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descriptionUne promesse est une promesse [PV Orfraie] EmptyUne promesse est une promesse [PV Orfraie]

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7 octobre 1763 – Ipsë Rosea




Le soleil s’était levé de nombreuses fois et la lune l’avait pourchassé dans le ciel plusieurs fois aussi, depuis son escapade dans la cité sur bois flottant, la cité des "pirates" comme les bipèdes les nommaient. Nephilith avait été heureux de cette escapade malgré les remontrances qu’il n’avait pas manqué essuyer. Il y avait rencontré deux dragonnes intéressantes, même si liées, une de nuit sombre et une de neige immaculée. Toutes deux bien différentes et pourtant plus qu’unies dans les épreuves qu’elles avaient endurées. Il s’était promis de garder un petit coin dans son coeur pour ses deux dragonnes, quoi que puisse en dire son père. Et il espérait bien les revoir un jour. Comme il leur avait dit si un jour elles devaient à nouveau combattre le mal qu'elles avaient connu, cette fois il voudrait les aider. Que les dragons s'unissent dans l'adversité, sauvages ou liés.

Nephilith avait été heureux de cette escapade aussi, car il y avait retrouvé son frère, qu’il avait cru disparu, englouti par un bois flottant immense, un "bateau" comme les nommaient les bipèdes. Et s’il avait été soulagé de l’avoir retrouvé, a priori aussi sain et sauf que possible, il était également fier d’avoir dépassé sa peur de l’inconnu pour partir ainsi à sa recherche.

Et d’avoir dépassé cette peur puérile qui avait enchâssé son coeur lui avait même donné le goût, l’envie, de plus encore. De parcourir et de découvrir le monde, au-delà des possibles qu’on lui montrait. Certes ses parents et sa sœur prenaient soin d’eux, leur inculquaient tout ce qu’ils savaient, et bien plus encore, mais même ce plus ne suffisait pas au doré. Il avait besoin de plus, toujours plus, toujours apprendre, comprendre, toujours questionner, et toujours des réponses trouver. Des réponses qui tissaient alors d’autres questions en un infini ciel étoilé qui semblerait lui demander l’éternité pour tout découvrir, tout parcourir.

Nephilith avait alors compris une chose : s’il apprenait beaucoup auprès des siens, il n’apprenait pas assez. Pas assez vite. Et surtout il apprenait des choses avec une vision bien définie, bien arrêtée, avec des barrières qui semblaient lui cacher bien trop de choses, bien trop de trésors. Il n’avait alors qu’une seule envie : faire voler en éclat ses barrières qui emprisonnaient son esprit dans une seule vision du monde, une seule vision des choses. Il voulait tout voir, tout ! Et sous tous les aspects. Il voulait voir les étoiles, le ciel et la terre, du dessus et du dessous, de côté et de l’autre côté, traverser les miroirs de la mer pour en voir les profondeurs infinies, parcourir les vagues du ciel pour en visiter l’immensité… Tout !

Il lui fallait donc voyager, parcourir le monde, partir de ses propres ailes, à défaut de pouvoir encore vraiment voler. Certes, cela signifiait bien des dangers. Mais s’il n’apprenait pas à les braver maintenant, les braverait-il un jour ? Il ne pouvait rester sous l’aile paternelle protectrice ni sous le souffle maternel chaleureux. Il était en âge maintenant de découvrir par lui-même. Il n’abandonnait pas sa famille pour autant... Juste, il voyageait. Et il reviendrait. Quand il aurait pu découvrir un peu, assez en tout cas pour retirer les voiles de son esprit et de ses yeux. Il reviendrait, essuierait le courroux inquiet de sa mère ou l’ire de son père, mais il reviendrait plus fort alors.

Et c’est ainsi que Nephilith avait "pris le large", comme il avait entendu les bipèdes des bois flottants dire un jour. Il s’était mis à nager, dans la vague direction de Calastin, même s’il n’était pas bien sûr du trajet exact. Il avait rencontré alors un bois flottant et s’était empressé de s’y agripper et d’y monter. Il avait réussi à s’installer dans un petit berceau de bois qui pendouillait sur le côté. Un cabot ? Cagot ? Canot ? Il ne savait plus le nom, mais il le retrouverait un jour. Il avait fait une bonne partie du trajet ainsi, sautant parfois dans la mer pour trouver un poisson… et avait réussi à ne pas trop se faire voir. Ou alors le bipède qui l’avait peut-être surpris avait-il eu la délicatesse de ne pas le montrer… et avait peut-être même semblé couvrir sa présence. Nephilith n’avait pas été bien sûr de ce que ce bipède avait fait, mais son comportement avait été très étrange dès qu’il avait cru croiser ses yeux… Il n’allait toutefois pas s’indigner de ce comportement, qui lui avait permis d’atteindre l’île au croissant sans trop de fatigue. Par chance, le bois flottant s’était arrêté non loin de la belle étendue d'eau calme. Un "lac" qu’il connaissait pour l’avoir déjà vu avec sa mère.

Les grandes pierres bipèdes où vivaient certaines oreilles pointues n’étaient plus loin, il le savait. Car sa première visite, comme il se l’était promis, serait pour sa bipède de feu. Il voulait la revoir. Elle lui avait promis qu’ils visiteraient ses grandes pierres ensemble. Sa… "cité". Oui, c’était le bon mot bipède de ce qu’il se rappelait. Il aimait bien leurs mots. Parfois étriqués, mais aux belles sonorités. Les mots chantaient quand il les entendait et il se faisait un malin plaisir à les répéter et les retenir, autant qu’il pouvait. Et puis s’il voulait rencontrer de nombreux bipèdes et apprendre, comprendre, leur savoir, il devait maitriser leur don des mots. Heureusement les voix n’étaient pas avares dans ce savoir-là.

C’est ainsi que le petit dragonnet se dirigea vers la direction des pierres de sa bipède de feu. Le soleil courut plusieurs fois encore avant qu’il ne l’atteigne, mais enfin, alors qu’il siégeait dignement sur une colline, il les vit. Et son regard saphir pétilla à cette vue-là. Mais avant d’y entrer, il voulait retrouver sa bipède de feu. Et il devait avouer ne pas trop savoir comment… Sans doute devrait-il tout de même se risquer à franchir la belle arche qui montait dans le ciel et aux lourds tronçons de bois fermés… Étrangement, quand il s’y approcha, les lourds tronçons s’ouvrirent grands et le laissèrent passer. Il vit plusieurs bipèdes accourir sur le bord du chemin de terre et de pierre qu’il empruntait et s’amusa à tous les observer, les détailler.

Son regard sembla en gêner plus d’un. Certains tentèrent de l’approcher, mais un petit hérissement d’écailles suffit à les dissuader de le toucher. On ne touchait pas un dragon, c’était le dragon qui vous touchait ! Non mais ! Si les pierres étaient belles, les bipèdes n’étaient pas des plus polis, songea-t-il un instant, un brin déçu. Et quelques-uns étaient bien étranges ainsi figés, ne bougeant plus, pas même sous l’onde de vent qui lui chatouillait les écailles.

Un brouhaha commença à monter en un lourd tempo dans son sillon, mais il n’y prêta pas attention, bien trop occupé à détailler chaque pierre, chaque construction bipédique étrange, chaque peau de soie ou de cuir qui recouvrait la véritable peau des bipèdes autour de lui, chaque métal brillant, de l'or !, qui brillait à leur poignet, ou à leurs oreilles… Tant et si bien qu’il manqua se laisser distraire par toutes ces découvertes. Il avait pourtant une mission prioritaire !

Où était donc sa bipède de feu ? Et aussitôt il repartit à sa recherche, sans écouter la musique de plus en plus forte qui chuchotait derrière lui, mais aussi devant lui maintenant. Une musique annonçant la présence d’un dragon, seul, d’un dragonnet, dans Ipsë Rosea, put-il tout de même entendre dans tout ce sourd son de basse. Mais peu importait ce que ces bipèdes chantaient, et ce que leurs esprits confus criaient. Lui, il voulait trouver sa bipède de feu.


“Connais toi toi-même et tu connaîtras les dieux.”

Je vous envoie mes pensées d'une "couleur dorée" : #DEB887
Je "pense" plus pour moi-même en une nuance plus enténébrée : #857149

descriptionUne promesse est une promesse [PV Orfraie] EmptyRe: Une promesse est une promesse [PV Orfraie]

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Elle s'éveilla en sursaut ce matin-là, se dégageant des draps vivement, s'y emmêlant les pieds, prise d'une soudaine terreur. Un cauchemar, encore. Le énième d'une longue liste, mais toujours la même vision d'horreur.

Sachant qu'elle ne dormirait plus, Orfraie quitta le grand lit, prenant soin de ne pas réveiller Luna en posant les pieds par terre. Sa femme avait besoin de dormir plus que jamais, la grossesse arrivant à son terme et pompant toute son énergie. Et, pour dire vrai, l'Ataliel ne voulait pas affronter le regard de son épouse, au fond duquel elle lisait une trop grande peine ainsi qu'une peur légitime qui lui broyait le cœur.

Tel un chat, la princesse des ombres se glissa hors de la chambre, s'enveloppant dans son manteau pour ne pas exposer son corps nu à la fraîcheur de la pièce. Le tissu était doux et léger et elle en serra les pans contre elle, espérant disparaître pour de bon dans les ombres qui l'enveloppèrent des pieds à la tête. Hélas, la vie ne fonctionnait pas de cette façon et Orfraie devait faire face à la réalité, à présent qu'elle ne pouvait plus y échapper.

Son estomac refusant d'absorber quoi que ce soit, l'Ataliel se dirigea vers la salle d'eau. Elle laissa son manteau sur le pas de la porte et entreprit de faire sa toilette. Ses mouvements étaient longs, réguliers, et le silence était tel qu'elle semblait à peine respirer. Perdue dans ses pensées moroses, elle sentait l'étau se refermer autour de son cœur, exactement comme les jours précédents. C'était une douleur vicieuse, qui attaquait sans relâche. Comme tous les autres jours depuis la mort de Firindal, Orfraie essayait de ne pas y penser. Mais lorsqu'elle s'obligeait à cela, son esprit ramenait sous ses yeux la silhouette du grand Jade. Alors, irrémédiablement, les larmes lui montaient aux yeux et les sanglots quittaient sa gorge, même si elle tentait de les retenir.

Dans la salle d'eau, l'Ataliel n'était plus que l'ombre d'elle-même. Son linge lui tomba des mains et elle se laissa glisser par terre, une main sur la bouche pour étouffer ses sanglots et ne pas réveiller Luna. Elle aurait voulu hurler, pourtant, mais s'y refusait catégoriquement. Elle préférait se mordre la langue jusqu'au sang plutôt que de se briser devant qui que ce soit, et encore moins devant son épouse.

Elle resta là un moment, plongée dans ses pensées destructrices. Elle ne sentait même pas le froid sur sa peau alors qu'elle grelottait. Ce fut un gémissement, venant de la chambre, qui la tira de cette torture matinale et la força à terminer et s'habiller. Le noir était sa couleur, encore plus depuis la disparition du dragon de jade, et elle s'en enveloppa des pieds à la tête sans un bruit, terminant par son manteau des ombres, qu'elle serra à la taille à l'aide d'une épaisse ceinture. À celle-ci, Orfraie attacha le fourreau de Fëalocë, la Dent de Dragon, qui ne la quittait plus. En cela, elle aurait fait une bonne Délimarienne.

Lorsqu'elle quitta ses appartements, non sans avoir déposé un baiser sur le front de sa femme, Orfraie se composa un masque. Ce masque, qu'elle portait depuis la mort de son Lié, celui qui maintenait les gens à distance et lui permettait de ne pas se fissurer davantage. La journée, comme toutes les autres, allait être longue, mais même dans sa douleur, l'Ataliel se refusait de laisser tomber ses devoirs. Sans eux, qui occupaient son esprit, les choses étaient pires.

En milieu de journée, Orfraie quitta la Tour de la Loge. Le moins d'octobre apportait sa fraîcheur, annonciatrice de l'hiver, et la sainnûr était heureuse de rabattre le capuchon de son manteau sur son visage. Sa crinière se confondait à la perfection avec le tissu, ses mèches ayant soudainement terni après la mort de Firindal. Elle n'avait plus rien de flamboyant, désormais. La flamme qui l'animait autrefois s'était amenuisée, jusqu'à se répercuter sur son apparence sans qu'elle puisse y faire quoi que ce soit. Et, en vérité, cela ne lui posait pas de problème.

Perdue dans ses pensées, comme souvent désormais, Orfraie mit un moment à entendre la rumeur. Mais, lorsqu'elle arriva au milieu de la grande place, elle l'entendit finalement : un dragon se trouvait à l'entrée de la ville. Un dragonnet, même, corrigea une vielle femme qui vendait des fruits et légumes. Il n'en fallut pas davantage à l'Ataliel pour prendre la direction indiquée.

Même si elle n'était plus une Liée, Orfraie aimait les dragons. Elle les admirait, comme beaucoup, et voulait, plus que tout, leur épargner le sort de Firindal. Un dragonnet se promenant seul dans la ville, même s'il s'agissait d'Ipse, était une cible de choix pour de nombreux malandrins. Les anti-lien avaient également tendance à confondre les dragons sauvages et liés, mettant tout le monde dans le même panier. Comment faire la différence, de toute façon, pour le commun des mortels ?

À mesure qu'elle descendait, Orfraie croisa de plus en plus de personnes évoquant le jeune dragon. Cela lui permit de récolter quelques informations, qui lui permirent de se faire une idée sur l'identité de ce visiteur hors du commun. Et, s'il s'agissait bien de lui, l'ancienne dragonnière ne souhaitait pas qu'il lui arrive malheur. Au détour d'une ruelle bordée d'arbustes, la rôdeuse capta une voix, puis une autre, qui parlait du dragon. Il n'était pas loin. Mais en suivant ces voix, Orfraie réalisa qu'elles n'étaient pas amicales. Ses sourcils se froncèrent, elle montra les crocs, et bondit dans les ombres pour pouvoir espionner cette conversation.

Ils n'étaient pas des anti-lien, simplement des mercenaires, mais ils n'aimaient pas spécialement les dragons et voyaient en un dragonnet une occasion en or pour se faire de l'argent. Beaucoup d'argent. Les os, les écailles, tout ce qui venaient d'un dragon pouvait être utilisé pour la magie. Un dragon vivant pouvait aussi être utile, entendit t-elle. C'était bien pour cela qu'Orfraie s'était assurée de réduire en cendres le corps de Firindal, puis de le disperser en vent. Elle avait en horreur l'idée que quelqu'un se serve de ses restes pour enchanter quelque chose, ou pour faire quoi que ce soit d'autre.

" Il est là. ", entendit l'Ataliel. Elle pressa le pas, silencieuse comme un chat, et découvrit le dragonnet à son tour. Elle le reconnut aussitôt, ses écailles ainsi que ses cristaux ne pouvant la tromper. Néphilith, son jeune ami draconique. Était-il revenu pour elle, tel qu'il l'avait dit ? Ou simplement par curiosité ? Orfraie n'eut guère le temps de se poser davantage de questions.

" À votre place, je reconsidérerais la question. "

Sa voix trancha l'air aussi assurément que l'épée qui battait son flanc. Son regard, sous son capuchon, croisa celui du dragonnet qui s'était retourné en l'entendant, et elle découvrit son visage. Allait-il la reconnaître sans sa chevelure de feu ? Le voir lui faisant plaisir, mais ravivait également la douleur de la perte de Firindal. Cependant, face à lui et face aux mercenaires, elle ne laissa rien paraître. Plus encore, elle était de marbre, seule une intense froideur irradiant de sa personne. Elle posa doucement la main sur la garde de son épée. La poignée était formée par le corps de deux dragons entrelacés tandis que leurs têtes opposées formaient la garde. Leurs yeux, autrefois de saphir, avaient été remplacés par le jade des écailles de Firindal, des petits éclats qu'Orfraie avait récupérés avait de dire adieu définitivement à son lié.

" Partez immédiatement. ", leur intima t-elle. Ils ne semblèrent guère vouloir obtempérer, hélas, se demandant sans doute de quoi elle se mêlait. Toutefois, Orfraie n'avait pas de temps à perdre. Elle fit un pas dans leur direction, eux en firent de même dans la sienne. La confrontation semblait irrémédiable et, pour dire vrai, l'ancienne rôdeuse n'était pas contre l'idée. Hélas, la présence de Néphilith ainsi que l'heure l'empêchait d'assouvir ses pulsions et calmer sa colère envers ce genre de personnes.

" C'est bon, on s'en va. "

Orfraie desserra les poings et fit un pas de côté lorsque les deux individus quittèrent finalement la ruelle. Le calme retomba et la princesse des ombres soupira. Le vent frais lui piqua légèrement les joues et ouvrit les pans de son manteau, qui voletèrent tranquillement derrière elle. Le temps s'était figé pendant un instant, mais la vie reprenait à présent son cours. L'ancienne Liée s'approcha du dragonnet et n'eut pas besoin de s'accroupir. En effet, Nephilith avait grandi et mesurait presque un mètre au garrot. Ses grandes ailes trainaient encore un peu derrière lui, mais il semblait mieux les porter.

" Elen síla lumenn' omentielvo*. " lui dit-elle en elfique. La présence du jeune saurien la rendait heureuse. Malgré toute sa peine, qu'il pourrait sentir sans mal, elle n'eut pas besoin de se forcer pour lui offrir un petit sourire. Voir un ami lui faisait du bien et Orfraie songea qu'elle ne devait pas rester si souvent seule. " J-je suis surprise de te voir ici. " Et par "ici ", elle voulait bien dire "dans les murs de la ville". Mais elle se reprit vite, et s'enquit de sa forme. " Comment vas-tu, Armalócë** ? " Elle réfléchit un instant, se demandant comment elle se sentait vis-à-vis de sa visite. Et elle conclut qu'elle était heureuse de le voir, malgré le tourbillon de ses propres émotions. " Je suis heureuse de te revoir. "

* Une étoile brille sur l'heure de notre rencontre
** Dragon aux écailles comme le soleil


Rien n'est éternel



— Dialogue en langue commune : cramoisie
— Dialogue en Elfique : #cc4949
Pensées en italique

descriptionUne promesse est une promesse [PV Orfraie] EmptyRe: Une promesse est une promesse [PV Orfraie]

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"À votre place, je reconsidérerais la question."

Cette voix, il l’aurait reconnue entre toutes. Aussitôt Nephilith se retourna. Pour faire face, non seulement à sa bipède de feu, qu’il avait tant désirée revoir, et qui ressemblait plus en cet instant à une bipède des ombres, mais aussi à d’autres bipèdes à l’air renfrogné. Certes, il les avait entendus parler dans son son dos, mais il avait été tant accaparé par une invention humaine, une grande, immense, construction en pierres qui s’élevait haut dans le ciel comme voulant envoyer sa flèche dans les nuages, qu’il n’y avait pas réellement prêté attention. Après tout, beaucoup de bipèdes avaient murmuré, plus ou moins avec admiration, respect ou au contraire peur et colère, sur son passage, qu’il avait préféré ne plus écouter ces voix inintéressantes. Il avait bien trop à faire avec les siennes propres qui lui soufflaient maintes réponses et soulevaient maintes questions en son esprit, sans devoir en plus s’inquiéter de ce que lui disaient les voix autour de lui qu’il ne jugeait pas dignes d’être écoutées…

Peut-être aurait-il dû, toutefois, comprit-il, quand il vit des lames de fer sortir de leur manteau de cuir ou de métal. Des armes, lui soufflaient les voix, et cette fois le mot danger sonna distinctement à l’unisson, sans qu’il n’ait besoin de se concentrer. Sa bipède de sombre feu et les autres s’avancèrent les uns vers les autres, et une tension crépita dans l’air, hérissant les écailles du dragonnet. Aussitôt il sentit une magie instinctive se réveiller en lui, onduler sur ses écailles d’or. Et aussitôt il sut ce qu’il pouvait faire et les fit vibrer les unes contre les autres. Un léger bruissement s’éleva tels des crissements de griffes sur une pierre trop dure…

Il n’eut toutefois guère le temps de voir pleinement l’effet de cette magie qu’il venait de laisser vibrer, que déjà les bipèdes agressifs étaient partis. Ils avaient eu peur à la seule vue de sa bipède de sombre feu. Un élan de fierté gonfla le coeur palpitant du doré quand il posa ses saphirs transperçants sur sa bipède. Elle était venue, et avait voulu le sauver. Peut-être s’en serait-il sorti sans elle… Ou pas. Lui, petit dragonnet, ne sachant encore ni voler ni cracher du feu et ne maitrisant guère consciemment la magie, était une proie facile pour certains prédateurs bipèdes, ou non bipèdes, il le savait. Quand bien même sa magie semblait s’éveiller et vouloir le guider sur les sentiers du combat, il n’était pas bien sûr que cela aurait suffi. Oui, il pouvait donc considérer qu’elle l’avait sauvé.

Loin toutefois de le dérouter et de le détourner de son objectif premier quant à ce voyage fou et dangereux, cela ne faisait que le conforter dans son idée : ce n’était pas en restant sous les ailes de ses parents ou de sa famille qu’il grandirait et apprendrait à se défendre. Pour preuve, cette magie ne s’était encore jamais manifestée de cette façon auparavant, et il lui avait fallu être confronté au danger pour la sentir en action. Certes, mieux valait doser le danger à confronter à l’avenir… Mais il ne renoncerait pas à son pèlerinage pour autant. Il lui faudrait juste trouver les alliés pour son voyage, le temps qu’il apprenne à se défendre seul, en digne dragon qu’il était.

Nephilith roucoula de contentement à la langue chantante qu’elle lui offrit pour le saluer. Les voix comprirent les mots et les lui transmirent, mais au-delà de les comprendre, il en savourait la musicalité. La musique des bipèdes aux oreilles pointues était assez envoûtante comparée à celle des bipèdes communs. Il fut toutefois attristé de sentir dans cette musicalité une teinte sombre de profonde peine, d’une douleur extrême. Il la sentait, là, vibrer dans le coeur même de sa bipède de feu, dont la douleur ternissait jusqu’à ses cheveux. Elle semblait avoir perdu son éclat de vie, même si, aux yeux du doré, elle brillait toujours autant de ce feu intense qui l’enivrait tant.

"Ce nom sonne bien."

Il li répondit en pensées mesurées. Il avait pris garde, cette fois, à ne pas projeter celles-ci en pleine puissance. Il tenta de lui envoyer une douce onde de joie, de soulagement et de sérénité, accompagnée de la douce chaleur de l’astre lointain qui chauffait ses écailles et les faisait briller de mille éclats.

"Je suis honoré que tu m’appelles ainsi, et accepte donc ce nom-là aussi."

Ce qui, pour un dragon sauvage, était un immense honneur. Accepter qu’un bipède lui donne un autre nom que le sien propre. Oui c’était là un grand privilège, qu’il ne donnerait pas à n’importe quel bipède.

"Je viens tenir ma promesse de revenir te voir, toi et ta… cité."

Il avait retenu le mot et en aimait assez la sonorité. Il s’amusa à le répéter doucement entre eux deux, comme pour en faire chanter toute la symphonie.

"Je voulais voir tes hautes pierres, de moi-même, autrement que par ton esprit."

Il ne comprit pas tout à fait la question qu’elle lui avait posée. Comment il allait ? Qu’est-ce que cela signifiait ? Les voix tentèrent de le lui faire comprendre, mais cela lui semblait abscons. Étrange et déroutant. Il allait, il vivait, il faisait sin chemin. Était-ce cela qu’elle lui demandait ? Dans le doute, il préféra ne pas vraiment y répondre.

"Mais je voulais te revoir aussi. Et j’ai un long voyage qui m’attend, car je veux voir le monde et bien d’autres bipèdes également. Il me faut apprendre, tant et tant, plein de choses, et plus encore, et ce sans attendre."

Il projeta, doucement, tout en délicatesse, l’urgence, l’imminence, qu’il ressentait d’apprendre et de comprendre ce monde. Il lui épargna les images de son cauchemar récurrent, de sa peur de voir le monde dans un chaos infini, de sa peur de voir un grand pouvoir en des mains qui détruiraient toute vie. Mais les images et les sons projetés se firent plus rapides et plus vifs, même si sans violence. Le monde se précipite sans moi et il me faut rattraper le monde, tenta-t-il de lui faire comprendre.

"Je suis heureux aussi de te revoir."

Heureux. Ce mot-là, avec ces ondes-là de joie surtout, il le comprenait. Et il lui envoya un vif éclat brillant de mille feux. De ces feux qu’elle semblait avoir perdus. Comme cherchant ainsi, un peu, à les raviver en son coeur terni.

"Ma bipède de feu. Ou devrais-je dire Sombre-Feu. Joie de me revoir est refroidie par une grande peine en toi. Bien plus profonde et ancrée que toute autre flamme. Que t’arrive-t-il, ma sombre-feu ? J’ai appris la mort de ton Jade et j’en ai été peiné."

Un dragon n'aurait pas dû mourir, même lié. Et en leurs deux esprits, il fit chanter une complainte, la complainte des dragons, telle celle qu’une nuée aurait pu chanter quand l’un des leurs tombait.

"Ton coeur et ta flamme sont-ils tombés avec lui ?"


“Connais toi toi-même et tu connaîtras les dieux.”

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Contrairement à leur première rencontre, voilà des semaines et des semaines, le premier contact fut à la fois doux et délicat. La voix du jeune dragon était comme une douce brise sur le visage de l'ancienne Liée, qui la savoura en fermant les yeux. La présence de son ami draconique lui apportait un réconfort certain, même si elle mettait également un peu de sel sur la plaie de son âme. Un entre deux, à défaut d'un juste-milieu, dont Orfraie devrait se contenter. Celle-ci tenta un sourire envers le dragon, qui acceptait son surnom. Le coeur de l'Ataliel palpita d'une joie éphémère et savoura les ondes positives et délicates que Néphilith lui envoyait.

Sa cité… Cela fit doucement sourire Orfraie. Néphilith n'était pas le premier à appeler ce lieu ainsi, même si cette erreur était compréhensible. Il était un dragon, elle ne pouvait pas attendre de lui qu'il comprenne immédiatement que vivre à Ipsë Rosea ne faisait pas de ce lieu, le sien. Elle le partageait avec d'autres individus, bons ou mauvais, à la façon d'un nid que l'on partage avec sa famille.

" Cité se dit opelë dans ma langue. Celle-ci se nomme Ipsë Rosea, un nom Elfique également. "

Le jeune saurien semblait apprécier la sonorité de l'elfique, mais également comprendre la langue. Orfraie décida donc de poursuivre dans le langage du beau peuple pour en faire profiter le dragon. C'était également plus agréable pour elle.

" Ce sera un plaisir et un honneur de te la faire visiter. "

L'Ataliel fut touchée par les paroles du dragon. Savoir qu'il souhaitait la revoir lui procurait une joie plus que certaine, qu'il devait ressentir aisément. Hélas, cette joie était également assombrie par sa peine, qu'elle ne pouvait oublier, même l'espace d'un instant. Perdre son Lié était comme être partiellement privé d'oxygène. Orfraie était à bout de souffle depuis le drame et, elle en avait déjà fait l'expérience, il lui faudrait de nombreuses et nombreuses années pour en guérir complètement.

Doucement, Orfraie fut sortie de ses pensées par le jeune saurien, qui lui partagea, avec une grande délicatesse, quelques sensations, puis des images et des sons. Tant de choses que l'Ataliel ne parvenait pas à saisir tant tout allait vite, mais elle comprit le message. Le temps filait et Néphilith voulait le rattraper. Toutefois, il devait prendre garde à ne pas aller trop vite. Sinon, il risquait de passer à côté de choses essentielles à la vie, mais cette leçon de sagesse pouvait attendre.

Soudainement, la guerrière fut ramenée sur terre. Sombre-Feu, le surnom lui allait bien lui semblait t-il. L'Ataliel baissa le regard sur les quelques mèches sombres qui chatouillaient ses épaules. Sa flamme l'avait effectivement quitté, elle ne ressentait plus de joie ni de plaisir dans la vie de tous les jours. La routine l'empêchait de devenir folle, Luna lui apportait quelques rares moments de joie. Le reste du temps, Orfraie se contentait d'exister, ressassant les evenements, préparant une vengeances. Combien de temps cela allait-il lui prendre ? Elle l'ignorait, mais une chose était certaine : elle était patiente. Chassant ces pensées, elle répondit finalement. Sa voix était devenue bien morne, un éclat de douleur prenant place au fond de ses prunelles améthystes, qui brillaient de larmes.

" Oui. " Sa voix n'était qu'un souffle, qu'une note qui tinta douloureusement dans l'air, dans cette ruelle où ils étaient seuls, ou elle pouvait s'ouvrir à lui. " Je suis morte avec lui. " Lui avoua t-elle. " Mais l'on m'a ramené du royaume de Mort. " La complainte draconique fit se serrer son coeur dans sa poitrine. Orfraie tomba doucement à genoux face au dragon, faible et fragile, les bras le long du corps. Les larmes ruisselaient sur ses joues à présent, mais nuls sanglots, en revanche. " Nous formions un tout, nous étions liés jusqu'au plus profond de nos êtres. Perdre la moitié de son âme, c'est comme ne plus réussir à respirer. C'est un poids et un manque à la fois. C'est le silence, aussi, et la solitude. "

Levant les bras, l'Ataliel posa les mains sur son visage et tenta de reprendre le contrôle d'elle-même, enfouissant tout ce qui lui faisait mal quelque part au fond de son esprit. Elle inspira longuement à plusieurs reprises et expira tout aussi lentement, jusqu'à ce que sa gorge cesse de se serrer. Elle osa alors croiser le regard de Néphilith, bien que ses yeux furent encore brillants de larmes.

" Je suis désolé, tu n'es pas venu pour cela. " Lui dit-elle en tentant de reprendre contenance.


Rien n'est éternel



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Opelë. Oui les voix connaissaient ce nom. Et Nephilith l’aima beaucoup, il chantait, comme souvent les mots des oreilles pointues. Et il roucoula de plaisir quand elle reprit dans ce chant-là, douce musique en son esprit, et sa queue ondula doucement pour marquer son contentement.

Et quand elle accepta de lui faire visiter son Ipsë Rosea, le doré frétilla des écailles. Il n’aurait pas senti cette étrange onde sombre onduler en elle, qu’il se serait déjà levé d’un bond pour courir avec elle sur les pierres de sa cité. Il retint cette vibration impatiente en lui, même si son coeur tambourinait un peu plus vivement, et écouta sa bipède de sombre feu. Son propre coeur de dragon sembla s’étreindre à cette voix soudain si morne, si triste, si terne, dépourvue de toute étincelle, quand elle lui répondit. Et quand elle tomba à genou à sa complainte, il s’approcha d’elle en rampant doucement, et alla lover son museau dans sa main, la soulevant doucement, comme une discrète caresse de réconfort. Dans le secret espoir que ce contact écailleux impulse un peu de paix dans ce coeur enténébré de douleur.

"Que signifie désolé ?" envoya-t-il en pensée, en prononçant lentement et distinctement chaque mot dans la langue des oreilles pointues, se musant à faire vibrer leur note dans son esprit et celle de sa bipède pour mieux les savourer.

Désolé… C’était là un mot dont il peinait à comprendre toutes les nuances. Les voix tentaient de lui expliquer. Culpabilité, remords, pardon, en un tout mêlé. Des notions étranges dut-il avouer. Pourquoi devrait-il… lui pardonner ?… quelque chose dont elle ne portait aucune… responsabilité ? Ces concepts lui semblaient soudain confus, et il saisit alors toute la complexité du langage bipède, toutes les délicieuses sinuosités pour désigner des choses totalement hors de la nature intrinsèque du monde. Dans son monde à lui, tout était sensation, couleur, musique, vie ou mort, faim ou soif, jeu, chasse ou repos. Tout n'était pas forcément simple, la vie ne l'était pas, la vie était aussi merveilleuse de complexité, de diversité... mais c'était naturel, dans l’ordre des choses éternelles, de ce cycle qui tournait à l’infini…

Alors que dans le monde des bipèdes, apparemment, certaines "choses" étaient bien plus complexes, bien plus tortueuses. Il n’y avait qu’à écouter et analyser les mots qu’ils avaient inventés pour désigner toutes ces choses, sans consistance matérielle, concepts sans forme ni couleur, qui désignaient ce que le corps ne pouvait ni voir ni toucher, mais ce que l’esprit ressentait… concevait… là au creux de son âme, de sa conscience. C’en était alors fascinant et cette simple constatation renforça le dragonnet dans sa volonté de comprendre ce langage et surtout de comprendre les bipèdes. Car, réalisa-t-il alors, s’il voulait comprendre totalement les mots, il devait avant tout comprendre l’esprit des bipèdes, qui avaient su inventer ces mots… Même si les voix lui soufflaient des réponses, il sentait que certaines choses ne pourraient être comprises qu'en les expérimentant ou en les observant.

"Je ne comprends pas tout ce que tu veux me dire. Mais je suis venu pour toi, pour te voir, toi, et ta cité. Et c’est ce que nous faisons là, alors je suis content."

Des ondes apaisantes, douces et calmes accompagnèrent les mots qu’il tentait de continuer à utiliser. Même si lentement, et accompagnés de sensations, images et sons pour être sûr de bien se faire comprendre.

"Je ne sais pas ce qu’est être lié. Mon père n’aime pas les liés, je crois que tu le sais, il est connu pour cela. Mais je crois que je peux comprendre ce que cela ferait de perdre sa moitié. Si je perdais mon Frère-Coquille, je crois que je me sentirais vide et seul aussi."

Les sensations qui ondulèrent entre eux se teintèrent un peu de sombre et de peine, pour lui faire ressentir qu’il tentait de partager sa souffrance, qu’il tentait du moins de la comprendre. Mais bien rapidement, ne voulant pas la noyer sous des ondes malheureuses, il reprit des notes plus joyeuses, et son esprit envoya une douce lumière qui tentait de réchauffer les coeurs, telle cette lumière que l’astre lointain dans le ciel envoyait pour réchauffer ses écailles.

"Mais tu n’es pas seule. Ce n’est pas pareil, mais je suis là. Je ne suis pas ton jade, mais je peux être ton doré."

Non il ne lui proposait pas un lien. Mais il lui proposait… comment avait-elle dit déjà ? Ah oui une amitié. Et plus encore si elle le désirait.

"Tout comme tu es ma Sombre feu. Je ne t’ai pas oubliée et je ne t’oublierai jamais."

En fait, s’il cherchait bien, il pouvait même la retrouver dans la mémoire draconique. S’il écoutait bien, il pouvait entendre le Jade lui conter son Orfraie.

"J’aimerais trouver un moyen pour qu’un jour, si tu as besoin, et si tu le veux, tu puisses m’appeler. Je ne sais pas encore comment, mais je trouverai. Et comme ca, je pourrais toujours être là pour toi, quand tu en as besoin."

Ecaille de Nephilith, il tiendrait cette… comment disaient-ils déjà ? Ah oui, promesse. Il tiendrait cette promesse, et trouverait comment faire pour qu’elle puisse ne plus jamais être seule. Ne plus jamais se sentir seule.

Il approcha alors son museau de ce visage encore humide de ces gouttes d’eau étrange qui avaient coulé de ses yeux améthyste. Doucement, il les renifla. Son museau se colla avec délicatesse sur sa joue, en faisant attention de ne pas blesser cette peau douce qui paraissait si fragile. Il sentit la goutte mouiller son museau, s’écarta, et la goûta. C’était étrange. Ce n’était pas de la mer, ça n’en avait pas la même saveur, mais pourtant c’était salé. Il réitéra son geste, mais cette fois alla lui faire une lente et longue caresse en laissant couler sa tête le long de la chevelure et du corps de sa bipède, tout en l’enserrant doucement de sa queue pour l’envelopper dans sa chaleur draconique. C’était là, pour le moment, tout ce qu’il pouvait lui offrir. Une présence, une chaleur… Peut-être un jour pourrait-il lui offrir plus. Un jour, peut-être, oui...


“Connais toi toi-même et tu connaîtras les dieux.”

Je vous envoie mes pensées d'une "couleur dorée" : #DEB887
Je "pense" plus pour moi-même en une nuance plus enténébrée : #857149

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