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Achroma Seithvelj
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Au bon outil le bon dessein [PV Ilhan]

le Ven 7 Déc - 21:46
17 Novembre 1762


Comment s'y prendre ? Voilà qui n'était pas dénué d'intérêt, comme question. L'évidence même, c'était qu'il ne pouvait pas simplement se présenter devant les portes de Délimar en présentant sa requête. De toute façon il ne pouvait pas simplement se présenter à Délimar tout court, ce serait un désastre assuré. Dans le meilleur des cas il ruinait Aldaron monétairement à cause de son niveau de maîtrise magique et des objets qu'il transportait partout, dans le pire des cas il ruinait Aldaron moralement parce qu'il se serait fait tuer. Et le but n'était pas de ruiner Aldaron du tout. Au contraire, cette démarche avait pour but d'apporter quelque chose d'heureux pour leur mariage, à savoir une identité finalement bien délimitée à qui il pouvait foutrement être. Donc il ne pouvait pas faire la démarche lui-même et il n'avait vraiment pas envie de demander à Autone de faire cela pour lui. Il gardait encore en tête qu'elle pensait son amour pour son lié intéressé et biaisé. Purnendu était hors de question tant que la ville océanique pratiquait l'esclavage. Aldaron n'était même pas une option, parce qu'il s'agissait d'une surprise. Il ne restait donc pas grand monde dans son entourage proche. Pendant plusieurs heures, il s'était posé la question de comment cela pouvait bien se passer, quelle sorte de solution il pouvait envisager. Puis, il avait déniché son pigeon. Un conseiller Délimarien mais pas Glacernois, ni Almaréen. Quelqu'un qui n'était pas fermé à la magie, à défaut du vampirisme. Il pourrait certainement lui faire les yeux doux, lui jouer de la vièle, ou carrément de tout l'orchestre symphonique, mais tant que cela fonctionnait, c'était tout bon pour lui. Il avait une conscience aiguë du fait que les Délimariens ne l'appréciaient pas le moins du monde et lui-même, même s'il était très heureux de ses origines, il n'avait pas forcément envie de subir la gêne et la tension qu'une prise de contact directe allait fatalement provoquer pour tout le monde, c'était un mal qu'il pouvait facilement éviter.

Plutôt que de risquer de croiser un de ses derniers parents, ou tout du moins d'Achroma, Ivanyr se contenterait donc de subir le regard lourd de quelques gardes loups lorsqu'il vint à s'approcher de la tente de sa proie. Annonçant vouloir discuter d'une affaire relevant du Bourgmestre de Caladon avec la tête diplomatique de l'océanique, le mage attendit dehors qu'on l'autorisa à entrer, cherchant résolument à tout regarder sauf les gardes restés en faction devant la tente. Même sans cela, il sentait la désapprobation et l'envie de meurtre qu'exhalaient ces corps et ces esprits. Imperceptiblement, Ivanyr soupira, sans rien montrer de son inconfort à être ainsi mit en contact avec le peuple de Délimar. Il y avait énormément de choses qu'il pouvait et voulait supporter mais ça ? C'était bien à la limite du tolérable. Dents serrées, il se retenait de demander ce qu'il avait pu bien faire pour qu'on lui en veuille à ce point. Même si on le prenait pour Achroma, l'Aîné n'avait-il pas donné de lui-même, de son sang et de son esprit pour la cause commune, n'avait-il pas fait sa part, gagné le droit à être reconnu ? Qu'est-ce qui rendait ces humains aussi hargneux à son égard ? Voir la stature d'un prince Elusis chez les vampires ? Car il savait qui avait été Achroma. Silath Elusis. Prince.Héritier. Mais si vraiment on lui en voulait pour être vampire, n'était-ce pas hypocrite ? Les Glacernois avaient désavoué ce prince, l'avaient rejeté en raison de sa magie. Pourquoi se montraient-ils si outragés qu'il soit vampire en ce cas, si tous les liens avaient été coupés ? Il revoyait l'image de la femme aux cheveux sombres, l'épée légendaire au flanc, et il se demandait si les Délimariens auraient été également choqués d'apprendre que Silath avait été l'amant d'une Kohan. Peut-être. Les Délimariens semblaient prendre ombrage de beaucoup de choses.  Cependant, il avait conscience que poser une telle question n'allait en rien aider ses relations avec les fils du nord, aussi se contentait-il de faire comme si de rien n'était. Voilà encore une solution pour laquelle on ne pourrait pas lui faire de reproches.

Fort heureusement, il ne fallut pas non des années pour que le conseiller se décide à lui donner audience. C'était heureux, car à ses yeux à lui, il venait déjà d'attendre une éternité entière. Se faire silencieusement juger par des Délimariens armés jusqu'aux dents, cela ressemblait fort au royaume d'expiation de Mort que certaines sectes pouvaient dépeindre. Avec un hochement de tête, le vampire pénétra sous la tente, accompagné d'un des gardes, et attendit que celui-ci sorte de nouveau avant de s'intéresser à la personne qui séjournait là. Hochant la tête pour le saluer, il prit la parole, avec une certaine lassitude nonchalante.

« Bonjour, Maître Avente. Merci de bien vouloir me recevoir. »

Ses lèvres se pincèrent alors qu'il retenait un commentaire sardonique sur la bonne volonté des Délimariens à lui accorder ce qu'il désirait. La toile de la tente n'était pas bien épaisse, et les gardes loups avaient l'oreille fine, hélas. Déjà qu'il allait devoir subir leur connaissance de ce qu'il désirait accomplir, autant ne pas en rajouter. Tranquillement, Ivanyr fit quelques pas pour s'éloigner d'un des pans de tissu, avec la certitude que celui-ci ne tiendrait pas si on décidait de le planter à travers, et une fois à distance raisonnable de toute potentielle épée meurtrière, il reprit, reportant son regard clair sur le Romantique. Voilà qui était une espèce en voie de disparition.

« Je me doute que vous devez être très demandé, donc si cela vous convient, j'irais droit au but en me passant des formules de politesse et de jeu que vous appréciez tant de la part d'Aldaron. Ça vous convient ? .»

Il attendit un bref instant, avant d'aller plus avant, afin qu'il n'aille pas se faire d'idées.

« Je sais que vous avez un statut spécial à Délimar. Pour savoir si vous pouvez, techniquement parlant m'aider, j'aurais besoin de savoir si on vous laisse l'accès aux archives familiales de la ville. Et plus particulièrement à celles des Glacernois. Car ce que je vais vous demander est en rapport avec ces archives. »


Dernière édition par Achroma Seithvelj le Dim 23 Déc - 13:30, édité 2 fois



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Re: Au bon outil le bon dessein [PV Ilhan]

le Dim 9 Déc - 23:32
Trois jours à peine étaient passés depuis leur arrivée et le temps filait à vive allure. Ilhan se sentait exténué et ils étaient loin d’avoir fini. En fait, tout ne faisait que commencer. Caladon et Délimar s’étaient coordonnées pour commencer la reconstruction et avancer main dans la main dans l’organisation du camp et des travaux. Bien sûr ces mesures n’étaient que temporaires, en attendant les décisions à venir, et surtout les accords, ou non, avec Sélénia. Mais c’était déjà un grand pas, une volonté affirmée des deux cités de travailler de concert.

Ilhan n’avait pas eu une minute à lui depuis leur entrevue avec le bourgmestre de Caladon. Une entrevue, qui, de plus, l’avait épuisé. Certes, retrouver enfin ces joutes verbales qui lui avaient tant manqué, en compagnie de cet elfe qu’au fond de lui il appréciait, l’avait revigoré, mais les tensions qui avaient palpité en certains moments, à certains sujets, entre l’elfe et son compère délimarien, avaient mis à rude épreuve la patience et les nerfs du petit althaïen. Il avait dû faire appel à toute sa maitrise et à tout son art pour que leur joli festin ne dérape pas quand le sujet mercenaire, et surtout la sécurité des alliés vampires du bourgmestre, avaient été évoqués.

Et quand on parlait vampire… Ilhan finissait tout juste une lettre quand un des délimariens gardant l’entrée de sa tente vint l’avertir d’un visiteur. Le ton âpre et le regard acéré du soldat, quand il lui annonça le nom de son visiteur, en disaient long. Un mot, un geste de travers de la part du vampire qui le quémandait, et il ne donnait pas cher de toutes les bonnes résolutions qui avaient été données lors de cette entrevue il y a trois jours. Bien sûr, Ilhan accepta. Quand bien même cette visite l’interpellait et le mettait mal à l’aise. Pourquoi le lié d’Aldaron venait-il le voir lui ? Pourquoi maintenant, en ce lieu, avec tous les risques que cela comportait pour lui de se frotter aux délimariens ? Était-ce si urgent ? Si important ? Mille questions virevoltèrent dans son esprit. Et quand les questions fusaient autant, cela signifiait un manque cruel d’informations.

Il accepta donc, en demandant toutefois un petit laps de temps. Il ne voulait pas le faire attendre, surtout pas, avec les gardes si à cran soudain. Mais il voulait savoir si une information avait filtré. Il s’empressa donc de questionner une araignée du cercle central, avant de faire entrer son invité. Mais rien. Vide. Néant. Les araignées ne savaient pas. Et quand les araignées ignoraient… c’était rarement bon signe. Il fallait en tout à s’attendre à tout.

C’est donc un brin tendu, et parce qu’il allait recevoir un vampire, pas n’importe quel vampire qui plus est, et parce qu’il ne parvenait à anticiper la raison de cette visite inopinée, qu’Ilhan reçut son visiteur. Quand le mage entra dans sa tente, il se força au calme, fit appel à son dauphin et inspira profondément, s’ancrant dans la terre et dans le moment présent.

Il salua Ivanyr en retour, et s’autorisa à le détailler de son regard sombre et vif. Il l’avait déjà rencontré certes, il l’avait déjà en de très rares occasions cotoyé, par-ci par-là, mais jamais longtemps. Très rarement de si près. Il n’avait pas changé. Pas physiquement du moins, ou si peu. Mais rien de bien étonnant, pour un vampire. Par contre dans son regard clair brûlait une autre lumière. Ou peut-être était-ce une vue de son esprit ?

Etrangement, en cette présence vampirique, Ilhan ne se sentit pas aussi mal à l’aise qu’il l’avait appréhendé. Peut-être, parce qu’il s’agissait d’un aîné et qu’il se savait ne pas être en danger ? Ou peut-être parce qu’il était lié de près à Aldaron et qu’il savait Ivanyr suffisamment intelligent pour ne pas commettre d’impair ? Toujours était-il que la lourde chape qui s’était abattue sur ses épaules à l’annonce de la visite s’était soudain un peu allégée.

« Bonjour, Maître Avente. Merci de bien vouloir me recevoir. »

Ilhan sourit à cette appellation. Un maitre si puissant, un aîné si expérimenté, aux connaissances séculaires même si à la mémoire oubliée, l’appeler, lui, petit humain d’à peine quarante années, Maître ? Certes, c’était un titre que lui donnaient certains. Mais ces « certains » étaient d’autres humains. D’autres à qui il avait effectivement un savoir à révéler. Pure courtoisie sans doute de son visiteur. Avait-il un service à lui demander pour se montrer si révérencieux ?

Vous pouvez m’appeler Ilhan, Messire Seithvelj, si vous le désirez. Cela sera sans doute plus approprié pour nous deux en de telles circonstances.

Droit au but, disait-il ? Ilhan avait l’impression d’entendre soudain un délimarien. Ce qui n’était guère étonnant quand on connaissait les origines du géant en face de lui. Oh certes Ivanyr n’atteignait pas la taille de Sigvald, mais la ressemblance était tout de même frappante. Étonnant que leurs traits physiques si spécifiques aient traversé les siècles de génération en génération. Peut-être Ivanyr était-il plus fin, en même temps qu’il était légèrement moins grand. Mais sinon… En tout cas Ilhan se trouvait, encore, bien petit.

L’althaïen soupira intérieurement et se fustigea d’avoir de telles pensées futiles. Focalise-toi sur l’instant présent. Et sur la conversation, Ilhan.

« Je sais que vous avez un statut spécial à Délimar. Pour savoir si vous pouvez, techniquement parlant m'aider, j'aurais besoin de savoir si on vous laisse l'accès aux archives familiales de la ville. Et plus particulièrement à celles des Glacernois. Car ce que je vais vous demander est en rapport avec ces archives. »

Le brossage de poils avait ses limites dirait-on. Droit au but. Franc et direct. Pur glacernois. Ilhan se força à rester de marbre et à garder son sourire de politesse, mais ses lèvres peinaient à ne pas s’élargir en un rictus amusé.

Les archives familiales, dites-vous ? Hum…

Ilhan se gratta le menton, faussement pensif. Oui, sans doute y aurait-il accès s’il demandait autorisation. Mais… cela voudrait dire avoir l’aval de Tryghild avant tout. Il était hors de question qu’il fasse quoique ce soit dans le dos de Sa Reine.

Archives familiales ? Cette visite pourrait-elle être d’ordre privé ? Que voulait savoir Achroma, ou Ivanyr, dans ces archives ? Retrouver d’autres parents ? Savoir le devenir de tous ses descendants ? Il était vrai qu’il lui serait difficile d’en parler avec Sigvlad… Le général ne laisserait jamais Ivanyr poser quelque question qu’il aurait, encore moins sur leur famille...

L’accès ne me serait pas impossible. Avec certaines autorisations bien entendu et pour des raisons… valables. Mais…

Si la conversation tournait au privé… Surtout avec les gardes délimariens qui iraient, à coup sûr, tout répéter au général…

Avant de poursuivre, puis-je vous demander si cette conversation est une question privée ? C’est que, voyez-vous, la toile a des oreilles, ajouta-t-il avec un petit sourire mutin, en désignant la tente qui les entourait.

Il laissait bien entendu Ivanyr interpréter l’ampleur de son propos. Ses demi-mots. Même si son sourire taquin et la lueur clairement amusée de ses yeux noirs en disaient long.





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Re: Au bon outil le bon dessein [PV Ilhan]

le Dim 23 Déc - 12:57
Une vague ébauche de sourire torve lui monta aux lèvres sans qu'il le veuille réellement, son regard de lagon clair pétillant d'une ironique bonne humeur devant la tentative de familiarité qu'on lui offrait. Néanmoins, il ne comptait pas vraiment y céder, d'une part à causes des gardes à l'extérieur, et de l'autre parce qu'il n'était pas certain de l'effet que cela ferait. Dans le doute, il voulait rester sur ses bases connues, du moins le peu qu'il en possédait. La dernière fois qu'il s'était montré familier sans savoir exactement ce que cela allait donner c'était avec Autone et il en était revenu. Or, Autone était conseillère de Caladon, un lieu réputé pour sa tolérance lorsque dame ambition était présente. Cet humain-là, face à lui, se clamait de Délimar, un lieu qui n'était, lui, pas du tout tolérant ou ouvert d'esprit. Que ce soit pour lui-même ou pour l'autre, il préférait ne pas se voir confirmer la réaction des patriciens s'il se mettait à agir avec le diplomate comme avec une vieille connaissance. Avec ceci fermement ancré dans son esprit, le mage adoucit légèrement l'entournure de sa lippe, et se décida à répondre, sans pouvoir totalement chasser l'amusement grinçant qu'il expérimentait. Inclinant légèrement la tête, il s'éloigna un tout petit peu plus de la paroi de tissu, mais derrière le dos.

« Une offre généreuse, Maître Avente »

Il voulait absolument obtenir ce qu'il était venu chercher et cela passait par rester en vie. L'autre pouvait aisément comprendre cela, non ? Lui exposant les raisons de sa venue, Ivanyr ne prit pas de gants et ne tourna pas autours du pot. Sa requête présentée, il attendit, tout simplement, bras croisés, en examinant l'intérieur de la tente pour essayer de cerner un peu mieux son interlocuteur, qu'il ne connaissait pas du tout et sur lequel on lui avait dit peu de choses si ce n'était son grand courage à vouloir vivre dans une ville comme Délimar. Mais une personne n'était pas constituée que de courage, et les qualités morales hautes étaient les éléments les plus éloignés et les plus inutiles d'un caractère. Du moins à son avis à lui. La soudaine réponse lui fit lever les yeux d'une plume à rédaction qu'il examinait attentivement et le vampire releva vivement les yeux vers l'humain. Une vague expression ennuyée vint assombrir ses traits d'albâtre sans qu'il essaye même de la lui dissimuler. Oui, là le bas blessait. Ce que lui estimait être une raison valable ne le serait probablement pas pour Délimar, encore moins avec le biais de sa race. Au moins était-ce clair même s'il aurait pu y penser lui-même avant, s'évitant ainsi certains inconforts.

« Et des épées je suppose ? Je ne suis que le garde du corps du Bourgmestre, Maître Avente, vous imaginiez-vous un seul instant que ma requête pourrait être quoi que ce soit sinon privée ? »

Croisant les bras, il se carra fermement devant lui, l'expression grave cette fois, s'attendant de toute évidence à beaucoup d'inconfort supplémentaire pour tout ce qu'il faisait et disait ici. Mais c'était pour Aldaron, pour leur mariage, alors ? Il le supporterait si il y avait la moindre chance de pouvoir obtenir ce qu'il désirait. Ces chances semblaient drastiquement diminuées, mais il tiendrait bon jusqu'au bout à moins d'avoir un refus clair et net. Le regard qu'il décocha au diplomate était aussi franc qu'il était décidé. Même buté, considérant sa situation. Depuis l'instant où il avait décidé d'entreprendre cette recherche jusqu'à ce moment, il avait pleinement eut conscience que les Délimariens le verrait d'un mauvais œil et lui en mettrait plein les épaules. A aucun moment il ne s'était imaginé que ce serait un chemin de santé, et même une fois arrivé à destination, il savait aussi que cela ne plairait pas à tout le monde. Mais c'était inévitable et il n'avait sincèrement pas envie de passer sa vie comme cet homme, à craindre ce que l'on pourrait faire des mots qu'il prononçait. Peu lui importait en fin de compte tant que tout se passait bien le jour de la cérémonie. Et puis, son esprit et sa vie étaient déjà bien assez empoisonnés sans qu'il ne se mette à nourrir une quelconque paranoïa.

« Ils sauront à un moment ou un autre. Vous l'avez dit vous-même vous aurez besoin d'autorisations, donc les informations seront transmises à qui de droit et sans doute reprises. Je ne m'attend pas à ce que cela passe réellement inaperçu, je tiens juste à ma tête et je sais ne pas pouvoir plaider seul ma cause. Et vous êtes la seule personne à Délimar qui m'écoutera »

Soupirant, son regard se porta vers la toile de la tente, puis sur l'entrebâillement vers l'extérieur.

« Je souhaiterais avoir accès aux archives afin de pouvoir savoir quelles familles sont éteintes, de l'ancienne Glacern, et s'il me serait possible de déposer une demande officielle auprès de l'Intendance afin de faire revivre l'un de ces augustes noms disparus. Je vais bientôt me marier, j'aimerais avoir une identité au moment de draper mon promis dans une cape voyez-vous ? Il me semble que c'est dans ce sens-là que les choses sont sensées se dérouler. D'abord avoir un nom avant d'en donner un. Celui auquel je répond présentement est parfaitement fictif et le seul auquel je pourrais prétendre poserait des questions existentielles à tant de monde que je n'ai pas envie de me donner cette peine, et je ne me reconnais pas en lui. Cette recherche me donnera peut-être des réponses sur qui je suis réellement… »

Un léger sourire dur vint orner ses lèvres, ses propres paroles faisant monter l'amertume de sa situation en lui. L'exhalant d'un soupire, il acheva.

« Voilà qui devrait donner du grain à moudre à votre tente. Et à votre esprit, je gage ? »



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Re: Au bon outil le bon dessein [PV Ilhan]

le Sam 5 Jan - 20:01
« Et des épées je suppose ? Je ne suis que le garde du corps du Bourgmestre, Maître Avente, vous imaginiez-vous un seul instant que ma requête pourrait être quoi que ce soit sinon privée ? »

A la réponse sèche, et pouvait-il dire aussi un brin hautaine ?, Ilhan comprit rapidement que sa proposition sous-entendu de lui offrir l’intimité nécessaire à toute conversation d’ordre privée n’avait pas été… réellement entendue. De même que sa petite référence à une autre Toile…
Quelque peu dépité face à cette version délimarienne vampirique, il soupira presque imperceptiblement même s’il se doutait bien que les sens aiguisés du vampire l’avait aisément perçu.

« Ils sauront à un moment ou un autre. Vous l'avez dit vous-même vous aurez besoin d'autorisations, donc les informations seront transmises à qui de droit et sans doute reprises. »

Surtout s’il clamait si haut et fort sa requête, ça, c’était sûr. Ou comment lui faire une sorte de croche-pied en l’empêchant de contenir ladite requête pour pouvoir la présenter, lui, de la façon qui lui semblerait la moins malvenue, aux délimariens !

«  Je ne m'attend pas à ce que cela passe réellement inaperçu, je tiens juste à ma tête et je sais ne pas pouvoir plaider seul ma cause. Et vous êtes la seule personne à Délimar qui m'écoutera »

Tenir à sa tête ? Vraiment ? Ilhan se contenta de hausser un sourcil à ces quatre mots. Quand un vampire tenait réellement à sa tête, il s’y prenait autrement pour déposer une quelconque requête au diplomate de Délimar. Un peu plus de subtilités n’auraient pas été de refus. Etait-ce lui ou finalement il n’y avait pas que les traits physiques qui avaient perduré au cours des siècles dans cette lignée mais également certains traits de caractère hauts en couleur ? Telles impulsivité, par exemple.

Mais quand la suite vint…. Ilhan relâcha un court instant son contrôle et se pinça l’arrête du nez en fermant les yeux. Pourquoi diantre devait-il tout révéler maintenant sans lui laisser le temps de les isoler ! Il n’était pas bien sûr que les soldats avaient bien entendu ! Pour tout dire, il était en fait sûr qu’ils aient tout entendu mais surtout qu’ils n’allaient rapporter les paroles du vampire qu’à moitié, tronquées, voire déformées, et que cette histoire risquait de tourner au vinaigre. Ca y était, son ulcère à peine calmé venait de se réveiller.

Il se força toutefois à rouvrir les yeux rapidement et les darda droit sur les perles de glace de son vis à vis. Il devait avouer que sa demande n’était pas… vraiment illégitime. Il était glacernois de naissance humaine. Vampire certes, ennemie héréditaire du peuple du Nord, mais… glacernois tout de même. Et son nom d’origine en attestait effectivement et posait un grave souci diplomatique. Au fond, pour tout avouer, il trouvait même cette requête… honorable. De cet honneur typiquement glacernois. Conscient de ce qui le séparait définitivement de son ancien peuple, outre la magie qui coulait dans ses veines, il voulait se réapproprier une identité qui lui correspondait sans offusquer sa lignée délimarienne encore vivante. C’était, en un sens, un geste noble et digne. Et cette simple considération venait de faire prendre à Ilhan sa décision.

Même s’il devinait s’enfoncer dans un terrain glissant et délicat. Un terrain miné diplomatiquement parlant. Un véritable challenge. Mais… N’était-il pas homme à challenge ? Et à cette pensée, un éclat vif illumina ses yeux sombres. Durant tout ce temps de réflexion il avait laissé l’autre parler. Et même quand le silence était tombé, il avait continué de le fixer encore un temps, quelques grains de temps… Ce temps si précieux pour lui qu’il laissait doucement filer...

En effet. Cela donne à réfléchir, murmura-t-il d’une voix grave.

Puis, ses yeux voltigèrent vers l’entrebaillement. Il lui fallait apaiser les tensions qui devaient monter à l’extérieur de la tente, calmer les esprits là dehors, pour avoir un peu de temps et approfondir la question. En paix et en toute intimité. Sans qu’il ne soit interrompu par quelque délimarien en colère. Il jeta un rapide coup d’oeil vers Achroma, puis ramena son attention vers l’entrebaillement de la tente. Il haussa légèrement la voix et ajouta, distinctement, d’un ton solennel :

Comme je vous l’ai dit, je ne ferai rien sans autorisation et sans l’aval de notre Intendante. Je ne puis rien vous promettre, si ce n’est de transmettre votre requête.

Puis aussitôt, il porta un doigt à sa bouche et s’approcha de l’Aîné à qui il chuchota vivement.

Pas un mot. Laissez moi une petite minute.

Il appuya ses simples mots d’un lourd regard sombre. Indiquant clairement par cet échange muet et par sa posture presque altière, que l’autre avait intérêt, surtout sous sa tente, à obéir au moins à ces conseils-là. Puis d’un mouvement sec et souple, il contourna le vampire et sortit rapidement.

Paix, mes amis. Je vais avoir besoin de quelques instants encore en sa présence. J’aimerais ne pas être dérangé.

Mais cela sonnait, encore, comme un ordre. Comme rarement il en donnait. Ce qui signifiait qu’il valait mieux ne pas le contrarier.

Je ne crains rien. Nous pouvons au moins concéder à ce proche du bourgmestre de Caladon d’avoir une once d’intelligence pour ne pas venir m’assassiner sous ma tente, non ?

Il leur adressa un petit sourire taquin pour adoucir ses paroles. Tout en rappelant la position d’Achroma, son lien avec Aldaron, proche allié de Tryghild en ces circonstances tendues et délicates qu’était Cordont…. Les gardes qu’on lui attribuait avaient au moins souvent une once d’intelligence aussi pour comprendre ces enjeux-là et pour ne pas le déranger s’il n’y avait pas de danger immédiat.

Et j’espère que vous me pardonnerez pour les minutes à venir où je vais user sans doute de magie. Mais à circonstances exceptionnelles, mesures exceptionnelles. Vous les ajouterez sur mon compte de taxe.

Et après un autre petit sourire taquin et un petit clin d’oeil, il rentra de nouveau. Il s’empressa de porter de nouveau un doigt à ses lèvres en une demande muette de se taire encore un peu.

Pas encore, articula-t-il en silence.

Il se dirigea vers son coffre, l’ouvrit d’un geste vif, farfouilla quelques instants puis en sortir une orbe… une orbe d’ombre.

Vous connaissez sans doute déjà cet objet, fit-il avec un léger sourire amusé. Et non ne dites rien toujours. S’il vous plait, rajouta-t-il en lançant un regard vif vers le vampire. Cet objet n’est plus tout à fait comme vous auriez pu le penser.

Il le posa sur une petite table basse, prit un petit chandelier allumé qu’il posa juste à côté de l’orbe, puis s’assit lui-même en tailleur sur des coussins éparpillés tout près. D’un geste, il invita Achroma à s’installer lui aussi.

Plus près, je vous prie. Je ne suis pas un mage très puissant. Vous risquez d’ailleurs de vous sentir à l’étroit. Plus près encore. Promis, je ne vais pas vous mordre… Et je l’espère vous non plus, ajouta-t-il en un souffle, toujours avec ce sourire taquin mais un brin plus crispé toutefois.

Il allait faire montre là d’un rare signe de confiance envers un vampire. C’était pour lui… un effort extrême, quand bien même il n’en montrait rien. Mais les battements un peu chaotiques de son coeur devait parler pour lui.

Quand le millénaire fut suffisamment près, Ilhan actionna l’orbe. Et soudain un dôme apparut, les enveloppa tous deux dans un petit cercle d’à peine un mètres cinquante de diamètre, et les ombres de l’orbe vinrent en tapisser les parois. La lumière de la petite flamme vacilla un court instant mais se stabilisa enfin et fit valser sur leurs deux visages d’étranges reflets.

Dans cette bulle, nous pourrons parler plus tranquillement. Vous pourrez alors ainsi m’en dire un peu plus sur votre requête. Toutefois…

Il se pinça les lèvres, révulsé intérieurement à l’aveu qu’il allait faire et inspira profondément.

Il serait sans doute préférable que vous l’activiez vous même. Vous pourrez créer un dôme un peu plus grand. Et le maintenir plus longtemps… sans trop vous épuiser…

Puis désactiva l’orbe en exhalant un profond soupir. Puis d’un simple geste, il invita Achroma à l’activer de nouveau lui-même.





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Re: Au bon outil le bon dessein [PV Ilhan]

le Mer 30 Jan - 20:19
S'il vit la danse de son regard entre la sortie de la tente et sa personne, il ne comprit pas immédiatement où il voulait en venir, et haussa un sourcil circonspect. La répétition de ses limites haussa encore davantage la fine ligne platine sur son visage tandis qu'il lui jetait un regard méfiant et torve, se demandant si c'était du lard ou du cochon. En retour, il reconfirma qu'il l'avait bien comprit la première fois et que c'était justement ce qu'il attendait de lui. Le voir se rapprocher d'un coup le fit pencher en arrière pour sa part et cette fois il se demanda sincèrement si l'autre n'avait pas prit un coup sur la tête. Qu'est-ce que c'était que ces façons d'entrer dans son espace intime comme ça ? Que Aldaron entre dans son espace personnel, c'était normal, c'était son amant et fiancé. Que Purnendu entre dans son espace personnel, il en avait l'habitude et le félin était son guérisseur attitré. Que Autone même entrait dans son espace personnel, c'était encore normal, il la considérait à peu de choses près comme sa mère. Qu'un sinistre inconnu se glisse jusqu'à lui comme ça et il se posait des questions, est-ce qu'on pouvait vraiment le blâmer ? Dans un souffle très bas, il lui indiqua que son ouïe était bien supérieure à celle d'un être humain et qu'il l'entendrait même s'il restait à distance raisonnable. Les chasseurs n'auraient pas entendus, et il en profita pour reculer à distance raisonnable. Non vraiment, l'autre était trop près de lui. C'était gênant. Il avait intérêt à ne pas faire ça trop souvent où il allait finir par renoncer et préférer aller tenter sa chance avec les Délimariens dehors. Au moins leur attitude n'était pas étrange, elle était juste meurtrière.

« Je n'aurais surtout pas eu besoin d'entrer sous la tente si c'était ce que j'avais voulu. Mais Aldaron vous apprécie »

Et cela, plus sûrement que toute autre chose, le préservait. Parce que le ressentit d'Aldaron faisait loi pour lui dans l'absolu. Il n'irait jamais tuer quelqu'un qui plaisait à son amant et l'esprit de l'humain semblait avoir ce charme sur le Bourgmestre. Et si vraiment cela venait à changer, il mettrait le feu depuis un coin reculé de la campagne. Circonspect devant les agissements de son interlocuteur, il se contenta dans un premier temps d'un haussement d'épaule quand on lui montra l'orbe d'ombre, ne sachant pas vraiment ce dans quoi on le fourrait et ne voulait pas se mouiller plus que cela jusqu'à en savoir un peu plus. Il haussa encore les épaules par la suite. Oui, il avait remarqué la modification, le glyphage était évident pour quelqu'un avec ses aptitudes magiques… mais était-il obligé de leur dessiner un tête à tête romantique pour la conversation ? Il s'approcha avec énormément de méfiance, et eut une grimace qui dévoila un instant ses crocs. Lui aussi se fit taquin, cette fois, et… légèrement carnassier. Ainsi, le conseiller avait peur d'une morsure de sa part ? Qu'il ne craigne point, il tenait vraiment trop à sa vie et puis, il s'était établit un certain code après tout, mordre n'était pas chose anodine. Cette fois, son souffle fut donc plus amusé, de la demande mais aussi de la légère crispation de son vis à vis. Sans doute que voir les crocs apparents n'allait pas l'encourager à se détendre sur l'instant mais ainsi était-ce un test, pour savoir ce qu'il croirait entre son attitude et ses paroles. On disait cet homme éminemment intelligent, fin politicien, il pouvait bien s'amuser comme un enfant avec lui, en ce cas. Ce n'était qu'un jeu.

« Nous ne sommes pas assez intimes pour que j'ai envie de vous mordre, croyez-moi… et je ne sais pas où vous avez traîné, en sus »

Au bout du compte, peut-être était-il également vexé de son attitude. Avait-il l'air d'un chien enragé pour qu'il ait si peur ? Ce qui faisait mal, c'était que de nombreux humains pensaient ainsi. Et cela lui rappelait aussi la situation actuelle des vampires ? Il y avait beaucoup de choses laides, sur l'Archipel. Des choses basées sur la peur et l'incompréhension. Prenant l'orbe dans une main, il l'actionna à son tour et la reposa platement sur sa surface.

« J'espère que vous n'avez pas l'intention de me faire payer la taxe. Je pense que je cesserais d'être courtois si c'est le cas, l'ironie me déferait de mes capacités civiles »

On ne l'avait pas jeté hors de Glacern, abandonné et ignoré pour ensuite lui faire payer une taxe pour le bine d'une ville que l'étroitesse d'esprit des autres lui interdisait. Non vraiment, ils pouvaient se mettre leur taxe bien profond. Mais pour le moment, on ne semblait pas se diriger vers ce scénario catastrophe. Ayant activé l'orbe, il prit ses distances une fois de plus, trouvant vraiment trop perturbant de se retrouver à discuter devant un chandelier. Il gardait cependant l'idée pour Aldaron.

« Bien… que voulez-vous savoir de plus ? Quels éléments puis-je vous apporter ? Questionnez-moi et je répondrais de mon mieux »



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Re: Au bon outil le bon dessein [PV Ilhan]

le Ven 8 Fév - 23:37
Hum oui en effet… L’ouïe des vampires. Il lui était si facile d’oublier ces éléments-là, lui humain. Il n’en avait d’ailleurs eu qu’une vague notion jusque récemment. C’était un fait qu’on lui avait dit, qu’on lui avait relaté, mais il ne pouvait pas vraiment dire comprendre pleinement ce que cela signifiait, il ne pouvait pas vraiment dire " savoir ". On ne savait pleinement que lorsqu’on expérimentait soi-même la chose. Même s’il fallait parfois se garder d’expérimenter certaines choses pour savoir justement… Ce n’était que très récemment, depuis sa petite expérience avec Aldaron, qu’il touchait du doigt ce qu’était véritablement l’ouïe des vampires et des elfes. Et leur vision. Et leur sens exacerbés… Il en était encore tout retourné et devait avouer que l’esprit humain n’était pas… préparé… à recevoir tout cela, tant et tant d’informations, de couleurs, de sons, de…

Il grimaça pour toute réponse, mais ne releva pas. Il en prit note mentalement pour une prochaine fois. Murmurer à bonne distance suffirait, oui, en effet. Même pour lui, cela lui éviterait une proximité trop appuyée avec un vampire, aussi maitre de lui soit-il.

Aldaron… l’appréciait ? C’était là un autre élément intéressant, qui le fit un tantinet sourire. Il se garda bien d’avouer que cela était réciproque. Cela aurait été par trop gênant. Et il n’avait aucune envie de réveiller une jalousie mal placée du vampire en face de lui. Une chose qu’il avait vite apprise au sujet des vampires : ils étaient possessifs et impulsifs. La plupart du moins. Mieux valait ne pas trop approcher ce qu’ils considéraient à eux. Et il n’avait aucune envie de tester si le millénaire dans sa tente répondait aussi à ces caractéristiques-là.

Arg, décidément, qu’il n’aimait pas ces crocs-là. Si Ilhan ressentit un frisson glacé courir tout le long de son échine au sourire prédateur que l’autre lui offrit, il parvint, il ne sait comment, à rester maître de lui et à ne pas perdre son propre sourire. Même s’il reprit ses courbes mi-figue mi-raisin, d’un entre-deux tout en mystère qu’il aimait tant arborer, pour ne rien révéler de ses véritables pensées. Ou peurs. Fort nombreuses peurs pour tout avouer.

« Nous ne sommes pas assez intimes pour que j'aie envie de vous mordre, croyez-moi… et je ne sais pas où vous avez traîné, en sus »

Ilhan sonda un court instant le vampire de son regard sombre tentant d’y déceler le vrai du faux, le sérieux de la taquinerie. L’attitude de son hôte était un savant mélange d’amusement prédateur et de taquinerie bonne enfant, dirait-on. Les mots appuyaient le côté taquin plus que l’aspect de fauve affamé. Et son instinct lui criait que ces mots-là n’étaient pas duperie pour mieux l’amadouer. Mais simple petite pique dans une joute verbale où deux individus tâtaient le terrain. Aucun danger ne sonnait dans ces mots-là. Et aussi trompeurs puissent-ils être parfois...Ilhan choisit de suivre son instinct et de les croire. Il expira profondément et son sourire s’adoucit en une courbe un peu plus sincère. Sans révéler ses propres dents toutefois.

Il se retrouva peu après entouré des ombres de l’orbe. Elle pulsait d’une énergie bien plus puissante. Le dôme était bien plus large, bien plus… Ilhan laissa son sourire s’élargir et ses pupilles noires s’éclairèrent d’un nouvel éclat alors qu’il sondait le mage en face de lui. Puissant mage. Une puissance que jamais il ne pourrait ne serait-ce que toucher du doigt, lui bien piètre en ce domaine.

Piètre parce que tu ne t’es jamais donné la peine de totalement l’explorer, susurra une voix en son esprit.

Qu’il chassa bien vite pour reprendre ses affaires présentes.

Je ne sais si je dois me vexer, fit-il d’une voix grave et posée, laissant ses notes althaïennes chanter quelque peu. Vous osez d’abord mettre en doute les endroits où je traine… et maintenant vous mettez en doute mes qualités d’hôte.

Le pétillement de ses yeux sombres et les notes douces de sa voix démentaient bien entendu toute vexation.

Vous êtes ici mon invité, en ma qualité de diplomate. Toute taxe, pour quelque magie que ce soit exercée sous cette tente, est à ma charge et uniquement à ma charge. Je vous saurai juste gré de ne pas trop… en abuser. Vu votre puissance magique, je risquerais fort d’être bien vite ruiné.

Il esquissa un petit sourire cynique et gémit intérieurement contre la note qui s’annonçait salée. Mais il avait bel et bien prévu de la payer. N’était-ce pas ce qu’il avait indiqué aux soldats hors de la tente en leur intimant de leur laisser une heure de tranquillité sans s’alarmer ?

Une puissance... impressionnante, ajouta-t-il plus bas, ses yeux voguant un court instant sur le dôme les entourant. Une belle magie qui pulse en vous.

Ses yeux revinrent sur Ivanyr, avec une petite pointe de nostalgie. Il n’était qu’un éphémère, un humain à la vie bien brève. Jamais le sablier du temps ne lui permettrait d’assouvir toutes ses passions, toute sa curiosité. Il avait dû faire des choix. Il avait choisi les arts de l’esprit. Mais même dans ces arts-là, il avait dû laisser quelque peu certainces branches. Dont la magie. Même s’il s’y était penché un peu. Pas assez à son goût. La magie touchant à l’esprit et l’illusion étaient si fascinantes, mais si… si… délicates. Si.. Il lâcha un court soupire, attrapa ces regrets dans un coin de son esprit, les regarda bien en face, puis dans un autre soupir plus léger, les laissa s’envoler plus loin. Loin de ses pensées. Il avait du travail pour le présent. Les regrets attendraient.

D’un geste souple, il se releva et attrapa une théière encore à moitié pleine sur son semblant de bureau. Il s’en versa une tasse, en ajouta une bonne dose de miel, puis se tourna vers son invité.

Je vous proposerai bien une tasse, mais je ne sais… si cela est à votre goût. Thé à la menthe macéré à la mode d’Althaïa. Si jamais…

Il attrapa une deuxième tasse qui trainait plus loin et en versa du thé. D’un geste, il indiqua au vampire de s’en saisir si cela lui disait. Et lui désigna également une petite coupelle remplie de sucreries diverses, chocolatées, mentholées, petits biscuits d’amande...

Il s’empara de quelques gourmandises, puis revint s’asseoir sur les coussins, invitant son hôte à en faire autant. Ils seraient plus à l’aise assis. Et lui-même pourrait prendre plus aisément des notes. Il posa la tasse à côté de lui, ses sucreries chéries tout près, puis attrapa un petit plateau où trônaient parchemin, encre et plume frétillant d’impatience. Il l’installa sur ses genoux, et s’empara de la plume.

Si vous me permettez… Si je comprends bien votre demande, vous souhaiteriez trouver un autre nom et/ou un autre blason, dans l’idéal toujours d’origine glacernoise, pour pouvoir le transmettre à votre… futur… époux.

Il se racla la gorge, clairement gêné en cet instant. Il lui était étrange de parler du mariage de deux hommes. Pas qu’il ne l’ait jamais vu ni que ce soit malvenu, mais… Cela le gênait lui. Cela agitait quelques souvenirs qu’il aurait voulu à jamais enterrer. Et en Althaïa… si les rapports entre deux personnes de même sexe étaient tolérés, il était préférable de s’unir avec une personne de sexe opposé. Lignée oblige. Mais… Eh bien, songea-t-il, il n’était pas anormal que cette question ne se pose pas pour le vampire, ni pour l’elfe d’ailleurs, déjà parent et… Bref. De toute façon cela ne le concernait pas et il n’avait aucun jugement à émettre.

J’aurais besoin de… mieux comprendre votre démarche. Si je veux avoir tous les éléments pour pouvoir présenter votre requête et la soutenir avec des arguments décents qui aient une chance de toucher notre Intendante, il me faut tous les éléments. Je vous rassure de suite, mon objectif n’est pas de rentrer dans votre intimité ni de vous soumettre à une curiosité mal placée. Et si quelque question que ce soit ne vous convient pas, dites-le-moi ou rejetez-la.

Il s’arrêta et haussa un sourcil, appuyant ses mots et tentant de cerner dans l’attitude d’Ivanyr le moindre signe d’assentiment ou autre.

Ma première question serait : pourquoi, puisque vous ne semblez pas vouloir garder votre nom d’origine, et j’en comprends une partie des raisons, vouloir prendre tout de même un nom glacernois ? Vous dîtes… si ma mémoire est bonne…

Se disant, il plissa les yeux sous l’effort de concentration pour recracher mot pour mot les propos précédents du vampire.

" je ne me reconnais pas en lui. " En quoi un autre nom glacernois vous permettra de mieux vous reconnaître en lui ? Vous dites également : " Cette recherche me donnera peut-être des réponses sur qui je suis réellement… "  Qu’attendez-vous comme… réponses ? Quelles réponses ces recherches pourraient vous donner ? Vous souhaitez faire revivre un ancien nom, une ancienne lignée disparue. Voulez-vous qu’elle vous soit quand même apparentée ?

Il s’humecta les lèvres et passa une main autour de sa bouche et sur son menton, tout en réfléchissant. Plusieurs questions lui venaient en pagaille à ce sujet, mais celles qu’il venait de poser lui semblaient les plus pertinentes pour le moment.

Encore une fois, ces questions ne revêtent nul jugement. Je les pose, car elles me seront très certainement posées. Et que je me dois d’avoir vos réponses pour pouvoir les formuler ensuite sans trahir votre pensée. Et en les présentant le plus...acceptablement pour les concernés.

Il haussa un autre sourcil pour appuyer ses mots, sans se départir de son petit sourire.





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