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Retour par la voie des mers

le Mer 28 Nov - 19:07
Courant Novembre 1762
Fin de la mission de transport de matériel et de guérisseur pour Cordont.


La petite goélette fendait paresseusement la surface sereine de la mer, avançant en se mouvant lentement, dans un doux balancement qui invitait à s'endormir sur le pont. Les voiles presque toutes repliées, la Rosée du Matin voguait à la vitesse d'un escargot. En même temps, la nuit venait à peine de tomber, le vent était faible, même si la période du "calme plat" était passé depuis un bon moment. Sous une lune éclatante, le navire voguait doucement vers Caladon.

Artane était sur le pont, mesurant la position des étoiles. Il se sentait bien plus à l'aise dans la navigation qu'il y a un an, et donc, il avait de l'assurance dans ses calculs. Cela fait, il jeta un regard bref à son second qui tenait la barre, qui était à moitié somnolent. Le malheureux avait pris son quart alors qu'il n'avait guère eu l'occasion de se reposer. La veille encore, leur navire terminait de décharger le matériel nécessaire aux secours qui intervenaient à Cordont, après le drame qui venait de s'y produire. Et par choix, Artane avait décidé de reprendre la mer pour ne pas rester dans les environs de la région sinistrée. Non pas qu'il avait eu peur, mais disons qu'il ne voulait pas se retrouver coincé avec son navire et son équipage, car forcément, aux vues des événements, il n'était pas le seul navire à se retrouver sur place. Et maintenant qu'il avait terminé sa mission, il espérait être rentré à Caladon dans moins de deux jours. Sauf que les vents n'étaient pas favorables.

Il rangea son sextant et observa l'horizon lointain, cherchant à le voir au delà de la proue de son navire. Il n'avait qu'une hâte : revoir Eléonnora. Tous les deux avaient eu des échanges de lettres, mais cela n'était pas suffisant. Rien ne valait le contact, la vision réelle de son âme aimée. La toucher, sentir ses cheveux.... il frissonnait rien que d'y penser avec un petit sourire qui en disait long sur ses pensées. Quelle aventure avec cette femme ! Jamais il n'aurait cru qu'il aurait eu une âme soeur comme elle. Et la malheureuse qui se trouvait prisonnière de ses devoirs à Caladon, jouant les Bourgmestres par intérim.

D'un coup, il bâilla.

*Diantre, cela fait une bonne grosse journée que je n'ai pas eu l'occasion de roupiller. *

Il regarda son second, qui piquait des fois du nez. Il s'approcha de lui et le secoua doucement.

"Allez, Stefan, va dormir un peu, je reprends la barre le temps restant du quart. ''

A ce moment là, le vent commença à faire claquer le peu de voiles déployées. Et on sentit que le navire prit un peu plus de vitesse.

''Hum... avant de me coucher, tu veux qu'on déploie plus de voile que cela ? ''
"Non, laisse les hommes dormir encore un peu. La mer est d'huile et la nuit claire. Si jamais je vois un navire à l'horizon, tu m'entendras beugler
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Re: Retour par la voie des mers

le Sam 1 Déc - 10:34
La nuit était calme et sombre comme l’était les nuits sur la mer. L’océan n’était éclairé que par une lune naissante, à peine un croissant et par les étoiles. L’eau s’agitait paresseusement, comme se forçant à faire des vagues alors qu’elle préfèrerait dormir. Nul vent ne venait l’aider dans sa danse et elle semblait se languir d’une tempête.

Seule chose qui venait troubler la quiétude des flots était l’immense navire, le VMA Intrépide de la Hanse. Un veau marin. Gros, plus gros qu’un navire de guerre dont il était inspiré. Il n’était pas taillé pour la vitesse, n’y pour la maniabilité. C’était une bisque flottante, aux courbes élégantes, mais une brique tout de même. Pire encore, il ne pouvait pas transporter autant de marchandise qu’un navire de plus petit gabarit. Alors pourquoi se fatiguer à faire naviguer un vaisseau de cette taille, avec l’entretien et l’équipage qui allait de paires ?

Simplement parce que ce navire avait un secret, il n’était conçu que pour le fret. La présence de nombre pirate sur les mers avaient fait germé une idée dans l’esprit de la responsable de l’Alliance des marchands humains : créer un vaisseau de commerce, à même de se défendre et de protéger des convois. Un mélange entre le commerçant et le guerrier. L’Intrépide était capable d’affronter n’importe quel navire de guerre et il avait même le culot de pouvoir remporter la bataille.

Mais pour l’heure, il n’y avait pas de combat à l’horizon et tous les marins, guerriers et marchandises, dormaient paisiblement à l’exception des hommes de quart et de leur Capitaine.

Honor Harington était encore éveillée en cabine, regardant une carte approximative du continent humain et modifiant une énième fois le tracé d’une route et d’un canal afin d’optimiser les trajets de l’un par rapport à l’autre. Le casse-tête était terrible car la route était moins cher à fabriquer mais l’entretien allait être fastidieux et le trajet long, contrairement au canal, cher et long à mettre en place mais dont l’entretien ne serait au final pas si complexe et qui raccourcirait la durée du voyage des marchandises. Elle aurait pu commencer par la route le temps que le canal soit creuser, l’inconvénient était que l’un ne suivait pas l’autre, au contraire. L’objectif était au niveau d’une intersection, transvaser la marchandise d’un convoi à l’autre. La question était où mettre cette intersection.

Poussant un soupir, Honor se redressa et se frotta les yeux de fatigue. Il était certainement tard et elle devrait aller se coucher. Mais son regard se posa sur les deux couchettes vides, et un sourire naquit sur ses lèvres. Sa fille Léopoldine avait voulu l’accompagner pour le plus grand bonheur de sa mère, bien qu’Honor insistait souvent pour que sa fille reste à terre pour aider ses grands-parents dans la gestion des affaires familiales.

Elle se leva et sortit, comme une ombre blanche, non sans avoir vérifié que son chignon soit bien fait et que sa tenue blanche soit impeccable. Même au milieu de la nuit, alors que personne ne pouvait la voir, Honor tenait à être impeccable, un exemple.

Une légère brise gonflait les voiles alors que sur le reste des flots, rien ne bougeait. Un nouveau sourire tendre naquit les lèvres de la marchande et après avoir respiré profondément avec délice l’ait doux de la nuit. Puis elle monta sur le château arrière, où elle trouva deux membres d’équipage en train de discuter, près du gouvernail, bloqué car il n’était pas nécessaire que quelqu’un le tienne en pleine nuit, alors qu’il n’y avait aucun courant pour faire dériver le navire et que le vent le poussait dans la bonne direction.

D’ailleurs, le léger vent qui soufflait n’était pas naturel. Un fantôme aussi blanc qu’Honor, habillé de façon similaire à elle, mais plus petit. Ses cheveux volaient doucement dans la brise et Honor posa une main légère sur l’épaule de sa fille en se penchant vers elle. Léopoldine ne sursauta pas car sa mère avait fait résonner ses pas sur le pont.

Ce n’est pas parce que tu es de quart, que tu dois faire avancer le bateau ma chérie. Nous ne sommes pas pressés. Commença Honor. Sa fille ouvrit les yeux et posa son regard gris sur sa mère et lui rendit son sourire. Je sais bien mère. Mais j’aime la sensation que cela produit. Le vent dans mes cheveux, le bruit de l’eau, l’impression de voler.

Voler. C’était le rêve d’Honor, un rêve qu’elle avait partagé avec son mari, hélas, disparu. Comme il aurait été heureux de pouvoir naviguer avec elle. Tous deux avaient possédé eur navire pendant l’exode mais ils n’avaient pas pu vraiment partager le bonheur de pouvoir conduire ensemble un flotte marchande. Honor au moins, pouvait le faire avec ce qui restait de sa famille. James n’aura jamais cette chance.

Alors, je te lance savourer ce moment. Léopoldine se colla un bref instant dans les bras de sa mère avant que le vent ne se remette doucement à souffler et qu’elle se remette sur le bastingage.

Honor repartit pour une balade nocturne sur le pont. Elle marchait doucement, les talons de ses bottes blanches résonnant sur le bois, avertissant ainsi ses marins de son approche. Elle observa les flots un instant à un bâbord puis leva les yeux vers les étoiles et le sommet des mâts. Une envie terrible la prit et elle décida d’y céder.

Elle commença à grimper le plus haut mât, afin de voir comment se porter la vigie. C’était un poste compliqué, pas dans sa difficulté, mais il fallait rester éveiller la nuit, alors qu’il n’y avait rien pour se distraire.

Après quelques minutes d’une ascension volontairement lente, Honor atteignit le nid. La vigie était fidèle à son poste et scruter les ténèbres. De jour, on pouvait voire au-delà de l’horizon, mais de nuit, il n’y avait que les lumières du pont et des étoiles pour animer le paysage. Tout va bien ici ?

La jeune femme, enroulée dans une couverture, sursauta en entendant la voix de son capitaine. Peut-être n’était-elle pas aussi vigilante qu’elle ne le paraissait. Navrée de vous avoir fait peur. La vigie fit un geste négligent et recommença a fixé les flots plus bas. Elle se redressa un moment et se crispa. Honor essaya de suivre son regard.

Parmi les ombres sombres de l’eau, un autre forme, plus sombre et plus massive essayait de se détacher. Elle ne se déplaçait pas vraiment, ou alors que très peu. Il fallut un long moment de réflexion et d’inspection avant de réussir à deviner la forme du navire. Un navire de petite taille comparé à l’Intrépide, les voiles non déployées entièrement, feu éteint, semblant dériver. Ou attendre une proie.

Mais pour le moment, il se trouvait surtout sur la trajectoire du vaisseau marchand et si ce dernier ne faisait rien, et en défiant toutes les probabilités, le VMA Intrépide allait écraser le petit navire sans même s’en rendre compte.

Navire droit devant, marche arrière toute, virage bâbord ! Branle-bas ! La voix d’Honor résonna, porter par les flots et sur le pont, une agitation immédiate prit place. La brise changea de direction et les deux hommes sur le château arrière détachèrent la corde bloquant le gouvernail et le tournèrent pour le faire virer de bord. A côté, une cloche se mit à sonner bruyamment, et des cris commencèrent à lui répondre dans les entrailles du navire.

Les marins tiraient de leur sommeil se laisser tomber de leur couche se précipitant à leur poste sans se gêner, dans une chorégraphie bien souvent exécutée. On arma les balistes, tira les pots d’huile incendiaire, sortit lance, bouclier, sabre, arc et autre arme. On s’apprêtait à ouvrir les bouches sur le flanc du vaisseau, dès que l’ordre serait et qu’il faudra déchainer la puissance de l’Intrépide.

Cela pouvait paraitre disproportionné comme réaction devant une simple goélette, mais même si cela n’était pas nécessaire, cela pouvait servir d’exercice pour les marins. Et il valait mieux se préparer pour rien que finir au fond des mers.

Honor atterrit souplement sur le pont après s’être laissé glisser le long d’un cordage et monta au gouvernail, près de sa fille qui utilisait maintenant la magie pour freiner et aider à dévier le navire.

Une fois au poste, le pilote osa lui demander. Qu’est-ce que c’est pacha ? Certainement pas une attaque de pirate. Pas avec un navire aussi petit. Sans lumière, il peut s’agir d’un navire en perdition. L’océan est vaste, ils ont dû être bénis par les esprits, du moins, s’il y a des survivants. Un navire fantôme ? Je n’espère pas. Ce n’est jamais bon signe d’en croiser un.

Honot avait réfléchi à quoi pouvait bien correspondre un navire sans lumière au milieu de l’océan. Les pirates qui attaquaient de nuit dissimuler leur lanterne pour ne pas être vu, alors que les navires comme l’Intrépide, qui naviguaient sur des routes établies comme rapide et sûre, pouvaient facilement se croiser de jour comme de nuit et mettaient des lumières pour éviter de s’éperonner. Car aussi gros qu’il pouvait être ce Commerce-de-Marseilles, dans un monde où l’on ne peut distinguer l’horizon des flots, une ombre n’est rien qu’une ombre.

Finalement, à mesure que l’Intrépide se rapprochait, Honor distinguait des formes mouvantes. Un équipage vivant. Donc, soit ils avaient un problème matériel, mais au premier regard cela paraissait peu probable, soit ils n’avaient pas allumé leur feu, ce qui serait stupide, soit il s’agissait de pirates, soit ils étaient coincés sur une mer d’huile depuis bien trop lointain.

Un regard à Léopoldine, qui hocha la tête en retour. Oui, elle pouvait arrêter le vaisseau et maintenir les deux navires immobiles tant que le vent n’entrait pas dans la dance. Bien, la Salamandre n’avait qu’une seule façon de le savoir. Elle se posta sur le bastingage.

Ohé ! Je suis le Capitaine Honor Harrington de la Hanse. Qui êtes-vous et que faîtes-vous dans le noir sans feu.

Derrière elle, les soldat était prêt à bondir à l’abordage à la moindre agression ou signe de leur Capitaine.


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Re: Retour par la voie des mers

le Lun 3 Déc - 17:54
Son second s'était donc retiré pour aller se coucher. Artane tenait donc la barre, regardant au loin l'horizon ténébreux. C'était à peine s'il voyait la ligne séparant le ciel de la mer. Il arrivait à peine à faire la différence avec le scintillement des étoiles. Il se parmi un baillement. Dire qu'il n'était pas encore en vue des bords côtiers de Caladon. A ce rythme, il lui faudrait encore quelques jours.

*Vivement que le vent se lève un peu. Ainsi, je serai plus vite arrivé et….*

Il stoppa ses pensées. Son sourire en disait bien assez sur quoi son esprits allait se rendre. Sa belle et impétueuse Éléonore n'attendait que son retour pour quitter ses toutes nouvelles fonctions et prendre un bon gros bol d'air de liberté. Puis il bailla à nouveau.

*Diantre ! je vais finir par me luxer la mâchoire à force de bailler de la sorte. *

Il commençait à regretter de pas avoir pris le temps de faire une pause dans une crique aux abords de Cordont. Mais au vue de ce qui s'était tramé, il avait privilégié la sécurité de son équipage et de son navire. Une sécurité toute relative quand on négligeait un peu d'afficher sa position dans cette belle nuit pourtant bien claire. Mais une ombre sur le fond océanique en pleine nuit se confondait avec la noirceur de l'eau calme de l'eau. Même les étoiles peinaient à afficher le contour de la goélette, comme si elle se confondait sur le fond étoilée qui plongeait au sein de la surface, se confondant avec elle.

Artane regardait toujours le lointain, essayant d'assurer toujours le bon cap. Car avec peu de vent, le navire était pris dans les courants du coin. Heureusement, ces derniers n'étaient guère fort, mais si on n'y prenait pas garde, on pouvait très vite dériver. Puis doucement, la torpeur commençait à prendre le pas sur la concentration du capitaine. Artane bataillait pour ne pas s'endormir. Il en allait de la sécurité de la goélette et de ses membres d'équipage. Et soudain, quelque chose de massif apparut sur le flanc de la Rosée du Matin. Le barreur écarquilla les yeux en reconnaissant la silhouette imposante d'un grand navire et sans attendre, il balança la barre à l'opposé de la venue du navire inconnu, espérant éviter la collision. A défaut d'avoir la vitesse requise, la frêle goélette, vira, mais pas très rapidement. Heureusement, on entendit des gens courir sur le pont de l'autre vaisseau, pendant que ce dernier virait de bord. Artane avait cru entendre beugler, mais n'était pas certain. En tout cas, l'autre navire avait su tourner à temps. Les deux coques passèrent à quelques pouces à peine de l'une de l'autre.

Sous le choc du virage imposé par son capitaine, l'équipage s'était réveillé et était monté sur le pont, armes en mains, pensant à une attaque, eux aussi. Forcément, ils ne manquèrent pas de se crisper en voyant déjà les marins du vaisseau inconnu prêt à en découdre. Artane serrait les dents. Puis une silhouette se positionna sur le bastingage, avant de héler le maître de la goélette. Les deux navires étaient et demeuraient côte à côte.

Artane ne lâchait pas la barre et temporisa ses marins.

''Calme les gars. Si on avait voulu nous attaquer, on aurait déjà subi l'abordage. ''

Il croisa le regard de son Second. Visiblement, celui-ci n'était pas rassuré et se sentait autant coupable que son capitaine de ce qui venait de se passer. Puis Artane leva sa tête pour répondre au capitaine, qui était une femme. Pour le peu de fois qu'il avait eu à faire à des femmes capitaines, il essaierait de demeurer prudent. Les capitaines au féminin pouvaient être aussi redoutables que des requins.

"Je suis le Capitaine Nordan de la Rosée du Matin, pour répondre à votre interrogation. Et le pourquoi de l'absence de lumière à mes lanternes vient de ma négligence. Nous sommes parti de Cordont assez rapidement pour ne pas être pris dabns l'afflux des secours qui arrivaient par voie maritime. Nous avons participé au transport de provisions pour parer aux conséquences du désastre et avec la fatigue, je n'ai pas allumé mes lanternes. Pardonnez moi pour cette négligence qui aurait provoqué un drame''
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Re: Retour par la voie des mers

le Ven 7 Déc - 11:22
Le Capitaine Nordan ? Ce nom disait quelque chose à Honor. James avait dû lui parler de cet homme, certainement un contrebandier. Un mauvais sans aucun doute. Ou plutôt un suffisamment bon pour survivre, mais pas assez pour devenir quelque chose. Honor renifla avec mépris. Le voilà capitaine de navire. Ou plutôt d’une barque. Ce genre de navire aurait de grandes difficultés en cas de tempête mais pire encore, son capitaine semblait être un incompétent.

Une négligence de sa part ? Les lumières sont une nécessité parfois superflue mais essentielle pour éviter ce genre d’accident. Sans le regard perçant de la vigie de l’Intrépide, la Rosée du Matin se serait éparpillée dans l’océan et personne ne l’aurait jamais su. Une négligence qui aurait pu provoquer un drame.

Ou alors, ce n’était pas une négligence comme ce Nordan le disait. Honor était presque sûre que James lui avait parlé d’un certain Nordan, de l’époque où il était contrebandier. Et on ne devient pas honnête subitement. La méfiance d’Honor monta d’un cran alors que son regard observait le pont en contrebas. Cet homme pouvait cacher quelque chose et bien qu’elle ne soit pas douanière, la Hanse souhaitait plus que tout avoir la main mise sur toute la circulation maritime, mais surtout détruire la piraterie et la contrebande. Il ne fallut pas plus de temps pour qu’Honor se décide.

Capitaine Nordan, préparez-vous à être abordée. Toute résistance serait futile et stupide de votre part.

La Capitaine fit un geste et des cordes furent descendues jusqu’au pont de la goélette. Un matelot tendit quelque chose à sa capitaine. Honor le remercia d’un sourire et d’un hochement de tête en prenant son baudrier qu’elle ceignit avant de récupérer Ritournelle, sa rapière et Ostera, sa dague.

Pleinement équipée, la Capitaine s’engagea la première et descendit vers la Rosée du Matin, accompagnait d’une trentaine de soldats, pendant que des archers veillaient sur leur descente.

Les bottes de la marchande claquèrent sur le pont du petit bateau. Elle se redressa et toisa l’ensemble des personnes présentent avant de se diriger vers Nordan. Son regard était froid et presque méprisant. Pour elle, on ne devenait pas Capitaine en haute mer sur un coup de tête et encore moins en étant négligent. Les mains croisées dans le dos, elle se planta, raide comme la justice. Sa voix était aussi glaciale et autoritaire qu’on puisse l’être.

Capitaine Nordan, nous allons procéder à la fouille de votre navire afin de vérifier qu’il n’y a pas de contrebandes ici. Vous vous doutez bien que vous n’avez pas le choix. Je n’ai pas à me justifier pour ça mais pour que vous compreniez, je vais le faire. Il n’y a que deux types de personnes qui naviguent feu éteint. Les pirate et les contrebandiers ou les idiots irresponsables. J’espère pour votre équipage que vous n’êtes pas dans le second groupe et j’espère pour votre navire que vous n’êtes pas dans le premier. Ou alors est-ce que c’est ainsi que vous assurez la sécurité de vos hommes ? Par… négligence ? Elle appuya ce dernier mot avec un certain dégoût.
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Re: Retour par la voie des mers

le Sam 15 Déc - 19:17
Artane dut lever une main pour que ses hommes se tiennent tranquille pendant que des cordes furent descendus jusque sur le pont de la goélette. En même temps, vu la taille de l'autre  vaisseau, mieux valait éviter de faire un saut, au risque malchanceux de se retrouver entre les deux coques et de périr écrasé. Mais là n'était pas le soucis du moment. Le soucis était de se faire arraisonner par un navire qu'il ne connaissait pas et dont le Capitaine ; enfin, la Capitaine, prenait des libertés comme si elle agissait comme un membre de la flotte impériale ou toute autre nation qui combattait les pirates. Et puis dire que toute résistance était inutile, il n'était pas stupide au point de jouer les rebelles. Il était crevé, il voulait dormir et en plus, on le prenait pour un suicidaire. Il avait de quoi hausser des épaules. Mais il n'eut pas le temps de le faire que la capitaine débarqua en personne sur le pont de son navire. Et elle ne venait pas seule. A croire qu'elle avait peur que quatre malheureux marins et son capitaine allait l'agresser. Décidément, les femmes gouvernant des navires n'étaient vraiment à prendre avec le dos de la cuillère.

Le regard de cette dernier paraissait mépriser chaque marin qu'elle observait. Puis, d'un pas certain, elle se dirigea vers Artane; Son regard demeurait glacial en se plongeant dans celui de l'humain. Artane sourcilla devant cette attitude, se contenta finalement de la regarder impavidement. La toiser ne ferait que la provoquer. Par contre, il serra un peu des dents au ton qu'elle employa à son égard. Pourtant, il l'écouta avec grande attention. Par contre, il n'appréciait absolument pas la fin du ton employé.

''Et vous avez besoin d'une quinzaine de paires de bras pour procéder à la fouille de mon navire ? Pensez vous sincèrement que je vais courir le risque de me faire flécher par vos hommes dans une attaque idiote ? ''

Puis il fit un très léger sourire.

"Trois types de personnes vous vouliez dire.... Sauf si vous incluez que les contrebandiers sont d'office des idiots irresponsables. ''

Et son sourire s'effaça aussi vite qu'il était venu sur ses lèvres.

''Par contre,  Capitaine Harrington, je ne vous permets pas de me juger de la sorte. Oui, j'ai omis de mettre mes fanaux de position. Oui, j'ai manqué de me faire éperonner par votre mastodonte. Mais le drame a été évité non ? Comme si vous n'aviez jamais commis d'erreur en tant que capitaine, qui font que vous êtes encore là aujourd'hui. Alors évitez d'user de propos quelque peu.... insultants. Mes hommes et moi sommes épuisés de plusieurs longs et harassants voyages pour transporter de l'aide à Cordont, alors vous m'excuserez, mais vous repasserez pour vos leçons de morale'"  

Si cela n'était pas faire de la provocation.... Artane n'était pas du genre à jouer les coq fiers, mais il tenait à ce qu'on respecte son équipage et son navire, même si c'était une coquille de noix, en comparaison de bien des navires des différentes îles.

''Faites vos fouilles. Et évitez de mettre le bazar dans la cale et de me percer la coque. ''
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Re: Retour par la voie des mers

le Lun 17 Déc - 21:57
La Salamandre resta de glace alors qu’elle énonçait simplement des faits. Son visage n’exprima même pas la froide colère qui soufflait en elle, alors que ce faux capitaine balançait ses fausses excuses et justifications abjectes. Comment des hommes pouvaient suivre un pareil incapable ? Ils devaient être fous, ou bien n’avoir plus rien à perdre.

Comme s’il était bon prince. Bien sûr qu’Honor allait procéder aux fouilles, qu’il le veuille ou non. Elle n’attendait pas son autorisation et avait même eu la courtoisie de le prévenir. Les pirates n’ont pas cette chance qu’ils rencontrent l’Intrépide. Elle fit un signe de la tête et dix de ses hommes se répandirent sur le navire.

Quand je vous entends parler, je crains hélas devoir vous classer dans le seconde catégorie. Vous courez déjà le risque de vous faire écraser par plus gros que vous. Alors vous lancez dans une attaque stupide ne me surprendrait pas venant de vous. Vous croisez en plein d’une bataille navale à bord d’une Goélette non plus d’ailleurs. Ou encore abandonner votre poste de capitaine pour plonger en mer. Mais ce n’est pas la question.

Un sourire sinistre et froid se fit sur ses lèvres. Le sourire qu’aurait un lynx lorsqu’un lapin viendrait près de lui pour jouer un peu. Si vous avez écouté un minimum, vous auriez remarqué que j’ai bien dit deux. Pirates et contrebandiers sont de la même engeance. Mais libre à vous de les considérer aussi comme des idiots. Et sachez Capitaine Nordan, Honor insista sur le titre avec un certain dédain, que la négligence n’est pas dans les attributions d’un Capitaine de navire. Et que le presque ainsi que le de justesse ne peuvent appartenir aux vocabulaires d’une personne ayant la responsabilité de la vie d’autres. Je n’ai pas commis d’erreur en tant que Capitaine de navire pour la simple est bonne raison que je ne me suis contentée de me jeter dans la première coquille sous mon bon plaisir et surtout, parce que j’ai su m’entourer de gens compétents, qui peuvent voir mes erreurs avant qu’on évite le drame.

Son regard s’anima d’une certaine flamme. Son sourire s’était effacé depuis longtemps. Vous êtes fier en plus. Des hommes épuisés ne sont pas autant d’excuses, au contraire, ce sont autant d’aveux. Seul un irresponsable oblige ses hommes à prendre la mer sans repos. Recueillir votre équipage et percer votre coque et certainement ce qu’il y aurait de plus raisonnable à faire.

Elle ne devrait pas rabrouer un capitaine qu’elle ne connaissait pas surtout devant ses hommes. Mais cet Artane était un tel imbécile, et elle ne supportait pas la bêtise, surtout quand on prend pour excuse le fait que tout le monde fait des bêtises.

Ses hommes finirent par ressortir de la cale et lui signaler rien de suspect ni d’anormal. Tant mieux. Honor n’avait pas envie de régler en plus le problème de mauvaises marchandises.

Bien Capitaine. J’espère que vous cesserez d’être négligent à l’avenir et si la navigation et l’art de commander vous sont encore trop obscures, la Hanse a une école d’officier. Passez y faire un tour, vous pourriez apprendre deux trois choses. Déjà ses hommes remontaient les cordes avec une certaine dextérité.
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Re: Retour par la voie des mers

le Ven 21 Déc - 19:27
Artane était demeuré impavide devant les réflexions sarcastiques de la Capitaine et de son sourire qui en disait long sur la démesure de son égo. Il réussit à se taire pour ne pas répliquer à la réflexion orale de la femme quand à ces histoires de groupes et la laissa parler. Ce n'était pas l'envie qui lui manquait de lui dire les quatre vérités, mais la fouille n'était pas encore terminée.

*Y a pas pire qu'une femme qui a une fierté exacerbée....*

Il n'avait rien contre le fait que des femmes commandaient des navires ; il avait eu l'occasion de croiser l'Amirale Kaithiel, qui était une femme de fer, mais qui n'avait pas l'arrogance au bout de ses lèvres. Mais des harpies comme Harrington, il préférait les éviter. Bon, là, sur le pont de son propre navire, c'était un peu difficile. Et du coin de l'oeil, il voyait ses hommes qui se tendaient sous les paroles de la capitaine, prenant visiblement cela pour des insultes. Mais heureusement, ils surent eux aussi, tenir leur langue. Puis les fouilles furet entreprises et rapidement, les hommes de la capitaine remontèrent, faisant leurs rapports : Il n'y avait rien de suspect ou d'anormal à bord de la goélette.

*Et je ne saura pas étonné qu'elle nous balance une petite pique de morale..*

Et cela ne manqua pas. Dans la foulée, comme il l'avait pressenti, la capitaine Harrington fit son commentaire. Ce fut les mots de trop pour le second, qui ouvrit sa bouche.

''De quel droit vous permettez vous de remettre en question le commandement du capitaine ? ce n'est pas à vous d'en juger, mais à son propre équipage ! Occupez vous du vôtre au lieu de faire vos leçons de morale à la militaire ! ''

"Arrête Stefan. Ce n'est pas à toi de régler cette histoire. ''


Il voyait bien que son ami et second mordait sa chique. Puis Artane regarda fixement la capitaine.

''Si c'est pour devenir un individu comme vous, non merci. Je préfère m'abstenir. Au passage, Capitaine Harrington, ici à bord de la Rosée du Matin, c'est moi qui commande. Et vu que vous êtes du même grade que moi, vous n'avez pas à m'ordonner quoi faire et encore moins m'insulter devant mes hommes. Mon équipage et moi-même abordons une façon de faire qui ne suit pas la vôtre. Si cela vous dérange, alors prenez sur vous. Vous avez peut être suivi une formation militaire qui vous donne certaines compétences et capacité en matière de commandement, mais j'ai la mienne et quand il y a un soucis, mes hommes me le font savoir. Un navire navigue avec une certaine cohésion. Vous avez la vôtre, j'ai la mienne. Alors ne venez pas la remettre en question sous prétexte que cela ne répond pas à vos strictes critères. D'accord, vous avez manqué de m'éperonnez et j'aurai pu couler. Les faits en seraient restés là. Mais voilà, le drame a été évité et j'ai pris sur moi d'être considéré comme un contrebandier des mers. "

Son regard se durcit légèrement.

''Et je vous invite à ne pas insulter mon navire. Peut être que ma goélette n'a pas la puissance de feu de votre vaisseau, mais c'est un navire vaillant et capable d'aller là où le vôtre ne pourrait se rendre à cause de son tirant d'eau.''
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Re: Retour par la voie des mers

le Lun 14 Jan - 13:45
La petite équipe d’abordage était presque entièrement remontée. Honor jeta un dernier regard plein de mépris à Artane. Il est en tort, et n’assume pas son erreur. Ou plutôt, il assume de s’être trompé, mais ne semble pas avoir de remord. Il est dans l’erreur et ne semble pas décider à se corriger. Quelle pitié. [/b]Pensa Honor. Artane s’entêtait manifestement dans ses manières.

Libre à vous d’être négligeant, pour votre vie. Je tenais juste à souligner que en tant que Capitaine, vous ne jouez pas seulement avec la vôtre. Et ne vous méprenez pas. Si nous sommes tous deux capitaines, nous ne sommes pas dans l’armée, et donc ne sommes pas égaux. Commandez comme vous le voulez. Mais pour le bien commun, autant celui de votre équipage que celui d’un autre navire, abandonnez vos presque et à peu près pour respecter des règles de survie simples. La lumière et le repos, par exemple. J’imagine qu’il y a quelqu’un qui vous attends à terre. Ce serait dommage qu’elle vous attende pour toujours. Tout ça par négligence.

Malgré la taille de l’[i]Intrépide
, éperonner la goélette aurait pu faire du dégât et des blessés sur le navire de la Hanse. Bien que le pire ait pu être éviter, il serait malheur de devoir mettre au radoub u navire pour une négligence.

Sur vos paroles pleines de fiertés vaines, je vous laisse à vos téméraires expéditions Nordan. En espérant vous revoir toujours en vie en de meilleurs circonstances.

Honor salua d’un hochement de tête le capitaine puis son second et enfin suivit ses troupes et remonta la corde jusqu’à son propre pont.

Mère, comment est-il ? S’enquit Léopoldine avec curiosité, qui avait suivi l’échange depuis le navire de la Hanse. Pas très intelligent je le crains. Il fait de l’à peu près et ce n’est jamais bon de naviguer à l’à peu près. Je suis peut-être trop rigoureuse, mais lui ne l’ai pas assez. L’avenir nous dira qui a raison. Répondit sa mère d’une voix neutre.

S’il est tel que votre ton le décrit, alors je me demande ce qu’elle lui trouve. Qui ça ? Eleonnora. Qui ? Eleonnora Ostiz. La fille du régent ? Mais qu’est-ce qu’il vient faire ici ? Et bien apprenez, chère mère, que j’ai moi-même un réseau d’information, et qu’il semblerai que ce Capitaine Artane et que la conseillère de Caladon aient une liaison.

Léopoldine éclata de rire à la mine surprise puis suspicieuse de sa mère. Puis elle s’éloigna et provoquant une légère brise qui gonfla les voiles et fit repartir le navire, laissant la Rosée du Matin derrière eux.
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Re: Retour par la voie des mers

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