Cendre-Terre


Cendre-Terre est le dernier village vampirique sur Nyn-Tiamat depuis la destruction de la forteresse d'Aerthïa. Située sur la pointe sud, proche de la forêt de Licorock, Cendre-Terre était un port pauvre de cabanes en bois défraîchies, tristement noires d’humidité. L’image était telle la dette terrible qui frappait le clan Faust, jusqu’à ce que les terres soient massivement acquises par le Marché Noir, sous couvert de nom de marchands Caladoniens venus tenter de faire poindre une nouvelle place centrale.

Il faudra attendre octobre 1763 pour que Valmys Elusis et l’architecte Belethar Espérancieux soient mandatés par la Triade pour construire un port digne d’une capitale vampirique. Mettant à profit leurs talents de mages émérites, Cendre-Terre fut érigée sur deux plans : la surface et les profondeurs, s’articulant autour d’une spirale de vitraux éblouissants, permettant de gravir les étages ou de s’enfoncer dans les entrailles de la terre.

Sous la terre, un péristyle entoure la spirale de ses colonnades que soutiennent des statues d’êtres-métaphores symbolisant les ethnies vampiriques ainsi que les huit défunts dieux. Dans la grotte immense, les bâtisses habitables, tantôt élancées, tantôt sphériques, s’ornent de lierre et de statues de glace représentant des Esprits-Liés. Les sentiers sont couverts d’une mousse bioluminescente qui vient s’agripper à la voute en d’extraordinaires et délicates arabesques. La végétation polaire embrasse les profondeurs, reliant les maisonnées ou garnissant des parcs parsemés de fontaines et de braseros, dont les flammes viennent se refléter dans les innombrables verrières. Quartier de vie, cette grotte est sans conteste un rappel aux origines vampiriques lorsque jadis, sur Ambarhùna, le peuple de la nuit logeait dans les galeries des terres malfamées de l’Est.

Si les Galeries représentent la partie intimiste de la ville portuaire, la surface se veut resplendissante et percutante. Son rôle est d’afficher la force du peuple vampirique par de fières bâtisses de pierres dressées en pointes vers le ciel comme un défi lancé au monde. Les aiguilles noires, acérées comme des milliers de griffes, font la vindicte et l’honneur de ce peuple jadis sauvage. Les bâtiments officiels sont les plus implacables dans leurs épais murs bruns et leur architecture épurée, surmontés de tuiles noires comme de l’obsidienne. Les places sont grandes, majestueuses, et dressent leurs obélisques en ivoire ténébreux vers les cieux.

Le port est vaste et dévore toute la côte. Ses docks largement agrandis et accommodés, pour accueillir des centaines de navires, auraient de quoi faire rougir de honte Caladon, si le port de Cendre-Terre était utilisé à son plein potentiel commercial. Un immense phare, érigé à même un promontoire rocheux, est la pièce maîtresse du port, avec ses lignes robustes et les pointes vindicatives qui la couronnent de gloire. A son sommet flotte un brasier bleu, éclairant les alentours d’une aura majestueuse. Un feu aussi froid que l’île de Nyn-Tiamat.

Un peu à l’écart de la ville, on trouve les fondations d’une école de magie tant promise par la défunte Irina Faust, qui ne quittèrent jamais l’état de projet. Était-ce alors par défi que la Triade n’y octroya pas une pièce d’or du vivant de la Princesse ? Mais maintenant que les Elusis règnent… Cela pourrait changer ?