrevoir de telles possibilités, il était toujours plaisant de voir que d’autres personnes pensaient comme lui, et que les délires du soldat pouvaient définitivement être pris au sérieux.

    S’ensuivit le moment où Naal décida de réunir tout le monde dehors pour “quelque chose d’important qu’il avait vu dans ses visions”. Diantre, Belethar espérait que par “important”, Naal ne désignait pas une apparition de son Néant adoré donnant lieu à une messe improvisée, car cela il ne l’aurait pas supporté.

    Heureusement, point de Néant au programme pour cette foi, ce qui rendait déjà le Roi d’Almara plus agréable à écouter. Il expliqua ainsi qu’un traître se cachait parmis eux, ce qui pour le coup, surprit quelque peu l’Espérancieux : un traître, mais pour quelles raisons exactement ? Qui pouvait bien être affilié à un traître aux yeux de cette espèce d’insecte ?

    Naal mentionna ensuite un certain Rog … Que pouvait-il être, Belethar n’en savait rien. Pour autant cela troublait beaucoup les Karapt.

    Belethar haussa cependant un sourcil quand Naal fit ses adieux, disant qu’il partirait seul dans le canyon. Déjà, il fut surpris qu’un Almaréen ait un tel sens du sacrifice pour son groupe, et ensuite, il avouait qu’il ne savait pas trop comment réagir : devait-il être triste ? Certainement pas, au contraire, même si Naal s’était avéré utile dans l’éclaircissement du mystère du canyon, c'eût été mentir de dire que Belethar souhaitait qu’il reste parmi eux. Mais est-ce que cela devait dire qu’il laisserait Naal aller se faire tuer tout seul au milieu d’un canyon ennemi ? Certainement pas non plus ! Et pourtant ...

    Ces révélations et cette décision tombaient un peu comme un cheveu sur la soupe pour l’Enwr, qui sentait qu’il assistait à une bonne pièce de théâtre avec laquelle il ne pouvait pas vraiment interagir. Regrettant de ne pas pouvoir être plus utile, il tâcha de soutenir son maître qui voyait ainsi un Ami partir, essayant d’être là où il le fallait sans trop l’importuner. Kehlvehan alla cependant bien vite se reposer, et Belethar contribua à l’établissement du camp provisoire par la suite.

    Alors que l’heure du déjeuner se rapprochait, Belethar s’était mis aux fourneaux. Il n’était pas un cuisinier d’exception, néanmoins les arts culinaires ne lui étaient pas étrangers, aussi savait-il faire à manger pour toute sa Famille. Ainsi était le rôle du Pater Familias : veiller sur sa famille, qui prenait parfois des considérations très pratiques.

    Alors qu’il veillait sur sa petite tambouille, assaisonnant ça et là le fumet déjà bien plus plaisant à l’odeur que tout ce suc acide, il croisa Purnendu qui s’approcha de lui. Il l’interpella alors :

    “Ah Purnendu, tu tombes bien ! Tu vas pouvoir me goûter cette petite spécialité Espérancieuse, une recette qu’on garde de générations en générations sans jamais la divulguer, tu m’en diras des nouvelles ! Et toi d’ailleurs, tu en penses quoi de Naal, franchement, entre nous, il est quand même sacrément bizz…”

    Belethar n’eut pas le temps de finir sa phrase que le sort le rattrapa tout de suite sur sa future médisance.

    Tout alla très vite, le graärh dégaina rapidement ce qui ressemblait à un ossement de dragon. L’apprenti voulut dire quelque chose, toutefois il sentit que tout son esprit voulait surtout rester coi actuellement, victime d’une quelconque machination que Belethar n’arriva pas à identifier, dans l’urgence de la situation.

    Ironie du sort, un Espérancieux menacé avec quelque chose s’apparentant aux Dragons ! Si Purnendu savait seulement … Belethar cligna des yeux, tentant de résister en vain au sortilège du Graärh, sentant le poids familial sur ses épaules, mais assez vite il se résigna.

    La force dans les duels n’avait jamais été son fort, aussi il considéra que ce n’était pas la peine de s’acharner et il utilisa plutôt le semblant d’énergie qu’il trouvait pour analyser la situation, alors qu’il suivait sagement Purnendu dans son petit manège.

    De fait le Graärh avait un air … étrange. Naal avait probablement vu juste sur le fait qu’il y avait un traître dans ce groupe vraisemblablement influencé par ce certain “Rog”, parce qu’effectivement Belethar avait le sentiment qu’il se trouvait juste en face de lui.

    Malgré tout le sérieux que le Graärh mettait dans sa tâche d’intimidation du jeune apprenti, Belethar sentait que les mouvements de Purnendu étaient raides, et cela fut d’autant plus confirmé par le fait qu’il plante si soudainement l’ossement de dragon dans le sol. Un avertissement à l’intention de son maître, peut être … Des vibrations parcouraient maintenant la Terre. Belethar voulut à tout prix profiter de l’occasion pour transmettre un message à son maître, mais pris par l’aura de l’hippopotame, il ne put se servir de son art de manière très claire.

    Aussi, il tapota du pied, mimant machinalement quelques mouvements de danse dont il avait le secret, mais tout était rapide et incohérent, dû au fait que Belethar n’avait plus vraiment le contrôle de soi-même, apeuré plus que de raison par Purnendu.

    Ils marchèrent ainsi longtemps … Très longtemps. Belethar n’était pas un peureux des voyages d’habitude, mais là spécialement, il n’était pas très rassuré sur la suite des événements.

    Quand vint enfin le moment de s’arrêter un peu, Belethar put profiter d’un instant de repos, qui fut assez rapidement raccourci par Purnendu. Le Graärh intima l’Enwr de s’approcher, ce qu’il fit, toujours pris par le sortilège. Belethar se vit forcé de boire un liquide ignoble, qui lui provoqua de nombreux haut le coeur, mais qu’il ingurgita tout de même.

    Après, Purnendu lui ordonna de retourner auprès de Kehlvehan, ce que Belethar accomplit méthodiquement ... Avant de se rendre compte que le sol se déroba sous ses pieds, dévoilant de trop nombreux Karapt prêt manifestement à en faire un excellent repas. Belethar n’eut pas le temps de dire ouf qu’aussitôt, un bouclier sphérique qui n’était pas de son oeuvre vint le protéger.

    Une oeuvre du graärh qui avait retrouvé un semblant de volonté ? Belethar n’eut pas le temps d’y réfléchir, car il se fit balloter sous les assauts Karapt. La sphère bougea enfin sous la véhémence des coups des insectes, mais ce n’est pas pour autant que la mort toucha l’apprenti, car il dévala loin dans cette espèce de galerie qui s’était ouverte sous son poids …

    Il perdit tout sens de l’orientation, et le reprit quand la sphère éclata, signifiant la fin de sa dégringolade. Il voulu toucher le sol pour reprendre ses esprits, mais en s’apercevant qu’il touchait en fait une matière molle et spongieuse, cela l’acheva et il rendit au sol ce qui lui restait dans l’estomac de son petit-déjeuner, et de la potion infâme qu’il avait du boire.

    Ceci fait, il prit le temps de se relever et reprendre ses esprits. il écouta la terre, et les bruits environnants, sagement. L’armée n’était plus là, mais pas non plus hors de portée. Belethar entendait ces cliquetis incessants, comprenant soudain pourquoi Erdrak était revenu complètement fou de cette expédition …

    Tâchant de trouver quelque chose d’utile à faire maintenant qu’il était seul livré à lui même, Belethar reprit ses instincts d’aventurier. Assez vite, il repéra une odeur sucrée, qu’il décida de suivre.

    “Sucrer”, c’était un mot qu’Erdrak avait souvent utilisé dans ces délires, Belethar, prit d’une soudaine confiance en ces dires qui le renvoyait à quelque chose de connu, décida de suivre l’odeur.

    A la suite de quelques couloirs parcourus, il tomba bien vite sur une grande pièce déjà un peu plus lumineuse, de laquelle semblait émaner cette puissante odeur. Son oeil d'architecte n’y vit pas grand chose, si ce n’est cette matière spongieuse un peu partout. Tout semblait centré sur un fameux “bassin de lumière”, que Belethar reconnu aussitôt des dires d’Erdrak. De celui-ci partait toutes les odeurs de sucre : l’enwr estima qu’il devait s’agir de leur garde-manger, où quelque chose de ce style.

    Belethar entendit de plus belle les bruits des Karapt qui se rapprochaient de manière de plus en plus rapide : ils n’étaient probablement plus très loin de lui. Aussi, l’instinct de conservation de l’apprenti baptistrel le poussa à plonger à l’intérieur du bassin …

    Il retint sa respiration un moment, constatant qu’après son plongeon les karapt arrivèrent en masse. Il y eut un silence angoissant pendant quelques instants, puis les karapts ne semblant pas le discerner, partirent.

    Attendant bien que tout le monde soit parti, l’Enwr ressorti aussi sec de l’eau, pour prendre une grande inspiration salvatrice.

    Il était luisant, sentait très fort le sucre, et un peu collant, mais il était libre. Bon certes, séparé de son maître et des autres du groupe, mais libre. Il poussa un long soupir de soulagement : c’était quand même un comble de trouver un instant de calme plat dans la gueule du loup.

    Bizarrement, l’instinct d’aventurier curieux et voyageur de Belethar prit le dessus sur tout le reste à ce moment précis, et une fois qu’il fut sorti entièrement du bassin, il se décida finalement à bouger du garde-manger.

    Dans la gueule du loup, mais pas totalement désarmé, Belethar explora les galeries, à la recherche peut être d’un début de réponse à toutes les questions que se posaient le groupe …

    Directives :



    “Le groupe s'est posté à l’entrée du canyon sans toutefois aller plus en avant. Kehlvenhan et Naal ne semblent pas bien assurer et préfèrent faire de plus ample recherche avant d’envisager de franchir le point de non-retour. Belethar se met donc à prendre des notes comme lui demande de le faire son maitre baptistrel alors que ce dernier se met en transe. Lentement, les informations afflux. Le dévot se met également en transe pour recueillir par un autre biais des informations.

    Ce qui ressort des différentes recherches est pour le moins troublant, les réponses emportent de nouvelles questions, mais elles ont au moins le mérite d’éclaircir un peu les propos fous d’Erdrak. Mais le pire, c’est assurément le doute et la suspicion qui s’abat sur le groupe après les révélations de l’Almaréens. Il y aurait un traitre. Mais comment faire confiance à un type comme lui avec une source d’information aussi douteuse ? Quoi qu’il en soit, le dévot semble avoir la confiance du gardien de l’ordre.

    Naal entre seul dans le canyon. Le reste du groupe retourne établir un camp. Kehlvenhan, épuisé, s’en va se reposer. Tandis que le reste s’en retourne vaquer à leurs occupations. Les heures défilent, lentement, puis midi sonne. Mais pour Belethar, ce n’est pas l’heure du repas. Purnendu se présente à lui, arme au poing, lui intimant de ne pas faire de bruit et de se taire sous peine de voir sa vie prendre fin en ce jour même. Finalement, Naal avait raison, il y a bien un traitre et ce dernier à décider de jeter son dévolu sur l’Espérancieux.

    Le traitre et son prisonnier partent du camp, prétextant allant étudier plus attentivement le tas d’armes à l’entrée au cas où ils seraient passés à côté de quelque chose. Les autres ne se posent pas de question, il n’y a de toute manière pas grand-chose à faire, et le gardien se repose encore. Personne ne viendra en aide à Belethar. Il est seul face à son destin.

    Une fois dans le canyon, Purnendu force Belethar à boire une potion qu’il a vu préparer à partir du suc contenu sur le tas à l’entrée. L’odeur est épouvantable, et ne parlons même pas du goût. Le jeune apprenti se sent limite défaillir. Qu’est ce que cela peut bien être ? Lui et le traitre s’enfoncent davantage dans les terres des Karapt. L’humain à l’impression d’avoir un millier d’yeux braqués sur lui, mais il ne les voit pas. Après plusieurs heures, Purnendu s’arrête enfin. Est-ce la fin du voyage pour Belethar ?

    Le graärh a la mine triste et désolée lorsqu’il regarde l’humain. Qu’est-ce qui peut bien clocher chez lui ? Il est un traitre, mais pourtant il semble peiner de faire tout cela . Le félin chasse l’humain qui a enfin l’occasion de pouvoir s’échapper, mais tout ceci n’était qu’illusoire. À peine Belethar a-t-il le temps de faire quelques pas que le sol se dérobe sous ses pieds. En dessous, il y a une galerie et une marée grouillante de ses gigantesques insectes peuplant le canyon. Leurs griffes, crocs et mandibules sont tous braqués en direction de l’humain, prêt à le déchiqueter.

    Mais la mort ne vint pas pour l’Espérancieux. Un bouclier protecteur vint l’entourer, un peu comme une sphère. Les Karapt commencent à s’acharner dessus sans parvenir à le briser, puis, sous tant d’effort, la sphère protectrice se met à bouger vers l’arrière, puis à rouler.

    L’humain se met à dévaler les galeries Karapt avec une armée aux trousses, celle-ci poussant davantage la sphère protectrice à chaque nouvelle attaque. Très vite, Belethar perd tout sens de l’orientation alors qu’il s’enfonce dans les profondeurs de la terre tant il est remué dans tous les sens. Il a la tête qui tourne et le cœur au bord des lèvres.

    Finalement, la protection éclate et Belethar tombe au sol dans une sorte de manière molle et spongieuse. C’est très rebutant au toucher. Malheureusement, il ne parvint pas à voir ce que c’est. Ici, l’obscurité règne en maitre, mais aussi le silence. Il lui faut un peu de temps avant de pouvoir reprendre ses esprits et remarquer que l’armée qui le poursuivait n’est plus là. Il a dévalé de nombreuses pentes, sans doute a-t-il fini par aller plus vite que ses poursuivants et les a distancés avant de les semer.

    Les réjouissances sont toutefois relatives. Les bruits des Karapt en furies se font entendre, ils sont loin, mais semblent provenir de toutes les directions.

    C’est alors que Belethar remarque une nouvelle chose. Une odeur flotte dans l’air … une odeur … sucrée ? Devrait-il suivre cette odeur où plonger à errer dans les ténèbres profondes ?

    + les quelques compléments sur le garde manger que j’ai reçu via discord, en voici un petit condensé :

    “Ok. Tu suis l odeur sucrée et à mesure que tu approches tu finis par voir un peu de luminosité. Tu t approches discrètement et tu tombes sur une sorte de grande alcôve. Ça sens très très fort le sucre et tu vois au milieu de la pièce une sorte de grand bassin lumineux et l’odeur du sucre en émane. (D ailleurs à ce moment là tu entends que les bruits des Karapt se rapproche très vites de toi. Ils ne sont plus très loin)”

    “Niveau de l architecture y a pas grand chose à voir. C est fait en une matière inconnu et d apparence organique et un peu spongieux. C est parcourut de magie. Le bassin y a une forte odeur de sucre qui en émane donc ça doit probablement être une sorte de stockage de nourriture. Y a de la magie aussi qui en émane, tu parviens à déterminer de quel « volet » de magie ca semble appartenir et tu dirais le flux de guérisons(modifié) En tout l odeur de sucre qui en émane est forte.
    Et c est froid aussi”

    “Tu te caches dans le bassin. Les Karapt arrivent en masse. Et le silence tombe. Ils ne te trouvent pas, tu as disparus. Ils repartent alors et tu sors de l eau pour reprendre une grande respiration. Tu es désormais de nouveau seul, dans le silence. Tu sens très fort le sucre, tu colle un peu et tu luis une légère lumière. Tu peux choisir entre te morfondre ici et explorer le rucher.”


    description[INTRIGUE] Le coeur de l'essaim EmptyRe: [INTRIGUE] Le coeur de l'essaim

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      Il faisait une chaleur cuisante, malgré l'hiver qui frappait l'archipel, maintenant que le soleil était à son zénith. En vérité, c'était dans ce genre de situation qu'il appréciait particulièrement d'être un almaréen. Sa peau cuivrée était habituée aux rayons brûlants de l'astre solaire. Il avait aménagé sa toge en un pantalon et une longue tunique par le glyphe de métamorphose qui la sertissait, afin de le pas subir les affres d'une peau collante de transpiration. Il avait l'impression de retrouver, avec l'esprit-lié du Pangolin, son endurance d'autrefois, lorsqu'il était un serviteur du Néant. Ainsi remerciait-il son Dieu en chemin, par de sincères prières, toutes aussi dévouées qu'à la première de toute son existence... Ou de la précédente. Son armure, impalpable, lui permettait de ne pas en supporter le poids, pendant son voyage. Il avait bien assez de la besace et de ses pieds nus sur un sol escarpé et chaud. Là aussi, l'habitude l'aidait à évoluer dans l'environnement hostile mais il jurait qu'à l'avenir, tout bon pèlerin qu'il était, il veillerait à s'offrir une paire de chaussures pour les jours où il déciderait de vagabonder plus que de raison.

      On l'attendait à l'entrée du canyon. Naal était persuadé qu'il aurait mieux valu qu'ils rebroussent chemin jusqu'au Domaine. Qu'il l'attendre ici ou ailleurs, cela ne ferait pas de différence pour la puissance de néant contenue dans Anávasi. Il n'avait néanmoins pas cherché plus longtemps à discuter. Il aurait peut-être du. La corneille l'aidait à suivre son chemin, retraçant celui qu'avaient emprunté les jarres. Il sentait néanmoins les regards posés sur lui par milliers, les pierres qui roulaient, probablement en haut d'une pente abrupte, prêtes à lui tomber dessus, comme lorsqu'il avait vu Erdrak s'enfoncer ici avec ses troupes. Mais nulle agression. Il s'agenouillait, parfois, pour observer les traces au sol, singulières et il avançait en priant son Dieu, machinalement, par habitude. La route était escarpée, parfois, et il craignait que les Karapt roule leur pierres sur lui... Mais rien de tout cela n'était advenu jusque là alors qu'ils en auraient eu tant et tant l'occasion. Naal avait fini par leur faire confiance.

      Peut-être était-ce à tord mais... Qu'importait ? Il était un homme d'espoir, à présent. L'entrée des galeries se dessinaient enfin sous ses yeux, comme dans ses visions. Si l'inconnu l'intriguait et l'effrayait, il était surtout ravi que l'opportunité lui soit donnée de quitter enfin ce cagnard. Dans les cavernes, l'obscurité serait reine et la fraîcheur reviendrait. Il sentait sur lui bien des milliers d'yeux, encore plus nombreux qu'au début. La tension se montait palpable et pour autant, l'almaréen poursuivait sa route, téméraire. Et il fallait au moins l'être un peu quand on était pris de la folie de tuer des dragons. Un karapt assez grand, semblable à celui qui avait frappé Rog de sa lance, dans sa vision, se tenait devant l'entrée, intimidant par sa carrure et par les vestiges de ses combats. Naal l'aimait bien. Il l'aurait bien embauché pour une chasse aux dragons. L'almaréen eut un sourire en coin, amusé par l'idée ; pour autant il ne se lança pas dans un entretien de recrutement et se contenta de sortir ses trois dagues de leur fourreau et de les lâcher au sol. Il observa les têtes insectoïdes qui dépassaient ici et là, curieux à leur égard.

      Il fit une petite moue, en regardant la lance brisée d'Aldakin. Il y tenait, tout de même. Il espérait pouvoir la récupérer, en rentrant. S'il rentrait. On le laissa passer et il savoura l'instant où le soleil cessa de cuire sa peau. S'il avait peur ? Sûrement un peu. Néant ne le ramènerait pas à la vie cette fois. Mais tout les hommes mourraient un jour, il partait en paix avec cette idée. A peine eut-il le temps de tourner à la première galerie qu’une autre créature lui fit face. Celle-ci était plus large et semblait dotée d’une membrane de peau rappelant un voile sur chacun de ses flancs. Elle ne semblait néanmoins pas faite pour le combat et l'humain se fit rapidement attraper. Malgré la peur, il essaya de ne pas paniquer ou se débattre... Cela aurait pu être mal interprété. Il se retrouva sur son dos, à la chevaucher quand celle-ci se mit à filer à toute allure dans les galeries. Il s'accrocha férocement, au début, à la carapace puis l’adrénaline de l'air qui sifflait à ses oreilles lui fit apprécier le moment.

      Il alla jusqu'à lâcher les mains, levant les bras en croix, ressentant une certaine forme de liberté salvatrice alors qu'il s'enfonçait dans les méandres de la ruche. « Youhooooooooooooou ! » Oui, vraiment, papi s'éclatait. S'il devait mourir ensuite, il se serait quand bien amusé avant. Malgré les bourdonnements, le paysage qui défilait à toute allure, l'air humide et lourd et le fait qu'il n'ait plus la moindre idée de là où il était, il profitait de la vue, de ces constructions fabuleuses, membranaires, et éclairées par des cristaux d'un vert lumineux. Certes, c'était effrayant et glauque. Mais Naal appréciait l'édifice néanmoins. Tout ce qui était fait de la main des vivants valait la peine d'être admiré, au moins un peu. S'il avait senti des milliers d'yeux l'observer au dehors, ils étaient encore plus nombreux ici. Une chance que les Karapt n'aient pas un désir d'expansion de territoire farouche. Les Tiamarantais n'auraient pas fait long feu. Son carrosse tout terrain s'arrêtait (à son grand regret, car c'était quand même vachement amusant) et l'humain descendit, avançant dans l'unique chemin qui se trouvait devant lui.

      Il se retourna vers son carrosse, et le remercia d'un signe de tête. Son sourire joueur s'éteignit doucement pour un sérieux de circonstances. Quoi qu'il en fut à présent, c'était la fin du voyage. La salle où il entra ressemblait à un amphithéâtre dont le demi-cercle formant la scène n'était que vide et ténèbres. Le fanatique ne tarda pas par être absorbé par cette vision, lui qui avait tant côtoyé le Néant. Le silence était absolu, comme il l'appréciait à sa juste valeur. Les Karapt soldats qui formaient son escorte se répartirent contre les murs de la pièce et bloquèrent l’entrée, en silence. L'endroit était éclairé par quelques bassins remplis d’un liquide couleur émeraude, ainsi que par quelques cristaux sur les murs... Dans lesquels des corps inconscients semblaient incrustés, piégés dans des cocons à la fine membrane et baignant dans un liquide. Il s'approcha lentement d'eux, sans parvenir à entendre leur respiration... Et pourtant, il avait l'impression qu'ils étaient encore vivants : « Valar Morghulis... » souffla-t-il. Il ne pouvait rien pour eux, si ce n'était de prier pour leur âme, silencieusement. « Œil pour œil, dent pour dent... » Ou mandibule pour mandibule, si c'était plus approprié. Il ne voulait pas les froisser. Les perles d'Odrikatas coulaient le long de leur fil alors qu'il jaugeait de la situation et pondérait ses actes. Le son des perles ressemblait à des cliquetis et cela intrigua les Karapts... Un court instant, avant qu'il n'ait l'impression de les avoir vexé. Quoi ? Il avait insulté leurs grands ancêtres avec ses cliquetis improvisés ou cela ne voulait tout simplement rien dire ? Tentative de communication numéro un : échec. Bien. Au moins le ridicule ne tuait pas.

      Il continuait en langue commune, car il lui semblait que la Reine s'était exprimée ainsi, dans ses visions. Et si elle était dans tout ses êtres, elle entendrait bien, non ? « Ce que nous vous infligeons, vous êtes capable de nous le rendre au centuple. » En témoignait l'agonie lente des victimes dans le mur. Pour quoi ? Faire payer l'agonie qu'avait enduré le Karapt à la Lance ? C'était légitime. « Vous savez maintenant de quoi nous sommes faits... Ce n'est pourtant pas pour nous que vous avez une telle colonie et une telle armée, n'est-ce pas ? » Il se tournait vers les ténèbres, en bas et descendait les marches de l’amphithéâtre. Il ne craignait pas le vide. Il l'avait au contraire longuement vénéré. « C'est pour Rog. Pour les couronnes de cendres. Pour les repousser. » Sa voix se fit souffle lorsqu'il confia son espoir sincère : « J'espère que vous y arriverez. » Il ferma les yeux, cherchant à veiller sur ses comparses abandonnés. Il les avait laissé avec le traître alors... Mais que faisaient ces deux andouilles de Purnendu et Belethar dans le canyon ?! Remontant la scène comme on se joue du temps, il pinça ses lèvres, contrit. Il aurait mieux valu que les autres rebroussent chemin. Alors cela n'aurait pas eu lieu. Pas de tentation pour le traître, mais un terme.

      « C'est le graärh, le traître, Purnendu. Pas l'humain. » fit-il, calmement, sans savoir si on le croirait, reprenant sa marche vers les ténèbres en bas. « Est-ce que ceux qui sont possédés par Rog sont forcément coupables des actes qu'ils commettent, probablement contre leur gré ? » Purnendu ne méritait-il donc que la mort ? Ne pouvait-on pas l'enfermer le temps de s'occuper de Rog, pour que le pion ne leur cause nul ennui... Sans pour autant l'éliminer ? « La lance de votre Champion a tranché un bras de Rog. Votre armée pourrait retourner ciel et terre pour le trouver et le tuer plutôt que de sacrifier ses agneaux. Alors... Pourquoi vous continuez de saigner ces pauvres bêtes ? » Ces humains, dans les murs. Est-ce qu'ils avaient été aussi des pions de Rog ? Pourquoi s'en prendre aux brebis égarées, quand on avait vraisemblablement la force de tuer le maudit berger ? A présent, près du Vide, il s'était arrêté, fermant les yeux, appréciant simplement le silence et la prière ronronnante dans son esprit.


    Directives :
    C’est donc seul que Naal entrera dans le canyon de Néthéril après avoir révélé l’existence d’un traitre parmi eux. Il aura fallu toutefois le soutien de Kehlvehan et un hochement de tête de Purnendu à l’adresse des Graärh pour que le reste du groupe accepte les propos et le plan du dévot. Le reste du groupe qui, pour sa part, établirait un nouveau camp et attendrait son retour … ou son non-retour.

    C’est ainsi que l’Almaréen s’avance seul face au danger et à l’inconnu. A-t-il pris la bonne décision ? Et si c’était lui le traitre ? Et si tout cela n’était qu’un piège de la femme vue dans sa vision ? Et s’il avait mal interprété les paroles de cette dernière ? Plusieurs questions assaillent le croyant alors qu’il s’enfonce toujours plus dans le canyon, suivant le chemin des jarres. Prouvant qu’il est sur la bonne voie, il remarque des traces au sol. Elles lui sont inconnues, il n’en a jamais vu de pareil, mais à n’en pas douter elles proviennent des Karapt passés par là.

    À mesure qu’il approche, Naal sent un millier de regards braqués sur lui. Mais rien ne se passe, juste un oppressant silence, par moments coupé par le roulement de quelques pierres. Le pire c’est sans nul doute la dernière demi-heure, alors qu’il empruntait un chemin accidenté à flanc de falaise conduisant à l’entrée des galeries qu’il avait vues dans sa vision. À ce moment-là, il avait le sentiment que les regards s’étaient fait infiniment plus nombreux, que l’atmosphère s’était faite plus pesante. Il n’était plus dans la gueule du loup, mais bel et bien dans sa gorge !

    Arrivant finalement à l’entrée, est postée devant celle-ci une de ces créatures insectoïdes, le même qu’il avait pu voir dans une plus ancienne vision, celle de la libération de Rog (Type moissonneur). La bête est massive, elle semble ancienne et de nombreuses marques sur son corps laissent présager des combats qu’elle a pu mener. Naal a la sensation de se retrouver face à un soldat aguerri. Celui-ci se met à émettre des cliquetis, les deux énormes mandibules prenant naissance à ses épaules avant et finissant par une griffe fort aiguisée s’agitent d’un air menaçant, comme une mise en garde.

    Au-dessus, Naal peut voir plusieurs têtes insectoïdes dépassées. Derrière lui, le dévot peut voir que faire machine arrière n’est plus possible, la voie étant fermée par des créatures du même type que celle qui avait voulu s’en prendre à Purnendu la nuit dernière (Type garde). L’humain est cerné, mais si les Karapt avaient voulu sa mort elles n’auraient pas attendu pour attaquer.

    Les mandibules de la bête face à Naal se tendent en sa direction, pointant les armes de ce dernier, puis celle-ci fait un hochement de tête en direction du sol. L’humain et la créature ne parlent certes pas la même langue, mais cela n’est pas nécessaire lorsque l’on demande à quelqu’un de laisser ses armes à l’entrée. Sans doute est-ce là la condition sine qua non pour pénétrer plus loin. Et il vaut mieux si plier, sans quoi, tout le chemin parcourut jusqu’ici aura été vain.

    Désarmer, ses armes restant en dehors du rucher, Naal est autorisé à pénétrer à l’intérieur. Mais à peine a-t-il le temps de tourner à la première galerie qu’une autre espèce fait face à l’humain. Celle-ci est plus large et semble dotée d’une membrane de peau rappelant un voile sur chacun de ses flancs. En y regardant de plus près, elle est n’est dotée que pince à l’avant et en dehors des crocs au niveau de sa gueule rappelant vaguement une araignée, elle ne semble pas taillée pour le combat malgré sa grande taille (Type ouvrière). Celle-ci s’approche de Naal pour l’attraper à l’aide de ses pinces et le ficher sur son dos avant de se mettre à filler à toute vitesse dans les galeries, escorter par plusieurs autres de ces bestioles, elles bien plus taillées pour tuer.

    L’obscurité l’englobe, le dévot perd rapidement tout sens de l’orientation, l’air devient humide et lourd. Il a largement dépassé le stade de la gorge du loup et se trouve dans son œsophage. La question étant : où va-t-il être amené à présent ? À l’estomac pour être digéré, ou ailleurs ?

    Les oreilles de Naal se mettent à bourdonner, il s’enfonce profondément sous la terre et à mesure qu’il s’enfonce les ténèbres se dispersent, les galeries semblant faite de chair sont balisées de quelques cristaux desquels émanent une lumière verdâtre. L’atmosphère se fait plus lourde et moins humide, tandis que l’odeur qui avait pu émaner du tas d’objets à l’entrée du canyon se fait de nouveau sentir.

    À bord de son Karapt tout défile très rapidement. Il entraperçoit par moments cette colonie qui grouille encore et toujours plus. Combien d’âmes vivent ici ? Combien de créatures comptent cette espèce ? L’espace d’un instant, une idée pointe dans son esprit et le fait tressaillir : s’il venait un jour l’idée à ces bêtes de sortir de leur canyon … eux, les autres, seraient assurément trop peu nombreux pour y faire face.

    Naal constate que beaucoup de Karapt du même genre que celui qu’il monte rebroussent la direction vers laquelle il se dirige. Très bientôt il ne croise plus personne sur sa route, ni d’intersection menant à une autre galerie. Quoi que se soit, il approche de sa destination.

    Le dévot fini par pénétrer dans une salle, sa forme rappelle à un amphithéâtre, à l’exception qu’un titanesque gouffre plongé dans les ténèbres les plus absolues et insondables se dresse en lieu et place du côté plat de ce demi-cercle. Le silence est absolu, les autres Karapt qui l’accompagnaient se répartissent contre les murs de la pièce et bloque l’entrée, aucun cliquetis n’émane d’eux. Ce lieu est éclairé par quelques bassins remplis d’un liquide couleur émeraude, ainsi que par quelques cristaux sur les murs, les mêmes que ceux rencontrés en chemin, et Naal croit voir, incrusté dans ses murs, des corps inconscients, piégés dans des sortes de cocons à la fine membrane et baignant dans un liquide.

    Que fait Naal ?

    description[INTRIGUE] Le coeur de l'essaim EmptyRe: [INTRIGUE] Le coeur de l'essaim

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    À l’image d’un graärh pêcheur, elle avait tendu sa ligne, laissant son hameçon se débattre afin de faire des remous et éveiller l’intérêt. Une fois que son appât avait fait son office et que tous autour étaient réunis, elle avait abandonné sa ligne, laissant le fil faire office de piste jusqu’à là où elle souhaitait qu’ils viennent. Puis, à l’image d’une araignée, elle avait tissé sa toile et attendait patiemment que sa cible aille se prendre dedans … ou plutôt ses cibles. Erdrak était son appât, l’empilement à l’entrée son fil et son rucher sa toile. Elle était l’instigatrice de la pièce qui allait se jouer aujourd’hui, mais plus que cela, elle était également la marionnettiste des acteurs qui allaient y participer. Tous suivraient le rythme de ses mandibules. Sa toile était aussi bien un piège que la scène sur laquelle la pièce allait avoir lieu. Le soldat, l’agent double, le nourrisseur, l’enfant, le barde et quelques faire-valoir. Tous seraient bientôt réunis et le rideau tomberait sur l’un d’entre eux. La reine ne le désirait point, mais c’était un mal nécessaire, car il est chose dont seule la mort peut nous libérer. Bientôt, le premier acteur fit son apparition. La prudence et l’imprudence dont avait fait preuve le soldat avaient changé l’avancée de la pièce, mais en rien il ne changerait son dénouement. Dissimuler dans l’ombre, elle voyait ce dernier avancer sur ce qu’il ignorait être un promontoire. Ce dernier sembla pour le moins toucher par les êtres enfermés dans les cocons. Était-ce mieux pour lui qu’il ignore de quoi il en retournait réellement ? Après tout, peut-être le valait-il mieux. Il n’était pas écarté qu’il finisse comme eux. La reine toujours immobile et dans l’ombre s’amusa de la vaine tentative de communication dans leur langage. Le soldat au pied nu se mit à parler. Pensait-il, ou espérait-il qu’elle soit là pour l’écouter ?

    Il est vrai que sentir l’un de ses enfants mourir d’une atroce agonie avait rendu furieuse la mère qu’elle était. Au moins les spectateurs présents auraient-ils pu l’achever, mettant un terme à ses souffrances. Lui offrir une fin bien plus digne que celle à laquelle l’avait condamné le créateur. Mais l’humain se fourvoyait s’il pensait que le sort des êtres dans les cocons était une punition pour la mort d’un des siens … ou même une punition tout court. Tout comme il se fourvoyait sur sa colonie. Elle ne voyait pas ses enfants les plus dangereusement bâtis comme une armée, bien loin là de là. Ils n’étaient là que pour défendre leurs frères. Non pas pour guerroyer, étendre son territoire, où même mettre un terme à Rog. Cela ne serait pas productif. Les siens avaient déjà été utilisés comme une arme par le passé, elle ne souhaitait pas que cela se renouvelle. Tant pour honorer les souffrances que les efforts de sa mère. Mais elle avait toutefois conscience qu’il fallait par moments faire des sacrifices. Le soldat semblait sincère dans ses propos. Il n’avait pas été là le jour de la libération du créateur, mais elle sentait qu’il l’avait vu. Surement de la même manière qu’il avait voulu voir ce qui était arrivé à son appât.

    De l’agitation secoua soudainement sa toile. Il sentit nombre de ses enfants poursuivre quelque chose, quelqu’un. Était-ce l’agent double ? Non. Celui-ci était aussi dans sa toile, mais seul. Dans ce cas, celui qui était poursuivi était … le soldat vint y répondre. Venant plaider la cause de ce dernier, mais également du traitre. Des paroles charitables, pour âme qui ne l’était pas autant. Celui-ci s’approcha jusqu’au bord du précipice, gardant le silence. La reine, elle, se concentra pour rediriger l’attention de la ruche. L’agent double marchait dans sa toile. Il devait aller là où elle le souhaitait. Sans causer trop de soucis à ses enfants.

    Ceci fait, la reine put pleinement s’occuper du soldat ici présent. Dans le vide, du mouvement sembla se faire, quelque chose de massif fit se déplacer l’air. Puis face à Naal, une puissante lumière jaillit. Un œil gigantesque venait de s’ouvrir, aussi grand que celui d’un dragon plusieurs fois centenaire. L’orbite était d’un vert aussi clair que la première feuille du printemps. Une pupille se déplaça pour venir se poser sur l’humain, celle-ci était couleur prune. Alors que l’humain fit quelques pas de surprise pour mettre de la distance face à cette soudaine apparition, l’œil se referma lentement, laissant de nouveau place aux ténèbres insondables. Puis, là où se trouvait l’humain quelques secondes plutôt, sortit de l’obscurité une jeune femme drapée de noirceur. C’était la même inconnue qu’il avait pu voir dans ses visions.

    « Quelle sombre vision des choses vous avez. Est-ce ainsi que voient nos yeux après être revenu de l’autre côté ? »

    La voix de la jeune femme était douce et plaisante à l’oreille, sa longue chevelure sombre tombait en cascade sur ses épaules, encadrant un visage gracieux dont les deux yeux prune semblaient faire peser sur l’Almaréen le poids d’un millier de regards.

    « L’odeur de la mort vous colle à la peau, créature d’outre-rivage. »

    L’inconnue dépassa l’homme, rejoignant l’un des Karapt postés contre un mur. Elle vint poser une main affectueuse sur son museau.

    « Ils sont mes fils et mes filles. Quelle mère souhaiterait que son enfant aille au combat ? Non, je n’ai pas enfanté dans le but de guerroyer. Ni même pour contrer Rog et ses complices. On a donné la vie à mon espèce, alors je m’assure de sa pérennité. Ma grande famille vit ici, en paix. »

    La reine se détacha du Karapt pour venir poser une main contre le cocon dans le mur.

    « Et tous ceux qui troublent mon domaine par leur présence en payent le prix. »

    Lentement, avec la même tendresse, la main de l’inconnue passa sur la membrane.

    « Rassurez-vous. Ce n’est point par cruauté qu’ils sont ici. Ils ont eu le choix quant à leur destin. Ils auraient pu choisir la mort … mais ils ont décidé de servir une cause plus grande. »

    L’inconnue à l’apparence humaine se retourna pour reposer son troublant regard sur Naal.

    « Si le désir de vengeance m’animait. Ce n’est point les graärh que vous auriez rencontrés en débarquant sur l’archipel. Mais les miens. »

    Un sourire se mit à flotter sur les lèvres rouges de l’inconnue alors qu’elle se détachait enfin du mur pour se rapprocher de l’Almaréen.

    « Je ne désire point la mort de ceux que Rog possède. A moins bien sûr qu’ils n’en soient volontairement le complice. Non, ils doivent mourir parce que cela est nécessaire. Car il est des choses dont seule la mort peut nous libérer. »

    Une fois encore, l’inconnue dépassa l’humain, retournant dans les ténèbres dont elle était sortie.

    « Ferez-vous ce qui est nécessaire, vous qui venez semer le trouble en mon domaine ? »

    Un bouillonnement se fit entendre et des grosses bulles se formèrent à la surface d’un des bassins. Lorsque le calme revint, deux dagues faites dans une matière chitineuse et desquelles émanait une puissance singulière flottaient à la surface du bassin.

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    Valar Dohaeris” répondit-il sans hésitation aucune et d’un accent chantant. Tous les hommes devaient servir. Que ce soit dans la vie, dans la mort, dans l’éternité, dans la fin prématurée, rien n’arrivait jamais en dehors du grand cycle. Son coeur saignait à l’idée de, peut-être, perdre son frère en ce jour, mais il savait aussi que Naal agissait pour leur cause et qu’il ne disparaîtrait jamais réellement. Une part de lui vivrait toujours sous cette forme, auprès de lui, auprès de tous ceux qui se souviendraient, et le chérissait. Et il reviendrait, au travers de la réincarnation. Il n’était pas réellement perdu. Un instant, ses doigts frôlèrent la main tatouée, et il sourit à l’almaréen en percevant fugacement le contenu de ses pensées, au travers de ses vibrations. Un sourire joueur et taquin, presque enfantin, chaleureux comme un éclat de feu. Il était chantevide, il pouvait être n’importe quel élément, en fin de compte, prendre n’importe quel trait de caractère si cela lui plaisait. Il ne voulait pas que Naal porte inutilement des inquiétudes pour lui, il avait survécu jusqu’ici, il s’en sortirait. Et si le traître se révélait, il lui réservait un traitement digne de ce nom. Car oui, il ne doutait pas son frère. Traître il y avait même s’il était impossible qu’il ne l’ait pas sentit. C’était quelque chose qui était passé en sous-main, sous sa vigilance, ou qui venait d’apparaître. Dans tous les cas, il avait l’intention de découvrir de quoi il s’agissait… puisque l’avancée de Naal était aussi un appât pour faire agir le traître et le forcer à se révéler. Au fond, il ne pouvait pas non plus être le traître, pas plus qu’il mettait Naal en cause car s’il était possédé ou manipulé par Rog, il n’aurait pas pu user de ses pouvoirs baptistraux et la supercherie aurait été vite divulguée. Cependant, la décision de l’almaréen n’avait pas autant de succès chez la majorité de l’expédition. Lorsqu’enfin il réussi à les apaiser, lui-même était épuisé.

    Se tournant vers son apprenti, il l’observa un bref instant, puis hocha doucement la tête. “Merci, Espérancieux” Avec la fatigue, pouvoir s’appuyer sur l’humain était appréciable, même s’il tâchait de n’y céder qu’à petites doses. “Je vais devoir me reposer… n’hésitez surtout pas à m réveiller s’il advenait… quoi que ce soit” Si le traître se montrait, si Naal revenait, si un Karapt se montrait. Bref, si quelqu chose nécessitant sa présence venait à survenir. Il s’installa sous sa tente, dénoua sa chevelure, puis s’allongea, la tête sur le sol, sans crainte, au plus proche de la terre. Le sommeil réclamait alors immédiatement ses droits sur lui. Mais le rêve... était-ce vraiment un rêve ? Un rêve use de l’esprit de son créateur pour tisser librement. Mais jamais il n’avait parcouru les forêts elfiques étant enfant, jamais il n’avait vu sa mère. La vérité à laquelle son être, son âme, son coeur et son esprit étaient voués ne retrouvaient rien de son passé n cette vision. Perturbé dans son sommeil, avec un profond sentiment de déséquilibre, et plus le rêve avance plus le sentiment est profond. On manipule son esprit, mais pour quelle raison ? Le jeu se poursuivait, il laissait faire tandis que l’incompréhension grandissait toujours davantage. Ce n’est bien que par manipulation, qu’il savait jouer, car il ne l’avait jamais fait. Et quand apparut la femme, il resta coi, s’asseyant près d’elle dans l’herbe. Il l’observa alors avec grande attention, et le contact, et le soudain bien-être qu’il transmettait. etait-ce elle qui le manipulait, ou bien était-ce qu’elle était également une pièce de cette illusion étrange, plus vraie que nature ? Lorsqu’elle parle enfin, il soupira doucement. Un ami dans le besoin ? Mais il n’avait pas d’amis… qui est-ce que ça pouvait bien être ? Qu’est-ce qu’on essayait de lui faire faire encore ?

    Néanmoins, à l’instant où il s’apprête à parler, tandis qu’elle se penche sur lui, une terrible douleur vient briser la sensation de paix et il rouvre immédiatement les yeux, tremblant. Se redressant, haletant, il écarte d’un bras une longue mèche ivoirine de son visage, de l’autre, pose une main sur le sol. Quelque chose avait traversé les vibrations du monde, un acte néfaste… La terre lui en apprend la teneur et il retient sa colère à grand peine. Inspirant profondément, il ne perdit pas de temps et quitta le campement, droit vers le canyon. Puisque la Reine n’avait pas cru bon d’envoyer un message clair sur sa position, tant pis, il entrerait, car de toute façon, c’était là qu’allait le graärh qui venait d’enlever son apprenti ! Hors, si quelqu’un devait vraiment traumatiser Belethar, c’était lui et personne d’autre. Restant à distance pour mieux jauger de la situation, il demanda, dans un chant muet aux oreilles mortelles, l’aide de la terre et de l’air pour se dissimuler aux sens de Purnendu. Enfin, de Rog, de toute évidence. Il suit à une certaine distance, s’aidant des informations transmises par la terre afin d’évoluer dans le canyon sans perdre la trace des deux autres. L’expérience du songe l’avait perturbé. Il y repensait tout en suivant la trace vibrante de douleur laissée par le rapt. Cela lui avait semblé si réel… et pourtant il savait que cela n’avait rien d’un souvenir. Son enfance n’était pas verte et brune, n’était pas forêt et jeu, mais silence, enfermé qu’il avait été dans l’observatoire céleste, veillé non par les yeux d’une mère morte, mais par les étoiles éternelles, froides, éblouissantes, envoûtantes et effrayantes, mires éternelles dans l’immensité sombre de Néant. On lui avait décrit sa mère, une femme menue, discrète, à la peau dorée, aux cheveux de lunes et aux yeux de lagons sous la gloire gibbeuse. On lui avait décrit sa voix également, doux ruisseau de prairie. Et pourtant l’instinct maternel de l’illusion était réel et franc....

    Je n’ai jamais connu ma mère” fit-il dans un souffle. Vent le protégeait, empêchant Rog/Purnendu et Belethar de l’entendre tandis qu’il continuait de suivre. Il parlait à la Terre et au travers d’elle, à l’entité qui avait visité son esprit. “Elle est morte en me donnant la vie. Elle était trop affaiblie. Je n’ai jamais beaucoup connu mon père. Pour me protéger et me bonifier, il me garda cloisonné dans un lieu pur, loin de tout, loin du monde et pourtant plus proche de lui que jamais. Vous n’aviez pas besoin d’illusions pour me parler… je ne refuse mon aide que si j’ai une bonne raison de refuser, mais vous ne m’en avez donné aucune. Naal. L’homme aux marques noires, est-il encore en vie ? Est-il auprès de vous ? Si oui, prenez soin de lui, s’il vous plaît… il est mon frère d’adoption, c’est un être d’équilibre et de respect, et il a encore beaucoup à donner à nos peuples” Car il ne savait pas, même avec toute l’énergie qu’il avait à présent, s’il survivrait à ce qu’il avait l’intention de faire. Il allait doucement, avec précaution, pas à pas, son souffle doux. “Je n’ai jamais connu ma mère, je sais juste qu’elle a préféré demander aux guérisseurs de me sauver moi plutôt qu’elle. C’est ce que font de nombreuses mères, n’est-ce pas ? Nous sommes tous semblable en cela. J’aurais préféré que vous soyez franche avec moi même si…” Il s’interrompit. Il y avait un karapt, juste derrière lui. Son coeur fit un bond, un salto, une pirouette et menaça de lui demander le divorce. Le quoi ? Il divorce, la fin du mariage, concept novateur sans aucun doute, mais qui manquait lui coûter un organe vital. Voilà ce qu’il gagnait à se focaliser sur une chose en en oubliant d’autres. Retenant un râle de soulagement après sa frayeur, il s’adossa à un rocher et expira profondément. “Pour l’amour de Néant et des septs, et de tout ce qui existe en ce monde, évitez de me tuer si vous voulez mon aide !” Il criait silencieusement. “Qu’est-ce que..” Dans la gueule de la créature… les armes de Naal ?

    Il est en vie ?” Tendant les mains, il récupéra les armes, nouant le baudrier à sa ceinture, il reprit sa marche. Le graärh venait manquer lui échapper. Il fit signe au karapt de suivre, ne sachant pas trop s’il le ferait, et le protégea comme lui était protégé, indétectable par leurs proies. Cette fois il se concentra. Une heure de plus passa avant que Rog ne s’arrête. Faisant de même, à quelques distances, l’elfe fut un instant surpris que le graärh relâche son apprenti. Hélas, il était lent à la réaction et fut incapable de secourir Belethar à temps. Face à Rog, contemplant la béance dans laquelle son pauvre Enwr, le Gardien soupira. “C’est dans ces moments-là que j’aimerais avoir encore cent ans…” Remerciant Terre et Vent pour leur aide, il sortit de sa dissimulation, avec le Karapt et observa Purnendu/Rog avec mauvaise humeur, avant de soupirer. “Je me passerais de discours grandiloquents. Purnendu, si vous m’entendez… je peux vous aider, je peux vous couper de Rog, au moins temporairement et définitivement si ma compagne à carapace veut bien m’y aider. Mais je ne peux faire cela que si vous le voulez, vous-même… je n’ai pas besoin d’un oui ou d’un non. Si vous avez cette volonté, je l’entendrais en vous. Et de toute façon j’ai un compte à régler avec votre ancêtre. S’il croit que je vais le laisser filer après avoir enlevé mon apprenti, il se trompe lourdement” Belethar avait un bel avenir et était plein de promesses. Hors de question qu’on le lui casse comme on avait essayé de casser ce pauvre Valmys.
    Directives :
    Naal partait, droit vers l’inconnu et le danger. Un mauvais pressentiment ne put s’empêcher de poindre dans l’esprit du Baptistrel quand il repensa à la présence qu’il avait pu sentir, ainsi qu’à la possible existence d’un traitre dans leurs rangs. L’elfe aurait pu assurément le démasquer, mais la fatigue le pesait. Le voyage, le réveil en pleine nuit, puis l’effort fournit il y a peu, tout ceci avait épuisé la maigre énergie du puissant maitre barde qu’il était.

    Ainsi, tournant le dos à l’almaréen qui s’enfonçait dans le canyon, le reste du groupe partit établir un nouveau campement. Dès que l’occasion se présenta à lui, Kehlvehan partit se reposer et finit par sombrer dans le sommeil où un songe singulier l’accueillit à bras ouverts. Un rêve profond qui lui fit perdre une à une ses attaches avec le monde extérieur.

    Dans ce songe, l’elfe est replongé enfance, il se trouve dans la grande forêt de l’ouest d’Ambarhùna et joue à cache-cache avec quelqu’un qu’il croit être sa mère. Est-ce un événement créé de toutes pièces, ou est-ce une réminiscence d’un souvenir passé ? Quoi qu’il en soit, à mesure que le temps passe, ce rêve devient la réalité de l’elfe chanteur … comme si tout ce qui s’était passé avant son endormissement était justement un rêve, un très long rêve.

    Le jeu se poursuit, toute notion du temps disparait, et Kehlvehan parvient à retrouver celle qui, il en était persuadé à présent, était sa mère. Une jeune femme à la chevelure noir ivoire et aux yeux prune. Le jeu a épuisé l’elfe qui est à bout de souffle. Alors sa mère s’assoit et Kehlvehan s’allonge, reposant sa tête sur les genoux de celle-ci. Une paix intense et un sentiment de bien-être envahit le cœur du gardien alors que la main de cette mère illusoire vint caresser ses cheveux. Sa voix douce s’élèva.

    « Un de tes amis ne va pas bien Kehlvehan. Il est gravement malade. Le soigneur fait tout ce qu’il peut pour le guérir. Mais je crains que sans ton aide il ne puisse y parvenir complètement. Bientôt, l’assistant du docteur va arriver. Il te faudra l’accompagner. Malheureusement, il est facile de se perdre dans ces bois. Il faudra que tu lui montres le chemin, car il a perdu sa carte. Je suis sûr que tu peux y parvenir, après tout, tu as bien réussi à me trouver. »

    La mère se pencha quelque peu en avant pour venir embrasser le front de l’enfant.

    À ce moment précis, Kehlvehan se réveille. Un réveil n’aura jamais été aussi violent pour le gardien, car il s’accompagne d’un brutal retour à la réalité. Le rêve était devenu réalité, et la réalité devenue rêve durant son sommeil. À présent, chaque chose retrouvait sa place. L’elfe a dormi pendant plusieurs heures, les vibrations lui reviennent comme s’il se reconnectait au monde, mais surtout, il sent une grande puissance magique l’envahir.

    Kehlvehan sent une agitation gagner le camp. Purnendu et Belethar ont disparu, mais aussi, un Karapt (Type ouvrière) se tient à l’entrée du camp. Dans ses pinces se trouvent les armes de Naal. L'elfe ressent encore sur son front le baiser de cette mère imaginaire.

    Que fait Kehlvehan ?


    Langage commun #9775AA
    Langage elfique #8BF8D2
    Dialectes minoritaires #93F88B

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    Belethar tournait en rond.

    En voilà, un constat qui fit chavirer sa paradoxale bonne humeur de se retrouver ici seul. Parce que ce qui s’apparentait comme un calme plat, franc et entier fit bientôt pollué par quelques détails qui ne rassurait pas vraiment l’apprenti baptistrel.

    Il ne savait pas depuis combien de temps il progressait à travers ces interminables intersections : le rouler-bouler qu’il avait fait dans le canyon suivi de cet environnement totalement sombre et hermétique lui avait définitivement fait perdre toute notion du temps. Il n’était pas de nature pessimiste, bien au contraire, mais présentement, les cliquetis karapts qui résonnaient à chacun de ses pas dans l’ombre ne le rassurait pas vraiment quant à son sort prochain … Et puis, Belethar ne pouvait évidemment pas s’empêcher de scruter les environs, et la manière dont ces tunnels étaient construits : tout était recouvert de cette même matière spongieuse et humide qui l’avait profondément dégouté auparavant … Cela ressemblait vaguement à de la chair.

    Alors certes, il en avait vu des vertes et des pas mûres avec ses nouveaux partenaires à Athgalan, mais il n’avait encore jamais rien vu de tel. Il se frotta les yeux plusieurs fois : peut-être était-ce la fatigue, mais il était persuadé que cet endroit … respirait ? Comme s’il s’était retrouvé dans un estomac géant en attendant d’être digéré, finalement peut être qu’il n’allait pas mourir à cause de Karapt, mais bel et bien ici coupé de tout contacts à ses semblables …

    Belethar s’arrêta à un moment, ferma les yeux, et inspira puis expira longuement, trois fois. Une technique pour se calmer qu’il tenait de ses parents. Ce n’était pas grand chose, mais c’était efficace. Il prit le temps de se ressaisir quelques minutes, reprenant un peu le goût de l’aventure qu’il avait habituellement, puis tâcha de penser à quelque chose de positif.

    L’Enwr songea alors qu’il avait bien fait de se vautrer dans le sucre, car certes même s’il avait la désagréable sensation d’être un peu (beaucoup) collant, à présent au moins il avait cette espèce de lueur artificielle qui l’aidait à ne pas trébucher et à ne pas avoir droit au contact direct avec cette matière si étrange, que Belethar choisissait délibérément de ne pas plus investiguer. Et puis au moins, il avait été prévenu par les dires d’Erdrak … Cet endroit était un véritable dédale, et il était décemment protégé par cette nappe de sucre.

    Certes, l’environnement n’était pas vraiment à son avantage, mais au moins si les karapts l’ignoraient comme ils l’avaient déjà fait dans le garde manger … Peut être pouvait-il espérer de vivre quelques instants de plus.

    Revigorer par ces pensées, l’apprenti baptistrel se remit en marche. Car après tout, c’était leur projet que d’établir un contact avec les Karapts, et il eut été dommage que Belethar ne profite pas de l’occasion en or qu’il avait à être ici. Comme pour faire écho à ses nouvelles pensées positives, après avoir tourner une énième fois à gauche dans ce dédale interminable, il aperçut au loin une lumière étrangère à la propre lanterne humaine qu’il était à présent !

    Une issue, enfin ? Ou simplement le signe qu’il avait tourné en rond, se retrouvant une nouvelle fois dans le garde-manger ? Quoi qu’il en soit Belethar s’avança, bien content de sa découverte et de voir un peu de nouveauté dans sa routine. Il arriva alors dans une grande alcôve, similaire à celle du garde-manger, mais il s’aperçut qu’il faisait ici une certaine chaleur, plus prenante que d’habitude …

    Il observa la pièce, et vit en son centre un oeuf. Il ne fallut pas un grand moment pour que l’esprit de l’enwr se mit en marche : une couveuse ?! Il s’était retrouvé dans une couveuse Karaptia ! Ça par exemple, c’était quelque chose de vraiment intéressant sur cette espèce. Belethar se promit de consigner quelque part ce fonctionnement de l’espèce une fois qu’il rentrerait au domaine, et analysa le seul et unique oeuf en face de lui : il était gros, et luisait de la même lumière que lui, et il avait cette façon de bouger assez singulière qui …

    Attendez quoi, cet oeuf bougeait ? Sacrebleu, quel retournement de situation complètement inattendu !

    Les yeux de Belethar s’ouvrirent en grand, soudainement émerveillé par cette naissance, faisant ressurgir du plus profond de lui son instinct de père qu’il avait vite oublié depuis la disparition de sa femme et de son seul et unique enfant. L’oeuf s’agita, un petit craquement se fit sentir, puis il tomba de son grand socle, et roula jusqu’aux pieds de l’humain.

    Le Pater Familias prit alors son titre à la lettre, et se baissa pour voir ce qui venait d’en sortir : il aperçut alors un tout petit Karapt, en tout cas bien plus petit que ceux qu’il avait vu jusqu’avant : la larve faisant en tout et pour tout la moitié de son bras. Belethar prêta l’oreille, et s’aperçut qu’il émettait des touts petits cliquetis.

    Il ne comprenait évidemment rien à ce langage, mais, pris d’une soudaine affection pour la toute petite chose qui venait de sortir de là, il lui tendit sa main encore dégoulinante de sucre, tentant un premier vrai contact avec son espèce …

    La larve sortit alors difficilement de sa coquille, puis une espèce de picotement parcoura la mai de l’Enwr, alors que le Karapt vint lêcher la nourriture que Belethar lui tendait. A ce contact et ce picotement suivait une étrange vision qu’il eut dans son esprit … Comme s’il était pris d’une grande clairvoyance après avoir touché le bébé karapt. Alors qu’il regardait avec affection le nouveau né se nourrir, Belethar commençait à entrevoir un chemin dans le dédale infini du rucher Karapt ...

    Quand il retira sa main, surpris par cette sensation nouvelle, la sensation de clairvoyance disparaissait aussitôt. Belethar regarda à nouveau le bébé Karapt, et s’exprima ensuite :

    “Alors comme ça mon tout petit, tu t’improvises comme mon guide et mon sauveur ? Vient par là …”

    Guidé par l’instinct paternel universel, Belethar se saisissait de la jeune larve, à grands renforts de caresses et de précautions pour ne pas la brusquer, avant de la porter vers son épaule. La larve s’y agrippa alors, et continua de manger, retransmettant cette sensation de picotements clairvoyants.

    Bientôt, les bas cliquetis du Karapt apparurent comme des espèces de ronronnement pour Belethar, et il tâcha de bien cajoler la larve, à grands renforts de pratiques qu’il exerçait avec son enfant il y a de cela quelques temps. Bon certes, ce n’était pas son enfant, et encore moins un humain, mais sentir une sensation de soutien et une validation de l’espèce autochtone après tant de remue-ménage lui conférait une grande sensation de bien être qu’il n’avait plus connu depuis un long moment.

    L’Enwr regarda son nouveau compagnon, en lui adressant une énième caresse derrière ses petites mandibules, avant de lui faire :

    “Tu n’as pas de nom, hein ? Qu’est-ce que tu dirais de … Nasod ? Ça te plait ?”

    Belethar n’eut pour toutes réponses que des petits cliquetis et toujours cette sensation de picotement. Alors il estima que le silence valait acceptation, ou tout du moins que si le nom ne plaisait vraiment pas à la créature, elle lui aurait fait savoir. Le Pater Familias n’expliquait pas vraiment ce choix de nom, il lui était venu naturellement au contact de la larve, presque comme si cela lui paraissait comme une évidence.

    Une fois le nom trouvé pour son nouveau compagnon, Belethar se remit en marche, suivant les visions de son petit guide sur son épaule. Rassuré par ce retournement soudain de situation, il découvrait au fur et à mesure le chemin que lui montrait Nasod, il ne savait donc pas vraiment où il allait dans l’absolu, mais son instinct d’explorateur le poussa à faire confiance dans l’instinct du bébé karapt.

    Après quelques minutes de marche (et de nombreuses interruptions pour gazouiller sa créature d’adoption), Belethar entra dans ce qui semblait être une grande, très très grande pièce, avec un sol légèrement illuminé. Le plafond n’était pas visible, la lumière n’allant pas jusqu’à là.

    Belethar tâcha d’explorer les lieux, et au centre de la pièce, il distingua une silhouette qui ressemblait beaucoup trop à Naal à son goût. Le Pater Familias eut un grand soupir. Allons bon, il avait réussi à s’en débarrasser pendant un long moment, et maintenant le revoilà avec lui. Seul.

    Belethar se garda toutes ses pensées négatives au plus profond de son être, ne voulant pas inquiéter outre mesure Nasod s’il percevait d’une quelconque façon ce que l’humain pensait.

    Ne voulant toutefois pas apeurer l’homme pieux, Belethar fit résonner ses pas, puis prit sa plus belle voix et fit :

    “Parsembleu ! Un adepte du Vide dans un endroit si hostile ! On dit donc vrai, le Néant est vraiment partout !”

    Oui bon certes, Belethar n’était pas un grand humoriste, mais au moins il avait essayé d’approcher Naal de façon civilisé et sans pester, c’était déjà un progrès et un signe de bonne volonté, non ?

    Directives ! :
    “Sombres sont les galeries des Karapt et c’est bien uniquement grâce à la lumière qui émane de lui-même que Belethar parvient à progresser dans ces ténèbres insondables sans tomber. Le sol, les murs, le plafond, tout est fait dans une étrange matière spongieuse, humide, lui rappelant vaguement de la chair. Cet endroit donne froid dans le dos et ce n’est pas les cliquetis que l’apprenti entend par moments qui vont le rassurer. À mesure que le temps passe et que l’humain progresse dans les profondeurs de la terre, une certitude s’impose sournoisement à Belethar : Dans ce lieu, il ne trouvera que la mort, il est en presque sur !

    Belethar tourne à droite, puis à gauche, puis de nouveau à droite … à moins que ce ne soit à gauche, puis à droite, puis de nouveau gauche. Il faut se rendre à l’évidence, Belethar est perdu. Il ne fait qu’avancer et dès qu’une intersection apparait il prend la direction de laquelle émane le moins de cliquetis synonyme d’une mort atroce et prématurée. Si seulement il avait pris une boussole. Finalement mourir dévoré par un Karapt n’est peut-être pas sa seule option. Il peut très bien errer ici jusqu’à mourir de faim et de soif. Ce lieu est un véritable labyrinthe !

    C’est alors qu’un point de repère ce profil au loin. De la lumière, un peu comme ce qui l’avait conduit au garde-manger Karapt. Pourvu qu’il n’ait pas simplement tourné en rond ! Fort heureusement, ce n’est pas le cas. C’est une nouvelle alcôve, mais il ne s’agit pas là d’un garde-manger, mais d’une couveuse. Finalement, il ne trouvera pas, en ce lieu maudit, que la mort.

    Il s’agit d’une couveuse, mais il n’y a en réalité ici qu’un seul et unique œuf. Il trône au milieu de la pièce, luisant d’une lueur similaire à celle de Belethar. L’espace d’un instant, il lui semble que l’œuf bouge. Oui, c’est le cas. Il bouge ! Puis un léger craquement se suit ! Quel genre de monstruosité voulant la mort du pauvre apprenti va bien pouvoir en sortir !

    Finalement, à force de gigoter, l’œuf tombe sur le côté et se met à rouler jusqu’au pied de l’humain. À ce moment même, une petite tête larvaire sort de la coquille et des petits cliquetis émanent d’elle.

    Que fait Belethar ?

    + quelques détails donnés via discord sur la suite avec le bébé karapt, et le chemin vers jusqu'à Naal. Je vous épargne les extraits de la conversation

    description[INTRIGUE] Le coeur de l'essaim EmptyRe: [INTRIGUE] Le coeur de l'essaim

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    Ses mires d’absinthe observaient la masse grouillante de karapts au fond du trou. Le jeune humain, enfermé dans le bouclier de l’Hippopotame, avait depuis longtemps disparu sous les cliquettements, sifflements et piétinements des soldats et ouvriers insectoïdes enragés. Le soleil d’après-midi cuisait son dos et rendait sa fourrure sombre aussi chaude qu’une plaque d’ardoise sur un feu de camps. Il sentait l’humus d’une terre humide sous ses pieds, l’acidité épicée du fluide sécrété et quelque chose de beaucoup plus primal, d’ancien et de sinistre aussi. Ses yeux contemplaient toujours la masse grouillante de karapts au fond du trou, pris d’une fascination morbide et il éprouva un immense soulagement en la voyant diminuer, s’étioler tandis que les créatures poursuivaient leur pseudo-intrus et ignoraient totalement le véritable danger qui restait coi et attentif sur son bout de terre déchiqueté, émietté, à la surface d’un canyon à nouveau parfaitement silencieux.

    Du moins, ce fut le cas l’espace de quelques secondes avant que des bruits de pas ne froissent le sable et le graviers des alentours. Purnendu releva la tête et fut nez à truffe avec Kehlvehan. Il ne fallait pas être un fin observateur pour voir combien l’elfe était de mauvaise humeur et un sourire accrocha figacement les babines du graärh quand il réalisa que son ancêtre allait passer un sale quart d’heure. Les paroles du Gardien lui réchauffèrent le cœur et il hocha brièvement du chef avant de sentir l’emprise de Rog se resserrer sur lui comme le collet d’un piège autour de la gorge d’un lièvre. Il se débattit de toutes ses forces contre l’influence. Il n’avait plus envie de jouer avec la Couronne de Cendre, il n’avait plus envie de lui offrir le bénéficie du doute et moins encore la rédemption. Par trois fois Rog avait rejeté son aide, l’avait utilisé et abusé par simple orgueil. Au mépris de ses avertissements, il s’en prenait aux nouvelles races avec dédain… et il allait une fois de plus le regretter.

    < Je n’ai pas l’intention de me laisser dépouiller une fois de plus de ce qui est mien. Débarrasse-toi de lui ! >

    Le sourire qu’il arborait se transforma en grimace de haine et de colère, mais pas uniquement sous la volonté de Rog. L’herboriste était furieux contre ce dernier et le rugissement à faire pâlir un smilodon qu’il lança dans la gorge étroite du canyon, ce rugissement qui se réverbéra contre les parois à pic et forma des échos sinistres : ce rugissement était le glas qui annonçait la fin de l’emprise de son ancêtre. Les babines de Purnendu se retroussèrent sur ses crocs allongés, ses mains s’ouvrirent pour révéler des griffes puissantes qui n’avaient rien à voir avec les aiguillons des Garals. Ses muscles roulèrent sous sa fourrure hérissée alors qu’il se massait et se préparait à bondir sur l’elfe pour lui déchirer la gorge. Heureusement, son élan fut interrompu par le karapt ouvrier et Purnendu se retrouva contraint de bloquer et d’éviter les pinces et les mandibules furieuses qui claquaient près de ses cornes et tondaient parfois sa fourrure quand il esquivait à la dernière seconde.

    La Couronne l’empêchait de tuer l’insecte et c’était une bonne chose -pour une fois- puisque lui-même ne voulait pas causer la mort de la créature. Ils étaient venus ici en paix ! Les veines gonflées d’adrénaline, le félin à la couleur de cendre ignorait la chaleur et les coups que lui portait l’insecte. La bénédiction de l’Hippopotame le protégeait des arrêtes effilées des pinces vicieuses et s’il pouvait sentir les hématomes fleurirent et les courbatures se profiler à l’horizon… il ne craignait guère plus d’une pauvre ouvrière paniquée. Au bout de plusieurs minutes, Purnendu trouva une faille et dans un rugissement rauque, réussi à verrouiller ses bras autour d’une patte de la créature et rua un bon coup sous la carapace de son abdomen pour la renverser sur le dos et la rendre, il l’espérait, complètement inoffensive pour un temps. Le karapt tomba dans un bruit sourd et resta parfaitement immobile.

    Plus rien ne le séparait de Kehlvehan. Silhouette massive frissonnant, fourrure poudrée de sable et mains crispées dans le vide parfois prises d’un soubresaut, les mires prédatrices du graärh se tournèrent lentement vers le baptistrel. Un pas fut fait dans sa direction, la queue angora fouetta l’air aride dans le dos voûté de Purnendu alors qu’il s’approchait encore. Quand il ne fut qu’à deux mètres du chantepluie, il éleva lentement un bras au dessus de lui et… garda sa cape ainsi tendue, tel un paravent pour protéger l’elfe du soleil et du vent le temps qu’il finisse son chant. Les pupilles de l’herboriste étaient à nouveau ovales, ses babines recouvraient ses crocs et les poils sur son dos ne se hérissaient plus comme une crinière vengeresse. Depuis plusieurs minutes maintenant, l’influence de Rog avait suffisamment diminuée pour qu’il redevienne maître de ses actes et de ses pensées. Toutefois la Couronne était encore là, tout juste refoulée à la lisière de sa conscience.

    Lorsque les syllabes du chant s’achevèrent comme une pluie d’été, les dernières gouttes caressèrent l’esprit du graärh comme une promesse informulée. Il abaissa lentement son bras et regarda autour de lui avec une nouvelle saveur sur la langue ; celle d’une liberté retrouvée. Même si elle n’était que temporaire, même si Rog était encore là ; il ne pourrait plus intervenir aujourd’hui, ni demain… ni les prochains jours à moins qu’on lui en donne expressément la permission. Une chose que Purnendu ne comptait jamais lui céder et alors qu’il promenait son regard sur les alentours immédiats, il remarqua une chose qui le fit se tendre comme la corde d’un arc : le karapt ouvrier avait disparu. Sa queue tapa le sol avec angoisse et il suivit les traces brouillonnes de la fuite de la créature jusqu’au trou béant et ses boyaux labyrinthiques. Forcément ! Pendant une fraction de seconde, Purnendu hésita à plonger à sa suite pour atteindre ce qu’il espérait être le cœur de l’essaim, mais déjà la voix du Gardien s’élevait à ses côtés, le convainquant sans trop de mal à rester auprès de son compagnon d’infortune.

    Le Chant Nom lui était un pouvoir inconnu, mais alors que le Baptistrel engageait le sien, Purnendu fut pétrifié par la familiarité que les notes éveillaient en lui. Ses pupilles s’arrondirent jusqu’à dévorer toute l’absinthe de ses iris. Ses oreilles se dressèrent bien droites de part et d’autre de son visage tandis qu’il observait et écoutait l’elfe avec une fascination et une crainte grandissante. Ce chant était le sien, réalisa-t-il confusément. Il s’agissait de son histoire, de ce qu’il était et… et c’était beau. Ce n’était peut-être pas le chant le plus glorieux, le plus magnifique qui soit, mais il baignait le cœur du graärh d’une douce mélancolie et… d’une certaine fierté. Il était l’essence de ces notes, de ces mélopées qui grimpaient et s’enroulaient à chacune de ses fibres. Et pourtant, alors que le chant se poursuivait Purnendu avait l’impression qu’on lui arrachait une part de lui. Ses yeux se baignèrent de larmes, un froid gagna son cœur et il se mit lentement à trembler.

    Un manque. Un vide. On venait de le dépouiller d’une chose indescriptible. Le sentiment de liberté devenait celui d’une intense et douloureuse solitude. Il se sentait atrophié et la sensation du manque le fit un instant se recroqueviller sur lui-même. Sa respiration se fit plus lourde, ses yeux fixaient le sol à ses pieds alors qu’il sentait quelques larmes rouler le long de son museau, mouiller sa fourrure et s’enrouler de poussière avant de chuter à l’extrémité de sa truffe sombre et tomber au sol en éclaboussures aussitôt dissipées par la chaleur cuisante. Un élan de panique l’envahit quand il comprit : Rog n’était plus là. Il n’était pas seulement endormi, enfermé ou refoulé quelque part. Non, il était tout simplement effacé de sa vie. Il n’avait jamais existé et n’existerait probablement plus jamais. Sa présence, son emprise ; il n’en restait absolument rien et cette absence était terrifiante.

    « - Non... »

    Un grondement à peine audible. Non, non non !!! Il ne céderait pas à l’apitoiement et aux regrets. Être libéré de Rog confirmerait une bonne fois pour toute qu’il était son seul maître et que chaque décision prise à partir de ce jour seraient les siennes et seulement les siennes ! Purnendu se gorgea d’une profonde et grande inspiration avant de se relever de toute sa taille. Il expira lentement et tourna enfin son attention sur l’elfe et se précipita vers lui avant qu’il ne s’effondre. Le baptistrel avait une mine effroyable et Purnendu fouilla aussitôt à ses hanches pour lui tendre son Outre Infinie pleine d’une eau pure que la cape avait su garder fraîche grâce à son glyphe de protection aux températures. Le soutenant d’un bras, il l’aida à marcher jusqu’à un coin d’ombre et le fit s’asseoir sur une large pierre plate après l’avoir débarrasser des gravillons et autres saleté qui pourraient gêner le confort du vieil elfe.

    « - A mon tour d’aider. »

    Un murmure pour ne pas incommoder le Baptistrel plus que de nécessaire. La dette qu’il avait auprès de lui ne suffirait pas d’une seule vie pour la rembourser, mais le graärh comptait bien s’y mettre dès maintenant et avec le plus de diligence dont il était capable. Pour commencer, il puisa dans les atouts du Raton-Laveur afin de soulager toutes les douleurs qui rongeaient le corps de l’elfe par le simple contact de sa main droite. De la gauche, il fouilla dans la sacoche pour en sortir son Miroir Enchanté de la Vision Lointaine et activa le glyphe de Vision dans l’espoir d’obtenir une image de Belethar, puis de Naal. La magie faisait encore des siennes et les résultats pourraient ne pas être probants, mais à part ronger dans ses réserves d’énergie, cela ne lui coûterait pas grand-chose. S’ils arrivaient à avoir une vision des deux autres sans-poils, alors peut-être que cela apaisera les humeurs de Kehlvehan et l’aiderait pour ce qu’il comptait faire ensuite : une séance de Griffopuncture.

    « - Allongez-vous sur le dos, je vous pris. »

    Il l’aida à trouver une position confortable en lui offrant sa cape. La chaleur du canyon lui tomba dessus comme une enclume chauffée à blanc, mais Purnendu serra les mâchoires et resta debout aux côtés de l’elfe. Il lui imbiba un linge d’eau fraîche et le lui roula sous la nuque après l’avoir dégagée des mèches blanches et trempées de sueur. Il lui intima de fermer les yeux et de méditer pendant que lui-même entamait un exercice de respiration alors qu’il infusait lentement, précautionneusement, ses griffes de sa propre énergie. Il fouilla ensuite sa sacoche et nappa les courbes effilées d’un baume aseptisant avant de demander à Kehlvehan de retrousser ses vêtements pour dégager son abdomen. Le félin laissa les griffes effleurer une peau aussi pâle qu’un banc de poissons lunaires dans les eaux glacées de Paadshail et s’arrêta à hauteur du foie.

    « - Siège de l’élément Bois, l’absence par la mort. La dissolution de l’être et le retour de l’énergie en ce monde. Ouvrons le noyau et laissons les flux circuler, s’engorger et se ressourcer. »

    Les yeux rivés à ses mains, le graärh entama la séance avec beaucoup de prudence et d’attention. Foncer tête baissée dans les souterrains du canyon serait suicidaire à ce stade, le Gardien devait absolument se reposer et lui devait faire le deuil de ce sentiment de vide. Prendre quelques instants de plus pour se préparer était certainement le plus avisé.


    * * * * * *

    Directives :
    Tout s’est passé sans anicroche pour le Purnendu possédé par Rog. Il a préparé la mixture afin de détourner l’attention des Karapt, il a pénétré dans le canyon, il a livré son appât aux insectes, et maintenant il ne lui manque plus qu’à sauter dans ce trou pour accéder au rucher et se diriger vers la reine. Oui, tout se passait facilement pour le Purnendu possédé par Rog … beaucoup trop facilement.

    Se tenant face à la béance ayant englouti Belethar quelques instants plus tôt, s’apprêtant à y sauter à son tour, une voix s’éleva dans l’air. Kehlvehan était ici. Le plan du Graärh prisonnier semblait avoir fonctionné, le maitre baptistrel était ici et il allait pouvoir l’aider. D’ailleurs il lui proposait son aide : le débarrasser de l’emprise de Rog. Malheureusement, cela ne serait pas aussi simple, Rog n’avait pas l’intention de voir son plan mis en échec. D’autant plus que Purnendu pouvait encore lui être utile.

    ¤ Je n’ai pas l’intention de me laisser dépouiller une fois de plus de ce qui est mien. Débarrasses-toi de lui ! ¤

    C’est donc sans nul autre choix que Purnendu se retrouve contraint à engager le combat contre Kehlvehan.

    Le Karapt ouvrier présent à côté du maître barde prendra part au combat pour protéger ce dernier. La bête n’est pas vraiment faite pour le combat et se contenter d’essayer de maintenir Purnendu à distance … et Purnendu n’est pas autorisé à le tuer. Le graärh parviendra à avoir un contact physique direct avec la créature insectoïde pendant le combat, celui-ci s’effondrera par la suite. Alors que le chant de Kehlvehan s’élève, Purnendu sent l’emprise de Rog s’affaiblir, il parvient à reprendre lentement le contrôle de son corps et de son esprit, suffisamment pour se retenir et permettre au baptistrel de finir son chant au bout de quelques minutes.

    Le Graärh redevient maître de lui-même, Rog a été refoulé au plus profond de son être. Il sent toutefois qu’il pourrait revenir, mais pas tout de suite, pas aujourd’hui, du moins pas sans une intervention extérieure. Alors que Kehlvehan s’apprêta à continuer et à entonner un nouveau chant, Purnendu se rend compte de quelque chose : le Karapt ouvrier n’est plus là.

    Que fait Purnendu ?


    Dons d'Esprits et Sors Unique :

    Hippopotame niv 3 : Il possède une peau épaisse ne pouvant être tranchée que par une arme reforgée avec un bonus offensif (niv 3) ou avec une lame d'énergie pure.
    Raton-Laveur niv 3 : Il est capable de soulager les douleurs graves par contact physique.

    Sors Unique - Griffopuncture : Utilisation sur le foie (Bois). Si influencé par le sort, il offre un rang supplémentaire en Magie et permet de se soustraire temporairement aux gestes clés ou rituels.
    → Il faut un tour de préparation par effet et par cible.
    → Les bonus persistent pendant 4 tours lors d'intrigues sociales ou deux tours lors de scènes de combat.
    → Un seul effet à la fois est possible sur une même cible.


    Langue Commune : #BBEB96
    Langue Graärh : #59A022
    Langue Graärh ancien : #295F00
    Langue Elfique (avancée) : #E1F682

    description[INTRIGUE] Le coeur de l'essaim EmptyRe: [INTRIGUE] Le coeur de l'essaim

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      L’œil s’ouvrit, géant, impressionnant, d'un vert clair à la lumière écrasante et à la pupille couleur prune. Il ne savait pas s'il devait prendre cette couleur pour un mauvais présage, eu égard de la teinte du pelage de Rog. Il recula, pour se mettre en sécurité, bien qu'il douta pouvoir l'être véritablement, s'il était tombé dans un piège. Il observa l'immense œil, puis l'instant d'après, ce fut l'inconnue qui émergea des ténèbres. L'almaréen contempla sa silhouette délicatement dessinée et plongea ces mires célestes dans celles qui avait encore cette teinte violine. Était-elle un agent de Rog en fin de compte ? Cela ne faisait pas de sens, son Karapt à la lance avait attaqué le graärh ancestral et lui avait infligé la perte d'un bras. Comment cela se pouvait-il alors ? A mesure qu'il l'écoutait, muet, il lui venait à l'esprit qu'elle partageait avec le prune, un lien, une connaissance certaine. Le Karapt à lance ne s'était pas trouvé près du mausolée par hasard et son action n'était pas plus hasardeuse.

      Son regard se posa sur les dagues en chitine. Pourquoi l'avoir désarmé si c'était pour lui en rendre d'autre. Ce qu'elle estimait nécessaire l'était-il également pour tous ? Un silence marqua le fin des paroles de celle qui était, en définitive, bien la Reine de Karapt avant qu'il ne réponde d'une voix posée et pondérée, entraînée par les siècles de gouvernance : « Je n'ai guère l'impression d'avoir troublé votre domaine, Kamda Aaleeshaan. » La colonie n'avait pas été impactée outre mesure et il n'avait marqué sa venue d'aucune posture agressive ou vindicative. Contrairement aux précédents visiteurs. Il jugeait important de le lui faire remarquer. « Et je ne serai pas ici si vous n'étiez venu me chercher. » Là aussi, contrairement aux précédents visiteurs qui avaient mis les pieds dans le Canyon sans respect ni autorisation. Il faisait valoir cette nuance le concernant. Elle avait déploré la vision que Naal avait de sa colonie, de sa famille et lui déplorait la vision qu'elle avait de sa personne. Cette fois-ci, c'était la Reine Karapt qui l'avait contacté. Il n'était pas ici comme un trouble fait mais comme un invité. « Qu’un visiteur soit invité ou non, il vaut mieux pour mes enfants qu’ils demeurent ici sans être troublés par un événement extérieur. Je dois les protéger. »

      Il voulait bien la comprendre. Pour Naal, les éléments extérieurs avaient toujours été les dragons et il avait mis un point d'honneur à les éloigner de son peuple pour protéger ces derniers du Lien. Quant à l'état de ces pauvres hères pris dans un cocon, si l'on demandait à un homme s'il préférait mourir ou qu’on lui creva les yeux, beaucoup choisiraient la seconde option. Cela ne la rendait pas belle pour autant. Ou plus acceptable.  Peut-être que la Reine leur avait donné aussi de bonnes raisons, et il espérait se fourvoyer. Mais il n'était pas un mouton pour suivre aveuglément quelqu'un sans en comprendre la source. Seul Néant était son guide. Quoiqu'ils endurent ou ne souffrent, ces captifs de la soit-disant grande œuvre étaient privés de liberté. Naal les voyait comme des prisonniers. Il délaissa néanmoins le sujet. « Qu'ont-elles de si spécial pour que vous les préféreriez à mes propres armes ? » demanda-t-il, au sujet des dagues, assurément. « Vous êtes  ici chez moi. Un accident est si vite arrivé aussi est-il mieux que vous ne vous déplaciez pas avec vos propres armes. Mais comme je vous demande de tuer, je ne vais pas vous y envoyer sans les outils adéquats. Ces dagues que je vous prête sont ma création. Elles sont reliées à moi, elles sont imprégnées de ma puissance et surtout elles sont temporaires. Elles ne blesseront que si je le permets. Je sais ce qu’elles sont, je peux donc leur faire confiance. » Il acquiesça d'un signe de tête et plongea ses mains dans le liquide pour s'en saisir délicatement. Il mirait les reflets sur la chitine.

      « Vous avez l'air d'être persuadée qu'il n'existe pas d'autres solutions que la mort. Rog est-il à ce point irrésistible ? Vous semblez bien le connaître pour être aussi ferme dans l'absolu de votre requête. Je ferai ce qui est nécessaire, oui. » Il l'avait déjà fait, même s'il aurait du le faire plus tôt, pour le bien d'Almara. Aldakin aurait du être tué avant que son Frère n'en vienne à lui planter sa lance sacrée au travers du corps. Il ne l'avait fait, ensuite, que pour protéger sa patrie des risques que la survie du Prêcheur aurait pu causer aux siens. « Si vous me m'expliquez pourquoi vous êtes persuadée que ce soit nécessaire. » N'était-ce pas légitime ? Il s'apprêtait à tuer quelqu'un mais il n'était pas à assassin ou un soldat auquel on donnait un ordre et qui l'exécutait sans demander pourquoi. Même a Néant il avait toujours demandé pourquoi, le sens de ses volontés, pour comprendre le Vide en son cœur. « Et pourquoi vous me demandez-vous à moi d'exécuter cette tâche. » Néanmoins, il escomptait bien la rassurer sur ses intentions : il ne la prenait ni pour ne menteuse ni pour une entité malveillante... Mais pour une alliée avec laquelle ils devaient échanger de façon limpide : « Je suis prêt à vous croire, comme je l'ai fait en venant à vous, Kamda Aaleeshaan. Je ne vous demanderai rien de plus que votre sincérité. »

      La reine se frotta les tempes lentement. « Pauvre enfant. » C'était bien la première fois depuis longtemps qu'on l'appelait comme cela, lui qui avait 2000 ans. « Vous ignorez tant de choses. Sur cet archipel. Sur le mal qui l’habite. » C'était bien pour cela qu'il posait des questions. Le plus sot était celui qui croyait tout savoir et n'osait rien demander. Néant lui avait appris l'humilité, il ne ferait pas l'affront de répondre à la Reine qu'elle aussi ignorait beaucoup de choses sur leurs peuples venu de si loin.  « Les couronnes de cendre sont puissantes. Et la chance insolente dont vous avez fait preuve face à l’ennemi que vous apportez en venant en Tiamaranta ne vous sauvera pas, cette fois. » Elle affirmait alors cela en toute ignorance de ce dont ils étaient capables. C'était à la fois pessimiste et insultant. Mais le roi qu'il fut n'avait jamais cédé par ego froissé. « La glorieuse légion de l’or, bien plus puissante que tous vos royaumes réunis, a sombré face à elles. Tant d’années se sont écoulées depuis leur défaite. Rog s’est éveillé sur un archipel qui n’a plus rien à voir avec celui qu’il a connu. Sa puissance d’antan, en revanche, est demeurée la même. »

      L’inconnue agita son index en l’air, de façon négative. « La question n’est pas de savoir s’il existe d’autres solutions. La question est de savoir si l’ennemi connaît l’existence d’autres solutions. » L'almaréen arqua un sourcil, perplexe. Non pas vraiment. Du moins ne le voyait-il pas de ce point de vue. Ce n'était pas parce qu'un ennemi ne connaissait pas une solution qu'elle n'existait donc pas et n'était pas possible. Sans doute que mettre en place une autre solution reviendrait signaler à l'ennemi qu'il existait cette autre solution.... Mais devait-on tuer chaque sbire que posséderait Rog avec un tel plan ? « Et la réponse est non. J’ai perdu mon premier avantage lors de son éveil, c’est là qu’il était le plus faible et je ne suis pas parvenu à le tuer. Ses blessures ne feront que le ralentir, mais rien de plus. C’est sûrement pour cette raison qu’il n’est pas ici en personne aujourd’hui. Il connaît les graärh et les Karapt, mais il ignore tout de vous, races venues de part delà l’océan. Là est mon deuxième avantage. »

      Une guerre d’information, voilà ce dont parlait la reine, lui confirmant ce à quoi il avait songé. « Ne sous-estimez pas la puissance de ceux qui ont goûté aux eaux du puits des esprits. » Le puits des esprits ? Était-ce cela qui donnait une telle puissance à Rog et aux autres couronnes ? Encore un sombre crétin qui n'était pas capable de faire preuve d'humilité et d'accepter la place inférieure qui était destinée aux créations des Dieux. Naal savait combien il était possible de s'élever. Mais il ne voulait pas de nouveaux Dieux qui se soient élevés par orgueil et par volonté de domination meurtrière. L'on pouvait s'élever... Mais pas comme cela. Dans tous les cas, Naal n'avait jamais eu l'intention de sous-estimer les couronnes de cendres en demandant s'il n'existait pas un autre moyen. N'avait-il donc pas le droit de poser des questions sans se faire insulter d'imbécile ? S'il avait traité de demeuré chacun des élèves qu'il avait eu dans sa longue vie, il n'y aurait pas eu grand monde ni pour se sentir capable d'apprendre, ni pour l'aimer comme le roi-Oracle qu'il fut. « La mort libérera votre compagnon graärh de l’emprise de Rog. Il me suffira par la suite de le ramener. » La vie de Purnendu pouvait donc être épargnée. Alors le nécessaire pourrait être fait, oui.

      « Rog n’aime pas qu’on lui prenne ce qui lui appartient, il reviendra donc chercher ce graärh et une nouvelle occasion de le tuer se présentera. » Elle le connaissait, indéniablement. Du moins, il espérait qu'elle le connaissait mieux qu'elle affirmait le connaître lui. Elle affirmait beaucoup de choses et se trompait, peut-être pas excès d'assurance ou de volonté ferme d'incarner la royauté. Il espérait qu'elle ne se trompait pas aussi au sujet de Rog. Il la vit s'agenouiller près d'un bassin et plonger une main à l'intérieur. Le regard de l'almaréen se fit happer par les images qui se dessinaient à la surface. Hypnotisé, il vint s'agenouiller près de l'eau pour mieux voir ce qu'on s'apprêtait à lui montrer. « Vous m’appelez comme au même titre que les dirigeants graärh. Aussi peut-être avez-vous entendu ces légendes. Autrefois, la légion de l’or régnait sur cet archipel. Chaque graärh y était dévoué. Jamais le peuple félin ne fut aussi grand. Le Baôli y était vénéré, haut lieu de spiritualité. La cité d’airain y était vénérée, haut lieu de pouvoir. La grande forge y était vénérée, haut lieu de savoir. » Qu'étaient devenu ces lieux ? Il n'en avait pas entendu parler. Mais nul ne savait où se trouvait le Baôli, il y avait quelques mois encore. Ces antiques cités étaient peut-être encore non loin, juste sous leurs yeux.

      L’image du Baôli, d’une splendide cité et d’une gigantesque porte apparurent à la surface de l’eau. L'ancien monarque en contempla les attraits magnifiques. Il savait que les mortels étaient capables de constructions grandioses quand ils vénéraient une entité supérieure. La Légion d'Or était-elle pieuses ? Les récits disaient que oui. Les images s’évanouirent lorsque la Reine passa la main dessus. L'almaréen releva son regard sur ce doux visage féminin, attendant la chute. N'était-ce pas cela, la fin de l'histoire ? Une fin triste qui avait poussé les graärh vers cette humilité qui les caractérisait tant. Purnendu lui avait parlé de la quête d'honneur que menait chaque graärh pour que jamais les cendres de la honte ne recouvrent à nouveau leur monde « Ces trois joyaux faisaient la grandeur et la puissance de la légion de l’or. Mais ils furent tous emportés par les crocs des cendres. Après chaque apogée, il y a un déclin, mais celui de la légion de l’or fut fulgurant. » L’image la cité d’airain réapparut, en proie aux flammes. Elle était en état de siège face un ennemi redoutable. Au pied des murs de la cité, d’innombrable Karapt se pressait, tel un raz de marée.

      « Soudainement, une nuée d’insectes carnassiers se profila à l’horizon. Ils se déversèrent sur la légion de l’or tel un essaim de sauterelles sur un champ de blé. Mangeant l’or comme la chair. Tuant les pauvres comme les riches. Les faibles comme les puissants. Les lâches comme les héros. Malgré toute sa puissance, la légion de l’or perdit ses joyaux un à un et fut acculée. » La bataille et la voracité des Karapts étaient effrayantes. Il se laissait happer par cette page d'histoire qu'on dévoilait à ses yeux, gravant dans sa mémoire de spirite de baleine chaque détail de la ville, chaque acte de destruction des créatures insectoïdes. Il ne sut dire combien de temps se passa, exactement. Beaucoup d'heures, probablement, dans cette vision, puis la lumière devint blanche, puis sombre ténèbres. Naal ferma ses yeux pour les protéger et les rouvrit sur le liquide redevenu vert. Cette vision n'était pas à l'avantage des Karapts. Ces derniers avaient détruit les cités des légions d'or pour le compte des cendres... Alors pourquoi les lui montrer ? Parce qu'il lui avait demandé sa sincérité et elle la lui avait donné. Parce que Rog était capable de prendre possession d'autrui et de faire exécuter sa volonté... Cela expliquait pourquoi elle était certaine que la mort soit une solution de libération, pourquoi elle protégeait son nid et pourquoi désirait détruire Rog.

      « Je le ne connais pas. À l’époque, je n’étais qu’une enfant. Ce que je sais, je tiens de ce que ma mère a pu me transmettre avant de mourir. Je sais ce qu’il est, ce qu’il a fait et ce qu’il est capable de faire. Pour les souffrances qu’il a infligées aux miens, il est mon ennemi. C’est tout ce que vous avez besoin de savoir pour l’instant. » L'almaréen acquiesça de la tête, en signe de compréhension. « Rog n’aime pas qu’on lui prenne ce qui lui appartient, il reviendra donc... » répéta-t-il, en faisait le lien avec le projet de la Reine. « …Aussi pour vous. » S'il avait possédé la nuée d'insectes, il reviendrait chercher son armée. La Kamda Aaleeshaan ne voulait pas que ses enfants aillent combattre. Mais elle n'aurait peut-être pas le choix. Naal n'ont plus n'avait pas voulu que le peuple d'Almara entre en guère contre Ambarhùna. Mais le dragon était venu. Il avait pris possession du cœur de son Dieu. La reine finit par hausser un sourcil. « Pourquoi vous ? Parce que je vous teste, voilà tout. D’autres de votre espèce ont combattu au côté de mon enfant pour défaire Rog. Ils sont parvenus à le blesser, mais mon enfant est mort et ils se sont contentés de le regarder agoniser. Je ne sais pas encore si une alliance avec vous est un bon choix stratégique pour défaire Rog. Alors je vous teste. »

      Naal lui retourna un sourire à la fois désolé et compréhensif. C'était honorable de leur laisser une seconde chance. Son indulgence faisait leur opportunité. Il saisissait les tenants et aboutissants de tout cela. La différence entre eux deux était que Naal avait appris à ses dépens que la solitude face à l'ennemi était le meilleur moyen de se retrouver avec une lance au travers du corps. « Serez-vous à la hauteur ? Serez-vous prêt à faire les sacrifices qui s’imposent ? Ou au contraire entraînerez-vous la rui … » La Reine fut coupée dans ses paroles, d’affreux cliquetis s’échappèrent de sa bouche tandis que ses yeux se mirent à luire d’une lueur dangereuse qui fit reculer Naal. Qu'est ce qui lui prenait ? Rog prenait possession d'elle ? « Je viens de perdre mon deuxième avantage … vos compagnons sont des crétins. L’être de l’espèce aux oreilles pointues a libéré le graärh de l’emprise de Rog. J’ignore comment. » Une espèce de moue désapprobatrice marqua le visage de l'almaréen lorsqu'il fut question d'insulter Eleni. « Vibrations baptistrales » souffla-t-il en se plongeant sur la scène, encore récente. Lui, il était assez fier de son vieil elfe. Ceux de son Ordre avaient l’amusante tendance de résoudre tous les problèmes du monde sans faire de mal à personne, avec des câlins et des chansons que personne ne pouvait entendre.

      Un râle de douleur s’échappa la reine et fit sursauter l'almaréen : « Mais ce dernier s’est insinué dans un de mes fils qui l’accompagnait. Il le souille avec sa puissance nauséabonde. » Elle fit signe au Karapt ayant accueilli Naal à l’entrée de se rapprocher et l'almaréen le mira d'un œil circonspect. Ça y est, il allait se faire mettre dehors comme on se faisait jeter par des gros bras hors d'une taverne où on a trop bu ? Ah non : « Suivez-le. Je vais faire en sorte de guider le nouveau traître jusqu’à vous. Vous allez devoir le tuer. Je préfère encore voir un de mes fils mourir que de le laisser entre les griffes de ce monstre. Un de vos amis se trouve également dans les galeries. Je le guiderai jusqu’à vous afin que vous le sauviez. » Il acquiesça fermement de la tête et un rugissement cliquetant s’échappa de la Reine. « Maintenant, partez ! » Il ne tarda donc pas, suivant le soldat sans attendre : il connaissait bien mieux ces galeries que lui. Il en profita pour boire et manger, de ce qu'il avait dans la besace, car combattre alors qu'il n'avait pas bu depuis plusieurs heures n'était pas l'idée du siècle.

      « Tu en veux ? » proposa-t-il au Karapt avec lui, mais il eut, en retour, de furieux cliquetis comme ceux qu'avaient produit un peu plus tôt la Reine. « D'acord-d'accord, calme-toi. Je ne faisait que fraterniser. » Décidément, entre les cliquetis d'Odrikatas et ça, sa communication avec le peuple insectoïde n'était pas au beau fixe. Il laisserait ça à Kehlvehan, hein. S'il survivait. Il leur fallut quelques temps pour arriver dans une immense alcôve. Le plafond était bien trop sombre pour qu'il en discerne la  hauteur. Il sortit les armes en entendant du bruit et les abaissa lorsqu'il aperçut la silhouette de Belethar. Sa plaisanterie lui arracha un sourire amusé alors qu'il fronçait les sourcils. C'était lui ou Belethar luisait dans le noir ? Et il brillait comme la surface de l'eau, non ? Et il sentait le sucre, n'est-ce pas ? Il le laissa approcher, perplexe. « Qu'est qu'il vous est arriv... Peu importe. » coupa-t-il lui même en secouant la tête, préférant ne pas avoir de quel genre de lubrifiant Belethar s'était enduit. Et ils avaient plus urgent ; aussi, un rapide résumé était préférable.

      « Kehlvehan a libéré Purnendu de l'emprise de Rog mais celui-ci a pris possession d'un karapt. J'ai rencontré la Reine. Charmante... » Il regarda en coin pour voir si le Karapt soldat avec qui il était gronderait ou non. « Et un peu flippante quand elle se met à cliqueter. » rajouta-t-il. « Je n'ai pas le temps de tout vous expliquer, mais elle nous serait reconnaissante si on pouvait tuer... » Un bruit se faisait entendre alors que le sol tremblait comme sous l'assaut de pas de titan. Un karapt fit irruption par l'entrée, détruisant une partie de celle-ci. « Ça. » Il reconnaissait la créature sur le dos de laquelle il avait dévalé le réseau mais celle-ci était à présent difforme, comme en mutation. Elle devait faire trois fois la taille de l'almaréen, avec des pinces et des défenses courbées, à la place des bras, ainsi que quatre immenses pattes. La carapace, elle, semblait bien trop épaisse pour qu'il soit judicieux d'attaquer par là. Il avait vu ces créatures combattre, sous l'égide de Rog et Naal, lui, il avait tué beaucoup de dragon... Mais pas seul. D'un revers de son bras, il avait repoussé Belethar derrière lui, pour le protéger, mais ne sembla pas pouvoir récupérer son bras : « Mais enfin, Sucre d'Orge, lâchez moi ! Je ne vais pas pouvoir combattre si vous m'agrippez de la sorte ! » Pour quelqu'un qui n'aimait pas les almaréens, il le trouvait soudain bien attaché, mais un regard en arrière lui indiqua qu'en vérité, son vêtement était collé à l'Enwr.

      Il tira dessus, en vain. Tout au mieux, il ne fit que coller un peu plus Belethar contre lui. Non pas que le contact d'un homme dans son dos lui pose problème mais tout de même ! Ce combat s'annonçait bien assez rude comme ça, pour qu'il ait besoin de se lester de la sorte ! « Rah ! » pesta-t-il avant de s'accroupir pour quitter l'habit. Parfaitement nu, maintenant, il avait bien l'air fin... Mais il n'avait pas beaucoup le choix. Outre les tatouages de Néant dessiné sur tout son corps, la colonne vertébrale du dévot était recouverte d'écailles brunes et souple... Et, fait troublant, d'une toute petite écaille de Jade, à peine visible. Si Firindal n'avait pas été le seul dragon vert du monde, c'était bien une écaille du défunt saurien qui était là. Par un appel du Pangolin, il fit apparaître des armures éthérées sur Béléthar et sur le Karapt allié, ainsi que sur lui-même, camouflant de manière semi-opaque sa nudité.

      « Allez mon vieux. J'ai tué des dragons plus gros que ça, en Alamara, pas vous ? » fit-il au Karapt. Il devait bien avoir des exploits à son compteur, lui aussi non ? Enfin Naal l'espérait beaucoup. Sans quoi, il allait être bien seul. « Fyli. » gronda-t-il, mais sa voix était déformée et l'instant d'après, il n'était plus là, mais sous les tentacules de la bête, celles sous sa bouche griffue. Après une brève analyse de l'animal déformé, il jaugeait que c'était l'endroit le plus adéquat pour aller trancher une gorge. Chez les animaux, les tentacules étaient présentes pour défendre un point sensible : il y avait donc des chances pour qu'il y en ait un là dessous.


    Directives :
    C’est face à la reine Karapt en personne que l’Almaréen fait face. Une grande puissance émane de celle-ci, laissant présager sa dangerosité si on la compte parmi ses ennemis … ou d’une grande aide si on la compte parmi ses alliés. Naal a l’opportunité de pouvoir lui parler directement, un privilège dont seuls peuvent se vanter les morts … et les personnes dans les cocons derrière lui. Espérons simplement que l’humain connaitra un meilleur destin. S’apprêtant à disparaitre de nouveau dans les ombres, Naal l’interpelle, lui posant d’autres questions. L’inconnue s’arrête, laissant planer un silence avec de se décider à y répondre.

    ***

    « Qu’un visiteur soit invité ou non, il vaut mieux pour mes enfants qu’ils demeurent ici sans être troublés par un événement extérieur. Je dois les protéger. »

    Le regard de la reine se posa sur les armes.

    « Vous êtes  ici chez moi. Un accident est si vite arrivé aussi est-il mieux que vous ne vous déplaciez pas avec vos propres armes. Mais comme je vous demande de tuer, je ne vais pas vous y envoyer sans les outils adéquats. Ces dagues que je vous prête sont ma création. Elles sont reliées à moi, elles sont imprégnées de ma puissance et surtout elles sont temporaires. Elles ne blesseront que si je le permets. Je sais ce qu’elles sont, je peux donc leur faire confiance. »

    La reine se frotta les tempes lentement.

    « Pauvre enfant. Vous ignorez tant de choses. Sur cet archipel. Sur le mal qui l’habite. Les couronnes de cendre sont puissantes. Et la chance insolente dont vous avez fait preuve face à l’ennemi que vous apportez en venant en Tiamaranta ne vous sauvera pas cette fois. La glorieuse légion de l’or, bien plus puissante que tous vos royaumes réunis, a sombré face à elles. Tant d’années se sont écoulées depuis leur défaite. Rog s’est éveillé sur un archipel qui n’a plus rien à voir avec celui qu’il a connu. Sa puissance d’antan, en revanche, est demeurée la même. »

    L’inconnue agita son index en l’air de façon négative.

    « La question n’est pas de savoir s’il existe d’autres solutions. La question est de savoir si l’ennemi  connait l’existence d’autres solutions. Et la réponse est non. J’ai perdu mon premier avantage lors de son éveil, c’est là qu’il était le plus faible et je ne suis pas parvenu à le tuer. Ses blessures ne feront que le ralentir, mais rien de plus. C’est surement pour cette raison qu’il n’est pas ici en personne aujourd’hui. Il connait les graärh et les Karapt, mais il ignore tout de vous, races venues de part delà l’océan. Là est mon deuxième avantage. »

    Une guerre d’information, voilà ce dont parlait la reine.

    « Ne sous-estimez pas la puissance de ceux qui ont goûté aux eaux du puits des esprits. La mort libèrera votre compagnon graärh de l’emprise de Rog. Il me suffira par la suite de le ramener. Rog n’aime pas qu’on lui prenne ce qui lui appartient, il reviendra donc chercher ce graärh et une nouvelle occasion de le tuer se présentera. »

    Le regard prune de l’inconnue se posa sur l’Almaréen. Lentement elle se déplaça vers l’un des bassins avant de s’agenouiller devant. Elle plongea sa main dedans et commença à faire tournoyer le liquide à l’intérieur. Bientôt à la surface du bassin se formèrent des images et la voix de la reine s’éleva.

    « Vous m’appelez comme au même titre que les dirigeants graärh. Aussi peut-être avez-vous entendu ces légendes. Autrefois, la légion de l’or régnait sur cet archipel. Chaque graärh était y dévouer. Jamais le peuple félin ne fut aussi grand. Le Baôli y était vénéré, haut lieu de spiritualité. La cité d’airain y était vénérée, haut lieu de pouvoir. La grande forge y était vénérée, haut lieu de savoir. »

    L’image du Baôli, d’une splendide cité et d’une gigantesque porte apparut à la surface de l’eau avant de s’évanouir lorsque l’inconnue passa la main dessus.

    « Ces trois joyaux faisaient la grandeur et la puissance de la légion de l’or. Mais ils furent tous emportés par les crocs des cendres. Après chaque apogée, il y a un déclin, mais celui de la légion de l’or fut fulgurant. »

    L’image la cité d’airain réapparut, elle était en proie aux flammes. Elle était en état de siège face un ennemi redoutable. Au pied des murs de la cité, d’innombrable Karapt se pressait, tel un raz de marée.

    « Soudainement, une nuée d’insectes carnassiers se profila à l’horizon. Ils se déversèrent sur la légion de l’or tel un essaim de sauterelles sur un champ de blé. Mangeant l’or comme la chair. Tuant les pauvres comme les riches. Les faibles comme les puissants. Les lâches comme les héros. Malgré toute sa puissance, la légion de l’or perdit ses joyaux un à un et fut acculée. »

    Un grand flash de lumière se produisit sur la vision, puis les ténèbres absolues. Lentement le liquide redevint vert. Naal fut happé pendant cette vision durant un long, très long moment avant de pouvoir revenir à lui.

    « Je le ne connais pas. À l’époque, je n’étais qu’une enfant. Ce que je sais, je tiens de ce que ma mère a pu me transmettre avant de mourir. Je sais ce qu’il est, ce qu’il a fait et ce qu’il est capable de faire. Pour les souffrances qu’il a infligées aux miens, il est mon ennemi. C’est tout ce que vous avez besoin de savoir pour l’instant. »

    La reine finit par hausser un sourcil.

    « Pourquoi vous ? Parce que je vous teste, voilà tout. D’autres de votre espèce ont combattu au côté de mon enfant pour défaire Rog. Ils sont parvenus à le blesser, mais mon enfant est mort et ils se sont contentés de le regarder agoniser. Je ne sais pas encore si une alliance avec vous est un bon choix stratégique pour défaire Rog. Alors je vous teste. Serez-vous à la hauteur ? Serez-vous prêt à faire les sacrifices qui s’imposent ? Ou au contraire entrainerez-vous la rui … »

    L’inconnue fut coupée dans ses paroles, d’affreux cliquetis s’échappèrent de sa bouche tandis que ses yeux se mirent à luire d’une lueur dangereuse.

    « Je viens de perdre mon deuxième avantage … vos compagnons sont des crétins. L’être de l’espèce aux oreilles pointues a libéré le graärh de l’emprise de Rog. J’ignore comment. »

    Un râle de douleur s’échappa la reine.

    « Mais ce dernier s’est insinué dans un de mes fils qui l’accompagnait. Il le souille avec sa puissance nauséabonde. »

    L’inconnue fit signe à au Karapt ayant accueilli Naal à l’entrée de se rapprocher de l’humain.

    « Suivez-le. Je vais faire en sorte de guider le nouveau traitre jusqu’à vous. Vous allez devoir le tuer. Je préfère encore voir un de mes fils mourir que de le laisser entre les griffes de ce monstre. Un de vos amis se trouve également dans les galeries. Je le guiderais jusqu’à vous afin que vous le sauviez.

    La reine se recula pour disparaitre dans l’ombre, un rugissement cliquetant s’échappa d’elle.

    « Maintenant, partez ! »

    ***

    Conduit par le Karapt, Naal est amené jusqu’à une énorme alcôve dont il le parvient pas à voir le plafond tant il y fait sombre. Cette salle semble être une grande intersection, mais il remarque que plusieurs des passages sont bouchés à l’exception de trois, dont celui par lequel il est venu.

    Après quelques instants, de petits bruits se font entendre. Il s’agit de Belethar qui fait son apparition. Ce dernier luit d’une légère lumière il a accroché à lui une sorte de très grosse larve.

    Peu de temps après, du bruit se fait de nouveau entendre, quelque chose approche. L’écho de cliquetis déformé se répercute jusqu’à Naal. Bientôt le sol commence à trembler sous les pas de ce nouvel arrivant. Un Karapt finit par faire son apparition, détruisant une partie de l’entrée par laquelle il arrive pour pouvoir passer. La bête faisant face à l’Almaréen mesure entre quatre et cinq mètres de haut, il lui apparait comme difforme, comme s’il semblait en pleine mutation. Le dévot de néant croit reconnaitre certaines similarités avec une autre de ces créatures insectoïdes. Des membranes semblables à des voiles, ainsi que des pinces, un peu comme la créature sur laquelle il était monté. Hormis cela, la bête face à lui est bien différente, elle dispose de deux énormes griffes semblent à des défenses ou des faucilles, ainsi que quatre grosses pattes à même de le piétiner. La carapace de la créature semble épaisse. Un rude combat s’annonce, et il n’a à ses côtés qu’un soldat Karapt, une larve et un apprenti Baptistrel.

    description[INTRIGUE] Le coeur de l'essaim EmptyRe: [INTRIGUE] Le coeur de l'essaim

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    “Qu'est qu'il vous est arriv... Peu importe.”

    Furent les premiers mots de Naal avec un sourire, en guise de réponse à sa plaisanterie. Belethar soupira. Il haussa les épaules, avant de répondre avec lassitude :

    “Disons que ma dignité était le dernier de mes problèmes face à une horde de karapts en colère.”

    Il est vrai que l’apprenti baptistrel avait peut-être l’air ridicule imbibé de sucre de la sorte, mais d’un point de vue purement pragmatique sur la question, cela avait été vraiment efficace pour calmer les Karapts. Alors s’il devait le refaire, il le referait sûrement. Même s’il avait un statut de noble, Belethar n’était pas du genre à beaucoup jouer sur les apparences. Il était devenu collant, mais au moins il avait survécu et c’était déjà une grande victoire en soi.

    Toujours est-il que le Pater Familias n’eut pas le loisir de vraiment développer son histoire : Le Roi d’Almara semblait pressé, et jetait régulièrement des regards au grand karapt qui l’accompagnait. Belethar n’avait pas besoin d’être un grand mentaliste pour savoir que quelque chose ne tournait pas rond. Il laissa cependant Naal lui faire un bref résumé de la situation :

    “Kehlvehan a libéré Purnendu de l'emprise de Rog mais celui-ci a pris possession d'un karapt. J'ai rencontré la Reine. Charmante… Et un peu flippante quand elle se met à cliqueter. Je n'ai pas le temps de tout vous expliquer, mais elle nous serait reconnaissante si on pouvait tuer…”

    Belethar ouvrit grand les yeux et fit une petite grimace. Dans l’ensemble ce qu’il venait d’annoncer était de bonnes nouvelles, quoique Belethar trouvait regrettable que la Reine avait d’abord rencontré ce fanatique plutôt que les deux autres compagnons ou lui même qui avaient a priori un profil plus enclin à la diplomatie … Mais bon manifestement, le courant était bien passé entre les deux personnes. Belethar eut un autre soupir : il fallait rester pragmatique, ils étaient sur la bonne voie.

    Par contre, la dernière partie de sa phrase l’inquiétait vraiment, et pour cause …

    « Ça. »

    Était entrer dans la grande pièce, s’étendant de toute sa longueur vers les deux protagonistes : la grande créature émettait d’horrible sons et de grands tremblements : deux grandes lames inquiétantes semblaient sortir de sa très grande carapace de face … Tout ceci n’inspirait vraiment de bien à l’apprenti baptistrel. Il sentit Nasod venir se cacher dans son dos, émettant au passage quelques sifflements désapprobateurs. Manifestement, entre ces deux-là ce n’était pas le grand amour.

    Le feu-Roi D’Almara avait poussé en arrière l’apprenti de Kehlvehan pour le protéger, commettant ainsi l’irréparable : il avait touché son corps collant imbibé de sucre … D’ailleurs, les reproches ne tardèrent pas à venir :

    « Mais enfin, Sucre d'Orge, lâchez moi ! Je ne vais pas pouvoir combattre si vous m'agrippez de la sorte ! »

    Il sentit le Roi tiré sur sa toge, en vain. Le Prophète de Néant se retrouvait collé à Belethar. Un petit rire entre la panique et le comique de l’instant sorti de la bouche du Pater Familias, visiblement assez désabusé par la situation. Il ne supportait pas la compagnie de cet homme, et voilà que le sort avait décidé de les coller entre eux … Si les Sept existaient encore, il aurait été sûr que c’était une intervention divine pour essayer de les réconcilier.

    Cependant, au regard de l’urgence de la situation, Belethar eut un regard vers le ciel, intimant ses ancêtres de ne pas trop lui en vouloir pour ce qu’il s’apprêtait à faire. Il prit un instant pour rassembler ses forces, eut une petite prière envers les sept pour que la magie fonctionne correctement … Et il fit en sorte de frapper légèrement Naal, mimant de vouloir se tirer de la situation.

    En vérité, Belethar venait d’essayer d’incanter un sort d’Horloge, bien connus des Mages de la spécialité du Pater Familias, qui avaient passé leurs vies à étudier comment protéger la vie des autres, et comment leur rendre la vie plus facile. Il voulait rendre Naal plus rapide pour essayer de devancer le Karapt. Mais de cela il n’en dit mot pour l’instant au Grand Prêtre de Néant. De toute façon il le comprendrait bien vite, si le sort fonctionnait, et puis Belethar refusait d’admettre de suite qu’il avait aidé cette personne avec qui il avait tant d'a priori.

    Aux grands maux les grands remèdes, Naal décida de s’accroupir pour quitter son vêtement … Et évidemment il ne portait rien en dessous. Misère … Belethar leva les yeux au ciel, pensant au cercueil de la Décence morte ce jour. Il remarqua cependant que sur sa colonne vertébrale gisait là des écailles brunes, dont une écaille d’un vert singulier lui rappelant des écailles de dragon …

    « Allez mon vieux. J'ai tué des dragons plus gros que ça, en Alamara, pas vous ? »

    Donc, en plus d’être un fanatique, Naal était un tueur de dragons. Un autre soupir (sûrement le 356ème ce jour-ci) traversa la bouche de Belethar. Décidément, ils n’étaient vraiment pas fait pour s’entendre.

    Et pourtant, il vit le guerrier de Néant partir au combat bravement. Alors qu’il s’était téléporté, Belethar vit que le Karapt émettait un autre grondement sourd, belliqueux et manifestement désireux de voir Naal découpé en rondelles …

    Belethar quant à lui, décida de rester bien en arrière du combat qui allait se jouer à présent, il resta cependant à portée de l’Apôtre, car quelque chose lui disait qu’il allait avoir besoin de son aide prochainement.

    Directives :

    “Au plus profond du rucher, Belethar découvrit la vie. Une vie jeune, innocente, fragile et ignorante. L’humain choisit de la recueillir et se retrouve avec, cramponné à lui, une larve de Karapt. Celle-ci mangeant le sucre dans lequel l’apprenti s’était trempé. En échange de cette nourriture, apparait dans l’esprit du nourrisseur un chemin à suivre. Après plusieurs minutes de marche dans les ténèbres sans croiser le moindre Karapt ni entendre le moins cliquetis provenant d’une autre créature que la larve, Belethar finit par arriver dans une grande alcôve où il retrouve Naal. Ce dernier est également en compagnie d’une créature insectoïde, bien plus taillé pour le combat. La scène est pour le moins étrange, car le voilà si proche d’une espèce de créature qui, encore plusieurs minutes plus tôt, souhaitait sa mort.

    Le dévot du vide et l’ambarhunien n’ont pas le temps de discuter longtemps que d’horrible sons et tremblements se font entendre et sentir. Bientôt, une bête surgit d’une des galeries. Elle ressemble en tout point à un Karapt, bien qu’il n’ait pas encore eu l’occasion d’en croiser un de ce genre-là jusqu’ici. Quoi qu’il en soit, Naal aurait reçu mission de la maitresse des lieux de le tuer. Et sans attendre, il se lance dans le combat … non sans quelques complications le conduisant à abandonner sa dignité.

    La larve présente au côté de Belethar vint se déplacer pour se cacher dans le dos de ce dernier, tout en lâchant quelques sifflements menaçant à l’encontre de l’abomination karaptienne vous faisant face. Visiblement, il ne l’aime pas.

    Il est connu que les Baptistrel n’aiment pas le combat et qu’ils ne doivent pas tuer ou blesser. Belethar n’est peut-être pas encore un maitre, mais cela n’empêche en rien qu’il ne doit pas commettre cette faute qui pourrait mettre de sérieux barrages sur son objectif de le devenir un jour. Aussi la difficulté va être de venir en aide au combat sans toutefois être celui qui porterait un coup et encore moins celui de grâce à l’adversaire.

    Mais encore faut-il qu’il souhaite venir en aide au dévot de Néant. Il faut dire qu’il n’a pas beaucoup de raison de le faire et que de le voir mourir ici, grâce à son inaction, pourrait lui être fort plaisant.


    Que fait Belethar ?



    Sort utilisé :

    Flux d'Altération - Niveau Bon : Horloge
    Geste clef : frapper légèrement la cible
    Action : concentre l’énergie de son corps puis la projette dans celui de la cible en secouant son équilibre.
    Effet : accélère l’organisme de la cible, ses particules allant deux fois plus vite (+1 action sur ce tour) ou ralentit l'organisme, qui va alors moins vite (empêche une action).


    Langue commune : #ffff00

    [INTRIGUE] Le coeur de l'essaim Nul9

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    Il sentait, dans le chant nom de Purnendu, les tentatives de Rog de combattre son emprise, tentatives parfaitement inutiles au demeurant puisque la couronne de cendres n’avait aucun accès à ce qu’il était lui-même en train de manipuler : les vibrations essentielles de l’être. L’antique créature tentait furieusement de s’accrocher, de reprendre ce qu’il pensait être son droit sur l’âpre-cendre tandis que le Gardien avançait lentement dans son traitement, implacable. Rog ne pouvait l’empêcher d’agir, plus maintenant qu’il avait perdu son contrôle immédiat sur son descendant. Néanmoins, son agitation psychique rendait plus désagréable encore l’ouvrage pour lui. Note après note, il remontait la vie entière de Purnendu, dans ses moindres recoins, cherchant la note qui représentait la présence de Rog en lui et la remplaçant chaque fois qu’il en trouvait effectivement une. Forcément, si en plus il devait ignorer l’autre fêlé sanguinaire pour se concentrer et ne rien rater, c’était d’autant plus dur et son ressentiment à l’égard du prune grandissait d’autant. La satisfaction à retirer chaque note hérétique était alors d’autant plus grande. Complètement immergé dans l’être dont il s’occupait, occultant le temps qui passait et la fatigue grandissante sous ce soleil de plomb, le vieil elfe apprenait chaque infime détail de la vie et de l’histoire du guérisseur graärh et traquait les traces de son ancêtre jusqu’à remonter à l’instant de sa naissance. Là, il remplaça la toute première note de Rog, et pu enfin sentir pleinement le raccord effectué dans l’être qu’il venait d’opérer à un niveau d’une intimité inégalée.

    Lentement, il quitta le cocon vibratoire et prit de nouveau la mesure du monde alentours, de l’horrible chaleur des lieux et de sa fatigue, vacillant avant de s’effondrer, uniquement retenu par son patient, qui l’empêcha de se fracasser le crâne par terre. Aveugle et engourdi, le Gardien se laissa manipuler sans réaction, tout tournant et tanguant autours de lui, une désagréable pulsation aux tempes. Le contact frais du métal contre ses lèvres le réveilla à peine et il but lentement, par réflexe, avant de hoqueter. Par petites gorgées, il pu s’hydrater et retrouver lentement une conscience précaire. Lorsqu’il rouvrit les yeux, l’elfe dédia un petit signe de tête au félin pour indiquer qu’il pouvait se déplacer sans trépasser sur le champ et tous deux marchèrent péniblement jusqu’à une flaque d’ombre terriblement bienvenue pour son pauvre corps fourbu. Lorsqu’il avait comprit ce qui se passait, il s’était dépêcher de quitter le campement et n’avait pas prit toutes ses affaires, pas même de quoi refaire le turban qui protégeait son visage immaculé des ardents rayons solaires. Sa peau était rouge, brûlante et légèrement cloquée, alors que ses yeux cernés de coquards violacés offraient un horrible contraste. Sa respiration sifflante troublait le silence du canyon et il grimaça en s’asseyant sur une large pierre plate. Dire qu’il payait le prix de sa détermination était peu dire en l’instant tant son être lui faisait mal. Le contact de la patte féline lui arracha un gémissement de douleur… puis un soupire de soulagement lorsque toutes ses souffrances disparurent.

    Sur le moment, il se fichait de savoir comment, il était juste terriblement reconnaissant. Si ses yeux n’avaient pas été aussi vitreux, cela se serait sans doute vu. Débarrassé de la torture constante de son corps supplicié, le vieil elfe pu réfléchir réellement, se sortant du brouillard abrutissant qui le retenait. Il laissa Purnendu lui décrire ce qu’il pouvait voir de Belethar et Naal au travers de son miroir enchanté et soupira un faible remerciement. Ils étaient tous deux encore en vie. Saufs, au moins pour le moment. La réalisation manqua l’assommer comme un coup de massue. Ils étaient saufs. Nerveusement épuisé, physiquement poussé à bout, il s’allongea sans discuter un seul instant, incapable d’émettre la moindre protestation ou question. De toute façon, il connaissait à présent Purnendu intimement, complètement et peut-être même mieux que le graärh lui-même si c’était seulement possible. Il avait une confiance absolue en lui, maintenant qu’il n’avait plus de problèmes de prune. Soulevant le tissu qui couvrait son ventre, il ferma les yeux et tâcha de ne pas passer l’arme à gauche pendant le traitement. Le flux de magie qui vint nourrir et abreuver son corps lui permit de reprendre quelques forces, assez pour qu’il guide le graärh dans la préparation d’une décoction pour son état et d’un onguent pour les brûlures de sa peau. L’attention portée à sa rémission permirent qu’il se redresse sans mirer les portes de Mort et il pu finalement serrer d’une main Varda, autours de son cou, pour activer le processus par lequel les perles de pureté lui rendrait toute son énergie et soigneraient le reste de ses maux.

    Il faut que nous allions dans les galeries pour retrouver Belethar et Naal. Laissez-moi encore un moment pour me remettre et je pense pouvoir marcher sans problèmes

    Il sentait que les perles travaillaient sur son chant-nom, et avec le soutien solide de la médecine du raton-laveur, il était certaine de pouvoir remettre le couvert avec les Karapts dans un délais raisonnable. Avec le retour progressif de sa force vitale, il retrouva également sa capacité à prendre conscience du monde alentours et ainsi, de la disparition de son insecte de compagnie.

    Le Karapt qui m’accompagnait, où est-il ?

    La lutte avait été brève, entre Rog et l’insecte, et il n’avait pas pu le suivre après cela. Purnendu avait-il pu en voir davantage, de son côté ? Et quand on parle de Karapt, il semblait qu’on en voyait les mandibules. Un bruit sourd, continu, avant que cinq de ces créatures sortent du trou béant au milieu du canyon, un peu plus loin. Leurs cliquètements étaient incompréhensibles, mais pas leurs chant-noms.

    Ils veulent nous conduire à l’intérieur, en montant sur leurs dos

    Se relevant sur cette affirmation, il fut particulièrement soulagé de constater qu’il était capable de bouger sans plus souffrir et remercia Purnendu de son aide. Sans lui et malgré les perles de pureté, il aurait été en grand danger. La compétence du graärh le rendait très utile, comme sa solide constitution. Si seulement il n’avait été victime de prune carabinée, il aurait été très adéquat. En sommes, il l’était maintenant.

    Un instant je vous prie

    Qu’ils cessent de vouloir tant se hâter, il revenait presque d’entre les morts. Faisant l’inventaire de ce qu’il avait sur lui, il dû avouer sa consternation en constatant qu’il avait réussi à partir sans capuche mais avec sa cornemuse. Ayant noué correctement ses voiles autours de lui pour protéger autant de peau que possible, il approcha finalement d’une ouvrière et lui demanda poliment de baisser un peu l’échine pour lui permettre de se hisser. Prenant appui sur un morceau de chitine, il réussi à s’installer sur le Karapt, attendit de savoir si Purnendu viendrait également, puis confirma à sa monture de circonstance qu’ils pouvaient y aller. S’accrochant, il se plaqua contre la carapace en se laissant bouger avec les mouvements de l’insecte et continua de laisser agir les perles sur son état de santé, qui s’améliorait de seconde en seconde. Pendant ce temps, il profitait de la course et écouta le chant-nom des créatures pour les connaître un peu plus. Immédiatement, il reconnu la note Rog, après avoir passé un certain temps focalisé dessus à tenter d’y faire la chasse chez Purnendu. Ils l’avaient tous. En conséquence de quoi, il allait probablement devoir séjourner un moment dans les galeries histoire de régler ce problème, même si pour ça, il devait passer sur le chant-nom des plus minuscules larves de Karapt. Si on retirait ces notes, Rog ne pourrait pas prendre possession des insectes, supprimant un problème fort inconfortable pour tout le monde. Dire qu’il avait prit la couronne de cendres en grippe serait un doux euphémisme.

    J’espère que vous n’avez pas l’intention d’agrandir votre colonie dans le prochain mois, Reine Karapt” Il partait du principe qu’elle entendrait au travers de l’ouvrière, parce que, bien sûr, pourquoi pas ? “Vous seriez forte aimable de réfréner vos envies de pontes avant que je ne termine de nettoyer ce qui existe déjà. Parce que ça va prendre du temps

    Leur course effrénée s’arrêta finalement, sans qu’il ne sache depuis combien de temps exactement ils cheminaient. Il avait passé son temps le nez dans les chant-noms, chose qu’il n’avait pas fait depuis longtemps. L’explication en était simple, il voulait en apprendre plus sur eux et n’avait pas beaucoup de temps pour cela dans l’immédiat. Et le moins que l’on puisse dire, c’était que c’était intéressant. Leur construction sociale ressemblait à celle des fourmis ou des abeilles, et comme ces insectes, les Karapt étaient dépourvus de genre sexuel, se reproduisant par une Reine. Pour beaucoup, leur vie était monotone, dépourvue d’incidents et rythmée par le labeur. Lorsqu’il fut question de descendre, il s’aida de Purnendu et tous deux entrèrent dans la chambre souterraine où le combat battait son plein, ses vibrations remontant le long des galeries vers la surface. Un instant déconcerté, le vieil elfe se demanda pourquoi, par Néant, Naal était nu sous son armure d’esprit-lié, avant de décider que ce genre de questions existentielles avait davantage sa place pour un moment de calme et de tranquillité et pas pendant un duel au sommet. Se focaliser, donc. Combien de temps lui faudrait-il pour s’occuper de cette créature et de son chant-nom ? En plein combat furieux, beaucoup trop. Et de toute façon, la moutarde lui montait tellement au nez qu’il n’avait pas envie d’essayer plus que cela.

    Savez-vous combattre, Purnendu ?

    La réponse pourrait tout changer. S’il pouvait aider Naal au combat, cela serait parfait mais dans le cas contraire ? Ce n’était pas les idées qui manquaient pour pourrir la courte vie de ce Karapt-Rog (surtout de la partie Rog en vérité), surtout grâce aux boucliers que le Trand pouvait créer. Avant cela, il observa néanmoins les insectes présents, en particulier ceux qui se comptaient de leur bord. La larve était curieuse, même si pour l’instant, elle était surtout extrêmement vulnérable avec l’affrontement si proche d’elle. Tout comme Belethar, d’ailleurs. La seule différence étant que Belethar ne lui donnait pas envie de vomir en l’étudiant de plus près. Ils en reparleraient, plus tard, peut-être. Pour l’instant… L’autre Karapt ne devait pas approcher de la mutation prune. Il était détenteur des notes de Rog également. Ils avait donc un seul combattant, un potentiel combattant annexe, un Belethar, un guérisseur, et deux Karapt ne servant à rien du tout à part offrir le quota insectoïde nécessaire. Afin d’aider Naal dans l’immédiat, le Gardien décida d’user du chant de vent afin d’offrir une protection supplémentaire à son frère, mais également à l’infuser d’une force supplémentaire. Cela effectué, il soupesa ses options… mais pas seulement. Tendant l’oreille, il réussi à retrouver son lien avec la terre, au travers de la couche de suc Karapt. Elle était forte et complexe.

    Espérancieux ? Venez par ici… sans me toucher

    Il l’observa attentivement, puis regarda Purnendu et essaya d’être le plus concis possible. Ils ne pouvaient pas perdre trop de temps en un moment pareil.

    Nous sommes incapables d’attaquer directement cette créature mais nous pouvons essayer de la bloquer. Esperancieux, vous vous êtes formé au flux de construction, je peux demander à Terre de nous aider, et Purnendu possède la bénédiction d’un esprit lié pouvant créer des boucliers puissants. Nous pourrions creuser un renfoncement dans lequel bloquer la créature, isoler ses membres afin de réduire sa capacité de mouvement. Ainsi, Naal pourrait plus facilement l’abattre. Si nous pouvons réussir à réduire ses mouvements, nous pourrons ensuite réduire sa capacité à résister

    Il userait d’abord du chant de la Terre, si tous trois étaient d’accord, puis si cela fonctionnait correctement, il userait du chant du vent pour protéger leurs oreilles avant de sortir sa cornemuse pour diminuer la bête.

    Directives :
    À grande hâte, Kehlvehan s’était enfoncé dans le canyon afin de rattraper un disciple enlevé et un graärh possédé. Non sans mal il parvint à les rattraper, se dissimulant d’eux afin de les suivre. Il fut rejoint en cours de route par un Karapt qui tenait les armes de l’Almaréen. À la question du maitre chanteur, l’insecte se contenta de cliqueter et de suivre le baptistrel, ses pinces n’étant jamais bien loin de lui, comme prêtes à le saisir pour se carapater avec lui. Sans doute fallait-il voir dans son comportement une réponse affirmative à la question posée.

    Pénétrant plus profondément dans le canyon, en filature et en compagnie, l’elfe put voir l’humain et le graärh s’immobiliser avant que ce premier ne tente de prendre la fuite et ne se fasse happer par le sol. Kehlvehan sentit un grand nombre d’individus fondre sur son apprenti avant que l’un comme les autres ne disparaissent dans les profondeurs de la terre, devenant hors de portée du chanteur.

    Gardant confiance en son apprenti pour rester en vie, et peut-être un peu dans les Karapt pour ne pas le tuer, le gardien décida de se confronter à un Purnendu possédé. Il sentit l’acquiescement silencieux de ce dernier et Kehlvehan put commencer à chanter. Il peut néanmoins sentir de l’insistance provenant du Karapt qui lui agrippa la jambe du bout de la pince pour le tirer, semblant vouloir le dissuader de faire ce qu’il comptait faire bien qu’ignorant ce qu’il allait faire. Mais rien à faire ! Le maitre chanteur s’élança à en perdre la voix dans le chant du néant afin de sauver son ami du mal qui exerçait sur lui une emprise.

    Le Karapt lâcha quelques cliquetis furieux et se mit à défendre le gardien face aux assauts de Purnendu. Les deux cherchant à maintenir l’autre à distance, sans vouloir se blesser l’un ou l’autre. Purnendu remportera aisément le combat après avoir touché le Karapt qui s’effondra au sol. Bizarre, la carapace de cette créature semblait pourtant bien épaisse pour succomber à un coup aussi simple. Quoi qu’il en soit, plus rien ne se mettait entre le graärh et l’elfe, mais heureusement pour ce dernier, le chant commença à faire son effet. Le gardien sentait l’emprise de Rog s’amenuiser, permettant ainsi à Purnendu de se refréner et ainsi donner l’opportunité à Kehlvehan de refouler la couronne de cendre au plus profond de celui-ci.

    Toutefois, le plus dur restait à venir. Le graärh se laissa faire et l’elfe entreprit de débarrasser ce premier de toute empreinte de Rog. La tâche fut ardue, bien plus ardue que pour chasser une chimère d’un corps. La trace laissée par la couronne de cendre était profonde, mais surtout elle ne se laissait pas faire. Rog se battait avec férocité pour ne pas être chassé. L’elfe sentit même ce dernier chercher à blesser Purnendu afin de faire cesser la tentative du maitre chanteur.

    La possession, l’emprise de Rog sur Purnendu était bien différente de ce qu’il avait pu voir face aux chimères. Rog s’accrochait au corps, à l’âme, à l’essence vitale, à la vie elle-même du Trand. Mais au bout d’un terrible combat, Kehlvehan parvint à bouter son adversaire hors du corps de son ami. Cela le mit toutefois à rude épreuve, une nouvelle fois il fut victime d’une profonde fatigue. Fort heureusement, un graärh libéré n’était pas loin pour veiller sur lui et l’aider à récupérer.

    C’est ainsi que Kehlvehan reçut des soins particuliers de la part de Purnendu. Il sentait sa fatigue s’amoindrir et son énergie revenir. Toutefois, il serait bien incapable de reproduire ce qu’il venait de faire avant plusieurs jours de repos.

    L’elfe, s’il ne s’en était pas rendu compte avant, remarque l’absence du Karapt qui l’avait accompagné précédemment. Il semblait s’être volatilisé. Toutefois, Purnendu et Kehlvehan ne restèrent pas seuls bien longtemps. D’autres Karapt firent leur apparition, sortant du trou un peu plus loin. Deux ressemblaient à celui qu’il avait croisé dans le canyon (ouvrier), et trois autres ressemblaient à celui ayant attaqué le graärh la nuit dernière (garde).

    Ceux munis de pinces s’approchèrent des deux êtres en cliquetant à répétition. L’elfe put sentir leur intention. Ils voulaient les mettre sur leurs dos et les emporter ailleurs, vers leurs compagnons. C’est donc à dos de Karapt et sous bonne escorte que les deux compères purent filer à toute vitesse dans un réseau de galeries labyrinthiques. Durant le trajet, l’elfe peut remarquer, en écoutant le chant-nom des créatures insectoïdes autour d’eux, qu’ils ont, tout comme Purnendu il y a peu encore, une trace de Rog en eux, à la différence qu’elle semble faible et inactive.

    Purnendu et Kehlvehan seront finalement débarqués dans une artère au bout de laquelle se font entendre des bruits de combat. Mais où se fait également sentir la présence de Rog, avec la même intensité que celle présente dans Purnendu il y a peu encore.

    Comment réagit Kehlvehan ? Que fait-il ?


    Bonus donnés à Naal :

    +1 rang en expertise de l’arme principale
    +1 rang en résistance physique
    +1 rang en FM
    +Bouclier de vent temporaire
    Pendant 2 tours


    Langage commun #9775AA
    Langage elfique #8BF8D2
    Dialectes minoritaires #93F88B

    description[INTRIGUE] Le coeur de l'essaim EmptyRe: [INTRIGUE] Le coeur de l'essaim

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    Il entama un chant du Raton-Laveur où les syllabes étaient inarticulées, car il s’agissait davantage de bruits de gorge que de réelles paroles. Il voulait apaiser son allié de ces brûlures et de cette fièvre qui marbraient son corps pâle et délicat. C’était de sa faute s’ils en étaient là après tout, la culpabilité le rongeait aussi sûrement que le vide qui grandissait en lui et menaçait de l’engloutir tout entier. Ce ne fut que par sa farouche volonté à sauver les deux humains perdus dans la karaptière qu’il repoussa une seconde fois ce sentiment. Pour se changer les idées, il se concentra plus farouchement encore sur ses actions. La voix grave et rauque du graärh résonna dans le canyon, elle rebondit en échos sur les roches brûlées par le soleil, fit l’avalanche de rythmiques lancinantes sur les sentiers escarpés des falaises abruptes. Avec les oreilles plaquées en arrière et les babines légèrement retroussées sur ses crocs courbes, il se focalisait dans l’application de ses soins. Attentif à sa propre réserve d’énergie, il s’assura de laisser les flux couler à nouveau librement dans le corps fourbu du vieil elfe avant de retirer sa patte de son front. Le chant cessa par la même occasion et il vint s’accroupir contre la pierre afin de poser la sacoche sans fond sur une surface plane et préparer un onguent pour estomper ce qu’il restait des brûlures sur la peau laiteuse.

    « - Il a plongé dans les sous-sols alors que vous finissiez le premier chant. Je le soupçonne d’avoir été corrompu par Rog à mon contact. »

    Il leva la truffe vers Kehlvehan et observa avec une curiosité révérencieuse les perles qu’il serrait dans sa main. Quel était donc cet artefact ? Les perles étaient magnifiques, à n’en pas douter. Il n’en avait vu de si belles que dans les ostréicultures de Paadshail. Il rabaissa le museau vers sa préparation et la tendit à l’elfe pour qu’il l’applique lui-même. Purnendu préférait ne pas s’aventurer sur une tâche aussi délicate ; ses griffes non-rétractables rendraient l’affaire déplaisante si jamais il venait à l’écorcher par accident. Ses coussinets rêches ne devaient pas être non plus très agréables sur une peau mise à vif par le soleil impitoyable. Le canyon était un véritable four de pierres, il sentait la sueur coller sa fourrure et il ouvrit la gueule pour dérouler sa langue, essayant de se ventiler d’un souffle rapide. Il arrêta sa séance dans un petite claquement sec de mâchoires lorsque cinq karapts émergèrent du trou béant pour les encercler. Malgré lui, le félin hérissa la crinière qui courrait le long de ses vertèbres, fit le dos rond et se massa près de l’elfe dans l’intention évidente de le protéger si jamais les insectes se révélaient hostiles. Heureusement, ce ne fut pas le cas et il poussa un soupir de soulagement alors qu’il rangeait sans hâte ses affaires et drapait les épaules de Kehlvehan de la « Cape de chaleur perpétuelle » après l’avoir vu s’enrouler piteusement dans ses voiles.

    « - Il va faire froid, en bas. »

    Il ne manquerait plus que le Gardien attrape la crève ! Avec son corps encore poisseux de sueur et sa fatigue, Purnendu ne voulait prendre aucun risque. Il lui fit un léger sourire et ajusta la capuche sur le sommet de son crâne après avoir ramassé sa chevelure de neige pour la lui tresser. Hé c’est qu’il avait pris le coup de main à force de papouiller les cheveux d’Ivanyr. Il noua les mèches d’une fine lanière de cuir et l’accompagna jusqu’au flanc d’une des créatures où il l’aida à grimper sur son dos caparaçonné. Il s’assura qu’il soit bien installé avant de se tourner vers une autre de ces créatures avec circonspection. Il n’avait jamais monté sur le dos d’autre chose que d’un yak et ce dernier n’avait jamais dépassé la vitesse du pas indolent si caractéristique à sa race. Mal à l’aise, il se hissa donc sur le karapt et s’allongea sur son dos bossu en cherchant où s’accrocher sans risquer de coincer ses griffes entre les plaques d’armure et de lui endommager le cuir… Malheureusement pour lui, Purnendu n’eut pas davantage de temps et sentit les nombreuses -bien trop nombreuses- pattes se mettre en branle. La minutes d’après ? Ils galopaient dans les couloirs souterrains comme des boulets de canons, ce qui arracha au grand chat un miaulement de détresse viscérale. Lui, ne s’amusait pas du tout de l’expérience !

    Lorsqu’ils s’arrêtèrent enfin, l’herboriste ressemblait à une boule de poils hérissés comme on en voyait dans ces peintures comiques où le chat sort d’une essoreuse comme un flocon. Loin de s’amuser de la comparaison, il tomba -plus qu’il ne descendit- au bas de sa monture improvisée et s’éloigna à quatre pattes avant de réussir à se redresser et d’enfin regarder son environnement immédiat. Les genoux encore flageolant, Purnendu ouvrit des yeux ronds à la vue du karapt corrompu dont la silhouette déformée, victime d’horribles mutations, était aux prises avec le serviteur de Néant… nu comme un verre. Purnendu cligna des yeux, croyant subir une illusion d’optique, mais non. Il combattait bel et bien totalement nu, exhibant ses tatouages en même temps que le reste de son anatomie. C’était bien la première fois qu’il voyait un sans-poil agir de la sorte ! Davantage intrigué par ce choix que gêné par la nudité de l’humain, le graärh pencha la tête de côté avec circonspection. Était-ce une tactique militaire qu’il ignorait ? Naal avait-il besoin de libérer le plus de peau possible afin de manœuvrer quelques antiques rituels du Néant ? Les questions méritaient de se poser, mais peut-être pas tout de suite. La situation était grave ; si Rog parvenait à propager sa corruption dans la colonie, s’en serait fini. Ils revivraient la chute de la Légion d’Or à nouveau, mais cette fois ce serait les citées humaines et elfiques qui sombreraient dans les cendres.

    Décidant de se focaliser sur le combat plutôt que sur la nudité de l’apôtre, il tourna la tête vers Kehlvehan et hocha du chef par l’affirmative. Oui, il savait se battre et comptait bien rejoindre Naal pour lui prêter main forte. L’humain avait beau se débrouiller avec sa dague et bénéficier d’une bonne armure de Pangolin, il confrontait une créature dont la force et l’endurance dépassaient de loin ses propres limites raciales. Le graärh fit rouler ses épaules massives et ajusta les sangles à ses gants de dragonnier. Il sentit fourmilier en lui l’énergie de l’Hippopotame et s’ébroua dans un nuage de poussière et de sable. Avant de partir au front, il resta pour écouter le Gardien et ne pu refréner un immense sourire d’ourler ses babines dans une grimace aussi sinistre que dangereuse. Il aimait ce plan et l’approuva d’un feulement rauque. Il tendit une main vers l’elfe et demanda à récupérer la dague qu’il avait abandonné quelques heures plus tôt à l’entrée du canyon. Il avait dans l’idée qu’elle leur serait utile face à la créature. Refermant les doigts sur l’arme, il remercia Kehlvehan d’un signe de tête, puis se tourna vers le combat.

    Il s’éloigna de quelques pas, mais s’arrêta et se tourna brusquement vers Belethar. Ses yeux aux pupilles aussi rétractées que de fins traits de pinceaux toisèrent l’humain de la tête aux pieds. Il sembla le jauger, l’évaluer et finalement se décida. D’une main, le graärh plongea dans les replis de son armure hétéroclite pour y attraper un petit pendentif suspendu au bout d’une courte chaîne d’argent. La sphère logée dans son écrin était en réalité un émeraude où des stries représentant la force bénéfique du vent y étaient délicatement gravées. Purnendu l’arracha sans une once d’hésitation et le fourra entre les mains de Béléthar ; il s’agissait de la « Voix des Vents ». Il n’en aurait pas besoin pour confronter leur ennemi, car il ne voulait pas s’esquiver à l’attention du karapt corrompu quand il entrerait dans le combat, bien au contraire ! Il comptait rugir et maudire son ancêtre pour ce qu’il avait fait. D’une griffe, il pointa l’artefact et gronda dans la langue commune, les mots articulés avec un fort accent tant il était distrait et énervé :

    « - Glyphé avec Soulagement, Inattention et Brrrume solide. Use les sagement pourrr toi et… l’enfant. »

    Il n’avait pas réellement d’autres mots dans la langue des sans-poils pour désigner la larve qui s’accrochait si désespérément au baptistrel, mais il était convaincu que ce terme le définirait parfaitement et qu’en conséquence on le comprendrait. Ces deux-là auraient besoin de toute l’aide nécessaire et puisqu’il avait une dette immense à l’égard du Gardien, autant commencer dès maintenant. Ne tardant plus, Purnendu tourna les talons pour de bon et s’élança en direction de Naal et du Karapt-Rog. Sa course s’effectua à quatre pattes pour lui donner plus de force et d’impact lorsqu’il heurterait la créature de plein fouet. Rugissant de tout ses poumons quelques secondes avant la prise de contact, le graärh essaya de lui bloquer les pinces en s’engageant dans un bras de fer. Aurait-il été seul qu’il aurait usé du glyphe Support glacial sur ses bottes pour saper l’équilibre du monstre, mais il craignait de mettre l’humain dans une situation toute aussi délicate. De toute façon, il n’escomptait pas le gagner cette lutte, mais espérait au moins le retenir suffisamment longtemps pour que les trois autres s’organisent dans l’exécution de leur plan. Les faveurs de l'Hippopotame rendaient sa peau particulièrement résistante, il doutait que même les pinces ou mandibules de cette choses réussissent à lui percer le cuir.

    « - Naal… à ma hanche ! Prend le Croc ! »

    « Crocs Sauvages » était à portée de mains. Sculptée dans une dent de dragon, la dague possédait un manche d’ivoire gravé, puis rehaussé de bandes de cuir brossé. La jointure entre le manche et le croc était superbement ornée, renforcée par un rivet discret, presque invisible. Cette arme était supposément capable de traverser le cuir d’un dragon, voire les points de faiblesse dans ses écailles... alors pourquoi pas la chitine d’un karapt ? Histoire de mettre toutes les chances de leur côté, Purnendu décida d'user un peu plus ses réserves d'énergie en absorbant les sentiments négatifs autour de lui et ce n'était clairement pas ça qui manquait ! Mâchoires serrées, corps frémissant de violence et d'efforts combinés, il filtra le miasme émotionnel pour en diriger toute la force et la virulence sur Naal.


    *** *** *** ***

    Directives :
    Grâce à l'aide de Kehlvehan, Purnendu est maintenant débarrassé de toutes souillures de Rog. Bien qu'ayant le sentiment qu'une partie de lui a été arrachée, il n'a pas le temps de s'apitoyer et se concentre sur les soins à fournir au chanteur maintenant à court d'énergie.

    Plus tard, de nouveaux Karapt feront irruption et le maître barde ayant retrouvé du poil de la bête parviendra à traduire leur intention. C'est ainsi, qu'à dos de Karapt, que Kehlvehan et Purnendu se retrouvent à parcourir à grande vitesse les innombrables galeries du rucher avant d'arriver à destination.

    Dans une des grandes alcôves de la colonie un combat a lieu, entre un Karapt, bien plus grand que ceux vu jusqu'ici et bien différent, et un Naal nu. Le maître chanteur semble avoir l'intention de participer au combat et pour se faire, il propose un plan.

    Que fait Purnendu?


    Esprits Liés :
    Raton-Laveur :
    Niv 1 : Le spirite possède la capacité de composer les objets suivants (avec rp à l’appui et sur validation) : soin léger, soin moyen, antidote, soulagement de douleur faible, plâtre à blessure, ...
    Niv 2 : Le spirite a la capacité de produire un chant qui referme les blessures moyennes.

    Hippopotame :
    Niv 3 : Il possède une peau épaisse ne pouvant être tranchée que par une arme reforgée avec un bonus offensif (niv 3) ou avec une lame d'énergie pure.
    Le spirite est capable d'absorber les sentiments négatifs autour de lui (rayon de 10m) qu’il transforme en un bonus de +1 à l'Expertise de ses alliés.


    Objets cédés -temporairement- aux autres :


    • Cape de chaleur perpétuelle
      Objet relique - Origine inconnue
      Belle cape en laine grise clair, de longue taille se terminant en très légère traîne, et possédant une capuche souple, dont les bords sont ourlés de zibeline fermée sur le devant par une fibule d'or en forme de lions.
      Cette cape permet de conserver une chaleur perpétuelle une fois enveloppée dedans, et ce quelles que soient les conditions climatiques. Une cape héritée des capes de Glacern.
      → Glyphe 1 Protection aux températures – Élémentaire : Produit une immunité aux conditions climatiques pour le porteur lorsque l’objet est porté.

    • La Voix des Vents
      Objet commun (pendentif) - Origine inconnue
      Il s’agit d’une fine et courte chaîne en argent, au bout de laquelle est accroché un pendentif sphérique : un émeraude, sur lequel on y grave souvent des stries représentant la force bénéfique du vent. → Glyphe 1 Vent messager – Élémentaire : Permet de faire transporter un message par une brise jusqu’à un destinataire désigné, même si celui-ci est éloigné. Le message se délivre à l’instant où la brise rejoint la cible et ne peut pas être écouté de nouveau. Le message ne peut pas être entendu par quelqu’un d’autre que la cible désignée.

      → Glyphe 2 Soulagement - Draconique : Les sorts de niveaux Très faible, Faible et Moyen ne coûtent que la moitié de leur valeur énergétique initiale. Permet de lancer deux sorts de ces niveaux en 1 tour pour les mages sans malus.
      Jet de sauvegarde :
      Dissipation d'effet magique ou annulation de glyphe.

      → Glyphe 3 Inattention - Soutient : Tisse une illusion visuelle s’adaptant à l’observateur et qui fait paraître l’utilisateur plus faible et insignifiant qu’il ne l’est réellement. Si un adversaire a le choix entre deux cibles, il choisira la cible qui n’est pas le porteur. Permet également d’éviter les suspicions et méfiances.
      Jet de sauvegarde :
      Dissipation d'effet magique ou annulation de glyphe.

      → Glyphe 4 Brume Solide - Élémentaire : Création d’une brume presque opaque qui entoure le porteur. Lorsque celui-ci se fait attaquer, la brume se solidifie et se prend l’impact (prévient 1 blessure moyenne). L’effet dure 24h et peut être activé toutes les 48h.
      Jet de sauvegarde :
      Dissipation d'effet magique ou annulation de glyphe.

    • Crocs sauvages
      Objet rare (dague) - Origine inconnue
      Au nombre de cinq, ces dagues sont sculptées dans des dents de dragons pour la lame et dans de l’ivoire pour le manche. Elles ne possèdent ni garde ni pommeau, mais leur manche peut être gravé ou protégé par des bandes de cuir brossé. La jointure entre le manche et le croc est superbement ornée et sculptée, et renforcée par un rivet discret. Le plat du croc est ciselé d’un très ancien sceau de forgeron.
      → Amélioration technologique - Perce-écaille : Inspiré directement de la perce-maille capable de passer au travers de la protection fine des côtes d'armures, la forme du poignard et sa résistance ont été spécialement conçues pour passer au travers des écailles, à l'endroit plus fragile de leurs jointures. La force nécessaire pour transpercer totalement l'écaille dépend de l'endroit frappé et de l'âge du dragon. Il ne permet néanmoins que de planter l'arme et non de trancher.



    Langue Commune : #BBEB96
    Langue Graärh : #59A022
    Langue Graärh ancien : #295F00
    Langue Elfique (avancée) : #E1F682

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      C'était très tentaculeux par ici. Naal mis un petit instant à trouver par où commencer, cherchant la gorge pour mettre fin à la vie de cette créature dans les plus brefs délais. A en juger par la croissance  des difformités du Karapt/Rog, il valait mieux de pas prendre son temps car il jouait en sa défaveur. Tout comme il savait que le temps jouait en sa défaveur, lorsqu'il s'en prenait à un dragon. Pour Naal, plus un combat était court et mieux il s'en portait. Les récits héroïques faisaient souvent états d'épiques batailles mais cela manquait cruellement de réalisme. Même avec de l'adrénaline, combattre avait plusieurs kilos d'armure et prier pour sa vie, cela prenait beaucoup d'énergie et les bipèdes n'avaient pas des réserves illimités en la matière. Le meilleur des combats était celui qui ne durait pas... Mais la situation actuelle ne semblait pas vouloir lui offrir une prompte victoire.

      A mesure qu'il frappait, la bête se soignait, façonnait une chitine plus épaisse encore, sur les faiblesses que Naal exploitait, l'obligeant à improviser à chaque fois. A cela s'ajoutait que Michel (oui, bon, il fallait bien donner un nom à ce Karapt guerrier qui combattait à ses côtés) ne semblait pas être efficace. A chaque fois qu'il touchait le Karapt/Rog, son armure prenait un renvoi magique qui se heurtait à l'armure du pangolin dont Naal l'avait doté. Le dévot lui en replaçait une nouvelle, à nouveau, veillant à le protéger comme un allié fidèle. Il avait l'impression, malgré la magie qui traversait les dagues et lui permettait de trancher chair comme chitine, que cela n'avançait pas le moins du monde. Les blessures qu'il causait disparaissaient, et la créature devenait de plus en plus incontrôlable.

      Il ne se battait pas contre le Karapt uniquement, il y avait une entité, derrière, qui venait accroître la puissance et la régénération de sa cible. Il en revenait à son idée première : un bon combat était un combat qui se terminait vite, car il serait bientôt dépassé par les forces ennemies... Fort heureusement, les renforts arrivaient à point nommé, comme la Reine karapt l'avait annoncé : elle avait conduit Purnendu et Kehlvehan jusqu'à eux. Il ne tarda pas à sentir la magie du baptistrel lui offrir force et opportunité alors que le graärh et l'apprenti voleur de vêtements tâchaient de bloquer les mouvements de la bête. Ainsi occupé, cela lui devenait plus facile d'agir. Il enfonça violemment la dague dans la gorge de la bête et dans un élan de force, il conduisit son arme au travers du cou pour le trancher totalement. La tête tomba et l'ancien Serviteur du Néant atterrit au sol, englué de mucus visqueux et translucide.

      Dans la chute maîtrisée, il avait attrapé la dague que Purnendu lui avait indiqué : les siennes étaient rongées, abîmées. La Reine lui avait bien dit qu'elles seraient temporaires et il comprenait : si le combat avait duré, les forces de la bête l'auraient dépassé. Aux aguets, il observa le corps du Karapt/Rog tomber sur le flanc, craignant qu'une nouvelle tête ne repousse, mais après plusieurs secondes d'immobilisme, il en conclut que c'était bel et bien fini. Il laissa choir les dagues de la Reine alors qu'il mettait les genoux à terre, les mains à plats contre le sol, le temps de reprendre son souffle. Fort heureusement, le pangolin le graciait d'une endurance conséquente et il se redressa, chassant le mucus visqueux de sa peau. Il n'en demeura pas moins vrai qu'ainsi nu, son corps à la musculature noueuse était mis en relief, huilé comme un athlète des jeux sportifs d'arène de Délimar. « Merci.. » souffla-t-il à l'adresse de Purnendu, à ses côtés, sur lequel il tâcha de trouver appui pour se relever, mais également aux baptistrels restés à l'écart du combat.

      Les mains sur les cuisses, le corps penché en avant pour récupérer du combat, l'almaréen coula un regard sur la bête, puis sur le Karapt : « Tu ne m'as pas beaucoup aidé, Michel. » Le soldat Karapt cliqueta furieusement, mais Naal ne savait pas vraiment si c'était parce que son ego de vétéran de la guerre était outré ou s'il n'était pas très heureux du nom qu'il lui donnait. Ou les deux. « Dès qu'il touchait le Karapt, il se prenait un retour magique, sur son armure. Je crois que Rog change d'hôte ou se propage par contact. » Dans les ombres, il distingua la silhouette de la Reine, bien conscient que, eu égard de la manière dont elle parlait affectueusement de ses enfants, la perte de celui-ci devait la peiner, bien que cela fut nécessaire. Il se redressa, malgré les contractures du combat et l'approcha. Et si le Karapt l'avait touché, elle ? Il avait la dague de Purnendu, et il resserra l'étreinte d'Odrikatas dans sa main.

      Parmi les perles d'ambre, il y avait une perle noire, un cristal de pureté contenant un chant de Néant incanté pour la première fois par Eleni, lors de leur rencontre. Il l'approcha et posa la perle noire contre la base du cou de la Reine. Si le chant de Néant avait repoussé Rog de Purnendu, il le repousserait également de la Kamda Aaleeshaan. « Cela va aller ? » Elle avait perdu son enfant, c'était une question légitime. L'almaréen avait toujours été d'une grande douceur et tendresse avec les bipèdes. Il s'inquiétait sincèrement pour elle, de la même manière qu'il espérait qu'elle ait été suffisamment en retrait lors du combat : « Est-ce qu'il a touché d'autres de vos enfants ? Est-ce qu'il vous a touché ? » S'il s'inquiétait de sa nudité ? Pas le moins du monde. Naal aurait été de ceux qui auraient apprécié une vie de nudiste si cela n'était pas refusé par les mœurs. Pour l'heure, ce qui l'inquiétait c'était de savoir si la situation s'était stabilisée ou non.


    Spoiler :
    Nu, tel un athlète lors des grandes compétitions de jeux sportifs Almaréens dans l’ancienne Almara, Naal s’élance à l’encontre de son adversaire pour le pourfendre. Accompagné de Belethar et du Karapt, le combat s’engage. L’apprenti reste en retraits, tandis que le Karapt combat à ses côtés. Malheureusement, à chaque fois que celui-ci inflige un coup à l’adversaire, l’armure apposée sur ce dernier se brise, le Karapt prenant de la distance avant d’attaque à nouveau dès qu’un bouclier d’origine magique est de nouveau apposé sur sa personne. Au travers de la magie de son esprit-lié, Naal sent que le Karapt allié, à l’instant où il frappa physiquement son adversaire, subit une attaque d’origine magique que l’armure encaisse avant d’éclater.

    Booster par la magie, l’ancien serviteur du néant tranche son adversaire à l’aide de ses dagues qui parviennent au final à passer à traverser aussi bien la chair que de la chitine de la créature. Grâce à son expertise, l’humain parvient à garder un certain avantage, cette bête semblant bien moins dangereuse qu’un dragon. Cependant, il ne peut s’empêcher d’avoir un mauvais pressentiment. Comme s’il ne se battait pas contre un seul ennemi. Et c’est le cas, puisqu’il sait que Rog domine cette bête. Bête qui par ailleurs mute à mesure que le combat avance, se soignant de ses blessures, devenant plus rapide, venant combler les faiblesses qu’exploite l’Almaréens au cours du combat.

    Fort heureusement, la bataille prend une toute nouvelle tournure avec l’arrivée de Kehlvehan et de Purnendu. La magie transcende le serviteur du Néant, son pouvoir grandissant, tandis que l’ennemi, lui, se retrouve de plus en plus gêner dans ses mouvements. Au bout de quelques minutes, L’Almaréen finit par prendre un avantage certain sur l’adversaire et lui porte sans plus attendre le coup de grâce. Cependant Naal ne peut s’empêcher de penser que, plus le combat aurait duré, plus il aurait été à l’avantage de son opposant, celui-ci évoluant à chaque passe d’armes.

    Les dagues prêtées par la reine sont en piteux état. À chaque fois que Naal infligeait un coup, il sentait une splendide énergie les parcourir, blessant la créature plus que de simples dagues glyphées auraient pu le faire. Malheureusement, cette puissance rongeait à chaque coup les armes. Ne sont-elles pas assez résistantes pour supporter leur propre puissance ? Où était-ce fait exprès depuis le début pour que le combat ne dure pas plus qu’il ne le devait ? Quoi qu’il en soit les lames sont ébréchées et la puissance qui sommeillait à l’intérieur semble avoir pratiquement disparu.

    Le calme revient enfin dans le canyon. La menace a été écartée. Et dans les ombres Naal peut voir se dessiner la silhouette reconnaissable de la jeune inconnue.

    Que fait Naal ?

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    La scène était restée inchangée, quand bien même les protagonistes, eux, avaient changé. Le traitre avait été défait, bien qu’il ne l’ait pas été de la manière qu’elle escomptait. À présent, le rideau allait tomber et chaque acteur allait pouvoir s’en aller. Mais pas avant un petit mot de la metteuse en scène. Tout ceci n’était qu’une répétition en vue du jour fatidique où Rog interviendrait dans la représentation. Dans l’alcôve de la reine, elle avait observé le combat, pleurant le sort de son enfant condamné à la mort. Ceci devait être ainsi, malheureusement. Ce n’est que lorsque le combat prit fin, qu’elle s’était déplacée. Elle avait toléré la présence de non Karapt dans son domaine pour un but bien précis. Maintenant que celui-ci était atteint, il n’était pas nécessaire que ces derniers demeurent ici plus que de raison. La colonie venait de connaitre un trouble comme jamais elle n’en avait connu depuis de très nombreuses années. Ses enfants devaient vite retrouver leur sérénité. Se drapant de l’apparence d’une humaine, elle sortit des ombres. Naal la remarqua à s’approcha d’elle. Le Karapt surnommé Michel s’interposa entre les deux lorsqu’il vit que l’humain s’approchait de trop en tendant un objet en sa direction. L’inconnue leva la main, aussi bien à l’intention de son fils que de l’humain, pour appeler au calme.

    « Il n’y a pas de crainte à avoir. J’ai veillé à ce que mes fils ne croisent pas sa route. Et vous n’avez point à vous inquiéter pour moi non plus. Je ne crois point avoir dit que le traitre représentait une menace pour moi personnellement. Qu’il s’agisse du graärh ou d’un Karapt. »

    Toute cette histoire, elle aurait pu le régler seule. Elle aurait pu tuer celui dont Rog avait pris possession avec une aisance telle que son opposant n’aurait pas eu le temps de réagir. Mais elle ne l’avait pas fait et avait laissé le soin aux humains, elfes et graärh de le faire. Pourquoi ? Pour la même raison pour laquelle elle voulait que Purnendu soit tué. Pour ne pas révéler d’information à son ennemi. Elle était bien différente à sa mère, la première reine, créée directement de la main du Prune. Et bien plus puissante aussi. Tendant la main en direction des dagues abandonnées au sol, elle les fit léviter jusqu’à elle. Elles étaient en piteux état, mais la reine était contente de voir que le soldat avait utilisé l’arme confiée pour combattre. Elle a eut une légère hésitation en le voyant tenir une autre arme. Les deux dagues étaient presque mortes. Posément, elle les colla l’une à l’autre, avant de passer sa main dessus. La chitine des deux armes se lia, venant reformer une seule dague à partir des deux. Elle la tendit par le manche à Naal.

    « Je suis heureuse que vous m’ayez écouté. Vous avez lutté contre mon ennemi et soyez assuré qu’il est devenu le votre à présent. Malheureusement, tout ce n’est pas passé comme prévu. Par vos paroles, vous disiez être prêt à faire les sacrifices qui s’imposent, mais vous n’avez pas eu l’occasion de le prouver par vos actes. Je n’ai pas obtenu les conclusions que j’espérais par ce test auquel je vous ai soumis. »

    Elle n’aurait de toute manière pas eut la véritable conclusion désirée, mais elle aurait au moins eu quelque chose s’en approchant. En donnant toutes les réponses à cet humain trop curieux, il s’était privé de faire par lui-même ce qu’elle désirait et donc d’obtenir le résultat escompté.

    La reine s’avança dans la salle d’un pas presque aérien, tandis que du bruit se faisait entendre autour. Des parois s’écroulèrent, révélant l’accès à d’autres galeries qui avaient été scellées. Les Karapt s’évertuant déjà à redonner au rucher son aspect original.

    « Visiteurs qui troublez mon domaine, permettez-moi de me présenter. Je suis Danalieth, mère des Karapt. Aujourd’hui, vous avez pu voir l’une des menaces planant au-dessus de l’archipel. Une fois de plus, vous l’avez combattu en vous associant à moi … une fois de plus l’un de mes enfants a trouvé la mort. »

    La peine voilait le visage de la reine, tandis que ses yeux prune brillaient sous la colère. Elle était prête à faire les sacrifices nécessaires, mais il était naturellement pour une mère de ressentir tristesse et colère à la mort de son enfant. Une fois de plus, elle s’était associée aux autres. Une fois de plus l’ennemi avait été repoussé. Une fois de plus l’un de ses fils était mort. Les couronnes de cendres ne sont pas des adversaires que l’on peut vaincre sans faire des sacrifices. Cela elle en avait conscience et elle était prête à en faire, mais aussi bien en tant que mère que combattante, elle ne voulait pas être la seule à en faire. Si alliés elle devait avoir dans sa lutte, eux aussi devraient faire des sacrifices. Et c’est l’une des choses qu’elle espérait voir aujourd’hui. Malheureusement, elle n’avait pas eu l’occasion de le voir, quand bien même elle louait le fait qu’une vie n’ait pas été prise.

    « Vos choix ont sauvé une vie … et en ont condamné une autre. Mais c’est de loin la conséquence la moins terrible que nous ayons à déplorer aujourd’hui. »

    Le regard sévère de celle qui n’était désormais plus inconnue se posa sur celui tout autant sévère de Kehlvehan.

    « J’ignore comment vous avez pu libérer le graärh de l’emprise de Rog … du moins je l’ignorais … tout comme lui. Vous auriez dû être plus prudent. Il aurait été préférable qu’il meure. Vous attireriez déjà le regard de l’ennemi, chanteur, pour ce que vous avez fait au cœur du volcan. Soyez maintenant assuré que, plus que de la colère à votre encontre pour avoir manipulé ce qu’ils considèrent comme leur propriété, Rog vous voit maintenant comme un danger. Je sens une grande puissance en vous, mais ce sera loin d’être suffisant. Pour vous, chaque seconde est précieuse désormais, car ils viendront pour vous anéantir. »

    Danalieth se tourna en direction de Purnendu, lui lança un regard désolé.

    « Croyez bien que je ne désirais point votre mort. Mais elle s’avérait être un mal nécessaire. Le chanteur semble vous avoir libéré de son emprise. Espérons que cela sera suffisant pour que vous n’y retombiez jamais. »

    Enfin, le regard de la reine se posa sur Belethar. Elle ne put s’empêcher de se lécher la lèvre supérieure en le voyant. Elle s’approcha lentement de lui et balayant l’air devant elle de deux doigts. La toge collée à l’humain se décrocha pour retourner à Naal.

    « Visiteurs. Lors de ma précédente association avec les vôtres, vous m’aviez montré votre force au combat et laissé entrevoir la possibilité d’une alliance. Aujourd’hui, vous m’avez montré votre capacité à coopérer entre vous durant un combat … malgré votre individualité. Mais aussi votre capacité à contrecarrer la puissance de Rog. Et enfin votre bienveillance. »

    La reine leva une main pour venir caresser la joue de Belethar. Elle ne resta pas collée, mais par cette simple caresse elle racla tout le sucre liquide présent sur la joue. Elle porta ensuite sa main à sa bouche, venant la lécher.

    « Mais ce n’est point ce que je souhaitais voir aujourd’hui. Naal, j’ignore encore si une alliance avec vous est un bon choix pour défaire Rog. Vous avez de la ressource. Mais une fois de plus, l’un de mes précieux enfants est mort.»

    Les yeux prune de la reine quittèrent le visage de Belethar pour se poser sur celui de son autre enfant, baptisé Nasod. Il semblait bien apprécier l’humain auquel il était accroché. Et pas uniquement parce qu’il était couvert de sucre.

    « Il me faut y réfléchir, mais je suis prête à vous donner une nouvelle opportunité.»

    Le regard intense de Danalieth se posa sur les prunelles de Belethar.

    « Vous allez emporter Nasod avec vous. »

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    Belethar suiva le combat, qui ne dura finalement que quelques temps. Le brave élève-baptistrel n’eut pas grand chose à faire, tant il fut porté par ses compagnons du jour qui eux, avaient manifestement acquis un véritable savoir faire dans la matière guerrière.

    A mi chemin entre pas vraiment à sa place, et inquiet par les événements, Belethar tâcha de se camoufler autant que possible, aidé par l’objet que Purnendu lui avait gracieusement cédé, pour ne pas avoir à intercédé dans ce combat.

    Ce n’est pas que Belethar n’aimait pas se battre, c’est qu’il détestait se battre, de quelque façon que ce soit. Bien que son maître lui conseilla des choses pour ne pas rompre son serment, tout en pouvant quand même contribuer au combat, il se contenta du strict minimum.

    La matière guerrière n’avait jamais été son fort donc il ne pouvait de toute façon pas être extrêmement créatif, et de plus il estimait avoir fait suffisamment de choses en accélérant le métabolisme de Naal, qui frappait maintenant aussi vite et fort qu’on aurait pu croire que le Karapt avait insulté sa mère de répudiée à Néant, contrainte d’être amuseuse publique pour les Sept.

    De fait, l’Enwr ne savait pas vraiment ce qui s’était dit entre ces deux personnes, mais si le grand karapt opposa une certaine résistance, avec l’aide de Purnendu et de Kehlvehan, la situation fut rapidement pliée : la créature se fit trancher proprement, sans plus de sommations que cela.

    Belethar haussa les deux sourcils, et une fois l’agitation terminée il sortit de sa cachette et rendit le collier au Trand qui lui avait prêté. Il ajouta :

    “Un grand merci à toi Purnendu, j’avoue que le combat n’a … Jamais vraiment été ma tasse de thé.”

    Sentant le regard inquisiteur de son maître, s’apprêtant manifestement à lui passer un savon, Belethar brandit ses deux mains en signe de paix avant d’ajouter :
    “J’ai fait le nécessaire auprès de Naal pour apporter ma contribution à ce combat, avant votre arrivée.Vous connaissez mon désamour profond pour les rixes, Maître.”

    Bon, Belethar croyait très moyennement au fait que cette excuse allait potentiellement suffire pour esquiver un énième reproche, mais vraisemblablement ils avaient maintenant plus urgent à traiter. Une fois l’agitation définitivement terminée, la Reine Karapt se montra de nouveau au petit groupe, et Nasod vint rapidement se remettre sur l’épaule du Pater Familias, émettant quelques petits cliquetis contents et rassurés. Ce dernier en profita pour caresser gentiment la larve, essayant de la rassurer sur ce qui venait de se passer.

    Pour ce qui était de la suite, Belethar tâcha de prendre avec sagesse ce que disait la dénommée Danalieth. Kehlvehan avait manifestement usé le puissant pouvoir du Chant-Nom pour débarrasser Purnendu de l’influence de Rog, du moins c’est ce qu’il en déduisait du discours de la Reine.

    C’était une bonne chose, seulement … Si ce qu’affirmait Danalieth était vrai, alors le Domaine allait vraisemblablement encore avoir de très mauvais jours devant lui. Ce qui n’était pas vraiment pour rassurer Belethar. Il avait toujours vécu les scènes de chaos en son second chez lui comme un … Douloureux rappel des temps les plus sombres qu’il avait vécu avec sa famille.

    Le Pater Familias sursauta toutefois et eu une légère montée de chaleur qui vira rapidement au rouge sur son visage quand la Reine vint lui caresser le visage, enlevant au passage une partie du sucre dans lequel il était imbibé … Un sentiment étrange le parcoura.

    Pas qu’il ne trouvait pas cette femme extrêmement séduisante au demeurant, mais il est vrai qu’il ne pouvait pas s’empêcher de penser qu’elle était de base une créature insectoïde comme toutes les autres ici qui avaient voulu sa mort il y a quelque temps … Et qu’est-ce qu’elle voulait à regarder tour à tour comme ça Nasod, puis lui même ? Belethar eut une petite quinte de toux : qu’est-ce qu’il était censé le lui dire maintenant ? Il pria pour que les Sept ou son totem vinrent lui trouver une transition toute trouvée … Et fort heureusement Danalieth s’en chargea elle même :

    « Vous allez emporter Nasod avec vous. »

    Sincèrement touché par cette marque de reconnaissance, Belethar s’inclina légèrement face à elle, puis fit :

    “Je suis extrêmement reconnaissant de la confiance que vous placez en moi, Danalieth. Soyez assuré que je prendrais soin de votre enfant comme s’il était le nô…”

    Et zut… pensa t-il, se maudissant de tous les noms, et voulant rentrer six pieds sous terres. Il tâcha de rattraper ce lapsus immédiatement :

    “Le mien.”

    Belethar sentit une petite goutte de sueur sur son front et tâcha cette fois de changer de sujet par lui même, ne souhaitant pas que la conversation s’éternise sur ce petit détail :

    “Madame, si vous nous avez averti d’un grand danger concernant notre Domaine … J’ai conscience que cette ruche et ce canyon sont profondément liés à votre histoire mais … Ne vaudrait-il pas mieux pour vos enfants et vous-même de trouver asile ailleurs, ou du moins d’accepter notre protection, le temps que cette agitation vis-à-vis des Couronnes de Cendre s’apaise ? Maintenant que Rog a possédé l’un des vôtres, il doit sûrement connaître des secrets de ce lieu inaccessibles par d’autres moyens …”

    Il fit une petite pause, accordant un regard compatissant à la Reine. Il était bien conscient que ce n’était pas la meilleure des solutions, mais … :

    “Je m’exprime peut être un peu vite pour parler au nom de tout ce petit groupe, mais nous désirions vous voir subsister … En tout cas il serait pour moi insoutenable de vous voir périr en quelque sortes en tant que victime collatérale de ce conflit qui nous attend. Ce n’est point une situation idéale, ni pour vous ni pour nous, mais peut être est-ce là le moindre mal ?”

    Belethar n’était pour sûr pas familier avec l’art guerrier. Convaincre, et avoir conscience des dangers cependant, étaient des choses qu’il maitrisait. A ce stade, éviter la guerre était inévitable, or la préoccupation de Danalieth était la survie de son peuple. Il croisa un regard successivement vers Kehlvehan et Naal : peut-être qu’organiser un espace de vie au Domaine, ou leur envoyer des renforts était peut être quelque chose d’envisageable … ?

    Tout du moins, si la Reine le désirait. Et c’était encore là une grande inconnue de cette discussion.


    Langue commune : #ffff00

    [INTRIGUE] Le coeur de l'essaim Nul9

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    Satisfait que Naal ait enrayé l’accès de prune locale l’elfe se détourna pour s’assurer que le reste de leur petite compagnie soit encore saine et sauve. Purnendu semblait aller bien, et Belethar… Belethar avait prit un coup sur la tête, apparemment. Haussant un sourcil à l’immaculé souillé d’un peu de terre, il prit quelques instants pour jauger d’un apprenti qui semblait soudainement avoir oublié tout des bonnes manières. “Je ne me suis jamais permis de discuter vos choix, Espérancieux, quant bien même ils pourraient me paraître irraisonnés, et ce n’est pas aujourd’hui que je vais commencer. Néanmoins puisque vous semblez pouvoir user de votre salive pour mettre en doute mes engagements, je gage que vous êtes en bonne santé et que vous allez pouvoir dès à présent user de cette même salive pour ce qui va être nécessaire de mettre en oeuvre” Et avec un sourire courtois mais pincé, il se détourna de lui. Peut-être aurait-il dû le laisser un peu plus avec Rog celui-ci ! S’il s’attendait à beaucoup de choses, ce n’était certainement pas à un manque aussi flagrante de discernement. Il était un professeur, un mentor et un tuteur mais certainement pas une garde moralisatrice. Jamais, au cours de son apprentissage comme de celui de tous les autres, il ne s’était permit de faire part de ce qu’il pouvait ou non penser des choix et des points de vue de ses pupilles sauf quand ceux-ci le lui demandait expressément ou quand il jugeait que cela pouvait contrevenir à ce qu’il enseignait et encore ! Dans ce dernier cas, il n’exprimait sa critique qu’une seule et unique fois, estimant ensuite que son élève était bien assez intelligent pour en faire ce qu’il fallait, ou ce qu’il voulait. Il le faisait alors en tout état de cause. Il n’appréciait aucunement les vices paternalistes et trop sentencieux et tâchait par devers lui de toujours les éviter.

    Fort heureusement, l’intervention de la Reine Karapt l’empêcha de se vexer durablement du peu d’égards que son apprenti montrait à son égard. Bon, il n’était pas réellement dit que ce soit une bonne chose, finalement et s’il ne roula pas des yeux, ce fut par pure courtoisie, justement. Cela commençait mal, si elle était aussi plaintive à l’égard de la mort que la majorité des bipèdes de l’Archipel. Oui certes, une perte était triste, réellement, surtout lorsque l’on était mère et ils pouvaient tous quatre compatir à cela, eux-mêmes ayant perdus des enfants. Est-ce qu’ils s’en lamentaient au devant des événements ? Non. C’était un cycle naturel, un équilibre simple à comprendre et si Purnendu avait été épargné, la vie perdue aurait très bien pu l’être bien plus tard et parmi les bipèdes. Ce n’était pas aussi simpliste que ce qu’elle s’imaginait. Mais comme, justement, il n’était pas paternaliste, il n’allait pas lui faire la leçon. Et comme il savait le chagrin que pouvait provoquer la perte, il savait aussi que, parfois, elle faisait perdre le sens commun. Il espérait donc que ce ne fut que cela, auquel cas, c’était parfaitement compréhensible. “Vous l’ignorez toujours, puisque vous n’êtes pas de mon ordre. Ce n’est pas en m’entendant pousser la chansonnette que vous saurez et cela vaut pour lui aussi. Tout ce qu’il sait, c’est que je peux le faire” Et il se garderait bien de lui dire qu’il n’avait pas du tout besoin de chanter pour cela. “Nous savons désormais où les attendre, cela nous donne un avantage. Un atout n’est bon qu’à être utilisé. Votre prudence m’aurait amené à ne jamais user de cet atout, parce que je ne peux traiter qu’une personne à la fois. Il aurait su dès que je l’aurais utilisé et ce peu importe le patient. Maintenant, nous avons une excellente opportunité” Belethar grimaçait peut-être à l’idée d’un combat mais il était un médecin de guerre. Il regardait cet aspect du monde en face car il était inévitable.

    Encore une fois, il était le contraire des siens. Mais cette fois il ne se sentait ni sale ni remis en question. “Et j’ai l’intention de continuer d’user de cet atout. Sur vous et tous les vôtres excepté la larve. Je vais définitivement effacer Rog des vôtres. Je ne partirais que lorsque je serais assuré que vous ne risquez plus rien de ces possessions” Il planta son regard dans le sien “Vous allez cependant devoir comprendre une chose : nous ne sommes pas ici pour vous plaire et pour grappiller vos bonnes grâces. Nous ne vous avons même pas demandé d’alliance. Nous sommes uniquement venus pour établir des relations cordiales, comme de bons voisins apprenant à se connaître et vivres en harmonie et cela ne requière pas d’alliance. Nous ne sommes pas ici pour vous réclamer des opportunités ou des chances. Si nous devons combattre Rog et les autres couronnes de cendres seuls, nous le ferons, comme nous avons combattu précédemment. Je ne peux pas parler pour tous, mais je peux au moins vous dire que moi et les miens ne vous tiendront pas rigueur si vous décidez de ne pas vous battre” Il lança un regard aigu à Belethar avant de revenir à la Reine. “Mais vous serez les bienvenus si vous décidez de le faire, évidemment. Comprenez bien que vous ne pourrez pas, aucunement, vous assurez de ce que les peuples bipèdes sont simplement avec trois ou quatre opportunités, trois ou quatre essaies. Même en un millier d’années, vous ne saurez pas encore pleinement nous jauger car c’est là la beauté de ces peuples qui peuvent à tout jamais vous surprendre… qui ont surpris même les déesses et le dieu unique. Même pour un seul sujet, même simplement au devant des couronnes de cendre, vous n’aurez jamais une certitude pleine et entière. Vous aurez des éléments, oui, mais pas de quoi bâtir une affirmation éternelle” Il vint poser une main sur l’épaule de Naal “Nous connaissons mieux le sacrifice que vous ne pouvez le penser, et c’est des milliers de nos enfants qui ont été tués ces dernières années. Un des vôtres a péri aujourd’hui, ça aurait tout aussi bien pu être moi, ou qui que ce soit d’autre… la guerre n’est pas belle mais parfois elle est nécessaire et si demain c’est un des nôtres qui trépasse nous n’allons pas vous en blâmer, sauf si vous le tuer réellement

    Il avait la désagréable impression qu’elle pensait offrir des largesses avec ses ‘opportunités’ mais c’était elle qui parlait d’alliance et pas eux, bien qu’ils ne crachaient pas dessus. Elle cherchait à se rassurer, ou tout du moins le voyait-il ainsi, à essayer de trouver des réponses t des faits ancrés dans la pierre. Il ne pouvait pas la laisser se fourvoyer. “Nous avons tous appris que l’union nous rend plus fort, même lorsque les adversaires d’hier font cause commune aussi puis-je vous l’affirmer : si vous pensez à une alliance, oui, nous serons certainement plus forts tous ensemble. Mais si vous hésitez car vous ne savez pas si nous pouvons nous sacrifier, je vous dirais : et vous ? Votre enfant est mort. Mon fils aussi est mort, ma fille est morte. Mais je ne reviens pas dessus. Ils sont dans la roue de la réincarnation. Votre enfant aussi. Son âme va revenir en ce monde en temps et en heure, elle n’a rien de perdu. Même si je comprend votre douleur, si c’est cela que vous faite passer en premier… alors vous risquez de mettre en danger tous les autres enfants que vous possédez. J’ai fait ce choix là, je me suis tourné vers ma perte au détriment de ceux qui me restait, des enfants que je pouvais encore protéger et soutenir.” Il serra doucement l’épaule de son frère “Naal m’a ouvert les yeux. Sur l’amour que je pouvais encore donner, et sur ce qui méritait que je détourne mes yeux de ma perte, sans pour autant l’oublier. Permettez-moi alors de faire de même pour vous en vous parlant aussi vrai que je le puis avec mes pouvoirs et avec ce que je suis” Il eut un léger sourire “Moi aussi je me méfie de vous. Moi aussi je suis inquiet. Vous n’êtes pas une victime collatérale, mais une actrice qui cherche encore sa place exacte dans ce qui va se jouer, à mes yeux en tout cas. Je vous comprend. Nous sommes des miroirs, ce que vous ressentez, nous aussi, nous le ressentons….” Il soupira légèrement, ne voyant pas quoi dire de plus après tout cela. Aussi retourna-t-il à sa pragmaticité.

    Et si nous commencions dès à présent à libérer vos enfants de lui ?


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    Langage elfique #8BF8D2
    Dialectes minoritaires #93F88B

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    L’affrontement fut court. Excessivement court. Certains diraient qu’il fut trop court pour être honnête. Lorsque le karapt s’effondra enfin et déversa un fluide poisseux, odorant d’épices et d’acidité, avec quelques spasmes dans ses pattes qui se rétractèrent ensuite lentement contre son abdomen en une rigidification mortuaire, le graärh resta aussi sceptique que méfiant. Connaissant Rog, ce dernier serait encore capable de surgir de la carcasse avec un « Surprise ! » ourlé dans les babines avant de se jeter au visage de sa prochaine victime comme un parasite de son œuf. Il attendit donc… et attendit. L’adrénaline lui courait toujours dans les veines, ses pupilles étaient aussi rondes que des billes alors que ses moustaches gonflées et retroussées laissaient voir sa dentition au trop nombreuses canines pour être confortable à regarder. Purnendu guettait donc une entourloupe, mais rien ne se passa et lorsque Naal se redressa à bout de souffle près de lui pour le remercier, l’immense graärh se dégonfla comme une baudruche et passa aussitôt un bras ferme autour de la taille nu de l’humain.

    « - De rrrien… J’ai hésité à venir. Tu semblais très bien t’amuser seul… là dessous. »

    Il montra d’un geste de la corne les nombreuses tentacules qui frémissaient encore par moment en un amas grouillant. Taquin, il s’assura rapidement que son patient ne souffre d’aucune blessure et le laissa ensuite aller à ses affaires. Ou plus précisément ; à la reine karapt. C’était la première fois que Purnendu la rencontrait et dire qu’il fut déçu de la voir choisir une apparence de sans-poils plutôt que de graärh aurait été un euphémisme. Plissant la truffe d’un soupçon de dégoût pour ses choix excessivement pauvres en terme de tactique d’approche, il s’en détourna sans plus d’intérêt et posa les deux mains au sol après avoir retiré ses gants en écailles de dragon. C’était son problème après tout, mais ce n’était pas avec ce genre d’artifice qu’elle amadouerait le Gardien ou son compagnon apôtre…Un coup d’oeil vers Belethar et sa larve manqua de lui arracher un gloussement : peut-être avait-elle touché juste avec celui-là ?

    Accroupi près de la carcasse du karapt muté, l’herboriste recentra son attention et déploya un nouveau Don du Raton-Laveur pour pouvoir sonder profondément le sol et s’assurer que ce dernier ne subissait pas à son tour cette étrange mutation si caractéristique de Rog lorsqu’il était en « fusion » avec le karapt. Naal avait raison : son ancêtre se propageait par contact et il pouvait se diviser en ce faisant. Vu que la majorité de la ruche semblait couverte d’une espèce de membrane, Purnendu préférait s’assurer que la contamination ne soit pas dormante quelque part ; distribuée par le sang de la chose étendue devant lui. Rassuré que ce ne soit pas le cas, du moins pas d’après son étude, il se redressa et s’ébroua d’une bonne couche de sable captive de son épaisse fourrure. Pendant quelques secondes, il ne fut plus qu’une boule hirsute et duveteuse avant qu’il ne peigne rapidement sa silhouette de ses griffes et retrouve une apparence plus digne.

    Lorsqu’il reporta son attention sur le groupe rejoint par la reine karapt, la conversation menée par Belethar et Kehlvehan semble dérouter la matriarche, puis éveiller en elle soupçons, méfiance et… crainte ? Le graärh côtoyait depuis assez longtemps les sans-poils pour sentir dans leurs postures et leur odeur tout ce que les mots ne disaient pas. Il jeta un coup d’œil à Naal et lui fit signe d’approcher lorsqu’il réussit à capter son attention. Il allait avoir besoin de lui. L’homme semblait encore être le plus neutre dans tout cela. Celui avec encore assez d’humour pour être objectif.

    « - Assez. »

    Il éleva les mains en signe d’apaisement et marcha au milieu du groupe. Lentement, il les observa d’un œil critique et purement médical qui s’acheva par un long et gros soupir.

    « - Je pense qu’il serait mieux pour tout le monde de faire une pause. Discuter dans nos états présents ne mènera à rien de bon. »

    Il prononça ces paroles en lançant un regard aiguë pour tout le monde, même la reine des karapts. La journée avait été horriblement longue pour ses compagnons de route, personne n’avait réellement eut le temps de souffler après la traversée de la savane. Quant à la créature qui les recevait en ce rucher ? Il était impossible qu’elle n’ait pas les nerfs en pelote après avoir frôlé la contamination de tout le canyon par son ennemi juré. Ça et la mort d’un de ses enfants ? Non, décidément quelques heures chacun de son côté semblait à Purnendu être encore la meilleure solution pour éviter des mots ou des décisions malheureux.

    « - Naal, aidez-moi à installer Kehlvehan. Je vais préparer une infusion et quelques baumes pour tout le monde. Belethar ? Pourquoi ne pas profiter de cette pause pour obtenir le petit guide parfait quant à l’éducation, l’entretient et la bonne croissance de votre nouvel enfant ? Tenez, vous pouvez utiliser ce carnet pour les notes. »

    Il lui tendit un tas de feuilles reliées par des tendons de cuir et une couverture de bois gravée de symboles et lettres graärh en l’honneur du savoir et de la connaissance. Il se tourna enfin vers la reine et l’observa avec une neutralité qui aurait rendu Ivanyr excessivement fier de lui. Le félin ne lui en voulait pas de ses mots à son égard, parce qu’ils n’étaient justement que des mots. Cette femelle n’avait encore rien prouvée pour être digne de son respect et il ne baissa donc pas les yeux lorsqu’il lui fit face.

    « - Dame, avec votre permission nous allons abuser de votre générosité et rester le temps de nous reposer avant de revenir sur le sujet ou de prendre enfin notre départ si tel est votre désir. Je vais préparer une infusion pour apaiser les nerfs et l’esprit. Vous êtes libre de vous servir si vous le désirez. »

    Il doutait qu’elle ne se laisse tenter, même s’il comptait ajouter une bonne dose de miel dans la préparation, mais cela ne lui coûtait rien de laisser une porte ouverte à un possible rapprochement. Elle avait ses peurs, ses appréhensions et elles étaient totalement légitime. Il avait été l’outil de Rog, son absence lui pesait encore énormément même s’il n’en montrait encore rien. Il avait représenté un danger, le corps du karapt muté en était la preuve la plus solide, alors ses mots étaient légitimes. Maintenant, c’était à lui de tendre une main et à elle de décider si elle était prête à la saisir ou pas. Au moins aurait-il la conscience tranquille une fois partis. Tournant les talons, Purnendu alla voir Kehlvehan et Naal pour s’assurer que tous les deux aillent bien. Il offrit une couverture au fidèle de Néant qui, tout comme sa cape, lui offrirait le confort d’une régulation de la température en plus du confort par une laine épaisse et douce.

    « - J’aimerai que tu gardes le Croc. Je n’en ai aucune utilité et il fera un bien meilleur compagnon à tes côtés qu’aux miens. J’avais eut dans l’idée de le rendre à un Dragon sauvage, si je venais à en croiser un. J’en ai vu deux et aucun n’a semblé plus alarmé que ça que les ossements de leurs pairs soient usés par les sans-poils. »

    Il haussa des épaules, ne comprenant pas la logique mais la respectant tout de même. Ce n’était pas sa culture et ce n’était pas ses os.

    « - Quant à vous, Gardien... »

    Il l’inspecta dans ses moindres coins et recoins et insista pour que Naal use d’une lingette trempée dans l’eau pure de son outre, allongée d’un antiseptique, pour laver les pieds meurtris, le visage et les mains de l’elfe. Il ne manquerait plus qu’il attrape une nouvelle maladie en déambulant dans ce rucher ! Il demanda à l’humain tatoué de se faire la même ablution puisqu’il avait fricoté avec le karapt corrompu quelques instants plus tôt et laissa les deux hommes à leurs affaires le temps qu’il prépare son infusion. Il demanda où il pourrait installer un feu de camps et lorsqu’il eut sa nouvelle location, il se mit au travail. Purnendu fouilla la sacoche, toujours aussi émerveillé et reconnaissant d’avoir pu en doubler les bords avec un glyphe « sans-fond ». Il attrapa une racine de Ginseng de Paadshail, merveilleusement bien conservée et commença à l’éplucher, puis la tailler en petits cubes avant de la verser dans sa théière où l’eau pure commençait déjà à frémir. Il ajouta une poignée de fleurs de bourrache, quelques pincées d’une poudre de racine de valériane, puis enfin trouva une fiole contenant une huile essentielle de reine-des-prés. Il ferma la théière de fonte de son couvercle et fouilla encore pour trouver des biscuits secs aux grains, des lanières de viande séchée et son pot de miel.

    Purnendu sentit aussitôt l’attention des karapts se reporter sur lui et il fit un peu le dos rond en retroussant les babines, pot de miel jalousement serré contre son poitrail. Hé ho ! S’ils voulaient du sucre, ils n’avaient qu’à débarbouiller Belethar ! Vu la tête qu’il avait tiré lorsque la reine s’en était chargée, il semblait aimer l’idée. Lorsque l’infusion se mit à réduire à gros bouillons, le félin retira la théière du feu et laissa infuser une petite demie heure avant d’ajouter le miel, touiller, puis de verser dans des tasses en terre cuite vernies. Il fit le tour du groupe pour leur offrir la boisson et laissa ensuite tout le monde souffler une heure de plus, voire peut-être grappiller un peu de sommeil. Quand il sentit qu’il était temps -que ce soit de partir ou de prendre la parole- Purnendu se leva et approcha de la reine karapt.

    « - J’aimerai que vous visualisiez la façon dont vous êtes liée à vos enfants. Comment vous savez intuitivement où chacun d’eux se trouve. La façon dont vous pouvez transvaser votre conscience de l’un à l’autre pour le guider, le rassurer, le conforter. Vous entendez vos enfants, n’est-ce pas ? D’une manière viscérale, que seule une mère peut développer pour sa progéniture. »

    Il parlait d’une voix profonde et calme. Sa posture se voulait détendue et il n’y avait ni jugement, ni sécheresse dans sa façon d’exprimer ses mots. Un léger ronronnement, à peine audible, rythmait son timbre riche et rythmé.

    « - Les Baptistrels développent un lien similaire avec un élément de ce monde. Ils commencent lorsqu’ils sont enfants et apprennent à ne jamais mentir. Pourquoi ? Parce que le feu, l’eau, l’air, la terre, les étoiles : ils ne savent pas mentir. Ils ne connaissent même pas ce principe ! Alors les Baptistrels ne mentent pas, sinon ils ne parleraient plus le même langage que les éléments. Ils ne tuent pas aussi, car les éléments n’ont même pas conscience de cette notion. Tuer, volontairement ou non, c’est devenir « mortel » et cela aussi empêcherait les Baptistrels d’entendre la musique du monde et de ses éléments. Car oui, ils entendent les vibrations de cet élément, puis lentement ils s’ouvrent au reste et un jour ? Un jour, ils obtiennent la connaissance d’un tout, comme Kehlvehan. Ils deviennent capable d’entendre le son d’une personne. Ils deviennent capable de l’altérer, de le reconstituer pour restaurer en son sein l’équilibre qui peut lui faire défaut. Une perturbation née d’une blessure, d’un traumatisme, d’une perte de mémoire ou, comme moi, d’un parasite. »

    Il jeta un coup d’œil à l’elfe, puis à Belethar et leur fit un léger sourire avant de revenir à la Reine.

    « - Un Baptistrel n’est ni « bon », ni « mauvais », car il ne se pli pas aux règles érigées par les cultures et les sociétés. Il a depuis longtemps dépassé ce stade. Aussi lorsque Kehlvehan vous propose d’aider votre rucher, d’ôter l’influence de Rog de chacun de vos karapts afin que sa corruption ne vous coûte plus un seul de vos enfants ; il dit vrai. Jamais il ne dira cela pour vous leurrer. Jamais il ne fera une telle offre s’il n’était pas certain d’y arriver. Alors certes, ce n’est pas une action qui se fera en un claquement de griffes, mais si vous acceptez cette invitation, cette promesse ? Elle deviendra une réalité. »

    Il marqua une pause, laissa la reine assimiler ses paroles, puis continua avec tout autant de douceur :

    « - Lorsqu’il vous dit que cet acte est purement philanthropique, il dit vrai. Si après cela vous refusez de participer et d’aider, il ne vous en voudra pas. Il ne vous jugera pas. Et oui ; le domaine vous sera toujours ouvert, car c’est ainsi que fonctionnent les Baptistrels : ils agissent selon leur propre code, sans rien attendre en retour, car ils savent déjà que leurs actions sont les meilleures à adopter. Pas parce qu’ils sont arrogants, mais parce qu’ils agissent selon un principe aussi vieux que le monde lui-même. Parce qu’ils sont ce monde : ils sont sa voix pour nous qui ne pouvons l’entendre. »

    Purnendu éleva une main pour l’inviter à écouter encore un peu.

    « - Je sens votre peur et je la comprends. J’ai croisé Rog, je l’ai poursuivit à travers un des Portails et l’ait acculé jusque dans les tréfonds de l’Inlandsis pour essayer de comprendre qui il était, ce qu’il était… et j’ai vu une autre Couronne s’éveiller devant moi. »

    Un frisson coula le long de son échine, mais il ignora cette peur intrinsèque que le graärh maudit lui avait si sûrement instillé. Son expression s’assombrit, sa queue fouetta nerveusement le sol derrière lui.

    « - J’ai entendu mes Esprits-Liés hurler de terreur, gratter à la porte de ma conscience… j’ai entendu l’Hippopotame me parler… Puis ce fut le silence. La seconde Couronne m’avait coupé de mon lien. Je n’étais le spirite d’aucun ! J’ai connu l’abandon durant des jours et des jours... »

    Ses oreilles se plaquèrent à l’arrière de son crâne.

    « - Je sais de quoi sont capables les Couronnes, car je les ai côtoyé même si ce fut bref. Je sais aussi ce qu’ils ont provoqué il y a des siècles, car je suis la mémoire de mon peuple. Je suis le Gardien de l’Héritage. Rog vous a créé et c’est en vous utilisant qu’il rasa une civilisation entière, qu’il poussa un peuple capable de créer une technologie qui dépasse celle d’aujourd’hui tous peuples confondus… à régresser au stade où nous sommes actuellement. Je sais tout cela que trop bien, Reine Karapt. »

    Il baissa la truffe et soupira, puis il regarda les trois sans-poils et eut un sourire tendre à leur égard. Une lueur d’espoir brilla dans l’absinthe de ses yeux.

    « - Mais je sais aussi de quoi sont capables les nouveaux peuples. Cela fait presque deux ans que je les côtoie et jamais une journée ne passe sans qu’ils me surprennent. J’ai vu ce qu’ils peuvent faire avec la Trame, j’ai vu ce qu’ils peuvent faire avec les chants du monde. J’ai vu leurs navires, leurs armes et surtout ? J’ai pu contempler combien ils sont farouches et déterminés lorsqu’il s’agit de protéger les leurs d’une menace. Combien des peuples qui s’entre-déchirent sur les temps de paix avec des querelles internes mesquines… combien ceux-là même sont capable de s’unir et présenter un front unis, inexpugnable, face à un ennemi commun ! J’ai vu un peuple méprisé, maudit par les Déesses même, combattre côte à côte avec ceux ayant jurés leur extermination. J’ai vu des mères délaisser leurs enfants pour partir au combat. Des pères défendre le flanc de leurs propres fils sur la ligne de front. »

    Il gonfla sa fourrure et parla d’une voix vibrante :

    « - J’ai vu tout cela et je suis persuadé que les peuples d’Amrahuna sauront arrêter les Couronnes le moment venu. J’ai vu un homme minuscule créer un dragon de pure magie, j’ai vu un vampire et un elfe repousser la Licorne de Licorok. J’ai vu le Gardien repousser une monstruosité venu d’au delà des flots et défendre le Puits des Esprits sans faillir. J’ai vu un dragon plus grand qu’une montagne partir à l’assaut d’une île flottante dans les airs avec ses fils et ses filles, avec les humains qu’il déteste tant habituellement… tout cela pour protéger l’Archipel. Pour éviter que plus d’enfants ne meurent ou ne deviennent orphelins. »

    Il abaissa la voix et fixa avec intensité la Reine.

    « - J’ai vu tout cela. Et vous ne serez pas seule. Vous ne le serez jamais si vous acceptez de marcher à nos côtés. Nous ne désirons pas vous utiliser comme l’a jadis fait Rog. Et nous ne sous-estimons pas les Couronnes, jamais nous ne le ferons ! Jamais ils ne le feront ; car ils ont vu Mort en face et ils en sont revenus. Ils savent le prix des pertes, la peine dans les cœurs. Ils ont allumés plus de bûchers funéraires qu’ils ne le voudraient. Ils ne sont pas arrogants quand ils parlent, ils sont juste réalistes et résignés. J’ai lu leur Histoire, j’ai vu leurs exploits en ces terres : je sais qu’en nous unissant à nouveau, nous vaincrons une bonne fois pour toute de Rog et de ses maudîts. »

    Il pencha la tête de côté et sa voix se fit plus douce :

    « - Nous avons besoin de vous, car votre aide sera aussi précieuse que celle de tous les autres camps. Vous avez un vécu avec Rog et personne ne vous le refuse… mais Rog ne connaît pas les nouveaux peuples et il les sous-estime. Ca aussi je le sais car je l’ai entendu. Il est arrogant, il est aveugle à ce qui l’entoure. Piégé des millénaires en arrière, incapable de se soustraire à sa haine, il pense encore avoir l’avantage. Mais ils ne sont que quatre et nous sommes, tous unis, légion. »

    Purnendu se fit, enfin, silencieux. Ces mots étaient les siens, dépourvus de toute influence et il était rafraîchissant de pouvoir se les approprier sans éprouver ce doute pernicieux d'être manipulé, influencé par un tiers partit. Il savoura ce sentiment comme le plus doux des nectars et observa tour à tour les personnes présentes. Avait-il encore trop parlé ? Surement. Le regrettait-il ? Pas le moins du monde.


    * * * * * *
    Directives :
    Grâce à votre coopération, le Karapt possédé par Rog git désormais au sol, sans vie. Apparait alors devant vous une femme se présentant non pas comme la reine, mais comme la mère des Karapt.

    Tour à tour, Belethar et Kelvehan prennent la parole. L'insistance de ce dernier à vouloir agir ses enfants et sur elle, quand bien même elle venait de l'inciter à plus de prudence, semble la mettre mal à l'aise.

    L'incrédulité se lit dans le regard de Danalieth lorsque Vairë annonce que vous combattriez les couronnes seul s'il le fallait. Elle ne semble pas croire cela possible, après tout n'avait-elle pas utilisé le mot "anéantir" quelques instants plus tôt. Cette dernière semble craindre les couronnes. Et cette crainte n'est-elle pas fondée? Après tout, les esprits-liés, protecteur des graärh, eux-même avaient pris peur lorsque Purnendu avait rencontré cette autre couronne dans le coeur geler de Nyn-Tiamat.

    A la simple évocation de la mort de millier d'enfants, la reine semble avoir le coeur au bord des lèvres.

    Le doute s'affiche sur les visages de la reine. Les Graärh et les Karapt étaient sur cet archipel bien avant les elfes, humains, vampires et dragon. Les graärh ont effacé leur passé et les Karapt se sont terrés dans leur canyon à la suite de la légion des cendres. Se cacher et vouloir oublier, n'est-ce pas symptomatique d'un événement suffisant grave pour avoir traumatisé l'archipel dans son ensemble?

    Purnendu, natif de cet archipel, qui a vu au plus près l'ennemi. Son avis pourra assurément faire pencher la balance dans le coeur de la reine aussi hésitante qu'elle ne semble dissimuler des choses.

    Que fait Purnendu ? Comment réagit-il à tout ce qu’il vient de se passer ?


    Langue Commune : #BBEB96
    Langue Graärh : #59A022
    Langue Graärh ancien : #295F00
    Langue Elfique (avancée) : #E1F682

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