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descriptionEs-tu proie ou prédateur ? [PV Shyven] EmptyEs-tu proie ou prédateur ? [PV Shyven]

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30 Aout 1763


La créature hurlait maintenant depuis des heures et elle ne voyait plus aucun des bipèdes appartenant à son lié, engloutit par ce qu’elle pensait être un souffle gigantesque. Pour autant, elle continuait d’avancer, une patte après l’autre, le bout des cornes et du museau gelé par la tourmente. Elle devait trouver cette créature qui faisait tant de bruit et la chasser, afin que le nid glissant puisse repartir sans dommages et sans rien laisser derrière lui. Les ailes du nid glissant n’aimaient pas le souffle de cette créature froide et invisible. Et il était hors de question que cette créature, quoi qu’elle soit, puisse ainsi menacer son nid. Il était naturel pour elle d’aller au-devant de cette ennemie pour la défaire une bonne fois pour toute. Forte de cette conviction, elle avançait, encore et toujours, malgré un épuisement de plus en plus présent. Déterminée, elle s’accrochait de toute la force de ses griffes sur le sol froid et blanc, jusqu’à ce que le souffle devienne trop fort pour elle et qu’elle soit contrainte de chercher un refuge sous un amas de roches. Se roulant sur elle-même, Kaiikathal gronda tout bas et chercha à tâton la présence de son lié à l’autre bout de son âme. Elle était là mais très faible. Pourtant elle n’avait pas envie de revenir vers lui sans avoir trouvé ce qu’elle cherchait. Ce serait humiliant ! Mais le hurlement devenait de plus en plus fort et elle ne voyait plus rien du tout. Incapable d’aller de l’avant pour l’heure, l’abyssale décida de dormir pour conserver ses forces et repartir à l’assaut dès qu’elle le pourrait.

Lorsqu’elle s’éveilla à nouveau, la première sensation qui la pénétra fut l’immobilité. Plus de hurlement, plus de souffle à faire vibrer les écailles mais une fine pellicule, comme une seconde armure sur la sienne, toute raide et froide, luisante. Crispant les muscles, la dragonne s’ébroua aussi fort qu’elle le pu jusqu’à être capable de se mouvoir de nouveau correctement. Affamée, Kaiikathal huma l’air alentours en espérant capter le fumet d’une proie potentielle. Au début, il n’y eut qu’un vague inconfort dans ses naseaux, l’air piquant lui donnait envie d’éternuer, puis elle attrapa enfin quelque chose et décida de suivre cette piste. Ce n’était pas aussi loin qu’elle le pensait, mais plus l’odeur se faisait forte, plus elle se mouvait dans les roches pour éviter que sa proie ne la repère. En retour, elle ne l’a voyait pas très bien , mais elle entendait suffisamment pour repérer où elle se trouvait. Se tapissant sur elle-même, elle chercha de bons appuis, grattant légèrement le sol froide de ses griffes. Yeux étrécis par la concentration, elle attendit que les bruits se rapproches puis elle bondit hors de sa cachette et plongea sur sa proie avec un sifflement de victoire. Percutant une chose à la couleur de chair bipède, l’abyssale se prit la corne dans quelque chose, peut-être une corne de sa proie, et tomba, entraînant la chose avec elle dans un roulé-boulé en éjectant des paquets de chose blanche poudreuse froide tout autours d’eux. Quand elle parvint enfin à s’arrêter en plantant ses piquants de queue dans le sol, elle dû forcer pour récupérer sa corne et claqua des mâchoires avant de se tapir sur le sol, prête à bondir sur sa proie.

La vision de la proie en question l’arrêta cependant. Elle ne s’était pas attendue à trouver à la place d’une proie juteuse, un autre dragon. Rétrécissant de nouveau les yeux, elle se redressa légèrement en abaissant sa queue, pour montrer qu’elle ne lui était pas hostile, et allongea le cou vers l’autre pour la renifler.

descriptionEs-tu proie ou prédateur ? [PV Shyven] EmptyRe: Es-tu proie ou prédateur ? [PV Shyven]

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En cette journée de fin-août, le temps était particulièrement exécrable sur Nin Daaruth. Si la période estivale était d’habitude synonyme de jours doux, ponctués de quelques orages d’été, là il faisait un authentique temps à décorner les Licornes.

C’était à ce genre de moments où Kaalys aimait raconter à Shyven des histoires terrifiantes, telle que celle de l’abominable fougère des neiges … Ou alors peut-être était-ce un manchot. Oui, c’était un manchot. La petite dragonne appréciait ces moments passés avec son père, et quand il racontait ce genre d’histoires, elle se sentait en sécurité, tout près de lui.

Néanmoins, il fallait quelques fois savoir braver le froid, et les environnements hostiles à la petite dragonnette, surtout en ce moment. Papa-tout-chaud sollicitait souvent Shyven lors de ses sorties. Peut-être souhaitait-il acclimater de plus en plus la jeune dragonne à la vie extérieure … En tout cas c’est ce que la petite opale sentait.

D’abord ses deux terribles oncles, puis le bipède-poilu … En ce mois d’Août, elle avait vu beaucoup plus de personnes en quelques jours que pendant les mois précédents de sa petite vie.

Elle avait également compris un concept qui lui semblait important … L’Équilibre. Elle ne savait pas encore trop comment l’articuler, mais elle chérissait cette notion, cet ordre des choses précis et qu’il convenait de manier avec précision. Presque comme une balance contre laquelle elle pouvait se glisser …

Définitivement, ce monde devait être exploré, la petite opale n’attendait que ça ! Alors, pendant l’une de ses sorties, elle s’était engagée « toute seule », enfin suivie de tout près par son Papa-tout-chaud qui ne voulait pas que sa fille meure d’un accident bête, mais pour son aventure elle était toute seule !

Jour un, l’ennemi se cache toujours dans la neige, mais foi de Petite Opale, je le retrouverais, et je le tuerai ! Il en va de la survie de l’Équilibre du monde !

Depuis ce jour où elle avait rencontré ses oncles et qu’elle avait vécu d’invraisemblables aventures avec eux, elle se plaisait à s’imaginer comme le héros d’une aventure épique où elle devait trouver sa place pour sauver le monde.

C’était un petit jeu amusant, mais qui couvait quelque chose de bien plus important. Derrière ces aspects marrants, cela lui apprenait aussi de manière ludique à mieux appréhender ces concepts nouveaux qui surgissaient dans sa vie depuis qu’elle avait compris L’Équilibre, ou tout du moins une partie.

En vérité, depuis sa rencontre avec ses oncles qui avaient légèrement fait mousser la petite opale, elle avait appris d’eux, et elle essayait de s’améliorer constamment. Certes, c’étaient des êtres profondément différents de Shyven, qui n’avaient pas du tout les mêmes parents et les mêmes exigences au quotidien que la petite opale, mais ce n’était pas une raison pour qu’elle se relâche !

Après tout, c’était une dragonne aussi, et plus tard elle aurait des responsabilités tout aussi importantes que ces deux oncles, alors elle devait se conditionner dès à présent pour y faire face !

… L’ennemi donc. Elle se concentra sur la neige. Elle était presque sûre d’y avoir vu une ombre bouger, mais impossible de dire où elle s’était déplacée. Elle tâtonna quelques instants, soulevant des petits rochers d’un ou deux coups de pattes, mais rien n’y faisait. Elle avait définitivement perdue la trace de ce qui avait attiré son attention …

Tout du moins elle le pensait. Alors qu’elle se retourna, déçue et en quête de nouvelles aventures, l’ombre se fit de nouveau voir dans la neige. Shyven eut à peine le temps de se retourner, que déjà elle fut tamponnée par celle-ci.

Disdont, c’était une ombre bien forte ! elle se débattit un court instant, essayant d’enlever la pression que son agresseur lui mettait … Au prix d’un petit effort, elle finit par mettre un coup dans la … Corne de son adversaire ? Bénéficiant d’un très court instant de répit, Shyven essaya d’identifier ce qui l’attaquait … Des écailles, des cornes … Se pourrait-il que ce soit un autre dragon ? Pourtant Kaalys avait assuré à la petite opale que nul autre dragon n’habitait la chaine de montagnes, et a priori elle ne devait recevoir de la visite de personne …

Quoi qu’il en soit, sa réflexion n’alla pas plus loin, dans la mesure où le petit combat plongea les deux protagonistes dans un ramassis de neige, plus bas. Constatant que l’ombre qui l’avait attaqué allait potentiellement mal chuter, et pousser par son instinct de protection de son prochain, Shyven arqua son dos et réceptionna une partie de la chute de la petite ombre.

Celle-ci fut cependant envoyée dans la neige, et dû tout de même faire un peu de contrôle de chute pour se réceptionner, ce qu’elle fit sans trop de problèmes. Shyven était impressionnée : quelle athlète, celle-là ! On était loin de la petite opale qui était essoufflée à la moindre course trop longue.

Finalement, l’ombre se calma, rétrecissa ses yeux, et finalement approcha la jeune dragonne avec douceur pour prendre connaissance de son odorat, et probablement d’autres choses.

La petite opale ne se gêna alors pas pour faire de même, puisque ceci devait faire office de présentation. Définitivement, il s’agissait de quelqu’un de la même espèce qu’elle, mais elle était … Différente. Shyven n’arrivait pas vraiment à déterminer pourquoi, mais elle sentait qu’il y avait quelque chose qui la séparait d’elle, quelque chose de très profond. Elle se devait d’investigue ça, c’était sa nouvelle mission de Gardienne de l’Équilibre !

Tentant d’engager la conversation, elle veilla à être bien polie avec la petite ombre, et lui fit :

« C’est très rare de voir des dragons comme moi par ici … Quel bon vent t’amène ? Tu t’appelles comment ? Moi c’est Shyven, enchantée ! »

La petite opale eut un sourire attendrissant pour son nouveau compagnon. Bien que leur première interaction fut assez chaotique, elle espérait pouvoir tirer de bonnes choses de cette recontre.

descriptionEs-tu proie ou prédateur ? [PV Shyven] EmptyRe: Es-tu proie ou prédateur ? [PV Shyven]

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La première chose que la jeune dragonne pu constater, c’était que cette créature aux écailles couleur de lapin sans poils ne portait pas d’odeur de bipède sur elle, ou alors de façon très diffuse, presque invisible. Elle était donc libre et cela l’intrigua immédiatement. Elle n’avait jamais vu d’autres dragons avant cela mais elle ne s’attendait pas à  trouver des libres car dans son esprit demeurait l’ancestrale sensation des milliers d’ailes survolant l’océan immense vers des terres sans bipèdes. Que faisait-là cette petite chose ? Elle était trop petite pour voler, comme elle, alors elle avait éclos ici. Il y avait forcément au moins un parent auprès d’elle. Elle ? Elle huma encore l’air pour être certaine. Oui, elle. C’était une femelle, comme elle. Lentement, elle se rapprochait, gardant prudence jusqu’à ce que le son de sa voix mentale vienne la surprendre et ne lui fasse rentrer le coup instinctivement. Elle… parlait bipède ? Mais elle ne sentait pas bipède, comment pouvait-elle parler bipède ? Ces bruits qui provenaient de sa voix mentale lui étaient, globalement, incompréhensibles. Elle cligna de ses yeux d’or en fusion et émit un grondement qui vint faire cliqueter les écailles le long de son long cou, en signe d’interrogation.

Rapidement, cependant, elle se rendit compte que l’autre dragonne ne pourrait peut-être pas la comprendre, si elle parlait bipède, elle ne comprendrait pas sa façon de communiquer, même si cela était très étonnant. Elle était définitivement bizarre, cette Libre. Lentement, avec méfiance, la marche-tempête étendit son esprit vers le sien, touchant une première fois, rapidement, puis de nouveau, lentement et longuement, tentant de saisir l’essence de ses pensées. Voyant que l’autre n’attaquait pas, elle décida de lui transmettre sa surprise à la voir agir comme un bipède et à la trouver ici. Dans leurs esprits joints, Kaiikathal fit naître deux ombres, celles de potentiels parents de couvée, voulant savoir si elle avait éclos ici, au milieu de la poudre blanche neige ou si elle était venu du nid éloigné de tous les dragons libres par delà l’océan. Cette fois, dans l’intimité de l’esprit, la bleu et dorée comprit qu’un des bruits que l’autre avait produit était son nom. Shyven ? Elle demanda confirmation. Etait-ce bien cela, Shyven ? Assurée, elle hésita. L’autre l’avait naturellement considérée comme une égale en lui donnant son nom mais étaient-elles égales et devait-elle lui donner son nom à elle ?

Pour l’heure, elle pouvait. Malgré ses bizarreries elle était une libre et elle ne l’avait pas défié. Elle pouvait peut-être le lui donner en signe de bonne volonté et d’acceptation de son cadeau. Les suiveuses donnaient toujours des cadeaux aux matriarches des nuées non ? Décidée, elle transmit donc la sensation de son nom. Pas comme un bruit, mais comme un ensemble de sensations, une odeur, un son, un toucher, l’empreinte de son esprit. Kaiikathal fille du grand fleuve. C’était quelque chose d’important, de donner son nom, est-ce que Shyven le savait ? Elle n’avait pas peur ici, seule ? Un grondement fit de nouveau vibrer le petit museau de la bleu, en signe de soutien et d’assurance. Elle ne laisserait pas Shyven toute seule ici contre la grande bête hurlante et soufflante. Est-ce qu’elle voulait venir se protéger sur son nid glissant ?

descriptionEs-tu proie ou prédateur ? [PV Shyven] EmptyRe: Es-tu proie ou prédateur ? [PV Shyven]

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Le premier sentiment qui traversa Shyven fut l’étonnement.

Il n’était déjà pas rare de voir un dragon dans ces terres, mais alors celui-ci était … Vraiment particulier. La petite opale apprit ainsi qu’elle avait beau connaître quelques membres de son espèce, il existait sûrement autant de profils différents que de personnes de son espèce.

Elle observa attentivement les mouvements de son interlocutrice : c’était bien une interlocutrice n’est-ce pas ? La rosée rétrécit un peu ses yeux, essayant d’analyser son semblable, et décida finalement de se fier tout simplement à ce que son instinct lui disait.

C’était “amusant” : la jeune dragonne bleue sombre ne semblait pas saisir toutes les subtilités du langage de Shyven … Pourtant son mode d’expression était tout naturel : les dragons ne naissaient-ils pas avec cette même faculté de parole ? Après tous ses oncles parlaient également … Mais eux-mêmes disaient qu’ils étaient plus avancés que la moyenne …

Mais pour autant est-ce que cela faisait de Shyven une surdouée ? Et de sa nouvelle amie quelqu’un de profondément stupide ? La réflexion de la petite opale entraina un petit mouvement de ses écailles. Non, il y avait quelque chose qu’elle ne comprenait pas là dedans : après tout, elle n’avait pas l’air si différente que tous ses semblables qu’elle avait rencontré jusqu’à présent …

Mais maintenant qu’elle se faisait la réflexion, il y avait bien quelque chose de différent en elle, que la petite opale n’avait jamais constaté auparavant. Shyven le sentit quand la dragonne se décida à faire communiquer leurs esprits : elle sentit immédiatement la présence de quelqu’un dans ses pensées : un bipède.

Alors c’était ça une … “Liée” ? Il n’y avait pas de quoi en faire tout un fromage ! La petite opale re-plissa les yeux, essayant de distinguer ce qui la changeait fondamentalement des autres dragons … Mais si ce n’est cette présence, il n’y avait rien de particulier. Shyven se rappela des quelques enseignements de son père au sujet du Lien : le fait que c’était quelque chose de très controversé, que tous les dragons libres ne partageaient pas la même opinion sur le sujet …

Mais allons bon cette brave … -Shyven eut un instant de trouble au moment où son interlocutrice lui transmis son nom, et les quelques informations au sujet de sa personne- Kaiikathal, n’était pas plus différente que la petite opale.

C’était un joli nom ça, Kaiikathal ! La plume rose se garda bien cette fois de lui transmettre avec un langage classique, et envoya plutôt une sensation de contentement et d’admiration dans l’esprit de la petite bleue et dorée…

Néanmoins, à étudier la question de plus près, la petite opale se rendit compte que cette petite Kaiikathal avait bien des soucis .. Ou plutôt qu’elle se faisait du souci pour elle ! Son esprit était plein de questions, que Shyven essaya de déchiffrer avec plus ou moins d’exactitude -elle n’était pas vraiment habituée à communiquer de la sorte- : elle sentit que Kaiikathal s’interrogeait peut être sur son origine … Ses deux ombres étaient étranges, mais avec le complément d’information que donnait Kaiikathal, elle pu identifier le problème qu’elle se posait - Shyven ne comprenant pas elle même le concept de “deux parents”, ayant toujours vécu avec Kaalys sans se poser la moindre question quant à sa mère, et n’ayant jamais senti qu’un profond vide face à cette sensation -.

Alors la petite opale tenta de “répondre” à la fille du grand fleuve avec plus où moins d’adresse : elle transmit la sensation d’une graaaande ombre, très noire, et chaude. Mais pas chaleur étouffante et opressante, plutôt cette chaleur rassurante que l’on sentait quand on revenait d’une journée dans le grand froid. Et puis elle essaya de transmettre un profond sentiment d’affection pour cette ombre, qui avait toujours été là pour elle -et qui la surveillait probablement de loin à l’heure actuelle-. A contrario, elle émit un sentiment d’indifférence et de vide pour la deuxième ombre. C’était tout ce qu’elle pouvait faire pour aiguiller Kaiikathal sur la question.

Tentant de clarifier ses pensées, Shyven coupla “paroles” et gestes, et essaya d’imiter vaguement son père, gonflant son corps et se dressant sur les deux pattes pour imager ce qu’elle disait -mais elle n’était pas très sûre de son petit numéro-.

Quant à sa question concernant “la grande bête hurlante et soufflante”, Shyven eut un autre petit regard interloqué envers Kaiikathal, elle se permit alors d’essayer de détailler la chose : est-ce qu’elle voulait parler de la montagne ? Si tel était le cas, Shyven essaya de rassurer la bleue et dorée en disant que sa maison était à l’intérieur de celle-ci, elle lui transmis les image d’un très grand nid-grotte, où elle résidait avec la grande ombre noire qu’elle avait décrite toute à l’heure …

Shyven espérait simplement qu’elle ne parlait pas d’une vraie bête hurlante ! Elles avaient beau être deux dragonnes féroces, elles n’en mènerait pas large face à une bête

Mais néanmoins elle fut intriguée par ce “nid glissant” que Kaiikathal venait de mentionner. Shyven écarquilla ses yeux, avant d’essayer de demander ce qu’était un nid glissant ? Une grotte glissante ? Mais comment faisait-elle pour y vivre sans que tout tombe ?

Elle fit un petit dessin dans la neige, espérant que la dragonne la comprenne …

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Elle sentait le trouble de l’autre mais ne chercha pas à la secourire dans ses déboires. N’importe quel dragon comprendrait après tout et si elle ne comprenait pas, ce serait pour elle l’occasion d’apprendre à se servir de son esprit draconique. Elle attendit avec une patience modérée, uniquement rivetée par la conscience de la rareté de sa race sur l’archipel. Eût-elle été bipède que la marche-tempête aurait passé son chemin. Mais elle attendit et lorsque vint la réponse, Kaiikathal gratifia sa semblable d’un long clignement des yeux comme une caresse appréciatrice. Voilà qui était très bien, elle faisait des efforts pour être plus dragon et moins bipède, c’était très positif. Néanmoins, les images qu’elle convoyait étaient déconcertantes. Elle n’avait qu’un parent ? Où était l’autre ? Avait-elle rejoint le grand esprit, morte ? Avait-elle était victime des tâches noires vides chimères ? Si c’était le cas, alors elle ne pouvait qu’en faire une autre soeur d’écailles et partager sa perte. Elle s’en ouvrit auprès de Shyven la rose, lui communiquant l’hypothèse sans manquer de transmettre, au cas où elle peinerait encore à comprendre, toutes les impressions qui constituaient les tâches-chimères dans sa propre expérience. L’impression de vide rampant qui se propageait, l’impression de prédation sans yeux, sans âme, l’illusion, comme une marche en plein sommeil, qui menait vers la trahison de soi-même, les actes perpétrés contre sa propre volonté et liberté. Si son parent manquant avait été victime de cela, elle le saurait forcément.

En attendant d’en savoir plus à ce sujet, elle convoya vers sa semblable l’image de l’horizon bouché par un souffle blanc, la sensation du souffle violent sur les écailles, dans les cornes, une pression qui écrasait au sol et empêchait d’avancer, des débris dans les yeux et le museau, et les griffes froides par centaines qui cherchaient à se faufiler sous sa cuirasse naturelle, le bruit, également, comme le rugissement d’un dragon gigantesque, le sifflement quand le souffle venait frapper autours de soi. Elle ne pouvait guère l’avoir manqué, cette bête qui semblait dominer ces lieux. Néanmoins, si Shyven n’en avait pas été la victime, ce n’était pas une mauvaise chose. Cette grande bête devait avoir bien des proies sans qu’elle vienne menacer des dragons en plus. Ainsi, elle avait un nid rocheux ? Elle se demandait bien à quoi cela ressemblait. Avait-elle beaucoup de proies près de son nid rocheux ? Ce devait être bien protégé mais moins pratique qu’un nid glissant pour voyager. Très fière de son nid, Kaiikathal en envoya une image fidèle de fonds en combles, prenant l’esprit de Shyven avec le sien pour une visite par le menu, se rengorgeant des prouesses de son Lié en matière de nid. Elle lui montra les cales, les nids miniatures pour les bipèdes, les cuisines, les entrepôts d’armes bipèdes, le pont, le nid miniature de lié, la capitainerie, les enclos à proies… Rien ne fut laissé dans l’ombre et l’ignorance. Si Shyven vivait dans un nid de roches, elle n’avait certainement jamais vu un nid glissant, il fallait qu’elle voit absolument tout.

Son esprit irradiait d’une chaleur tendre, d’excitation et d’un élan sauvage tandis qu’elle agrandissait la vision, lui montrant le nid qui glissait sur l’océan, complètement libre. Est-ce que ce n’était pas magnifique ? Magique ? Avait-elle déjà vu l’océan ? Sinon, il fallait absolument qu’elle le voit. Il n’y avait rien de semblable nul part. D’après son cheminement, ce n’était pas si loin, elles pouvaient y aller en restant au sol sans se fatiguer, si la grande bête hurlante ne revenait pas.

descriptionEs-tu proie ou prédateur ? [PV Shyven] EmptyRe: Es-tu proie ou prédateur ? [PV Shyven]

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Shyven se blottit sur elle même quand Kaiikathal lui transmis des questions concernant son éventuel autre parent, sur la défensive.

Frissonnante, à mi-chemin entre la tristesse, la colère et le vide profond qui l’avaient parcourus quand la bleutée lui avait transmis tout ce panel de sensations, elle resta coite pendant un long instant, refusant d’en parler. (ou à défaut, d’être expressive à ce sujet.)

La petite rose sembla cependant légèrement opiner à la sensation transmise de ce que Kaiikathal semblait définir comme “tâche-noire-chimère”. Oui, c’était bien ça qui la traversait quand elle parlait de sa mère. Enfin, tout du moins une partie, mais pas seulement. Il y avait également tout un tas d’autres sentiments un peu confus dans sa tête, que Shyven illustra comme elle le pouvait pour essayer de faire sentir son bouillon de sensations à la dragonne des mers : les chimères, l’abandon, la non-connaissance de ce qu’elle était, mais tout de même son importance primordiale car être de son sang la faisait membre de la famille de l’illustre Keetech et Verith …

Même elle trouvait tout cela assez brouillon, et aux antipodes de sa personnalité habituelle. De fait, ce n’était déjà pas facile de l’exprimer avec des mots, alors avec seulement des sensations …

La petite opale estima qu’il fallait l’avoir vécu pour la comprendre vraiment, mais Kaiikathal en tant que liée devait recevoir tout l’amour qu’on pouvait lui donner … Est-ce que son lié la traitait bien, d’ailleurs, comment c’était, la vie avec un lié ? Shyven était curieuse, et au vue de ce sujet faisant débat dans son milieu de vie, elle profita de la présence de la dragonne bleue pour la questionner.

Elle paraissait un peu impétueuse et pas très conciliante comme nombre d'autres membres de son espèce, mais peut-être accepterait-elle de répondre à ses questions. Après tout, Shyven n’en savait absolument rien.

Par la suite, la petite opale fut attentive à ce que Kaiikathal semblait définir comme la “grande bête hurlante” … Et se rendit compte que depuis le début, elle parlait du vent ! Un vent certes fort, vu à la hauteur à laquelle les deux dragons se situaient, mais du vent ! Aucune bête à l’horizon, du coup. La dragonne émis un petit soupir de soulagement, avant de préciser la chose à Kaiikathal. Sans la prendre pour une débutante, elle amena doucement la dragonne vers ce qu’était réellement cette “grande bête hurlante”.

Alliant sensations et mimes pour se faire comprendre, elle donna de sa draconique personne : mouvements d’ailes pour signifier qu’on pouvait s’aider de celui-ci pour voler, qu’il pouvait être certes assez violent, à certains endroits de la montagne mais aussi tout doux à certains endroits entre les roches : par exemple dans les grottes où il faisait un peu plus chaud et où il était plus difficile de prendre sa respiration, la douce bise qui caressait les écailles était un peu plus la bienvenue. Également, elle lui précisa bien qu’il n’y avait rien à craindre quant à celui-ci : le vent empêchait d’avancer à certains moments, mais si on savait s’en servir au bon moment et dans la bonne direction, on pouvait s’en servir pour bien avancer ! Et il n’y avait également aucun danger de mort direct quand on était face à lui : il fallait cependant bien faire attention aux éléments de la nature : la chute de pierre, les avalanches … Mais cela Kaiikathal devait probablement le savoir, toute aventurière qu’elle était, alors Shyven tenta de rester concise dans ses explications.

La petite opale expliqua également comment se passait la vie dans son “nid rocheux” comme Kaiikathal l’appelait : une sensation de chaleur et de bien être, mais effectivement comme la dragonne bleue l’avait supposée il était ardu de se déplacer seule. Shyven expliqua bien que son grand-papa-tout-chaud l’accompagnait pour ses déplacements, bien qu’elle commençait à être un peu indépendante pour chasser, elle ne savait pas encore voler, et de ce fait la navigation aérienne (qui était le seul moyen de déplacement, de toutes les façons) au milieu des piliers rocheux était compliquée. Également, elle expliqua qu’elle était un peu seule avec son papa dans ce haut nid rocheux, mais que ce n’était pas non plus plus mal : cela lui offrait un espace de tranquillité, et ce n’était pas la vie qui manquait deux battement d’ailes plus bas ! En vérité, Shyven était plutôt heureuse de son lieu de vie.

Néanmoins, toute aventureuse qu’elle était à cet âge là, elle était également curieuse du fameux “nid-flottant” que Kaiikathal semblait adorer plus que tout : bien qu’elle ne le voyait pas en bois et en cordes, elle sentait d’ici le frisson de l’aventure quand la petite bleue lui montrait toutes ces choses là !

Cela semblait comme un environnement assez convivial à dire vraies, et les bipèdes que Kaiikathal décrivaient semblaient habiter avec confiance avec la dragonne, ce qui emmena Shyven sur un autre terrain de réflexion : après tout, peut-être qu’une cohabitation avec eux était possible, malgré tout ce qui se disait à leurs sujets … A dire vrai, ce n’était pas la première fois que cette pensée lui traversa l’esprit, alors elle la laissa divaguer pour l’heure.

De fait, elle avait vraiment envie de découvrir ce fameux “nid-flottant” qui ressemblait quand même beaucoup à ce que Kaalys lui avait décrit comme “bâteau”, un outil bipède qui flotte effectivement sur l’océan et qui permet à ces races de voyager. Shyven les trouvaient fascinants, et avec une capacité d’adaptation assez remarquable : s’ils ne semblaient pas non plus d’une intelligence rare au vue des dires des siens, elle ne pouvait s’empêcher de penser que tout de même, il fallait avoir du cran pour oser entreprendre tout ça.

Peut être que de cela, les dragons libres devaient s’en inspirer aussi, afin de créer des choses … Bien qu’elle s’attendait à la teneur de la réponse, Shyven fit part de ces pensées là à Kaiikathal : de son point de vue de liée, qu’est-ce qu’elle pensait de tout cela ? Y avait-elle seulement réfléchie ? Elle semblait bien aventureuse, mais qu’est-ce qui motivait tout cela ?

La petite opale ne se voulant cependant pas d’une curiosité malsaine nuança ses sensations, et laissa une place au doute dans ce qu’elle semblait transmettre : Kaiikathal n’était pas obligée de répondre à tout ça. Shyven se disait après coup qu’il était peut être trop tôt pour aboder ce genre de sujets … Mais comme la bleutée semblait vraiment directe, Shyven ne se demandait pas si elle pouvait aussi l’être un petit peu ?

La dragonne rose ne dit pas non pour visiter le grand bâteau, mais précisa cependant à sa compère quelques petites choses : son père, Kaalys, beaucoup plus grand qu’elles deux, devait être là quelque part, alors il fallait être discrètes pour ne pas qu’on les voit s’en aller, et Shyven ne pourrait pas non plus rester éternellement avec elle.

Comme la rosée l’avait dit, elle avait une famille ici, et bien qu’elle était maigre, elle tenait à elle, plus que tout.

descriptionEs-tu proie ou prédateur ? [PV Shyven] EmptyRe: Es-tu proie ou prédateur ? [PV Shyven]

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De toute évidence, il était arrivé quelque chose de terrible à la jeune libre. Cela se sentait dans son esprit, par ses ressentis et les images et idées tournant en elle et dont elle était témoin en l’instant. Savoir que les chimères étaient à l’origine de ces sensations était loin de s’avérer une surprise mais elle n’en saluait pas moins la perte subie par Shyven, même s’il s’agissait d’un parent. Sa génitrice, car il semblait que ce fut une figure femelle qui manquait, n’aurait certainement jamais dû lui être enlevée si tôt, alors même qu’elle n’était pas encore indépendante. Cependant, puisqu’elle avait quand même un parent pour lui apprendre à survivre, pourquoi était-ce si dérangeant ? Elle ne comprenait pas ce que l’autre dracène essayait de lui transmettre. Famille ? Qu’est-ce que c’était que cela famille ? Qui étaient Keetech et Verith, dont les noms devaient être des mots bipèdes pour l’essence de deux êtres draconiques ? En quoi était-ce si important ? Elle, Shyven, était importante, par ce qu’elle était, parce qu’elle était, même, pas à cause d’une… quoi ? Une ascendance ? était-ce cela ? Le mot bipède famille, la sensation du mot, cela était comme l’ascendance ? Ceux dont on descendait ? Avec un petit grognement, la bleue vint presser le museau contre celui de sa comparse. Un geste de soutien. Il ne fallait surtout pas que Shyven pense qu’elle n’avait de valeur que par son ascendance, celle-ci était inutile une fois indépendante. Et elle ne doutait pas que cette paire d’écailles le devienne rapidement. Elle était une dragonne libre après tout.

La curiosité de la dracène claire fit fourmilier son esprit chaudement et elle dissimula son museau contre une patte quelques instants, les flancs ondoyant. Oui, elle était très bien installée avec son lié. Dans son esprit, la notion d’amour n’existait pas vraiment, pas en tant que telle. Mais elle était farouchement loyale envers Nathaniel, elle se sentait bien auprès de lui, forte, elle ne l’abandonnerait pour rien au monde sur de longues périodes. Elle se sentait à son aise, et elle sentait la justesse de leur présence ensemble. Tout ce qui était lié à lui était auréolé d’une lumière psychique dans son esprit, irradiant de chaleur, et elle partageait avec un enthousiasme évident. Elle essaya de lui transmettre les sensations que cela invoquait, d’avoir un autre corps et un autre esprit, autant les siens que son armure d’écailles et ses ailes. Nathaniel était beaucoup de choses, et il la comprenait assez bien, pour un bipède. Mais c’était bien naturel puisqu’il était exceptionnel. Elle n’aurait pas pu se lier à un bipède quelconque. Ils partageaient des idées, des envies. C’était agréable, d’avoir quelqu’un rien qu’à soi. En fait, elle pensait même que tous les dragons devraient pouvoir avoir un bipède bien à eux, que les libres n’avaient simplement pas trouvé celui qui leur convenait. Et puis Nathaniel l’avait sauvé. Naturellement, elle lui montra ses souvenirs troubles d’avant éclosion, quand les tâches-noires-chimères la retenait prisonnière et tentaient de la faire se lier à un des leurs. Elle lui partagea tout le vide, la détresse, la douleur ressenti alors, avec pour seul espoir, cette lueur au bout de sa route, la certitude que son bipède existait et l’attendait quelque part.

La suite la laissa perplexe, et elle pencha la tête au manège de Shyven. Mais… qu’est-ce qu’elle faisait ? Oui, le mot bipède que son pirate utilisait c’était vent, mais ça ne voulait pas dire que ce n’était pas une bête avec une vie propre. Toute chose en ce monde avait une vie propre et spécifique. Une conscience. Et il fallait la traiter telle qu’elle était, cette bête. Comme toute créature vivant, comme toute chose, elle n’était pas seulement bénéfique. Il fallait vivre le monde sans s’arrêter à ce que l’oeil en voyait pour le comprendre. Mais elles deux étaient des dragonnes après tout. Elles étaient distributrices de cette vie, elle avait des facilités pour la comprendre. Sans doute Shyven avait elle était lésée par le départ de sa génitrice en la matière mais il n’y avait rien à craindre, cela viendrait. En attendant, elle était fort curieuse de ce nid-rocheux dont elle lui parlait. Mais la question des bipèdes revenant, elle pencha la tête, de l’autre côté, en transmettant la sensation d’une intense réflexion. Puis, petit à petit, les réponses vinrent sous formes d’observations internes, car elle considérait cela pour la première fois. Ce qui la poussait en avant était certainement le plus simple : sa volonté. Elle était un dragon, elle était libre d’aller et venir en ce monde, alors pourquoi ne pas le faire ? Elle sentait la vie sur ses écailles, sous ses pattes, dans ses ailes, elle faisait partie de ce tout, immense, alors pourquoi ne pas l’accepter et le découvrir ? En fait, elle ne s’était pas posé la question car selon elle, elle n’avait pas vraiment lieu d’être. C’était son évidence à elle, que de voyager.

Le reste, en revanche, représentait un excellent sujet de réflexion. S’inspirer des bipèdes pour créer des choses ? Mais les bipèdes créaient des choses qui étaient bien pour les bipèdes. Il fallait savoir ce dont les dragons avaient besoin avant tout. Et ils n’avaient pas les mêmes outils de création que les bipèdes. Néanmoins, vivre en bonne harmonie avec les bipèdes lui semblait possible, si personne n’oubliait ce qu’il était et que chacun acceptait les besoins des autres. Hors, c’était cela qui lui semblait peu compatible pour l’heure. Ce n’était pas impossible, elle le pensait, puisque les bipèdes de son bipède et elle vivaient sur le même nid, mais il semblait que cela restait peu compatible. Les voix en elle, les voix de l’immense et éternelle nuée de tous les dragons, elles murmuraient une certitude née de leurs vies accumulées, unies dans les mémoires des dragons présents. Les bipèdes avaient beaucoup de besoins, beaucoup que les dragons ne comprenaient pas. Et les dragons avaient des besoins que les bipèdes ne comprenaient pas. Quand les bipèdes avaient voulu ronger les territoirs des dragons, où nuls bipèdes n’allaient auparavant, les dragons n’avaient pas accepté. Et les bipèdes n’avaient pas acceptés qu’ils n’acceptent pas. Ils n’avaient pas compris pourquoi les dragons n’acceptaient pas, ni compris pourquoi les dragons avaient besoin de territoirs où nuls bipèdes s’aventuraient. Et les dragons n’avaient pas compris pourquoi les bipèdes avaient besoin d’entrer sur leurs territoires. Ni pourquoi les bipèdes avaient besoin de s’entre-tuer d’ailleurs.

Tant que la compréhension ne venait pas, pas de cohabitation possible. Rien de possible en fait. Les bipèdes et les dragons étaient très différents et très semblables. Pas semblables de la bonne façon, si la mémoire de la grande nuée était vrai. Mais pour autant, elle croyait possible de vivre avec des bipèdes. Et le faisait d’ailleurs. Et son géniteur à elle ? Qu’en disait-il ? Voulait-elle qu’elles aillent le trouver ? Il pouvait venir au nid flottant lui aussi.

descriptionEs-tu proie ou prédateur ? [PV Shyven] EmptyRe: Es-tu proie ou prédateur ? [PV Shyven]

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Shyven fut assez captivée par la “conversation” qui se développait avec Kaiikathal. Elle essayait de suivre le partage de pensée de la crête-d’or au mieux, mais ce n’était pas un exercice aisé dû au peu d’habitude que Shyven avait avec l’exercice … Certes, c’était quelque chose de “naturel” chez les dragons, des sentiments et des méthodes de communication profondes qui ne s’expliquaient pas vraiment, seulement encore fallait-il les pratiquer régulièrement …

Et comme son Papa-tout-chaud ne lui avait jamais appris, parfois cela lui arrivait de lâcher prise. Toutefois elle trouvait le propos de la dragonne liée vraiment intéressant - et nouveau ! Alors elle l’écoutait attentivement, en plissant les yeux parfois et en remuant un peu les pattes dans la neige pour être un peu plus à son aise : le point de vue des dragons liés vis-à-vis de leurs bipèdes était amusant, et pour le coup ne ressemblait encore à rien de ce que Shyven avait vu jusqu’à présent. Elle fut tentée de placer quelques mots sur ce sentiments “amour”, “fidélité”, “vassalité” voir même “famille”, ce dernier terme si sacré que Shyven n’employait qu’en de très rares occasions … Mais rien ne semblait vraiment coller à ce que Kaiikathal lui “disait” …

La dragonne rose bougea ses écailles, et se montra reconnaissante du soutien de sa nouvelle comparse. Oui, pour sûr qu’elle allait être indépendante rapidement, et voilà là encore un petit sujet qui angoissait un peu la dragonne -sans toutefois la terroriser non plus- : être livré à soi même était quelque chose qu’elle avait très peu expérimenté, alors quand on lui demandait de se projeter sur l’avenir et de s’imaginer sans personne autre que sa petite tête pour la guider … Eh bien, il y avait surtout présentement beaucoup de vide actuellement.

Mais sur ce dernier point, la dragonne n’en faisait pas trop. Son papa-tout-chaud faisait tout son possible pour la rendre sûre d’elle au niveau psychique et de ses mouvements sur ces terres qu’étaient les siennes … Et au pire si elle se perdait, elle savait que l’Équilibre était là, quelque part, comme un phare dans la brume.

Shyven ne put s’empêcher d’en “parler” à Kaiikathal, dans la mesure où elle aussi se sentait très “liée” à ce concept … Sans pour autant avoir de bipèdes au bout du lien. Bon, d’accord, ce n’était peut être pas forcément pareil, mais les sentiments qu’elle éprouvait pour ce concept était infiniment riches, à tel point qu’elle avait de construire avec cela, mais construire pas comme une construction pouvant parler de dragons à dragons, ou même de dragons à bipèdes. C’était un rêve de construction pouvant aller jusqu’à tutoyer les plus grands de ce monde … Ces concepts ineffables dont les dragons étaient les porteurs depuis des générations et des générations …

Mais là était des rêves d’un esprit libre qui ne mesurait encore que quelques centimètres, et qui pour l’heure de manière pragmatiquo-pragmatique se retrouvait à discuter avec une dragonne qu’elle ne connaissait ni de Néant ni de Vie … Autrement dit, elle n’avait pas envie non plus de se perdre dans de la philosophie d’à-flanc-de-montagne. C’était fort déconvenu, quand elle rencontrait quelqu’un de son espèce qu’elle ne connaissait pas encore tellement.

Sur ce dernier point, cependant Shyven fut attentive toutefois à ce que soulevait Kaiikathal … La “compréhension”, comme elle disait. La petite opale ferma les yeux, essayant de bien comprendre ce concept, le sentant important. Peut-être était-ce là la clé de bien vivre en société … Puis Shyven lança un grand regard dans le vague. Elle interrogea Kaiikathal : elle qui était liée, comment est-ce qu’elle vivait les affaires des bipèdes ? A quel point se sentait-elle impliquée ?

Parce que Shyven avait l’impression, que même si cela pouvait avoir de grandes résonances sur le monde parce qu’ils étaient eux même très nombreux, pour la grande majorité cela lui passait complètement au-dessus des ailes… En vérité Shyven estimait que les bipèdes menaient des combats bien vains, et qu’ils ne prenaient pas suffisamment de hauteur sur les choses : le Monde était une globalité, n’est-ce pas ? Alors pourquoi s’arrêter sur certaines choses sans importances qui arrivaient à deux cailloux de chez soi … ? Shyven plissa encore une fois les yeux. Est-ce qu’elle devait essayer de “comprendre” ça ? C’était bien cela que Kaiikathal entendait par “compréhension” n’est-ce pas ?

La petite opale eut un petit sourire envers sa congénère, gigotant un petit peu. Il suffisait de “conversations” ronflantes, même si Shyven aurait pu vraisemblablement continuer sa réflexion sur des pages entières de word, il était temps qu’il se passe des choses intéressantes dans ce RP !

La petite opale tâcha de rebondir sur les dernières pensées de la liée : qu’est-ce que pensait son père de tout cela ? Shyven lui intima qu’il était très très impliqué dans les affaires des bipèdes, ce qui créait parfois des incompréhension, justement, entre eux deux. Mais du haut de ses quelques centimètres et de ce qu’elle connaissait de son Papa-tout-chaud, qui se faisait d’ailleurs très secret sur certaines choses … Eh bien, elle estimait que son instinct paternel devait s’étendre sur eux ?

Elle ne savait pas trop, concernant sa venue sur le nid flottant et sur le fait qu’il faille le retrouver. D’accord, peut-être était-ce dangereux pour la petite opale d’y aller sans prévenir son paternel, mais … Comme elle l’avait confiée à Kaiikathal, il était très impliqué dans les affaires des bipèdes, peut être parfois un peu trop, à tel point qu’il faisait beaucoup de zèles sur certaines choses, avec eux. Il n’acceptait pas vraiment que Shyven en rencontre de trop, et il ne la laissait généralement jamais sous la responsabilité de “n’importe qui”. Il y avait bien son Gardien Graärh … Mais son Gardien Graärh était unique au monde.

Alors elle intima à Kaiikathal qu’elle allait peut être pour cette fois braver l’autorité de son paternel, pour toutes ces raisons. Pas très raisonnable de sa part certes … Mais Shyven ne voulait pas prendre le risque de mettre un terme à cette nouvelle découverte avant qu’elle ne commence !

Alors, où se trouvait ce fameux nid flottant ?

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Définitivement, elle l’aimait bien, cette femelle. Une libre qui s’intéressait au lien comme à autre chose qu’une hérésie, c’était, elle avait cru le comprendre, quelque chose de rare. Elle semblait d’ailleurs plus qu’intéressée, s’y retrouvant. Finalement, il ne s’agissait pas forcément juste de Lien comme ce qu’elle partageait avec son bipède, mais de liens tout court. Comme ce que Shyven ressentait et qu’elle ne pouvait que soutenir. Oui, ce qu’elle ressentait, cet équilibre, était une forme de lien aussi. Elle voulait créer quelque chose qui parle de la même façon pour tout le monde. C’était dur, ça oui. Il ne lui venait pas à l’esprit de considérer la complexité de la chose comme un obstacle, mais davantage comme une certitude à garder à l’esprit. C’était dur. Cela voulait juste dire qu’il fallait essayer aussi dur. Comme on renforçait des ailes pour contrer la grande bête hurlante. Et dans sa tête à elle, cette montagne là, on en commençait le survol en comprenant les autres races. Satisfaite que peau-de-lapin y réfléchisse elle répondit donc sans répugnance à ses questions, avec une réelle honnêteté : elle ne comprenait pas tout et n’arrivait pas à tout suivre, mais elle essayait. Son bipède à elle était concerné par tout ça et c’était son nid flottant, alors elle essayait. Elle se perchait et observait, et elle interrogeait son bipède. Ou alors elle essayait de faire comme les bipèdes.

Du peu qu’elle en ressentait, c’était justement l’incapacité à comprendre qui pouvait leur faire ressentir les occupations bipèdes comme vaines. Elle aussi ressentait cela, mais quand elle essayait de faire comme les bipèdes, elle essayait aussi de se dire pourquoi les bipèdes trouvaient cela important. Ce qui était vain pour une  personne d’une race  ne l’était pas forcément pour une autre d’une autre race. Et parce que les bipèdes ne connaissaient pas autre chose que leurs problèmes de bipèdes, ils ne pouvaient pas comprendre que ce n’était pas forcément un problème. Et puis, ils étaient petits, donc leurs problèmes étaient petits. Mais c’était des gros problèmes pour eux. Les dragons étaient grands, les problèmes des bipèdes paraissaient forcément petits. C’était donc bien, toujours, une question de compréhension. Et c’était très dur, de comprendre. Mais en essayant, petit à petit, cela pouvait fonctionner. En tout cas c’était son idée à elle. Elle verrait bien si cela était vrai. En attendant, elles avaient de quoi faire. Puisque Shyven voulait venir seule, Kaiikathal n’allait certainement pas objecter ! Cela lui allait très bien. Opinant de sa petite tête triangulaire, la marche-tempête indiqua du bout de sa queue barbelée la côte, par là où elle était apparue.

Reprenant le chemin par lequel elle était arrivée, derrière la pierre, la bleu ouvrit la marche. Bien vite, cependant, et sans le souffle qui faisait voler la neige, il était évident qu’une de ses précédentes difficultées était due à la pente. Prenant conscience de cela, elle s’arrêta, et chercha un moyen de tirer partie de cela pour leur faciliter le trajet. Malheureusement, les arbres, ici, n’avaient pas de grandes feuilles comme à Néthéril. En revanche, il y avait de grandes écorces. Elle s’approcha d’un tronc et gratta pour en détacher une partie, essayant de retirer une plaque suffisamment large pour qu’elle dépasse sa propre taille. L’attrapant dans sa gueule, elle tira et l’apporta près de Shyven pour la lui montrer. Par des images, elle lui expliqua ce qu’elle voulait tenter : se mettre sur la plaque et se laisser glisser sur la pente qui conduisait tout en bas, vers son nid glissant. Il suffisait qu’elles détachent une autre plaque comme celle-ci et le tour serait joué. Tout en bas de la pente, il y avait son nid, encore au repos mais avec l’arrêt du grand souffle, sans doute qu’ils ne resteraient pas plus d’une journée ou deux. Une fois en bas, elle pourrait lui faire visiter tout son nid, à commencer par le petit nid de son bipède et elle. Et elle pourrait lui proposer d’essayer de leur parler, pour en apprendre plus sur eux.

Là-dessus, elle attendit de savoir si Shyven était tentée.

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Shyven suivit le chemin de la liée océanique, autant physiquement que spirituellement parlant. En vérité, même si a priori tout séparait Kaiikathal et la petite opale, cette dernière se retrouvait assez dans ses propos.

La rosée pensa une autre fois à ce que lui disait nombre de membres de sa famille, comme quoi le point de vue des liés étaient biaisés, et d’autres choses du genre … Shyven était certes un peu curieuse, mais ne se qualifiait pas non plus comme son oncle-zigoto Nephilith dont la petite dragonne pensait véritablement qu’il s’agissait d’un esprit supérieur derrière son air un peu moqueur et enfantin. Pourtant, même sans cette curiosité profonde, les pensées de Kaiikathal avait un certain écho chez l’autre dragonne.

Bon certes, tout ne pouvait peut être pas se faire par la compréhension, car par essence dragons et bipèdes étaient différents, mais peut être que cela pouvait aider … Qui sait. Après tout, peut être que l’Équilibre dans ce monde passait aussi par l’assimilation des connaissances, l’écoute et la compréhension de l’autre.

C’était vraiment un vaste sujet qui préoccupait les pensées de Shyven, et suffisamment pour qu’elle s’y consacre toute sa vie. Mais bon … Précisément l’expression “toute sa vie”, prenait tout son sens quand on maturait la pensée à des multiples expériences, ce qui avait le don de frustrer un peu la dragonne qui désirait vraiment trouver LA réponse à ses questions, mais qui allait vraisemblablement devoir encore attendre un peu.

Cela étant, la Marche-Tempête était quant à elle, beaucoup plus directe et déjà quand Shyven avait intimé qu’elle préférait aller seule sur le nid, elle repartait droit vers l’objectif !

C’était … Surprenant, mais pas incohérent ! Shyven lui emboîta le pas, et suivit Kaiikathal droit vers la côte … Encore qu’ils allaient vraisemblablement avoir du mal à traverser toutes les montagnes. Bien évidemment, cela aurait été plus facile si les deux comparses du jour savaient voler mais bon …

La vie ne pouvait tout vous donner non plus ! Elles marchèrent ainsi quelques temps, avant de se rendre compte que le chemin que Kaiikathal avait emprunté était naturellement … Très glissant, peut être un peu trop même.

Pendant que la dragonne rose s’interrogeait sur comment elles allaient bien pouvoir faire pour affronter cette épreuve en toute tranquillité, Kaiikathal était déjà entrain d’analyser la situation, et Shyven la vit déjà s’approcher d’un arbre pour faire quelque chose.

Par la suite, le mécanisme que la dragonne bleue avait inventée apparue dans la tête de Shyven. La petite opale pencha la tête et eut un petit sourire. Elle transmit à la marche-tempête qu’elle était assez impressionnée par sa spontanéité à régler les problèmes : même si la petite opale était loin d’être une empotée, elle aurait sûrement étudié la chose plus en profondeur, mis en ambivalence des situations …

Mais il fallait admettre que la solution de Kaiikathal était amusante, en plus d’être prometteuse en matière d’objectif ! Visiter le fameux “nid flottant” de Kaiikathal et pouvoir parler à des bipèdes, voilà quelque chose qui plaisait à la dragonne et qui satisfaisait l’envie d’en savoir plus sur la marche-tempête qui était apparue soudainement dans sa vie.

Pour même prouver sa volonté de bien faire, Shyven vit un arbre et utilisa le même procédé pour arracher un grand bout d’écorce, et le présenta devant Kaiikathal.

Aller, maintenant elles devaient absolument glisser sur la neige pour atterrir directement dans le nid flottant ! Ça promettait d’être très réjouissant !


Bipède-commun : Pink

Es-tu proie ou prédateur ? [PV Shyven] Mqpi

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Elle était très fière de son idée. Tellement fière qu’elle en fanfaronnait auprès de son lié, remontée comme un coucou. Ronronnant, elle irradiait de bonne humeur quand Shyven vint agréer à son plan. Sans la moindre hésitation, cependant, elle affirma avec force que vouloir réfléchir à un problème était tout aussi bien. En vérité, n’était-ce pas là un complément ? Il fallait se servir de son esprit mais avoir la spontanéité de trancher parfois quand c’était nécessaire. Elles avaient donc à apprendre l’une de l’autre et c’était très positif, non ? Ne partageait-elle pas cet avis ? Il y aurait sans doute matière à améliorer le système une fois qu’elles auraient essayé la première tentative. Il s’agissait juste d’arriver près de la côte pour le moment. L’encourageant donc, elle laissa Shyven choisir son arbre et en retirer un beau bout d’écorce. La Marche-Tempête renifla son acquisition et la félicita généreusement, très enthousiaste à l’idée de cette descente qu’elle espérait rapide et amusante. Grimpant sur son bout d’écorce, elle usa de sa queue pour pousser sur le sol et entamer le mouvement dans la pente pour glisser jusqu’en bas.

L’élan fut au tout début imperceptible, pendant une poignée d’instants, avant que l’effet de la pente ne prenne le dessus et ne fasse gagner l’écorce en rapidité. Bientôt, elles filaient toutes deux sur la pente et droit sur la côte, le sifflement du vent sur leurs écailles et dans leurs ailes. Malheureusement, Kaiikathal pu également vite se rendre compte qu’il était très dur de filer droit. Littéralement. Son morceau d’écorce commença à bifurquer, à tourner, et à changer de trajectoire. Au début, cela ne la perturba pas plus que cela, elle mit le museau en avant, profita de la descente. Petit à petit cependant, il commença à lui apparaître que ce souci de trajectoire pouvait venir menacer ses plans de retour au nid. Notamment si elle glissait trop près de la falaise. Qu’à cela ne tienne, ce n’était pas un peu de vitesse qui allait lui faire peur. Tendant la queue dans le vide, elle essaya de planter ses pics dans la neige afin de s’aider à se diriger. Le résultat fut… intéressant et pour le moins inattendu. Planter les pics dans la neige c’était bien, mais savoir comment les planter pour aller là où elle voulait, c’était mieux.

Le morceau d’écorce fit donc une magnifique envolée depuis le bord de la falaise, directement dans le vide. L’aspiration était désagréable au départ et certainement un peu effrayante. Bon très bien… très effrayante sur le moment. Sa chute s’accompagna d’un long couinement aigu et d’une pensée à son lié qui devait admirer son plongeon en cloche depuis les rochers, sur le pont du nid-flottant. Le couinement perdura durant tout le temps qu’il fallut à son petit corps pour rejoindre la surface de l’eau, museau le premier.



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¤ Chasse hivernale ¤

Nyn-Tiamat, les intérêts pouvant pousser Nathaniel à se rendre sur cette ile où règne l’éternel hiver étaient peu nombreux, mais il en suffisait d’un seul pour que le gredin y déplace sa personne. La question était donc la suite : pour satisfaire quel intérêt l’elfe sombre s’était-il déplacé jusqu’ici ? Pour une fois, l’orque ne venait pas pour mettre des bâtons dans au projet de paix d’Irina ou pour capturer des esclaves graärh. Irina avait été rayé du tableau et le nombre d’esclaves actuellement en possession d’Athgalan était pour le moment suffisant. Des investissements plus importants nécessitaient l’implication des quelques ressources de la confrérie. Nathaniel n’en était pas moins là pour faire le plein de marchandises. La population animale naturelle et surnaturelle était sa cible. Faire le plein de viande, mais aussi de peau, cuir, fourrure, ivoire, ou tout bonnement d’animaux vivants, tel était sa mission. Ainsi le Maelstrom avait voyagé au travers de la mer de sable pour gagner Nyn-Tiamat. L’elfe avait fait jeter l’ancre non loin de la côte le temps que matériels et hommes soient déchargés. Le bâtiment reprit ensuite le large. En temps normal, Nathaniel serait resté à bord de son navire et aurait fait le tour de l’ile en quête d’un bateau à attaquer. Mais cette fois-ci il était resté à terre. Cela pour diverses raisons. La première pour permettre à Kaiikathal de se dégourdir les pattes et observer un environnement diffèrent de celui marin ou marécageux. Ensuite, parce que participer à la chasse serait bon pour elle, et pour lui. Et enfin l’elfe sombre souhaitait mettre en pratique ses connaissances et capacités en domptage.

Celui qui a dit que les pirates sont de mauvais chasseurs se fourvoie. Après tout, en mer ils chassent d’autres navires afin de les piller. Et à terre ils chassent les humains, elfes, vampires et graärh pour les mettre en esclave. Un animal, au final, c’est la même chose. Il suffit de faire preuve de discrétion, de tactique et enfin d’adresse. L’elfe prévoyait de rester sur place environ deux semaines. Cela devrait être suffisant pour atteindre le quota de ressources nécessaires. Et puis, mieux valait ne pas trop s’attarder sur cette ile. Quelque chose d’étrange planait dans l’air. On a l’impression d’étouffer et les nuits sont particulièrement agitées. De plus, le climat n’est pas des plus accueillants. L’elfe préférait éviter de perdre des hommes à cause de cela.

Le séjour sur Nyn-Tiamat se passa sans trop d’encombres. Chasser du gibier et en capturer était la partie la plus simple. En revanche, lorsqu’il s’agit de s’attaquer aux bêtes, l’histoire est tout autre. Dans le viseur du gredin se trouvait les rhinocéros laineux. Des bestioles massives et poilues dont le sang devenait gemme au contact de l’air et servait à la confection de certains glyphes. L’elfe souhaitait en tuer afin d’en recueillir. Mais également sa peau qui se vendrait. Toutefois le gredin ne s’arrêtait pas là. Il souhaitait aussi en capturer. Au moins deux ou trois. Premièrement pour voir s’il était possible d’en faire élevage et ainsi ne pas avoir à les chasser pour obtenir des gemmes de sang. Deuxièmement pour le faire se confronter à d’autres créatures et ainsi distraire la population d’Athgalan. Malheureusement, tout ne se passa comme prévu. L’elfe perdit deux hommes, le premier encorné, le deuxième piétiné. Et cela simplement en voulant les tuer, pas les capturer. Il s’agissait là assurément du lot de risque encouru. Ces saloperies étaient plus féroces qu’elles ne le laissaient présager. Ceci faisait toutefois plaisir au gredin. Si elles avaient eu le comportement de simple grosse vache, les combats en arènes auraient été d’un ennui mortel. Sans parler du mécontentement des spectateurs qui l’aurait aussi été.

Étudiant leur comportement afin d’envisager une capture et alors que le jour fatidique arrivait. Un événement vint chambouler les plans du gredin. Une tempête, un blizzard même. Ce jour-là, Nathaniel perdit deux autres hommes, ainsi que sa dragonne. Les deux premiers étaient morts de froid. La troisième avait simplement disparue. Le gredin la savait en vie. En revanche pour la retrouver et la contacter ça allait être autrement plus difficile. L’orque n’était pas le plus habile lorsqu’il s’agissait de communiquer avec sa liée. Déjà parce que lui et la magie non spirituelle ça faisait quatre et ensuite parce que le lien était totalement différent et inconnu de tout ce qu’il avait pu rencontrer jusqu’alors. Oui, il galérait très clairement. À plusieurs reprises l’elfe sombre avait étendu son esprit vers celui de sa liée pour tenter de communiquer. Mais tout ce qu’il était parvenu à faire c’était s’assurer de son état. Elle allait bien. Voilà tout ce qui importait. Et pour ce qui était de la retrouver, l’elfe sombre disposait d’autres ressources. Mais des ressources qu’il ne pourrait pas allouer dans l’immédiat à la recherche de sa liée. Cette dernière allait bien, voilà tout ce qui importait. Plus encore, se retrouver seul en terrain inconnu serait pour elle un excellent entrainement. Apprendre à survivre seule et à se sortir de mauvaise situation en ne comptant que sur soi-même. L’elfe s’était retrouvé plusieurs fois dans ce genre de situation et s’en était sorti. Kaiikathal était sa liée, elle y parviendrait donc. Le gredin n’était pas plus inquiet que cela.

Un nouveau jour se leva après la tempête d’hier. Le ciel était dégagé et promettait une belle journée. L’occasion était idéale. Sans attendre, Nathaniel réunit ses hommes. Aujourd’hui ils allaient capturer l’une de ces grosses bêtes. C’est ainsi que les pirates parvinrent non sans mal à faire se rapprocher l’un des rhinocéros laineux de la côte. Transporter cette bête par l’eau serait plus simple que par la terre. Pour ce qui est de la capture, l’elfe sombre avait pu au cours des jours précédents évaluer les résistances de celle-ci au poison pour déterminer la substance la plus efficace ainsi que le dosage. Le plus difficile restait donc se s’approcher d’elle pour percer son cuir et faire couler le poison dans son organisme. Après plusieurs tentatives, les pirates y parvinrent enfin et sans perte, simplement des blessés. La bête s’effondra au sol, plongeant dans un profond sommeil. Par précaution, elle fut solidement attachée avec des liens adéquats. Il ne restait plus qu’à la transporter jusqu’au camp et à envoyer un signal au Maelstrom pour réception. Cette partie-là avait été préparée en amont. Une plateforme en bois avait été construite puis alliant la magie ils parvinrent à la déplacer. Un spécimen jeune avait été choisi. Un adulte aurait pesé beaucoup trop lourd. Après plusieurs heures d’efforts, l’elfe sombre et ses hommes parvinrent au campement pirate et un message aux Maelstrom fut envoyé.

L’elfe n’avait détaché qu’une partie de ses hommes pour déplacer la créature. Les autres étaient restés sur place, continuant à chasser, devant rejoindre le campement plus tard. Ce sont ces mêmes pirates qui firent une étrange rencontre. Alors qu’ils rapatriaient leur butin par la mer, longeant la côte, pour rejoindre le campement. Deux ombres précédées d’un bruyant bruit de plongeon attirèrent leur attention. C’est ainsi que sur leur chemin ils croisèrent deux dragonnes en train de barboter dans l’eau, l’une d’entre elles était la marche-tempête.

« Regardez ! C’est la petite marche-tempête ! On la retrouver, le capitaine va assurément nous récompenser si on lui ramène. Ramez vers elle. »

« Attendez, y’a un autre dragon avec elle, qu’est-ce qu’on fait ? »

« Bah on le ramène aussi crétin. Comme ça on sera doublement récompensé. »

« Eh, tu sais que t’as oublié d’être bête toi. »

Une des petites embarcations se détacha donc du reste pour venir au niveau des deux dragonnes.

« Alors marche-tempête, on s’amuse ? Tu as trouvé un copain à ce que je vois. Montes à bord on va vous ramener auprès du capitaine. Ça ajoutera encore plus de joie à cette journée. »

Sans attendre, les pirates aidèrent les deux dragonnes à monter à bord avant de reprendre la route jusqu’au campement pirate. Là-bas, une certaine agitation régnait. Le Maelstrom était visible à l’horizon et le gredin avait autorisé ses hommes à se détendre. De la nourriture et de l’alcool étaient servis par le cuisinier, des chants s’élevaient, de même que des cris, certains boucaniers se battant tandis que d’autres observaient en prenant les paris.


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