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¤ Missive ¤

14 mars an 1763 du troisième âge

Depuis quelques mois, Nathaniel bougeait ses pions, et à mesure que l'exquinoxe de printemps approchait il révélait un peu plus son jeu à ses adversaires. Son objectif, lui, il ne l’avait jamais caché, mais les moyens d’y parvenir restaient secrets jusqu’à la fin. Trois capitaines de la confrérie étaient déjà tombés sur sa coupe, un quatrième allait tomber et le dernier suivrait peu de temps après. Toutefois, si pour prendre la tête de la confrérie avoir le contrôle ou le soutien des différents capitaines était essentiel, il ne fallait pas négliger certaines âmes vivant au sein de la ville d’Athgalan qui pourrait s’avérer fort utile durant le futur règne du roi des pirates. Encore plus quand certains de ces âmes étaient des partisans d’un capitaine non encore tombé sous son joug. Leur faire changer d’allégeance, vampiriser les forces de son adversaire afin de le rendre plus faible et ainsi pouvoir le vaincre plus aisément. Et c’est cette dernière tactique que le gredin allait mettre en place. Il allait isoler les derniers capitaines qui ne s’étaient pas ralliés à lui afin de les mettre au pied du mur. Dès lors ils auraient un choix à faire : suivre ou périr. Pour peu qu’on leur laisse le choix bien sûr.

Nathaniel était monté à bord du Maelstrom, quittant les rivages Est de Néthéril pour rejoindre l’Ouest de l’île et ainsi rentrer à Athgalan et son port. C’est en cours de trajet qu’une information lui parvint. Si la capitaine des catins était assurément chargée de l’espionnage, elle n’était pas la seule à avoir d’autres paires d’yeux sur l’archipel. Membre des différentes guildes des voleurs, agent corrompu ou noble lui devant une faveur. L’elfe sombre avait ses propres yeux. Aussi, une guilde de voleur installé à Sélénia et qu’il avait fait tomber sous le joug de la confrérie lui fit parvenir une information. L’alchimiste d’Athgalan aurait été aperçu dans la capitale de l’empire, auprès du palais des Kohan. Qu’est ce dernier pouvait bien faire là-bas ? Le gredin savait que le nabot, qui avait placé l’alchimiste sous sa protection et ses ordres, était fort occupé avec le cercle de pierres découvert au sein du marais. Mais qu’en plus de cela, il avait du mal avec la gérance des pirates. L’elfe doutait fort que ce dernier ait envoyé l’apothicaire macabre sur Calastin, surtout auprès du palais des Kohan. Ce dernier était-il parti de son plein gré ? Pourquoi était-il parti ? Avait-il trouvé un meilleur employeur que la confrérie ? Savoir qu’un alchimiste de sa trempe quittait Athgalan ne plaisait pas du tout au gredin. Il allait falloir rectifier cela au plus vite. Encore une fois, Nathaniel allait devoir corriger les erreurs d’un autre capitaine.

Son petit singe, Fabius, était auprès du gredin qui se trouvait dans sa cabine. Il lui fit signe d’aller chercher quelqu’un pour lui. Ce dernier sembla comprendre la demande de son maitre et d’étala au plus vite, courant à quatre pattes, pour aller chercher un membre d’équipage sur lequel il monta sur le dos. Il tira légèrement l’oreille de celui-ci avant de taper plusieurs fois dans ses mains. Le gredin avait appris quelques tours à son animal de compagnie. Notamment celui de reconnaitre certains membres d’équipage, d’aller les trouver et de faire passer le message que le capitaine souhaitait le voir. Et Fabius exécuta parfaitement sa mission puisque le membre d’équipage qu’il souhaitait voir arriva quelques minutes plus tard avec le singe sur l’épaule. Ce dernier la quitta d’ailleurs pour retourner auprès de son maitre qui lui donna une cacahuète en paiement.

« Assieds-toi, j’ai une lettre à envoyer. Je vais te la dicter et tu vas l’écrire. »

Nathaniel se leva pour laisser toute la place au flibustier pour écrire. Nu-pied, il fit les cents-pas durant qu'il dictait sa lettre. L’homme s’exécuta, écrivit la lettre que lui dictait Nathaniel, avant que celui-ci n’y appose son sceau et la scelle. Par la suite il ordonna qu’on la fasse envoyer à la guilde ayant relayé l’information pour qu’un des membres la remette à Demens Torqueo.

Monsieur Torqueo,

C’est avec un certain étonnement et une certaine curiosité, que j’ai appris que vous vous trouviez au sein de la capitale sélénienne où vous avez eu l’occasion de visiter le palais impérial.

Les villes de l’empire sont certes plus propres que la Perfide Athgalan, mais votre liberté de recherche y est là-bas assurément bridée. Aussi je m’interroge quant à la raison de votre départ. En raison de la situation que connait le capitaine des pirates, je doute qu’il s’agisse là d’une mission qui aurait été confiée par lui.

Je ne peux que vivement vous conseiller de vous expliquer sur la raison de votre présence à Calastin. Votre absence d’Athgalan étant assurément préjudiciable à la Confrérie qui vous emploie, et je le crois, a su vous fournir de quoi mener vos travaux au mieux.

Je m’en remets à votre intelligence pour savoir de qui de l’empereur ou de moi est le plus dangereux des deux.

La personne qui vous a remis cette lettre saura vous retrouver pour en obtenir la réponse.
Nathaniel Earendil, Capitaine des gredins


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17 avril 1763

Au rez-de-chaussée du bâtiment des recherches, dans une salle certainement moins spacieuse que son atelier à Athgalan, Demens survolait rapidement des documents qu’on lui avait récemment amenés. Suite à la signature du contrat avec le général Sigvald, il avait passé une seule nuit dans le dortoir commun, après quoi l’avait-on mené à son lieu de travail du moment. L’équipement auquel il avait accès était plus limité que celui qu’il avait à la cité perfide, mais en contrepartie il se trouvait à être d’une meilleure qualité. D’un autre côté, la nature des recherches que l’alchimiste menait ici différait de celles dont il avait l’habitude et certains outils auraient été tout simplement superflus. Quoiqu’il en soit, il avait au-moins un foyer, plusieurs fioles variant en taille et en format et suffisamment d’instruments de mesure pour se débrouiller. Du côté des ingrédients, il avait là encore un éventail relativement correct provenant de diverses régions de Calastin en plus des habituels et indispensables métaux alchimiques. Cependant, s’il avait un espèce de travail privé, il devait aller quérir ses ressources dans un second atelier où travaillaient les deux autres alchimistes engagés par le Bureau, un Elfe adulte et un vieil Humain.

C’est d’ailleurs des documents venant de leur laboratoire que Demens lisait présentement. Si lui-même n’était là que depuis deux semaines et demi, eux s’étaient joint au bureau plus tôt et avait déjà étudié quelque peu les Ékinoppyres. C’était donc plus que pertinent que leurs observations soient transmises au nouvel arrivant afin qu’il ne reproduise pas inutilement des manipulations déjà effectuées. L’homme de science constata que ses collègues du moment avaient une prise de note qui ne ressemblait à la sienne, mais qui était somme toute assez bien organisée sans trop se perdre dans d’inutiles détails. Puis, en tournant une page, le Cafard vit une lettre avec un sceau qu’il reconnut immédiatement. Sans même vérifier que personne ne s’approchait, il décacheta la lettre et la lu rapidement, puis alla la porter dans les braises où elle se volatilisa rapidement, ne laissant aucune trace. Manifestement, quelqu’un à la solde du Roi de la Confrérie était également à Cordont et lui avait transmis la lettre subtilement. À en croire le contenu, l’Elfe n’était pas au courant qu’il était parti, probablement parce que la catin à qui Demens avait fait le message ne l’avait pas transmis. Dans tous les cas, il ignorait à qui il pouvait répondre et continua simplement à lire la paperasse scientifique devant lui.

Ce soir-là, après avoir mangé, l’alchimiste revint dans sa chambre. À cette heure, le bâtiment des recherches était pratiquement vide. Pourtant, une voix se fit entendre en provenance de l’ombre. Un chuchotement.

- Bonsoir, monsieur. Je suis là pour recueillir votre réponse. Ne me parlez pas. Écrivez-la et donnez-moi la feuille.

En silence, Demens s’assit à la table, prit une feuille de note et commença à y écrire quelque chose :


L’Empereur m’a personnellement contacté. Quelqu’un devait vous faire le message. Je suis à Cordont concernant le problème des Ékinoppyres. Je suis Thôrmyr l’Ermite. J’ignore combien de temps je resterai ici. Je peux me déplacer sur Calastin si besoin.


Tout comme c’était le cas des échanges en personne, lorsqu’il était question d’écrire une lettre le Cafard ne s’étalait dans le superflu. Il s’approcha du foyer, la feuille repliée en main, et il sentit qu’une autre main la prit avant d’entendre un étrange son de flottement le contourner. Une silhouette floue et enrobée de ténèbres venait de sortir de la pièce, mais il ne s’y attarda pas. Après tout, il avait autre chose à faire que chasser les ombres.



Ce n'est pas parce que je veux
C'est simplement parce que je peux

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Le Cafard ne parle pas, il agit.

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¤ Missive II ¤

20 mai an 1763 du troisième âge

À Athgalan les choses commençaient à sérieusement se mettre à bouger. Depuis son retour, Nathaniel n’avait pas chaumé. L’imposant navire du gredin avait jeté l’ancre au port de la perfide, son ombre semblait s’être faite gigantesque, se projetant sur le marais, jusqu’à atteindre la ville. Il y avait de l’électricité dans l’air, une certaine nervosité gagnait les habitants, tel un pressentiment. Il s’agissait là du calme avant la tempête. Un bouleversement allait avoir lieu. La nuit, sous couvert de l’obscurité, et le jour, sous couvert du brouillard, les partisans du gredin se mouvaient, traquant les partisans du capitaine des pirates. Se soumettre ou mourir, tel était la consigne. L’elfe sombre comptait retirer au dernier capitaine qui n’était pas sous son joug les soutiens qu’il avait. Une fois celui-ci isolé, il n’aurait d’autres choix que de se soumettre ou de mourir. Nathaniel préférait éviter la confrontation, s’il avait confiance en ses capacités, il connaissait aussi celles de son adversaire. Le nabot était certes un piètre meneur d’hommes, mais il restait un puissant mage. Il avait encore en mémoire le rapport de l’incident du mausolée. L’être difforme avait invoqué une ombre draconique sans commune mesure. Le gredin préférait éviter que cet exploit ne se réitère, car cela pourrait nuire à la ville et il ne souhaitait pas perdre du temps au travers d’éventuelle reconstruction. Une fois sur le trône de la confrérie, il aurait fort à faire, à commencer par réorganiser la piraterie. Nathaniel avait toujours convoité le poste du nabot. Il appréciait d’être le capitaine des gredins, mais il apprécierait encore plus d’être le capitaine des pirates. Cela viendrait à son temps, il soumettrait un à un les pirates et les organiserait afin qu’il soit le plus efficace possible. Il changerait le visage de la piraterie. L’elfe ne souhaitait pas simplement voir des bateaux sillonner l’archipel et piller ceux qu’ils rencontreraient. Non. Le futur roi souhaitait une flotte, grande et puissante, capable de tenir tête à celle de Delimar afin de prendre le contrôle de la mer. Mais pour ce faire, il lui faudrait plus d’hommes, des hommes compétents, ainsi que plus de navires. Et il savait comment obtenir les deux.

Alors qu’il était en pleine préparation pour son accession au titre de roi de la confrérie, le gredin reçut une missive. Une réponse qu’il attendait depuis plus d’un mois déjà. Demens l’alchimiste s’expliquait au sujet de son absence. L’elfe sombre grinça un peu de dent en apprenant la confirmation que ce roitelet de Nolan avait débauché un des hommes d’Athgalan, cela ne lui plaisait qu’on lui prenne ses ressources humaines. Toutefois il vit ici aussi une opportunité. Un agent infiltré en plein cœur de l’affaire Cordont. Les Delimariens avaient quasiment bouclé la zone, si bien qu’il était complexe de s’y approcher. Sans attendre, l’elfe ordonna qu’on prenne par écrit sa réponse et il commença à dicter.

Monsieur Thôrmyr,

Je suis heureux d’apprendre que vous officiez toujours au sein de votre boutique, en dépit du projet que vous menez actuellement. Vos talents d’alchimiste vous ont ouvert des portes, mais n’oubliez pas que les petites gens auront toujours besoin de vous pour régler leurs soucis, restez leur fidèle.

Ici, les choses sont sur le point de changer. Les anciens du village sont enfin tombés d’accord pour nommer un chef. La politique échauffe toujours les esprits, il y a eu quelques heurts, c’est surement pour cette raison que je n’ai pu apprendre que tardivement les raisons de votre départ.

Ce que vous apprendrez sur le traitement des mauvaises herbes sera surement utile au sein du village pour assurer l’entretien de notre modeste jardin. Je suis sûr que le futur chef du village pourrait avoir quelque contrat pour vous.

Si vous le permettez, j’ai moi-même une demande à formuler. Ma rage de dents me fait toujours souffrir et seules vos potions ont été capables d’apaiser la douleur. Malheureusement la fiole que je vous ai achetée est presque vide. Seriez-vous disposer à m’en préparer une nouvelle ?

Les affaires m’amènent à Calastin et je serais à l’auberge des Trois chopines durant la dernière semaine du mois de Mai et la première semaine du mois de Juin. Cette lettre devrait vous y parvenir avant. Je vous paierais le double de la somme habituelle compte tenu du dérangement que cela vous occasionnera. Si vous êtes d’accord, retrouvez-moi là-bas.

Lidnerae Leinahtan


Une fois la lettre écrite, le gredin la scella à l’aide de son sceau et demande à deux de ses hommes de se présenter à lui. Il confia au premier la lettre, avec pour mission de la remettre au destinataire. Au second il confia une bourse d’or avec une pierre de communication. Ce dernier devrait payer une chambre pour deux semaines et accueillir Demens si celui-ci venait à lui. Il aurait alors l’occasion de discuter directement tous deux à l’aide de la pierre.


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5 juin 1763, Caladon

Une semaine plus tôt, Demens avait reçu une lettre, cette fois-ci dans le courrier normal qui parvenait ponctuellement à Cordont. De nouveau, il avait identifié le sceau, mais cette fois-ci le contenu de la lettre était aussi factice que son identité. Il avait tout de même saisi le message : il devait se rendre à Caladon dans les plus brefs délais afin de retrouver le Roi de la Confrérie car celui-ci avait à lui parler. Le hasard semblant bien faire les choses, un marchand en provenance de Caladon était arrivé la veille pour livrer un lot de vivres, aussi le Cafard eut l’occasion d’embarquer avec lui pour le chemin du retour. Pour justifier son déplacement, il avait simplement montré la lettre en mentionnant qu’il profiterait d’être dans la région pour récolter divers éléments qu’il pourrait analyser ensuite afin de voir s’il pouvait en tirer quelque chose pour combattre les Ékinoppyres. Les deux autres alchimistes confirmant la potentielle utilité d’un procédé du genre, on l’avait laissé partir. Durant le trajet, l’homme de science n’avait pas beaucoup parlé au marchand, sinon pour le convaincre de faire la route aussi vite que possible en lui fournissant un généreux pourboire en échange.

C’est vers l’heure du souper qu’ils atteignirent la cité marchande. Saluant machinalement celui qui l’avait conduit, puisque cela semblait nécessaire, Demens se dirigea sans attendre à l’auberge des Trois Chopines et y fut accueillit par un gaillard pansu qui arborait une moustache particulièrement dense.

- Salutations mon bon monsieur, que puis-je pour vous? Une chambre? Ou peut-être voudriez-vous un repas d’abord? On a une succulente chaudrée de fruits de mer sur le feu et un beau stock de poissons frais qui n’attendent que d’être grillés.

- Je viens retrouver un dénommé Lidnerae Leinahtan. Il m’a donné rendez-vous ici.

- Eh ben, on peut dire que vous passez pas par quatre chemins!

Il laissa échapper un rire gras en tapant amicalement l’épaule de l’alchimiste. Ce dernier ne broncha pas.

- Er, bon, laissez-moi vérifier dans mon registre, dit-il en se dirigeant vers un grand comptoir. Ah! Il est dans la chambre 5. C’est à l’étage.

Le Cafard lui accorda un léger signe de tête, un geste qu’on semblait utiliser pour remercier silencieusement autrui, et monta l’escalier pour aller toquer à la porte indiquée. L’homme qui ouvrit était sobrement vêtu, mais à voir l’état de sa peau, il était évident qu’il avait passé plus de temps sur l’eau que sur la terre. Et il était tout aussi évident qu’il ne s’agissait pas de Nathaniel Eärendil.

- Monsieur Thôrmyr! Je vois que vous avez reçu mon message! Mais entrez donc, ne restez pas dans le couloir voyons.

Dès que la porte fut refermée, le pirate laissa tomber son ton jovial.

- Je commençais à croire que je jouais au bourgeois pour rien. Quoiqu’être ici c’est pas déplaisant, ça sent meilleur.

Il alla vers le petit bureau qui faisait face au lit et ouvrit une sacoche qui y était posée. Il en sorti une petite pierre ovale qu’il posa sur le bureau et fit signe à son visiteur de s’approcher et de s’asseoir.

- Le Roi préfère vous parler en personne, c’est plus prudent. Semblerait que celui qui vous a apporté l’autre lettre a attiré l’attention. Je sais pas trop ce qu’il est devenu. En tout cas, je vais activer la pierre, après vous pourrez parler.

Il se pencha au-dessus du zircon et chuchota.

- Guruth.

Dès que le mot fut prononcé, de petits fils de lumière en jaillirent et s’entremêlèrent jusqu’à former un buste brumeux et décoloré. Le gredin était là. L'alchimiste le fixa simplement, en silence.



Ce n'est pas parce que je veux
C'est simplement parce que je peux

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Le Cafard ne parle pas, il agit.

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¤ Contact direct ¤

Lentement, mais surement, les manigances du gredin se mettaient en place. Et une d’entre elles concernait l’alchimiste ayant décidé il y a plusieurs mois déjà d’offrir ses services à la confrérie. Cependant, ce dernier s’était éloigné du marécage pour s’en aller vers le nord, sur les terres du croissant de lune. Sans doute n’avait-il pu résister à l’attrait que représentait l’évènement de Cordont. C’était une bonne chose, car à présent le pirate avait un homme dans la place, ou plutôt, au cœur de la place. Il pourrait ainsi avoir accès à plusieurs informations. Des informations très importantes avec lesquels il pourrait assurément jouer à l’avenir. Après quelque bref échange de lettres, le gredin décida qu’il était temps de changer le mode de communication. Aussi fit-il en sorte de créer un point de rendez-vous, dans une taverne. Il y serait installé une pierre de communication. Ce serait assurément plus sur qu’un échange de lettres pouvant être intercepté. Et comme cela avait lieu à l’extérieur de Cordont, le risque d’interception magique de leur échange était grandement diminué. Tout avait été mis en place, à présent il ne manquait plus que l’alchimiste. Vu l’heure qu’il était, ce dernier ne devrait plus trop tarder. L’homme que Nathaniel avait envoyé sur place devrait rentrer sous peu en contact avec Demens et l’aiguiller.

Eärendil était assis devant son bureau, pianotant de ses doigts sur le bois de celui-ci, avec une certaine impatience, fixant avec intensité le zircon qui lui faisait face. Quand allait-il se déclencher ? Un problème s’était-il produit ? Ses hommes avaient-ils été découverts ? Les questionnements se bousculaient dans sa tête et il s’apprêtait d’une minute à l’autre à sommer de nouveaux individus de se rendre sur place pour enquêter. Mais fort heureusement, le gredin n’en eut pas besoin. Un petit flash lumineux se produit à l’intérieur de l’objet magique et la communication s’établit. Une brume vint entourer la pierre, formant finalement un Demens d’une vingtaine de centimètres.

« Ah ! Enfin. Je commençais à m’impatienter. J’ai bien cru que j’allais devoir envoyer de nouveaux hommes sur place afin d’enquêter sur votre disparition. Mais si vous êtes là, alors ça doit signifier que tout s’est passé sans accros et j’en suis fort aise. »

L’elfe sombre se remplaça sur sa chaise et continua.

« Vous vous êtes mis dans une bien particulière situation, alchimiste. Une situation dont la confrérie doit tirer avantage et je m’attends à votre entière coopération. Vous avez accès à Cordont, un véritable privilège par les temps qui courent. J’aimerais donc que vous soyez là-bas mes yeux et mes oreilles. Je souhaite avoir accès à autant d’information que possible. Je suis sûr que la confrérie pourrait en tirer une quelconque utilité. Bon nombre d’individus sont prêts à dépenser une petite fortune pour savoir ce qui se passe là-bas. Mais je suis aussi sûr que l’on peut tirer quelque application des découvertes qui y pourront être faites. »

Le pirate marqua une courte pause et reprit aussi tôt.

« Qu’en dites-vous ? »

La question était bien sûr purement rhétorique. Nathaniel s’attendait à une pleine et entière coopération de Demens.


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- Ah ! Enfin. Je commençais à m’impatienter. J’ai bien cru que j’allais devoir envoyer de nouveaux hommes sur place afin d’enquêter sur votre disparition. Mais si vous êtes là, alors ça doit signifier que tout s’est passé sans accros et j’en suis fort aise.

Demens devait-il comprendre quoi que ce soit de cette remarque? Ou bien le Roi exposait simplement sa pensée sans but précis? Afin de vérifier comment il devait réagir, il tourna la tête vers le pirate qui louait la chambre, mais celui-ci s’était accoudé à la fenêtre et observait distraitement ce qui se passait dehors en fumant la pipe. S’il écoutait la conversation, celle-ci ne semblait pas provoquer la moindre réaction chez lui. L’alchimiste reporta son regard sur le double magique de son interlocuteur. Celui-ci lui demandait d’agir en tant qu’espion au sein de Cordont, ce qui impliquait de lui fournir autant d’informations que possible.

- Qu’en dites-vous?

Plutôt que de répondre à la question, le Cafard alla droit au but.

- Des expéditions ont commencé à s’organiser pour explorer le cratère causé par les golems. Je peux faire en sorte d’en joindre au moins une éventuellement. Pour l’instant, il n’y a rien qui vaut la peine d’être dit. Je dois travailler avec d’autres individus pour mieux comprendre ce que sont les Ekkinopyres afin de les détruire. L’un d’eux est un Elfe du nom de Lómion Estarus. Il provient de Endëaerumë.

Il marqua une pause, passant en revu des informations plus en périphérie du sujet.

- Le Général Sigvald Elusis Svenn gère les soldats présents à Cordont et dans les environs. Lui-même n’est cependant pas sur place en permanence. J’ai également entendu parler d’un diplomate nommé Ilhan Avente. Il vient de Délimar. Je ne l’ai cependant jamais vu personnellement.

Une nouvelle pause. L’autre pirate se racla la gorge pour attirer l’attention de Demens.

- C’est vrai que c’est des plantes indestructibles ces gros trucs? On pourrait pas mettre ça autour de la ville pour faire des barricades? Ça pourrait bloquer tous les foutus chats qui viennent rôder.

L’homme était trop loin du zircon pour que ses mots soient transmis à Nathaniel, mais la question posée valait une réponse.

- Les Ekkinopyres sont parmi les espèces les plus résilientes que j’ai pu étudiées. Je confirme toutes les informations qui courent à leur sujet. Une seule graine suffirait à détruire l’écosystème complet du marécage. Pour l’instant, tout ce qui en a déjà été extrait s’est révélé sans intérêt, que ce soit au niveau alchimique, alimentaire ou militaire. La fibre des plantes présente une certaine solidité qui pourrait peut-être créer une armure souple, mais il serait impertinent d’en tenter la construction dans le contexte actuel.

Il se tût à nouveau, fixant à nouveau son interlocuteur, signalant par ce silence qu’il n’avait rien à ajouter.



Ce n'est pas parce que je veux
C'est simplement parce que je peux

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Le Cafard ne parle pas, il agit.

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¤ Espionnage ¤

Cordont, une ville qui avait su capter l’attention de l’archipel entière simplement se faisant détruire, comme quoi il ne fallait en réalité pas grand-chose pour voir se river sur soi les yeux du monde. Les yeux du gredin étaient aussi braqués en cette direction. Il voulait savoir ce qui s’y tramait pour en tirer un éventuel bénéfice. Cet archipel était rempli de nouveauté, une nouveauté qui ne demandait qu’à être exploitée pour le bénéfice de ceux qui sauraient en tirer profit. L’elfe était de ceux-là. Il voulait, non, il devait savoir. Toutes informations étaient les bienvenues. Mais pour avoir des informations, encore fallait-il être là-bas. Le problème étant qu’il était difficile d’être discret quand il y avait autant de vigilance. La zone était une véritable poudrière et mieux valait attendre que la tension retombe ou jouer avec énormément de finesse. Le gredin n’avait aucune intention de faire exploser les tensions, pourtant cela pouvait être une bonne opportunité d’amener l’alliance et l’empire à se faire la guerre. Dans d’autres occasions, sans doute l’aurait-il fait. Pour le moment, il ne valait mieux pas. Cependant, cela ne voulait pas dire que le pirate ne ferait rien ou se contenterait d’observer. Non, il devait agir, il le devait absolument. Mais comment ? Fallait-il envoyer des gens sur place ? S’infiltrer ? Une mission bien difficile et bien périlleuse, surtout lorsqu’il y avait une option bien plus simple. Il y a deux façons d’espionner : soit en infiltrant un espion, soit en créant l’espion de l’intérieur. Et c’est cette deuxième option que l’elfe sombre comptait utiliser. Demens était déjà dans la place. L’alchimiste de la confrérie offrait là une opportunité superbe que le futur roi comptait saisir. Avec assurance, il propose ou plutôt imposa à l’intéressé d’être sa source d’information. Demens n’était pas un espion et on ne s’improvisait pas espion. Pour autant ce dernier allait devoir l’être. Cela ajouterait une corde à son arc. Ainsi Eärendil attendit la réponse de Torqueo, ne s’attendant et ne souhaitant pas autre chose qu’un oui.

Toutefois, l’alchimiste lui donna mieux qu’un oui. Il entra directement dans le vif du sujet. Parfait ! Tout bonnement parfait. Que demander de mieux ? Oh certes … il pouvait toujours demander mieux. Restant silencieux, l’elfe écouta avec attention les paroles de Demens. Des expéditions au fond du gouffre, la possibilité d’en infiltrer une, la raison de la présence de Torqueo sur place, des noms. Voilà qui le serait utile le moment venu. Bientôt, la voix de l’homme envoyé par Nathaniel raisonna, un peu lointaine, et Demens répondit aussi bien à ce dernier qu’au gredin. Mh, les Ekkinopyres. Plus il en apprenait sur elles, plus il les appréciait. Une plante envahissante, dangereuse et résistante. Une très bonne arme en somme. Créez un ballot de graine, placez-le dans une catapulte, puis faites feu sur une ville. Voilà de quoi créer la panique et disperser les défenses.

« Le peu que vous venez de me dire est déjà très intéressant et je vous félicite. Il faut absolument exploiter cette position dans laquelle vous vous trouvez, tout en veillant à ce que votre vie ne soit pas écourtée. L’homme ici présent vous apprendra certaines bases. Nous devons nous assurer que vous renforciez votre position et que vous ne soyez pas démasqué. Coopérez avec l’empire et l’alliance. Faites en sorte d’obtenir le maximum d’informations en provenance de ce fichu trou. Joindre une des expéditions serait une véritable réussite. Travaillez en ce sens, mais ne gâchez pas la chance que cette opportunité pourrait représenter. Assurez-vous de rejoindre l’expédition qui pourrait être le plus profitable. »

L’elfe marqua une courte pause avant de reprendre.

« Méfiez-vous des Galcernois de Delimar. Ce sont des brutes, mais ils sont loin d’être idiot et surtout ils ont du flair. Par acquit de conscience, évitez de rentrer en contact avec ce diplomate. Ce poste requiert certaines qualités et je pense qu’il serait capable de vous démasquer. Je ferais en sorte de me renseigner à ce sujet, son nom ne m’est pas totalement inconnu. Ce n’est en revanche pas le cas pour cet autre elfe, ce Lomion. Il ne me dit absolument rien, c’est probablement un nouveau sur le marché. Exploitez-le si nécessaire. Faites en sortes qu’il partage ses informations avec vous, vous pourrez surement apprendre des choses qu’on ne vous aurait pas révélées. »

Le gredin sembla pensif un instant.

« Cet Ek … Ekkyno … bref cette plante. J’ai eu quelques échos. Mais elle me semble particulièrement redoutable avec ce que vous me dites là. Elle pourrait faire une arme très utile. Impliquez-vous bien dans les recherches à son sujet. Je veux connaitre ses conditions de développement, ses forces et ses faiblesses, mais aussi s’il est possible de la transporter. Une pousse ou des graines, qu’importe, le plus pratique. Il se pourrait que je vous demande de participer à une opération visant à en sortir une de Cordont pour la ramener ici à Athgalan. »


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Demens ne ressenti aucune satisfaction lorsque le Roi le félicita, mais il su qu’il avait eu le comportement qu’on attendait de lui. Puisqu’il observait la silhouette émanant du zircon, il ne remarqua pas que le pirate avait roulé des yeux en entendait qu’il allait apprendre des bases d’infiltrations à l’alchimiste. Le faux bourgeois appréhendait déjà l’attitude de son apprenti, mais comme cela venait directement du Roi, il pensa plutôt au salaire qu’il toucherait à son retour à Athgalan.

Nathaniel mentionna le risque que pouvait représenter les Glacernois et le diplomate, aussi le Cafard enregistra l’information, quoiqu’il prît déjà garde à tous ses faits et gestes malgré sa couverture assurée par la Couronne elle-même. Jusqu’ici il avait été entièrement coopératif et les deux autres alchimistes présents ne disaient que du bon de lui tout en excusant ses faibles aptitudes sociales. Ce comportement lui permettrait certainement d’être considéré comme candidat pour une éventuelle expédition, autre demande du gredin. Pour ce qui était de Lómion, il laisserait le temps faire les choses, puisqu’ils travaillaient ensemble et qu’il pouvait se révéler parfois volubile.

Par contre, le Roi ne semblait pas avoir saisit ce que Demens avait dit à propos des Ékkinopyres, y voyant même une arme potentielle. Le savant lui fournit donc plus de détails à ce sujet.

- Une graine d’Ékkinopyre s’active dès que se montre le moindre rayon du soleil. À l’aube et au crépuscule, la graine prend au maximum cinq minutes pour germer et produire un bulbe d’une quinzaine de centimètres de diamètre en moyenne. Ce bulbe produira un plan mature de la taille d’un homme en maximum deux minutes. La fleur entre alors en état d’essaimage et crache des graines à profusion. Celles-ci étant légères, elles peuvent parcourir une longue distance avant de retomber pour recommencer le cycle. Lorsque le Soleil est à son plus haut point, ce développement prend tout au plus une minute dans son entièreté. La plante est également consciente de son environnement immédiat et tue tout ce qui s’en approche sans discernement, sauf les autres fleurs. Enfin, il a été observé que lorsqu’elles sont assez proches, plusieurs Ékkinopyres se connectent entre-elles et peuvent ainsi regénérer n’importe quel plan abimé.

Le pirate laissa échapper un sifflement, impressionné par la dangerosité que représentait la plante.

- Même si la plante devient dormante à la disparition du Soleil, elle demeure résistante au feu, aux acides et aux poisons, même les moins communs, preuve supplémentaire de sa résistance. Il n’est pas possible d’en transporter, encore moins de les contrôler. Plusieurs tests ont déjà été conduits avant que je ne me joigne au Bureau d’Étude Botanique.

À vrai dire, les informations concernant le cycle de croissance des fleurs avait été l’un des premiers aspects à être étudié en détail afin de mieux cerner le danger que représentait les plantes. En supposant qu’absolument rien n’était fait, en six mois les Ékkinopyres envahiraient Calastin en entier. L’abattage massif de nuit évitait un accroissement trop exponentiel de la chose, mais c’était pour l’heure inévitable. Bien sûr, le Cafard avait présenté le comportement du végétal sans sonner alarmiste. C’était là des faits, tout simplement.

Il échangea encore un moment avec Nathaniel avant que celui-ci ne mette fin à la rencontre, après quoi Demens retourna voir l’aubergiste pour prendre une chambre pour la nuit. Le lendemain, le pirate passa un long moment avec lui pour lui enseigner quelques notions importantes d’infiltration avant de quitter en début d’après-midi. L’homme de science demeura à l’auberge encore deux jours durant lesquels il alla consulter tous les ouvrages de référence qu’il pouvait trouver, puis reparti à son tour pour rentrer à Cordont. Une semaine plus tard, il retrouva ses collègues du moment et poursuivit son travail, cet fois-ci en tant qu’espion.



Ce n'est pas parce que je veux
C'est simplement parce que je peux

#336633
#990000

Le Cafard ne parle pas, il agit.

descriptionSombre manigance [PV Demens] EmptyRe: Sombre manigance [PV Demens]

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