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Huitième jour de Septembre 1963.


La matinée était bien entamée lorsque les immenses voiles du navire de ligne furent visibles au large de Délimar. Pareille à des ailes immaculées, flanquées par celles plus agiles de deux frégates, le pavillon impérial claquait dans la brise tiède au milieu de ce banc d’oiselles élégantes aux multiples voilures. A la proue du bâtiment de quatre mâts s’élevait la gueule rugissante d’un lion divinement sculpté dont le poitrail s’ouvrait sur le blason riche et complexe de la longue lignée Kohan. Tous les navires s’arrêtèrent à plusieurs encablures du port, les sabords hermétiquement clos et plièrent la majorité de leurs voiles dans une attente courtoise. Ils patientèrent le temps de recevoir l’autorisation pour amarrer dans le port et s’y engagèrent aussitôt en une habile manœuvre. L’accostage dura une bonne heure et lorsque le planchon s’abaissa enfin pour donner accès aux quais, l’Impératrice se trouvait déjà sur le premier pont et n’attendit pas que sa garde la précède pour retrouver la terre ferme. Elle n’avait pas besoin d’escorte ; en Délimar, elle était en sécurité. Elle le savait et n’hésitait pas à le faire savoir aux yeux de tous.

L’adolescente portait une tenue cavalière d’une qualité et d’un raffinement qui, de manière fort surprenante, criait par sa simplicité lorsque l’on connaissait les goûts séléniens et plus encore ceux de la jeune femme. Une chemise de coton blanc avait le col fermé d’un lacet en soie bleue qui formait ensuite une série de croisillons élaborés jusqu’au milieu du buste et qui s’achevait d’un joli petit nœud. Une veste de cuir beige serrait ses fines épaules pour tomber jusqu’aux genoux, couvrant une taille gracile serrée dans une large ceinture de tissu de ce même bleu moiré. Les hanches s’agrémentaient d’un tressage de cuir blanc et d’une petite fibule d’or blanc délicieusement gravée pour représenter un paon enroulé dans sa propre queue. A ce cuir torsadé, un fourreau contenant une dague courbe battait son côté gauche, mais l’on trouvait aussi un gant de fauconnerie et deux sacoches sur le côté droit. Celle sans fond contenait la viande crue destinée à son chien et son faucon, tandis que l’autre consistait majoritairement en pièces d’or et autres babioles que la jeune Impératrice estimait nécessaire d’avoir sur elle en tout temps.

Contrairement à ce que l’on attendrait d’une dame de son rang ou encore de l’officiel que revêtait cette rencontre, Victoria Kohan ne s’était pas encombrée d’une jupe ou même d’une robe de cérémonie. Avec son chemisier cintré et sa veste aux larges pans biseautés tenus de jolis boutons argentés, l’Impératrice marchait vêtue d’une paire de pantalons. Le tissus d’un brun profond serrait ses jambes fuselées, maintenues par d’innombrables heures d’équitation. De longues bottines d’un cuir blanc remontaient quant à elles jusqu’à ses genoux et se fermaient sur leurs bords mous d’une simple boucle d’or blanc et patiné. Les talons plats des semelles souples claquaient sur les pierres humides d’embrun et chaque pas faisait tressauter les boucles qui encadraient le visage de l’adolescente. Ses cheveux à la couleur de miel blond étaient tressés, puis remontés en une couronne autour de son front pour finir sur sa nuque en un chignon élaboré, maillé de fins rubans bleus. Mains gantées, elle ne portait aucun bijoux et son maquillage semblait inexistant tellement sa beauté magique se suffisait à elle-même. De plus, face aux habitants de Délimar ? Elle n’avait pas besoin de ce genre d’artifice.

Lorsqu’elle s’arrêta devant Tryghild, elle leva les yeux sur elle, puis leva plus haut encore puisque ce n’était pas suffisant et malgré l’inconfort de se tordre le cou elle l’observa quelques secondes sans cacher dans le bleu de ses grands yeux la richesse d’une profonde admiration. Ce fut la fenêtre honnête sur ses véritables sentiments avant que la jeune Impératrice ne retrouve son sang froid et n’affiche une expression davantage propice aux convenances. Dans le silence qui entourait les deux femmes, souffles retenus par tous les spectateurs, Victoria se confrontait à sa première épreuve. L’étiquette Sélénienne voudrait qu’elle ne s’incline devant personne et que tous courbent l’échine face à elle. L’étiquette Délimarienne ne précisait rien de la sorte, car les peuples qui formaient cette ville se fichaient bien de pareilles simagrées. La question de comment saluer l’Intendante de façon satisfaisante pour les deux partis avait causé beaucoup de remue-méninge parmi ses Conseillers et finalement l’adolescente trancha avec ce qui lui semblait le plus simple, mais surtout le plus évident à présent qu’elle faisait face à la guerrière.

« - Intendante Svenn. C’est un plaisir, mais surtout un véritable honneur de vous rencontrer enfin. Vos exploits, notamment lors de la dernière guerre, sont encore loués jusque dans ma Cour… Mais ce sont vos actes en ces murailles qui me sont une source inépuisable d’inspiration. » Une brève pause alors qu’elle affichait un sourire éblouissant avant d’ajouter : « Puissent les Huit bénir notre entrevue. »

Et là dessus, avec un aplombs qu’elle était la première à se découvrir, Victoria Kohan tendit la main pour saluer l’Intendante de Délimar. Elle espérait que ce geste suffirait à transmettre ses intentions ainsi que ses sentiments les plus sincères : à savoir respect et égalitarisme. La femme qui lui faisait face était une héroïne de guerre, mais aussi une dirigeante qui avait su unifier et préserver plusieurs peuples, qui dressait un nouveau culte ô combien controversé, luttait contre l’esclavagisme graärh, surveillait vampires et pirates… La liste était longue, mais néanmoins parlante : Tryghild était un exemple à suivre. Elle était femme et elle était respectée, écoutée, adulée. Victoria voulait s’en faire une alliée et pourquoi pas, peut-être d’ici quelques années, une amie ? Pour cela, elle devait aller à l’encontre de tous ses instincts et être la première à accorder sa confiance, oser se mettre à nue dans ses paroles autant que ses actes. En bref, adopter la façon de faire des Délimariens. Après tous ne disait-on pas, jadis : « A glacern fait comme les glacernois » ?

L’Impératrice regarda autour d’elle, admirative de l’architecture solide, appelant au sentiment de sécurité et d’austérité et pourtant d’une richesse et d’une qualité d’ouvrage que l’on devait aux ingénieurs almaréens et aux althaïens réfugiés en ces murs présumés imprenables.

« - Pouvons-nous faire le grand tour avant de rejoindre la Citadelle ? J’adorerai discuter tout en marchant, sans parler de l’occasion rare de visiter Délimar en votre compagnie. Mais avant cela... »

Elle se tourna vers l’un des serviteurs qui constituaient sa suivance et l’homme en livrée impériale approcha avec un autre afin de déposer un petit coffre aux pieds du prévôt. Le contenant se révéla plein de petites poches en velours de différentes tailles et chacune accompagnée d’un pli contenant le nom, le niveau de magie ainsi que la somme des taxes dues pour chaque sélénien sur le sol délimarien. Victoria n’accorda pas le moindre regard à tout cela et continuait d’observer l’Intendante ainsi que ceux qui l’accompagnaient avec une expression sérieuse, attentive même si un léger sourire dans l’ourlet de ses lèvres adoucissait l’ensemble.

« - Je tenais aussi à vous offrir mes félicitations pour votre enfant ! Que votre lignée soit longue et sa santé solide. »

Dit-elle avec douceur sans oser en dire plus toutefois. Elle ne voulait pas paraître obséquieuse, car même si ses paroles étaient sincères, elle n'avait aucune idée de ce qu'était une grossesse, encore moins connaissait-elle les affres de l'accouchement ou d'être à la charge d'un nourrisson. Mais ses mots portaient leur vérité : les Svenn devaient perdurer et jamais elle ne souhaiterait à une mère aussi digne de perdre la chair de sa chair. Bien sûr, Luna était un cas à part... Son sourire s'agrandit alors qu'elle attendait et qu'elle ravalait son impatience et son excitation, même si elle n'avait qu'une envie : engager tout de suite une conversation plus intime avec la guerrière, mais Victoria rongea son frein avec superbe et croisa les mains en une posture sage et patiente.


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Bien que les relations diplomatiques entre confédérés et impériaux se soient quelque peu détendues au cours des derniers mois, l’Intendante de Délimar ne s’était nullement attendu à ce que la jeune impératrice nouvelle couronnée lui propose une rencontre et encore moins sur sol allié. La proposition fut reçue avec un fond de scepticisme sans doute fort compréhensible, mais fut retournée avec un agrément auprès de son instigatrice. De Victoria Kohan, Tryghild ne connaissait, en toute sincérité, pas grand chose, si ce n’était la face publique, encore que tronquée. Fille de feu Korentin Kohan, elle était Aldarienne, formée à son rang de princesse, et ne dépareillait pas dans ce rôle. Elle avait commencé à prendre activement part à la vie de sa nation avant même d’autre intronisée. Et… c’était tout. Aussi sacrifia-t-elle à un rituel cent fois exécuté, dès lors qu’elle désirait des informations en lien avec les sudistes : elle usa de son conseiller en diplomatie et ancien courtisan impérial. Et Ilhan avait eut bien des choses à dire sur la nouvelle impératrice. Elle le soupçonnait d’avoir forcé le trait de l’optimisme pour contrebalancer un pessimisme naturel à l’égard de toute engeance portant le nom de Kohan. Si c’était la vérité, alors ce satané Althaïan la connaissait décidément très bien.

Aux yeux du Tisseur, Victoria Kohan était une jeune femme de bonne volonté, de bon coeur, voulant bien faire et aussi loin qu’il était possible d’une belliciste. Non sans fautes, et jeune, avoir tous les écueils associés, mais fondamentalement une marche au-dessus de son prédécesseur. Plus encore, le diplomate lui avait soufflé que la jeune femme désirait se rapprocher des nordiques et avait conscience des torts que l’impérialisme leur avait causé. Pas trop tôt, en un sens. Néanmoins, cela ne changeait pas le passé, de se rendre compte après coup du mal perpétré. Ce qui comptait vraiment, c’était l’avenir et savoir s’ils avaient encore à craindre l’ingratitude des sudistes ou si ces derniers allaient apprendre de leurs erreures. Mais cela, elle ne pouvait pas le savoir si elle ne leur donnait pas une chance, et c’était là la raison pour laquelle elle avait accepté d’ouvrir les portes de leur ville à l’impératrice. Pour lui donner sa chance. Elle l’a méritait, après tout, comme tout un chacun. Et si Victoria décidait de conserver seule la direction de sa nation, elle aurait bien du travail devant elle. Le sud n’était pas aussi bienveillant envers les femmes que le nord pouvait l’avoir été par le passé. Si cette enfant était de bonnes intentions, elle ne lui refuserait pas son soutien.

Le jour de l’arrivée de la délégation impériale, l’Intendante vint l’attendre auprès du quai qui avait été attribué à son navire, en compagnie d’une délégation restreinte constituée de sa belle-soeur, de quelques membres de la haute administration et des employés en charge de l’établissement des permis de séjour. Il ne s’agissait pas vraiment d’un cortège d’accueil, car ces individus repartiraient une fois leurs ouvrages remplis ou les salutations faites, mais elle n’était, en tout cas, pas seule. Un sloop léger vint à la rencontre du navire de ligne afin de l’aider dans ses manoeuvres de bord, pour venir s’aligner contre le quai, puis retourna s’amarrer plus loin à l’intérieur du port. L’extérieur et les quais périphériques étaient tous réservés pour de grands navires de lignes et d’imposantes frégates armées dont le tirant d’eau n’était pas adapté aux quais les plus proches du centre du port. Ceux-ci accueillaient des navires de commerce ou de transports ainsi que de très nombreux navires de pêche en un ballet incessant en journée sauf en cas de vent trop violent. Mais la journée s’avérait propice et sans doute était-ce une bénédiction des déesses quand on voyait le monstre de bois de leur visiteuse. Il fut amarré sans dommages, et une passerelle pu être placée pendant qu’on sécurisait son accroche.

Face à la jeune femme, les traits durs de l’Intendante s’adoucirent. C’était vraiment une gamine. Déjà très belle, il était impossible de le réfuter, mais définitivement encore une enfant, délicate et frêle. Et très belle. Elle l’avait déjà dit ? Pour une sudiste, elle possédait un charme indéniable et un éclat qui rappelait une pureté qui dénotait complétement face aux exactions de ses prédécesseurs. C’était même déroutant.

Bonjour

Par pur instinct, elle lui serra la main, se secouant juste au bon moment. L’apparence de la jeune femme l’avait réellement surprise et perturbée, et si elle avait bien vu ses lèvres bouger, elle s’était surtout intéressée au rose de la chair et au joli son qu’elle produisait plutôt qu’à ce qu’elle avait bien pu raconter. Honte à elle. Très consciente que ses manières de toute façon brusques et en contradiction avec l’outrageante politesse préconçue du sud étaient la seule raison pour laquelle elle ne venait pas de s’humilier, Tryghild se fit violence pour se reprendre. Lui devait-elle des félicitations pour son ascension ? Pas vraiment, sans héritier masculin, elle avait été un choix par défaut. Il n’y avait rien de glorieux là-dedans. Mais elle devait bien trouver quelque chose pour entamer une discussion non ? La pauvre gamine allait vraiment se demander si elle était en sécurité à force. Oh c’était idiot, elle n’avait eu aucun mal à gérer son frère aîné quand il était venu, il n’y avait aucune différence si ce n’était qu’elle avait de la poitrine et rien de surfait entre les cuisses. Rester naturelle était sans doute la seule chose à faire car c’était sa propre forme de politesse. Lui dédiant un léger sourire, elle lui souhaita donc la bienvenue à Délimar, chose qui était parfaitement sincère.

Je serais très heureuse de vous montrer la ville

Et c’était vrai. Elle était terriblement fière de ce que son peuple avait accompli depuis son arrivée, le parader devant l’impératrice serait pour elle une joie réelle. La nordique fut même obligée de contenir son excitation soudaine et de laisser faire le collecteur d’impôt et le préposé aux listes d’admissions plutôt que d’enlever tout de suite la jeune femme pour commencer la visite. Les compliments pour son accouchement furent pris avec un sourire mais elle s’étendit pas à ce sujet. Sa fille était venue au monde prématurée et seule sa solide ascendance et la médecine almaréenne lui avaient permis de s’en sortir. Elle ne doutait pas qu’elle vivrait mais cela la frustrait énormément vis à vis de Sigvald. C’était leur premier enfant et il naissait en avance, ce n’était pas un départ des plus optimistes, alors qu’elle avait mit Sohen au monde sans le moindre problème ! Mais c’était quelque chose de très personnel que son invitée n’avait pas à savoir, elle ne faisait que suivre la courtoisie la plus basique qui voulait qu’une naissance soit un heureux évènement. Dès l’instant où l’administratif annonça que tout était en règle, après avoir demandé à chaque visiteur une liste complète des sorts courants dont ils avaient l’usage afin de valider ou non leur possible utilisation en ville, elle pu enfin emporter son invitée.

Et elle le fit sans attendre un seul instant, donnant simplement comme consigne à son écuyer de conduire les effets des sudistes à sa demeure puisqu’elle logeait la délégation pendant son séjour. Seule avec l’impératrice, elle essaya de ne pas foncer droit devant, consciente que la jeune femme n’était pas habituée à l’effort et qu’elle était bien plus petite qu’elle. Extrêmement heureuse de pouvoir partager la vision de la ville pour laquelle elle oeuvrait, Tryghild décida de commencer par faire le tour des quais en expliquant sur le chemin comment la capitainerie centrale faisait pour gérer son flux de navire, avec un enregistrement préalable de tous les bâtiments. Les navires appartenant à Délimar étaient tous enregistrés dans leurs livres de gestion dès la visite finale du contre-maître sur le chantier naval donnant l’accord pour la mise à flot. Les navires n’appartenant pas à la ville devaient en général mouiller pendant une soirée au large, sur une zone établie par la marine militaire en charge de la protection des visiteurs, et faire parvenir une déclaration écrite complète donnant tous les détails technique relatifs à leur bâtiment : dimensions, tirant d’eau, tirant d’air, nombres de cales et de membres d’équipage… Les informations étaient passées en revue par un des maîtres de la capitainerie, qui devait valider la déclaration et trouver une place à quai.

Il existait bien entendu un autre mode opératoire, pour les navires de commerce coutumiers d’escales au sein de la cité. Pour ceux-là et à partir de la troisième visite, une déclaration permanente était établie, ainsi qu’un quai pré-attribué au navire, qu’il pouvait rejoindre après un très court temps d’attente en haute mer, destiné avant tout à vérifier que la place à quai n’était pas déjà occupée. C’était également un système utilisable pour les visites diplomatiques et c’était d’ailleurs pour cela que le navire de l’impératrice n’avait pas eu à attendre en mer. Une déclaration préalable au départ du navire de ligne avait été envoyé depuis Sélénia et validé pendant le voyage de Victoria jusqu’à l’Océanique. Ces déclarations permettaient également, en cas de vol, d’accident ou de meurtre de faciliter les démarches d’enquête en donnant des délais précis dans les séjours des bâtiments ainsi que leurs cargaisons et les raisons de l’escale faite. Bien évidemment, cela servait également à effectuer des accords tarifaires avec les navires marchands opérant des escales régulières, qui disposaient alors de taxes réduites et de facilité d’accès pour la vente de leurs marchandises. Il existait même un autre niveau de sécurité, destiné à des navires et des marchands ou des transporteurs qui ‘coopéraient’ au renforcement de la sécurité de la ville et de l’Alliance même.

Ses explications s’interrompirent lorsqu’elles arrivèrent à l’intérieur de l’immense bâtiment de la capitainerie, populeux à cette heure de la journée.

Avez-vous déjà vu le fonctionnement de la capitainerie d’Azzuréo ?


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Langage nordique #A398FC

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L’intensité du regard qu’elle reçu lors des premiers instants manqua de la faire rosir, voire même détourner la tête avec embarras. Seule son excitation à rencontrer une si grande héroïne de guerre la sauva et l’empêcha d’agir comme une pucelle effarouchée. Par quoi d’ailleurs !? Victoria pondéra un instant la question et observa l’intendante de plus près, veillant à cacher son intérêt au couvert de ses longs cils. Un art tout en subtilité et que l’on apprenait très tôt à maîtriser à la Cour Impériale. Question de survie. Aussi, sans en avoir l’air, la jeune Impératrice passa au crible son hôte. Déjà, la guerrière ne correspondait pas aux canons de beauté de sa faction, de très loin même si l’on était honnête. Toutefois, il se dégageait d’elle un charisme qui forçait l’admiration et l’écoute. Si les cicatrices sur une femme étaient une disgrâce à la Cour, Tryghild Svenn en faisait des parures de noblesse d’âme. Si porter une armure, exposer ainsi ses jambes et tenir une arme étaient choses peu courantes, voire totalement désapprouvées pour une femme, l’Intendante les portait comme une identité d’honneur et de vertus morales.

La main qui se referma sur la sienne était calleuse du maniement des armes, mais aussi d’autres activités manuelles comme en étaient célèbres ceux de Délimar. Une cité militarisée, mais qui en temps de paix se révélait être une fourmilière où chacun mettait la main à la pâte quelque soit son statut ou sa naissance. Et enfin on lui répondit, chassant par la même occasion la tension qui s’était accumulée dans les fines épaules de l’Impératrice. Un instant, elle avait cru commettre un impaire politique tant Tryghild la mirait avec une fixité et une intensité gênantes. Aurait-elle dû venir en robe ? Aurait-elle dû faire une révérence digne des plus belles instances d’Althaïa !? Donnait-elle l’air de grossir le trait délimarien en s’habillant et en se comportant de la sorte ? Toutes ces questions lui étaient passées par la tête en filigranes de ses autres pensées plus profondes. Heureusement, pas une seule n’avait franchi le vernis impeccable de son masque et dans les pauses qui espaçaient leur dialogue à la limite de l’outrage, Victoria étouffait ses élans d’angoisse à grands coups de talons mental.

Elle n’avait rien à craindre entre ces murs, si ce n’était finir ruinée par les taxes sur la magie ! La première partie se confirma lorsque sa demande sur une visite de la ville fut reçue de façon fort favorable et à voir la fierté qui transpirait de l’Intendante, Victoria su qu’elle avait touché juste. La seconde partie fut tout aussi confirmée alors que le décompte des pièces se poursuivait, s’étendait et s’éternisait même ! Espérant de tout cœur que ses serviteurs n’aient pas commis une seule faute d’arithmétique, l’Impératrice croisa les mains à hauteur d’estomac et patienta en observant son entourage immédiat. Lorsque tout fut en ordre et que le coffre se referma avec la certitude de ne plus jamais lâcher ses pièces à un seul des sudistes présents, Victoria éleva une prière aux Déesses, fit le deuil de cette petite fortune qu’on lui enlevait et s’empressa d’emboîter le pas à son hôte. Avant de s’éloigner, elle ordonna à ses soldats, ainsi que sa suite, d’accompagner l’écuyer avec les bagages pour préparer leur retour, mais surtout l’offrande des cadeaux.

Si elle avait bien retenu les conseils d’Ilhan Avente et comptait n’offrir que le strict nécessaire, elle n’avait aucun désir d’amputer la valeur qu’elle accordait à cette entrevue. Elle avait longuement réfléchit à comment ne pas froisser ses hôtes et discréditer ses actions, puis la solution lui avait semblé évidente. Quant à savoir si elle avait eut raison ; il lui faudrait attendre encore un peu.

Marchant d’un pas vif et rythmé sur un souffle parfaitement contrôlé, Victoria veillait à ne pas se faire distancer, mais plus encore à ne pas se ridiculiser aux regards que lui lançaient les marins, badauds et autres curieux venus assister à son arrivée, mais surtout qui travaillaient à cette heure sur les quais. L’adolescente était terriblement consciente de sa taille, aussi durant le trajet depuis Sélénia jusqu’à Délimar elle avait mandé le plus grand de ses soldats afin de s’entraîner à ses côtés. Dans le plus grand des secrets afin de protéger son image, et pour que sa démarche conserve toute la grâce et la dignité que l’on attendait d’une Impératrice, elle avait trottiné derrière l’homme alors qu’il marchait d’un pas militaire avec les échasses qui lui servaient de jambes. Des débuts humiliants qui s’étaient progressivement changés en une véritable récompenses lorsqu’elle avait réussi à tenir la cadence sans perdre son souffle… Malheureusement et malgré tous ses efforts, Victoria commençait à manquer de souffle justement et coula un regard paniqué en direction de Tryghild. Cette femme était plus grande que le-dit soldat ! Pire encore, l’Impératrice fut piquée au vif quand elle réalisa que la guerrière ralentissait volontairement sa marche pour ne pas la perdre.

« Aux ronces mes petites jambes ! » Pensa l’Impératrice avec colère alors qu’elle serrait des dents et crispait des poings tandis que les muscles à l’arrière de ses cuisses lui chauffaient douloureusement. Seul point positif dans tout cela, c’est que l’Intendante se chargeait très bien de la conversation pour deux. Ses explications étaient aussi lapidaires que limpides et Victoria n’avait qu’à hocher de la tête de temps en temps, ce qui lui permettait d’économiser sa respiration ainsi que sa salive. Ses grands yeux bleus contemplaient le port et les quais bondés avec grande admiration. Les voiles blanches, tantôt tendues, tantôt recourbées sur les mâts, lui faisaient définitivement penser à des oiseaux. Le craquement du bois et des cordages rythmait le déchargement des ponts, puis des entrepôts, tandis que le ressac d’une marée montante venait faire grincer les centaines de piliers qui soutenaient à leur tour des tonnes et des tonnes de marchandises, d’êtres vivants et de bâtiments en tout temps et toute heure. La clameur de la foule fluctuait, comme en synchronisation avec l’océan, comme un seul souffle, un seul cœur… une seule pensée.

C’était la première fois que la jeune Impératrice prenait le temps de visiter un tel lieu et elle resta bouche bée lorsqu’elles furent dans la capitainerie et, instinctivement, elle se rapprocha de Tryghild pour ne pas être séparée parmi toute cette foule. Sans son escorte pour tenir à distance le commun des mortels, mêlée à la populace comme une vulgaire touriste sans crédit ni lettres de marques, elle se sentit encore plus petite et humble que jamais auparavant ! Il y avait l’odeur du cuir humide, de la sueur et des épices que beaucoup de marins portaient encore sur eux après avoir transportés des ballots ou des caisses entières d’un lieu à un autre. Se ressaisissant après quelques minutes à regarder autour d’elle comme une colombe tombée dans une basse cours surpeuplée, Victoria leva la tête en direction de l’Intendante et resta coite face à la question qu’on lui posait. Le Port d’Azzuréo était connu pour son affluence en toute heure du jour, de la nuit et tout au long de l’année. Elle savait que ses eaux turquoises étaient riches en poissons et que cela entraînait un passage plus conséquent encore dans le port, mais pour être tout à fait honnête ? Ses connaissances s’arrêtaient là.

« - J’avoue ne m’être jamais intéressée au fonctionnement de la capitainerie d’Azzuréo. »

Décida-t-elle de répondre sans détours. Elle offrit à la guerrière un léger sourire penaud alors qu’elle laissait à nouveau son regard glisser sur la foule et les différents guichets qui accueillaient les capitaines et fonctionnaires selon la raison de leur visite. Une organisation bien structurée, née de l’expérience des almaréens et des lyssiens dans le domaine maritime très certainement.

« - Mais à présent que je vois l’organisation de Délimar, je suis curieuse de savoir comment nous procédons dans l’Empire. »

Elle re-concentra son attention sur la glacernoise et fit un sourire plus franc, un brin cynique alors qu’elle ajoutait :

« - Je dois vous avouer que j’étais quelque peu fâchée avec l’océan ! Ma dernière et unique expérience avec lui fut lors de notre traversée… et certaines tempêtes que nous avons jadis essuyé me réveillent encore parfois la nuit en des cauchemars dont j’ai aussitôt hâte d’oublier les couleurs et les formes. »

Ces rêves la hantaient de façon horrible. Elle revoyait les vagues géantes aux bords dentelés d’écume comme des crocs affamés. Ces flots enragés qui balayaient les ponts, engloutissant matelots et équipages dans le rugissement affolé de milliers de voix étouffées, noyées… Victoria croisa les mains dans son dos et cessa lentement de sourire. Elle s’ébroua mentalement et se focalisa sur l’instant présent. Il était temps de marquer sa première grande décision concernant l’Empire et qui, elle l’espérait ardemment, plairait à Délimar et faciliterait par la même occasion leur rapprochement. Elle en avait déjà fait une fois mention lors de son discours d’intronisation, mais il était plus que temps de le réaffirmer à l’une des personnes pour qui se message était tout particulièrement adressé. Son expression trouva un sérieux et une maturité qui n’enlevait certes rien à sa beauté, mais qui durcissait ses traits délicats. Si jeune et déjà si lourdement dotée en terme de responsabilités, l’Impératrice revint sur le sujet abordé par l’Intendante avec une fermeté et une volonté qui se révélèrent infaillibles dans le timbre harmonieux de sa voix :

« - Il est toutefois une chose dont je suis certaine concernant le fonctionnement de la capitainerie d’Azzuréo. Nous n’accepterons plus de navires pirates et durcirons les prérequis concernant l’engagement de nos corsaires… si seulement nous en gardons. »

Les corsaires étaient là pour piller des navires ennemis hors elle ne voulait aucune autre faction que celle des pirates comme adversaire alors à quoi bon garder ces flibustiers ? Son expression s’adoucit, son regard pétilla fugacement alors qu’elle glissait avec un brin d’amusement, de ceux si semblables à la façon qu’avait Ilhan d’en faufiler lui-même dans ses discussions :

« - Cela fera plus de place pour nos échanges commerciaux, n’est-ce pas ? »

Elle lui offrit à la suite un sourire dont l’innocence lavait toute taquinerie de ses traits. Ses grands yeux de velours portés sur la guerrière se voulaient limpides alors que le vœux d’augmenter le nombre de ses interactions avec la cité militaire se révélait aussi sincère que celui de renouer le peuple et les cœurs meurtries de Glacern l’Oubliée.


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En un sens, cela ne l’étonnait guère, et ne la choquait pas. Peut-être même aurait-elle été plus choquée de l’inverse. L’information ne fut donc marquée que d’un hochement de tête, sans qu’elle ne fasse le moindre commentaire. La nordique croyait fermement que pour diriger une nation, même en ayant l’aide de conseillers, il était nécessaire de se représenter ce qui était mit en jeu dans chaque décision. Cependant, avec sa gaucherie habituelle, elle ne voulait pas avoir l’air de lui faire la leçon car ce n’était pas sa place. Cependant, si sa visite pouvait l’inspirer, ce ne serait que positif.

Je vois

Ainsi, la traversée l’avait durablement marqué. En y regardant attentivement, elle pouvait en comprendre la raison, la Kohan était extrêmement jeune, selon les critères du sud dont elle était issue et son enfance protégée ne l’avait pas prédisposé à endurer, avant les guerres. La traversée avait été longue, dangereuse, hasardeuse pour tous et de nombreuses vies avaient été perdus. De plus, il y avait fort à parier que la jeune impératrice ait fait cette traversée sans son frère, contrairement à eux qui s’étaient énormément soutenus les uns les autres. Pour tout cela, elle pouvait entendre cette peur, si ce n’était la comprendre totalement.

Ce sont des images qui marquent. C’est aussi parfois plus que de l’eau et de vent. Moi-même il m’arrive encore de revoir l’explosion des monts de notre ancien continent quand le tyran affronta les septs, ensevelissant ma patrie sous la lave et le soufre

Il n’y avait pas d’inimité dans sa voix, mais du regret. Et, finalement, un lambeau de compréhension. L’image de tout ce qui faisait son monde, disparaissant à tout jamais avait été une dévastation pour elle.

Elle se reprit et essaya de lui sourire.

Mais quand ces images me reviennent, je me souviens que nous sommes désormais ici, sur une terre de seconde chance, avec la promesse d’un avenir meilleur si nous savons le chercher et le construire

Il fallait bien se donner du courage et un espoir pour l’avenir s’ils voulaient avancer. Elle aussi devait avoir ses propres façons de se redonner courage également, c’était forcé, elle n’aurait pu continuer sans cela. Intérieurement, elle se rendait compte que la jeunesse plus marquée et le fait qu’elle soit une femme l’encourageait à se montrer plus amicale et plus aidante qu’elle ne l’avait été avec Nolan. Certes, l’ancien souverain avait fait de très mauvais choix qui expliquaient également son attitude, à l’égard de Délimar, et Victoria se montrait très différente. Elle semblait moins laisser son insécurité parler. Mais Tryghild ne pouvait nier qu’elle cette frêle enfant comme très différente. Est-ce que c’était de la magie ? Non, vu comment la magie était détraquée… s’il y avait eut une autre influence, de tout façon, ses brises-sorts seraient intervenus. La suite la tira de sa contemplation, et elle fronça légèrement les sourcils. Ainsi, Sélénia avait enfin décidé de prendre des mesures contre les pirates. Voilà qui était une très bonne chose… et qui arrivait presque en retard quand on savait que c’était Sélénia qui était la plus touchée par les attaques de pirates. Caladon avait également connu le problème jusqu’à ce que des navires Délimariens lourdement harnachés de leurs nouveaux feutonnerres géants ne viennent assurer leur protection. Elle n’avait jamais compris pourquoi Nolan chantait vouloir mettre un terme à la piraterie mais ne commençait pas par les mesures les plus évidentes.

Cela rendra certainement plus compliqué pour les pirates d’obtenir les plans de vos liaisons maritime

Elle ne pouvait pas promettre un grand échange commerciale. Enfin, pas à l’export. Délimar était, pour beaucoup, une ville autosuffisante. Ils importaient surtout des matières agricoles pour compléter leur production, et divers matières premières complémentaires pour leur grande industrie. Mais Caladon désespérait déjà de leur vendre leurs babioles de luxe alors Sélénia… Enfin, peut-être trouveraient-ils un terrain d’entente. Pour le moment, elle appréciait simplement le bon sens de la jeune femme. C’était rafraîchissant, venant d’une Sélénienne tout de même. Néanmoins, pour ne pas gâcher ces beaux yeux si doux, elle décida d’ajouter.

Pourquoi ne pas visiter le quartier marchand et le quartier de l’industrie ensuite ? Mais avant cela venez je vais vous faire faire le tour du bâtiment

Elle lui fit donc visiter la capitainerie, discuter un peu avec le capitaine du port, voir la grande salle de traitement des escales, les archives puis ressortir pour terminer le tour du port et des grands navires avant de se diriger vers le quartier marchand. Contrairement à la débauche de Caladon, le quartier marchand Délimarien était extrêmement réglementé et géré. Les boutiques réunissaient plusieurs artisans possédant les mêmes capacités, de sorte que la concurrence n’existait qu’à très petite échelle, et qu’on encourageait davantage à optimiser les stocks et la production ciblée. On ne se bousculait pas devant les étales mais on venait passer commande, on payait puis on se faisait livrer chez soi. Des gestionnaires de stock passaient deux fois la journée afin de comptabiliser les commandes et les niveaux de stock de chaque groupement d’artisans. Des charrettes de coursiers et de stocks se déplaçaient sur les différents bâtiments afin de livrer les matières premières et de récupérer les commandes finalisées. Il y avait néanmoins beaucoup de passage et plus loin, le quartier marchand laissait place aux bâtiments de l’industrie lourde. Ils n’iraient pas voir de plus près, les lieux étaient dangereux pour qui n’y travaillait pas et elle ne voulait pas montrer comment les feutonnerres lourds étaient produits. De très nombreux entrepôts jalonnaient la zone, placés de façon stratégique pour alimenter facilement les industries et artisans les plus proches. Là, ils ne passèrent pas longtemps, bien qu’elle lui proposa de voir de l’intérieur l’un des entrepôts pour observer la façon dont ils fonctionnaient. Elle proposa à Victoria de s’arrêter sur une place, à mi-chemin, autant pour reposer un peu ses jambes que pour expliquer un peu comment fonctionnait leur système d’imports et d’exports.

Nous fonctionnons autant que possible sur un système de gestion interne et nous n’effectuons du commerce que si c’est absolument nécessaire. Cela demande une gestion des stocks de matériaux et de vivres très pointu, avec un suivi prioritaire et constant, mais cela nous permet de ne pas dépenser inutilement. Nous vendons peu, même au sein de l’Alliance, car beaucoup de notre production sert aux besoins de la ville. Comme nous nous passons de ce que nos voisins nomment le luxe, et que notre ville possède un fonctionnement très pragmatique et tourné vers la recherche de l’efficience et du bien-être, de la sécurité optimale, nous nous passons de nombreuses commodités qui se retrouvent dans d’autres villes. De plus, avec la technologie des ingénieurs almaréens, nous rentabilisons mieux certaines productions et certaines activités. Nous complétons surtout nos réserves de vivres, à l’import. Les eaux sont riches en poissons et nos forêts riches en gibier en revanche nous avons moins de terres agricoles, donc nous faisons venir du grain et des légumes. Parfois certains fibres végétales également ou des huiles. Très peu de produits déjà finis, en vérité… ça c’est justement le coeur de notre savoir faire, hors ‘luxe’. Avant le départ d’Aldaron Elusis du siège de Bourgmestre, nous avons également conclus un accord historique concernant l’importation de spiritueux, pour les fêtes mais aussi pour nos tavernes. Notre peuple est un grand amateur en la matière

Elle réfléchissait, tout en parlant, à ce qui pourrait peut-être se faire avec Sélénia. Peut-être du bois. Ils étaient mieux dotés, ou certains diamants pour les ingénieries almaréennes… en échange, il y avait peut-être possibilité de faire commerce d’une partie du savoir de construction navale, qui pouvait renforcer les navires séléniens qui naviguaient des eaux dangereuses, au nord, près de Nyn-Tiamat. Peut-être également des chevaux. Leurs dompteurs et leurs haras de guerre étaient les meilleurs de l’archipel…. Elle exposa la suggestion, sans donner de promesse, simplement pour donner du grain à moudre à leur échange. Si les relations restaient au beau fixe, il faudrait que leurs conseillers respectifs en discutent plus en détail. Si cela se faisait.


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Elle exécrait la piraterie. L’acte en lui-même la révulsait jusqu’au plus profond de son être. Elle ne comprenait pas comment certains pouvaient s’engager sur une voie aussi débilitante et humiliante et trouver le temps de s’en enorgueillirent. Qu’y avait-il se glorieux à voler ce que autrui avait passé sa vie à bâtir et amasser ? Où était la fierté quand on passait plus de temps à concocter des plans pour piller un navire que pour gagner honnêtement cette même somme et sans y risquer sa vie ? Les pirates n’étaient que trop feignants, trop bêtes et obtus pour s’intégrer dans une société et y engranger sa richesse comme tout un chacun. Comment pouvait-on accepter de vivre en marge de la société et pourtant la sucer comme une tique ? Quitte à cracher sur les principes fondamentaux d’un tiers, alors autant se créer son propre royaume et ne pas venir dépendre des autres pour sa propre subsistance !

Des hypocrites et des menteurs qui ne jouaient pas le jeu des puissances en place. Des enfants gâtés et capricieux, voilà ce qu’étaient les pirates. Jamais Victoria ne comprendrait ce que son frère avait pu leur trouver, ni pourquoi il s’était révélé aussi laxiste à leur sujet. Un léger soupir lui échappa à la remarque de l’Intendante et elle hocha lentement, avec une certaine réluctance, de sa jolie tête blonde en une approbation résignée. Bien sûr qu’elle savait combien les navires séléniens étaient touchés par la piraterie ! Ils étaient pratiquement forcés de sortir deux fois plus de marchandises pour espérer faire parvenir à leurs destinataires le nombre requis à la commande.

« - Nous y parviendrons et nous ne céderons pas face aux conséquences. »

Dit-elle d’une voix douce, mais ferme. Elle savait que conséquences il y aurait une fois que les pirates seront chassés d’Azzuréo. Elle ne comptait pas employer des Lois aussi définitives que Délimar, mais elle ne voulait plus rien avoir affaire avec cette engeance. Beaucoup de partisans à la Cour craignaient de voir leur économie en souffrir, mais en quoi exactement !? Ce que les pirates revendaient étaient des marchandises qu’ils leur volaient ! C’était absurde. Un cercle vicieux s’était installé depuis leur arrivée sur l’Archipel et il était plus que temps d’y mettre un terme. Si Victoria voulait des produits caladonniens ou délimariens, alors elle ferait du commerce avec eux. Sélénia n’était pas si pauvre pour recourir à de tels procédés… pas encore en tout cas.

Ses lèvres rosées se pincèrent avec sévérité, ne laissant qu’une fine ligne pâle dans son joli visage aux traits songeurs et préoccupés. Sa beauté restait la même, aussi vibrante et fraîche qu’un bourgeon au printemps, mais elle était soucieuse. Est-ce que sa force navale était suffisamment équipée pour tenir durablement tête aux pirates ? Après le siège d’Azzuréo et le combat contre les Chimères ; la jeune Impératrice n’en était plus aussi certaine. Beaucoup de ses mages étaient partis rejoindre la Loge et elle ne savait fichtrement pas quand ils lui reviendraient. Il y avait bien les clans vampiriques du Triumvirat, mais elle ne leur faisait pas encore assez confiance pour leur confier une tâche si lourde, si délicate. La voix de Tryghild vint la sortir de ses préoccupations et elle se dévissa le cou pour la regarder droit dans les yeux, légèrement déstabilisée par la proposition. L’instant d’après, le temps d’un battement de cils, Victoria arborait de nouveau un magnifique sourire et hocha de la tête.

« - J’en serais ravie. »

Elle lui emboîta le pas, heureuse d’avoir pu rester immobile quelques minutes. Juste ce qu’il fallait pour reposer ses pieds et retrouver son souffle. Lorsqu’elles retrouvèrent l’extérieur, l’adolescente porta une main en visière pour s’abriter du soleil encore écrasant de ce début d’automne. Elle observa avec une émerveillement sincère les grandes voiles qui claquaient et inspira profondément l’air iodé chargé des effluves de bois mouillé, de ballots d’épices et du bétails. Juste ce qu’il fallait pour agrémenter ce tableau unique sans le rendre inconfortable. Elle se promit, alors qu’elle suivait l’Intendante aussi dignement que possible malgré la marche forcée, qu’elle visiterait plus souvent le Port d’Azzuréo lorsqu’elle sera rentrée. Sortir du Palais de façon plus régulière aidera forcément au moral du peuple, non ?

La vue du quartier marchand laissa à Victoria une forte impression. Déjà parce qu’il n’avait absolument rien à voir avec celui de Sélénia ou de Caladon, mais surtout par son organisation aussi calculée et rythmée qu’une fourmilière. Ses yeux se portèrent sur les hauts murs de l’enceinte encore fractionnée dans ses travaux titanesques, puis elle retourna son attention sur les délimariens qui bougeaient autour d’eux comme un seul homme, un seul cœur. Une forme d’admiration lui vint, mais teintée d’un malaise inexplicable. Tout lui semblait trop organisé, trop définit et elle avait l’impression d’y perdre cette étincelle de chaos, d’inventivité et d’incohérence qui faisait pourtant la force et la beauté de l’humanité… toutefois, force était d’admettre que ce même comportement discipliné mettait ce peuple tout entier en haut du piédestal en terme d’autonomie et de survie. Glacernois, Lyssiens et Almaréens ; des peuples forts, les plus avancés dans la navigation, la technologie et le militarisme. Aurait-on pu les critiquer sur l’esthétisme ou le raffinement, mais ils avaient su s’attacher les derniers représentants d’Althaïa pour pallier ces même lacunes.

Un soupir lui vint alors qu’elle traînait des pieds devant quelques étales d’orfèvrerie. Il y en avait beaucoup moins qu’à Sélénia, mais la qualité des détails étaient impressionnant. Nombres de pièces semblaient prendre vie sous le jeu des lumières et Victoria se mordit d’envie la lèvre inférieure, regrettant de ne pas être capable de s’arrêter pour faire quelques emplettes. Elle fut contrainte de s’arracher aux étales organisées pour suivre son hôte dans le quartier de l’industrie où l’odeur du métal chaud, des fours et forges leur parvenait dès que le vent tournait dans leur direction. Elle entendait le vacarme des marteaux sur les enclumes, le bruit des meules raclant le métal, les ouvriers qui s’interpellaient. Un frisson chaud lui coula quand elle vit passer un groupe d’hommes torses nus, lustrés de sueurs et elle détourna des yeux avec pudeur, l’air de rien pour se concentrer avec grande attention sur l’entrepôt qu’on lui montrait. La proposition de faire une halte fut doublement reçue avec gratitude.

Assise sur un banc à l’ombre d’un bâtiment, chevilles croisées et dos droit en une posture aussi élégante que confortable, l’adolescente regretta de ne pas avoir pris avec elle de quoi se désaltérer. Avisant une échoppe plus bas dans la rue, elle demanda à l’Intendante si il leur était permis d’aller acheter de quoi boire et l’accompagna, insista pour payer sa propre commande, puis retourna avec elle sur le banc tandis que Tryghild finissait de lui expliquer le fonctionnement d’imports-exports de Délimar. C’était ennuyeux qu’ils soient aussi autonomes, mais aussi très impressionnant. Elle réfléchissait à toute allure sur ce que son empire aurait donc d’intéressant pour cette cité et elle observa les alentours avec une douce expression pensive, concentrée et un brin inquiète. Plusieurs idées lui vinrent à force de décortiquer toutes les ressources dont possédait Sélénia, en terme de matières brutes que déjà manufacturées. Les idées que lui glissa l’Intendante lui firent relever le nez et elle fut heureuse de la voir considérer un rapprochement. Oh il n’y avait là aucune promesse, mais l’effort d’y réfléchir était tous ce qu’elle recherchait pour cette première prise de contact !

Victoria bu une petite gorgée de son jus de baies sauvages avant de répondre :

« - Les diamants que vous demandez pour l’ingéniérie almaréenne, je suis curieuse de savoir quelle utilité vous leur réserver. Je suis sûr qu’il ne s’agit pas d’ornementation ! Serait-ce pour couper des choses ? Graver des alliages ? »

Un regard vif et intelligent, mais dont l’azure se faisait aussi curieux que candide, se leva sur la glacernoise. Victoria pencha légèrement la tête de côté et continua :

« - Nous pourrions effectivement fournir du bois pour vos chantier navale, mais pourquoi pas du charbon pour votre industrie ? Une dizaine de villages charbonniers se développe dans le nord de nos forêts, près des rives riches en argile de quelques fleuves et lacs récemment inspectés. Nous préparons principalement le prochain hiver avec leur production, mais lorsque la production sera stable une part pourrait être exportée. »

Victoria savait les hivers rigoureux sur Calastin, du moins pour eux puisqu’elle se doutait qu’au regard des glacernois la saison n’était qu’une petite brise bienvenue, en conséquence elle désirait encourager ce genre d’initiatives chez son peuple. Les charbonniers étaient indispensables ; ils œuvraient toute l’année pour produire d’immenses quantités de charbons qui serviraient principalement l’hiver et le reste du temps pour les forges et industries de l’Empire. La jeune Impératrice cherchait à fournir à son peuple des rations de grains et de charbon pour cet hiver, quitte à piocher dans les greniers et entrepôts impériaux… mais cela faisait grand débat parmi la noblesse qui voyait une telle générosité d’un mauvais œil. Ils avaient peur de se serrer la ceinture, de perdre leurs privilèges. Par les Huit qu’elle avait hâte de se débarrasser de ces gens capricieux et inutiles ! Ravalant habilement ses émotions, elle poursuivit avec cette même douceur pensive, mais ferme dans sa volonté :

« - Nous avons aussi du vin à proposer. Nos premières cuvées sont encore un peu pauvres, mais plusieurs domaines nous promettent déjà des robes riches et parfumées pour la prochaine année. Nous nous essayons même à des cuvées précoces pour avoir un bouquet plus acide et frais, venant de quelques hybridations avec des vignes sauvages trouvées sur l’Archipel. »

Elle eut un sourire et baissa les yeux sur sa boisson dont elle prit une autre gorgée. Elle pouvait presque entendre Ser Avente se désespérer de la voir ingurgiter une boisson dont l’origine lui était inconnue. L’empoisonnement serait encore le moyen le plus simple de se débarrasser d’elle, mais Victoria avait depuis longtemps décidé de tout jouer sur cette visite ; y compris sa propre vie. Reposant le gobelet de bois sur la pierre du banc à ses côtés, elle croisa les mains sur le haut de ses cuisses et leva les yeux sur le triangle de ciel qu’elle percevait entre la muraille et les hauts bâtiments.

« - J’admire votre gestion de ressources et l’économie qui en découle forcément, Intendante. Mon Empire devrait en prendre exemple. Lorsque je me suis penchée pour la première fois sur les mouvements d’importation et d’exportation de mon Empire, lorsque j’ai recoupé nos dépenses et nos productions interne… j’ai cru regarder au travers d’un panier troué. »

L’aveux fut dis avec amertume, d’une voix presque inaudible.

« - Je ne sais pas ce qu’il s’est passé. Je ne sais pas comment les fonctionnaires ont pu laisser les choses en arriver là et si mon Empire n’est pas à la faillite, je peux dire sans crainte d’ébruiter le moindre secret que nous ne sommes pas non plus au meilleur de notre économie. »

Tout le monde le savait après tout. Le bas peuple grondait dans les campagnes les plus reculées. Cet hiver risquait d’apporter de nombreuses famines si elle ne se bougeait pas assez vite pour imposer ses idées de rations offertes selon un calcul des revenus annuels des fermiers, artisans et de tout ceux dépendant d’un domaine ou de l’Empire lui-même. Il lui fallait s’assurer que les nobles en place d’ici le cœur de la prochaine saison aient les doigts écartés du cordon de leur fichue bourse. Elle ne voulait pas voir son peuple mourir de faim ou de froid. Il s’agissait de son « enfant » après tout ! Sans lui, cette couronne qu’elle portait et ce titre qui était le sien devenaient obsolètes. Un soupir lui échappa et elle carra ses fines épaules avec détermination.

« - Et je veux que cela change. Je sais que je ne suis pas très populaire auprès de mes appuis à la Cour et que nombre de mes décisions sont contestées. Le pire est qu’en étant tout à fait honnête, ce n’est pas les idées en elles-même qui déplaisent la plupart du temps, mais bien le fait qu’elles soient proférées par une femme. » Sa voix se fit sourde de colère à ces mots. L’Impératrice avait passé le stade de l’indignation depuis longtemps. Elle était maintenant furieuse de ce triste constat. « Lorsque je vois combien l’Alliance est en avance sur ses mœurs de ce côté là, cela me motive davantage encore à leur prouver que nous valons tout aussi bien, sinon plus, qu’eux. »

Elle ne pouvait cependant pas se précipiter et devait jouer en des eaux troubles qui la terrifiaient toujours un peu. La ruse et la patience seraient ses meilleures amies pour les prochaines années, du moins si elle espérait vivre jusqu'à un âge respectable. Après un léger silence, Victoria avait pris conscience qu’elle s’était écartée du sujet principal et y retourna avec naturel en poursuivant d’un timbre plus chaud et calme :

« - De fait, j’aimerai faire passer de nombreuses Lois et changements au sein de mon Royaume. Votre aide en terme de construction navale pourrait m’y aider. J’ai cru savoir que les graärh de Nyn-Tiamat pêchent des créatures marines immenses ! On les dit aussi vastes que des îles, capable de cracher des geysers d’eau jusqu’au ciel et de soulever des vagues qui avaleraient des navires entiers. Elles nageraient dans les eaux froides du Nord, mais nos bateaux peinent encore à traverser ces eaux dangereuses, sans parler de la forte piraterie qui écume les récifs aux alentours des zones qui supportèrent les confrontations navales contre les Chimères. Si nous commerçons, tout ceci pourrait changer. »

L’amertume lui revint à parler de cette fange de l’Humanité. Un léger soupir lui échappa et elle termina son breuvage avant de se lever et de s’étirer discrètement. Ses yeux papillonnèrent d’une étale à une autre avant de retourner sur un détail qui l’intriguait depuis l’instant où ils avaient mis les pieds dans ce quartier. Elle demanda donc à Tryghild de lui expliquer quel était le but des grandes places dégagées et leur localisation qui lui semblait singulière. Elle voulu savoir aussi s’il était possible de visiter l’une des arènes qui rendait ce quartier si célèbre, car une telle activité n’existait pas à Sélénia… mais cela pourrait changer ! Victoria songea que des joutes au printemps prochain pourrait réjouir le peuple après l’hiver et la privation. Un événement qui sera dédié à Végétale et Océan probablement. Ravie de cette idée, elle suivit l’Intendante et écouta avec grande attention ses explications.


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Oui, entre autre pour les alliages et les armes

Il ne s’agissait pas que de graver des alliages ou couper d’autres matériaux, mais elle ne pouvait pas révéler tous les secrets de ses ingénieurs, et de toute façon, elle ne comprenait pas tout elle-même. De ce qu’elle en comprenait, les diamants possédaient une solidité naturelle remarquable qui rendait leur usage important pour des mécanismes avancés, bien qu’elle ne sache pas comment les almaréens comptaient les tailler sans l’aide de la magie. Fort heureusement, elle n’était pas réellement censée le savoir, cela ne représentait donc pas un manquement de sa part. La proposition de la jeune impératrice lui fit hocher la tête d’assentiment. C’était une possibilité à explorer. Pour l’instant, ils cherchaient à rentabiliser leurs fourneaux au mieux afin de ne rien perdre du combustible utilisé, mais s’il existait une alternative viable au bois en dur.

Nous pourrions étudier cela oui

Cela permettrait également de sauvegarder une partie des ressources forestières car elles ne se renouvelaient pas rapidement. En vérité, si elle l’avait pu, elle aurait fait établir un comptoir sur Nyn-Tiamat ou Keet-Tiamat pour capitaliser sur les ressources forestières de ces deux îles. Pour l’instant cependant, c’était hors de question. Ils n’avaient pas les moyens d’investir dans tout à la fois. Si les conflits se calmaient, la chanson serait toute autre. Elle hocha de nouveau la tête, quand il fut question de vin. Sans doute faudrait-il attendre quelques années pour cela, en raison des contrats préférentiels avec Caladon, mais à terme pourquoi pas ? Leurs experts en commerce et ravitaillement pourraient en tirer quelque chose. Pour le moment, il ne s’agissait que d’évoquer brièvement ce qui pouvait se faire dans l'absolu et sans promesses aucune.

Je comprend votre désarrois

Victoria n’imaginait pas à quel point. Elle savait, pour le marché noir. Une bouffée d’angoisse la fit suffoquer, soudainement, et elle fronça les sourcils. Peut-être le couronnement de Victoria serait une bonne raison de revoir les drains infligés à Sélénia.. non ? Mais à qui porter le sujet ? Aldaron était mort et elle ne connaissait personne d’autre. Elle ne voulait pas deviner et risquer de se tromper en provoquant une catastrophe. Et elle ne pouvait rien dire à cette pauvre enfant… c’était terriblement dur pour elle, tant elle n’en avait pas l’habitude. Elle se sentait nerveuse, mal à l’aise. Si elle parlait, elle trahissait l’alliance, si elle ne parlait pas, elle laissait cette jeune femme à peine sortie de l’enfance s’enfoncer dans un problème insoluble. Les stupidités commises par la famille royale jusqu’ici… Victoria ne semblait pas prête à faire les mêmes…

Si elle ne pouvait rien dire, elle ne s’abaisserait pas à mentir ouvertement pour autant.

En cela… vous pourrez compter sur mon soutien

Si elle ne pouvait rien dire pour l’économie de l’empire, pour son plus grand malaise, elle pouvait au moins se prononcer sur l’égalité des sexes. Elle ne comprenait pas en quoi les femmes étaient inférieures aux yeux des Séléniens. Cela l’avait toujours perturbée. Sa propre mère avait suggéré qu’il s’agissait de leurs milieux de vie, qui jouaient, mais en Althaïa aussi, l’égalité était plus développée. C’était tout de même incompréhensible pour une personne extérieur. Elle-même avait eut quelques soucis avec les Lyssiens, mais elle avait su s’imposer sans le moindre partage et il était vrai qu’elle avait moins à combattre que Victoria. Glacernois et Almaréens étaient égalitaires de longue date, ce qui changeait beaucoup la donne. Les questions de la jeune impératrice lui arrachèrent un léger sourire et vinrent la détendre quelque peu même si elle se sentait toujours coupable. Elle se releva, détailla un peu pour elle le fonctionnement des places et enchaîna avec les arènes.

Je vous emmènerais voir l’arène. Nous allons traverser le quartier des arts pour nous y rendre

Elles pénétrèrent dans le quartier des arts par la porte du lémurien et Tryghild s’arrêta quelques instants, pour s’acclimater. Chaque fois, c’était comme entrer dans un autre monde. Ici, les artistes présentaient leurs podiums, peignaient sur les pavés et les murs. Les statues issues des cultures des trois peuples citoyens étaient ornées des tressages d’été et de l’automne, de tissus colorés… la musique jouait dans toutes les rues, des amuseurs se produisaient pour les passants. Décidée à prendre un peu de temps ici, elle entraîna son invitée vers une étale de nourriture fumante. Il s’agissait d’un mélange de plats à manger sur le pouce, lyssiens et almaréens, ainsi que de douceurs sucrées, pour la plupart à base de fruits. Elle lui proposa de goûter, étant presque certaine que la jeune femme n’aurait jamais eu l’occasion de le faire auparavant. Une fois de plus, elles purent s’asseoir, pour observer les artistes qui s’épanouissaient près d’eux. Certains étaient des professionnels, dont l’art était le gagne-pain mais certains étaient simplement des citoyens aimant un passe-temps et qui s’exerçait auprès des autres.

Voulez-vous découvrir le quartier davantage avant que nous n’allions aux arènes ?

Tandis que les artistes continuaient leurs ouvrages, elle se reprit à penser à ce dont elle avait voulu discuter avec Ilhan et se demanda si elle ne devrait pas se lancer directement, sans passer par lui. Après tout, le but de sa présence était de lui donner des armes pour, justement, ne plus avoir besoin de lui en permanence à la fin. Ceci pouvait être un premier pas. Un réel premier pas, car elle ne comptait pas Nolan, Ilhan et Aldaron avaient effectivement été là. C’était cependant une idée qui n’avait qu’une faible valeur stratégique immédiate, une idée, donc, qui ne risquait pas de provoquer une réelle crise si elle ne fonctionnait pas. Ce serait peu dangereux et si cela pouvait marcher, ce serait un premier pas. L’économie, le commerce, c’était bien mais ce n’était pas quelque chose que la majorité des citoyens, des civiles, comprenaient aisément et de façon répandue. Chacun en sentait une partie, mais les négociations, la vue globale de la chose… non, ça, ce n’était pas vu. Même pour ceux qui devaient mettre tout cela en place, il était difficile d’en voir la globalité alors un simple citoyen ?

Il y a une chose dont j’aimerais beaucoup vous entretenir et l’évoquer ici… je pense qu’il s’agit du meilleur contexte possible. Cela fait quelques temps que je travaille sur ce projet, bien qu’originellement, il s’agisse d’un projet uniquement dédié à l’Alliance, ce pourrait être une bonne façon de rapprocher nos états, et de combler quelque peu le fossé, disons d’une façon plus humaine. Il s’agirait d’un rassemblement compétitif, qui réunirait des disciplines physiques, artistiques et pourquoi pas d’autres disciplines ? Il se tiendrait dans un lieu neutre accepté par tous et permettrait de réunir tous les peuples humains, pas seulement dirigeants mais également civiles, pour des réjouissances tout en permettant à nos rivalités de s’exprimer… disons sans tueries

Elle la surveilla du regard, expectative.


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L’angoisse d’un refus, d’une confrontation, la rongeait comme autant de petites dents qui entamaient son sang-froid. Bout par bout, elle peinait à garder son masque impeccable, docile et attentif aux moindres mots de la femme qui l’accompagnait. La jeune Impératrice se faisait violence pour ne pas se mordiller la lèvre inférieure ou encore tortiller ses mèches de cheveux. Elle avait conscience des nombreux regards sur elle, sans se douter toutefois qu’il s’agissait plus du glamour que lui offrait le Paon qu’une attention suspicieuse ou belliqueuse à son égard en tant que fille, dirigeante même, de Sélénia l’honnie. Un nœud de tension persistait entre ses omoplates, raidissant ses fines épaules sous le cuir de sa veste de chasse. Plus que céder à cette angoisse, cette horrible paranoïa cultivée tout au long de sa jeune existence, non c’était de décevoir Tryghild et ses alliés à la Capitale qui l’inquiétait le plus au final. Se ridiculiser, fâcher la guerrière et mettre à bas tous les efforts déployés jusqu’à ce jours pour que cet instant existe. Pour qu’il puisse se faire justement !

« - Vous… comprenez ?! Oh... »

La surprise la prit au dépourvu et elle écarquilla légèrement des yeux. Puis vint la promesse d’un soutient. Ce n’était pas celui de l’Intendante à l’Impératrice, il n’y avait là aucune valeur politique, aucun poids de puissance. Il ne s’agissait que d’une promesse d’une femme mâture à une jeune fille perdue, désorientée et qui avait grandi sans mère. Et pour Victoria, cela valait bien tout l’or du monde. Des larmes, fugaces, brillèrent dans le saphir de ses yeux grands ouverts et elle sentit ses joues chauffer délicieusement d’embarras, mais aussi d’émotion. Elle se contenta alors de hocher de la tête en signe d’acceptation, car elle ne faisait absolument pas confiance en sa voix pour ne pas la trahir davantage encore. Déjà sur pieds, elle s’empressa de finir sa boisson et alla rendre le récipient au vendeur avant de retrouver la guerrière d’une foulée leste afin de ne pas se faire distancer. Ses cuisses protestèrent à repartir si tôt, mais l’adolescente serra les dents et continua la visite.

Et alors qu’elle entrait dans le quartier des arts, chaque élancement dans ses muscles, chaque grincement de ses articulations ; tout cela en valait mille fois la peine face au spectacle qui s’offrait à elle. Chaque quartier semblait être une bulle de son propre univers, avec sa luminosité et son ambiance propres. Il y avait ici une explosion de couleurs, de chants, de musiques et de parfums. Un instant, elle en fut étourdie et porta une main à ses lèvres pour cacher le magnifique et naturel sourire qui lui venait à cette vue. L’adolescente ne savait pas où s’arrêter, quoi regarder tant il y avait de choses qui piquaient sa curiosité. Il fallu que Tryghild l’appelle à deux reprises pour qu’elle s’arrache à sa contemplation et ne la suive vers une étale de nourriture. Aussitôt son ventre se crispa d’appétit et certaine de ne pas être jugée pour avoir envie de manger, contrairement à la Cour où avoir un estomac semblait être la pire insulte à commettre lors d’un Bal, elle se fit une petite sélection.

Lorsqu’elle rejoignit son hôte sur un banc, Victoria jonglait avec plusieurs petits plats de bois remplis à ras bord, accompagnés de pics pour saisir les morceaux de viandes, légumes ou fruits sans trop se salir les doigts. L’adolescente avait payé le commerçant, n’attendant même pas qu’on lui offre quoi que ce soit et savourait maintenant son petit écart de régime avec gourmandise. Une fois de plus, elle cru entendre Ilhan lui faire la leçon, mais elle chassa l’écho de son mentor d’un petit haussement d’épaules et croqua dans une boulette à la farce de poulet et d’épices. Elle mangeait par petites bouchées prudentes, ne voulant pas se salir la tenue et venait parfois retenir ses cheveux d’une main lorsqu’elle devait se pencher pour happer un morceau récalcitrant ou trop juteux pour être éloigné de son contenant sans risquer une catastrophe. Son attention, lorsqu’elle n’était pas sur son casse-croûte, était entièrement tournée vers un jongleur aux sabres. Elle en avait déjà vu un à Sélénia, mais il s’agissait alors d’un tour de magie alors que là ? Il n’y avait que l’adresse inouïe de l’artiste et ce frisson du danger, de l’erreur qui pourrait lui coûter une main ou pire : la vie. L’adolescente retint son souffle quand l’artiste ajouta une nouvelle lame à la danse déjà scintillante et encombrée au dessus de sa tête.

« - J’aimerai rester un peu, si cela ne vous dérange pas... »

Répondit-elle sans détourner le regard.  Tryghil ne semblait pas vouloir bouger et semblait même être perdue dans ses pensées comme le lui révéla un rapide coup d’œil entre deux tours de jonglage. Satisfaite, l’Impératrice termina ses plats qui s’empilèrent proprement de son côté du banc à mesure qu’elle les vidait. Le ventre plein, les papilles en extases après toutes ces saveurs nouvelles et surprenantes, Victoria se surprit à s’adosser au banc et fermer à moitié des yeux. Les hautes murailles coupaient les rues et les places de l’air iodé du large, mais les ombres toutes aussi hautes gardaient les larges pierres de Délimar au frais. Le jongleur termina sa prestation et Victoria se redressa pour l’applaudir avec le reste de son audience, large sourire admiratif aux lèvres encore sucrées des friandises qu’elle s’était gardée comme « dessert ».

« - Oui ?! »

Surprise, légèrement déstabilisée par le soudain retour et entrée en matière de l’Intendante, elle leva sur la femme un regard prudent qui oscillait entre curiosité et appréhension. Toutefois, à mesure que la glacernoise s’exprimait, toute crainte fut chassée et il ne resta que stupeur et incompréhension. Silencieuse, elle prit le temps de démêler ce que l’on venait de lui dire, de le mettre en place et de s’y projeter. C’était un projet vaste, surtout donné avec si peu d’explications, mais Victoria était une enfant ayant de l’imagination et un esprit vif, il ne lui fallu que quelques minutes pour s’illuminer et se redressa sur son assise tout en venant poser une main fraîche et délicate sur celle de l’Intendante.

« - Oh comme les joutes estivales de Gloria ! Je m’en souviens même si j’étais encore qu’une enfant ! Les chevaliers se défiaient dans différentes disciplines pour remporter des lots, des faveurs et monter leur réputation, n’est-ce pas ? »

Elle retira sa main pour triturer pensivement une mèche de cheveux. Elle fixa le ciel, pensive et fit légèrement balancer ses pieds dans le vide alors qu’elle s’appuyait à nouveau au dossier du banc.

« - Mais là, il s’agirait d’autre chose encore ! Pas seulement accessible à la noblesse, mais pour tout le monde. Oh bien sûr, pas que du martial, mais plus du… desports ? Tir à l’arc, lutte, course à pieds ou d’obstacles ? Oh ce serait merveilleux ! Des disciplines d’art comme du chant, de la danse ? Elle eut un rire léger, naturel. Du théâtre ?! Ho… et pourquoi pas d’autres jeux en équipe ? Des jeux d’énigmes aussi… des confrontation philosophiques sur un thème tiré au hasard ? »

Victoria s’y projetait totalement à présent et son excitation était presque impossible à contenir. Bien plus expressive sans son masque diplomatique, elle regardait autour d’elle et trouvait des inspirations partout où son regard se posait.

« - Les participants pourraient porter les couleurs de leurs villes ! Je veux dire, bien sûr pour l’Alliance, mais aussi pour Sélénia. Si mon peuple pouvait trouver une fierté à venir de telle ou telle ville, comté ou baronnie plutôt que d’être une masse impersonnelle dans un Royaume, j’en serais comblée ! »

Elle s’arrêta subitement et sentit ses oreilles chauffer alors qu’elle prenait une expression horrifiée et coupable, posant les mains sur ses joues, puis le reste de son visage pour se cacher avec embarras.

« - Je vous pris de m’excuser… je me suis emportée ! Je ne sais pas ce qu’il m’a pris, Intendante Svenn… vous montrer une part si peu digne et immature de ma personne, je ne sais plus où me mettre. »

Elle avait bien une idée : sous le banc et ne plus en bouger.


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Au début, elle crut avoir dit quelque chose de trop, ou avoir vexé la jeune femme sans le vouloir et en était à s’insulter mentalement quand, contre toute attente, Victoria s’illumina, la déstabilisant coup sur coup. D’une sourde angoisse, elle passa au soulagement. Il aurait été malheureux de provoquer un incident diplomatique par cette journée. Il semblait cependant que ce spectre se soit dissipé pour le moment tandis que la voix mélodieuse de la Sélénienne rompait le silence. C’est vrai qu’elle avait une belle voix… Une voix dont on avait l’impression qu’elle ne pouvait rien vous dire de mauvais. Une pensée dangereuse en vérité, mais qu’elle ne remettait pas en question sur le moment. Jamais elle n’avait vu de joutes gloriennes, à peine en avait-elle lu une mention dans les journaux de son ancêtre, le roi du nord, quand il narrait son temps auprès de la cour sudiste. La référence n’avait rien de concret pour elle mais pour Victoria, cela semblait avoir beaucoup de consistance et ce qu’elle expliquait ressemblait effectivement à ce qu’elle imaginait.

Oui, c’est cela exactement. Pour eux-mêmes et pour leurs factions

Ils pouvaient se réunir une fois par an, ou tous les deux ans, par exemple, pour effectuer une compétition qui rassemblerait largement les humains de l’île. Elle voyait cela comme un événement convivial même si sujet à rivalité, un moment d’échange et de partage ou il serait possible de voir les autres nations autrement que comme des potentiels adversaires sur un champ de bataille. Apprendre ou plutôt ré apprendre à se connaître et à partager pour avancer vers une paix durable dans le respect des besoins de chacun plutôt que de continuer à se regarder en chien de faïence de chaque côté de la frontière. Lorsqu’ils avaient déclaré leur indépendance, c’était uniquement afin de reprendre une souveraineté qui leur appartenait au regard de l’incapacité des Kohans à correctement s’intéresser et s’occuper de leurs vassaux, mais maintenant que cela était clairement établie et que la couronne semblait avoir échoué à une personne capable, tourner leurs armes vers d’autres menaces, plus réelles, plus dangereuses, serait une très bonne chose.

Oui, il ne s’agirait pas de quelque chose réservé à une élite de castes mais à une élite dans chaque discipline en compétition. Ces champions pourraient même en faire un métier, si l’idée est acceptée et la réalisation une réussite. Il s’agirait de représenter tout ce que nos peuples peuvent faire de mieux et de célébrer ces disciplines et ceux qui y excellent dans un climat de partage. Il peut également y avoir de la natation et de la monte, par exemple

Dire qu’elle était heureuse de voir l’impératrice se projeter dans l’idée qu’elle avait lancé serait un euphémisme. C’était étrangement flatteur, de se dire qu’elle avait réussi à avoir une idée, à la transmettre, et qu’elle ait autant de succès, dans un domaine qui n’était pas le champ de bataille. Du jamais vu, en réalité, pour la nordique. Et elle appréciait d’autant plus que la jeune femme s’approprie la chose, fascinée de voir l’ébauche évoluer en passant de mains en mains. Il était vrai que pour Sélénia qui comptait plusieurs villes, les choses seraient un peu plus complexe mais l’idée de Victoria était excellente. Permettre à l’individualité et un sentiment d’appartenance de se créer pour chaque ville était une bonne chose, d’être fier de la ville dont on venait également. Et cela pouvait offrir des opportunités à tous, si vraiment Sélénia acceptait que la noblesse ne soit pas la seule à concourir. Alors bien entendu, elle ne pouvait que l’encourager sur cette voie autant que possible.

Ce serait effectivement très bien

Elle l’affirmait d’autant plus à haute voix que Victoria semblait soudainement horrifiée. Ses sourcils se froncèrent légèrement alors qu’elle cherchait vainement ce qui pouvait causer cet émois chez l’impératrice. Un moment perturbée, l’explication, et les excuses, la firent éclater de rire. Mais ! Enfin ! Elle avait cru qu’il y avait quelque chose de grave ! C’était tellement absurde et elle avait eut si peur qu’elle ne pouvait pas s’empêcher de rire. Larmes aux yeux, il se pliée sur son banc, le son retentissant de son rire envahissant l’espace. Le pire c’est qu’elle ne voulait pas se moquer d’elle ou la vexer, mais elle n’aurait jamais imaginé que Victoria fasse une telle tête à moins qu’on lui annonce une attaque sur ses terres. Elle ne comprenait absolument pas comment on pouvait s’excuser pour… pour rien et pire que pour rien ! Pour quelque chose de positif ! Il n’y avait bien qu’un Sélénien pour s’excuser d’être naturel et de ne pas avoir un balais enfoncé dans le fondement.

Immature ? Votre frère accepte mon hospitalité le temps de négociations et me flanque en pleine face qu’il a autant perdu que nous et c’est vous qui vous excusez d’être immature ?

Sous l’hilarité, elle n’avait pas réfléchit à ce qu’elle décochait et cela la calma immédiatement. Un instant, elle retint son souffle mais comme aucun éclat immédiat ne vint, elle chassa les larmes de ses yeux de la paume d’une main, avant d’expirer profondément. Ce n’était pas charitable de verser du sel dans la plaie, ni digne, justement, mais… mais bon sang que ça venait du fond du coeur. Cependant, elle avait aussi conscience que là, justement, elle s’était plantée. Quoi qu’elle puisse penser de Nolan Kohan, il restait le frère de Victoria et parce qu’il s’agissait de sa famille, Victoria lui vouait certainement beaucoup d’affection, et n’apprécierait donc pas qu’on parle ainsi de lui. En un sens, seule la vérité blessait mais elle ne voulait pas faire de peine à la gamine. Pas seulement parce qu’elle avait l’air frêle mais surtout et avant tout parce qu’elle ne le méritait pas avec les efforts qu’elle semblait faire. Après un instant, donc, elle reprit avec plus de gravité et de tranquillité.

Mes excuses… Il reste votre frère. Mais vous, s’il vous plaît, si je vous en veux pour quelque chose je vous le dirais. Immature ? Qu’est-ce qu’il y a d’immature à être enthousiaste d’offrir à son peuple un moment de joie et de partage et ce en se rapprochant d’autres peuples voisins ?

Elle ne comprenait réellement pas la logique derrière cela. Elle ne comprenait pas… pourquoi qui que ce soit sentait le besoin de présenter des excuses pour ressentir des émotions. C’était presque comme s'excuser d’exister ou d’être humain. Voulait-on déshumaniser l’impératrice ? Pour elle, son empressement, son enthousiasme, tout cela montrait qu’elle s’investissait, qu’elle s’intéressait, et qu’elle se projetait dans la vie de ses sujets, exactement ce qui manquait à… beaucoup d’autres monarques passés. Rire et avoir des étoiles dans les yeux était immature ? Qui était l’imbécile qui lui avait apprit ça exactement ? Un vieil homme défraîchis et frustré de toute son existence passée à se demander ce que les autres pensaient certainement.

Ces dernières années ont été guidées par beaucoup de ressentiments et parce que nous pansions tous nos blessures. Maintenant, il est temps d’aller de l’avant non ? D’arrêter de se voir comme des adversaires. Il y a assez, en Calastin, pour que nous vivions tous correctement. L’humanité a grandit, et cette richesse, cette terre, tout cela, est digne d’être célébré. Pourquoi est-ce qu’il ne serait pas digne d’en être emporté ?

Non vraiment, elle essayait mais ça la révoltait à chaque fois de vouloir se mettre à la place de quelqu’un prônant cela. Elle secoua la tête pour chasser cette désagréable impression.

S’il vous plaît… Soyez à l’aise avec moi, je ne suis pas un membre de votre cour, à vous regarder sous toutes les coutures pour attendre un faux pas et vous planter une dague dans le dos. Ce que vous me montrer me soulage immensément, et vous êtes juste une femme Victoria, comme moi, vous agissez simplement comme un être humain, il n’y a rien de négatif là-dedans

C’était son avis, et franchement jamais elle n’irait flageller quelqu’un. Elle était bien trop imparfaite elle-même. Elle n’était pas la femme la plus intelligente du monde et certainement pas la plus éduquée… mais elle ne souhaitait pas condamner inutilement et elle était fière d’être humaine. Avec un petit sourire d’excuse, elle décida de s’en ouvrir davantage.

Je suis ravie que l’idée vous plaise. J’angoissais un peu de vous en parler… C’est le premier projet de ce genre que je propose… J’espère que le reste des dirigeants de l’Alliance sera aussi du même avis, un projet commun à toutes les nations, qui ne soit pas une guerre, cela sera certainement bénéfique, positif

Victoria n’était pas la seule dirigeante en apprentissage.

Il ne sera pas dit que nous ne savons faire front commun qu’en temps de fin du monde. N’êtes-vous pas d’accord ?


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